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  • : In hoc signo vinces. Parousie by ROBLES Patrick
  • : Blog Parousie de Patrick ROBLES (Montbéliard, Franche-Comté, France)
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  • Patrick ROBLES
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)

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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 15:50
J-sus-b-nissant--par-El-Greco.jpgEl Greco

Imitation de Jésus-Christ
Livre 3
Traduction de l'Abbé Félicité de Lamennais


Livre troisième - De la vie intérieure p. 43

1.Des entretiens intérieurs de Jésus-Christ avec l'âme fidèle

2.La vérité parle au dedans de nous sans aucun bruit de paroles

3.Qu'il faut écouter la parole de Dieu avec humilité, et que plusieurs ne la reçoivent pas

comme ils le devraient

4.Qu'il faut marcher en présence de Dieu dans la vérité et l'humilité

5.Des merveilleux effets de l'amour divin

6.De l'épreuve du véritable amour

7.Qu'il faut cacher humblement les grâces que Dieu nous fait

8.Qu'il faut s'anéantir soi-même devant Dieu

9.Qu'il faut rapporter tout à Dieu comme à notre dernière fin

10.Qu'il est doux de servir Dieu et de mépriser le monde

11.Qu'il faut examiner et modérer les désirs du coeur

12.Qu'il faut s'exercer à la patience, et lutter contre ses passions

13.Qu'il faut obéir humblement, à l'exemple de Jésus-Christ

14.Qu'il faut considérer les secrets jugements de Dieu pour ne pas s'enorgueillir du bien

qu'on fait

15.De ce que nous devons être et faire quand il s'élève quelque désir en nous

16.Qu'on ne doit chercher qu'en Dieu la vraie consolation

17.Qu'il faut remettre à Dieu le soin de ce qui nous regarde

18.Qu'il faut souffrir avec constance les misères de cette vie à l'exemple de Jésus-Christ

19.De la souffrance des injures, et de la véritable patience

20.De l'aveu de son infirmité, et des misères de cette vie

21.Qu'il faut établir son repos en Dieu, plutôt que dans tous les autres biens

22.Du souvenir des bienfaits de Dieu

23.De quatre choses importantes pour conserver la paix

24.Qu'il ne faut pas s'enquérir curieusement de la conduite des autres

25.En quoi consiste la vraie paix et le véritable progrès de l'âme

26.De la liberté du coeur, qui s'acquiert plutôt par la prière que par la lecture

27.Que l'amour de soi est le plus grand obstacle qui empêche l'homme de parvenir au

souverain bien

28.Qu'il faut mépriser les jugements humains

29.Comment il faut invoquer et bénir Dieu dans l'affliction

30.Qu'il faut implorer le secours de Dieu, et attendre avec confiance le retour de sa grâce

31.Qu'il faut oublier toutes les créatures pour trouver le Créateur

32.De l'abnégation de soi-même

33.De l'inconstance du coeur, et que nous devons tout rapporter à Dieu comme à notre

dernière fin

34.Qu'on ne saurait goûter que Dieu seul, et qu'on le goûte en toutes choses, quand on

l'aime véritablement

35.Qu'on est toujours, durant cette vie, exposé à la tentation

36.Contre les vains jugements des hommes

37.Qu'il faut renoncer entièrement à soi-même pour obtenir la liberté du coeur

38.Comment il faut se conduire dans les choses extérieures, et recourir à Dieu dans les

périls

39.Qu'il faut éviter l'empressement dans les affaires

40.Que l'homme n'a rien de bon de lui-même, et ne peut se glorifier de rien

41.Du mépris de tous les honneurs du temps

42.Qu'il ne faut pas que notre paix dépende des hommes

43.Contre la vaine science du siècle

44.Qu'il ne faut point s'embarrasser dans les choses extérieures

45.Qu'il ne faut pas croire tout le monde, et qu'il est difficile de garder une sage mesure

dans ses paroles

46.Qu'il faut mettre sa confiance en Dieu, lorsqu'on est assailli de paroles injurieuses

47.Qu'il faut être prêt à souffrir pour la vie éternelle tout ce qu'il y a de plus pénible

48.De l'éternité bienheureuse et des misères de cette vie

49.Du désir de la vie éternelle, et des grands biens promis à ceux qui combattent

courageusement

50.Comment un homme dans l'affliction doit s'abandonner entre les mains de Dieu

51.Qu'il faut s'occuper d'oeuvres extérieures, quand l'âme est fatiguée des exercices

spirituels

52.Que l'homme ne doit pas se juger digne des consolations de Dieu, mais plutôt de

châtiment

53.Que la grâce ne fructifie point en ceux qui ont le goût des choses de la terre

54.Des divers mouvements de la nature et de la grâce

55.De la corruption de la nature, et de l'efficace de la grâce divine

56.Que nous devons nous renoncer nous-mêmes et imiter Jésus-Christ en portant la Croix

57.Qu'on ne doit pas se laisser trop abattre quand on tombe en quelques fautes

58.Qu'il ne faut pas chercher à pénétrer ce qui est au-dessus de nous, ni sonder les secrets

jugements de Dieu

59.Qu'on doit mettre toute son espérance et toute sa confiance en Dieu seul


Livre troisième - De la vie intérieure

1. Des entretiens intérieurs de Jésus-Christ avec l'âme fidèle



1.J'écouterai ce que le Seigneur Dieu dit en moi.

Heureuse l'âme qui entend le Seigneur lui parler intérieurement, et qui reçoit de sa

bouche la parole de consolation !

Heureuses les oreilles toujours attentives à recueillir ce souffle divin, et sourdes au

bruit du monde !

Heureuses, encore une fois, les oreilles qui écoutent non la voix qui retentit au-dehors,

mais la vérité qui enseigne au-dedans !

Heureux les yeux qui, fermés aux choses extérieures, ne contemplent que les

intérieures !

Heureux ceux qui pénètrent les mystères que le coeur recèle, et qui, par des exercices

de chaque jour, tâchent de se préparer de plus en plus à comprendre les secrets du Ciel !

Heureux ceux dont la joie est de s'occuper de Dieu et qui se dégagent de tous les

embarras du siècle !

Considère ces choses, ô mon âme, et ferme la porte de tes sens, afin que tu puisses

entendre ce que le Seigneur ton Dieu dit en toi.

2.Voici ce que dit ton bien-aimé: Je suis votre salut, votre paix et votre vie.

Demeurez près de moi et vous trouverez la paix. Laissez là tout ce qui passe; ne

cherchez que ce qui est éternel.

Que sont toutes les choses du temps, que des séductions vaines ? Et de quoi vous

serviront toutes les créatures si vous êtes abandonné du Créateur ?

Renoncez donc à tout et occupez-vous de plaire à votre Créateur et de lui être fidèle,

afin de parvenir à la vraie béatitude.

2. La vérité parle au dedans de nous sans aucun bruit de paroles



1.Parlez Seigneur, parce que votre serviteur écoute.

Je suis votre serviteur: donnez-moi l'intelligence, afin que je sache vos témoignages.

Inclinez mon coeur aux paroles de votre bouche: qu'elles tombent sur moi comme

une douce rosée.

Les enfants d'Israël disaient autrefois à Moïse:

Parlez-nous et nous vous écouterons; mais que le Seigneur ne nous parle point, de

peur que nous ne mourions.

Ce n'est pas là, Seigneur, ce n'est pas là ma prière: mais au contraire, je vous implore

comme le prophète Samuel, avec un humble désir, disant: Parlez, Seigneur, parce que

votre serviteur écoute.

Que Moïse ne me parle point, ni aucun des prophètes, mais vous plutôt, parlez,

Seigneur mon Dieu, vous la lumière de tous les prophètes et l'esprit qui les inspirait.

Sans eux, vous pouvez seul pénétrer toute mon âme de votre vérité; et sans vous ils ne

pourraient rien.

2.Ils peuvent prononcer des paroles, mais non les rendre efficaces.

Leur langage est sublime; mais si vous vous taisez, il n'échauffe point le coeur.

Ils exposent la lettre, mais vous en découvrez le sens.

Ils proposent les mystères, mais vous rompez le sceau qui en dérobait l'intelligence.

Ils publient vos commandements, mais vous aidez à les accomplir.

Ils montrent la voie, mais vous donnez des forces pour marcher.

Ils n'agissent qu'au-dehors, mais vous éclairez et instruisez les coeurs.

Ils arrosent extérieurement, mais vous donnez la fécondité.

Leurs paroles frappent l'oreille, mais vous ouvrez l'intelligence.

3.Que Moïse donc ne me parle point; mais vous, Seigneur, mon Dieu, éternelle vérité !

parlez-moi, de peur que je ne meure, et que je n'écoute sans fruit, si, averti seulement

au-dehors, je ne suis point intérieurement embrasé; de peur que je ne trouve ma

condamnation dans votre parole, entendue sans être accomplie, connue sans être aimée,

crue sans être observée.

Parlez-moi donc, Seigneur, parce que votre serviteur écoute, vous avez les paroles de

la vie éternelle.

Parlez-moi pour consoler un peu mon âme, pour m'apprendre à réformer ma vie,

parlez-moi pour la louange, la gloire, l'honneur éternel de votre nom.

3. Qu'il faut écouter la parole de Dieu avec humilité, et que plusieurs ne

la reçoivent pas comme ils le devraient



1.Jésus-Christ: Mon fils, écoutez mes paroles, paroles pleines de douceur, et qui

surpassent toute la science des philosophes et des sages du monde.

Mes paroles sont esprit et vie, et l'on n'en doit pas juger par le sens humain.

Il ne faut pas en tirer une vaine complaisance, mais les écouter en silence et les recevoir

avec une humilité profonde et un ardent amour.

2.Le fidèle: Et j'ai dit: Heureux celui que vous instruisez, Seigneur, et à qui vous

enseignez votre loi, afin de lui adoucir les jours mauvais, et de ne pas le laisser sans

consolation sur la terre.

3.Jésus-Christ: C'est moi qui ai, dès le commencement, instruit les prophètes, dit le

Seigneur, et jusqu'à présent même je ne cesse point de parler à tous; mais plusieurs sont

endurcis et sourds à ma voix.

Le plus grand nombre écoute le monde de préférence à Dieu; ils aiment mieux suivre

les désirs de la chair que d'obéir à la volonté divine.

Le monde promet peu de chose et des choses qui passent, et on le sert avec une grande

ardeur; je promets des biens immenses, éternels, et le coeur des hommes reste froid.

Qui me sert et m'obéit en toute chose, avec autant de soin qu'on sert le monde et les

maîtres du monde ?

Rougis, Sidon, dit la mer, et si tu en demandes la cause, écoute, voici pourquoi:

Pour un petit avantage, on entreprend une longue route; et pour la vie éternelle, à peine

en trouve-t'on qui veuillent faire un pas.

On recherche le plus vil gain: on plaide honteusement quelquefois pour une pièce de

monnaie; sur une légère promesse et pour une chose de rien, on ne craint pas de se

fatiguer le jour et la nuit.

4.Mais, ô honte ! pour un bien immuable, pour une récompense infinie, pour un bonheur

suprême et une gloire sans fin, on ne saurait se résoudre à la moindre fatigue.

Serviteur paresseux et toujours murmurant, rougis donc de ce qu'il y ait des hommes

plus ardents à leur perte que tu ne l'es à te sauver, et pour qui la vanité a plus d'attrait

que n'en a pour toi la vérité.

Et cependant ils sont souvent abusés par leurs espérances; tandis que ma promesse ne

trompe point, et que jamais je ne me refuse à celui qui se confie en moi.

Ce que j'ai promis, je le donnerai; ce que j'ai dit, je l'accomplirai, si toutefois l'on

demeure avec fidélité dans mon amour jusqu'à la fin.

C'est moi qui récompense les bons, et qui éprouve fortement les justes.

5.Gravez mes paroles dans votre coeur et méditez-les profondément: car à l'heure de la

tentation, elles vous seront très nécessaires.

Ce que vous n'entendez pas en le lisant, vous le comprendrez au jour de ma visite.

J'ai coutume de visiter mes élus de deux manières: par la tentation et la consolation.

Et tous les jours, je leur donne deux leçons: l'une en les reprenant de leurs défauts,

l'autre en les exhortant à avancer dans la vertu.

Celui qui reçoit ma parole, et qui la méprise, sera jugé par elle au dernier jour.

6.Prière pour demander la grâce de la dévotion

Le fidèle: Seigneur mon Dieu, vous êtes tout mon bien: et que suis-je pour oser vous

parler ?

Je suis le plus pauvre de vos serviteurs, et un abject ver de terre, beaucoup plus pauvre

et plus méprisable que je ne sais et que je n'ose dire.

Souvenez-vous cependant, Seigneur, que je ne suis rien, que je n'ai rien, que je ne puis

rien.

Vous êtes seul bon, juste et saint; vous pouvez tout, vous donnez tout, vous remplissez

tout, hors le pécheur que vous laissez vide.

Souvenez-vous de vos miséricordes, et remplissez mon coeur de votre grâce, vous qui

ne voulez point qu'aucun de vos ouvrages demeure vide.

7.Comment puis-je, en cette misérable vie, porter le poids de moi-même, si votre

miséricorde et votre grâce ne me fortifient ?

Ne détournez pas de moi votre visage; ne différez pas à me visiter: ne me retirez point

votre consolation, de peur que, privée de vous, mon âme ne devienne comme une terre

sans eau.

Seigneur, apprenez-moi à faire votre volonté: apprenez-moi à vivre d'une vie humble et

digne de vous.

Car vous êtes ma sagesse, vous me connaissez dans la vérité, et vous m'avez connu

avant que je fusse au monde, et avant même que le monde fût.

4. Qu'il faut marcher en présence de Dieu dans la vérité et l'humilité



1.Jésus-Christ: Mon fils, marchez devant moi dans la vérité, et cherchez-moi toujours

dans la simplicité de votre coeur.

Celui qui marche devant moi dans la vérité ne craindra nulle attaque, la vérité le

délivrera des calomnies et des séductions des méchants.

Si la vérité vous délivre, vous serez vraiment libre, et peu vous importeront les vains

discours des hommes.

2.Le fidèle: Seigneur, il est vrai: qu'il me soit fait, de grâce, selon votre parole. Que votre

vérité m'instruise, qu'elle me défende, qu'elle me conserve jusqu'à la fin dans la voie du

salut.

Qu'elle me délivre de tout désir mauvais, de toute affection déréglée, et je marcherai

devant vous dans une grande liberté de coeur.

3.Jésus-Christ: La vérité, c'est moi; je vous enseignerai ce qui est bon, ce qui m'est

agréable.

Rappelez-vous vos péchés avec une grande douleur et un profond regret, et ne pensez

jamais être quelque chose à cause du bien que vous faites.

Car, sans la vérité, vous n'êtes qu'un pécheur, sujet à beaucoup de passions et engagé

dans leurs liens.

De vous-même vous tendez toujours au néant; un rien vous ébranle, un rien vous abat,

un rien vous trouble et vous décourage.

Qu'avez-vous donc dont vous puissiez vous glorifier ? et que de motifs, au contraire,

pour vous mépriser vous-même ! car vous êtes beaucoup plus infirme que vous ne

sauriez le comprendre.

4.Que rien de ce que vous faites ne vous paraisse donc quelque chose de grand.

Mais plutôt qu'à vos yeux rien ne soit grand, précieux, admirable, élevé, digne d'être

estimé, loué, recherché, que ce qui est éternel.

Aimez par-dessus toutes choses l'éternelle vérité, et n'ayez jamais que du mépris pour

votre extrême bassesse.

N'appréhendez rien tant, ne blâmez et ne fuyez rien tant que vos péchés et vos vices. Ils

doivent vous affliger plus que toutes les pertes du monde.

Il y en a qui ne marchent pas devant moi avec un coeur sincère; mais guidés par une

certaine curiosité présomptueuse, ils veulent découvrir mes secrets et pénétrer les

profondeurs de Dieu, tandis qu'ils négligent de s'occuper d'eux-mêmes et de leur salut.

Ceux-là tombent souvent, à cause de leur orgueil et de leur curiosité, en de grandes

fautes, parce que je m'oppose à eux.

5.Craignez les jugements de Dieu: redoutez la colère du Tout-Puissant; ne scrutez point

les oeuvres du Très-Haut; mais sondez vos iniquités, le mal que tant de fois vous avez

commis, le bien que vous avez négligé.

Plusieurs mettent toute leur dévotion en des livres, d'autres en des images, d'autres en

des signes et des marques extérieures.

Quelques-uns m'ont souvent dans la bouche, mais peu dans le coeur.

Il en est d'autres qui, éclairés et purifiés intérieurement, ne cessent d'aspirer aux biens

éternels, ont à dégoût les entretiens de la terre, et ne s'assujettissent qu'à regret aux

nécessités de la nature. Ceux-là entendent ce que l'esprit de vérité dit en eux.

Car il leur apprend à mépriser ce qui passe, à aimer ce qui dure éternellement, à oublier

le monde, et à désirer le ciel, le jour et la nuit.

5. Des merveilleux effets de l'amour divin



1.Le fidèle: Je vous bénis, Père céleste, Père de Jésus-Christ, mon Seigneur, parce que

vous avez daigné vous souvenir de moi, pauvre créature.

Ô Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, je vous rends grâce de ce que,

tout indigne que j'en suis, vous voulez bien cependant quelquefois me consoler.

Je vous bénis à jamais, et je vous glorifie avec votre Fils unique et l'Esprit consolateur,

dans les siècles des siècles.

Ô Seigneur mon Dieu, saint objet de mon amour ! quand vous descendrez dans mon

coeur, toutes mes entrailles tressailliront de joie.

Vous êtes la gloire et la joie de mon coeur.

Vous êtes mon espérance et mon refuge au jour de la tribulation.

2.Mais parce que mon amour est encore faible, et ma vertu chancelante, j'ai besoin d'être

fortifié et consolé par vous; visitez-moi donc souvent, et dirigez-moi par vos divines

instructions.

Délivrez-moi des passions mauvaises, et retranchez de mon coeur toutes ces affections

déréglées, afin que, guéri et purifié intérieurement, je devienne propre à vous aimer,

fort pour souffrir, ferme pour persévérer.

3.C'est quelque chose de grand que l'amour et un bien au-dessus de tous les biens. Seul il

rend léger ce qui est pesant et fait qu'on peut supporter avec une âme égale toutes les

vicissitudes de la vie.

Il porte son fardeau sans en sentir le poids et rend doux ce qu'il y a de plus amer.

L'amour de Jésus-Christ est généreux; il fait entreprendre de grandes choses et il excite

toujours à ce qu'il y a de plus parfait.

L'amour aspire à s'élever et ne se laisse arrêter par rien de terrestre.

L'amour veut être libre et dégagé de toute affection du monde, afin que ses regards

pénètrent jusqu'à Dieu sans obstacle, afin qu'il ne soit ni retardé par les biens, ni abattu

par les maux du temps.

Rien n'est plus doux que l'amour; rien n'est plus fort, plus élevé, plus étendu, plus

délicieux; il n'est rien de plus parfait ni de meilleur au ciel et sur la terre, parce que

l'amour est né de Dieu, au-dessus de toutes les créatures.

4.Celui qui aime, court, vole; il est dans la joie, il est libre, et rien ne l'arrête.

Il donne tout pour posséder tout, et il possède tout en toutes choses, parce qu'au-dessus

de toutes choses il se repose dans le seul Être souverain, de qui tout bien procède et

découle.

Il ne regarde pas aux dons, mais il s'élève au-dessus de tous les biens, jusqu'à Celui qui

donne.

L'amour souvent ne connaît point de mesure, mais, comme l'eau qui bouillonne, il

déborde de toutes parts.

Rien ne lui pèse, rien ne lui coûte, il tente plus qu'il ne peut, jamais il ne prétexte

l'impossibilité, parce qu'il se croit tout possible et tout permis.

Et à cause de cela il peut tout, et il accomplit beaucoup de choses qui fatiguent et qui

épuisent vainement celui qui n'aime point.

5.L'amour veille sans cesse; dans le sommeil même il ne dort point.

Aucune fatigue ne le lasse, aucuns liens ne l'appesantissent, aucunes frayeurs ne le

troublent; mais tel qu'une flamme vive et pénétrante, il s'élance vers le ciel et s'ouvre

un sûr passage à travers tous les obstacles.

Si quelqu'un aime, il entend ce que dit cette voix.

L'ardeur même d'une âme embrasée s'élève jusqu'à Dieu comme un grand cri: Mon

Dieu ! mon amour ! vous êtes tout à moi, et je suis tout à vous.

6.Dilatez-moi dans l'amour afin que j'apprenne à goûter au fond de mon coeur combien

il est doux d'aimer, et de se fondre et de se perdre dans l'amour.

Que l'amour me ravisse et m'élève au-dessus de moi-même, par la vivacité de ses

transports.

Que je chante le cantique de l'amour, que je vous suive, ô mon bien-aimé, jusque dans

les hauteurs de votre gloire, que toutes les forces de mon âme s'épuisent à vous louer,

et qu'elle défaille de joie et d'amour.

Que je vous aime plus que moi, que je ne m'aime moi-même que pour vous, et que

j'aime en vous tous ceux qui vous aiment véritablement, ainsi que l'ordonne la loi de

l'amour, que nous découvrons dans votre lumière.

7.L'amour est prompt, sincère, pieux, doux, prudent, fort, patient, fidèle, constant,

magnanime, et il ne se recherche jamais; car dès qu'on commence à se rechercher

soi-même, à l'instant on cesse d'aimer.

L'amour est circonspect, humble et droit, sans mollesse, sans légèreté, il ne s'occupe

point de choses vaines, il est sobre, chaste, ferme, tranquille, et toujours attentif à

veiller sur les sens.

L'amour est obéissant et soumis aux supérieurs; il est vil et méprisable à ses yeux.

Dévoué à Dieu sans réserve, et toujours plein de reconnaissance, il ne cesse point de se

confier en lui, d'espérer en lui, lors même qu'il semble en être délaissé, parce qu'on ne

vit point sans douleur dans l'amour.

8.Qui n'est pas prêt à tout souffrir et à s'abandonner entièrement à la volonté de son

bien-aimé, ne sait pas ce que c'est que d'aimer.

Il faut que celui qui aime embrasse avec joie tout ce qu'il y a de plus dur et de plus

amer, pour son bien-aimé, et qu'aucune traverse ne le détache de lui.

6. De l'épreuve du véritable amour



1.Jésus-Christ: Mon fils, votre amour n'est encore ni assez fort ni assez éclairé.

Le fidèle: Pourquoi, Seigneur ?

Jésus-Christ: Parce qu'à la moindre contrariété, vous laissez là l'oeuvre commencée, et

que vous recherchez trop avidement les consolations.

Celui qui aime fortement demeure ferme dans la tentation, et ne cède point aux

suggestions artificieuses de l'ennemi. Dans le mauvais comme dans le bon succès, son

coeur est également à moi.

2.Celui dont l'amour est éclairé considère moins le don de celui qui aime que l'amour de

celui qui donne.

L'affection le touche plus que le bienfait et il préfère son bien-aimé à tout ce qu'il

reçoit de lui.

Celui qui m'aime d'un amour généreux ne se repose pas dans mes dons, mais en moi

par-dessus tous mes dons.

Ne croyez pas tout perdu cependant s'il vous arrive de sentir pour moi ou pour mes

saints moins d'amour que vous ne voudriez.

Cet amour tendre et doux que vous éprouvez quelquefois est l'effet de la présence de la

grâce et une sorte d'avant-goût de la patrie céleste; il n'y faut pas chercher trop d'appui

parce qu'il passe comme il est venu.

Mais combattre les mouvements déréglés de l'âme et mépriser les sollicitations du

démon, c'est un grand sujet de mérite et la marque d'une solide vertu.

3.Ne vous troublez donc point des fantômes, quels qu'ils soient, qui obsèdent votre

imagination.

Conservez une résolution ferme et une intention droite devant Dieu.

Ce n'est point une illusion si quelquefois vous êtes soudain ravi en extase et qu'aussitôt

vous retombiez dans les pensées misérables qui occupent d'ordinaire votre coeur.

Car vous souffrez alors plus que vous n'agissez; et tant qu'elles vous déplaisent et que

vous y résistez, c'est un mérite et non pas une chute.

4.Sachez que l'antique ennemi s'efforce d'étouffer vos bons désirs et de vous éloigner de

tout pieux exercice, du culte des saints, de la méditation de mes douleurs et de ma

mort, du souvenir si utile de vos péchés, de l'attention de veiller sur votre coeur, et du

ferme propos d'avancer dans la vertu.

Il vous suggère mille pensées mauvaises pour vous causer du trouble et de l'ennui,

pour vous détourner de la prière et des lectures saintes.

Une humble confession lui déplaît et, s'il pouvait, il vous éloignerait tout à fait de la

communion.

Ne le craignez point et n'ayez de lui aucune appréhension, quoiqu'il vous tende souvent

des pièges pour vous surprendre.

Rejetez sur lui seul les pensées criminelles et honteuses qu'il vous inspire. Dites-lui:

Va, esprit immonde; rougis, malheureux; il faut que tu sois étrangement pervers pour

me tenir un pareil langage.

Retire-toi de moi, détestable séducteur, tu n'auras jamais en moi aucune part; mais

Jésus sera près de moi comme un guerrier formidable, et tu demeureras confondu.

J'aime mieux mourir et souffrir tous les tourments, que de consentir à ce que tu me

proposes.

Tais-toi donc, ne me parle plus; je ne t'écouterai pas davantage, quoi que tu fasses

pour m'inquiéter. Le Seigneur est ma lumière et mon salut, que craindrais-je ?

Quand une armée se rangerait en bataille contre moi, mon coeur ne craindrait pas.

Le Seigneur est mon aide et mon Rédempteur.

5.Combattez comme un généreux soldat, et si quelquefois vous succombez par fragilité,

reprenez un courage plus grand dans l'espérance d'être soutenu par une grâce plus forte;

et gardez-vous surtout de la vaine complaisance et de l'orgueil.

C'est ainsi que plusieurs s'égarent et tombent dans un aveuglement presque incurable.

Que la chute de ces superbes qui présumaient follement d'eux-mêmes vous soit une

leçon continuelle de vigilance et d'humilité.



7. Qu'il faut cacher humblement les grâces que Dieu nous fait



1.Jésus-Christ: Mon fils, lorsque la grâce vous inspire des mouvements de piété, il est

meilleur pour vous et plus sûr de tenir cette grâce cachée, de ne vous en point élever,

d'en parler peu et de ne pas vous exagérer sa grandeur; mais plutôt de vous mépriser

vous-même et de craindre une faveur dont vous êtes indigne.

Il ne faut pas s'attacher trop à un sentiment qui bientôt peut se changer en un sentiment

contraire.

Quand la grâce vous est donnée, songez combien vous êtes pauvre et misérable sans la

grâce.

Le progrès de la vie spirituelle ne consiste pas seulement à jouir des consolations de la

grâce, mais à en supporter la privation avec humilité, avec abnégation, avec patience, de

sorte qu'alors on ne se relâche point dans l'exercice de la prière, et qu'on n'abandonne

aucune de ses pratiques accoutumées.

Faites, au contraire, tout ce qui est en vous le mieux que vous pourrez, selon vos

lumières, et ne vous négligez pas entièrement vous-même à cause de la sécheresse et de

l'angoisse que vous sentez en votre âme.

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