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  • : In hoc signo vinces. Parousie by ROBLES Patrick
  • : Blog Parousie de Patrick ROBLES (Montbéliard, Franche-Comté, France)
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  • Patrick ROBLES
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 20:02
1194-1253


1. AU NOM DU SEIGNEUR. ICI COMMENCE LA RÈGLE DE VIE DES PAUVRES SŒURS

1 La forme de vie de l'Ordre des pauvres Sœurs, fondé par saint François, est celle-ci :

2 Observer le saint Évangile, en vivant dans l'obéissance, sans aucun bien propre, et dans la chasteté.

3 Claire, indigne servante du Christ, et première petite plante du bienheureux Père François, promet obéissance et respect au seigneur Pape Innocent et à ses successeurs canoniquement élus, et à l'Église romaine.

4 Et de même que, dès le début de sa conversion, elle a, en même temps que ses sœurs, promis obéissance au bienheureux François, de même elle promet d'observer une même inviolable soumission à ses successeurs.

5 Que les autres sœurs soient aussi tenues d'obéir aux successeurs du bienheureux François, à sœur Claire, et aux autres abbesses canoniquement élues qui lui succéderont.


2. DE L'ADMISSION DES SŒURS AU MONASTÈRE

1 Si une femme, par l'inspiration de Dieu, veut embrasser cette vie et vient à nous, l'abbesse sera tenue de demander le consentement de toutes les sœurs ; si la majorité y consent, et si le Cardinal protecteur en donne la permission, la candidate pourra être reçue.

2 Si l'abbesse juge bon de la recevoir, elle l'examinera soigneusement, ou la fera examiner, sur la foi catholique et sur les sacrements de l'Église.

3 Si la postulante croit en l'Église catholique et aux sacrements ; si elle est décidée à confesser cette foi et à la pratiquer fermement jusqu'à sa mort ; et si elle n'est pas mariée, ou bien si son mari est déjà entré dans un Ordre avec la permission de son évêque et a déjà prononcé le vœu de chasteté ; si enfin elle n'est ni trop vieille ni trop malade ni trop simple d'esprit pour mener notre vie ; alors qu'on lui expose soigneusement la teneur de notre vie.

4 Si elle est capable de cette vocation, qu'on lui dise la parole du saint Évangile : qu'elle aille, vende tous ses biens, et en distribuer aux pauvres le produit ; si elle ne peut le faire, la bonne volonté lui suffit.

5 Que l'abbesse et ses sœurs se gardent bien de se mêler des affaires temporelles d'une postulante : qu'elles la laissent disposer de ses biens, selon que le Seigneur lui inspirera. Cependant, si elle demande conseil, on pourra l'envoyer à quelques personnes discrètes et craignant Dieu, d'après l'avis desquelles elle puisse distribuer ses biens aux pauvres.

6 On lui coupera ensuite les cheveux en rond, elle quittera ses vêtements séculiers et on lui donnera trois tuniques et un manteau.

7 Il ne lui sera plus permis ensuite de sortir du monastère sans motif utile, raisonnable, manifeste et approuvé.

8 Après une année de noviciat, elle sera reçue à l'obéissance : elle promettra d'observer toujours notre vie et notre forme de pauvreté.

9 Aucune ne pourra recevoir le voile pendant le noviciat.

10 Les sœurs pourront aussi porter un scapulaire pour la commodité et la propreté dans le service et le travail.

11 Que l'abbesse veille à pourvoir chacune de vêtements selon les tempéraments des sœurs, selon les lieux, les saisons, les régions froides, dans la mesure où cela paraîtra nécessaire.

12 Les jeunes filles reçues au monastère avant d'avoir l'âge requis, auront aussi les cheveux coupés en rond ; elles quitteront les vêtements séculiers et porteront l'habit religieux si l'abbesse le juge à propos.

13 Arrivées à l'âge requis, elles feront profession comme les autres.

14 Ces jeunes postulantes, ainsi que les autres novices, seront confiées par l'Abbesse à une Maîtresse choisie parmi les plus discrètes de tout le monastère pour les former avec soin à une vie sainte et une conduite irréprochable selon la forme de notre profession.

15 On observera aussi les prescriptions ci-dessus pour l'admission et l'examen des sœurs qui servent hors du monastère.

16 Ces dernières pourront porter des chaussures.

17 Aucune femme ne pourra séjourner au monastère si elle n'a pas été admise selon la forme de notre profession.

18 Et pour l'amour de l'Enfant très saint et bien-aimé, entouré de pauvres langes et couché dans une crèche, et pour l'amour de sa très sainte Mère, je supplie mes sœurs et je les y exhorte, de porter toujours des vêtements grossiers.


3. DE L'OFFICE DIVIN ; DU JEÛNE ; DE LA CONFESSION ET DE LA COMMUNION

1 Les sœurs qui savent lire réciteront l'Office divin selon l'usage des Frères Mineurs. Elles pourront donc avoir des bréviaires. L'Office sera récité, et non chanté.

2 Et si pour une cause raisonnable elles ne peuvent dire l'Office, elles pourront comme les autres sœurs, réciter les Pater Noster.

3 Les sœurs qui ne savent pas lire diront vingt-quatre Pater Noster pour Matines, cinq pour Laudes, sept pour chacune des petites Heures : Prime, Tierce, Sexte et None ; douze pour Vêpres ; sept pour Complies.

4-5 Pour les défunts, elles diront aussi, à Vêpres, sept Pater Noster suivis du Requiem aeternam, et à Matines douze, les jours où les sœurs qui savent lire sont tenues de réciter l'Office des Morts.

6 Lorsque l'une des sœurs viendra à mourir, les autres diront pour elle cinquante Pater Noster.

7 Les sœurs jeûneront en tout temps.

8 A Noël pourtant, elles pourront prendre deux repas quel que soit le jour de la semaine.

9 Les toutes jeunes sœurs, celles qui sont faibles et celles qui servent hors du monastère pourront, au jugement de l'abbesse, être dispensées du jeûne.

10 En cas de nécessité manifeste, les sœurs ne seront pas tenues au jeûne corporel.

11 Qu'elles se confessent au moins douze fois dans l'année avec la permission de l'abbesse.

12 Qu'elles prennent bien garde alors de ne parler que de ce qui regarde la confession et le salut de leur âme.

13 Qu'elles communient sept fois : à Noël, le Jeudi-Saint, à Pâques, à la Pentecôte à l'Assomption, à la Saint-François, et à la Toussaint.

14 Pour donner la communion aux sœurs valides comme aux malades, l'aumônier pourra célébrer la Messe à l'intérieur de la clôture.


4. DE L'ÉLECTION ET DES FONCTIONS DE L'ABBESSE, DU CHAPITRE, DES DIFFÉRENTES CHARGES ET DU DISCRÉTOIRE

1 Pour l'élection d'une abbesse, les sœurs sont tenues d'observer la forme canonique.

2 Qu'elles tâchent d'obtenir la présence du Ministre général de l'Ordre des Frères Mineurs ou du Ministre provincial, qui, dans une instruction, les disposera à la concorde parfaite et à l'utilité commune dans l'élection à venir.

3 On ne pourra élire qu'une sœur professe. Si une sœur non professe est élue ou imposée d'une autre façon, on ne lui obéira qu'à partir du moment où elle aura fait profession d'observer la forme de notre pauvreté.

4 A la mort de l'abbesse, qu'on en élise une autre.

5 Mais s'il apparaît un jour à l'unanimité des sœurs que l'abbesse n'est plus capable de s'employer au service des sœurs et à l'utilité commune, alors que les sœurs soient tenues, selon ce qui a été indiqué, d'en élire une autre pour abbesse et mère, et cela le plus rapidement possible.

6 Que celle qui est élue pense à la grandeur de la charge qu'elle a reçue et à Celui auquel elle devra rendre compte du troupeau qui lui a été confié.

7 Qu'elle s'applique à être la première par ses vertus et par une sainte conduite plutôt que par sa charge, en sorte que les sœurs, provoquées par son exemple, lui obéissent par amour plus que par crainte.

8 Elle évitera toute affection particulière, de peur que ce qu'elle donne à quelques-unes en affection ne finisse par tourner en scandale pour toutes.

9 Qu'elle console les affligées. Qu'elle soit le dernier recours de celles qui sont tentées, pour que les sœurs fragiles ne succombent pas au mal du désespoir, faute d'avoir trouvé en elle le remède.

10 Qu'elle observe elle-même en toutes choses la vie commune, surtout au chœur, au dortoir, au réfectoire, à l'infirmerie et pour tous les vêtements ; que la sœur vicaire soit tenue de l'observer aussi.

11 Une fois par semaine au moins, l'abbesse est tenue d'assembler ses sœurs en chapitre.

12 Elle doit y avouer humblement, comme les autres sœurs, toutes ses fautes et négligences publiques contre la vie commune.

13 Elle doit aussi y traiter de tout ce qui regarde l'utilité et le bien du monastère et cela avec toutes les sœurs, car souvent c'est à la plus petite que le Seigneur révèle ce qu'il y a de mieux à faire.

14 On ne pourra pas contracter de dette importante, sauf avec le consentement commun des sœurs et pour une nécessité manifeste ; on le fera toujours par un intermédiaire.

15 Que l'abbesse et les sœurs se gardent bien de recevoir quoi que ce soit en dépôt au monastère car c'est là souvent une cause de troubles et de scandales.

16 Pour conserver l'union de l'amour mutuel et de la paix, les sœurs qui doivent recevoir une charge dans le monastère seront élues du commun consentement de toutes les sœurs.

17 De même on élira au moins huit sœurs parmi les plus discrètes, dont l'abbesse sera tenue de prendre l'avis pour tout ce que requiert la forme de notre vie.

18 Les sœurs peuvent, et elles le doivent si elles le jugent utile et à propos, retirer à celles qu'elles auront élues leur charge de responsables ou de discrètes, et en élire d'autres à leur place.


5. DU SILENCE ; DU PARLOIR ET DE LA GRILLE

1 De Complies jusqu'à Tierce, les sœurs sont tenues au silence, sauf celles qui servent hors du monastère.

2 On se taira toujours aussi au chœur, au dortoir ; au réfectoire durant les repas.

3 Mais à l'infirmerie il sera toujours permis aux sœurs de parler avec discrétion pour la récréation et le service des malades.

4 Qu'elles puissent aussi toujours et partout, mais brièvement, se communiquer ce qui sera nécessaire.

5 Les sœurs ne pourront aller au parloir ou à la grille sans la permission de l'abbesse ou de sa vicaire.

6 Celles qui auront obtenu cette permission ne l'utiliseront qu'en compagnie de deux autres sœurs qui puissent les voir et les entendre.

7 Qu'elles ne prennent pas la liberté de se rendre à la grille sans la compagnie de trois sœurs au moins, choisies parmi les huit discrètes par l'abbesse ou sa vicaire.

8 L'abbesse et la vicaire sont tenues d'observer la même règle.

9 Qu'on aille très rarement parler à la grille ; à la porte jamais.

10 A la grille on apposera, du côté intérieur, un rideau d'étoffe qui ne sera relevé que lorsqu'un prêtre vient prêcher la parole de Dieu ou lorsque deux personnes doivent s'y parler.

11 La grille comportera aussi une porte en bois munie de deux serrures différentes en fer, de gonds et de fléaux ; elle sera, surtout la nuit, fermée avec les deux clefs dont l'une sera conservée par l'abbesse et l'autre par la sacristine ; elle sera toujours fermée, sauf pour assister aux cérémonies ou pour une des autres causes mentionnées plus haut.

12 Aucune sœur, sous aucun prétexte, ne doit parler à la grille à qui que ce soit avant le lever ou après le coucher du soleil.

13 Au parloir, le rideau ne sera jamais ôté et restera toujours suspendu du côté intérieur.

14 Durant le carême de la Saint-Martin et le Grand Carême, personne n'ira au parloir si ce n'est pour parler à un prêtre en confession ou pour une nécessité manifeste ; la permission est laissée au jugement de l'abbesse ou de sa vicaire.


6. LES PROMESSES DU BIENHEUREUX FRANÇOIS ET LA RENONCIATION À TOUTE PROPRIÉTÉ

1 Après que le très haut Père céleste eut daigné par sa grâce illuminer mon cœur et me montrer que je devais faire pénitence, à l'exemple et selon la doctrine de notre bienheureux Père saint François, peu de temps après sa conversion je lui promis avec mes sœurs volontairement obéissance.

2 Et le bienheureux, voyant que nous n'avions peur ni de la pauvreté ni du travail ni de la tribulation ni de la vie humble ni du mépris du monde, mais que nous y trouvions au contraire notre plus grande joie, alors, dans son affection pour nous, il nous écrivit une forme de vie en ces termes : "Puisque, par inspiration divine, vous avez voulu devenir filles et servantes du très haut et souverain Roi, le Père des Cieux, et puisque vous vous êtes données comme épouses à l'Esprit Saint en choisissant de vivre selon la perfection du saint Évangile, je veux, et j'en fais la promesse, avoir toujours, par moi et par mes frères, pour vous comme pour eux, un soin attentif et une sollicitude spéciale." Tant qu'il a vécu, il a été fidèle à sa promesse, et il a voulu que ses frères y soient toujours fidèles, eux aussi.

3 Et pour nous empêcher de dévier de la voie de la très sainte pauvreté sur laquelle nous nous étions engagées, nous et celles qui viendront après nous, il nous écrivit une fois encore sa dernière volonté, peu de temps avant sa mort, en ces termes : "Moi, le petit frère François, je veux suivre la vie et la pauvreté de notre très haut Seigneur Jésus-Christ et de sa très sainte Mère, et jusqu'à la mort je veux persévérer dans cette voie. Je vous prie, vous, mes Dames, et je vous conseille de vivre toujours dans cette très sainte vie et pauvreté. Gardez-vous bien de vous en éloigner jamais en aucune manière ; n'acceptez sur ce point ni doctrine ni conseil de personne."

4 De même donc que mes sœurs et moi avons toujours eu soin d'observer la sainte pauvreté que nous avons promise au Seigneur Dieu et au bienheureux François, ainsi les abbesses qui me succéderont et toutes les sœurs seront tenues de l'observer inviolablement jusqu'à la fin.

5 C'est-à-dire qu'elles sont tenues de n'avoir et de ne recevoir aucune possession ni propriété, par elles-mêmes ni par personne interposée, ni même quoi que ce soit qui puisse être appelé une propriété.

6 Exception est faite pour la surface de terrain nécessaire au bien et à l'isolement du monastère et ce terrain ne sera travaillé que pour fournir les légumes et fruits nécessaires aux sœurs.


7. DU TRAVAIL ET DES AUMÔNES

1 Les sœurs auxquelles le Seigneur a donné la grâce de travailler s'occuperont après Tierce à un travail qui convient à notre état et qui fasse vivre la communauté ; et ceci avec fidélité et dévotion.

2 Ainsi, une fois écartée l'oisiveté, ennemie de l'âme, elles n'éteindront pas l'esprit de prière et de dévotion auxquelles doivent être subordonnées les autres choses temporelles.

3 L'abbesse ou sa vicaire sera tenue d'assigner à chacune, en chapitre, la part de travail manuel qui lui revient.

4 On procédera de la même façon, en chapitre, pour les aumônes envoyées par les gens pour les besoins des sœurs, afin que toute la communauté prie pour eux.

5 Toutes ces aumônes seront distribuées, pour l'utilité commune, par l'abbesse ou sa vicaire, après avis des Discrètes.


8. DE LA MENDICITÉ ÉVANGÉLIQUE ; DE LA PAUVRETÉ DE CHACUNE, ET DES SŒURS MALADES

1 Les sœurs ne doivent rien s'approprier, ni maison, ni lieu, ni quoi que ce soit, mais, pèlerines et étrangères en ce siècle, servant le Seigneur dans la pauvreté et l'humilité, qu'elles envoient mendier pour elles avec confiance.

2 Et il ne faut pas qu'elles aient honte, car le Seigneur pour nous s'est fait pauvre en ce monde. Telle est la grandeur de la très haute pauvreté qui vous a établies, mes très chères sœurs, héritières et reines du royaume des cieux, vous a rendues pauvres en biens terrestres, mais riches en vertus. Que ce soit là votre partage, elle qui conduit dans la terre des vivants ; à elle attachées totalement, sœurs bien-aimées, ayez la ferme volonté de ne jamais posséder rien d'autre sous le ciel, pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ et de sa très sainte Mère.

3 Il n'est permis à aucune sœur d'envoyer des lettres ou d'en recevoir, ou de donner quoi que ce soit hors du monastère sans la permission de l'abbesse.

4 Elle ne pourra non plus garder que ce que l'abbesse lui aura donné ou permis de garder.

5 Si quelque chose lui est envoyé par sa famille ou par d'autres, c'est l'abbesse qui le lui transmettra. La sœur en disposera pour elle si elle en a besoin ; sinon elle en fera charitablement profiter une autre sœur dans le besoin.

6 Mais si de l'argent est envoyé, c'est l'abbesse qui, après avis des Discrètes, en disposera elle-même pour les besoins de la sœur.

7 Quant aux sœurs malades, tant pour les conseils que pour la nourriture et tout ce que requiert leur maladie, l'abbesse est fermement tenue de s'enquérir par elle-même et par les autres sœurs, et d'y pourvoir avec charité et de grand cœur selon les possibilités du monastère.

8 Toutes sont tenues de pourvoir du nécessaire leurs sœurs malades et de les servir comme elles voudraient elles-mêmes être servies si elles étaient frappées à leur tour par la maladie.

9 Qu'en toute sécurité elles s'ouvrent l'une à l'autre de leurs besoins. Et si une mère chérit et nourrit sa fille selon la chair, combien plus chacune ne doit-elle pas chérir et nourrir sa sœur selon l'esprit !

10 Les malades pourront coucher sur des paillasses et avoir sous la tête un oreiller de plume. Celles qui ont besoin de bas de laine ou de couvertures pourront en user.

11 Lorsque les malades reçoivent la visite de ceux qui ont le droit d'entrer au monastère elles peuvent répondre quelques mots édifiants à ceux qui viennent leur parler.

12 Mais les autres sœurs, qui ne sont pas malades, ne prendront la liberté de parler à ces personnes qui entrent dans le monastère que si elles en ont obtenu la permission, et en présence de deux Discrètes pouvant les entendre, désignées par l'abbesse ou sa vicaire.

13 Pour ces entretiens, la même forme doit être observée par l'abbesse et par sa vicaire.


9. DE LA PÉNITENCE À IMPOSER AUX SŒURS, ET DES SŒURS QUI SERVENT HORS DU MONASTÈRE

1 Si une sœur, à l'instigation de l'ennemi, pèche mortellement contre la forme de notre profession, et si elle ne se corrige pas après avoir été avertie deux ou trois fois par l'abbesse ou par les autres sœurs, elle recevra comme pénitence de jeûner au pain et à l'eau, par terre, au réfectoire devant toutes les sœurs, autant de jours qu'elle aura été rebelle à toute admonition ; elle pourra être punie encore plus sévèrement si l'abbesse le juge opportun.

2 Tant qu'elle résiste, on priera le Seigneur d'éclairer son cœur pour l'amener à la pénitence.

3 L'abbesse et toutes les sœurs doivent bien prendre garde de s'irriter ou de se troubler à cause du péché de l'une d'elles, car la colère et le trouble sont un obstacle à la charité en soi et dans les autres.

4 S'il arrivait, ce qu'à Dieu ne plaise, qu'entre deux sœurs une parole ou un geste donnât occasion de trouble ou de scandale, que celle qui a suscité la cause de ce trouble s'en aille aussitôt, avant même de présenter à Dieu l'hommage de sa prière, se prosterner humblement aux pieds de sa compagne pour lui demander pardon et la supplier d'intercéder pour elle auprès du Seigneur afin qu'elle obtienne le pardon.

5 Quant à l'offensée, qu'elle se souvienne de la parole du Seigneur : "Si vous ne pardonnez pas du fond du cœur, notre Père céleste ne vous pardonnera pas non plus !" et qu'elle oublie de grand cœur ce que sa sœur lui a fait.

6 Les sœurs qui servent hors du monastère ne doivent pas s'absenter trop longtemps sans raison de nécessité manifeste.

7 Elles doivent aller modestement et parler peu, afin de toujours édifier ceux qui les voient.

8 Qu'elles prennent bien garde de ne jamais avoir de relations ni de conversations suspectes avec des hommes.

9 Elles ne pourront être marraines d'hommes ni de femmes de peur que naisse à cette occasion le murmure ou le scandale.

10 Et qu'elles n'osent jamais rapporter au monastère ce que l'on raconte dans le monde.

11 Elles sont aussi fermement tenues de ne rien aller rapporter à l'extérieur de ce qui se dit ou se fait à l'intérieur du monastère et qui pourrait causer du scandale.

12 Si une sœur manque une fois en passant à l'un de ces deux points, la pénitence à lui infliger est laissée au jugement et à la miséricorde de l'abbesse ; mais si cela devient chez elle une habitude, que l'abbesse, avec l'avis des Discrètes, lui inflige une pénitence en rapport avec la gravité de la faute.


10. DE L'ADMONITION ET DE LA CORRECTION DES SŒURS

1 Que l'abbesse visite et avertisse ses sœurs ; qu'elle les corrige avec humilité et charité, ne leur commandant rien qui soit contre leur conscience et la forme de notre profession.

2 Quant aux sœurs qui lui sont soumises, elles se rappelleront que pour Dieu elles ont fait abnégation de leur volonté propre. Elles sont donc fermement tenues d'obéir à leurs abbesses en tout ce qu'elles ont promis au Seigneur d'observer et qui n'est contraire ni à leur âme ni à notre profession.

3 Que l'abbesse, de son côté, ait envers elles une telle familiarité que les sœurs puissent parler et agir avec elle comme des maîtresses avec leur servante. Car il doit en être ainsi : l'abbesse est la servante de toutes les sœurs.

4 En outre, j'avertis les sœurs et je les exhorte en notre Seigneur Jésus-Christ, de se garder de tout orgueil, de vaine gloire, de l'envie, de l'avarice, du soin et de la sollicitude de ce monde, de la détraction et du murmure, de la discorde et de la division.

5 Qu'elles soient au contraire toujours attentives à garder entre elles l'unité de l'amour mutuel, qui est le lien de la perfection .

6 Que celles qui ne savent pas lire ne se mettent pas en peine de l'apprendre.

7 Mais qu'elles considèrent que, par-dessus tout, elles doivent désirer posséder l'esprit du Seigneur et sa sainte opération, prier toujours Dieu d'un cœur pur, avoir l'humilité et la patience dans l'épreuve et la maladie, aimer ceux qui nous persécutent, nous reprennent et nous contredisent, car le Seigneur dit : "Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux et celui qui persévérera jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé ."


11. DE LA CLÔTURE

1 Que la portière ait une conduite mûre et discrète, qu'elle soit d'âge convenable ;qu'elle réside pendant le jour dans une cellule ouverte et sans porte.

2 On lui adjoindra une compagne capable de la suppléer en tout lorsque cela sera nécessaire.

3 La porte sera solidement munie de deux serrures différentes en fer, de gonds et de fléaux ;

4 elle sera, durant la nuit, fermée avec les deux clefs dont l'une sera conservée par l'abbesse et l'autre par la portière ;

5 pendant la journée, on ne la laissera jamais sans garde et elle sera fermée par l'une des deux serrures.

6 Qu'on prenne bien soin et qu'on fasse bien attention à ne jamais laisser la porte ouverte, sauf si l'on ne peut raisonnablement faire autrement.

7 Qu'on ne l'ouvre jamais à qui désire entrer, sinon à qui en a reçu la permission du Souverain Pontife ou de notre Cardinal Protecteur.

8 On ne pourra pas entrer au monastère avant le lever du soleil ni après son coucher, sauf en cas de besoin évident, raisonnable et inévitable.

9 Si pour la bénédiction d'une abbesse ou pour la profession d'une sœur ou pour toute autre cause un évêque obtient la permission de célébrer la messe à l'intérieur de la clôture, qu'il se contente du plus petit nombre possible de compagnons et de servants, et des plus vertueux.

10 Si l'on doit laisser entrer des ouvriers au monastère pour entreprendre un travail quelconque, l'abbesse prendra soin de désigner la plus indiquée pour leur ouvrir la porte et ne laisser entrer que les ouvriers engagés pour le travail prévu, à l'exclusion de toute autre personne.

11 Les sœurs veilleront, à cette occasion, à ne pas être vues par ceux qui entrent.


12. DU VISITEUR ; DE L'AUMÔNIER ET DE SES COMPAGNONS ; DU CARDINAL PROTECTEUR

1 Notre visiteur doit toujours être un Frère Mineur, selon la volonté et l'ordre du seigneur Cardinal.

2 Qu'il soit un homme sur le comportement honorable duquel on ait toute garantie.

3 Sa tâche sera de corriger, aussi bien dans la tête que dans les membres, tous les abus commis contre la forme de notre profession.

4 Que, se tenant dans un endroit public à la vue de toutes, il puisse parler avec plusieurs sœurs à la fois ou avec une seule, de tout ce qui a trait à la visite, selon ce qui lui paraîtra le plus opportun.

5 C'est aussi à ce même Ordre des Frères Mineurs que nous demandons comme une grâce, au nom de la bonté de Dieu et de celle de saint François, de nous donner encore ce qu'il nous a toujours jusqu'ici procuré avec tant de bienveillance : un aumônier avec un compagnon clerc de bonne réputation, de discrétion éprouvée, et deux frères convers de sainte vie et de bonnes mœurs, pour nous aider dans notre pauvreté.

6 L'aumônier ne pourra, sans son compagnon, entrer au monastère.

7 Une fois entrés, ils se tiendront dans une pièce commune, de telle façon qu'ils puissent toujours se voir et être vus.

8 Pour confesser les malades qui ne peuvent se rendre au parloir, et pour leur donner la communion ou l'extrême-onction, ainsi que les prières des agonisants, il leur sera permis aussi d'entrer.

9 Pour un enterrement, pour une messe solennelle des défunts, pour creuser, rouvrir ou agrandir une tombe, le choix des personnes nécessaires est laissé à la prudence de l'abbesse.

10 De plus, que les sœurs soient toujours fermement tenues d'avoir pour gouverneur, protecteur et correcteur le cardinal de l'Église romaine désigné à cet effet par le seigneur Pape pour les Frères Mineurs,

11 afin que, toujours soumises et prosternées aux pieds de cette même sainte Église, stables dans la foi catholique, nous observions toujours la pauvreté et l'humilité de notre Seigneur Jésus-Christ et de sa très sainte Mère, ainsi que le saint Évangile que nous avons fermement promis.


copyright, Éditions Franciscaines, Paris


Sainte Claire Offreduccio di Favarone est la fondatrice de l'Ordre des Pauvres Dames (Clarisses).

Sainte-Claire est morte le 11 août 1253. Deux jours auparavant, elle avait reçu du pape Innocent IV l'approbation de la Règle de son Ordre.

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 16:30


Le Saint Père Benoît XVI a demandé que tous les catholiques prient pour l'Église en Chine aujourd'hui, samedi 24 mai 2008, mémoire liturgique de Sainte-Marie, aide des Chrétiens, vénérée avec une grande dévotion au Sanctuaire marial de Sheshan. Voici le texte de la prière à Notre-Dame de Sheshan que Benoît XVI a composée. Il a demandé qu'elle soit récitée par tous aujourd'hui :


Prière à Notre-Dame de Sheshan


Vierge très sainte, Mère du Verbe incarné et notre Mère,
vénérée dans le sanctuaire de Sheshan sous le vocable
d'«Aide des Chrétiens»,
toi vers qui toute l'Église qui est en Chine regarde avec
une profonde affection,
nous venons aujourd'hui devant toi pour implorer ta protection.

Tourne ton regard vers le peuple de Dieu et guide-le avec
une sollicitude maternelle
sur les chemins de la vérité et de l'amour, afin qu'il soit
en toute circonstance
un ferment de cohabitation harmonieuse entre tous les citoyens.

Par ton «oui» docile prononcé à Nazareth, tu as permis
au Fils éternel de Dieu de prendre chair dans ton sein virginal
et d'engager ainsi dans l'histoire l'œuvre de la Rédemption,
à laquelle tu as coopéré par la suite avec un dévouement empressé,
acceptant que l'épée de douleur transperce ton âme,
jusqu'à l'heure suprême de la Croix, quand, sur le Calvaire, tu restas
debout auprès de ton Fils, qui mourait pour que l'homme vive.

Depuis lors, tu es devenue, de manière nouvelle, Mère
de tous ceux qui accueillent dans la foi ton Fils Jésus
et qui acceptent de le suivre en prenant sa Croix sur leurs épaules.

Mère de l'espérance, qui, dans l'obscurité du Samedi-Saint,
avec une confiance inébranlable,
est allée au devant du matin de Pâques,
donne à tes fils la capacité de discerner en toute situation,
même la plus obscure, les signes de la présence aimante de Dieu.

Notre-Dame de Sheshan, soutiens l'engagement
de tous ceux qui, en Chine,
au milieu des difficultés quotidiennes, continuent à croire,
à espérer, à aimer,
afin qu'ils ne craignent jamais de parler de Jésus au monde
et du monde à Jésus.

Dans la statue qui domine le Sanctuaire, tu élèves ton Fils,
le présentant au monde avec les bras grands ouverts
en un geste d'amour.
Aide les catholiques à être toujours
des témoins crédibles de cet amour,
les maintenant unis au roc qui est Pierre, sur lequel
est construite l'Église.
Mère de la Chine et de l'Asie, prie pour nous maintenant et toujours.
Amen !



PRAYER OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI
TO OUR LADY OF SHE-SHAN
ON THE OCCASION OF THE WORLD DAY OF PRAYER
FOR THE CHURCH IN CHINA (24 MAY 2008)

 

Virgin Most Holy, Mother of the Incarnate Word and our Mother,
venerated in the Shrine of She-Shan under the title
"Help of Christians",
the entire Church in China looks to you with devout affection.
We come before you today to implore your protection.
Look upon the People of God and, with a mother's care, guide them
along the paths of truth and love, so that they may always be
a leaven of harmonious coexistence among all citizens.

When you obediently said "yes" in the house of Nazareth,
you allowed God's eternal Son to take flesh in your virginal womb
and thus to begin in history the work of our redemption.
You willingly and generously cooperated in that work,
allowing the sword of pain to pierce your soul,
until the supreme hour of the Cross, when you kept watch on Calvary,
standing beside your Son, who died that we might live.

From that moment, you became, in a new way,
the Mother of all those who receive your Son Jesus in faith
and choose to follow in his footsteps by taking up his Cross.
Mother of hope, in the darkness of Holy Saturday you journeyed
with unfailing trust towards the dawn of Easter.
Grant that your children may discern at all times,
even those that are darkest, the signs of God's loving presence.

Our Lady of She-Shan, sustain all those in China,
who, amid their daily trials, continue to believe, to hope, to love.
May they never be afraid to speak of Jesus to the world,
and of the world to Jesus.
In the statue overlooking the Shrine you lift your Son on high,
offering him to the world with open arms in a gesture of love.
Help Catholics always to be credible witnesses to this love,
ever clinging to the rock of Peter on which the Church is built.
Mother of China and all Asia, pray for us, now and for ever.

Amen!



Preghiera a Nostra Signora di She-Shan


Vergine Santissima, Madre del Verbo incarnato e Madre nostra,

venerata col titolo di "Aiuto dei cristiani" nel Santuario di She-Shan,

verso cui guarda con devoto affetto l'intera Chiesa che è in Cina,

veniamo oggi davanti a te per implorare la tua protezione.

Volgi il tuo sguardo al Popolo di Dio e guidalo con sollecitudine materna

sulle strade della verità e dell'amore, affinché sia in ogni circostanza

fermento di armoniosa convivenza tra tutti i cittadini.


Con il docile "sì" pronunciato a Nazaret tu consentisti

all'eterno Figlio di Dio di prendere carne nel tuo seno verginale

e di avviare così nella storia l'opera della Redenzione,

alla quale cooperasti poi con solerte dedizione,

accettando che la spada del dolore trafiggesse la tua anima,

fino all'ora suprema della Croce, quando sul Calvario restasti

ritta accanto a tuo Figlio che moriva perché l'uomo vivesse.


Da allora tu divenisti, in maniera nuova, Madre

di tutti coloro che accolgono nella fede il tuo Figlio Gesù

e accettano di seguirlo prendendo la sua Croce sulle spalle.

Madre della speranza, che nel buio del Sabato santo andasti

con incrollabile fiducia incontro al mattino di Pasqua,

dona ai tuoi figli la capacità di discernere in ogni situazione,

fosse pur la più buia, i segni della presenza amorosa di Dio.


Nostra Signora di She-Shan, sostieni l'impegno di quanti in Cina,

tra le quotidiane fatiche, continuano a credere, a sperare, ad amare,

affinché mai temano di parlare di Gesù al mondo e del mondo a Gesù.

Nella statua che sovrasta il Santuario tu sorreggi in alto tuo Figlio,

presentandolo al mondo con le braccia spalancate in gesto d'amore.

Aiuta i cattolici ad essere sempre testimoni credibili di questo amore,

mantenendosi uniti alla roccia di Pietro su cui è costruita la Chiesa.

Madre della Cina e dell'Asia, prega per noi ora e sempre.

Amen !



Gebet zu Unserer Lieben Frau von She-Shan


Heilige Jungfrau Maria, Mutter des menschgewordenen

Wortes Gottes und unsere Mutter,

du wirst im Heiligtum von She-Shan als "Hilfe der Christen" verehrt,

auf dich schaut mit Andacht und Liebe die ganze Kirche in China,

zu dir kommen wir heute, um dich um deinen Schutz anzuflehen.

Richte deine Augen auf das Volk Gottes und führe es

mit mütterlicher Sorge

auf den Wegen der Wahrheit und der Liebe, damit es

unter allen Umständen

Sauerteig für ein harmonisches Zusammenleben aller Bürger sei.


Bereitwillig hast du in Nazareth dazu Ja gesagt,

daß der Ewige Sohn Gottes in deinem

jungfräulichen Schoß Fleisch annehme

und so das Werk der Erlösung in der Geschichte beginne.

Mit großer Hingabe, bereit, deine Seele vom Schwert des Schmerzes

durchdringen zu lassen, hast du dann an diesem Werk

der Erlösung mitgewirkt

bis zu jener äußersten Stunde des Kreuzes, als du auf Golgota

aufrecht stehen bliebst

neben deinem Sohn, der starb, damit die Menschheit lebe.


Von da an bist du auf neue Weise zur Mutter all jener geworden,

die im Glauben deinen Sohn aufnehmen

und bereit sind, ihm zu folgen und sein Kreuz

auf die Schultern zu nehmen.

Mutter der Hoffnung, die du in der Dunkelheit des Karsamstags

mit unerschütterlichem Vertrauen dem Ostermorgen

entgegengegangen bist,

schenke deinen Kindern die Fähigkeit, in jeder Situation,

mag sie auch noch so düster sein, die Zeichen der liebenden Gegenwart

Gottes zu erkennen.


Unsere Liebe Frau von She-Shan, unterstütze den Einsatz all derer,

die in China unter den täglichen Mühen weiter glauben,

hoffen und lieben,

damit sie sich nie fürchten, der Welt von Jesus und Jesus

von der Welt zu erzählen.

An der Statue, die über dem Heiligtum thront,

hältst du deinen Sohn hoch

und zeigst ihn der Welt mit ausgebreiteten Armen

in einer Geste der Liebe.

Hilf den Katholiken, stets glaubwürdige Zeugen dieser Liebe zu sein,

indem sie mit dem Felsen Petrus vereint bleiben,

auf den die Kirche gebaut ist.

Mutter von China und von Asien, bitte für uns jetzt und immerdar.

Amen !


 

Oración a Nuestra Señora de She-Shan


Virgen Santísima, Madre del Verbo Encarnado y Madre nuestra,

venerada con el título de "Auxilio de los cristianos"

en el Santuario de She-Shan,

a la que se dirige con devoción toda la Iglesia en China,

hoy venimos ante ti para implorar tu protección.

Mira al Pueblo de Dios y guíalo con solicitud maternal

por los caminos de la verdad y el amor, para que sea siempre

fermento de convivencia armónica entre todos los ciudadanos.


Con el dócil "sí" pronunciado en Nazaret tú aceptaste que

el Hijo eterno de Dios se encarnara en tu seno virginal

iniciando así en la historia la obra de la Redención,

en la que cooperaste después con solícita dedicación,

dejando que la espada del dolor traspasase tu alma,

hasta la hora suprema de la Cruz, cuando

en el Calvario permaneciste

erguida junto a tu Hijo, que moría para que el hombre viviese.


Desde entonces llegaste a ser, de manera nueva, Madre

de todos los que acogen a tu Hijo Jesús en la fe

y lo siguen tomando su Cruz.

Madre de la esperanza, que en la oscuridad del Sábado Santo saliste

al encuentro de la mañana de Pascua con confianza inquebrantable,

concede a tus hijos la capacidad de discernir en cualquier situación,

incluso en las más tenebrosas, los signos

de la presencia amorosa de Dios.


Señora nuestra de She-Shan, alienta el compromiso de quienes en China,

en medio de las fatigas cotidianas, siguen creyendo,

esperando y amando,

para que nunca teman hablar de Jesús al mundo y del mundo a Jesús.

En la estatua que corona el Santuario tú muestras a tu Hijo

al mundo con los brazos abiertos en un gesto de amor.

Ayuda a los católicos a ser siempre testigos creíbles de este amor,

manteniéndose unidos a la roca de Pedro sobre la que

está edificada la Iglesia.

Madre de China y de Asia, ruega por nosotros ahora y siempre.

Amén.



Oração a Nossa Senhora de She-Shan


Virgem Santíssima, Mãe do Verbo encarnado e Mãe nossa,

venerada com o título de «Auxílio dos cristãos»

no Santuário de She-Shan,

para o qual, com devoto afecto, levanta os olhos

toda a Igreja que está na China,

vimos hoje junto de Vós implorar a vossa protecção.

Lançai o vosso olhar sobre o Povo de Deus e guiai-o

com solicitude materna

pelos caminhos da verdade e do amor, para que,

em todas as circunstâncias,

seja fermento de harmoniosa convivência

entre todos os cidadãos.


Com o «sim» dócil pronunciado em Nazaré, Vós consentistes

que o Filho eterno de Deus encarnasse no vosso seio virginal

e assim desse início na história à obra da Redenção,

na qual cooperastes depois com solícita dedicação,

aceitando que a espada da dor trespassasse a vossa alma,

até à hora suprema da Cruz, quando no Calvário permanecestes

de pé junto do vosso Filho, que morria para que o homem vivesse.


Desde então tornastes-Vos, de forma nova, Mãe

de todos aqueles que acolhem na fé o vosso Filho Jesus

e aceitam segui-Lo carregando a própria Cruz sobre os ombros.

Mãe da esperança, que na escuridão do Sábado Santo caminhastes,

com inabalável confiança, ao encontro da manhã de Páscoa,

concedei aos vossos filhos a capacidade de discernirem

em cada situação,

mesmo na mais escura, os sinais da presença amorosa de Deus.


Nossa Senhora de She-Shan, sustentai o empenho de quantos na China

continuam, no meio das canseiras diárias, a crer, a esperar, a amar,

para que nunca temam falar de Jesus ao mundo e do mundo a Jesus.

Na imagem que encima o Santuário, levantais ao alto o vosso Filho,

apresentando-O ao mundo com os braços abertos em gesto de amor.

Ajudai os católicos a serem sempre testemunhas credíveis deste amor,

mantendo-se unidos à rocha de Pedro sobre a qual

está construída a Igreja.

Mãe da China e da Ásia, rogai por nós agora e sempre.

Amen !


 

愿上帝保佑中国


教宗本笃十六世亲撰

向佘山圣母诵

(Simplified Chinese)


至圣童贞玛利亚,

降生圣言之母,又是我们的母亲,

您在佘山圣殿被尊称为「进教之佑」,

整个在中国的教会满怀热爱瞻仰您,

今天我们投奔您台前,求您护佑。

请垂顾这天主子民,并以母亲的关怀

带领他们,走上真理与仁爱的道路,

使他们在任何境况下,

都能成为促进全体人民和谐共处的酵素。


您在纳匝肋顺从主旨,说了「是」,

让永生天主子在您贞洁的母胎中取得肉躯,

使救赎工程从此在历史中展开,

您又恳挚地奉献自己协助这工程,

让痛苦的利刃刺透您的心灵,

直到最后的重要时刻,在加尔瓦略山上,十字架下,

当您圣子牺牲自己,使世人获得生命时,

您伫立在祂身旁。


从那时开始,为一切在信仰中追随您圣子耶稣

并跟着祂背起十字架的人,

您以一种崭新的形式,成了他们的母亲。

希望之母,您在圣周六的黑暗中,

仍怀着坚定不移的信心,迎接复活节的黎明,

请将这分辨的能力赏给您的子女,

使他们在任何处境中,即使是最黑暗的时刻,

仍能见到天主亲临的标记。


佘山圣母,请援助那些在日常劳苦中,

仍继续相信、希望、和实践爱德的中国教友,

使他们永不惧怕向世界宣讲耶稣,

并在耶稣跟前为世界祈祷。

您以塑像的形态,矗立于佘山圣殿顶,高举张开双臂的圣子,

向世界展示祂对世人的深爱。

请帮助天主教友常作这大爱的可信见证人,

并使他们与教会的磐石伯多禄结合在一起。

中国之母,亚洲之母,现在直到永远,请常为我们祈求。亚孟。




教宗本篤十六世親撰

向佘山聖母誦

(Traditional Chinese)

 

至聖童貞瑪利亞,

降生聖言之母,又是我們的母親,

您在佘山聖殿被尊稱為「進教之佑」,

整個在中國的教會滿懷熱愛瞻仰您,

今天我們投奔您台前,求您護佑。

請垂顧這天主子民,並以母親的關懷

帶領他們,走上真理與仁愛的道路,

使他們在任何境況下,

都能成為促進全體人民和諧共處的酵素。

 

您在納匝肋順從主旨,說了「是」,

讓永生天主子在您貞潔的母胎中取得肉軀,

使救贖工程從此在歷史中展開,

您又懇摯地奉獻自己協助這工程,

讓痛苦的利刃刺透您的心靈,

直到最後的重要時刻,在加爾瓦略山上,十字架下,

當您聖子犧牲自己,使世人獲得生命時,

您佇立在祂身旁。

 

從那時開始,為一切在信仰中追隨您聖子耶穌

並跟著祂背起十字架的人,

您以一種嶄新的形式,成了他們的母親。

希望之母,您在聖週六的黑暗中,

仍懷著堅定不移的信心,迎接復活節的黎明,

請將這分辨的能力賞給您的子女,

使他們在任何處境中,即使是最黑暗的時刻,

仍能見到天主親臨的標記。

 

佘山聖母,請援助那些在日常勞苦中,

仍繼續相信、希望、和實踐愛德的中國教友,

使他們永不懼怕向世界宣講耶穌,

並在耶穌跟前為世界祈禱。

您以塑像的形態,矗立於佘山聖殿頂,高舉張開雙臂的聖子,

向世界展示祂對世人的深愛。

請幫助天主教友常作這大愛的可信見證人,

並使他們與教會的磐石伯多祿結合在一起。

中國之母,亞洲之母,現在直到永遠,請常為我們祈求。亞孟。


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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 12:39
Saint-Benoît écrivant la Règle
Hermann Nigg

58. COMMENT RECEVOIR LES NOUVEAUX FRÈRES

UNE ENTRÉE DIFFICILE
1 Quand quelqu'un arrive pour mener la vie religieuse, on ne le laisse pas facilement entrer. 2 Mais on suit le conseil de l'apôtre Jean : « Cherchez à savoir si l'esprit qu'ils ont vient de Dieu » (1 Jean 4, 1). 3 Pourtant, celui qui arrive continue à frapper à la porte. Après quatre ou cinq jours, on voit qu'il supporte avec patience le mauvais accueil et les difficultés qu'on lui fait. Et il demande toujours à entrer au monastère. 4 Alors on lui permet d'entrer, et il reste dans la maison des hôtes pendant quelques jours.

EST-CE QUE LE NOUVEAU VENU CHERCHE VRAIMENT DIEU ?
5 Ensuite, il va dans la maison des novices, là où ils méditent, mangent et dorment. 6 On leur donne un frère ancien, capable de les entraîner vers Dieu. Ce frère s'occupe d'eux avec le plus grand soin. 7 Il regarde attentivement le nouveau venu. Est-ce qu'il cherche vraiment Dieu ? Est-ce qu'il s'applique avec ardeur au Service de Dieu, à l'obéissance, aux épreuves qui rendent humble ? 8 On lui parle à l'avance de toutes les choses dures et pénibles par lesquelles on va à Dieu.

LA LECTURE DE LA RÈGLE
9 Si le nouveau venu promet de tenir bon et de rester au monastère, au bout de deux mois on lui lit cette Règle en entier. 10 Et on lui dit : « Voici la loi sous laquelle tu veux servir. Si tu peux la pratiquer, entre. Mais si tu ne peux pas, tu es libre, tu peux partir ! » 11 S'il reste encore, on le conduit dans la maison des novices indiquée plus haut et, avec beaucoup de patience, on recommence à l'éprouver. 12 Au bout de six mois, on lui lit encore la Règle, afin qu'il comprenne à quoi il s'engage. 13 S'il reste encore, on lui relit cette même Règle quatre mois plus tard. 14 Quand il a réfléchi longuement en lui-même, s'il promet de tout garder et de pratiquer ce qu'on lui commande, on le reçoit dans la communauté. 15 Maintenant, il le sait : à partir de ce jour, la loi de la Règle lui interdit de sortir du monastère 16 et de se décharger du poids de cette Règle. En effet, après une si longue réflexion, il pouvait refuser ou accepter ce poids.

UN ENGAGEMENT POUR LA VIE
17 Celui qu'on va recevoir parmi les frères promet devant tous, dans l'oratoire, de rester toujours dans la communauté, de vivre maintenant en moine, et d'obéir. 18 Il fait cette promesse devant Dieu et devant les saints. Alors, s'il lui arrive de se conduire autrement, il doit le savoir : le Dieu dont il se moque le condamnera (Galates 6,7). 19 Il fait sa promesse par écrit au nom des saints qui ont leurs reliques à cet endroit, et au nom de l'abbé présent. 20 Cette promesse, il l'écrit lui-même de sa main. S'il est illettré, il demande à un autre de l'écrire pour lui. Le novice trace un signe sur sa promesse et il la met lui-même sur l'autel. 21 Après cela, le novice commence tout de suite ce verset du psaume : « Accueille-moi, Seigneur, selon ta parole, et je vivrai. Ne décourage pas mon attente » (Psaume 118, 116). 22 Toute la communauté continue trois fois ce verset, et elle ajoute le « Gloire au Père ». 23 Alors le frère novice se prosterne aux pieds de chaque moine afin qu'on prie pour lui. A partir de ce jour-là, il fait vraiment partie de la communauté.

NE RIEN GARDER POUR SOI
24 Quand ce frère a des biens, il les distribue aux pauvres avant de s'engager, ou bien il en fait cadeau au monastère par une donation solennelle. Il ne se réserve rien du tout pour lui. 25 En effet, il le sait : à partir de ce jour, il n'a même plus de pouvoir sur son corps. 26 Aussitôt donc, dans l'oratoire, on lui enlève les vêtements personnels qu'il porte et on lui donne les habits du monastère. 27 Les vêtements qu'on lui a enlevés, on les met au vestiaire pour les garder. 28 Alors si, un jour, poussé par les conseils de l'esprit mauvais, il décide de quitter le monastère - espérons que non ! -, on lui enlève les habits du monastère avant de le mettre dehors. 29 Mais la promesse écrite que l'abbé a prise sur l'autel, ce frère ne la reprend pas. On la gardera au monastère.

59. COMMENT ON OFFRE A DIEU LES FILS DES NOTABLES ET DES PAUVRES

1 Il peut arriver qu'un notable offre son fils à Dieu en le donnant au monastère. Quand c'est un enfant très jeune, ses parents écrivent la promesse à sa place. On a parlé de cette promesse plus haut. 2 Ils enveloppent tout ensemble, dans la nappe de l'autel : la promesse écrite et la main de l'enfant avec l'offrande du pain et du vin. C'est ainsi qu'ils offrent leur enfant à Dieu. 3 Pour les biens que les parents possèdent, dans la promesse écrite, ils font le serment de ne jamais donner quelque chose à l'enfant. Ils promettent aussi de ne jamais lui fournir l'occasion de posséder quelque chose plus tard : que cela vienne d'eux-mêmes, ou d'une personne nommée par eux, ou de n'importe quelle autre façon. 4 Ou bien, si les parents ne veulent pas faire cela, et s'ils veulent offrir une aumône au monastère pour obtenir de Dieu une récompense, 5 ils donnent, par écrit, au monastère les biens qu'ils veulent offrir. Mais, pendant leur vie, ils peuvent garder pour eux l'usage de ces biens, s'ils le veulent. 6 Ainsi, on ferme tous les chemins, et l'enfant n'a plus à attendre aucun bien pour lui. En effet, cette attente peut seulement le tromper et le conduire à la mort. - Voilà ce que l'expérience nous a appris. - Espérons que cela n'arrivera pas ! 7 Ceux qui sont plus pauvres feront la même chose. 8 Et ceux qui n'ont rien du tout écrivent seulement la promesse et ils offrent l'enfant avec l'offrande du pain et du vin, devant des témoins.

60. LES PRÊTRES QUI VOUDRAIENT HABITER AU MONASTÈRE

1 Quand un prêtre demande à être reçu au monastère, on ne lui dit pas « oui » trop vite. 2 Pourtant, s'il continue à insister dans cette demande, il doit savoir ceci : il devra pratiquer tout ce que la Règle exige. 3 On ne rendra pas la Règle plus facile pour lui. Alors on pourra lui dire, comme c'est écrit dans la Bible : « Mon ami, pourquoi es-tu venu ? » (Matthieu 26, 50). 4 Pourtant, on lui permet de prendre place après l'abbé, de donner les bénédictions et de célébrer l'Eucharistie, à condition que l'abbé le lui ordonne. 5 Sinon, ce prêtre ne se permettra absolument rien. En effet, il le sait, il est soumis aux punitions prévues par la Règle. Il donnera plutôt des exemples d'humilité à tous les frères. 6 Au monastère, quand il faut choisir un frère pour une charge ou discuter d'autres affaires, 7 le frère prêtre considère que son rang est celui de son entrée au monastère, et non celui qu'on lui a donné par respect parce qu'il est prêtre. 8 Et quand un clerc, poussé par le même désir, veut faire partie du monastère, on le met parmi les frères, à un rang moyen. 9 Lui aussi, il promettra de pratiquer la Règle et de rester au monastère pour toujours.

61. COMMENT RECEVOIR LES MOINES ÉTRANGERS

1 Un moine étranger arrive de très loin. Il veut rester au monastère comme un hôte. 2 S'il se contente des coutumes qu'il trouve à cet endroit, s'il ne trouble pas le monastère en demandant trop de choses, 3 et s'il est content tout simplement de ce qu'il trouve, on le reçoit aussi longtemps qu'il veut. 4 S'il reproche quelque chose ou s'il fait des remarques de façon raisonnable et avec un amour plein d'humilité, l'abbé réfléchit avec prudence : est-ce que le Seigneur ne l'a pas envoyé exprès pour cela ? 5 Ensuite, s'il veut rester pour toujours dans la communauté, on ne s'opposera pas à cette demande. En effet, pendant son séjour dans la maison des hôtes, on a pu voir sa façon de vivre. 6 Mais si, pendant ce temps, il s'est montré exigeant, ou si sa conduite a été mauvaise, on ne doit pas l'unir au corps du monastère. 7 On lui dira plutôt, mais poliment, de s'en aller, pour que sa mauvaise conduite ne fasse pas de mal aux autres. 8 Au contraire, quand il ne mérite pas qu'on le mette dehors, on le reçoit s'il le demande ; 9 ou mieux, on lui conseille fortement de rester et on le fait entrer dans la communauté, pour que les autres apprennent quelque chose par son exemple. 10 En effet, partout on sert le même Seigneur, on combat sous les ordres du même Roi. 11 Et même, quand l'abbé voit que ce moine le mérite, il peut le mettre à un rang un peu plus élevé que celui de son entrée. 12 Et l'abbé peut faire cela non seulement pour un moine, mais aussi pour un prêtre ou pour un clerc, s'il juge que leur conduite le mérite. Nous l'avons déjà dit plus haut. 13 Pourtant, l'abbé fera bien attention : il ne gardera jamais longtemps un moine d'un autre monastère connu, sans l'accord de son abbé ou sans une lettre de recommandation. 14 Car la Bible dit : « Ne fais pas aux autres le mal que tu ne veux pas pour toi » (Tobie 4, 15)

62. LES PRÈTRES DU MONASTÈRE

1 Quand un abbé demande qu'on ordonne un prêtre ou un diacre pour son monastère, il choisit parmi ses moines un frère digne de remplir les fonctions de prêtre. 2 Celui qui devient prêtre ou diacre fera bien attention à ne pas se croire grand et à ne pas devenir orgueilleux. 3 Il ne se permettra pas de faire quelque chose en dehors de ce que l'abbé lui commande. En effet, il le sait, il sera soumis encore davantage aux punitions prévues par la Règle. 4 Ce n'est pas parce qu'il est prêtre qu'il a le droit d'oublier l'obéissance à la Règle et à ses exigences. Mais il doit progresser vers Dieu de plus en plus. 5 Il considérera toujours que son rang est celui de son entrée au monastère. 6 Mais il y a deux exceptions : quand il célèbre l'Eucharistie, et si le choix de la communauté et la volonté de l'abbé décident de le placer plus haut parce que sa conduite le mérite. 7 Malgré tout, ce frère prêtre doit le savoir : il pratiquera la règle établie pour les doyens et pour les seconds du monastère. 8 S'il se permet d'agir autrement, on le jugera non pas comme un prêtre, mais comme un moine rebelle. 9 Si on l'a averti souvent et s'il ne change pas, alors on prendra l'évêque lui-même comme témoin. 10 Si, malgré tout, il ne se corrige pas, puisque tout le monde connaît ses fautes, on le mettra à la porte du monastère. 11 Mais pour qu'on arrive à cela, il faut qu'il soit vraiment têtu et qu'il refuse de se soumettre et d'obéir à la Règle.

63. LES RANGS DANS LA COMMUNAUTÉ

LES FRÈRES SONT PLACÉS PAR RANG D'ENTRÉE
1 Au monastère, les frères garderont le rang de leur entrée dans la vie religieuse, ou bien celui qu'ils ont reçu à cause du mérite de leur vie et par une décision de l'abbé. 2 Mais l'abbé ne troublera pas le troupeau que Dieu lui a confié. Il ne prendra pas de décisions injustes, comme s'il était libre de faire tout ce qu'il veut. 3 Il pensera toujours qu'il devra rendre compte à Dieu de toutes ses décisions et de toutes ses actions. 4 Ainsi, pour recevoir la paix, pour communier, pour dire les psaumes en public, pour se tenir au choeur, les frères garderont la place que l'abbé a décidée, ou bien leur rang d'entrée au monastère. 5 On ne fera jamais attention à l'âge pour donner les rangs, ou pour juger la valeur de quelqu'un. 6 En effet, Samuel et Daniel étaient des enfants et ils ont jugé des anciens (1 Samuel 3, 10-18 ; Daniel 13, 45-59). 7 C'est pourquoi tous les frères auront le rang de leur entrée au monastère, sauf ceux que l'abbé a fait monter plus haut pour de justes motifs, ou bien ceux qu'il a fait descendre pour de bonnes raisons, comme nous l'avons dit. 8 Par exemple, un frère est entré au monastère vers 7 heures du matin. Un autre, plus âgé et plus important, est arrivé vers 8 heures. Pourtant, celui-ci se reconnaîtra plus jeune que le premier. 9 Les enfants, eux, seront toujours placés sous l'autorité de tous, pour les maintenir dans le bon ordre.

LE RESPECT ET L'AMOUR ENTRE LES FRÈRES
10 Les jeunes respectent leurs aînés les aînés aiment leurs frères plus jeunes. 11 Aucun frère n'a le droit d'appeler un autre frère par son nom seul. 12 Les aînés appellent les jeunes : « frères ». Les jeunes appellent leurs aînés : « pères », pour montrer leur respect. 13 Au regard de la foi, l'abbé tient la place du Christ. C'est pourquoi on l'appelle « Seigneur » et « Abbé ». Ce n'est pas lui qui prend ces noms, mais on l'appelle ainsi à cause de l'honneur et de l'amour dus au Christ. 14 De son côté, l'abbé réfléchit à tout cela et il se conduit de façon à mériter un si grand honneur. 15 Chaque fois que les frères se rencontrent, le plus jeune demande à l'aîné de le bénir. 16 Quand un frère de rang plus élevé passe, le frère moins ancien se lève, prêt à lui offrir son siège. Le jeune frère ne se permet pas de s'asseoir avant que l'aîné ne l'invite à le faire. 17 Il agit ainsi pour pratiquer la parole de la Bible : « Que chacun soit le premier à montrer du respect à son frère » (Romains 12, 10). 18 A l'oratoire et au réfectoire, les jeunes enfants et les adolescents gardent leur rang en bon ordre. 19 Mais à l'extérieur et partout, on veillera sur eux et on les maintiendra dans l'ordre jusqu'au moment où ils auront l'âge d'agir raisonnablement.

64. COMMENT ÉTABLIR L'ABBÉ

FAIRE UN CHOIX QUI PLAISE A DIEU
1 On donne la charge d'abbé à celui que toute la communauté, animée d'un respect confiant envers Dieu, a choisi d'un commun accord. Ou bien on la donne à celui qu'un petit nombre de moines seulement a choisi, mais avec un jugement plus sage.

QUI CHOISIR COMME ABBÉ ?
2 Celui qu'on va établir comme abbé, on le choisira à cause du mérite de sa vie et de la sagesse de son enseignement, même s'il est au dernier rang de la communauté. 3 Voici ce qui peut se passer, mais espérons que cela n'arrivera pas ! Une communauté se conduit très mal, et tous les moines sont d'accord pour choisir un frère qui approuve leurs penchants mauvais. 4 Quand l'évêque du diocèse où ce monastère se trouve, quand les abbés des monastères voisins ou quand les chrétiens des environs apprennent ce grand mal, 5 ils feront échouer le complot des mauvais moines. Et ils établiront à la tête de la maison de Dieu quelqu'un qui en soit digne. 6 Oui, ils le savent : ils recevront une bonne récompense s'ils font cela avec une intention pure et un ardent amour de Dieu. Au contraire, s'ils sont négligents pour le faire, ils commettent un péché.


LES QUALITÉS DE L'ABBÉ
7 Celui qu'on a établi comme abbé pensera toujours à la charge qui pèse sur lui. Il pensera aussi que c'est à Dieu qu'il devra rendre compte de sa gestion (Luc 16, 2). 8 L'abbé sait également qu'il doit être serviteur plutôt que maître. 9 Il faut donc qu'il connaisse très bien la loi de Dieu, pour savoir et pour trouver dans son coeur où puiser les paroles nouvelles et anciennes (voir Matthieu 13, 52). L'abbé doit mener une vie pure, être sobre, bienveillant. 10 Il fait toujours passer la tendresse avant la justice (Jacques 2, 13), pour que Dieu le traite de la même façon (voir Matthieu 5, 7). 11 Il déteste les penchants mauvais, mais il aime les frères. 12 Quand il corrige les autres, il est prudent. Il n'exagère rien, sinon, en grattant trop la rouille, il va trouer le plat. 13 Il n'oublie jamais qu'il est fragile, lui aussi. Il se rappelle qu'il ne faut pas écraser le roseau déjà fendu (Mt 12, 20) 14 Mais nous ne voulons pas dire que l'abbé permette aux penchants mauvais de se développer. Non ! Il les détruira, mais avec prudence et amour, selon ce qu'il juge bon pour chaque frère, comme nous l'avons déjà dit. 15 L'abbé cherchera à être aimé par les frères plutôt qu'à être craint.

L'ABBÉ EST UN HOMME DE PAIX
16 Il n'est pas agité, il n'est pas inquiet. Il n'exagère pas les choses, il n'est pas têtu. Il n'est pas jaloux et il sait faire confiance aux frères. Sinon, il ne connaîtra jamais le repos.

L'ABBÉ EST UN HOMME SAGE
17 Quand il commande, il prévoit et il réfléchit. Quand il donne des ordres au sujet des choses de Dieu ou des affaires de ce monde, il décide avec mesure. 18 Il pense à la conduite pleine de prudence de saint Jacob qui disait : « Si je fatigue mes troupeaux en les faisant trop marcher, ils vont tous mourir en un seul jour » (Genèse 33, 13). 19 L'abbé imite cet exemple et d'autres exemples de prudence. En effet, la prudence est la mère des vertus. C'est pourquoi l'abbé commande tout avec mesure. Alors les forts veulent en faire plus, et les faibles ne se découragent pas.

L'ABBÉ EST UN SERVITEUR FIDÈLE
20 Avant tout, l'abbé doit maintenir cette Règle en tous ses points. 21 Alors, s'il a bien fait son service, il entendra le Seigneur lui adresser la parole dite au bon serviteur qui a distribué la nourriture à ses compagnons quand il était à leur tête : « Oui, je vous le dis, le Maître lui confiera tous ses biens » (Mt 24, 47).

65. LE SECOND DU MONASTÈRE

LE DANGER D'UN MAUVAIS SECOND
1 Assez souvent, de graves conflits naissent dans les monastères quand on établit un second. 2 Certains seconds, gonflés d'un mauvais esprit d'orgueil, s'imaginent qu'ils sont abbés, eux aussi. Ils se donnent tous les pouvoirs ! Ils entretiennent les conflits et divisent les communautés. 3 Cela se passe surtout dans les monastères où c'est le même évêque et les mêmes abbés qui établissent et l'abbé et le second. 4 On voit facilement que cette façon de faire va contre tout bon sens. En effet, dès le début, en établissant le second dans sa charge, on lui donne l'occasion de devenir orgueilleux. 5 Ses pensées lui disent qu'il ne dépend plus de l'autorité de son abbé. 6 Elles lui répètent : « Ce sont les mêmes personnes qui t'ont établi, toi et l'abbé. » 7 Et les résultats sont : envies, disputes, paroles contre les autres, jalousies, divisions et désordres graves. 8 Alors l'abbé et le second s'opposent l'un à l'autre. Tant que cette division existe, eux-mêmes sont forcément en danger, 9 et les frères qui sont sous leur autorité vont à leur perte, parce que l'abbé et le second cherchent à plaire à ceux de leur parti. 10 Ceux qui ont fait naître un si grand désordre, sont les premiers responsables de ce grave malheur.

L'ABBÉ ORGANISE LUI-MÊME SA COMMUNAUTÉ
11 C'est pourquoi, voici notre avis : pour garder la paix et l'amour, l'abbé doit organiser lui-même son monastère comme il le juge bon. 12 Dans la mesure du possible, ce sont les doyens qui dirigent tous les services du monastère en suivant les ordres de l'abbé. Nous avons déjà réglé cela plus haut. 13 Ainsi, comme il y a plusieurs responsables, un seul ne peut pas en tirer de l'orgueil. 14 Mais il peut arriver que la situation exige un second, ou bien que la communauté en demande un, avec raison et humilité, et que l'abbé juge cela utile. 15 Alors il choisit le frère qu'il veut, avec le conseil des frères qui respectent Dieu avec confiance, et c'est lui-même qui le nomme second. 16 Le second, lui, fait avec respect ce que son abbé lui commande. Il ne fait rien contre la volonté ou contre les ordres de l'abbé. 17 En effet, plus il est placé au-dessus des autres, plus il doit pratiquer avec soin les commandements de la Règle.

QUE FAIRE SI LE SECOND DU MONASTÈRE EST MAUVAIS ?
18 Mais si le second se montre mauvais, ou s'il se laisse tromper par l'orgueil et devient fier, ou encore si on constate chez lui du mépris pour la sainte Règle, on l'avertira en paroles jusqu'à quatre fois. 19 S'il ne se corrige pas, on le punira comme la Règle le demande. 20 Si malgré cela, il ne change pas, on lui enlèvera sa charge de second et on mettra à sa place un frère qui a les qualités nécessaires. 21 Ensuite, s'il ne se tient pas tranquille et s'il n'obéit pas dans la communauté, on le chassera du monastère. 22 Mais l'abbé pensera qu'il rendra compte à Dieu de toutes ses décisions. Sinon, le feu de l'envie et de la jalousie risque de brûler son coeur.

66. LES PORTIERS DU MONASTÈRE

COMMENT ACCUEILLIR CEUX QUI ARRIVENT
1 A la porte du monastère, on met un ancien, un homme sage. Il doit être capable de recevoir un message et de donner une réponse. Son expérience l'empêche d'aller se promener un peu partout. 2 Le portier doit avoir sa cellule près de la porte. Alors ceux qui arrivent trouvent toujours quelqu'un pour leur répondre. 3 Dès qu'une personne frappe ou dès qu'un pauvre appelle, le portier dit : « Rendons grâce à Dieu » ou bien « Bénissez-moi ». 4 Et, avec toute la douceur que donne un respect confiant envers Dieu, il répond vite, avec un coeur brûlant de charité. 5 Si le portier a besoin d'aide, on lui donne un frère plus jeune.

LES MOINES NE DOIVENT PAS AVOIR BESOIN DE SORTIR
6 Si cela est possible, on doit construire le monastère de telle sorte qu'on y trouve tout le nécessaire, c'est-à-dire : de l'eau, un moulin, un jardin et différents ateliers. Alors tout se fait à l'intérieur du monastère. 7 Ainsi les moines n'ont pas besoin de circuler un peu partout au dehors, ce qui ne vaut rien du tout pour eux. 8 Nous voulons qu'on lise souvent cette Règle en communauté. Alors aucun frère ne pourra s'excuser en disant : « Je ne la connaissais pas. »

67. LES FRÈRES QU'ON ENVOIE EN VOYAGE

1 Les frères qui doivent partir en voyage demandent pour eux la prière de tous les frères et de l'abbé. 2 Et, à la dernière oraison du Service de Dieu, on priera toujours pour tous les absents. 3 Quand les frères reviennent de voyage, le jour même de leur retour, à toutes les Heures, à la fin du Service de Dieu, ils se prosternent à terre dans l'oratoire. 4 Et ils demandent à tous de prier à cause des fautes commises pendant le voyage. En effet, ils ont peut-être regardé quelque chose de mal, ils ont peut-être écouté des paroles mauvaises ou inutiles. 5 Que personne ne se permette de redire à un autre frère ce qu'il a vu ou entendu en dehors du monastère, parce que cela peut faire beaucoup de mal. 6 Si quelqu'un se permet de faire cela, on le punira selon la Règle. 7 Si un frère, sans un ordre de l'abbé, ose sortir de la clôture du monastère, aller n'importe où, faire quelque chose même de peu d'importance, on le punira de la même façon.

68. SI ON COMMMANDE A UN FRÈRE DES CHOSES IMPOSSIBLES

1 Voici ce qui peut arriver : on commande à un frère des choses difficiles ou impossibles. Il acceptera l'ordre donné avec grande douceur et en désirant obéir. 2 S'il voit que le poids de la charge dépasse tout à fait la mesure de ses forces, il dira à son supérieur pourquoi il ne peut pas le faire. Il présentera ses raisons avec patience et au bon moment, 3 sans se montrer orgueilleux, sans résister, sans s'opposer. 4 Si, après ces remarques, le supérieur continue à commander les mêmes choses, alors le frère doit le savoir : il est bon pour lui de faire la chose qu'on lui ordonne. 5 Et, par amour, confiant dans l'aide de Dieu, il obéira.

69. AU MONASTÈRE, AUCUN FRÈRE NE SE PERMETTRA DE PRENDRE LA DÉFENSE D'UN AUTRE

1 Faisons bien attention à ceci : au monastère, personne ne se permettra, en aucun cas, de prendre la défense d'un autre moine ou de faire comme s'il était son protecteur, 2 même s'il est de sa famille, de façon plus ou moins proche. 3 Les moines ne se permettront jamais d'agir de cette manière. En effet, cela peut faire naître des conflits très graves. 4 Si quelqu'un ne tient pas compte de cette défense, on le punira très sévèrement.

70. PERSONNE NE SE PERMETTRA DE FRAPPER UN FRÈRE A TORT ET A TRAVERS

1 Au monastère, on évitera toute occasion d'orgueil. 2 C'est pourquoi, voici ce que nous décidons : personne n'a le droit de mettre un frère à l'écart ou de le frapper, si l'abbé ne lui a pas donné ce pouvoir. 3 On fera des reproches aux coupables devant tous, afin que les autres en éprouvent de la crainte (1 Timothée 5, 20). 4 Quant aux enfants jusqu'à l'âge de 15 ans, tous les frères sont chargés de veiller sur eux et de les maintenir dans le bon ordre.
5 Mais ils le feront avec mesure et intelligence. 6 Si quelqu'un se permet de corriger les frères plus âgés, sans ordre de l'abbé, ou bien s'il corrige trop fort les enfants, on le punira selon la Règle. 7 En effet, la Bible dit : « Ne fais pas aux autres le mal que tu ne veux pas pour toi » (Tb 4, 15).

71. LES FRÈRES S'OBÉIRONT LES UNS AUX AUTRES

A QUI LES FRÈRES OBÉIRONT- ILS ?
1 Obéir est un bien. C'est pourquoi tous les frères doivent obéir à l'abbé. Mais cela ne suffit pas. Ils s'obéiront aussi les uns aux autres. 2 Qu'ils le sachent : c'est par ce chemin de l'obéissance qu'ils iront à Dieu. 3 Donc, on obéit d'abord aux ordres de l'abbé et des responsables qu'il a établis. A ces ordres-là, nous ne permettons pas de préférer les ordres des autres frères. 4 Mais, pour le reste, tous les frères plus jeunes obéiront à leurs aînés de tout leur coeur et avec amour. 5 Si quelqu'un refuse d'obéir, on le punira.

COMMENT RECEVOIR UN REPROCHE
6 Voici encore ce qui peut arriver : l'abbé ou un autre supérieur fait un reproche à un frère, pour une raison quelconque, même peu importante. 7 Ce frère se rend compte que ce supérieur est un peu fâché contre lui, ou un peu troublé, même très légèrement. 8 Alors, tout de suite et sans attendre, il se jette aux pieds du supérieur et il se prosterne à terre pour réparer sa faute. Il attend que l'émotion du supérieur se calme, et que celui-ci lui donne une bénédiction. 9 Si un frère refuse de faire cela, on le punira dans son corps. Et s'il continue à résister, on le chassera du monastère.

72. LE BON FEU QUI DOIT BRÛLER LE COEUR DES MOINES

1 Dans le coeur, il peut y avoir un feu mauvais et amer qui sépare de Dieu et conduit loin de lui pour toujours. 2 Il peut y avoir aussi un bon feu qui sépare du mal et conduit à Dieu et à la vie avec lui pour toujours. 3 Ce feu-là, les moines le feront donc passer dans leurs actes avec un très grand amour. 4 Voici comment : chacun voudra être le premier pour montrer du respect à son frère. 5 Ils supporteront avec une très grande patience les faiblesses des autres, celles du corps et celles du caractère. 6 Ils s'obéiront mutuellement de tout leur coeur. 7 Personne ne cherchera son intérêt à lui, mais plutôt celui des autres. 8 Ils auront entre eux un amour sans égoïsme, comme les frères d'une même famille. 9 Ils respecteront Dieu avec amour.
10 Ils auront pour leur abbé un amour humble et sincère. 11 Ils ne préféreront absolument rien au Christ. 12 Qu'il nous conduise tous ensemble à la vie avec lui pour toujours !

73. CETTE RÈGLE NE CONTIENT PAS TOUT CE QU'IL FAUT FAIRE POUR MENER UNE VIE SAINTE

1 Voici pourquoi nous avons écrit cette Règle : en la pratiquant dans les monastères, nous montrons, au moins un petit peu, que notre conduite est droite, et que nous commençons à mener une vie religieuse. 2 Mais pour celui qui est pressé de mener parfaitement cette vie, il y a encore les enseignements des saints Pères. Si on les pratique, ils conduisent au sommet de la vie parfaite. 3 En effet, dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament, est-ce que chaque page, chaque parole qui vient de Dieu lui-même, n'est pas une règle très sûre pour guider la vie des hommes ?
4 Il y a aussi tous les livres des saints Pères catholiques : est-ce qu'ils ne parlent pas clairement de ce que nous devons faire pour courir tout droit vers notre Créateur ? 5 Puis nous avons les Conférences des Pères, leurs Institutions, leurs Vies, et aussi la Règle de notre saint Père Basile. 6 Est-ce que, dans ces livres, on ne trouve pas les outils spirituels pour des moines obéissants et de sainte vie ? 7 Mais nous, qui manquons de courage, qui vivons mal et qui sommes négligents, nous devons avoir honte. 8 Donc toi, - c'est-à-dire tout homme qui se presse vers la patrie du ciel -, pratique jusqu'au bout, avec l'aide du Christ, cette toute petite Règle écrite pour des débutants. 9 Alors, avec la protection de Dieu, tu parviendras à ces sommets plus élevés d'enseignements et de vertus que nous venons de rappeler. Amen.

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 12:18
8. LE SERVICE DE DIEU PENDANT LA NUIT

L'HORAIRE D'HIVER
1 Pendant l'hiver, du 1er novembre jusqu'à Pâques, les frères se lèvent entre 2 heures et 3 heures du matin. C'est une décision raisonnable. 2 En effet, les frères se reposent un peu plus de la moitié de la nuit. Ainsi, quand ils se lèvent, la digestion est terminée. 3 Après les Vigiles, il reste du temps. Les frères qui ont besoin d'apprendre les psaumes et les lectures le font à ce moment-là.

L'HORAIRE D'ÉTÉ
4 A partir de Pâques jusqu'au 1er novembre, on laisse un petit moment libre entre l'office des Vigiles et celui de Laudes. Pendant ce temps, les frères peuvent sortir pour les besoins du corps. Et tout de suite après, c'est l'office de Laudes. On le chante au lever du jour.

9. COMBIEN DE PSAUMES DIRE A L'OFFICE DE NUIT

LE DÉBUT DE L'OFFICE : LE PREMIER NOCTURNE
1 Pendant l'hiver, du 1er novembre jusqu'à Pâques, on dit d'abord trois fois le verset : « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange » (Psaume 50, 17). 2 On ajoute le psaume 3 et le « Gloire au Père ». 3 Ensuite on chante le psaume 94 avec antienne, ou bien sans antienne, d'un bout à l'autre sans s'arrêter. 4 Après cela, il y a l'hymne et six psaumes avec antiennes. 5 Quand les psaumes sont finis, on dit le verset, et l'abbé donne la bénédiction. Tous les frères s'assoient sur leur siège et on fait trois lectures. Les frères lisent l'un après l'autre dans un livre posé sur le pupitre. Entre chaque lecture, on chante un répons. 6 On dit les deux premiers répons sans « Gloire au Père ». Mais, après la troisième lecture, celui qui chante dit le « Gloire au Père ». 7 Dès que le frère commence à chanter le « Gloire au Père », tous se lèvent de leur siège pour honorer et respecter la Sainte Trinité. 8 A l'office des Vigiles, on lit la Parole de Dieu dans l'Ancien et le Nouveau Testament. On lit aussi les explications que les Pères catholiques ont données de ces lectures. On prend les Pères connus pour leur enseignement juste, et que l'Église du monde entier accepte comme maîtres.

LE DEUXIÈME NOCTURNE
9 Après les trois lectures et les trois répons, on chante les six autres psaumes avec « Alleluia ». 10 Après ces psaumes, il y a un passage de l'apôtre Paul. On le récite par coeur. Puis on dit un verset et la supplication de la litanie, c'est-à-dire : « Seigneur, prends pitié. » 11 Voilà comment les Vigiles se terminent.

10. COMMENT LOUER DIEU LA NUIT, PENDANT L'ÉTÉ

1 A partir de Pâques jusqu'au 1er novembre, on chante pour les Vigiles le nombre de psaumes indiqué plus haut (ch. 9). 2 Mais il n'y a pas les trois lectures dans le livre, parce que les nuits sont courtes. On les remplace par une seule lecture de l'Ancien Testament qu'un frère récite par coeur. Ensuite, on dit un répons court. 3 Pour tout le reste, on fait comme on l'a indiqué plus haut (chap. 9), c'est-à-dire que, pendant les Vigiles, on ne dit jamais moins de douze psaumes. Dans ce nombre, on ne compte pas les psaumes 3 et 94.

11. COMMENT CÉLÉBRER LES VIGILES, LE DIMANCHE

1 Le dimanche, les frères se lèvent un peu plus tôt pour les Vigiles. 2 Voici l'ordre à suivre pour ces Vigiles :

LE DÉBUT DE L'OFFICE DE NUIT :
LE PREMIER NOCTURNE
Quand on a chanté six psaumes et le verset, comme nous l'avons indiqué plus haut (chap. 9), tous les frères s'assoient sur leurs sièges en ordre et à leur rang. Puis on fait quatre lectures dans le livre. Chaque lecture est suivie d'un répons, comme nous l'avons dit plus haut (chap. 9). 3 Le frère qui chante le répons dit le « Gloire au Père » seulement au quatrième répons. Quand il commence le « Gloire au Père », tous se lèvent avec respect.

LE DEUXIÈME NOCTURNE
4 Après ces lectures, les frères disent six autres psaumes à la suite, avec les antiennes, comme avant, puis le verset. 5 Ensuite, on fait encore quatre lectures suivies chacune d'un répons, de la façon indiquée plus haut.

LE TROISIÈME NOCTURNE
6 Après cela, on dit trois cantiques pris dans les livres des Prophètes. C'est l'abbé qui les choisit. et les frères les chantent avec « Alleluia ». 7 On dit aussi un verset. Puis l'abbé donne la bénédiction, et on fait encore quatre lectures du Nouveau Testament, de la façon indiquée plus haut. 8 Après le quatrième répons, l'abbé commence l'hymne : « A toi, Dieu, notre louange ». 9 Quand cette hymne est finie, l'abbé fait la lecture de l'Évangile. Tous se tiennent debout avec grand respect pour honorer Dieu. 10 Quand la lecture de l'Évangile est finie, tous répondent : « Amen. » Puis l'abbé commence tout de suite l'hymne : « A toi la louange ». Il donne la bénédiction, puis les frères commencent les Laudes. 11 Pour les Vigiles du dimanche, on garde cet ordre en toute saison. 12 Si les frères se lèvent trop tard - espérons que non ! -, on diminue un peu les lectures ou les répons.
13 Faisons bien attention que cela n'arrive pas ! Si cela arrive, le frère qui en est responsable par sa négligence doit offrir à Dieu dans l'oratoire la réparation qui convient.

12. COMMENT CÉLÉBRER L'OFFICE DE LAUDES

1 Le dimanche à Laudes, on dit d'abord le psaume 66 sans antienne d'un bout à l'autre. 2 Puis on dit le psaume 50 avec « Alleluia », 3 ensuite les psaumes 117 et 62, 4 puis le cantique des trois enfants (Daniel 3, 57-88), les psaumes de louange (Psaumes 148, 149 et 150), une lecture de l'Apocalypse par coeur avec le répons, l'hymne, le verset, le cantique de l'Évangile (Luc 1, 68-79), la litanie , et l'office est terminé.

13. COMMENT CÉLÉBRER LAUDES, LES JOURS ORDINAIRES

1 Les jours ordinaires, voici comment on célèbre l'office de Laudes.

LE DÉBUT DES LAUDES
2 On dit le psaume 66 sans antienne, en traînant un peu, comme le dimanche. Alors tous les frères ont le temps d'arriver pour le psaume 50 qu'on dit avec antienne.

LES PSAUMES ET LES CANTIQUES
QUI CHANGENT CHAQUE JOUR
3 Ensuite on dit deux autres psaumes, selon la coutume, c'est-à-dire :
4 le lundi : les psaumes 5 et 35,
5 le mardi : les psaumes 42 et 56,
6 le mercredi : les psaumes 63 et 64,
7 le jeudi : les psaumes 87 et 89,
8 le vendredi : les psaumes 75 et 91
9 et le samedi : le psaume 142 avec le cantique du Deutéronome. On divise ce cantique en deux parties, et après chaque partie on dit le « Gloire au Père ».
10 Du lundi au vendredi, on dit un cantique des Prophètes, comme l'Église de Rome les chante. Il y a un cantique différent pour chaque jour.

LA FIN DES LAUDES
11 Puis il y a les psaumes de louange (Psaumes 148, 149 et 150), une lecture de l'apôtre Paul qu'on récite par coeur, le répons, l'hymne, le verset, le cantique de l'Évangile (Luc 1, 68-79), la litanie, et l'office est terminé.

LE SUPÉRIEUR CHANTE LE « NOTRE PÈRE »
12 En tout cas, on ne termine jamais l'office de Laudes et de Vêpres sans dire le « Notre Père » à la fin de l'office. C'est le supérieur qui le dit en entier à haute voix, pour que tous les frères l'entendent. Et cela, à cause des petites blessures qui viennent des disputes habituelles dans une vie commune. 13 Dans cette prière, les frères s'engagent ensemble par cette promesse : « Pardonne-nous, comme nous pardonnons, nous aussi. » Par là, ils se purifieront de ces fautes. 14 Aux autres offices, on dit tout haut seulement la dernière partie de cette prière, pour que tous répondent : « Mais délivre-nous du mal. »

14. COMMENT CÉLÉBRER LES VIGILES AUX FÊTES DES SAINTS

1 Aux fêtes des saints et à toutes les fêtes, on fait comme le dimanche. 2 Mais on prend les psaumes, les antiennes et les lectures de la fête. Pour le nombre, on garde ce qu'on a indiqué plus haut.

15. QUAND DIT-ON ALLELUIA ?

1 A partir de la sainte Pâque jusqu'à la Pentecôte, on dit toujours « Alleluia » avec les psaumes et les répons.
2 Depuis la Pentecôte jusqu'au début du Carême, toutes les nuits, on dit « Alleluia » avec les six derniers psaumes de l'office seulement. 3 Tous les dimanches, sauf pendant le Carême, on dit « Alleluia » avec les cantiques des Vigiles, et aussi à Laudes, Prime, Tierce, Sexte et None. Mais on dit les Vêpres avec antiennes. 4 On ne dit jamais « Alleluia » avec les répons, sauf de Pâques à la Pentecôte.

16. COMMENT CÉLÉBRER LE SERVICE DE DIEU PENDANT LE JOUR

1 Le Prophète dit : « Sept fois par jour, j'ai dit ta louange » (Psaume 118, 164). 2 Ce nombre sacré de sept, voici comment nous le garderons : en accomplissant les devoirs de notre service à Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies. 3 En effet, le Prophète parle de ces heures de la journée quand il dit : « Sept fois par jour, j'ai dit ta louange. » 4 Pour les Vigiles de la nuit, le même Prophète dit : « Au milieu de la nuit, je me lève pour te louer » (Psaume 118, 62). 5 C'est pourquoi offrons nos louanges à notre Créateur « pour ses décisions justes » (Psaume 118, 164) à ces moments-là, c'est-à-dire à Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies. Et la nuit, levons-nous pour le louer.

17. COMBIEN DE PSAUMES DIRE PENDANT LE JOUR

1 Nous avons déjà donné l'ordre du chant des psaumes pour les Vigiles et les Laudes. Voyons maintenant les offices suivants.

A PRIME
2 A l'office de Prime, on dit trois psaumes séparément avec « Gloire au Père » après chaque psaume. 3 Avant de commencer les psaumes, on dit le verset : « Dieu, viens à mon aide », puis l'hymne de Prime. 4 Quand les trois psaumes sont finis, on récite : une lecture, le verset, « Seigneur, prends pitié », et les paroles de renvoi.

A TIERCE , SEXTE ET NONE
5 A Tierce, Sexte et None, on célèbre la prière de la même façon, c'est-à-dire : le verset : « Dieu, viens à mon aide », puis l'hymne de ces offices, trois psaumes, la lecture, le verset, « Seigneur, prends pitié », et les paroles de renvoi. 6 Si la communauté est assez nombreuse, on chante les psaumes avec antiennes. Si elle est peu nombreuse, on chante les psaumes sans antienne, d'un bout à l'autre.

A VÊPRES
7 L'office des Vêpres se compose de quatre psaumes avec antiennes. 8 Après ces psaumes, on récite : une lecture, le répons, l'hymne, le verset, le cantique de l'Évangile (Luc 1, 46-55), la litanie, et la prière du Seigneur termine l'office.

A COMPLIES
9 Les Complies se composent de trois psaumes. On chante ces psaumes sans antienne, d'un bout à l'autre. 10 Puis l'hymne de Complies, une lecture, le verset, « Seigneur, prends pitié », et la bénédiction termine l'office.

18. DANS QUEL ORDRE DIRE LES PSAUMES

DÉBUT DE L'OFFICE
1 On dit d'abord le verset : « Dieu, viens à mon aide. Seigneur, vite à mon secours ! » (Psaume 69, 2) et le « Gloire au Père ». Puis l'hymne de chaque office.

LES PSAUMES DE PRIME
2 Ensuite, à Prime, le dimanche, on dit quatre parties du psaume 118. 3 A chacun des autres offices, c'est-à-dire à Tierce, Sexte et None, on dit trois autres parties du psaume 118. 4 A Prime, le lundi, on dit trois psaumes : les psaumes 1, 2 et 6. 5 On fait la même chose tous les jours à Prime jusqu'au dimanche. Chaque jour, on dit trois psaumes à la suite dans le psautier, jusqu'au psaume 19. Mais on divise en deux parties les psaumes 9 et 17.
6 Et ainsi, aux Vigiles du dimanche, on commence toujours par le psaume 20.

LES PSAUMES DE TIERCE , SEXTE ET NONE
7 Le lundi, à Tierce, Sexte et None, on dit les neuf parties qui restent du psaume 118 : trois parties à chaque office.
8 Ainsi, on finit le psaume 118 en deux jours, c'est-à-dire le dimanche et le lundi. 9 Le mardi, à Tierce, Sexte et None, on chante trois psaumes depuis le 119 jusqu'au 127, ce qui fait neuf psaumes. 10 On répète toujours ces mêmes psaumes aux mêmes offices, jusqu'au dimanche. Tous les jours, on garde le même ordre pour les hymnes, les lectures et les versets. 11 Et ainsi, le dimanche, on commence toujours par le psaume 118.

LES PSAUMES DE VÊPRES
12 A Vêpres, tous les jours, on chante quatre psaumes. 13 On commence par le psaume 109, et on va jusqu'au psaume 147. 14 Mais on ne chante pas les psaumes 117 à 127, ni les psaumes 133 et 142. On les garde pour d'autres offices. 15 Tous les autres psaumes, on les dira à Vêpres. 16 Comme il manque trois psaumes, on divise en deux parties ceux qui sont plus longs, c'est-à-dire les psaumes 138, 143 et 144. 17 Le psaume 116 est court, c'est pourquoi on le dit avec le psaume 115. 18 Voilà l'ordre des psaumes pour Vêpres. Le reste, c'est-à-dire la lecture, le répons, l'hymne, le verset et le cantique, on le dira comme nous l'avons réglé plus haut.

LES PSAUMES DE COMPLIES
19 A Complies, chaque jour, on répète les mêmes psaumes, c'est-à-dire les psaumes 4, 90 et 133.

19. NOTRE ATTITUDE PENDANT LE CHANT DES PSAUMES

1 Nous croyons ceci : Dieu est présent partout, et « partout les yeux du Seigneur regardent les bons et les
méchants » (Proverbes 15, 3). 2 Mais nous devons le croire surtout et en être bien plus certains encore quand nous participons au Service de Dieu. 3 C'est pourquoi rappelons-nous toujours les paroles du Prophète : « Servez le Seigneur avec un respect confiant » (Psaume 2, 11). 4 Et encore : « Chantez les psaumes avec sagesse » (Psaume 46, 8). 5 Et : « Je chanterai pour toi en présence des anges » (Psaume 137, 1). 6 Alors faisons bien attention à notre attitude en présence de Dieu et de ses anges. 7 Et quand nous chantons les psaumes, tenons-nous de telle sorte que notre esprit soit d'accord avec notre voix.

AUX VIGILES , ON RÉCITE
TOUS LES AUTRES PSAUMES
20 Voilà l'ordre des psaumes pour la journée. Tous les autres psaumes qui restent, on les distribue de façon égale entre les Vigiles des sept nuits de la semaine. 21 Les psaumes qui sont plus longs, on les partage en deux. Ainsi, on dit douze psaumes ou parties de psaumes chaque nuit.

LES VRAIS MOINES CHANTENT AU MOINS
LES 150 PSAUMES CHAQUE SEMAINE
22 Avant tout, nous insistons sur ce point : si l'ordre des psaumes donné ici ne plaît pas à quelqu'un, il peut choisir un autre ordre qu'il juge meilleur. 23 En tout cas, il faut absolument que, chaque semaine, les frères chantent les 150 psaumes en entier. Et, aux Vigiles du dimanche, on les recommence toujours dans le même ordre. 24 Si, pendant la semaine, les moines ne chantent pas les 150 psaumes avec les cantiques habituels, ils montrent vraiment trop de paresse dans le service qu'ils ont promis. 25 En effet, nous lisons que nos saints Pères ont fait cela courageusement en un seul jour ! Et nous, qui n'avons pas la même ardeur, hélas, nous devons chanter au moins tous les psaumes en une semaine.


20. PRIER AVEC GRAND RESPECT

1 Quand nous voulons demander quelque chose à des gens puisssants, nous n'osons le faire qu'avec humilité et grand respect. 2 Alors, quand nous supplions le Seigneur, le Dieu du monde entier, nous devons le faire avec plus d'humilité encore, avec un coeur pur et tout donné à Dieu. 3 Et nous le savons : Dieu nous exaucera, si nous prions non pas avec beaucoup de paroles, mais avec un coeur pur, peiné jusqu'aux larmes d'avoir offensé Dieu. 4 C'est pourquoi la prière doit être courte et pure, sauf si Dieu, dans sa bonté, nous touche et nous inspire de prier plus longtemps. 5 Mais, en communauté, la prière sera très courte. Et, dès que le supérieur donnera le signal, les frères se lèveront tous ensemble.

21. LES DOYENS DU MONASTÈRE

1 Si la communauté est nombreuse, on choisira parmi les moines des frères que les autres reconnaissent comme bons et qui vivent selon Dieu. 2 On en fera des doyens. Pour toutes choses, ils prendront soin de leur groupe de dix frères, en obéissant aux commandements de Dieu et aux ordres de leur abbé. 3 On choisira comme doyens des frères sur lesquels l'abbé peut compter pour partager avec eux le poids de sa charge. 4 On ne les choisira pas selon la date de leur entrée au monastère, mais selon le mérite de leur vie et la sagesse de leur enseignement. 5 Si, par hasard, l'un de ces doyens se gonfle d'orgueil et mérite des reproches, on l'avertira une fois, deux fois, trois fois. S'il ne veut pas se corriger, on lui enlèvera la responsabilité qu'il a, 6 et on mettra à sa place un frère qui a les qualités nécessaires. 7 Pour le second du monastère, nous décidons la même chose.

22. COMMENT DORMENT LES MOINES

UN LIT POUR CHACUN, UN DORTOIR POUR TOUS
1 Chacun a un lit pour dormir. 2 On donne aux frères ce qu'il faut pour la nuit, selon leur genre de vie et comme l'abbé l'a décidé. 3 Autant que possible, tous dorment dans un même lieu. Quand ils sont trop nombreux, ils dorment par groupes de 10 ou 20, avec les anciens qui prennent soin d'eux. 4 Dans ce dortoir, une lampe brûle toute la nuit jusqu'au matin. 5 Les frères dorment habillés, avec une ceinture ou une corde autour des reins. Quand ils sont couchés, ils n'auront pas de couteau à leur côté, pour ne pas se blesser en dormant.

AU SIGNAL, TOUS SE LÈVENT SANS RETARD
6 Ainsi, les moines sont toujours prêts (Luc 12, 35-40), et quand on donne le signal, ils se lèvent sans retard. Et chacun se dépêche pour arriver le premier au Service de Dieu, mais tout de même avec sérieux et avec calme.
7 Les jeunes frères n'ont pas leur lit les uns près des autres, mais ils dorment au milieu des anciens. 8 Quand les moines se lèvent pour le Service de Dieu, ils s'encouragent doucement les uns les autres et ainsi ils enlèvent toute excuse aux dormeurs.

23. MISE A L'ÉCART DE LA COMMUNAUTÉ A CAUSE DES FAUTES

1 Un frère résiste ou il refuse d'obéir, il est orgueilleux ou il murmure, il fait quelque chose contre la sainte Règle ou contre les ordres de ses anciens, et il leur montre du mépris. 2 Dans ce cas, ses anciens doivent l'avertir en particulier une fois, puis deux fois, comme notre Seigneur le demande (Mt 18, 15). 3 S'il ne change pas, on lui fait des remarques en public, devant tous les frères. 4 Quand, malgré cela, il ne se corrige pas, on le met à l'écart de la communauté, s'il comprend le sens de cette punition. 5 Mais s'il a la tête trop dure, on le punit dans son corps.

24. COMMENT METTRE UN FRÈRE A L'ÉCART DE LA COMMUNAUTÉ

1 La mise à l'écart et la punition dépendent de l'importance de la faute. 2 C'est l'abbé qui juge l'importance des fautes. 3 Quand un frère a fait une faute légère, il ne prend pas son repas avec les autres. 4 Voici comment on traite celui qui est privé des repas en commun : à l'oratoire, il ne dit plus seul les psaumes ou les antiennes, il ne fait plus de lecture, avant d'avoir réparé sa faute. 5 Il mange seul, après le repas des frères. 6 Par exemple, quand les frères mangent à midi, ce frère mange à trois heures de l'après-midi. Quand les frères mangent à trois heures de l'après midi, lui, il mange le soir. 7 Et cela dure jusqu'au moment où il a réparé sa faute comme il faut, et où il obtient son pardon.

25. LES FAUTES GRAVES

1 Le frère qui est coupable d'une faute grave sera privé à la fois du réfectoire et de l'oratoire. 2 Aucun frère n'ira le trouver pour lui tenir compagnie ou lui parler. 3 Il sera seul pour faire le travail qu'on lui a commandé et il restera dans la tristesse que lui cause son repentir. En effet, il connaît la phrase terrible de l'apôtre Paul : 4 « Cet homme-là, on fait mourir son corps pour que son esprit soit sauvé le jour où le Seigneur viendra » (1 Corinthiens 5, 5). 5 Ce frère mangera seul. Pour la quantité de nourriture et l'heure du repas, c'est l'abbé qui jugera ce qui est bon pour lui. 6 En passant près de lui, personne ne le bénira, ni lui, ni la nourriture qu'on lui donne.

26. CEUX QUI, SANS PERMISSION, VONT TROUVER LES FRÈRES MIS A L'ÉCART

1 Quand un moine, sans un ordre de l'abbé, se permet d'aller trouver, d'une façon ou d'une autre, un frère mis à l'écart de la communauté, ou bien de lui parler ou de lui envoyer un message, 2 on le punira en le mettant à l'écart de la communauté, comme l'autre frère.
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27. L'ABBÉ DOIT PRENDRE GRAND SOIN DES FRÈRES MIS A L'ÉCART

1 L'abbé prendra un très grand soin des frères qui ont fait des fautes. En effet, « ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades » (Matthieu 9,12).

L'ABBÉ AGIRA COMME UN SAGE MÉDECIN
2 C'est pourquoi l'abbé doit se servir de tous les moyens comme un sage médecin. Il envoie auprès de ce moine des frères anciens et sages. 3 Comme en secret, ils consolent ce frère peu solide. Ils lui conseillent de réparer sa faute avec un coeur humble. Ils « le consolent pour qu'il ne tombe pas dans une tristesse trop grande » (2 Cor. 2, 7)
4 Et, comme l'apôtre Paul le dit encore : il faut « aimer ce frère davantage » (2 Corinthiens 2, 8), et tous prieront pour lui.

L'ABBÉ AGIRA COMME LE BON BERGER
5 L'abbé doit faire tout ce qu'il faut et très vite, pour ne pas perdre une seule brebis du troupeau que Dieu lui a confié. Pour cela, il se sert de toute son intelligence et de toute son habileté. 6 En effet, il le sait : il a reçu la charge de conduire des personnes malades et non pas de faire peser un pouvoir exagéré sur des personnes en bonne santé.
7 Il aura peur de la menace que Dieu a faite par la bouche du prophète Ézékiel : « Les brebis que vous trouviez grasses, vous les avez prises. Mais les faibles, vous les avez chassées » (Ézékiel 34, 3-4). 8 L'abbé imitera la tendresse du bon berger (Jean 10, 11) qui laisse ses 99 brebis sur les montagnes pour aller chercher une seule brebis perdue. 9 Il a tellement pitié de la faiblesse de cette brebis qu'il va jusqu'à la mettre sur ses épaules saintes et il la ramène ainsi vers le troupeau (Matthieu 18, 12 ; Luc 15, 4-5).

28. CEUX QUI NE VEULENT PAS CHANGER MALGRÉ DE NOMBREUX REPROCHES

L'ABBÉ AGIRA COMME UN MÉDECIN
AVEC CEUX QUI NE SE CORRIGENT PAS
1 Un frère reçoit souvent des reproches pour une faute. Il a même été mis à l'écart de la communauté. S'il ne change pas, on le punira plus durement, c'est-à-dire on le frappera. 2 Malgré cela, il ne se corrige pas. De plus, emporté par l'orgueil - espérons que non ! -, il veut prouver que sa conduite est juste. Dans ce cas, l'abbé agira comme un sage médecin. 3 Il applique d'abord un médicament doux, c'est-à-dire des conseils qui calment la douleur et qui encouragent. Puis il présente au frère la Parole de Dieu pour le guérir. Enfin, il brûle sa plaie en le mettant à l'écart et il lui donne des coups de bâton. 4 Si l'abbé voit que tout ce qu'il fait ne sert à rien, alors il emploie un remède meilleur que les autres. 5 Il va prier et tous les frères vont prier aussi pour ce frère malade, afin que le Seigneur qui peut tout lui rende la santé.

SI LE FRÈRE NE GUÉRIT PAS, L'ABBÉ LE CHASSERA DU MONASTÈRE
6 Pourtant ce frère ne guérit pas, même avec ce remède. Alors l'abbé le coupera de la communauté. Il suivra la parole de l'apôtre Paul : « Enlevez l'homme mauvais du milieu de vous » (1 Corinthiens 5, 13). 7 L'apôtre dit encore : « Quand celui qui n'est pas fidèle veut partir, qu'il parte ! » (1 Corinthiens 7, 15). 8 Sinon, une seule brebis malade va donner la maladie à tout le troupeau.

29. DOIT-ON RECEVOIR DE NOUVEAU LES FRÈRES QUI ONT QUITTÉ LE MONASTÈRE ?

1 Un frère est sorti du monastère par sa faute. Il veut revenir. Alors il promettra d'abord de se corriger tout à fait de la faute qui a causé son départ. 2 Ensuite, on le reçoit au dernier rang. Cela permet de voir si son coeur est vraiment humble. 3 S'il quitte encore le monastère, on le recevra de cette façon jusqu'à trois fois. Mais, après cela, il saura qu'il ne pourra plus jamais revenir.

30. COMMENT CORRIGER LES JEUNES ENFANTS

1 Il faut traiter chacun selon son âge et selon son jugement. 2 C'est pourquoi voici comment on punira les enfants, les adolescents ou les adultes qui ne peuvent pas comprendre la gravité de la mise à l'écart de la communauté. 3 Quand ils font des fautes, on les fait beaucoup jeûner ou bien on les frappe très fort pour les guérir.

31. LES QUALITÉS QUE LE CELLÉRIER DU MONASTÈRE DOIT AVOIR

1 Comme cellérier du monastère, on choisira dans la communauté un frère sage et de caractère mûr, sobre dans le boire et le manger. Il n'est pas orgueilleux, ni agité, ni injuste, ni lent, ni dépensier, 2 mais animé d'un respect confiant envers Dieu. Pour toute la communauté il sera comme un père.

COMMENT AGIT-IL AVEC SES FRÈRES ?
3 Il prendra soin de tous. 4 Il ne fera rien sans ordre de l'abbé. 5 Il obéira avec soin aux ordres qu'il reçoit. 6 Il ne fera pas de peine à ses frères. 7 Si un frère lui demande quelque chose qui n'est pas raisonnable, le cellérier ne le rendra pas triste en lui montrant du mépris. Mais, humblement, il refusera avec raison à celui qui a fait une mauvaise demande. 8 Le cellérier veillera sur lui-même et il se rappellera toujours cette parole de l'apôtre Paul : « Celui qui fait bien son service se prépare une place d'honneur » (1 Timothée 3, 13). 9 Il prendra le plus grand soin des malades, des enfants, des hôtes et des pauvres. Il sera tout à fait sûr qu'au jour du jugement il rendra compte à Dieu de sa façon d'agir avec eux tous.

LE CELLÉRIER RESPECTE LES BIENS DU MONASTÈRE
10 Tous les objets du monastère et tous ses biens, il les regarde comme les vases sacrés de l'autel. 11 Pour le cellérier, rien ne sera sans importance. 12 Il ne sera pas avare. Il ne sera pas non plus dépensier et il ne gaspillera pas les biens du monastère. Mais il fera tout avec mesure, en suivant les ordres de l'abbé.

IL EST UN SERVITEUR AIMABLE
13 Avant tout, il sera humble. Et quand il ne peut pas satisfaire quelqu'un, il lui répondra aimablement. 14 En effet, la Bible dit : « Une parole aimable vaut mieux que tous les cadeaux » (Siracide 18, 17). 15 Tout ce que l'abbé lui confie, le cellérier s'en chargera avec soin. Ce que l'abbé lui interdit, il ne se permettra pas de s'en occuper.
16 Il servira aux frères la part qui leur revient. Il le fera sans orgueil et sans retard, pour ne pas les faire tomber dans le péché. Il se rappellera la parole du Christ, et la punition méritée par celui qui « fait tomber dans le péché un seul de ces petits » (Mt 18, 6).

LES AIDES DU CELLÉRIER
17 Quand la communauté est nombreuse, on donnera des aides au cellérier. Alors, avec eux, lui aussi pourra faire le travail qu'on lui a confié en gardant la paix.

PERSONNE NE SERA INQUIET OU TRISTE DANS LA MAISON DE DIEU
18 Au moment qui convient, on donnera ce qu'il faut donner et on demandera ce qu'il faut demander. Alors personne ne sera troublé ou triste dans la maison de Dieu.

32. LES OUTILS ET LES OBJETS DU MONASTÈRE

1 Pour s'occuper des biens du monastère : outils, vêtements et tous les autres objets, l'abbé choisit des frères en qui il a confiance. C'est leur bonne conduite et leur façon de faire qui guident son choix. 2 L'abbé leur donne la responsabilité de ces différents objets, comme il le juge bon. Alors les frères en prennent soin et ils les rangent.
3 L'abbé aura la liste de ces choses. Ainsi, quand les frères se succèdent dans un service, l'abbé sait ce qu'il donne et ce qu'il reçoit. 4 Si quelqu'un traite les objets du monastère sans propreté ou avec négligence, on lui fera des reproches. 5 Si ce frère ne se corrige pas, on le punira selon la Règle.

33. LES MOINES PEUVENT - ILS AVOIR QUELQUE CHOSE A EUX ?

1 Posséder égoïstement est un penchant mauvais. Avant tout, il faut l'arracher du monastère avec ses racines !
2 Personne ne se permettra de donner ou de recevoir quelque chose sans ordre de l'abbé. 3 Et personne n'aura quelque chose à soi, rien, absolument rien : ni livre, ni cahier, ni crayon, rien du tout. 4 En effet, les moines n'ont pas même le droit d'être propriétaires de leur corps et de leur volonté !

L'ABBÉ DONNE AUX MOINES CE QUI EST NÉCESSAIRE
5 Mais tout ce qui est nécessaire, on le demande au père du monastère. Et on n'a pas le droit d'avoir quelque chose, quand l'abbé ne l'a pas donné ou permis.

TOUT EST COMMUN A TOUS
6 « Tout sera commun à tous », comme c'est écrit dans la Bible (Actes 4, 32). Personne ne dira : « Cet objet est à moi », et on n'osera pas le prendre pour soi. 7 Si l'on s'aperçoit qu'un frère cultive avec plaisir ce penchant vraiment mauvais, on l'avertira une fois, deux fois. 8 S'il ne se corrige pas, on le punira.

34. TOUS DOIVENT-ILS RECEVOIR LES CHOSES NÉCESSAIRES DE FAÇON ÉGALE ?

1 On fera comme c'est écrit dans les Actes des Apôtres : « On donnait à chacun selon ses besoins » (Actes 4, 35).
2 Nous ne voulons pas dire qu'il faut faire des différences entre les moines. Surtout pas ! Mais on fera attention à ceux qui sont faibles.
3 Quand un moine a besoin de moins de choses, il remerciera Dieu et il ne sera pas triste.

4 Quand un autre a besoin de plus de choses, il se jugera petit parce qu'il est faible. Il ne se croira pas grand parce qu'on est bienveillant envers lui. 5 Ainsi tous les membres seront dans la paix. 6 Avant tout, les moines ne laisseront jamais apparaître le mal du murmure, sous aucun prétexte, ni en paroles, ni en gestes. 7 Si on voit quelqu'un murmurer, on le punira très sévèrement.


35. LES CUISINIERS DE LA SEMAINE

QUI FAIT LE SERVICE DE LA CUISINE ?
1 Les frères se serviront les uns les autres. Donc personne ne sera dispensé du service de la cuisine, sauf si un frère est malade, ou s'il s'occupe de choses plus importantes. 2 En effet, ce service augmente la récompense et fait grandir l'amour. 3 Ceux qui n'ont pas beaucoup de force, on leur donne des aides pour qu'ils ne travaillent pas avec tristesse. 4 D'ailleurs, tous auront des aides, selon l'importance de la communauté et la situation du monastère. 5 Quand la communauté est nombreuse, le cellérier ne fait pas la cuisine. Ceux qui s'occupent de choses plus importantes ne la font pas non plus, comme on l'a déjà dit. 6 Mais tous les autres frères se serviront mutuellement avec amour.

COMMENT BIEN FAIRE LE SERVICE DE LA CUISINE
7 Celui qui a fini son travail de semaine nettoie tout, le samedi. 8 On lave les linges avec lesquels les frères s'essuient les mains et les pieds. 9 Le cuisinier qui a fini la semaine et le frère qui va la commencer lavent aussi les pieds de tous. 10 Le cuisinier rend au cellérier les ustensiles de son service. Ils seront propres et en bon état. 11 Puis le cellérier les donne au cuisinier qui commence la semaine. Ainsi il sait ce qu'il donne et ce qu'il reçoit. 12 Quand on ne mange qu'une fois dans la journée, les cuisiniers de la semaine reçoivent chacun avant le repas de la boisson et du pain, en plus de leur part habituelle. 13 Ainsi, au moment du repas, ils peuvent servir leurs frères sans murmurer et sans trop de fatigue. 14 Mais les jours de fête, ils attendront jusqu'aux prières de la fin du repas.

LA PRIÈRE AVANT ET APRÈS LA SEMAINE DE SERVICE
15 Le dimanche, tout de suite après Laudes, les cuisiniers qui vont commencer leur semaine de service et ceux qui l'ont finie se mettent à genoux devant tous, à l'oratoire, et ils demandent aux frères de prier pour eux. 16 Le cuisinier qui a fini la semaine dit ce verset : « Tu es béni, Seigneur mon Dieu, tu m'as aidé et consolé ! » (Psaume 85, 17).
17 Il dit ce verset trois fois et il reçoit une bénédiction. Celui qui commence la semaine vient ensuite et il dit : « Dieu, viens à mon aide. Seigneur, vite à mon secours ! » (Psaume 69, 2). 18 Et tous répètent ce même verset trois fois. Le nouveau cuisinier reçoit une bénédiction, puis il commence la semaine.

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 12:10
Extase de Saint-Benoît
Jean Restout (1692-1768)


PROLOGUE
ÉCOUTE, MON FILS !

1 Écoute, mon fils, l'enseignement du maître, ouvre l'oreille de ton coeur ! Accepte volontiers les conseils d'un père qui t'aime et fais vraiment tout ce qu'il te dit. 2 En travaillant ainsi à obéir, tu reviendras vers Dieu. En effet, en refusant d'obéir par manque de courage, tu étais parti loin de lui. 3 Maintenant, c'est donc à toi que je parle, à toi, c'est-à-dire à tout homme qui renonce à faire sa volonté égoïste et qui prend les armes très fortes et belles de l'obéissance pour combattre sous les ordres du Christ, le vrai Roi, notre Seigneur. 4 Avant tout, quand tu commences à faire quelque chose de bien, supplie le Seigneur par une très ardente prière de conduire lui-même cette action jusqu'au bout. 5 Il a bien voulu faire de nous ses enfants. Aussi nous ne devons jamais lui faire de la peine par notre mauvaise conduite. 6 Oui, les dons qu'il a mis en nous, nous devons toujours nous en servir pour lui obéir. Sinon, il sera comme un père en colère qui punit ses enfants et il nous enlèvera notre héritage. 7 Et même, si nous refusons de le suivre jusqu'à la gloire, il sera comme un maître terrible qui se fâche à cause de nos fautes. Et il nous condamnera à une punition sans fin comme des serviteurs très mauvais.

OUVRONS NOS YEUX A LA LUMIERE DE DIEU !
8 Levons-nous donc enfin une bonne fois ! La Bible nous réveille en disant : « C'est le moment de sortir du sommeil » (Romains 13, 11). 9 Ouvrons nos yeux à la lumière de Dieu. Laissons la voix puissante de Dieu frapper nos oreilles, et écoutons ce qu'elle nous dit. Tous les jours elle nous crie : 10 « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, ne fermez pas votre coeur ! » (Psaume 94, 8). 11 Et encore : « Si vous avez des oreilles pour entendre, écoutez ce que l'Esprit dit aux Églises » (Apocalypse 2, 7). 12 Et que dit-il, l'Esprit ? « Venez, mes fils, écoutez-moi ! Je vous enseignerai le respect confiant envers le Seigneur » (Ps 33, 12). 13 Courez pendant que vous avez la lumière de la vie. Alors la nuit de la mort ne vous surprendra pas » (Jean 12, 35).

LE SEIGNEUR CHERCHE SON OUVRIER
14 Le Seigneur cherche pour lui un ouvrier, c'est pourquoi il lance cet appel à la foule. Il dit encore : 15 « Qui veut la vie ? Qui désire le bonheur ? » (Psaume 33, 13). 16 Si tu entends cet appel et si tu réponds : « Moi », Dieu te dit :
17 « Est-ce que tu veux la vraie vie, la vie avec Dieu pour toujours ? Alors,empêche ta langue de dire des paroles méchantes, interdis à ta bouche de mentir. Tourne le dos au mal et fais le bien. Cherche la paix et poursuis-la toujours » (Psaume 33, 14-15). 18 Quand vous aurez fait cela, mes yeux vous regarderont, mes oreilles écouteront vos prières. Avant que vous m'appeliez, je dirai : « Me voici ! » (Psaume 33, 16 ; Isaïe 58, 9 ; 65, 24). 19 Frères bien-aimés, qu'elle est douce cette voix du Seigneur qui nous invite ! 20 Voyez : dans sa tendresse, le Seigneur nous montre le chemin de la vie (Psaume 15, 10). 21 C'est pourquoi prenons pour ceinture la foi et la pratique des actions bonnes (Éphésiens 6, 14-15). Laissons-nous conduire par l'Évangile et avançons sur les chemins du Seigneur. Alors nous mériterons de le voir, lui qui nous appelle dans son Royaume (1 Thessaloniciens 2, 12). 22 Si nous voulons habiter chez lui, dans son Royaume, le seul moyen, c'est de courir, et nous courons quand nous faisons des actions bonnes. Sinon, nous n'y parviendrons jamais.

SEIGNEUR, QUI HABITERA DANS TA MAISON ?
23 Avec le Prophète, posons cette question au Seigneur : « Seigneur, qui habitera dans ta maison ? Qui reposera sur ta sainte montagne ? » (Psaume 14,1). 24 Frères, après cette question, écoutons la réponse du Seigneur qui nous montre le chemin de sa maison. 25 Il nous dit : « Celui qui habitera chez moi, c'est celui qui marche sans pécher et qui accomplit ce qui est juste. 26 C'est celui qui dit la vérité au fond de son coeur et qui ne trompe pas les autres avec sa langue. 27 C'est celui qui ne fait pas de mal aux autres et qui n'est pas d'accord quand on insulte un frère » (Psaume 14, 2-3). 28 C'est aussi celui qui chasse loin des yeux de son coeur l'esprit du mal qui le tente avec les mauvaises pensées qu'il lui donne. Il jette à terre cet esprit et il détruit ses pensées. Quand elles sont encore toutes petites, et dès qu'elles commencent à le tenter, il les prend et les écrase contre le Christ (Psaumes 14, 4 ; 136, 9). 29 Ces gens-là respectent le Seigneur avec confiance. Alors ils ne se croient pas au-dessus des autres à cause de leur bonne conduite, mais ils reconnaissent une chose : le bien qui est en eux, il ne vient pas d'eux-mêmes mais du Seigneur. 30 Ils rendent gloire au Seigneur qui travaille en eux, et avec le Prophète ils disent : « Seigneur, donne la gloire à ton nom, mais pas à nous, pas à nous ! » (Psaume 113 b, 1). 31 De même, l'apôtre Paul ne pense pas du tout que le succès de ses paroles vient de lui. Il dit : « Je suis devenu l'homme que je suis grâce au don de Dieu » (1 Corinthiens 15, 10). 32 Il dit encore : « Celui qui veut avoir une raison d'être fier, qu'il soit fier dans le Seigneur » (2 Corinthiens 10, 17). 33 C'est pourquoi le Seigneur dit dans l'Évangile : « Celui qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je le compare à un homme sage qui a construit sa maison sur le rocher. 34 Les fleuves ont débordé, le vent a soufflé avec force contre cette maison. Mais la maison n'est pas tombée, parce qu'elle était construite sur le rocher » (Matthieu 7, 24-25).

LE SEIGNEUR ATTEND NOTRE RÉPONSE
35 Voilà ce que le Seigneur nous dit, et maintenant il attend de nous ceci : que, jour après jour, nous répondions par nos actes à ses bons conseils. 36 Si Dieu nous donne encore des jours à vivre, c'est pour nous laisser le temps de corriger notre conduite mauvaise. 37 En effet, l'apôtre Paul écrit : « La patience de Dieu veut t'amener à changer de vie, est-ce que tu ne le sais pas ? » (Romains 2, 4). 38 Et dans sa tendresse, le Seigneur dit : « Je ne veux pas la mort du pécheur. Je veux qu'il revienne à moi et qu'il vive » (Ézékiel 18, 23 ; 33, 11).

MAINTENANT OBÉISSONS AUX COMMANDEMENTS DU SEIGNEUR !
39 Frères, nous avons demandé au Seigneur : « Qui habitera dans ta maison ? » Nous avons entendu sa réponse. Il nous a imposé ses conditions pour y habiter. A nous de remplir ces conditions ! 40 Préparons donc nos coeurs et nos corps à combattre pour obéir fidèlement aux commandements du Seigneur. 41 Et pour les choses qui nous paraissent trop difficiles, prions le Seigneur de nous aider en nous donnant sa force à lui. 42 Si nous voulons éviter de souffrir loin de Dieu pour toujours, si nous voulons parvenir à la vie qui ne finit pas, 43 il est encore temps. Pendant que nous sommes dans notre corps, nous pouvons faire tout cela avec la lumière de cette vie. 44 Alors, dès maintenant, courons et faisons ce qui nous sera utile pour toujours.

L'ÉCOLE POUR LE SERVICE DU SEIGNEUR
45 C'est pourquoi nous voulons organiser une école pour apprendre à servir le Seigneur. 46 Dans cette école, nous l'espérons, nous n'imposerons rien de dur, rien de pénible. 47 Pourtant, il y aura peut-être des choses un peu plus difficiles pour des raisons justes. En effet, il faut bien corriger les défauts et garder l'amour entre les frères. 48 Mais ne te laisse pas tout de suite troubler par la peur et n'abandonne pas le chemin du salut. Au début il est toujours étroit (Matthieu 7, 14). 49 Mais, à mesure qu'on avance dans la vie religieuse et dans la foi, le coeur devient large. Et l'on se met à courir sur le chemin des commandements de Dieu (Ps 118, 32), le coeur rempli d'un amour si doux qu'il n'y a pas de mots pour le dire. 50 Ainsi, nous n'abandonnerons jamais Dieu, notre maître, et chaque jour, dans le monastère, jusqu'à la mort, nous continuerons à faire ce qu'il nous enseigne. Alors, par la patience, nous participerons aux souffrances du Christ et nous mériterons ainsi d'être avec lui dans son Royaume (Rm 8, 17). AMEN.

1. LES DIFFÉRENTES SORTES DE MOINES

1 Il y a quatre sortes de moines, c'est clair !

LES CÉNOBITES
2 La première est celle des cénobites. Ils vivent ensemble dans un monastère. Ils combattent au service de Dieu, guidés par une Règle et un abbé.

LES ERMITES
3 La deuxième sorte de moines est celle des anachorètes, c'est-à-dire des ermites. Ces moines ne sont plus des débutants dans la première ferveur de leur vie religieuse. Mais, au monastère, on les a éprouvés longtemps 4 et, avec l'aide de beaucoup d'autres, ils ont appris à lutter contre l'esprit du mal. 5 Maintenant ils sont bien entraînés au combat. Alors ils peuvent laisser leurs frères d'armes pour aller lutter seuls dans le désert. Ils sont assez forts. Ils n'ont plus besoin du secours des autres. Dieu les aide. C'est pourquoi ils sont capables de lutter avec leurs seules forces contre les tentations qui viennent du corps et des pensées.

LES SARABAÏTES
6 La troisième sorte de moines est celle des sarabaïtes. C'est une race tout à fait détestable. Aucune Règle n'a éprouvé ces gens-là comme l'or dans le feu (Sg 3, 6). Et pourtant, quand nous pratiquons une Règle, l'expérience nous instruit. Aussi ils sont mous comme du plomb . 7 Par leurs actions, ils montrent qu'ils sont encore attachés au monde. Ils se font raser le crâne, mais c'est un mensonge envers Dieu, on le voit bien ! 8 Ils vivent à deux ou trois, ou même seuls, comme des brebis sans berger. Ils sont enfermés dans leur enclos et non dans l'enclos du Seigneur. Faire ce qui leur plaît, voilà leur loi. 9 Toutes les pensées qu'ils ont, toutes les décisions qu'ils prennent, ils les disent saintes. Mais pour les choses qu'ils ne veulent pas faire, ils pensent : « Nous n'avons pas le droit de les faire. »

LES GYROVAGUES
10 La quatrième sorte de moines est celle des gyrovagues, c'est leur nom. Ils passent toute leur vie à courir d'une région à l'autre. Pendant trois ou quatre jours, ils se font loger dans les maisons des moines, tantôt chez les uns, tantôt chez les autres. 11 Ils sont toujours sur les routes, ils ne restent jamais au même endroit. Ils sont esclaves de leurs désirs et ils ne cherchent qu'à bien manger. En tout, ils sont pires que les sarabaïtes. 12 La vie religieuse de tous ces gens-là est très mauvaise. Mieux vaut se taire que d'en parler ! 13 Laissons donc ces moines de côté et, avec l'aide du Seigneur, organisons la famille très forte des cénobites.

2. LES QUALITÉS QUE L'ABBÉ DOIT AVOIR

1 L'abbé, celui qui est digne d'être à la tête du monastère, doit toujours se rappeler le nom qu'on lui donne. Il doit prouver par ses actes son nom de « supérieur ». 2 En effet, au regard de la foi, il tient dans le monastère la place du Christ, puisqu'on l'appelle du même nom que le Christ. 3 L'apôtre Paul écrit : « Vous avez reçu l'Esprit Saint. Il fait de vous des enfants de Dieu et, par l'Esprit, nous crions à Dieu : Abba, Père » (Romains 8, 15). 4 C'est pourquoi l'abbé ne doit rien enseigner, rien établir, rien ordonner en dehors des commandements du Seigneur. 5 Mais ses ordres et ses enseignements agiront comme un ferment pour répandre la justice de Dieu dans le coeur de ses disciples. 6 L'abbé doit toujours se rappeler ceci : le jour terrible où Dieu jugera les hommes, il examinera ces deux choses : son enseignement et l'obéissance de ses disciples. 7 L'abbé doit le savoir : si, parmi ses brebis, le père de famille en trouve une en mauvais état, c'est le berger qui en portera la responsabilité. 8 Au contraire, si le berger se fatigue beaucoup pour des brebis qui ne restent pas tranquilles et qui n'obéissent pas, s'il fait tout ce qu'il peut pour les guérir de leurs actions mauvaises, 9 au jour du jugement, le Seigneur le déclarera innocent. Avec le Prophète, l'abbé dira au Seigneur : « Ta justice, je ne l'ai pas cachée dans mon coeur. Ta vérité et ton salut, je les ai annoncés » (Psaume 39, 11). « Pourtant ces gens-là se sont moqués de mes paroles et ils m'ont méprisé » (Isaïe 1, 2 ; Ézékiel 20, 27). 10 Alors, à la fin, ces brebis qui ont résisté aux soins de l'abbé seront punies par la mort qui les vaincra.

COMMENT L'ABBÉ ENSEIGNE
11 C'est pourquoi, quand quelqu'un reçoit le nom d'« abbé » , il doit conduire ses disciples en les enseignant de deux façons : 12 Tout ce qui est bon et saint, il le montre par ses paroles, et encore plus par son exemple. Pour les disciples qui ont le coeur docile, c'est par ses paroles que l'abbé présente les commandements du Seigneur. Mais pour ceux qui ont le coeur dur et pour ceux qui comprennent moins bien, c'est par son exemple qu'il fait voir les commandements de Dieu. 13 Et quand l'abbé explique à ses disciples ce qui est mal, c'est aussi par son exemple qu'il montre qu'on ne doit pas le faire. Sinon, lui qui enseigne aux autres, il sera condamné (1 Cor. 9, 27). 14 Et s'il commet des péchés, un jour Dieu lui dira : « Tu récites mes commandements : mais pourquoi ? Tu parles de mon alliance : pourquoi donc ? Toi, tu détestes tout règlement. Tu jettes mes paroles derrière toi ! » (Psaume 49, 16-17). 15 Et aussi : « Tu remarques la paille dans l'oeil de ton frère, mais tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ! » (Matthieu 7, 3).

L'ABBÉ AIME TOUS LES FRÈRES SANS FAIRE DE DIFFÉRENCE
16 Dans le monastère, l'abbé ne fera pas de différence entre les moines. 17 Il n'aimera pas un frère plus qu'un autre, sauf s'il en trouve un qui agit mieux ou qui obéit mieux que les autres. 18 Il ne fera pas passer l'homme libre avant celui qui était esclave, sauf pour une bonne raison. 19 Mais si, pour une raison juste, l'abbé pense qu'il faut agir ainsi, il le fera sans tenir compte du rang des frères dans la communauté. En dehors de ce cas, chacun gardera son rang d'entrée au monastère. 20 En effet, esclave ou homme libre, tous nous sommes un dans le Christ (Galates 3, 28) et nous portons tous la charge du même service pour l'unique Seigneur. Non, Dieu ne fait pas de différence entre les hommes (Ac 10, 34 ; Rm 2, 11). 21 La seule chose qui compte à ses yeux, c'est d'être meilleurs que les autres par nos actions bonnes, et d'être humbles. 22 C'est pourquoi l'abbé aimera tous les frères d'un amour égal. Il appliquera les mêmes règles à tous, mais selon les mérites de chacun.

L'ABBÉ TIENT COMPTE DE CHAQUE FRÈRE
23 Dans son enseignement, il doit toujours pratiquer la règle de l'apôtre Paul : « Fais des reproches, encourage, menace » (2 Timothée 4, 2). 24 Voici ce que cela veut dire : l'abbé change sa façon de faire en tenant compte des moments et des personnes. Il est à la fois doux et exigeant. Il est sévère comme un maître ou affectueux comme un père. 25 Il doit faire des reproches plus durs à ceux qui n'obéissent pas et à ceux qui ne se tiennent pas tranquilles. Mais ceux qui obéissent, qui sont doux et patients, il les encourage à faire encore des progrès. Pour les négligents et pour ceux qui sont pleins de mépris, nous avertissons l'abbé : il doit les menacer et leur faire des reproches. 26 L'abbé ne fermera pas non plus les yeux sur les fautes de ceux qui se conduisent mal. Dès que ces fautes commencent à paraître, il les arrache avec leurs racines, pendant que c'est encore possible. Qu'il se rappelle le malheur d'Éli, le prêtre de Silo ! (1 Samuel 2, 27-34). 27 Les moines qui sont mieux disposés et qui comprennent, l'abbé les corrige par des paroles, en les avertissant une ou deux fois. 28 Mais ceux qui sont méchants, durs et orgueilleux, ceux qui refusent d'obéir, dès qu'ils commencent à faire le mal, il les empêche de continuer. Pour cela, il leur donne des coups, ou bien il punit leurs corps d'une autre façon 1. En effet, il connaît cette parole de la Bible : « Le fou, ce n'est pas avec des paroles qu'on le corrige » (Proverbes 29, 19). 29 Et aussi : « Frappe ton fils avec le bâton. Ainsi tu sauveras sa vie de la mort » (Proverbes 23, 14).

L'ABBÉ CONDUIT LES FRÈRES VERS DIEU
30 L'abbé doit toujours se rappeler ce qu'il est. Il doit toujours se rappeler le nom qu'on lui donne et savoir ceci : « Plus on confie de biens à quelqu'un, plus on lui demande de comptes » (Luc 12, 48). 31 Voici encore ce qu'il doit savoir : la responsabilité qu'il a est bien difficile et pénible ! Il s'agit à la fois de conduire des personnes et de se mettre au service de leurs caractères différents, c'est-à-dire être doux avec celui-ci, menacer celui-là, obtenir l'accord d'un troisième. 32 L'abbé s'adaptera à tous et changera sa façon de faire selon les dispositions et l'intelligence de chacun. Alors il n'y aura pas de perte dans le troupeau que Dieu lui confie. Mais, bien mieux, l'abbé sera dans la joie parce que ce bon troupeau grandit. 33 Avant tout, il ne laissera pas de côté le salut des frères que Dieu lui a confiés. Ce salut, l'abbé ne le regardera pas comme une petite chose, en donnant plus d'importance aux affaires de la terre. Ces affaires passent et elles ne durent pas. 34 Mais il pensera toujours qu'il a reçu la charge de conduire des personnes et qu'il devra en rendre compte. 35 Et si le monastère est pauvre, cela n'est pas une excuse. L'abbé se rappellera cette parole : « Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et Dieu vous donnera les autres choses en plus » (Matthieu 6, 33). 36 Et aussi : « Rien ne manque à ceux qui respectent Dieu avec confiance » (Psaume 33, 10). 37 L'abbé doit le savoir : celui qui a reçu la charge de conduire des personnes doit se préparer à en rendre compte. 38 Il peut être responsable de beaucoup de frères ou de peu. En tout cas, c'est certain et il doit le savoir : au jour du jugement, il rendra compte de tous ses frères au Seigneur, et de lui-même aussi, bien sûr ! 39 C'est pourquoi, lui, le berger, il craindra toujours l'examen qu'il passera un jour au sujet des brebis que Dieu lui a confiées. Ainsi, en faisant attention aux comptes qu'il va rendre pour les autres, il devient attentif aux comptes qu'il va rendre pour lui-même. 40 En aidant les autres à se corriger par ses remarques, l'abbé lui-même est amené à se corriger de ses défauts.

3. LA RÉUNION DES FRÈRES EN CONSEIL

1 Chaque fois qu'il y a des choses importantes à discuter dans le monastère, l'abbé réunit toute la communauté. Il présente lui-même l'affaire. 2 Il écoute les avis des frères. Ensuite il réfléchit seul. Puis il fait ce qu'il juge le plus utile. 3 Tous les frères sont appelés au conseil, comme nous l'avons dit. En effet, souvent le Seigneur découvre à un frère plus jeune ce qui est le mieux. 4 Les frères donneront leur avis avec respect et humilité. Ils ne se permettront pas de défendre leurs idées à tout prix. 5 Oui, c'est l'abbé qui décide. Il juge ce qui vaut mieux et tous lui obéiront. 6 Les disciples obéissent au maître, voilà ce qui convient. Mais le maître, lui, doit tout organiser avec prévoyance et justice. 7 En toutes choses donc, tous suivront la Règle. C'est elle qui commande, et personne n'aura l'audace de s'en éloigner. 8 Dans le monastère, aucun frère ne suivra le désir de son coeur à lui. 9 Et personne ne se permettra de s'opposer à son abbé avec orgueil, ni dans le monastère, ni en dehors. 10 Si un moine se le permet, on le punira selon la Règle. 11 Mais l'abbé, lui, fera tout en respectant Dieu avec confiance et il se soumettra à la Règle. Oui, c'est sûr et il le sait, il devra rendre compte de toutes ses décisions à Dieu, le juge parfaitement juste. 12 Quand il s'agit de choses moins importantes pour les besoins du monastère, l'abbé demandera l'avis des anciens seulement. 13 La Bible le dit : « Demande l'avis des autres pour toutes choses. Ensuite, quand c'est fait, tu n'as pas de regret » (Siracide 32, 24).

4. QUELS OUTILS UTILISER POUR FAIRE LE BIEN ?

OBÉIR AUX COMMANDEMENTS DE DIEU
1 Avant tout, « aimer le Seigneur Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces » (Marc 12, 30).
2 Puis, le prochain comme toi-même. (Marc 12, 31 ; Luc 10, 27).
3 Ensuite, ne pas tuer.
4 Ne pas prendre la femme d'un autre.
5 Ne pas voler.
6 Ne pas désirer avec envie ce que tu n'as pas.
7 Ne pas être un témoin qui ment.
8 Respecter tous les hommes.
9 Ne pas faire aux autres le mal que tu ne veux pas pour toi-même.

DIRE « NON » A TOI-MÊME ET AIMER LES AUTRES
10 Renoncer à toi-même pour suivre le Christ.
11 Mener durement ton corps.
12 Ne pas être gourmand.
13 Aimer le jeûne.
14 Donner à manger aux pauvres.
15 Donner des vêtements à ceux qui sont nus.
16 Visiter les malades.
17 Enterrer les morts.
18 Aider ceux qui sont dans le malheur.
19 Consoler ceux qui souffrent.
20 Te rendre étranger aux affaires du monde.
21 Ne rien préférer à l'amour du Christ.
22 Ne pas agir sous le coup de la colère.
23 Ne pas réserver un moment pour te venger.
24 Ne pas garder la ruse dans ton coeur.
25 Ne pas donner une paix qui est fausse.
26 Ne pas cesser d'aimer.
27 Ne pas jurer : cela évite de trahir ton serment.
28 Dire la vérité dans ton coeur comme dans ta bouche.
29 Ne pas rendre le mal pour le mal.
30 Ne pas être injuste avec les autres.
Mais si on est injuste avec toi, souffrir cela avec patience.
31 Aimer tes ennemis.
32 A ceux qui te jettent une malédiction, ne pas répondre par une malédiction,
mais plutôt par une bénédiction.
33 Accepter de souffrir durement pour la justice.
34 Ne pas être orgueilleux.
35 Ne pas aimer le vin.
36 Ne pas aimer manger beaucoup.
37 Ne pas dormir partout.
38 Ne pas être paresseux.
39 Ne pas murmurer.
40 Ne pas dire du mal des autres.

GARDER TON COEUR POUR DIEU
41 Mettre en Dieu ton espérance.
42 Le bien que tu vois en toi, reconnaître qu'il vient de Dieu et non de toi.
43 Le mal, au contraire, savoir que c'est toujours toi qui le fais, et qu'il vient de toi.
44 Craindre le jour du jugement.
45 Avoir très peur de souffrir loin de Dieu pour toujours.
46 Avec toute l'ardeur qui vient de l'Esprit Saint,
désirer vivre avec Dieu pour toujours.
47 Chaque jour, avoir la mort devant tes yeux.
48 A chaque moment de ta vie, surveiller ce que tu fais.
49 Partout, être sûr que Dieu te regarde.
50 Dès que des pensées mauvaises arrivent à ton coeur,
les détruire tout de suite en les écrasant contre le Christ (Psaume 136, 9),
puis les découvrir à un ancien qui vit selon l'Esprit de Dieu.
51 Éviter de dire des paroles mauvaises ou qui ne conviennent pas.
52 Ne pas aimer parler beaucoup.
53 Ne pas dire des paroles vides ou seulement pour faire rire.
54 Ne pas aimer rire beaucoup ou trop fort.
55 Écouter volontiers les lectures saintes.
56 Te prosterner souvent pour prier.
57 Chaque jour, dans la prière, avouer à Dieu tes fautes passées
en les regrettant beaucoup et en pleurant.
58 Te corriger de ces mêmes fautes à l'avenir.
59 Ne pas céder aux mauvais désirs du corps.
60 Détester ta volonté égoïste.

OBÉIR A L'ABBÉ ET VIVRE DANS LA VÉRITÉ
61 Obéir en tout aux ordres de l'abbé, même si celui-ci se conduit autrement
- espérons que non ! -. Dans ce cas, rappelle-toi le commandement du Seigneur :
« Faites ce qu'ils disent et ne faires pas ce qu'ils font ! » (Mt 23, 3).
62 Ne pas vouloir être appelé saint avant de l'être, mais l'être d'abord.
Ensuite, on le dira avec plus de vérité.
63 Chaque jour, faire passer dans tes actions les commandements de Dieu.
64 Aimer être pur dans ton coeur et dans ton corps.

AIMER TOUS TES FRÈRES
65 Ne détester personne.
66 Ne pas être jaloux.
67 Ne pas cultiver l'envie.
68 Ne pas aimer les disputes.
69 Fuir tout ce qui te met au-dessus des autres.
70 Avoir un grand respect pour les anciens.
71 Avoir de l'affection pour les plus jeunes.
72 Prier pour tes ennemis parce que tu aimes le Christ.
73 Quand tu t'es disputé avec un frère,
retrouver la paix avec lui avant le coucher du soleil.
74 Et ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu.

LE MONASTÈRE EST L'ATELIER DU MOINE
75 Voilà les outils qui aident à travailler selon l'Esprit de Dieu. 76 Si nous les utilisons sans arrêt, jour et nuit, et si nous les rendons à Dieu au jour du jugement, alors, en échange, le Seigneur nous donnera la récompense promise. 77 « Ce que personne n'a jamais entendu, voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment » (1 Corinthiens 2, 9). 78 Et l'atelier où nous ferons ce travail avec soin, c'est la clôture du monastère où nous restons pour toujours avec la même communauté.

5. OBÉIR

OBÉIR TOUT DE SUITE
1 Le premier échelon de l'humilité, c'est d'obéir tout de suite. 2 Obéir de cette façon convient à ceux qui pensent : « Nous n'avons rien de plus cher que le Christ. » 3-4 Dès qu'un supérieur leur commande quelque chose, ils ne peuvent pas attendre pour obéir. C'est comme si Dieu lui-même leur commandait. Ils font cela à cause du service saint qu'ils ont promis, ou bien parce qu'ils ont peur de souffrir loin de Dieu pour toujours, ou bien parce qu'ils espèrent la gloire de vivre avec lui pour toujours. 5 Le Seigneur parle d'eux quand il dit : « Dès que son oreille a entendu, il m'a obéi »(Psaume 17, 45). 6 Il dit aussi à ceux qui enseignent : « Celui qui vous écoute, c'est moi qu'il écoute » (Luc 10, 16). 7 Ces moines obéissants laissent immédiatement leurs occupations et ils renoncent à leur volonté égoïste. 8 Ils lâchent tout de suite ce qu'ils ont dans les mains sans finir ce qu'ils sont en train de faire. Dès qu'ils entendent la voix de celui qui commande, ils mettent leurs pieds en mouvement pour obéir et faire ce qu'on leur ordonne. 9 Ainsi l'ordre donné par le maître et l'acte accompli par le disciple, ces deux choses se réalisent ensemble, très vite et comme en même temps, avec la rapidité inspirée par un respect confiant envers Dieu.

OBÉIR COMME LE CHRIST
10 L'amour presse ces moines de parvenir à vivre avec Dieu pour toujours. 11 C'est pourquoi ils prennent courageusement le chemin étroit. Le Seigneur parle de ce chemin quand il dit : « Il est étroit le chemin qui conduit à la vie » (Matthieu 7, 14). 12 Alors, ils ne vivent plus en suivant leurs idées, ils n'obéissent plus à leurs désirs ou à leurs plaisirs. Mais ils marchent en obéissant à la décision et aux ordres d'un autre. Ils habitent dans un monastère et ils désirent avoir un abbé à leur tête. 13 Oui, c'est sûr, ces moines imitent le Seigneur qui dit : « Je ne suis pas venu pour faire ma volonté mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jean 6, 38).

OBÉIR DE BON COEUR
14 Pour que cette façon d'agir soit agréable à Dieu et douce aux hommes, il faut faire ce qu'on ordonne sans peur, sans retard et sans mollesse, sans murmurer et sans refuser. 15 En effet, obéir aux supérieurs, c'est obéir à Dieu. Il a dit lui-même : « Celui qui vous écoute, c'est moi qu'il écoute » (Luc 10, 16). 16 Et cette obéissance, les disciples doivent l'offrir de bon coeur. Oui, « Dieu aime celui qui donne avec joie »(2 Corinthiens 9, 7). 17 C'est pourquoi le disciple qui n'obéit pas volontiers, qui non seulement murmure en paroles mais même dans son coeur, 18 celui-là ne plaît pas à Dieu. Il fait peut-être ce qu'on lui commande, mais Dieu voit son coeur qui murmure. 19 Et pour cette action il ne reçoit aucune récompense. Au contraire, s'il ne se corrige pas et ne répare pas sa faute, il mérite d'être puni comme ceux qui murmurent.

6. GARDER LE SILENCE

1 Faisons ce que dit le Prophète : « Je veux surveiller ma conduite pour ne pas pécher avec ma langue. J'ai mis un frein à ma bouche. J'ai gardé le silence. Je me suis fait petit et je n'ai même pas parlé de choses bonnes » (Psaume 38, 2-3) 2 Voici ce que le Prophète veut montrer. Quelquefois nous devons éviter de parler, même pour dire des choses bonnes. Et cela, par amour du silence. Alors, nous devons encore plus éviter les paroles mauvaises, à cause de la punition que le péché entraîne. 3 Savoir garder le silence est très important. C'est pourquoi, même pour dire des paroles qui sont bonnes, des paroles saintes qui aident les autres, les disciples parfaits recevront rarement la permission de parler. 4 En effet, la Bible dit : « Quand tu parles beaucoup, tu n'évites pas le péché » (Proverbes 10, 19). 5 Et ailleurs : « La langue est capable aussi bien de tuer que de donner la vie » (Pr 18, 21). 6 D'ailleurs, c'est le maître qui parle et qui enseigne. Le disciple, lui, se tait et il écoute. Voilà ce qui convient à l'un et à l'autre. 7 C'est pourquoi, quand on a quelque chose à demander au supérieur, on doit le faire avec humilité et grand respect. 8 Les plaisanteries, les paroles inutiles et qu'on dit seulement pour faire rire les autres, nous les condamnons partout et pour toujours ! Et nous ne permettons pas au disciple d'ouvrir la bouche pour ces paroles-là !

7. DEVENIR HUMBLE

1 Frères, la sainte Bible nous dit avec force : « L'homme qui s'élève sera abaissé et celui qui s'abaisse sera élevé » (Luc 14, 11). 2 Cette parole nous montre ceci : toutes les fois qu'on se fait grand, on est d'une certaine façon orgueilleux. 3 Le Prophète dit qu'il se méfie de cela : « Seigneur, je n'ai pas le coeur fier. Je ne regarde pas les autres avec mépris. Je n'ai pas cherché de grandes choses ni des merveilles qui me dépassent. » 4 Pourquoi donc ? « Voilà : si mon coeur n'est pas humble, si je veux me faire grand, tu vas me traiter comme le petit enfant que sa mère ne nourrit plus de son lait » (Psaume 130, 1-2). 5 Alors, frères, si nous voulons parvenir au plus haut sommet de l'humilité, si nous voulons arriver rapidement à la magnifique hauteur du ciel, le seul moyen d'y monter, c'est de mener une vie humble sur la terre. 6 Pour cela, nous devons dresser l'échelle de Jacob et monter là-haut par nos actions. Oui, pendant qu'il dormait, Jacob a vu les anges descendre et monter le long de cette échelle (Gn 28, 12). 7 Descendre et monter, c'est sûr, voici ce que cela veut dire : quand on se fait grand, on descend ; quand on se fait petit, on monte. 8 Cette échelle qui est debout, c'est notre vie sur la terre. Et quand notre coeur devient humble, le Seigneur dresse notre vie vers le ciel. 9 A notre avis, les deux côtés de cette échelle représentent notre corps et notre âme. Il y a plusieurs échelons entre ces côtés. Ce sont les échelons de l'humilité et d'une bonne conduite. C'est Dieu qui les a fixés et il nous invite à les monter.

LE PREMIER ÉCHELON
Fuis l'oubli , Dieu te regarde
10 Le premier échelon de l'humilité pour un moine, qui a toujours devant les yeux le respect confiant envers Dieu, c'est de fuir absolument l'oubli. 11 Il se rappelle à tout moment tout ce que Dieu commande. Il pense sans cesse : ceux qui méprisent Dieu seront loin de lui pour toujours à cause de leurs péchés, et une grande souffrance les brûlera comme un feu. Au contraire, ceux qui le respectent avec confiance Dieu les prépare à vivre avec lui pour toujours.
12 A tout moment, ce moine évite les péchés et les graves défauts : ceux des pensées, de la langue, des mains, des pieds, de la volonté égoïste. Il évite aussi les mauvais désirs du corps. 13 L'homme doit être tout à fait sûr qu'à chaque instant Dieu le regarde du haut des cieux. Partout, Dieu voit ce que l'homme fait et, sans cesse, les anges lui en rendent compte.

Surveille tes pensées
14 Le Prophète nous fait voir cela. Il montre que Dieu est toujours présent à nos pensées et dit : « Dieu regarde au plus profond des reins et des coeurs » (Psaume 7, 10). 15 Et encore : « Le Seigneur connaît les pensées des hommes » (Ps 93, 11). 16 Il dit aussi : « De loin, tu connais mes pensées » (Psaume 138, 3). 17 Et : « Les pensées de l'homme sont très claires pour toi » (Psaume 75, 11). 18 Alors, pour surveiller ses pensées mauvaises, le vrai moine dira toujours dans son coeur : « Je serai sans faute devant Dieu, si je fais attention à ne pas pécher » (Psaume 17, 24).

Surveille ta volonté
19 Notre volonté égoïste, Dieu nous interdit de la suivre. La Bible nous dit : « Tourne le dos à tes volontés » (Siracide 18, 30). 20 Et dans la prière du Seigneur nous demandons : « Fais que ta volonté se réalise en nous ! » (Matthieu 6, 10). 21 Avec raison, on nous apprend à ne pas faire notre volonté. Faisons bien attention aux paroles de la sainte Bible : « Certaines routes semblent droites aux hommes. Pourtant, elles nous conduisent loin de Dieu pour toujours » (Pr 16, 25). 22 Ayons peur aussi de cette parole que la Bible dit pour les négligents : « A force de faire leurs volontés, ils sont devenus très mauvais et complètement corrompus » (Ps 13, 1).

Surveille tes désirs
23 Quand les mauvais désirs du corps nous tentent, croyons fermement que Dieu est toujours là, près de nous. En effet, le Prophète dit au Seigneur : « Tout mon désir est devant toi » (Psaume 37, 10). 24 C'est pourquoi nous devons nous méfier du désir mauvais. Oui, la mort est là, juste à l'entrée du chemin qui conduit aux plaisirs. 25 A cause de cela, la Bible nous donne ce commandement : « Ne suis pas tes désirs mauvais » (Siracide 18, 30).

Sois vigilant , car Dieu te regarde
26 « Donc, les yeux du Seigneur regardent avec attention les bons et les méchants » (Proverbes 15, 3). 27 « Du haut du ciel, le Seigneur regarde toujours les enfants des hommes pour voir s'il y a quelqu'un de sage et qui cherche Dieu » (Paume 13, 2). 28 Et les anges qui sont chargés de veiller sur nous présentent sans cesse tous nos actes au Seigneur, jour et nuit. 29 Alors, frères, méfions-nous ! Comme le Prophète le dit dans un psaume, Dieu pourrait nous surprendre à un moment donné en train de tomber dans le péché et de devenir de faux moines (voir Psaume 13, 3). 30 Il est patient avec nous actuellement parce qu'il est bon, et il attend que nous devenions meilleurs. Mais, plus tard, il nous dira peut-être : « Voilà ce que tu as fait, et je n'ai rien dit ! » (Psaume 49, 21).

LE DEUXIÈME ÉCHELON
31 Le deuxième échelon de l'humilité pour un moine, c'est de détester sa volonté égoïste. Alors il n'aime pas satisfaire ses désirs. 32 Au contraire, il imite par ses actions le Seigneur qui a dit cette parole : « Je ne suis pas venu pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jean 6, 38). 33 On a écrit aussi : « Faire sa volonté entraîne la punition. être obligé d'obéir à un autre fait gagner la récompense » (Actes des Martyrs).

LE TROISIÈME ÉCHELON
34 Le troisième échelon de l'humilité pour un moine, c'est d'obéir parfaitement à un supérieur parce qu'on aime Dieu. Par là, le moine imite le Christ. En effet, l'apôtre Paul dit du Seigneur : « Il a voulu obéir jusqu'à la mort » (Philippiens 2, 8).

LE QUATRIÈME ÉCHELON
35 Le quatrième échelon de l'humilité pour un moine, c'est, dans ce chemin de l'obéissance, de s'attacher très fort à la patience, avec un coeur qui garde le silence, même quand on lui commande des choses pénibles et contrariantes, même s'il faut souffrir l'injustice. 36 C'est aussi de ne pas perdre courage et de ne pas reculer quand il faut supporter tout cela. La Bible dit : « Celui qui restera fidèle jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé » (Mt 24, 13). 37 Et encore : « Rends ton coeur fort et attends le Seigneur » (Psaume 26, 14). 38 La Bible veut montrer ceci : celui qui croit en Dieu doit tout supporter pour le Seigneur, même les choses les plus contrariantes. C'est pourquoi elle fait dire à ceux qui souffrent : « A cause de toi, on nous condamne à mort tous les jours. On nous traite comme des brebis qu'on va bientôt tuer » (Psaume 43, 22 ; Romains 8, 36) 39 Mais ces frères sont tout à fait sûrs de la récompense de Dieu qu'ils espèrent. Et, pleins de joie, ils ajoutent : « Dans toutes ces souffrances, nous remportons la victoire à cause de Celui qui nous a aimés » (Romains 8, 36). 40 A un autre endroit, la Bible dit encore : « O Dieu, tu nous as mis à l'épreuve, tu nous as fait passer par le feu, comme on fait passer l'argent par le feu. Tu nous as fait tomber dans un piège. Sur notre dos tu as mis des poids très lourds » (Psaume 65, 10-11). 41 Et pour montrer que nous devons être sous l'autorité d'un supérieur, la Bible continue en disant : « Tu as placé des hommes au-dessus de nos têtes » (Psaume 65, 12). 42 C'est par la patience que ces moines accomplissent le commandement du Seigneur au milieu des souffrances et des injustices. On les frappe sur une joue, ils présentent l'autre. On prend leur vêtement, ils donnent celui qui leur reste encore. On leur demande de faire un kilomètre, ils en font deux (Mt 5, 39-41). 43 Avec l'apôtre Paul, ils supportent les faux frères (2 Co 11, 26). Et à ceux qui leur jettent des malédictions, ils répondent par des bénédictions (1 Co 4, 12).

LE CINQUIÈME ÉCHELON
44 Le cinquième échelon de l'humilité pour un moine, c'est d'avouer humblement à son abbé toutes les pensées mauvaises qui arrivent à son coeur ou bien les fautes qu'il a faites en secret, sans rien lui cacher. 45 La Bible nous invite à faire cela quand elle dit : « Découvre ta conduite au Seigneur et espère en lui » (Psaume 36, 5).
46 Elle dit aussi : « Avouez vos fautes au Seigneur, parce qu'il est bon et sa tendresse dure toujours » (Psaume 105,1). 47 Le Prophète dit encore : « Je t'ai fait connaître mon péché et je n'ai pas caché mes fautes.
48 J'ai dit : A haute voix je présenterai mes fautes devant toi, Seigneur, et toi, tu as pardonné à mon coeur
coupable » (Psaume 31, 5).

LE SIXIÈME ÉCHELON
49 Le sixième échelon de l'humilité pour un moine, c'est d'être content de la condition la plus ordinaire et la plus basse. Dans tout ce qu'on lui ordonne de faire, il pense qu'il est un ouvrier mauvais et incapable. 50 Il dit avec le Prophète : « Je ne suis plus rien du tout et je ne sais rien. Je suis comme une bête devant toi. Pourtant, moi, je suis toujours avec toi » (Psaume 72, 22-23).

LE SEPTIÈME ÉCHELON
51 Le septième échelon de l'humilité pour un moine, ce n'est pas seulement de dire avec la bouche : « Je suis le dernier et le plus misérable de tous », c'est aussi de le croire du fond du coeur. 52 Le moine se fait petit et dit avec le Prophète : « Et moi, je suis un ver et non pas un homme. Les gens se moquent de moi, le peuple me rejette » (Psaume 21, 7). 53 « Je me suis élevé, puis on m'a abaissé. et je suis couvert de honte » (Psaume 87, 16). 54 Le Prophète dit encore : « Tu m'as abaissé. Pour moi, c'est une bonne chose. Ainsi, j'apprends tes commandements » (Psaume 118, 71).

LE HUITIÈME ÉCHELON
55 Le huitième échelon de l'humilité pour un moine, c'est de faire ce que la Règle commune de son monastère et les exemples des anciens l'invitent à faire, et rien d'autre.

LE NEUVIÈME ÉCHELON
56 Le neuvième échelon de l'humilité pour un moine, c'est d'interdire à sa langue de parler, c'est de garder le silence et de se taire jusqu'à ce qu'on l'interroge. 57 En effet, la Bible enseigne ceci : « Quand on parle beaucoup, on n'évite pas le péché » (Proverbes 10, 19). 58 Et : « Le bavard ne sait pas se conduire sur cette terre » (Ps 139, 12).

LE DIXIÈME ÉCHELON
59 Le dixième échelon de l'humilité pour un moine, c'est de ne pas rire trop facilement et pour n'importe quoi. En effet, la Bible dit : « C'est l'homme stupide qui éclate de rire » (Siracide 21, 23).

LE ONZIÈME ÉCHELON
60 Le onzième échelon de l'humilité pour un moine, c'est de parler doucement et sans rire, humblement, avec sérieux, en peu de mots, avec des paroles de bon sens. Il ne criera jamais. 61 Quelqu'un a dit : « On reconnaît un homme sage au peu de paroles qu'il dit. »

LE DOUZIÈME ÉCHELON
62 Le douzième échelon de l'humilité pour un moine, c'est non seulement d'être humble dans son coeur, mais encore de le montrer à tout moment dans son attitude devant ceux qui le voient vivre. 63 Pendant le Service de Dieu, à l'oratoire et dans le monastère, au jardin et en chemin, dans les champs et partout où il se trouve, assis, debout ou en marche, le moine a toujours la tête penchée et il regarde vers la terre. 64 A tout moment, il se juge coupable de ses péchés. Il pense qu'il est déjà devant le terrible tribunal de Dieu. 65 Dans son coeur il répète les paroles du publicain de l'Évangile. Il disait en gardant les yeux fixés vers la terre : « Seigneur, je ne suis pas digne de lever les yeux vers le ciel, parce que je suis un pécheur » (Luc 18, 13). 66 Avec le Prophète il dit aussi : « Je me tiens courbé et je me fais tout petit » (Psaume 37, 7 et 9). 67 Alors, quand le moine a monté tous ces échelons de l'humilité, il parvient bientôt à aimer Dieu d'un amour parfait. Et quand l'amour de Dieu est parfait, il chasse la peur dehors (1 Jean 4, 18). 68 Quand le moine aime de cette façon, tout ce qu'il faisait avant avec une certaine crainte, il commence à le pratiquer sans aucune peine, comme si c'était naturel et par habitude. 69 Il n'agit plus parce qu'il a peur de souffrir loin de Dieu pour toujours. Mais il agit parce qu'il aime le Christ, qu'il a pris de bonnes habitudes et qu'il goûte la douceur de faire le bien. 70 Voilà ce que le Seigneur voudra bien montrer, par l'Esprit Saint, dans son ouvrier purifié de ses penchants mauvais et de ses péchés.

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 10:34
Notre-Dame du Suffrage

Traditionnellement, le samedi après la Toussaint, l'Eglise nous invite à intensifier nos prières pour aider les âmes souffrantes du purgatoire en invoquant tout spécialement « Notre-Dame du Suffrage ».

L'Eglise appelle cette aide un "suffrage". Le suffrage le plus précieux que l'on peut faire consiste à offrir le Saint-Sacrifice de la Messe pour les "saintes âmes du purgatoire". Nous pouvons aussi, par nos prières, nos actes de charité, nos sacrifices, nos aumônes, nos intercessions, nos mortifications et par les indulgences de l'Eglise soulager les âmes souffrantes du Purgatoire.
En les leur procurant, nous ressemblons au bon samaritain qui, selon la parabole évangélique, conduit à l'hôtellerie, sur sa propre monture, le blessé gisant au bord du chemin par où il est passé.
Ceux qui ont eu le souci d'aider les âmes du purgatoire, s'entendront dire au dernier jour par Jésus lui-même : « Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger et vous m'avez recueilli ; nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi ». (Mt 25:35-36)

Cette pratique du ‘'suffrage'' est une application du dogme de la Communion des Saints, en vertu duquel nous sommes membres les uns des autres et pouvons satisfaire les uns pour les autres.

Le chapelet des morts est composé de 44 grains, 1 gros grain après le crucifix et une médaille, ensuite 4 dizaines séparées par trois gros grains. Il peut se réciter sur un chapelet normal en mettant de côté la cinquième dizaine et les 5 grains du début.

Les quarante grains sont en mémoire des 40 heures que le Christ a passées dans les Limbes pour délivrer et conduire au Ciel toutes les âmes des saints morts avant Lui.
Les quatre dizaines, tout comme les quatre gros grains, sont un rappel des quatre Evangiles, source de notre foi en Christ et sa résurrection.

Ce chapelet est récité en mémoire d'un défunt proche, pour le repos de son âme, ou tout simplement pour toutes les âmes du purgatoire.

Voici la manière de le réciter :


On fait le signe de croix


Sur le premier gros grain on récite le psaume 130, « De Profundis» :
(Bible TOB : Traduction Oecuménique de la Bible)


« Des profondeurs, je crie vers Toi, Seigneur :
Seigneur, entends ma voix ;
Que Tes oreilles soient attentives
à ma voie suppliante !

Si Tu retiens les fautes, Seigneur !
Seigneur, qui subsistera ?
Mais Tu disposes du pardon et
l'on Te craindra.

J'attends le Seigneur,
j'attends de toute mon âme
et j'espère en sa parole

Mon âme désire le Seigneur,
plus que la garde ne désire le matin,
plus que la garde le matin

Israël, mets ton espoir dans le Seigneur,
car le Seigneur dispose de la grâce
et, avec largesse, du rachat ;
C'est lui qui rachète Israël
de toutes ses fautes »


On ajoute à la fin :

« Accorde-leur, Seigneur, le repos éternel, et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin ».


Sur les grains des quatre dizaines, on récite :

« Doux Coeur de Marie, consolation de ceux qui souffrent, priez pour nous et pour les âmes abandonnées du purgatoire ».


A chaque dizaine, on médite en parallèle sur un épisode de la mort du Christ et de la nôtre :


1ère dizaine :

La mort de Jésus (Mt 27:50, Mc 15:37, Lc 23:46, Jn 19:30)
Notre Mort (Ap 14:13)


2ème dizaine :

La descente de Jésus au séjour des morts (Rm 15:55)
Notre jugement (2 Co 5:10)


3ème dizaine :

L'attente de Marie dans l'espérance (Lc 1:32.33)
Notre Purification (Ap 21:27, 1 Co 3:13)


4ème dizaine :

La Résurrection du Christ (Mt 28:1-15 ; Mc 16:1-18 ; Lc 24:1-12 ; Jn:20.1-28)
Le Ciel (Jn 14:3, 1 Co 15:12-14)


Sur les gros grains séparant les dizaines :

« Accorde-leur, Seigneur, le repos éternel, et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin ».


On termine le chapelet en récitant une nouvelle fois le psaume 130 ainsi que l'invocation :

« Accorde-leur, Seigneur, le repos éternel, et que brille à leurs yeux la lumière sans déclin ».


On peut ajouter sur la croix un Notre Père et un Je vous salue Marie.


NB : On peut compléter la récitation du chapelet par la lecture des six autres Psaumes dits de pénitence. On peut aussi réciter six autres chapelets en remplaçant à chaque fois le psaume 130 par un autre. Cela fait donc 7 chapelets.


Psaume 6 : « Imploration dans l'épreuve »
Psaume 32 : « L'aveu libère du péché »
Psaume 39 : « Néant de l'homme devant Dieu »
Psaume 51 : « Miserere »
Psaume 102 : « Prière dans le malheur »
Psaume 143 : « Humble supplication »




Messes perpétuelles pour les défunts :

Pères Oblats de la Vierge Marie
Oeuvres de Sainte-Rita de Cascia
1, rue de la Poissonnerie
06359 NICE cedex 4
Tél. : 04.93.62.13.62

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 12:05

Sainte-Brigitte de Suède (1302-1373)

Peintre néerlandais anonyme
 

Promesses de notre Seigneur

 

Comme il y avait fort longtemps qu'elle désirait savoir le nombre de coups que Notre-Seigneur reçut en sa Passion, un jour il lui apparut en disant : " J'ai reçu en mon corps 5480 coups. Si vous voulez les honorer par quelque vénération, vous direz quinze Pater Noster (1) et quinze Ave Maria (2) avec les Oraisons suivantes (qu'il lui enseigna) pendant un an entier ; l'année étant achevée, vous aurez salué chacune des plaies. "

Il ajouta ensuite que quiconque dirait ces Oraisons durant un an "délivrera du Purgatoire quinze âmes de sa lignée ; quinze justes de sa même lignée seront confirmés et conservés en état de grâce et quinze pécheurs de sa même lignée seront convertis. La Personne qui les dira aura les premiers degrés de perfection, et, quinze jours avant sa mort, elle aura une amère contrition de tous ses péchés et une parfaite connaissance de ceux-ci. Je mettrai le signe de ma très victorieuse Croix devant elle, pour son secours et sa défense contre les embûches de ses ennemis. Avant sa mort, je viendrai avec ma très chère et bien-aimée Mère et recevrai bénignement (3) son âme et la mènerai aux joies éternelles et, l'ayant menée jusque là, je lui donnerai un singulier trait à boire de la fontaine de ma Déité, ce que je ne ferai point à d'autres ne disant pas mes Oraisons. Celui qui dira ces Oraisons est assuré d'être joint au suprême choeur des anges et quiconque les enseignera à un autre, sa joie et son mérite ne manqueront jamais, mais seront stables et dureront à perpétuité. Là où sont et où seront dites ces Oraisons, Dieu est présent avec sa grâce."

(1) "Notre Père..."

(2) "Je Vous salue Marie..."

(3)  Litt. : favorablement, avec douceur, bienveillance.

 

 

15 oraisons en pdf

 

 


ORAISON 1

Pater, Ave

Ô Jésus-Christ ! douceur éternelle à ceux qui Vous aiment, joie qui surpasse toute joie et tout désir, espoir et salut des pécheurs, qui avez témoigné n'avoir de plus grand contentement que d'être parmi les hommes jusqu'à prendre la nature humaine en la plénitude des temps pour l'Amour d'eux, souvenez-Vous des souffrances que Vous avez endurées dès l'instant de Votre conception et surtout dans le temps de Votre Sainte Passion, ainsi qu'il avait été décrété et ordonné de toute éternité dans la Pensée Divine. Souvenez-Vous, Seigneur, que faisant la Cène avec Vos disciples, après leur avoir lavé les pieds, Vous leur avez donné Votre Corps Sacré et Votre Précieux Sang, et, tout en les consolant avec douceur, Vous leur avez prédit Votre prochaine Passion. Souvenez-Vous de la tristesse et de l'amertume que vous avez éprouvées en Votre âme, comme Vous l'avez témoigné Vous-même, disant : "Mon âme est triste jusqu'à la mort."

Souvenez-Vous, Seigneur, des craintes, angoisses et douleurs que Vous avez endurées en Votre Corps suave avant le supplice de la Croix, quand, après avoir prié trois fois en répandant une sueur de sang, Vous avez été trahi par Judas, Votre disciple, arrêté par la nation que Vous aviez choisie et élevée, accusé par de faux témoins, injustement jugé, en la fleur de Votre jeunesse et dans le temps solennel de la Pâque. Souvenez-Vous que Vous avez été dépouillé de Vos propres vêtements et revêtu de ceux de la dérision ; qu'on Vous a voilé les Yeux et la Face, qu'on Vous a donné des soufflets, que Vous avez été couronné d'épines, qu'on Vous a mis un roseau à la main, et qu'attaché à une colonne, Vous avez été déchiré de coups et accablé d'affronts et d'outrages. En mémoire de ces peines et douleurs que Vous avez endurées avant Votre Passion sur la Croix, donnez-moi avant la mort une vraie contrition, une sincère et entière confession, une juste pénitence et la rémission de tous mes péchés. Ainsi soit-il.

ORAISON 2

Pater, Ave

Ô Jésus ! vraie liberté des anges, paradis de délices, ayez mémoire de l'horreur de tristesse que Vous avez endurée lorsque Vos ennemis, tels des lions furieux, Vous entourèrent, et par mille injures, crachats, soufflets, griffures et autres supplices inouïs, Vous tourmentèrent à l'envi.

En considération de ces tourments et de ces paroles injurieuses, je Vous supplie, Ô mon Sauveur, de me délivrer de mes ennemis, visibles et invisibles, et de me faire arriver, sous Votre protection, à la perfection du salut éternel. Ainsi soit-il.

ORAISON 3

Pater, Ave

Ô Jésus ! Créateur du Ciel et de la Terre, que nulle chose ne peut contenir ni limiter, Vous qui enfermez et tenez tout sous Votre puissance, souvenez-Vous de la douleur très amère que Vous avez endurée lorsque les soldats, attachant Vos mains Sacrées et Vos pieds très délicats à la Croix, les percèrent de part en part avec de gros clous émoussés et, ne Vous trouvant pas dans l'état qu'ils voulaient pour contenter leur rage, agrandirent Vos plaies, y ajoutèrent douleur sur douleur puis, par une cruauté inouïe, Vous allongèrent alors sur la Croix et Vous tirèrent de tous côtés en disloquant Vos membres.

Je Vous conjure, par la mémoire de cette très Sainte et très Aimante douleur de la Croix, de me donner crainte et amour envers Vous. Ainsi soit-il.

ORAISON 4

Pater, Ave

Ô Jésus ! céleste médecin, élevé sur la Croix pour guérir nos plaies par les Vôtres, souvenez-Vous des langueurs et meurtrissures que Vous avez souffertes en tous Vos membres, dont aucun ne demeura en sa place, en sorte qu'il n'y avait douleur semblable à la Vôtre. De la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, aucune partie de Votre corps n'était sans tourments ; et cependant, oubliant Vos souffrances, Vous ne Vous êtes point lassé de prier Votre Père pour Vos ennemis, lui disant :
" Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. "

Par cette grande Miséricorde et en mémoire de cette douleur, faites que le souvenir de Votre amère Passion opère en moi une parfaite contrition et la rémission de tous mes péchés. Ainsi soit-il.

ORAISON 5

Pater, Ave

Ô Jésus ! miroir de splendeur éternelle, souvenez-Vous de la tristesse que Vous avez eue, lorsque, contemplant dans la lumière de Votre Divinité la prédestination de ceux qui devaient être sauvés par les mérites de Votre Sainte Passion, Vous voyiez en même temps la multitude des réprouvés qui devaient être damnés par leurs péchés, et Vous plaigniez amèrement ces malheureux pécheurs perdus et désespérés.

Par cet abîme de Compassion et de Pitié, et principalement par la Bonté que Vous avez manifestée envers le bon larron, lui disant : " Tu seras aujourd'hui avec moi au Paradis ", je Vous prie, Ô doux Jésus, qu'à l'heure de ma mort, Vous me fassiez Miséricorde. Ainsi soit-il.

ORAISON 6

Pater, Ave

Ô Jésus ! Roi aimable et si désirable, souvenez-Vous de la douleur que Vous avez eue quand, nu et comme misérable, attaché et élevé sur la Croix, tous Vos parents et Vos amis vous abandonnèrent, excepté Votre Mère bien-aimée qui demeura, en compagnie de Saint-Jean, très fidèlement auprès de Vous dans l'agonie et que Vous avez recommandés l'un à l'autre en disant : " Femme, voilà Ton fils ! ", et à Saint-Jean : " Voilà ta mère ! "

Je Vous supplie, Ô mon Sauveur, par le glaive de douleur qui alors transperça l'âme de Votre Sainte Mère, d'avoir Compassion de moi en toutes mes afflictions et tribulations, tant corporelles que spirituelles, et de m'assister dans mes épreuves, surtout à l'heure de la mort. Ainsi soit-il.

ORAISON 7

Pater, Ave

Ô Jésus ! fontaine inépuisable de Compassion qui, par une profonde affection d'Amour, avez dit sur la Croix : " J'ai soif ! ", mais de la soif du salut du genre humain, je Vous prie, Ô mon Sauveur, d'exalter le désir de mon coeur de tendre à la perfection dans toutes mes oeuvres, et d'éteindre entièrement en moi la concupiscence charnelle et l'ardeur des appétits mondains. Ainsi soit-il.


 

ORAISON 8

Pater, Ave

Ô Jésus ! Douceur des coeurs, Suavité des esprits, par l'amertume du fiel et du vinaigre que Vous avez goûtés sur la Croix pour l'Amour de nous, accordez-moi de recevoir dignement Votre corps et Votre Sang Précieux pendant la vie et à l'heure de la mort, pour servir de remède et de consolation à mon âme. Ainsi soit-il.

 

ORAISON 9

Pater, Ave

Ô Jésus ! Vertu royale, Joie de l'esprit, souvenez-Vous de la douleur que Vous avez endurée, lorsque, plongé dans l'amertume à l'approche de la mort, insulté et outragé par les hommes, Vous avez crié avoir été abandonné de Votre Père, lui disant : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-Tu abandonné ? "
Par cette angoisse, je Vous conjure, Ô mon Sauveur, ne m'abandonnez pas dans les terreurs et les douleurs de la mort. Ainsi soit-il.

 

ORAISON 10

Pater, Ave

Ô Jésus ! qui êtes en toutes choses Commencement et Fin, Vie et Vertu, souvenez-Vous que Vous Vous êtes plongé pour nous dans un abîme de douleurs, de la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête. En considération de la grandeur de Vos plaies, apprenez-moi à garder Vos Commandements par une vraie charité, ces Commandements dont la voie est large et aisée pour ceux qui Vous aiment. Ainsi soit-il.

 

ORAISON 11

Pater, Ave

Ô Jésus ! abîme très profond de Miséricorde, je Vous supplie, en mémoire de Vos plaies qui ont pénétré jusqu'à la moelle de Vos os et de Vos entrailles, de me tirer, moi, misérable submergé par mes offenses, hors du péché, et de me cacher de Votre face irritée dans les trous de Vos plaies, jusqu'à ce que Votre colère et Votre juste indignation soient passées. Ainsi soit-il.


ORAISON 12

Pater, Ave

Ô Jésus ! miroir de vérité, marque d'unité, lien de charité, souvenez-Vous de la multitude de plaies dont Vous avez été blessé de la tête aux pieds, déchiré et tout rougi par l'effusion de Votre Sang Adorable ! Ô grande et universelle douleur que Vous avez soufferte pour l'Amour de nous en Votre chair virginale ! Très doux Jésus, qu'auriez-Vous pu faire pour nous que Vous n'ayez fait !

Je Vous conjure, Ô mon Sauveur, de marquer de Votre Précieux Sang toutes Vos plaies dans mon coeur, afin que j'y lise sans cesse Vos douleurs et Votre Amour. Que par le fidèle souvenir de Votre Passion, le fruit de Vos souffrances soit renouvelé dans mon âme, et que Votre Amour s'y augmente chaque jour, jusqu'à ce que je parvienne à Vous qui êtes le Trésor de tous les biens et de toutes les joies, que je Vous supplie de me donner, Ô très doux Jésus, dans la vie éternelle. Ainsi soit-il.


ORAISON 13

Pater, Ave

Ô Jésus ! Lion de Juda, Roi immortel et invincible, ayez mémoire de la douleur que Vous avez endurée, lorsque toutes Vos forces, tant du coeur que du corps, étant épuisées, Vous avez incliné la tête en disant : " Tout est consommé ! "

Par cette angoisse et cette douleur, je Vous supplie, Seigneur Jésus, d'avoir Pitié de moi en la dernière heure de ma vie, lorsque mon âme sera dans l'angoisse et que mon esprit sera troublé. Ainsi soit-il.


ORAISON 14

Pater, Ave

Ô Jésus ! Fils unique du Père, splendeur et figure de sa Substance, souvenez-Vous de l'humble recommandation que Vous avez faite à Votre Père, lui disant : " Mon Père, je remets mon Esprit entre Tes mains ! "
Puis, Votre corps déchiré, Votre coeur brisé et les entrailles de Votre Miséricorde ouvertes pour nous racheter, Vous avez expiré !

Par cette précieuse mort, je Vous conjure, Ô Roi des Saints, de me réconforter et de me secourir pour résister au démon, à la chair et au sang, afin qu'étant mort au monde, je vive en Vous seul. Recevez, je Vous prie, à l'heure de ma mort, mon âme pèlerine et exilée qui retourne à Vous. Ainsi soit-il.


ORAISON 15

Pater, Ave

Ô Jésus ! vraie et féconde vigne, souvenez-Vous de l'abondante effusion de Sang que Vous avez si généreusement répandu de Votre Corps Sacré, ainsi que le raisin sous le pressoir.

De Votre côté, percé d'un coup de lance par un soldat, Vous avez donné du Sang et de l'Eau en telle sorte qu'il n'en est plus demeuré une seule goutte, et enfin, comme un faisceau de myrrhe élevé au haut de la Croix, Votre chair délicate s'est anéantie, l'humeur de Vos entrailles s'est tarie, la moelle de Vos os s'est séchée.

Par cette amère Passion et par l'effusion de Votre Précieux Sang, je Vous supplie, Ô doux Jésus, blessez mon coeur, afin que mes larmes de pénitence et d'amour, nuit et jour, me servent de pain ; convertissez-moi entièrement à Vous, que mon coeur Vous soit une perpétuelle habitation, que ma conversation Vous soit agréable, et que la fin de ma vie soit tellement louable, que je mérite Votre Paradis pour Vous louer et Vous bénir à jamais avec tous Vos saints. Ainsi soit-il.

 


Visions de Sainte-Brigitte de Suède

 


 

 


 

 

 

English and latin text

 

 

 

 

 

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 08:49
Maria Sima
1915-2004

Une humble paysanne autrichienne, Maria Sima, a eu le charisme d'être visitée par des âmes du purgatoire, pendant plus de 50 ans.
Dans cette interview remarquable faite par Soeur Emmanuel, elle dit son expérience et livre les confidences reçues de ces âmes.


Qu'est-ce que le purgatoire ?
Que s'y passe-t-il ?
Qui décide si une âme doit y aller ?
Quels péchés mènent au purgatoire ?
Comment aider nos défunts ?
Puis-je éviter le purgatoire ?
Que deviennent les suicidés ?


"L'étonnant secret des âmes du purgatoire"

(livre écrit avec Soeur Emmanuel).



Messages et apparitions de la Sainte-Vierge à Medjugorje





 

 

 

 

 

 

Chapelle virtuelle pour les âmes du Purgatoire

 

 



 

 

"The Secret of the Poor Souls in Purgatory", an interview with Maria Sima of Austria and Sister Emmanuel Maillard, a French nun

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre-Dame de Montligeon

 

 

 

 

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 08:07

Saint-Tarcisius, martyr de l'Eucharistie,
exemple des enfants de choeur,
fête le 15 août















Seigneur, ayez pitié de nous. (bis)

Jésus-Christ, ayez pitié de nous. (bis)

Seigneur, ayez pitié de nous. (bis)

Jésus-Christ, écoutez-nous. (bis)

Jésus-Christ, exaucez-nous. (bis)

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

Pain vivant qui êtes descendu du Ciel, ayez pitié de nous.

Dieu caché et Sauveur, ayez pitié de nous.

Froment des élus, ayez pitié de nous.

Vin céleste qui faites germer dans les cœurs la fleur de la virginité,

ayez pitié de nous.

Pain qui faites les délices des rois, ayez pitié de nous.

Sacrifice perpétuel, ayez pitié de nous.

Oblation pure, ayez pitié de nous.

Agneau sans tache, ayez pitié de nous.

Table où nous est donnée la sainteté même, ayez pitié de nous.

Nourriture des anges, ayez pitié de nous.

Manne dont la force et la vertu sont tout intérieures,

ayez pitié de nous.

Abrégé des merveilles du Tout-Puissant, ayez pitié de nous.

Pain au-dessus de tout substance, ayez pitié de nous.

Verbe fait chair, ayez pitié de nous.

Dieu avec nous, ayez pitié de nous.

Hostie sainte et adorable, ayez pitié de nous.

Calice de bénédiction, ayez pitié de nous.

Mystère de foi, ayez pitié de nous.

Sacrement sublime et vénérable, ayez pitié de nous.

Sacrifice le plus saint, ayez pitié de nous.

Sacrifice vraiment expiatoire pour les vivants et pour les morts,

ayez pitié de nous.

Céleste remède contre les atteintes du péché, ayez pitié de nous.

Miracle étonnant et le plus grand des prodiges, ayez pitié de nous.

Souvenir sacré de la Passion du Seigneur, ayez pitié de nous.

Don précieux qui surpassez la plénitude de tous les dons,

ayez pitié de nous.

Témoignage le plus touchant de l'Amour de notre Dieu,

ayez pitié de nous.

Torrent de la munificence divine, ayez pitié de nous.

Mystère le plus relevé et le plus auguste, ayez pitié de nous.

Gage de notre immortalité, ayez pitié de nous.

Sacrement redoutable à l'enfer, et qui vivifiez nos âmes,

ayez pitié de nous.

Pain devenu la propre chair du Verbe incarné, ayez pitié de nous.

Sacrifice non sanglant, ayez pitié de nous.

Aliment de vie présenté par la Vie même, ayez pitié de nous.

Banquet délicieux dont les anges sont les ministres, ayez pitié de nous.

Sacrement d'Amour, ayez pitié de nous.

Lien de charité, ayez pitié de nous.

Oblation d'un Dieu qui s'offre lui-même comme victime,

ayez pitié de nous.

Douceur spirituelle goûtée dans sa propre source, ayez pitié de nous.

Réfection des âmes saintes, ayez pitié de nous.

Viatique de ceux qui meurent dans le Seigneur, ayez pitié de nous.

Gage assuré de notre gloire future, ayez pitié de nous.


Soyez-nous propice, pardonnez-nous, Seigneur.

Soyez-nous propice, pardonnez-nous, Seigneur.


Du malheur de recevoir indignement Votre Corps et Votre Sang Adorables, délivrez-nous, Seigneur.

De la concupiscence de la chair, délivrez-nous, Seigneur.

De la concupiscence des yeux, délivrez-nous, Seigneur.

De l'orgueil de la vie, délivrez-nous, Seigneur.

De toute occasion de Vous offenser, délivrez-nous, Seigneur.

Par le désir ardent que vous avez eu de célébrer la dernière Pâque avec Vos apôtres, délivrez-nous, Seigneur.

Par la profonde Humilité qui Vous a fait laver les pieds de Vos disciples, délivrez-nous, Seigneur.

Par l'immense Charité qui Vous a porté à instituer ce Divin Sacrement, délivrez-nous, Seigneur.

Par les cinq plaies douloureuses qu'a reçues Votre Corps Sacré pour l'Amour de nous, délivrez-nous, Seigneur.

Tout pécheurs que nous sommes, nous Vous en prions, écoutez-nous.

Daignez accroître et conserver en nous la foi, le respect et la dévotion envers ce Sacrement admirable, nous Vous en prions, écoutez-nous.

Daignez-nous conduire, par la confession humble et sincère de nos péchés, à l'usage fréquent de la Sainte Eucharistie,

nous Vous en prions, écoutez-nous.

Daignez-nous préserver de toute hérésie, de toute infidélité et de tout aveuglement intérieur, nous Vous en prions, écoutez-nous.

Daignez-nous faire recueillir les fruits célestes qu'opère, dans les âmes bien disposées, ce Sacrement qui renferme en lui la Sainteté même, nous Vous en prions, écoutez-nous.

Daignez enfin nous soutenir et nous fortifier aux approches de la mort, par la vertu efficace de ce Viatique céleste,

nous Vous en prions, écoutez-nous.

Fils éternel du vrai Dieu, nous Vous en prions, écoutez-nous.


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde,

pardonnez-nous, Seigneur.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde,

exaucez-nous, Seigneur,

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde,

ayez pitié de nous.


Jésus-Christ, écoutez-nous. Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous. Jésus-Christ, exaucez-nous.


V. Vous leur avez donné le pain du Ciel,

R. Qui renferme toutes sortes de délices.


Prions :

Ô Dieu, qui nous avez laissé un souvenir continuel de Votre passion dans le Sacrement admirable de l'Eucharistie, faites-nous la grâce de révérer de telle sorte les mystères sacrés de Votre corps et de Votre sang, que nous ressentions sans cesse en nous le fruit de Votre rédemption. Vous qui, étant Dieu, vivez et régnez avec Dieu le Père en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles.

R. Amen.

 

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 16:43

"JE SUIS LA VIERGE DE L'EUCHARISTIE, LA MÈRE DE L'OLIVIER BÉNI, LA SOURCE D'HUILE SAINTE
DE L'ONCTION PÉRENNE"


(la Sainte-Vierge à Manduria).

LA DÉVOTION AUX LARMES
DE LA VIERGE MARIE

Marie : "La dévotion envers Mes larmes sauvera le monde de la décadence spirituelle. Elle constitue l'ultime espérance !... Aujourd'hui, on ne donne plus d'importance à l'Eucharistie. Mes larmes sauveront le monde d'une grande catastrophe."
"Ma Fille, pour que Mon oeuvre soit bien comprise, vu sa particularité et sa singularité, je te donne ces indications importantes :
Tu feras prier ainsi le chapelet spécial (7 x 7 grains) de la dévotion à mes larmes." (04/03/1998)



Prière du début :
Père juste, vrai et parfait, par l'offrande des douleurs de Marie, Sainte entre les saintes, au pied de la Croix de Jésus sa vie durant et aujourd'hui au ciel, daigne accepter mon humble prière.

(Sur les 7 gros grains du "Notre Père")
Ô Jésus, souviens-toi des larmes de sang et d'huile de celle qui T'a aimé plus que tout sur la terre et qui maintenant T'aime d'une manière encore plus ardente au Ciel.

(Sur les 7 petits grains)
Ô Jésus, exauce nos supplications et nos demandes, par les larmes de sang et d'huile et par les douleurs de Ta Très Sainte Mère, offertes pour nous.

(Sur les trois derniers grains)
Ô Jésus, souviens-Toi des larmes de sang et d'huile de celle qui T'a aimé plus que tout sur la terre !

(Sur la médaille)
Ô Mère de Dieu et notre Mère, que l'onction de tes larmes fasse de nous tes enfants, comme nous te le demandons dans cette consécration solennelle. Amen, Amen, Amen.



Prière de consécration à la Vierge Marie,
source de l'Huile Sainte


"Ma fille, récite ces paroles chaque fois que tu t'adresses à Moi"
(la Sainte Vierge à Debora) :

"...Ô Coeur Immaculé,
Mère de mon Seigneur,
Source d'Huile Sainte de l'Onction pérenne
Je Te supplie de me montrer Ton secret à moi,
grand pécheur, et de me consacrer à Toi aujourd'hui."


Prière pour l'onction de l'huile


Marie : "Je vous demande de consacrer de l'Huile, en mettant 9 gouttes d'Huile Bénie, dans un litre d'huile d'olive. Vous la porterez à mes fils au coeur malade de ne pas avoir la grâce de Dieu en eux... Je veux vous libérer de l'ennemi malveillant. Invoquez-Moi comme la Très Sainte Vierge de l'Huile qui oint et qui guérit".

Prière pour l'onction :

Marie, Mère de l'Olivier Béni,
Très Sainte Vierge de l'Huile,
touche-moi, aime-moi et guéris mon coeur
à Ta manière, par Ton Amour.


 

"Fais en sorte que mon image se répande et soit diffusée : quiconque regardera l'Eucharistie que je porte sur mon sein, à cet instant même sera envahi de paix et recevra de très hauts dons."

(La Sainte Vierge à Débora le 23.1.1997)


PRIÈRE POUR LE TRIOMPHE DE JÉSUS ET DE MARIE DANS LE MONDE :


Très saints Coeurs unis et triomphants
de Jésus et de Marie,
nous Vous louons et nous Vous bénissons.
Faites brûler la flamme de Votre Amour
dans notre coeur.



DÉVOTION A LA PLAIE DE LA
SAINTE FACE DE JÉSUS

La Vierge Marie à Debora :

"Ma fille, Je désire des jours complets d'adoration devant la Face douloureuse de Mon Fils. Rappelle-toi que le Calice de Mon Jésus est déjà plein et les désacralisations ne seront plus tolérées..."

(Jésus lève la tête et Debora remarque que sa Face est tuméfiée, pleine de contusions et de blessures).

Jésus à Debora :

"Si tu M'honores par les douleurs de ma Sainte Face, je répandrai par toi sur le monde une pluie de très Précieux Sang."

(Maintenant Jésus s'écroule à terre, épuisé. Il semble beaucoup souffrir).

Jésus : "Je vais mourir, ma fille".

(Debora est horrifiée de voir une blessure évidente sur la Face qui saigne).

Jésus : "Cette blessure qui Me fait très très mal, c'est le douloureux coup de bâton que M'a infligé un soldat. Répandez la dévotion et par les mérites que je vous ai acquis en la supportant, j'accorderai la libération des tourments."

(Je vois bien la contusion qui se situe entre le nez et la pommette droite).

Jésus : "Ma chère âme, il n'y a pas de parole pour en décrire la souffrance !"




PREGHIERA E DEVOZIONE ALLA
VERGINE DI MANDURIA.

 

A fronte di qualche impostazione ereticale propria di certa sociologia cattolica, la Vergine dell'Eucaristia chiede una significativa devozione che apertamente si contrappone a certa propaganda modernista nata in seno alla chiesa cattolica, intaccata da un sotterraneo vizio di stampo filo-protestante e che mira alla derisione di quei preziosi atti devozionali di cui le generazioni passate davano prova sincera.

Maria chiede una precisa devozione in un tempo in cui gli arredi, soprattutto delle nuove chiese, soffrono di un pauperismo iconografico evidente e preoccupante, che spesso accompagna la estromissione del S.Tabernacolo dal luogo in cui il Celebrante officia il Santo Rito della Messa.

In un tempo in cui l'iconografia cristiana, così come molta ritualità tipica della devozione popolare alle sacre immagini va scemando, cresce il culto per tutta una seria di icone del "nulla" di matrice sportiva, pseudo-artistica, pseudo-culturale, puntualmente sostenute da quella macchina gigantesca che può sintetizzarsi nel concetto di "media".

"Non avrai altro Dio all'infuori di Me" raccomanda il primo comandamento, e la Vergine dell'Eucaristia ce lo ricorda con amorosa pazienza aiutandoci, attraverso il Suo sguardo materno, a farci ritrovare la Via per poter seguire Gesù Eucaristia.

La Madonna chiede una devozione per poterci coinvolgere nel Suo progetto, che è progetto di Dio, capace di estinguere il grande decadimento spirituale del nostro tempo .

Una devozione che canta alle lacrime della Vergine intese quali elementi di "forza e coraggio per rispondere alla chiamata di Gesù" (Mess. 5-6.06.97), che ci consente di guardare con speranza alla Misericordia di Gesù.

Le lacrime sanguinose ed oleose versate dai Due Cuori Santi ed Immacolati di Gesù e Maria, hanno il potere di riconciliarci con l'Altissimo, in perfetta sintonia con la missione salvifica universale della Chiesa Cattolica.

Maria confida a Debora che la devozione alle Sua lacrime "salverà il mondo" da quel sonno spirituale che rischia di avvolgere l'umanità e consegnarla all'incubo satanico senza beneficio di risveglio. In questo torpore l'uomo sta perdendo la coscienza del dono Eucaristico e con Lui della consapevolezza della Salvezza Eterna, così Maria insegna : "la corona sia pregata in questo modo" :

- Padre giusto e verace, perfettissimo, con l'offerta del dolore di Maria, la Sante delle sante, presso la Croce, durante la vita terrena ed oggi in quella celeste, vogliate accettare la mia umile richiesta...


- O Gesù ricordati delle lacrime sanguinose ed oleose di Colei che Ti ha amato più di tutti sulla terra ! (sui 7 grani del Pater)


- O Gesù esaudisci le nostre suppliche e le nostre domande

Per le lacrime sanguinose ed oleose e i dolori della Tua SS. Madre offerti per noi. (sui 7 grani piccoli)


- O Gesù ricordati delle lacrime sanguinose ed oleose di Colei che Ti ha amato più di tutti sulla terra ! (per 3 volte)


- le Tue lacrime o Madre di Dio e Madre Nostra ci ungano confermandoci figli Tuoi nella solenne consacrazione che Ti offriamo mediante questa devozione Amen Amen Amen.

Così consapevoli del totale affidamento alla Madonna i fedeli in preghiera si ungono con l'olio tracciando 5 segni di croce sulla fronte, sulla bocca, sul cuore e sui palmi delle mani, salutando così le 5 piaghe di Cristo e consacrando alla Vergine tutto se stesso attraverso la purificazione della mente per aprirla all'illuminazione celeste, delle labbra per renderle capaci di lodare Dio, del cuore per imitare il Cuore Sacratissimo di Gesù e delle mani per renderle strumento di vera pace e condivisione.


La formula suggerita da Maria:


"Maria, Madre dell'Ulivo Benedetto-Gesù,

Santissima Vergine dell'Olio

toccaci, amaci e guariscici nel cuore

a tuo modo con il tuo amore"


Si può meditare infine sul significato di "sangue" e di "olio":

un binomio che segna tutto il percorso sacrale e redentivo dalla creatura ed è testimoniato dall'intera Scrittura Sacra.

In particolare il sangue è elemento purificatore capace di suggellare quella Santa Alleanza che è Patto d'Amore e Sante Lacrime, mentre l'olio è simbolo di regalità, sacerdozio e profezia, è balsamo per il sollievo del corpo e dello spirito in un abbraccio misterioso tra Creatore e creatura, abbraccio di promesse ed impegno, di benedizione e viatico, "segno di purificazione" sacrale al consacrato, l'unto di Dio, potenziale distillato di santità eterna.

Maria è la Sorgente di quell'Olio Santo capace di Unzione Perenne, Unzione Salvifica e redentiva.


Il movimento internazionale Araldi d'Amore che nei focolari di preghiera opera questa devozione, dispone dell'olio scaturito dalle lacrimazioni e dalle effusioni della statua della Madonna di Fatima custodita in cappella, olio che nella misura di 9 gocce, come indicato dalla stessa Vergine, può andare a formare un litro di altro olio purificante da usare nella preghiera.

L'Olio non è un siero di lunga vita o un talismano deputato a realizzare ritualità di tipo magico, né deve essere inteso come medicina per una terapia curativa intesa in senso tradizionale, va invece inserito come segno di un percorso che consenta ad ognuno di svuotarsi del proprio "se" per potersi riempire di Dio , in quest'ottica l'unzione è un gesto di umiltà profonda, consapevole e serena che valorizza e sostiene la devozione.

Nella stessa ottica è possibile realizzare la devozione al Volto Santo di Gesù colpito ed oltraggiato, che appare alla confidente in tutto il suo drammatico soffrire, perpetrato dall'infedeltà dell'uomo che, come il soldato romano, non smette di colpirlo con il bastone della propria egoistica cattiveria.

La strada Egli ce l'ha indicata ed è ben visibile.

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