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  • : In hoc signo vinces. Parousie by ROBLES Patrick
  • : Blog Parousie de Patrick ROBLES (Montbéliard, Franche-Comté, France)
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  • Patrick ROBLES
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 15:49

2.Une fausse liberté d'esprit et une grande confiance en soi-même forment un grand

obstacle aux visites d'en-haut.

Dieu accorde à l'homme un grand bien en lui donnant la grâce de la consolation; mais

l'homme fait un grand mal quand il ne remercie pas Dieu de ce don et ne le lui rapporte

pas tout entier.

Si la grâce ne coule point abondamment sur nous, c'est que nous sommes ingrats envers

son auteur, et que nous ne remontons point à sa source première.

Car la grâce n'est jamais refusée à celui qui la reçoit avec gratitude, et Dieu

ordinairement donne à l'humble ce qu'il ôte au superbe.

3.Je ne veux point de la consolation qui m'ôte la componction; je n'aspire point à la

contemplation qui conduit à l'orgueil.

Car tout ce qui est élevé n'est pas saint; tout ce qui est doux n'est pas bon; tout désir

n'est pas pur; tout ce qui est cher à l'homme n'est pas agréable à Dieu.

J'aime une grâce qui me rend plus humble, plus vigilant, plus prêt à me renoncer

moi-même.

L'homme instruit par le don de la grâce et par sa privation n'osera s'attribuer aucun

bien, mais plutôt il confessera son indigence et sa nudité.

Donnez à Dieu ce qui est à Dieu; et ce qui est de vous, ne l'imputez qu'à vous. Rendez

gloire à Dieu de ses grâces; et reconnaissez que n'ayant rien à vous que le péché, rien ne

vous est dû que la peine du péché.

4.Mettez-vous toujours à la dernière place et la première vous sera donnée; car ce qui

est le plus élevé s'appuie sur ce qui est le plus bas.

Les plus grands saints aux yeux de Dieu sont les plus petits à leurs propres yeux; et plus

leur vocation est sublime, plus ils sont humbles dans leur coeur.

Pleins de la vérité et de la gloire céleste, ils ne sont pas avides d'une gloire vaine.

Fondés et affermis en Dieu, ils ne sauraient s'élever en eux-mêmes.

Rapportant à Dieu tout ce qu'ils ont reçu de bien, ils ne recherchent point la gloire que

donnent les hommes et ne veulent que celle qui vient de Dieu seul; leur unique but,

leur unique désir, est qu'il soit glorifié en lui-même et dans tous les saints, par-dessus

toutes choses.

5.Soyez donc reconnaissants des moindres grâces et vous mériterez d'en recevoir de plus

grandes.

Que le plus léger don, la plus petite faveur aient pour vous autant de prix que le don le

plus excellent et la faveur la plus singulière.

Si vous considérez la grandeur de celui qui donne, rien de ce qu'il donne ne vous

paraîtra petit ni méprisable; car peut-il être quelque chose de tel dans ce qui vient d'un

Dieu infini ?

Vous envoie-t'il des peines et des châtiments, recevez-les encore avec joie, car c'est

toujours pour notre salut qu'il fait ou qu'il permet tout ce qui nous arrive.

Voulez-vous conserver la grâce de Dieu, soyez reconnaissant lorsqu'il vous la donne,

patient lorsqu'il vous l'ôte. Priez pour qu'elle vous soit rendue, et soyez humble et

vigilant pour ne pas la perdre.

11. Du petit nombre de ceux qui aiment la Croix de Jésus-Christ



1.Il y en a beaucoup qui désirent le céleste royaume de Jésus, mais peu consentent à

porter sa Croix.

Beaucoup souhaitent ses consolations, mais peu aiment ses souffrances.

Il trouve beaucoup de compagnons de sa table, mais peu de son abstinence.

Tous veulent partager sa joie; mais peu veulent souffrir quelque chose pour lui.

Plusieurs suivent Jésus jusqu'à la fraction du pain, mais peu jusqu'à boire le calice de

sa passion.

Plusieurs admirent ses miracles; mais peu goûtent l'ignominie de sa Croix.

Plusieurs aiment Jésus pendant qu'il ne leur arrive aucune adversité.

Plusieurs le louent et le bénissent, tandis qu'ils reçoivent ses consolations.

Mais si Jésus se cache et les délaisse un moment, ils tombent dans le murmure ou dans

un excessif abattement.

2.Mais ceux qui aiment Jésus pour Jésus et non pour eux-mêmes, le bénissent dans toutes

les tribulations et dans l'angoisse du coeur comme dans les consolations les plus

douces.

Et quand il ne voudrait jamais les consoler, toujours cependant ils le loueraient,

toujours ils lui rendraient grâces.

3.Oh ! que ne peut l'amour de Jésus, quand il est pur et sans mélange d'amour ni d'intérêt

propre !

Ne sont-ce pas des mercenaires ceux qui cherchent toujours des consolations ?

Ne prouvent-ils pas qu'ils s'aiment eux-mêmes plus que Jésus-Christ, ceux qui pensent

toujours à leurs gains et à leurs avantages ?

Où trouvera-t'on quelqu'un qui veuille servir Dieu pour Dieu seul ?

4.Rarement on rencontre un homme assez avancé dans les voies spirituelles pour être

dépouillé de tout.

Car le véritable pauvre d'esprit, détaché de toute créature, qui le trouvera ? Il faut le

chercher bien loin, et jusqu'aux extrémités de la terre.

Si l'homme donne tout ce qu'il possède, ce n'est encore rien.

S'il fait une grande pénitence, c'est peu encore.

Et s'il embrasse toutes les sciences, il est encore loin.

Et s'il a une grande vertu et une piété fervente, il lui manque encore beaucoup, il lui

manque une chose souverainement nécessaire.

Qu'est-ce encore ? C'est qu'après avoir tout quitté, il se quitte aussi lui-même et se

dépouille entièrement de l'amour de soi.

C'est enfin qu'après avoir fait tout ce qu'il sait devoir faire, il pense encore n'avoir rien

fait.

5.Qu'il estime peu ce qu'on pourrait regarder comme quelque chose de grand, et qu'en

toute sincérité il confesse qu'il est un serviteur inutile, selon la parole de la Vérité:

Quand vous aurez fait tout ce qui vous est commandé, dites: Nous sommes des

serviteurs inutiles.

Alors il sera vraiment pauvre et séparé de tout en esprit, et il pourra dire avec le

prophète: Oui, je suis pauvre et seul dans le monde.

Nul cependant n'est plus riche, plus puissant, plus libre, que celui qui sait quitter tout et

soi-même, et se mettre au dernier rang.



12. De la sainte voie de la Croix



1.Cette parole semble dure à plusieurs: Renoncez à vous-mêmes, prenez votre Croix, et

suivez Jésus.

Mais il sera bien plus dur, au dernier jour, d'entendre cette parole: Retirez-vous de moi,

maudits, allez au feu éternel !

Ceux qui écoutent maintenant volontiers la parole qui commande de porter la Croix, et

qui y obéissent, ne craindront point alors d'entendre l'arrêt d'une éternelle

condamnation.

Ce signe de la Croix sera dans le Ciel lorsque le Seigneur viendra pour juger.

Alors tous les disciples de la Croix, qui auront imité pendant leur vie Jésus crucifié,

s'approcheront avec une grande confiance de Jésus-Christ juge.

2.Pourquoi donc craignez-vous de porter la Croix, par laquelle on arrive au royaume du

ciel ?

Dans la Croix est le salut, dans la Croix la vie, dans la Croix la protection contre nos

ennemis.

C'est de la Croix que découlent les suavités célestes.

Dans la Croix est la force de l'âme; dans la Croix la joie de l'esprit, la consommation de

la vertu, la perfection de la sainteté.

Il n'y a de salut pour l'âme et d'espérance de vie éternelle, que dans la Croix.

Prenez donc votre Croix et suivez Jésus, et vous parviendrez à l'éternelle félicité.

Il vous a précédé portant sa Croix et il est mort pour vous sur la Croix afin que vous

aussi vous portiez votre Croix, et que vous aspiriez à mourir sur la Croix.

Car si vous mourez avec lui, vous vivrez aussi avec lui; et si vous partagez ses

souffrances, vous partagerez sa gloire.

3.Ainsi tout est dans la Croix, et tout consiste à mourir. Il n'est point d'autre voie qui

conduise à la vie et à la véritable paix du coeur que la voie de la Croix et d'une

mortification continuelle.

Allez où vous voudrez, cherchez tout ce que vous voudrez, vous ne trouverez pas

au-dessus une voie plus élevée, au-dessous une voie plus sûre que la voie de la sainte

Croix.

Disposez de tout selon vos vues, réglez tout selon vos désirs, et toujours vous

trouverez qu'il vous faut souffrir quelque chose, que vous le vouliez ou non; et ainsi

vous trouverez toujours la Croix.

Car, ou vous sentirez de la douleur dans le corps, ou vous éprouverez de l'amertume

dans l'âme.

4.Tantôt vous serez délaissé de Dieu, tantôt exercé par le prochain, et, ce qui est plus

encore, vous serez souvent à charge à vous-même.

Vous ne trouverez à vos peines aucun remède, aucun soulagement; mais il vous faudra

souffrir aussi longtemps que Dieu le voudra.

Car Dieu veut que vous appreniez à souffrir sans consolations et que vous vous

soumettiez à lui sans réserve, et que vous deveniez plus humble par la tribulation.

Nul n'a si avant dans son coeur la passion de Jésus-Christ que celui qui a souffert

quelque chose de semblable.

La Croix est donc toujours préparée; elle vous attend partout.

Vous ne pouvez la fuir, quelque part que vous alliez; puisque partout où vous irez,

vous vous porterez et vous trouverez toujours vous-même.

Elevez-vous, abaissez-vous, sortez de vous-même, rentrez-y; toujours vous trouverez

la Croix; et il faut que partout vous preniez patience, si vous voulez la paix intérieure

et mériter la couronne immortelle.

5.Si vous portez de bon coeur la Croix, elle-même vous portera et vous conduira au

terme désiré, où vous cesserez de souffrir; mais ce ne sera pas en ce monde.

Si vous la portez à regret, vous en augmentez le poids, vous rendez votre fardeau plus

dur, et cependant il vous faut la porter.

Si vous rejetez une Croix, vous en trouverez certainement une autre, et peut-être plus

pesante.

6.Croyez-vous échapper à ce que nul homme n'a pu éviter ? Quel saint a été dans ce

monde sans croix et sans tribulation ?

Jésus-Christ lui-même, Notre-Seigneur, n'a pas été une seule heure dans toute sa vie

sans éprouver quelque souffrance: Il fallait, dit-il, que le Christ souffrît, et qu'il

ressuscitât d'entre les morts, et qu'il entrât ainsi dans sa gloire.

Comment donc cherchez-vous une autre voie que la voie royale de la sainte Croix ?

7.Toute la vie de Jésus-Christ n'a été qu'une croix et un long martyre, et vous cherchez le

repos et la joie !

Vous vous trompez, n'en doutez pas; vous vous trompez lamentablement si vous

cherchez autre chose que les afflictions à souffrir; car toute cette vie mortelle est pleine

de misères et environnée de croix.

Et plus un homme aura fait de progrès dans les voies spirituelles, plus ses croix

souvent seront pesantes, parce que l'amour lui rend son exil plus douloureux.

8.Cependant celui que Dieu éprouve par tant de peines n'est pas sans consolations qui les

adoucissent, parce qu'il sent s'accroître les fruits de sa patience à porter sa Croix.

Car, lorsqu'il s'incline volontairement sous elle, l'affliction qui l'accablait se change

toute entière en une douce confiance qui le console.

Et plus la chair est affligée, brisée, plus l'esprit est fortifié intérieurement par la grâce.

Quelquefois même le désir de souffrir pour être conforme à Jésus crucifié lui inspire

tant de force, qu'il ne voudrait pas être exempt de tribulations et de douleur, parce qu'il

se croit d'autant plus agréable à Dieu, qu'il souffre pour lui davantage.

Ce n'est point là la vertu de l'homme, mais la grâce de Jésus-Christ, qui opère

puissamment dans une chair infirme, que tout ce qu'elle abhorre et fuit naturellement,

elle l'embrasse et l'aime par la ferveur de l'esprit.

9.Il n'est pas selon l'homme de porter la Croix, d'aimer la Croix, de châtier le corps, de le

réduire en servitude, de fuir les honneurs, de souffrir volontiers les outrages, de se

mépriser soi-même et de souhaiter d'être méprisé, de supporter les afflictions et les

pertes, et de ne désirer aucune prospérité dans ce monde.

Si vous ne regardez que vous, vous ne pouvez rien de tout cela.

Mais si vous vous confiez dans le Seigneur, la force vous sera donnée d'en haut et vous

aurez pouvoir sur la chair et le monde.

Vous ne craindrez pas même le démon, votre ennemi, si vous êtes armé de la foi et

marqué de la Croix de Jésus-Christ.

10.Disposez-vous donc, comme un bon et fidèle serviteur de Jésus-Christ, à porter

courageusement la Croix de votre Maître, crucifié par amour pour vous.

Préparez-vous à souffrir mille adversités, mille traverses dans cette misérable vie; car

voilà partout ce qui vous attend, ce que vous trouverez partout, en quelque lieu que

vous vous cachiez.

Il faut qu'il en soit ainsi, et à cette foule de maux et de douleurs il n'y a d'autre remède

que de vous supporter vous-même.

Buvez avec joie le calice du Sauveur, si son amour vous est cher et si vous désirez

avoir part à sa gloire.

Laissez Dieu disposer de ses consolations; qu'il les répande comme il lui plaira.

Pour vous, choisissez les souffrances et regardez-les comme des consolations d'un

grand prix, car toutes les souffrances du temps n'ont aucune proportion avec la gloire

future, et ne sauraient vous la mériter, quand seul vous les supporteriez toutes.

11.Lorsque vous en serez venu à trouver la souffrance douce et à l'aimer pour

Jésus-Christ, alors estimez-vous heureux, parce que vous avez trouvé le paradis sur la

terre.

Mais, tandis que la souffrance vous sera amère et que vous la fuirez, vous vivrez dans

le trouble, et la tribulation que vous fuirez vous suivra partout.

12.Si vous vous appliquez à être ce que vous devez être, à souffrir et à mourir, bientôt vos

peines s'évanouiront et vous aurez la paix.

Quand vous auriez été ravi, avec Paul, jusqu'au troisième ciel, vous ne seriez pas pour

cela assuré de ne rien souffrir. Je lui montrerai, dit Jésus, combien il faut qu'il souffre

pour mon nom.

Il ne vous reste donc qu'à souffrir, si vous voulez aimer Jésus et le servir constamment.

13.Plût à Dieu que vous fussiez digne de souffrir quelque chose pour le nom de Jésus !

Quelle gloire vous serait réservée ! Quelle joie parmi tous les saints ! Quelle

édification pour le prochain !

Car tous recommandent la patience, quoique peu cependant veuillent souffrir.

Avec quelle joie vous devriez souffrir quelque chose pour Jésus, lorsque tant d'autres

souffrent beaucoup plus pour le monde !

14.Sachez et croyez fermement que votre vie doit être une mort continuelle, et que plus on

meurt à soi-même, plus on commence à vivre pour Dieu.

Nul n'est propre à comprendre les choses du ciel, s'il ne se soumet à supporter les

adversités pour Jésus-Christ.

Rien n'est plus agréable à Dieu, rien ne vous est plus salutaire en ce monde, que de

souffrir avec joie pour Jésus-Christ; et si vous aviez à choisir, vous devriez plutôt

souhaiter d'être affligé pour lui que d'être comblé de consolations, parce que vous

seriez alors plus semblable à Jésus-Christ et plus conforme à tous les saints.

Car notre mérite et notre progrès dans la perfection ne consistent point dans la douceur

et l'abondance des consolations, mais plutôt dans la force de supporter de grandes

tribulations et de pesantes épreuves.

15.S'il y avait eu pour l'homme quelque chose de meilleur et de plus utile que de souffrir,

Jésus-Christ nous l'aurait appris par ses paroles et par son exemple.

Or, manifestement, il exhorte à porter sa Croix, et les disciples qui le suivaient, et tous

ceux qui voudraient le suivre, disant: Si quelqu'un veut marcher sur mes pas, qu'il

renonce à soi-même, qu'il porte sa Croix, et qu'il me suive.

Après donc avoir tout lu, tout examiné, concluons enfin qu'il nous faut passer par

beaucoup de tribulations pour entrer dans le royaume de Dieu.

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