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  • : In hoc signo vinces. Parousie by ROBLES Patrick
  • : Blog Parousie de Patrick ROBLES (Montbéliard, Franche-Comté, France)
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  • Patrick ROBLES
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)

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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 13:06
Noces de Cana

CHAPITRE LXXVII

UTILITÉ DE LA TENTATION.

Elle pria un jour le Seigneur pour une personne assaillie par la tentation, et reçut la réponse suivante : « Je permets cette tentation pour lui faire connaître et déplorer son défaut; elle s'efforcera ensuite de le vaincre, elle sera humiliée de n'y pouvoir parvenir, et cette humiliation effacera presque entièrement à mes yeux d'autres défauts qu'elle n'a pas encore remarqués. L'homme qui voit une tache sur sa main, ne lave pas seulement la tache, mais lave ses deux mains. Il les purifie ainsi de toutes les souillures qu'il n'eût peut-être pas enlevées, si cette tache plus visible ne lui en avait fourni l'occasion. »

CHAPITRE LXXVIII

LA COMMUNION FRÉQUENTE PLAÎT A DIEU.

1. Une personne excitée par le zèle de la justice se permettait d'en juger plusieurs autres; elle les trouvait peu dévotes, peu préparées, et se tourmentait de les voir s'approcher souvent de la communion. I1 lui arrivait même de leur en faire publiquement des reproches, de sorte que certaines personnes concevaient de la crainte et n'osaient plus communier.

2. Celle-ci demanda au Seigneur s'il approuvait cette façon d'agir, et il répondit : « Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes, et dans l'excès de mon amour j'ai institué ce sacrifice afin qu'on le renouvelât souvent en mémoire de moi. Je me suis engagé à rester dans ce mystère avec les fidèles jusqu'à la consommation des siècles. Quiconque s'efforce d'éloigner de la communion une âme qui n'est pas en état de péché mortel, arrête ou suspend les délices que j'aurais trouvées en cette âme. Celui-là ressemble à un précepteur sévère qui empêcherait le fils du roi de jouer avec les enfants pauvres de son âge, malgré le plaisir qu'y trouverait le jeune prince. Ce maître aurait jugé qu'il convient plus à l'enfant de recevoir les honneurs dus à son rang, que de se divertir sur la place publique au jeu de paume ou à quelque autre amusement. » Celle-ci dit alors : « Si cette personne était résolue à ne plus donner à l'avenir de tels avis, lui pardonneriez-vous ses exagérations ? » Le Seigneur répondit : « Non seulement je lui pardonnerais, mais je trouverais dans sa résolution un plaisir semblable à celui que goûterait le fils du roi, si son précepteur, changeant d'avis, lui amenait volontiers, pour partager ses jeux, les jeunes amis chassés auparavant par un excès de sévérité. »

CHAPITRE LXXIX

AVANTAGES DU ZÈLE.

1. Celle-ci priait pour une personne qui s'attristait et craignait d'avoir offensé Dieu en corrigeant avec dureté certaines négligences qui auraient pu, à son avis, donner un exemple funeste pour l'observance régulière. Elle reçut du meilleur des maîtres l'instruction suivante : « Si quelqu'un désire que son zèle soit pour moi le plus beau sacrifice de louange, et assure à son âme un grand profit, il devra surtout s'appliquer à trois choses :
1° montrer toujours un visage aimable à la personne dont il corrige les défauts (c'est du reste ce que demande la bienséance à l'égard du prochain) et, tout en exigeant ce qui est bien, user de paroles et de procédés charitables ;
2° avoir soin de ne pas divulguer les fautes en des lieux où il ne peut espérer que le coupable se corrige ou que ceux qui entendent soient discrets ;
3° lorsque la conscience signale un défaut à reprendre, ne se laisser arrêter par aucun respect humain, mais chercher en toute charité les occasions de détruire le mal, dans l'unique but de procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes. Alors on sera certainement récompensé en proportion de sa peine, et non d'après le succès obtenu ; car si les efforts n'amènent aucun résultat, ce sera pour le malheur de ceux qui n'ont pas voulu écouter ou qui ont osé résister.»

2. Comme elle priait encore pour deux personnes qui étaient en discussion, l'une croyant défendre la justice et l'autre maintenir la charité envers le prochain, le Seigneur lui dit : « Quand un bon père voit ses petits enfants s'amuser devant lui, et s'exercer à des luttes joyeuses, il rit parfois, ou fait semblant de n'en rien voir. Mais, à un moment donné, s'il s'aperçoit que l'un des combattants s'acharne sur son frère, il se lève, et châtie le coupable. De même, moi qui suis le Père des miséricordes, aussi longtemps que je vois ces personnes discuter avec douceur et bonne intention, je n'y prête aucune attention, quoique je préfère les voir en paix. Mais si l'une vient à traiter l'autre avec dureté, elle ne pourra éviter la correction que lui infligera la verge de ma justice paternelle. »

CHAPITRE LXXX

UTILITÉ FUTURE DL LA PRIÈRE.

Une autre personne se plaignait souvent de ne retirer aucun profit des prières faites pour elle. Celle-ci porta cette plainte au Seigneur et lui demanda pourquoi il en était ainsi. Le Seigneur répondit : « Demande à cette personne ce qu'elle trouverait plus avantageux pour un cousin ou pour quelqu'un de ses parents à qui elle souhaiterait voir attribuer un bénéfice ecclésiastique : qu'on lui en conférât seulement le titre, ou qu'on lui en donnât immédiatement les revenus, (bien qu'il soit encore jeune écolier), et qu'on le laissât disposer de cet argent suivant son caprice? La simple raison humaine jugera qu'il est plus utile d'octroyer seulement à cet enfant le titre d'un bénéfice, destiné à lui procurer dans l'avenir de grands revenus ; car. si on lui en remet maintenant la valeur, il pourra la dissiper en dépenses inutiles, et se retrouver plus tard aussi pauvre et malheureux. Que cette personne ait donc confiance en ma sagesse et ma bonté divines. Je suis son père, son frère, et l'ami de son âme. Je veillerai sur ses intérêts temporels et spirituels avec une plus fidèle sollicitude qu'elle n'en mettra jamais à soigner les intérêts d'un parent. Qu'elle soit persuadée que je garde pour un temps propice et fixé d'avance, les fruits de toutes les prières que l'on m'a adressées pour elle : je les lui remettrai intégralement lorsque rien ne pourra plus les corrompre ou les amoindrir. Cette disposition lui sera beaucoup plus salutaire, car, si elle éprouvait de la consolation aussitôt après une prière faite en sa faveur, cette joie serait peut-être bientôt troublée par la vaine gloire et desséchée par l'orgueil; ou bien, si je lui donnais la prospérité temporelle, son âme y pourrait trouver une occasion de chute. »

CHAPITRE LXXXI

AVANTAGES DE L'OBÉISSANCE.

L'hebdomadière récitait de mémoire le capitule de Matines avec intention de satisfaire ainsi au précepte de la Règle 1 qui ordonne en effet de dire cette leçon par cœur. Cette bonne intention, ayant été révélée à Celle-ci, elle vit que cette âme acquérait ainsi un mérite égal à celui que lui eût procuré la prière d'autant de personnes que le capitule contenait de mots.

Elle comprit aussi les paroles que saint Bernard suppose être dites à un homme par les actions de toute sa vie, lorsqu'il en est à l'article de la mort : « C'est toi qui nous a faites, nous sommes tes oeuvres, nous ne t'abandonnerons pas, mais nous serons toujours avec toi et t'accompagnerons ait tribunal de Dieu 2. » Dieu permettra alors que toutes les actions d'obéissance paraissent comme autant de personnages illustres qui consoleront celui qui les aura faites et intercéderont pour lui auprès du Seigneur. Chaque bonne oeuvre accomplie par obéissance, et rendue parfaite par la pureté d'intention, obtiendra à l'homme le pardon de quelque négligence. Ce sera une consolation extrême pour 1'agonisant.

1. Règle de saint Benoît, chap. XII.
2. .Meditationes piissimae, chap. 11, 5, inter spuria.

CHAPITRE LXXXII

RECOMMANDATION D'UNE HEBDOMADIÈRE QUI LISAIT LE PSAUTIER 1.

Une hebdomadière qui devait réciter le psautier prescrit pour la Congrégation demanda à celle-ci de prier pour elle. Pendant cette prière, celle-ci vit en esprit le Fils de Dieu prendre cette hebdomadière avec lui pour la conduire devant le trône de Dieu le Père. Le Fils pria son Père céleste de faire entrer cette âme en participation de l'ardent amour et de la fidélité avec lesquels lui-même avait désiré la gloire de son Père et le salut du genre humain. Il voulait qu'aidée par ce secours, l'hebdomadière obtint la réalisation de tous ses désirs. Lorsque le Fils eut invoqué son Père, cette personne pour laquelle il avait prié, parut couverte de vêtements semblables aux siens. Et comme nous lisons que le Fils de Dieu se tient debout devant son Père afin d'intercéder pour l'Église, de même celle-ci, comme une autre reine Esther, se tenait devant Dieu le Père afin de prier avec le Fils pour son peuple, c'est-à-dire pour sa Congrégation. Elle s'acquitta de son obligation tout entière sans quitter cette attitude, et le Père céleste accepta ses paroles en deux manières : d'abord comme un seigneur qui obtient d'un répondant le montant de la dette dont celui-ci s'est fait caution pour les débiteurs ; ensuite comme un maître qui reçoit de son intendant une somme d'argent afin de la distribuer à ses plus chers amis. Celle-ci voyait encore le Seigneur exaucer toutes les prières que cette personne lui adressait pour la Congrégation, et la placer devant lui, afin qu'elle distribuât aux autres sœurs du monastère tout ce qu'on viendrait demander pour elles.

1. A Helfta comme à Cluny on avait l'usage de réciter certains psaumes de surérogation qui. allongeaient beaucoup l'office. Ces psaumes étaient appelés Psalmi familiares par abréviation, pour Psalmi pro familiaribus tam vivis quam pro defunctis. Les Psaumes Graduels prescrits pour certains jours sont un reste de cette coutume. Les Psalmi familiares étaient récités au chœur, au commencement ou à la fin de chaque heure canoniale. La coutume de réciter le psautier entier soit chaque jour, soit chaque semaine, existait aussi parmi les moines et les moniales dès les premiers temps monastiques, mais comme dévotion privée surajoutée aux heures canoniales. I1 est cependant possible qu'en certaines communautés on se soit partagé le psautier, ou bien que le psautier entier ait été récité par une seule religieuse députée par le convent, soit chaque jour, soit chaque semaine. Ceci est une simple conjecture, car nous n'avons trouvé aucun fait à l'appui, sauf pour les suffrages des défunts qui étaient une pratique commune. Il paraîtrait d'après cela que le psautier auquel il est fait allusion ici désigne plutôt certains des Psalmi familiares mentionnés plus haut, pour la récitation desquels, à Helfta, une moniale était désignée par semaine (noter que c'est le terme d'hebdomadière qui est employé), récitation qu'elle faisait en dehors du temps de l'office, seule, ou avec quelques autres moniales. D'un autre côté, il est évident que certains des Psalmi familiares se disaient en commun, par exemple le Miserere pendant le chapitre, à la veille de Noël, comme il est rapporté au Livre IV, ch. II.
A côté de ces coutumes, on trouve celle de réciter certains offices votifs en plus de celui du jour ; par exemple l'office de la sainte Trinité composé du temps d'Alcuin, l'office de la sainte Vierge recommandé par saint Pierre Damien, et l'office de tous les Saints, beaucoup moins répandu. Nos suffrages sont un souvenir de ces offices qui s'étaient beaucoup multipliés jusqu'au xv° siècle, mais seulement comme dévotion privée.

CHAPITRE LXXXIII

UTILITÉ DE LA SUJÉTION

1. Celle-ci priait le Seigneur de corriger lui-même le défaut d'un de ses supérieurs ; elle reçut cette réponse: « Ignores-tu que non seulement cette personne, mais encore celles qui sont à la tête de cette Congrégation si aimée, ont toutes quelques défauts? Personne ici-bas n'en est exempt. C'est là un effet de la bonté, de la douceur et de la tendresse excessives avec lesquelles j'ai choisi cette Congrégation. Ses mérites prendront par là de merveilleux accroissements, car il faut bien plus de vertu pour se soumettre à une personne dont on connaît les défauts qu'à une autre dont les actions semblent irréprochables. » Elle reprit : « Bien que j'éprouve une joie extrême, ô mon Seigneur, à voir s'accroître les mérites des inférieurs, je désirerais cependant aussi que les supérieurs ne fussent pas en faute, et je crains que cela ne leur arrive quelquefois par fragilité. » Le Seigneur répondit : « Moi qui connais tous leurs défauts, je permets que dans les divers travaux de leur charge ils en manifestent quelque chose, sans cela ils n'arriveraient peut-être jamais à posséder une grande humilité. De cette façon, au contraire, les mérites des inférieurs s'accroissent par les défauts et les qualités des supérieurs, et les mérites des supérieurs gagnent autant par les défauts que par les progrès des inférieurs, comme tous les membres d'un même corps contribuent à son bien-être général. »

2. Celle-ci comprit alors la bonté et la sagesse infinies du Seigneur qui prépare avec tant d'industrie le triomphe des élus en se servant merveilleusement des défauts pour faire progresser les vertus. Si l'éclatante miséricorde de Dieu ne se fût montrée à elle que dans cette seule circonstance, toutes les créatures ne pourraient cependant jamais en louer assez le Seigneur.

CHAPITRE LXXXIV

DE LA VRAIE PURIFICATION DE L'HOMME.

1. Elle priait ensuite pour une personne affligée et reçut cette réponse : « Ne crains pas ; je ne permets jamais que mes élus soient accablés au-dessus de leurs forces, et je suis toujours auprès d'eux pour mesurer leur fardeau. Une mère qui veut réchauffer son petit enfant devant un foyer, tient toujours sa main entre le feu et l'enfant; de même quand je trouve à propos de purifier mes justes par la tribulation, mon but n'est pas de les perdre, mais de les éprouver et de les sauver. »

2. Elle priait également pour une personne qu'elle avait trouvée en défaut. Dans l'ardeur de ses désirs, elle dit entre autres choses au Seigneur : « O Seigneur, bien que je sois la dernière des créatures, j'ose, dans l'intérêt de votre gloire, vous prier pour cette personne ; mais vous, Puissance infinie à qui rien ne résiste, pourquoi ne m'exaucez-vous pas ? » Le Seigneur répondit: « Comme par ma puissance infinie je puis toutes choses ; de même, par mon insondable sagesse, je les connais et les dispose toutes comme il convient. Quand un roi de la terre, maître des forces et des volontés, veut voir ses écuries parfaitement propres, il n'abaisse pas sa majesté jusqu'à faire le travail de ses mains royales; ainsi je ne retire jamais un homme du mal où il est tombé par sa propre faute, à moins que lui-même se faisant violence et changeant de volonté, ne se montre digne de mon amour. »

CHAPITRE LXXXV

COMMENT LE SEIGNEUR SUPPLÉE POUR LA CRÉATURE.

Celle-ci considérait une sœur qui circulait dans le chœur pendant Matines, pour avertir les moniales d'observer certaines règles, dont l'oubli pouvait produire certaines confusions dans l'office divin. Elle demanda au Seigneur comment il agréait ce zèle. Le Seigneur répondit : « Si quelqu'un, dans l'intention de me glorifier, prend soin d'éviter toute négligence durant l'office divin, et s'il avertit les autres dans le même but, je supplée à l'imperfection inévitable de sa dévotion et de son attention. »

CHAPITRE LXXXVI

DE L'OFFRANDE DES ADVERSITÈS ET DE LA PERTE DE CEUX QUI NOUS SONT CHERS.

Comme elle priait pour une personne très désolée de voir une de ses amies malade à en mourir, elle reçut du Seigneur cette instruction : « Un homme craint de perdre, ou même a déjà perdu un ami qui lui est cher, près duquel il trouvait non seulement les consolations de l'amitié, mais aussi les conseils nécessaires pour le progrès de son âme. Cet homme m'offre avec une volonté droite le chagrin qui oppresse son cœur, et se voyant dans l'impossibilité de garder son ami, il consent à le perdre si j'y trouve une plus grande gloire, préférant ainsi ma volonté à la sienne. Certes, s'il maintient son âme dans cette disposition, ne fût-ce qu'une heure, ma bonté divine gardera à son offrande toute la perfection qu'il lui avait donnée, et tout ce qu'il souffrira dans la suite à cause de la fragilité humaine contribuera à son salut éternel. Car des pensées s'élèveront de son cœur brisé; il se dira: « Quel secours ! quelle consolation, quel soulagement j'aurais reçus de cet ami, et j'en suis privé! » Mais, parce qu'il m'a offert sa douleur, ces pensées disposeront son cœur à recevoir la divine consolation qui se répandra dans son âme en proportion des regrets poignants qui l'ont saisi par ma permission. Ma bonté naturelle me force pour ainsi dire à agir de la sorte ; l'orfèvre n'est-il pas obligé d'enchâsser dans son travail d'or ou d'argent autant de pierreries qu'il a préparé de cavités pour les recevoir? Ma divine consolation est représentée par les pierres précieuses, parce qu'on attribue à certaines de ces pierres des propriétés spéciales. Et en effet, cette consolation céleste achetée par l'homme au prix de souffrances passagères possède une telle vertu, que nul en ce monde ne peut subir une perte si grande qu'il n'en soit dédommagé au centuple dès ici-bas par ce divin secours, et mille fois plus encore dans l'éternité. »

CHAPITRE LXXXVII

COMMENT LE SEIGNEUR REPARE LES FAUTES DE FRAGILITE.

Elle priait une autre fois pour une personne qui désirait extrêmement posséder devant Dieu le mérite de la virginité, et qui craignait avoir contracté quelque souillure par suite de la fragilité humaine. Cette personne lui apparut entre les bras du Seigneur. Elle était revêtue d'une robe blanche comme la neige, dont les plis étaient disposés avec un grand art. Le Seigneur voulut bien, à ce sujet, donner à celle-ci l'instruction suivante : «Lorsque, par suite de la faiblesse humaine, une souillure ternit un peu la virginité ; si l'âme regrette ce mal et fait pénitence, ma bonté transforme ces fautes en ornements analogues aux plis qui donnent à un vêtement sa grâce et sa beauté. Cependant, comme cette parole de l'Écriture demeure toujours vraie : « Iricorruptio proximum facit esse Deo : La parfaite pureté rapproche l'homme de Dieu » (Sagesse, vi, 20) ces mêmes taches pourraient se contracter par le fait de péchés si graves qu'ils mettraient obstacle aux douceurs de l'amour divin, comme la multiplicité des vêtements de l'épouse gêne, en quelque sorte, les embrassements de l'Époux.

CHAPITRE LXXXVIII

DES OBSTACLES APPORTÉS PAR L'ATTACHEMENT AU PROPRE SENS.

Celle-ci priait pour une âme qui désirait obtenir le secours des consolations divines, et elle reçut du Seigneur cette réponse : « Cette âme met elle-même obstacle à l'effusion de la grâce. Lorsque j'attire mes élus par le goût très suave de mon amour, celui qui tient obstinément à son propre sens, agit comme un homme qui se couvrirait le nez avec son vêtements pour ne pas respirer le doux parfum des aromates. Mais celui qui, pour mon amour, renonce à ses propres lumières, afin de suivre celles d'autrui, acquiert d'autant plus de mérites qu'il s'est fait plus de violence. Il a en effet pratiqué l'humilité et remporté une complète victoire. C'est pourquoi l'Apôtre a dit : « Non coronabitur nisi qui legitime certaverit : Nul ne sera couronné s'il n'a légitimement combattu. » (II Timoth., II, 5.)

CHAPITRE LXXXIX

LA VOLONTÉ EST ACCEPTÉE POUR LE FAIT.

Comme elle priait pour une personne qui trouvait beaucoup de difficultés dans un travail qu'on lui avait enjoint, le Seigneur daigna l'instruire par cette comparaison : « Voilà un homme qui pour mon amour veut entreprendre un grand travail dans lequel il redoute de telles difficultés, que sa dévotion en subira peut-être du détriment. Si dans ce cas il préfère l'accomplissement de ma volonté au bien de son âme, j'estimerai tellement sa bonne intention que je la prendrai pour un fait accompli. Cet homme pourrait ne jamais même commencer son travail, et je l'en récompenserais cependant comme s'il l'avait achevé et n'avait mis aucune négligence à l'accomplir. »

CHAPITRE XC

NE PAS PRÉFÉRER LES CHOSES EXTÉRIEURES
AUX CHOSES INTÉRIEURES

Comme celle-ci priait pour une personne souvent ennuyée par suite de certaines combinaisons qui dépendaient pourtant de sa volonté, le Seigneur lui fit cette réponse: « Ces peines la purifient des souillures qu'elle a contractées en préférant parfois, pour des raisons humaines, les avantages extérieurs au profit intérieur. -- Nous ne pouvons cependant vivre sans l'usage des biens extérieurs, reprit celle-ci : comment donc cette personne a-t-elle péché en y pourvoyant, puisque cette charge lui est confiée ? » Le Seigneur répondit: « C'est pour une noble damoiselle un honneur et un ornement de porter un manteau doublé de fourrure tigrée. Mais si elle s'avisait de retourner le manteau et de porter les fourrures à l'extérieur, ce qui était pour elle une parure honorable deviendrait une cause de confusion. Sa mère ne pourrait souffrir cet affublement ridicule et se hâterait de jeter au moins sur les épaules de sa fille un second vêtement, dans la crainte qu'on ne la prît pour une insensée. Et moi, parce que j'aime tendrement cette personne qui est ma fille, je dissimule son défaut sous un manteau, c'est-à-dire sous les ennuis qui résultent de ses occupations elles-mêmes, sans pourtant qu'il y ait de sa faute. De plus, je la revêts de la patience comme d'un ornement de choix, car j'ai ordonné dans l'Évangile de chercher avant tout le royaume de Dieu (Luc, xvi, 31), c'est-à-dire le progrès des choses intérieures. Quant à ces choses extérieures, je n'ai même pas dit de les chercher en second lieu, mais j'ai promis de les donner par surcroît. » Tout religieux qui désire être l'ami particulier de Dieu, devra peser attentivement la vérité de cette grande parole.

FIN DU LIVRE TROISIÈME


APPENDICE DU LIVRE TROISIEME
_______________________

Note du Chapitre LXVI

Tu animae meae vita,
Tecum sit affectio cordis mei unita,
Vi amatorii ardoris conflata.
In omni ad quod sine te tendit,
Reddatur exanimata.

Quia tu es amoenitas omnium colorum,
Dulcor omnium saporum,
Fragrantia omnium odorum,
Delectatio omnium sonorum,
Suavis amoenitas amplexuum intimorum.

In te voluptas deliciosa,
Ex te supereffluentia copiosa,
Ad te allicientia amoenosa,
Per te influentia affectuosa.

Tu supereffluens abyssus divinitatis,
O regum Rex dignissime,
Imperator excellentissime,
Princeps illustrissime,
Dominator mitissime,
Tutor validissime.

Tu vivificans gemma humame nobilitatis.
Opifex artificiosissime,
Instructor mansuetissime,
Consulter sapientissime,
Adjutor benignissime,
Amice fidelissime.

Tu saporosa unio intimae suavitatis,
O blanditor delicatissime, affector lenissime,
Amator ardentissime,
Sponse dulcissime,
Zelator castissime.

Tu vernans flos iugcnuae venustatis,
O frater amabilissime,
Juvenis ftoridissime,
Comes jucundissime,
Hospes liberalissime,
Ministrator curialissime.

Te omni creaturae praeeligo,
Propter te omni delectationi abrenuntio,
Pro te omni adversitati obvio ;
In his omnibus te unicum laudatorem requiro.

Te vegetatorem horum omniumque bonorum corde et ore contestor,
In virtute tui fervoris adjungo intentionem mea devotionis efficaciae tuae orationis,
Ut per integritatem divinae unionis
Ducar ad apicem summae perfcetionis,
Consumpto ontiti motu rebellionis.

FIN DU PREMIER TOME


"La Bienheureuse Vierge lui fit connaître que si quelqu'un la saluait avec dévotion en l'appelant : Lis blanc de la Trinité et Rose éclatante de la beauté céleste, elle lui ferait comprendre :

- De quel pouvoir elle tient de la toute-puissance du Père,

- Quelle ingéniosité lui donne, pour le salut du genre humain, la Sagesse du Fils,

- Quelle tendresse comble son coeur par la bénignité de l'Esprit-Saint.

Et la Vierge ajouta : "A celui qui me salue ainsi, à l'heure de sa mort, je me montrerai à lui dans l'épanouissement d'une telle beauté, que cette vue, en le consolant merveilleusement, lui révélera les joies du Ciel"".

(Tome 2, chapitre XVIIII, 3ème §).

 

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