Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : In hoc signo vinces. Parousie by ROBLES Patrick
  • : Blog Parousie de Patrick ROBLES (Montbéliard, Franche-Comté, France)
  • Contact

Profil

  • Patrick ROBLES
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)

Translation. Traduzione

 

Info Coronavirus

Covid-19 Santé Publique France

OMS - WHO

 
Live Traffic Statistics

 

56 millions de femmes avorteront cette année

56 million abortions worldwide every year

Photo © Marcelle RAPHAEL Fine Arts Newborns

 

Non à la peine de mort en Biélorussie !

Say no to the Death Penalty in Belarus!

 

3D Live Statistics

 


Live Blog Stats

 

 

Flag Counter

 

Online

 

 

 

LE MONDE

 

 

 

Vie des Saints

 

 

Horaires-messes-Info-parousie.over-blog.fr.jpg

 


Created with Admarket's flickrSLiDR.

 

 

Recueil Poèmes chrétiens de Patrick ROBLES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Light a candle -Allumez une bougie

 

 

Offices-Abbaye-du-Barroux-en-direct--Prime-Sexte-Vepres-Co.jpg

 

Sainte-Therese-et-Pape-Francois-parousie.over-blog.fr.jpg

 

 

Recherche

Thou shalt not kill

 

 

 

 

Lookup a word or passage in the Bible


BibleGateway.com
Include this form on your page

 

 

Made-in-papa-maman-parousie.over-blog.fr.jpg

 

 

bebe-carte-ancienne-parousie.over-blog.fr.jpg

1 Père + 1 Mère, c'est élémentaire !

 

Snow-leopard-leopard-des-neiges-parousie.over-blog.fr.jpg

 

Visites

 

 

Icone-Toast.png

 

 

Pour le poète. Merci !

Facebook Fan Club

16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:21

960. Le matin, ayant fini mes exercices spirituels, je me suis mise à travailler au crochet. Je sentais que Jésus reposait dans mon cœur silencieux. Et cette profonde et douce conscience de la présence divine m'a porté à dire au Seigneur : Ô Sainte Trinité qui demeurez dans mon cœur, accordez, je Vous en prie, la grâce de la conversion à autant d'âmes que je crochèterai de points aujourd'hui. Alors j'ai entendu dans mon âme ces mots : « Ma fille, tes exigences sont trop grandes. » -« Jésus, il Vous est cependant plus facile de donner plus que de donner peu. Mais chaque conversion d'une âme pécheresse exige un sacrifice. Je Vous offre, doux Jésus, mon travail consciencieux ; il ne me semble pas que cette offrande soit trop petite pour un si grand nombre d'âmes. Jésus, comme Vous avez Vous-même sauvé les âmes par trente ans de travail, et puisque la sainte obéissance me défend les pénitences et les grandes mortifications, je Vous prie donc d'accepter, Seigneur, ces petites choses, marquées de sceau de l'obéissance comme si c'était de grandes choses. » J'ai alors entendu une voix dans l'âme : « Ma douce fille, Je vais satisfaire ta demande. »

961. Je vois souvent une certaine personne, agréable à Dieu. Le Seigneur a une grande prédilection pour elle, non seulement parce qu'elle tâche de faire connaître la gloire de la miséricorde divine mais aussi pour l'amour qu'elle a envers Dieu, quoique cette âme ne ressente pas toujours cet amour dans son cœur d'une manière sensible. Elle demeure presque continuellement au jardin des Oliviers, et pourtant elle est toujours agréable à Dieu. Et sa grande patience remportera la victoire dans toutes les adversités.

962. Oh ! si l'âme souffrante savait combien Dieu l'aime, elle mourrait de joie par excès de bonheur ! Un jour, nous découvrirons ce qu'est la souffrance, mais alors nous ne serons plus capable de souffrir. Le moment présent nous appartient.

963. 17. II. 1937. J'ai vu ce matin, pendant la Sainte Messe, Jésus souffrant. Sa Passion s'est répercutée dans mon corps d'une manière invisible mais non moins douloureuse. Jésus m'a regardée et Il a dit : « Les âmes périssent malgré Mon amère Passion.

964. Je leur offre une dernière planche de salut : La fête de Ma miséricorde. Si elles n'adorent pas Ma miséricorde, elles périront pour l'éternité. Secrétaire de Ma miséricorde, écris, parle aux âmes de Ma grande miséricorde, car ce jour terrible, le jour de Ma justice est proche. »

965. Aujourd'hui j'ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, il est temps de te mettre à l'œuvre. Je suis avec toi. De grandes persécutions et de grandes souffrances viendront. Mais console-toi à la pensée que beaucoup d'âmes seront sauvées et sanctifiées par cette œuvre. »

966. Quand je me suis mise à cette œuvre, je soulignais les paroles du Seigneur et je passais tout en revue. Lorsque j'en suis arrivée à la page sur laquelle j'avais noté les conseils et les indications du Père Andrasz, je ne savais que faire, souligner ou ne pas souligner. J'ai entendu alors ces paroles dans mon âme : « Souligne-les car ces paroles sont Miennes. J'ai emprunté pour te parler la bouche de l'ami de Mon Cœur afin de te tranquilliser. Tu dois t'en tenir à ces indications jusqu'à la mort. Il ne Me plairait pas du tout que tu y renonces. Sache que c'est Moi-même qui l'ai mis entre Moi et ton âme. Je le fais pour ta paix et pour que tu ne t'égares pas.

967. Depuis que je t'ai mise sous la protection particulière de ce prêtre tu es dispensée vis-à-vis de tes Supérieures de rendre un compte détaillé de Mes relations avec toi. Comporte-toi néanmoins comme un enfant avec elles. Mais c'est aux prêtres seulement que tu confieras sincèrement tout ce qui se passe dans les profondeurs de ton âme. »

Et j'ai remarqué que depuis, que Dieu, m'a donné un directeur, Il n'a plus exigé comme auparavant, que je dise tout à mes supérieures, à l'exception des choses extérieures. A part cela, seul mon directeur connaît mon âme. C'est une grâce de Dieu exceptionnelle que d'avoir un directeur de conscience. Oh ! Comme il y a peu d'âmes qui ont reçu cette grâce. L'âme vit dans une paix constante au milieu des plus grandes difficultés. Chaque jour, après la Sainte Communion, je remercie Dieu pour cette grâce, et chaque jour je prie le Saint Esprit de donner à mon directeur la lumière. J'ai vraiment ressenti dans mon âme quelle grande puissance ont les paroles du directeur. Que la miséricorde divine soit adorée pour cette grâce !

968. Je suis allée aujourd'hui faire ma méditation devant le Saint Sacrement. Lorsque je me suis approchée de l'autel, la présence divine me pénétra. Je fus plongée dans l'océan de Sa Divinité et Jésus m'a dit : « Ma fille, tout ce qui existe est à toi. » J'ai répondu au Seigneur : « Mon cœur ne réclame que Vous seul, Ô Trésor de mon cœur. Je Vous remercie Seigneur pour tous Vos dons, mais je n'exige que Votre Cœur. Quoique les cieux soient grands, pour moi ils ne sont rien sans Vous. Vous savez bien, Jésus, que je défaille sans cesse après Vous. » - « Sache, ma fille, que ce que d'autres âmes atteindront dans l'éternité, tu le goûtes déjà maintenant. » Et soudain mon âme fut inondée de la lumière de la connaissance de Dieu.

969. Oh ! Que ne puis-je exprimer tant soit peu ce que l'âme ressent près du Cœur de la Majesté inconcevable !
Je ne sais l'exprimer. Seule une âme qui l'a vécue au moins une fois dans sa vie, peut imaginer cette grâce. Quand je suis rentrée dans ma chambre, il me semblait que de la vraie vie je revenais à la mort. Le médecin est venu me prendre le pouls. Il s'est étonné : « Que vous est-il arrivé, ma Sœur ? Vous n'avez jamais eu un pouls semblable. Je voudrais savoir ce qui a provoqué une telle accélération de la pulsation ? » Que pouvais-je répondre alors que je ne savais pas moi-même que j'avais une tension si élevée ? Je sais seulement que j'agonise de langueur après Dieu. Mais je ne lui ai pas dit, car qu'est- ce que la médecine peut y faire.

970. 19. II. 1937. L'union avec les agonisants. Ils me demandent des prières et je peux prier, le Seigneur me donne un singulier esprit d'oraison. Je suis constamment unie à Lui et je sens pleinement que je vis pour les âmes, pour les amener à Votre Miséricorde, Seigneur. Pour cela aucun sacrifice n'est trop petit.

971. Aujourd'hui le docteur a décidé que je devais encore rester ici jusqu'au mois d'avril. C'est la volonté divine. Cependant je désirais déjà revenir parmi nos Sœurs.
J'ai reçu aujourd'hui la nouvelle de la mort de l'une de nos Sœurs qui est morte à Plock. Mais elle est venue chez moi avant que l'on ne m'ait annoncé sa mort

973. 22. II. 1937. Aujourd'hui une retraite pour les servantes a commencé dans notre chapelle. Tous ceux qui le désirent peuvent y prendre part. Il y a une conférence par jour. Le Père Bonaventura un Père Pieux, parle droit aux âmes toute une heure. J'ai pris part à cette retraite, désireuse de connaître Dieu plus profondément pour l'aimer plus ardemment, car j'ai compris que plus la connaissance est grande, plus l'amour est puissant.

974. J'ai entendu aujourd'hui ces paroles : « Prie pour les âmes, quelles n'aient pas peur de s'approcher du Tribunal de Ma miséricorde. Ne cesse pas de prier pour les pécheurs. Tu sais à quel point leur âme Me tient à Cœur. Soulage Ma tristesse mortelle, distribue Ma miséricorde. »

975. 24. II. 1937. Aujourd'hui, pendant la Sainte Messe j'ai vu Jésus agonisant. Les souffrances du Seigneur me transpercent l'âme et le corps d'une manière invisible, mais la douleur est grande. Elle dure un très court moment.

976. Pendant la Passion chantée, une si vive impression de Son supplice me saisit que je n'ai pu retenir mes larmes. J'aurais voulu me cacher quelque part pour donner libre cours à ma douleur provoquée par la considération de la Passion.

977. Quand j'ai prié à l'intention du Père Andrasz, j'ai reconnu qu'il est très agréable à Dieu. Depuis ce moment, j'ai encore plus de respect pour lui, comme pour un Saint. Je m'en réjouis et j'ai rendu grâce à Dieu avec ferveur.

978. Aujourd'hui j'ai vu Jésus pendant la bénédiction. Il m'a dit ces paroles : « Sois obéissante en tout à ton directeur, sa parole est Ma volonté. Grave-la au fond de ton âme. C'est Moi qui parle par sa bouche et Je désire que tu lui dévoiles l'état de ton âme avec la même simplicité et sincérité que tu as pour Moi. Je te répète encore une fois Ma fille : Sache que ses paroles sont l'expression de Ma volonté envers toi. »

979. J'ai vu aujourd'hui le Seigneur d'une grande beauté et Il m'a dit : « Mon aimable hostie, prie pour les prêtres, surtout pendant ce temps de la moisson. Mon Cœur t'aime de manière privilégiée et pour toi, je bénis la terre. »

980. J'ai compris que ces deux années de souffrances intérieures que j'endure en me soumettant à la volonté divine pour mieux connaître cette volonté, m'ont fait plus avancer dans la perfection que les dix années précédentes. Depuis deux ans, je suis sur la croix entre ciel et terre. C'est-à-dire, que d'un côté je suis liée par le vœu d'obéissance. Je dois écouter ma supérieure comme Dieu Lui-même. Et d'un autre côté, Dieu Lui-même me fait directement connaître Sa volonté. Voilà pourquoi mon supplice intérieur est si grand que personne ne peut comprendre ni concevoir ces souffrances spirituelles. Il me semble plus facile de perdre la vie que de vivre souvent, seulement une heure d'un tel supplice. Je ne vais même pas écrire beaucoup sur ce sujet, car il n'est pas à décrire : connaître directement la volonté de Dieu et être en même temps, parfaitement obéissante à la volonté divine annoncée indirectement par les Supérieures. Dieu merci, Il m'a donné, car autrement je n'avancerais pas d'un pas.

981 Faustine,
Ces jours-ci j'ai reçu une gentille lettre de ma petite sœur de dix-sept ans. Elle me supplie et me conjure de l'aider à entrer au couvent. Elle est prête à tous les sacrifices pour le Bon Dieu. Je vois par sa lettre que le Seigneur la conduit Lui-même, je me réjouis de la grande miséricorde divine.

982. Aujourd'hui la Majesté de Dieu m'a enveloppée et a transpercé mon âme. La grandeur de Dieu me plonge et m'envahit à ce point que je me noie toute entière en elle : je fonds et je disparais toute en Lui comme dans la vie, la vie parfaite.

983. Mon Jésus, je comprends bien que ma perfection ne consiste pas en ce que Vous me chargez de faire de grandes œuvres pour Vous. Oh non, ce n'est pas en cela que consiste la grandeur de l'âme, mais dans un grand amour pour Vous. O Jésus, je comprends au fond de mon âme que les plus grandes œuvres ne peuvent se comparer à un acte de pur amour pour Vous. Je désire Vous être fidèle, répondre à Vos désirs. J'applique mes forces et mon intelligence à accomplir tout ce que Vous me recommandez, Seigneur. Et je n'ai pas une ombre d'attachement pour tout cela. Je le fais, car telle est Votre volonté. Mon amour entier s'est noyé non pas dans Vos œuvres, mais en Vous-même, ô mon Créateur et mon Seigneur.

984. 25. II. 1937. J'ai ardemment prié pour la mort heureuse d'une personne qui souffrait beaucoup. Elle s'est trouvée pendant deux semaines entre la vie et la mort. Elle m'a fait pitié et j'ai dit au Seigneur : « Doux Jésus, si les travaux que je m'engage à faire pour Votre gloire Vous sont agréables, je Vous en prie, prenez-la chez Vous, qu'elle repose en Votre miséricorde. » J'étais étrangement tranquille. Peu après, on est venu me dire que la personne qui souffrait tant, venait de mourir..

985. J'ai vu un prêtre qui avait besoin de la grâce divine, j'ai prié pour lui jusqu'à ce que Jésus le regarde avec bienveillance et lui donne la force.

986. J'ai appris aujourd'hui qu'une personne de ma famille offense Dieu et qu'elle et en grand danger de mort. Cette connaissance causa une telle souffrance à mon âme que j'ai cru ne pouvoir survivre à l'offense faite à Dieu. J'ai bien demandé pardon à Dieu, mais je voyais Sa grande colère.

987. J'ai prié à l'intention d'un prêtre pour que Dieu l'aide dans certaines affaires. Soudain j'ai aperçu Jésus crucifié. Jésus avait les yeux fermés. Il était au supplice. J'ai salué Ses cinq blessures, une par une et Lui ait demandé Sa bénédiction, pour ce prêtre. Jésus m'a fait connaître intérieurement combien cette âme lui est agréable, et j'ai senti que la grâce a coulé de Ses blessures sur cette âme qui est, comme Jésus, étendue sur la croix.

988. Mon Seigneur et mon Dieu, Vous savez que mon âme Vous aime Vous seul. Toute mon âme s'est noyée en Vous, Seigneur. Même si je n'accomplissais rien de ce que Vous m'avez fait connaître, Seigneur, je suis tout à fait tranquille, car j'ai fait tout mon possible. Je sais bien que Vous, Seigneur, Vous n'avez pas besoin de nos œuvres. Vous n'exigez que l'amour.

989. L'amour, encore l'amour et toujours l'amour de Dieu. Il n'y à rien de plus grand au Ciel et sur la terre, ni rien qui lui soit supérieur. La perfection de la grandeur c'est d'aimer Dieu. La véritable grandeur c'est l'amour de Dieu. La vraie sagesse, c'est aimer Dieu. Tout ce qui est grand et beau est en Dieu. En dehors de Dieu, il n'y a ni beauté ni grandeur. O vous, sages de ce monde, et vous, les grandes intelligences, reconnaissez que la vraie grandeur réside dans l'amour de Dieu. Oh ! Comme je suis étonnée, que certaines personnes s'abusent elles-mêmes en disant qu'il n'y a pas d'éternité.

990. 26. II. 1937. J'ai vu aujourd'hui que les saints mystères étaient célébrés sans vêtements liturgiques et dans des maisons privées, à cause d'un orage momentané. Et j'ai aperçu le soleil sortant du Saint Sacrement. Les autres lumières s'éteignirent ou bien furent assombries et tout le monde avait les yeux tournés vers cette lumière-là. Mais je ne comprends pas encore la signification de cette vision.

991. J'avance dans la vie parmi les arcs-en-ciel et les orages, mais le front fièrement levé, car je suis un enfant royal. Je sais que le sang de Jésus circule dans mes veines. J'ai mis ma confiance dans la grande miséricorde du Seigneur.

992. J'ai demandé au Seigneur que telle personne vienne chez moi aujourd'hui pour que je puisse la voir encore une fois. Ce sera pour moi un signe qu'elle est appelée à entrer dans la congrégation que Jésus veut que je fonde. Et chose étrange, cette personne est venue. J'ai tâché de la former un peu intérieurement. J'ai commencé à lui indiquer la voie du renoncement et du sacrifice, ce qu'elle a volontiers accepté. Cependant j'ai remis toute cette affaire dans les mains du Seigneur pour qu'Il dirige tout selon son bon plaisir.

993. J'ai entendu aujourd'hui à la radio : « Bonsoir Chef Sacré de mon Jésus », et soudain mon esprit se noya en Dieu. L'amour divin inonda mon âme, et je suis demeurée un instant près du Père céleste.

994. Quoiqu'il ne soit pas facile de vivre en continuelle agonie,
D'être clouée à la croix par différentes douleurs,
Pourtant je m'enflamme d'amour en aimant,
Et comme un Séraphin, j'aime Dieu, bien que je ne sois que faiblesse.

Oh ! Grande est l'âme qui parmi les souffrances,
Se tient fidèlement auprès de Dieu et accomplit Sa volonté !
Et sous les plus grands arcs-en-ciel et orages elle est sans consolation.
Mais le pur amour de Dieu adoucit sa destinée.

Ce n'est pas grand-chose d'aimer Dieu dans le bien être
Et de le remercier quand tout va bien.
Mais L'adorer parmi les plus grandes contrariétés,
L'aimer pour Lui Seul
Et mettre sa confiance en Lui est bien autre chose

Lorsque l'âme séjourne dans les ombres de Gethsémani
Et dans la douleur de l'amertume solitaire,
Elle monte vers les hauteurs avec Jésus.
Et quoiqu'elle boive constamment l'amertume, elle n'est pas triste.
Quand l'âme accomplit la volonté du Dieu très haut
Fût-ce au milieu de constants supplices et tourments,
Ayant trempé les lèvres au calice qui lui est présenté,
Elle devient puissante et rien ne l'émeut.

Quoique tourmentée, elle répète : que Ta volonté soit faite.
Elle attend patiemment le moment où elle sera transfigurée ;
Car dans les plus grandes ténèbres, elle entend la voix de Jésus : tu es à Moi.
Elle le connaîtra lorsque le voile tombera.

995. 28. II. 1937. Pendant un long moment, j'ai ressenti aujourd'hui la Passion de Jésus et j'ai vu combien d'âmes ont besoin de prières. Je sens que je me change toute en prière pour obtenir à chaque âme la miséricorde divine. O mon Jésus, je Vous ai accueilli dans mon cœur comme otage de miséricorde pour les âmes.

996. Lorsque ce soir j'ai entendu à la radio le chant : «Bonsoir Chef Sacré de Mon Jésus », mon esprit fut soudain enlevé dans le sein mystérieux de Dieu. Et j'ai compris en quoi consiste la grandeur de l'âme et quelle signification a l'amour devant Dieu : l'amour encore l'amour et toujours l'amour. Et j'ai compris à quel point tout ce qui existe est imprégné de Dieu ! Un amour de Dieu si grand inonda mon âme qu'il est impossible de le décrire. Heureuse l'âme qui sait aimer sans réserve, car c'est là qu'est sa grandeur.

997. Aujourd'hui j'ai assisté à une retraie d'un jour. Au cours de la dernière conférence le prêtre parlait de ce que le monde besoin de miséricorde divine. C'est comme un temps exceptionnel où l'humanité a tellement besoin de miséricorde divine et de prières. Alors j'ai entendu dans mon âme une voix : « Voilà des paroles pour toi. Fais tout ton possible pour l'œuvre de ma miséricorde. Je désire qu'on honore Ma miséricorde. Je donne à l'humanité sa dernière planche de salut, c'est-à-dire le recours à Ma miséricorde. Mon Cœur se réjouit de cette fête. » Ces mots m'ont fait comprendre que rien ne peut me dispenser de ce que le Seigneur exige de moi.

998. Pendant cette nuit, j'ai été si souffrante que j'ai cru que c'était la fin. Les médecins n'ont rien pu trouver, ni dire quelle était cette maladie. Je sentais comme si j'avais toutes mes entrailles mises en lambeaux. Cependant, après quelques heures de souffrances, je me porte bien. J'offre tout pour les pécheurs. Que Votre miséricorde descende sur eux, Seigneur!

999.
Dans le terrible désert de la vie
O mon doux Jésus,
Epargne aux âmes la défaite, car Tu es la source de miséricorde.

Que la clarté de tes rayons,
O doux Chef de nos âmes,
Que Ta miséricorde, changent le monde,
Et que sous l'effet de Ta grâce, le monde serve Jésus.

Je dois traverser une longue route rocailleuse,
Mais je n'ai peur de rien.
Car pour moi jaillit la source pure de la miséricorde,
Et avec elle jaillit la force de l'humble.

Je suis tourmentée et fatiguée,
Mais ma conscience me rend témoignage,
Que je fais tout pour la plus grande gloire du Seigneur.
Le Seigneur est mon repos et mon héritage.

Fin du deuxième brouillon

Cahier III

Inscription sur la couverture du troisième cahier :

Sœur (Marie-)Faustine du Très saint Sacrement
Congrégation des Soeurs de la Divine
Mère de la Miséricorde

Je chanterai la Miséricorde
Du Seigneur

J.M.J.

1000. Sois donc remercié, Seigneur, ô mon Maître,
De m'avoir en Toi toute transformée,
Tu m'accompagnes dans les difficultés et les dures épreuves de la vie,
Rien ne saurait m'effrayer quand je T'ai en mon cœur.

J.M.J.

1001. Et voici que le Cène se trouve disposée,
Jésus avec Ses Apôtres prend place à table,
Tout son Etre en amour transformé,
Car tel était le conseil de la Sainte Trinité.

C'est une grande faim que je désire assouvir avec Vous,
Avant de souffrir la mort
Sur le point de Vous quitter, l'amour Me retient parmi vous.
Le sang va couler, la vie va s'en aller, car Il aime immensément.

L'amour se dissimule sous l'apparence du pain,
Car Il ne nous quitte, qu'afin de demeurer avec nous.
Un tel anéantissement n'était point nécessaire,
Mais l'amour brûlant se dissimula sous les Saintes Espèces.

Sur le pain, sur le vin, Il dit ces mots :
Ceci est Mon Corps, ceci est Mon Sang,
Ce sont là paroles d'amour, quel mystère !
Puis Il fait passer le Calice à Se disciples

Jésus s'inquiéta en Lui-même,
Et dit : « L'un de vous trahira son Maître. »
Ils se sont tus, silence de mort.
Et Jean penche la tête sur la poitrine de Jésus.

La Cène est terminée.
Allons au Jardin.
L'Amour est rassasié,
Mais là, déjà attend le traître.

J.M.J.

1002. O volonté de Dieu, tu es ma nourriture, tu es mon délice.
Hâte ô Seigneur la Fête de la Miséricorde, afin que les âmes puissent connaître la source de Ta bonté.

Dieu et les âmes

Cracovie, le 1er mars 1937.

Sœur Marie Faustine
Du Très Saint Sacrement

1003. O volonté de Dieu Tout-Puissant,
Tu es ma jouissance, tu est ma joie.
Peu importe ce que me tend la main de mon Seigneur,
Je l'accepte avec allégresse, soumission et amour.

Faire Ta sainte volonté : voila mon repos.
En elle est toute sainteté,
En elle aussi mon salut éternel.
Car, la plus grande gloire, c'est accomplir la volonté de Dieu.

La volonté de Dieu : ce sont ses divers souhaits,
Que mon âme accomplit sans réserve,
Car tels sont Ses divins désirs,
Et c'est aussi le temps où Dieu accorde Ses confidences.

Fais de moi ce qu'Il Te plaît, Seigneur,
Je n'ai rien à y redire.
Car Tu es tout mon délice et l'amour de mon âme,
Et c'est à Toi que je confie les élans de mon cœur.

1004. J.M.J. Cracovie, le 1er mars 1937
Troisième cahier

Dieu et les âmes

Que la glorification et l'adoration du Dieu de Miséricorde se répandent sur toute créature pour les siècles passés et à venir.

1005. O mon Seigneur et mon Dieu, Vous m'ordonnez d'écrire les grâces que Vous m'accordez. O mon Jésus, si ce n'était l'ordre exprès des confesseurs m'enjoignant d'écrire ce qui se passe en mon âme, de mon propre gré je n'écrirais pas un seul mot. C'est donc sur ordre formel et au nom de la sainte obéissance, que j'écris à propos de moi-même.

1006. Honneur et gloire à Vous, ô Sainte Trinité, Dieu éternel. Que Votre miséricorde, jaillissant du plus profond de Vous-même, nous protège de Votre juste colère. Que retentisse la gloire de Votre inconcevable miséricorde. Sur toutes Vos œuvres est posé le sceau de Votre insondable miséricorde, ô Dieu.

1007. 1er mars 1937. Le Seigneur m'a fait voir à quel point Lui déplait une âme loquace : « En cette âme je ne jouis d'aucun repos. Le tumulte incessant Me fatigue et dans ce tumulte l'âme ne discerne pas ma voix. »

Aujourd'hui, j'ai prié Notre-Seigneur Jésus de me faire rencontrer une certaine personne, ce serait pour moi l'indice qu'Il l'appelait en ce monastère. Je l'ai vue et j'ai compris que cette âme avait la vocation. J'ai prié Notre-Seigneur qu'Il daigne la former Lui-même. Puis j'ai souvent parlé avec elle de la vocation, le Seigneur fera le reste.

1009. 5 mars 1937. Aujourd'hui j'ai longtemps ressenti le supplice de Notre-Seigneur Jésus dans mon propre corps : c'est là une bien grande douleur. Mais j‘ai enduré tout cela pour les âmes immortelles.

1010. Aujourd'hui Notre Seigneur m'a visitée. Il m'a serrée contre Son Cœur, et m'a dit : « Reposes-toi, ma petite enfant. Je suis toujours avec toi. »

1011. 8 mars 1937. Aujourd'hui, alors que je priais à l'intention du Père Andrasz, tout-à-coup, j'ai su comme il se rapprochait de Dieu. Et combien cette âme était agréable au Seigneur. Cela m'a causé une grande joie, car je désire ardemment que toutes les âmes soient le plus étroitement possible unies à Dieu.

1012. Aujourd'hui pendant les prières, un si grand désir d'entrer en action a envahi mon âme, que je n'ai pu refréner cet élan. Oh ! avec quelle ardeur je désire que les âmes de cette Congrégation se présentent devant le trône de Dieu pour implorer la miséricorde divine pour le monde entier, adorant et glorifiant cette insondable miséricorde de Dieu. Une force étrange me pousse à l'action.

1013. 12 mars1937. J'ai vu la lassitude d'un certain prêtre pou lequel le Seigneur a tracé une route dure et difficile. Mais le fruit de son travail demeurera. Que Dieu nous donne beaucoup d'âmes semblables, qui sachent aimer Dieu au milieu des plus grands tourments.

1014. J'ai senti aujourd'hui, combien l'âme d'un agonisant désirait des prières. J'ai prié pour cette âme tout le temps qu'il lui fallut pour trépasser et jusqu'à ce que je le ressente. Oh ! Combien les âmes des mourants ont besoin de prières. O Jésus, inclinez les âmes à prier souvent pour les agonisants.

1015. 15 mars 1937. Aujourd'hui, j'ai pénétré l'amertume de la Passion de Notre Seigneur Jésus. J'ai souffert uniquement en esprit et j'ai compris toute l'horreur du péché. Dieu me fit connaître l'étendue de son aversion pour le péché. Au plus profond de mon âme, j'ai réalisé à quel point le péché est affreux, même le plus minime, et combien il tourmentait l'âme de Jésus. Je préférerais souffrir mille morts pltôt que de commettre le moindre péché véniel.

1016. Le Seigneur m'a dit : « Je désire Me communiquer aux âmes et les remplir de Mon amour. Mais il y a pu d'âmes disposées à recevoir toutes les grâces que Mon amour leur destine. Ma grâce ne se perd pas si l'âme à laquelle elle est destinée ne la reçoit pas, c'est une autre âme qui la prend. »

1017. Souvent, je sens que certaines personnes prient pour moi ; je ressens cela tout-à-coup en mon âme, mais je ne sais pas toujours qui intercède pour moi. Je sais également si quelqu'un a de la peine par ma faute. Cela aussi je le ressens intérieurement, même si c'est très loin.

1018. 18 mars 1937. J'ai reçu une certaine grâce qui m'amène à une grande intimité et communication avec le Seigneur. Pae une lumière intérieure, Il me fait connaître Sa Grandeur, Sa Sainteté et avec quelque bienveillance Il s'abaisse jusqu'à moi. Il me révèle Son amour exclusif envers moi, comme Il est le Maître de toute chose et comme Il se communique à l'âme. Suspendant toutes les lois de la nature, Il agit comme Il veut.

1019. Je vie en mon for intérieur les épousailles de l'âme de l'âme avec Dieu : c'est une pure célébration intérieure de l'âme avec Dieu sans aucune conséquence extérieure. . Cette grâce m'a entraînée dans l'ardeur même de l'amour de Dieu. J'ai connu à la fois Sa qualité de Trinité et l'absolue unité de Son Etre. Cette grâce est différente de toutes les autres. Elle est si hautement spirituelle, que mon incomplète description ne peut en exprimer, même l'ombre.

1020. J'ai un tel désir de me cacher ! Je voudrais tant vivre comme si je n'existais pas ! Je ressens étrangement et intérieurement l'attrait de me cacher au plus profond de moi-même afin que seul me connaisse le Cœur de Jésus. Je désire être pour Jésus un habitacle de silence où Il puisse se reposer. Je n'autoriserai rien qui puisse éveiller l'objet de mon adoration.. Me cacher, me donner la possibilité d'une fréquentation continuelle et exclusive avec Lui, objet de mon adoration. Je fréquente les créatures autant que cela Lui plaît. Mon coeur s'est mis à aimer le Seigneur de toute la force de l'amour, et je ne connais pas d'autre amour. Car dès le début mon âme a sombré dans le Seigneur comme en son unique trésor.

1021. Quoique extérieurement, j'éprouve beaucoup de douleur et diverses contrariétés, cela ne diminue cependant, en aucune façon, ma vie intérieure, ni ne trouble la paix de mon âme. Je ne crains pas la solitude. Même si tous devaient m'abandonner, je ne serais pourtant pas seule, car le

1022. Aujourd'hui, j'ai reçu des oranges. Après le départ de la Sœur j'ai pensé ; « Au lieu de me mortifier et de faire pénitence durant le Saint Jeûne, je vais manger des oranges ? Je me sens déjà un peu mieux. » Sur ce, j'entends une voix en mon âme : « Ma fille, tu Me plais bien plus si, par obéissance et amour de Moi, tu manges ces oranges, que si tu te mortifies et jeunes de ta propre volonté. Je connais ton cœur, et sais que rien ne saurait le contenter si ce n'est l'amour de Moi. »

1023. Je ne saurais vivre sans le Seigneur. Dans cet isolement, souvent Jésus me rend visite, m'édifie, me calme ou me réprimande et me rappelle à l'ordre. Mais toujours plein de bonté et de miséricorde, Lui-même façonne mon cœur à Sa guise, suivant Ses divins désirs. Nos cœurs ne font qu'un.

1024. 19 mars 1937. Je me suis unie à l'adoration qui a lieu aujourd'hui, en notre maison. Cependant mon âme était pleine et une étrange appréhension me rongeait le cœur, aussi ai-je redoublé mes prières. Et tout-à-coup, j'ai aperçu le regard de Dieu au fond de mon cœur.

1025. Quand j'ai pris place devant l'appétissant déjeuner, j'ai dit au Seigneur : « Merci pour tous ces dons, mais mon cœur se meurt de langueur pour Vous et rien de ce qui est terrestre n'est à mon goût. Je désire la manne de Votre amour. »

1026. Aujourd'hui, une force étrange me poussait à l'action. Je dois résister à cette attirance; sinon j'irai immédiatement dans cette direction.

1027 21 mars 1937. Dimanche des rameaux. Durant la Sainte Messe, mon âme a été plongée dans l'amertume et les souffrances de Jésus. Jésus m'a fait connaître combien il a souffert durant ce cortège triomphal. En écho à l'Hosanna, résonnait dans le Cœur de Jésus : « crucifie-Le ! » Jésus m'a fait ressentir ce la de façon particulière.

1028. Le médecin ne m'a pas permis de me rendre à la Chapelle pour le Chemin de croix, comme j'en avais le très grand désir. Cependant j'ai pu prier dans ma chambre séparée. Tout-à-coup, j'ai entendu la sonnette de la chambre voisine. J'y suis entrée et j'ai rendu service à un grand malade.
De retour dans ma chambre, j'ai aperçu tout-à-coup Notre Seigneur Jésus, qui s'est adressé à moi en ces termes : « Ma fille, le service que tu viens de Me rendre, Ma causé une plus grande joie que si tu avais longuement prié. » J'ai répondu : « Mais ce n'est pas à Vous, ô Jésus, mais à ce malade que j'ai rendu service. » Le Seigneur m'a répondu : « Oui, ma fille, mais quoi que tu fasse pour ton prochain, c'est à Moi que tu le fais. »

 

Partager cet article

Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:16

890. 21. I. 1937. Aujourd'hui, dès ce matin, je suis étrangement unie au Seigneur. Dans la soirée, le prêtre de l'hôpital est venu me voir. Après un moment de conversation, je sentis que mon esprit commençait à se plonger davantage en Dieu et j'ai commencé à perdre la notion de ce qui se passait autour de moi. J'ai prié ardemment Jésus : « Donnez-moi la possibilité de causer ». Et le Seigneur me l'a donnée. Je pouvais parler aisément. Mais il y eut un moment où je n'ai pas compris ce que le prêtre a dit. J'entendais sa voix, mais il ne m'était pas possible de le comprendre. Je lui ai demandé pardon de ne pas comprendre ses paroles bien que j'entendisse sa voix. C'était un instant de cette grâce d'union avec Dieu, mais imparfaite, car les sens agissant extérieurement, mais également d'une manière imparfaite, il n'y a pas de complète fusion en Dieu, c'est-à-dire de suspension des sens, comme cela arrive souvent : On entend ni ne voit rien de l'extérieur. L'âme entière est aisément toute plongée en Dieu. Lorsque j'éprouve cette grâce, je désire être seule. Je prie Jésus qu'Il me mette à l'abri des regards des créatures. J'avais vraiment bien honte devant ce prêtre. Mais je me suis tranquillisée, car il a eu un peu connaissance de mon âme par la confession.

891. Aujourd'hui le Seigneur me fit connaître en esprit le couvent de la miséricorde divine. J'ai vu dans ce couvent une haute spiritualité mais tout était pauvre et très simple. Ô mon Jésus, Vous me faites demeurer en esprit avec ces âmes, mais peut-être mon pied ne se posera-t-il jamais là-bas ! Mais que Votre Nom soit béni et qu'il en soit selon Votre Volonté.

892. 22. I. 1937. C'est aujourd'hui vendredi. Mon âme est dans une mer de souffrances. Les pécheurs m'ont tout pris, mais c'est bien pour eux. J'ai tout donné afin qu'ils connaissent Votre bonté et Votre infinie miséricorde. Quant à moi, je vous resterai fidèle sous les arcs-en-ciel comme dans les orages.

893. Aujourd'hui, le médecin a décidé que je ne devais pas aller à la Sainte Messe, mais seulement à la Sainte communion. Je désirais beaucoup assister à la Sainte Messe, mais mon confesseur, d'accord avec le médecin, m'a dit d'être obéissante ; « La volonté de Dieu, ma Sœur, est que vous soyez bien portante. Il vous est défendu de vous mortifier en quoi que ce soit. Soyez obéissante et Dieu vous en récompensera. J'ai senti que ces paroles du confesseur étaient les paroles de Jésus. Et quoique je regrette de manquer la Sainte Messe, durant laquelle Dieu me donnait la grâce de voir le petit Enfant-Jésus, cependant je préfère l'obéissance à tout autre chose.

Je m'était plongée dans l'oraison et je récitais la pénitence lorsque soudain j'ai aperçu le Seigneur qui m'a dit : « Ma fille, sache que tu me rends une plus grande gloire par un acte d'obéissance que par de longues prières et des mortifications. » Oh ! Qu'il est bon de vivre dans l'obéissance, en ayant conscience que tout ce que je fais est agréable à Dieu !

894. 23. I. 1937. Aujourd'hui je n'avais pas envie d'écrire. Soudain j'ai entendu dans mon âme une voix : « Ma fille, tu ne vis pas pour toi, mais pour les âmes. Ecris pour leur profit. Tu sais que Ma volonté quant à tes écrits, t'a été bien souvent confirmée par tes confesseurs. Tu sais ce qui M'est agréable et si tu as quelques doutes quant à Ma parole, tu sais aussi qui tu dois interroger. Je lui donne la lumière pour qu'il juge Mon affaire. Mon œil veille sur lui. Ma fille, tu dois être, comme un enfant envers lui, pleine de candeur et de franchise. Préfère son opinion à toutes Mes exigences ! Il te conduira selon Ma volonté. S'il ne te permet pas d'accomplir Mes exigences, sois tranquille, Je ne te jugerai pas. Cette affaire restera entre Moi et lui. Toi, tu dois être obéissante ! »

895. 25. I. 1937. Mon âme est plongée aujourd'hui dans l'amertume. Ô Jésus, ô mon Jésus, à chacun il est permis de me donner de la souffrance. Et Vous, ô Jésus, Vous avez le devoir de me donner puissance et force en ces durs moments. Hostie Sainte, soutiens-moi et ferme mes lèvres au murmure et à la plainte ! Lorsque je fais silence, je sais que je remporte la victoire.

896. 27. I. 1937. Je sens une amélioration considérable de ma santé. Jésus me ramène des portes de la mort à la vie, puisque j'ai manqué mourir. Et voilà que le Seigneur m'accorde pleinement la vie. Quoique je doive encore rester au sanatorium, je suis déjà presque bien portante. Je vois que la volonté ne s'est pas encore accomplie en moi, c'est pourquoi je dois vivre. Car je sais bien que, si j'accomplis tout ce que Dieu a décidé à mon égard sur la terre. Il ne me laissera pas plus longtemps en exil car ma maison c'est le Ciel. Mais avant d'entrer dans la Patrie, nous devons accomplir la volonté divine sur la terre, c'est-à-dire que les épreuves et les luttes doivent œuvrer en nous.

897. Ô mon Jésus, Vous me redonnez la santé et la vie. Donnez-moi donc la force de combattre, car sans Vous, je ne suis capable de rien. Donnez-moi la force, car vous pouvez tout ! Vous voyez que je ne suis qu'une frêle enfant, que puis-je ? Je connais toute la puissance de Votre miséricorde. Et j'ai pleine confiance que Vous me donnerez tout ce dont Votre faible enfant a besoin.

898. Comme j'ai beaucoup désiré la mort, je ne sais si j'aurai encore dans la vie une telle nostalgie de Dieu. Il y eut des moments où je tombais en défaillance à cause de cela. Oh ! Que la terre est vilaine quand on connaît le Ciel. Je dois me faire violence pour vivre. Ô volonté divine, tu es ma nourriture !

899. Oh ! Que la vie est grise et pleine de choses incompréhensibles ! J'y exerce ma patience et puis vient l'expérience. Je comprends beaucoup et j'apprends chaque jour. Je vois que je sais peu et je découvre constamment des fautes dans ma conduite. Mais cela ne me décourage pas. Je remercie seulement Dieu de daigner m'accorder Sa lumière pour me connaître moi-même.

900. Il y a une personne qui met ma patience à rude épreuve, je dois lui consacrer beaucoup de temps. Quand je cause avec elle, je sens qu'elle ment continuellement. Et parce qu'elle me parle de choses lointaines que je ne puis vérifier, ce mensonge lui échappe. Mais je suis intérieurement persuadée qu'il n'y a aucune vérité dans ce qu'elle dit. Lorsqu'une fois j'ai été prise de doutes me demandant si c'était moi qui me trompais et que peut-être elle disait la vérité, j'ai prié Jésus de me donner le signe suivant. Si réellement elle mentait qu'elle me l'avoue elle-même quel que fut le sujet sur lequel j'avais la certitude qu'elle mentait. Et si elle disait la vérité, que Jésus m'ôte la conviction qu'elle ment. Un moment après, elle vint me voir à nouveau et me dit : « Je vous demande bien pardon, ma sœur, mais j'ai menti en disant telle et telle chose. » J'ai compris que la lumière que j'avais intérieurement sur cette personne, ne me trompait pas.

901. 29. I. 1937. Aujourd'hui j'ai dormi trop longtemps. Je n'avais qu'un court instant pour ne pas être en retard pour la Sainte Communion, car la chapelle est à un bon bout de chemin de notre section. Quand je suis sortie la neige arrivait à la hauteur des genoux. Mais avant d'avoir réfléchi que le médecin ne me permettait pas d'aller par une telle neige, j'étais déjà chez le Seigneur à la chapelle. J'ai communié et je suis revenue tout de suite. J'ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, repose près de Mon Cœur ! Je vois tes efforts. » Mon âme se trouve encore plus heureuse lorsque je suis près du Cœur de mon Dieu.

30. I. 1937. Retraite d'un jour.

Je reconnais de plus en plus la grandeur de Dieu et je jouis de Lui. Je demeure sans cesse avec Lui dans la profondeur de mon cœur. C'est dans ma propre âme qu'il m'est le plus facile de trouver Dieu.

903. Pendant la méditation j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, c'est pour la patiente soumission à Ma volonté, que tu me rends la plus grande gloire. Et toi-même, tu gagnes un si grand mérite que ni par les jeunes, ni par aucune mortification tu ne l'obtiendrais sans cela. Saches, Ma fille, que si tu soumets ta volonté à la Mienne, tu t'attires Ma prédilection. Ce sacrifice M'est agréable. Il est plein de douceur pour Moi. Je me complais en lui, il a de la puissance. »

904. Examen de conscience : toujours la même chose, m'unir au Christ Miséricordieux. Pratique : le silence intérieur, c'est-à-dire garder strictement le silence.

905. Dans les moments difficiles, je fixerai mes regards sur le Cœur pacifiant de Jésus étendu sur la Croix. Et de Son Cœur Miséricordieux, brûlant d'amour, jailliront pour moi puissance et force pour soutenir la lutte.

906. Chose étrange, un canari vient en hiver, sous ma fenêtre et chante très joliment pendant un moment. Je voulais m'assurer qu'il était peut-être quelque part ici dans une cage. Mais non, il n'est nulle part, pas même dans la seconde section. Une des malades l'a aussi entendu, mais une fois seulement. Et elle est s'est étonnée qu'un canari chante par un temps si glacial.

907. Ô Jésus, combien j'ai pitié des pauvres pécheurs. Jésus, accordez-leur la contrition et le repentir. Souvenez-Vous de Votre douloureuse passion. Je connais Votre infinie miséricorde. Je ne peux supporter qu'une âme qui Vous a tant coûté, périsse.
Jésus, donnez-moi les âmes des pécheurs. Que Votre miséricorde repose en elles. Prenez-moi tout, mais donnez-moi les âmes. Je désire devenir hostie de sacrifice pour les pécheurs. Que l'enveloppe du corps cache mon offrande, puisque Votre sacré-Cœur est aussi caché dans l'hostie et que Vous êtes Vous-même une vivante offrande. Transfigurez-moi en Vous Jésus, pour que je sois une offrande vivante et agréable pour Vous. Je désire Vous donner satisfaction à tout moment pour les pauvres pécheurs. L'offrande de mon âme se cache sous l'enveloppe du corps, l'œil humain ne l'atteint pas. C'est pour cela qu'elle est pure et qu'elle Vous est agréable. Ô mon Créateur, Père de grande miséricorde, j'ai confiance en Vous, car Vous êtes la bonté même ! N'ayez pas peur de Dieu, vous, les âmes ! Mais ayez confiance en Lui, car Il est bon et Sa miséricorde est infinie.

908. Nous nous connaissons mutuellement, le Seigneur et moi dans la demeure de mon cœur. Oui, c'est moi, qui vous accueille maintenant. Vous êtes mon Hôte dans la maisonnette de mon cœur. Mais le temps approche où Vous m'inviterez en Votre demeure, celle que Vous m'avez préparée depuis la création du monde. Oh ! Que suis-je comparée à Vous Seigneur !

909. Le Seigneur me conduit dans un monde, qui m'est inconnu. Il me fait connaître Sa grande grâce. Mais moi, j'en ai peur et autant qu'il me sera possible, je ne me soumettrai pas à Son influence jusqu'à ce que je me sois assurée auprès de mon directeur de ce qu'est cette grâce.

910. À un certain moment la présence de Dieu transperça tout mon être et mon esprit fut étrangement éclairé en ce qui concerne l'Être Divin. Il m'a admise à la connaissance de Sa vie intérieure. J'ai vu en esprit les Trois Personnes Divines, mais Leur Être est un. Il est Seul, Seul et unique, mais en Trois Personnes. Aucune d'Elles n'est ni plus petite, ni plus grande. Il n'y a de différence ni en beauté, ni en sainteté, car Elles sont Un. Elles sont absolument Un. Son amour m'a transportée dans cette connaissance, et m'a unie à Lui. Lorsque j'étais unie à Une Personne, j'étais également unie à la Seconde, et à la Troisième. Car lorsque nous nous unissons à l'Une des personnes de la sainte Trinité, par là même nous nous unissons également aux Deux autres. Une est Leur volonté. Un est Dieu, quoique en Trois Personnes.
Lorsque l'âme est en relation avec l'Une des trois Personnes, par la puissance de la Même Unique Volonté, elle se trouve unie aux Trois Personnes. Et elle est inondée du bonheur qui procède de la Sainte Trinité. Les saints se nourrissent de ce bonheur. Semblable bonheur jaillit de la Sainte Trinité, rends heureux tout ce qui est créé, fait jaillir la vie, donne et entretien toute vie qui prend son commencement en Lui ! En ces moments, mon âme a éprouvé de si grands délices divins qu'il m'est difficile de l'exprimer. Soudain, j'ai entendu ces paroles ainsi formulées : « Je veux t'épouser ». La peur transit mon âme.


911. Mais sans inquiétude, je considérais quelles pouvaient être ces épousailles. Cependant à chaque fois la peur transperce mon âme. Mais mon âme reste calme cependant, d'un calme soutenu par la grâce d'En-Haut. Cependant, j'ai fait mes vœux perpétuels, et je les ai faits avec une volonté sincère et consciente. J'ai donc continué à m'interroger sur ce que cela signifiait. Je sens et je pénètre que c'est une grâce exceptionnelle. Quand je la considère, je défaille après Dieu. Mais en cette défaillance mon esprit reste clair et pénétré de lumière.
Lorsque je suis unie à Lui, je défaille d'un excès de bonheur, mais mon esprit est clair et pur, sans ombres. Vous abaissez Votre Majesté pour demeurer avec une pauvre créature. Merci, Seigneur, pour cette grande grâce qui me rend capable d'avoir des relations avec Vous Jésus. Votre Nom est un délice pour moi. Je pressens de loin mon Bien-Aimé et mon âme languissante repose dans Ses bras. Je ne peux pas vivre sans Lui. J'aime mieux être avec Lui dans les souffrances et les supplices, que sans Lui dans les plus grands délices du Ciel.

912. 2. II. 1937. Un recueillement divin pénètre aujourd'hui mon âme depuis le matin. Pendant la Sainte Messe, je pensais voir le petit Jésus comme je le vois souvent. Cependant aujourd'hui j'ai vu Jésus crucifié pendant la Sainte Messe. Jésus était cloué à la Croix et dans de grands supplices. Mon âme et mon corps furent pénétrés des souffrances de Jésus de façon réellement douloureuse, quoique invisible.

913. Oh ! Quels terribles mystères ont lieu pendant la Sainte Messe. Un grand mystère s'accomplit pendant la Sainte Messe. Avec quelle piété devrions-nous écouter et prendre part à cette mort de Jésus. Nous connaîtrons un jour ce que Dieu accomplit pour nous à chaque Messe et quel don Il y prépare pour nous. Seul Son amour divin a pu vouloir nous gratifier d'un tel don. Ô Jésus, mon Jésus, mon âme est pénétrée d'une si grande douleur quand je vois cette source de vie jaillissant avec tant de douceur et de puissance pour chaque âme et que je vois aussi, malgré cela des âmes flétries et qui dépérissent par leur propre faute. Ô mon Jésus, faites que la puissance de la miséricorde s'empare de ces âmes !

914. Ô Marie, c'est aujourd'hui que le terrible glaive pénétra Votre Sainte âme ! A part Dieu, personne ne connaît Votre souffrance. Votre âme n'est pas brisée, mais elle est courageuse, car elle est avec Jésus. Douce Vierge, unissez mon âme à Jésus, car ce n'est qu'alors que je pourrai endurer toutes les épreuves et les expériences. Et ce n'est qu'en union avec Jésus que mes petits sacrifices seront agréables à Dieu. Très douce Mère, instruisez-moi de la vie intérieure. Que le glaive des souffrances ne me brise jamais ! Ô Vierge pure, versez en mon cœur le courage, et gardez-le !

915. Aujourd'hui est un jour exceptionnel pour moi, quoique j'aie éprouvé beaucoup de souffrances, mon âme est inondée d'une grande joie. Dans la chambre voisine il y avait une juive très malade. Je suis allée la voir il y a trois jours, et j'ai ressenti une douleur en mon âme en voyant qu'elle allait mourir bientôt et que la grâce de Saint baptême ne laverait pas son âme. J'ai parlé avec la Sœur garde-malade de ce qu'il faudrait la baptiser quand viendra le dernier moment. Mais il y avait une difficulté, c'est que les Juifs l'entouraient constamment. Cependant j'ai senti une inspiration en mon âme, celle de prier devant l'image que Jésus m'a fait peindre. J'ai ma brochure et sur la couverture il y a une reproduction de l'image de la miséricorde divine. J'ai dit au Seigneur : « Jésus, Vous m'avez dit Vous-même que Vous accorderez beaucoup de grâces par cette image. Je Vous prie donc de donner la grâce du Saint Baptême à cette Juive. Peu importe qui la baptisera, pourvu qu'elle soit baptisée. » Après ces mots, je me suis sentie étrangement tranquillisée et j'ai une complète certitude que malgré les difficultés, l'eau du saint Baptême coulera sur son âme.

Et la nuit alors qu'elle était très faible, je me suis levée trois fois pour veiller, guettant le moment propice de pouvoir lui accorder cette grâce. Le matin, elle se sentait un peu mieux. Dans l'après-midi le dernier moment commença à approcher. La Sœur garde-malade a dit, qu'il sera difficile de lui accorder cette grâce, car ils sont près d'elle. Le moment est venu où la malade commença à perdre connaissance, ils ont alors commencé à sortir, les uns pour chercher le médecin, les autres ailleurs, pour sauver la malade. Et il est arrivé qu'elle est demeurée seule et la Sœur garde-malade lui administra le Saint baptême. Et avant qu'ils fussent tous revenus, son âme était bien belle, ornée de la grâce de Dieu et l'agonie commença de suite. Elle dura peu de temps et la malade semblait s'être endormie. Soudain j'ai vu son âme d'une délicieuse beauté entrant dans le Ciel. Oh ! Quelle est belle l'âme habitée de la grâce sanctifiante ! La joie a régné dans mon âme parce que je lui ai obtenu une si grande grâce en priant devant cette image !

916. Que la miséricorde divine est grande ! Que chaque âme la loue ! Ô mon Jésus, cette âme va Vous chanter l'hymne de la miséricorde pendant toute l'éternité !
Je n'oublierai pas l'impression que j'éprouvais dans mon âme ce jour là. C'est déjà la seconde grâce que j'ai obtenue ici pour les âmes devant cette image. Oh ! Que le Seigneur est bon et plein de pitié ! Jésus, comme je Vous remercie pour ces grâces !

917. 5. II. 1937. Mon Jésus, malgré tout, je désire beaucoup m'unir à Vous. Jésus, si cela se peut, prenez-moi chez Vous, car il me semble que mon cœur va mourir de nostalgie de Vous ! Oh ! Combien je ressens que je suis en exil ! Quand donc me trouverai-je dans la maison de notre Père et quand vais-je m'abreuver du bonheur qui jaillit de la Sainte Trinité ? Mais si Votre Volonté est que je vive encore et que je souffre, alors je désire ce que Vous m'avez destiné. Gardez-moi sur terre tant qu'il Vous plaira, serait-ce jusqu'à la fin du monde. Ô volonté de mon Seigneur, soit le délice et l'émerveillement de mon âme ! Bien que la terre soit si peuplée, je me sens toute seule et la terre m'est un terrible désert. Ô Jésus, Jésus, Vous savez et connaissez la grande ardeur de mon cœur, Vous seul, Ô Seigneur, pouvez me combler !.

918. Aujourd'hui, lorsque j'ai fait la remarque à une certaine jeune fille que de causer des heures entières dans un corridor avec des hommes ne convenait pas à une jeune fille comme il faut, elle m'a demandé pardon et m'a promis de se corriger. Puis elle s'est mise à pleurer lorsqu'elle a reconnu sa déraison. Quand je lui ai dit ces quelques mots à propos de la morale, les hommes de la salle entière sont accouru et ont écouté cette instruction. Même les Juifs en ont entendu quelque peu à leur propos. Une certaine personne m'a dit après qu'ils avaient appliqué l'oreille au mur et avaient écouté avec recueillement. Je sentais étrangement qu'ils écoutaient, mais j'ai dit ce que j'avais à dire. Les murs ici sont si minces que l'on entend même si l'on parle bas.

919. Il y a ici chez nous une personne qui autrefois était notre élève, et naturellement elle met ma patience à l'épreuve. Elle me rend visite plusieurs fois par jour. Après chacune de ses visites, je suis fatiguée. Mais je vois que Jésus m'a envoyé cette âme. Soyez loué en tout, ô Seigneur ! La patience rend gloire à Dieu. Oh ! Que les âmes sont pauvres !

920. 6. II. 1937. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Ma fille, on me dit que tu possèdes beaucoup de simplicité, pourquoi donc ne Me parles-tu pas de tout ce qui te concerne, même des moindres détails ? Parle-Moi de tout ! Sache, que cela Me procure beaucoup de joie ! » J'ai répondu : « Mais puisque Vous savez tout, Seigneur ! » Jésus m'a répondu : « Oui, Je sais tout. Mais le fait que Je sache ne t'excuse pas, toi. Dis-moi tout avec la simplicité d'un enfant, parce que J'ai l'oreille et le Cœur à ton écoute et que ta parole M'est agréable. »

921. Lorsque j'ai commencé cette grande neuvaine à trois intentions, j'ai aperçu par terre un petit ver et j'ai pensé : « Comment est-il arrivé ici au milieu de l'hiver ? » Alors j'ai entendu dans mon âme ces mots : « Vois-tu, je pense à lui et je l'entretiens. Et qu'est-il en comparaison à toi ? Pourquoi ton âme s'est-elle inquiétée durant un instant ? » J'ai demandé pardon au Seigneur pour cet instant. Jésus veut que je sois toujours une enfant, que je m'en remette à Lui de tout souci et que je me soumette aveuglement à Sa Sainte Volonté. Lui se charge de tout.

922. 7. II. 1937. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : J'exige de toi une offrande parfaite et l'holocauste de ta volonté. Aucune autre offrande ne peut être comparée à celle-là. Je dirige Moi-même ta vie et J'arrange tout de manière à ce que tu Me sois une continuelle offrande et que tu fasses toujours Ma volonté. Pour faire cette offrande tu vas t'unir à Moi sur la Croix. Je sais ce que tu peux. Je vais te commander beaucoup de choses directement. Je vais retarder la possibilité de leur accomplissement et les subordonner aux autres. Mais ce que les Supérieures n'atteindront pas, Je vais l'accomplir Moi-même directement dans ton âme et, dans les plus secrètes profondeurs. L'offrande sera parfaite et elle sera un holocauste, non pour un temps seulement, mais sache le, Ma fille, cette offrande durera jusqu'à la mort. Viendra le temps où Moi, le Seigneur Je réaliserai chacun de tes désirs. J'ai une prédilection pour toi, comme pour une hostie vivante. N'aie peur de rien, Je suis avec toi. »

923. Aujourd'hui j'ai reçu un billet de ma Supérieure disant qu'il m'est défendu d'être au chevet des mourants et des agonisants. J'enverrai donc à ma place l'obéissance et c'est elle qui soutiendra les âmes agonisantes. Telle est la volonté divine, cela me suffit. Ce que je ne comprends pas maintenant, je l'apprendrai plus tard.

924. 7. II. 1937. Aujourd'hui, j'ai prié plus ardemment que jamais à l'intention du Saint Père et de trois prêtres pour que Dieu les inspire sur ce qu'Il attend de moi, car c'est d'eux que dépend la réalisation. Oh ! Comme je suis contente que le Saint Père se porte mieux. J'ai entendu aujourd'hui Son allocution au Congrès Eucharistique et je me suis transportée là-bas en esprit pour recevoir la bénédiction apostolique.

925. 9. II. 1937. Fin du carnaval. En ces deux derniers jours du carnaval, il m'a été donné de voir la multitude des punitions et des péchés. Le Seigneur m'a fait connaître en un instant les péchés du monde entier commis en ces jours. Je me suis évanouie de frayeur et, bien que je connaisse toute la profondeur de la miséricorde divine, je suis étonnée que Dieu permette à l'humanité d'exister. Et le Seigneur me fit comprendre que ce qui soutient l'existence de cette humanité, ce sont les âmes choisies. Lorsque la mesure de ceux qui sont choisis sera comble, le monde cessera d'exister.
Pendant ces deux jours, j'ai communié avec une intention d'expiation et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, j'offre tout, aujourd'hui, pour les pécheurs.

926. Que les coups de Votre Justice retombent sur moi et que l'océan de la miséricorde engloutisse les pauvres pécheurs. » Le Seigneur entendit ma demande et beaucoup d'âmes sont revenues à Lui, tandis que moi, j'agonisais sous le joug de la justice divine. Je sentais que j'étais l'objet de la colère du Dieu Très Haut. Le soir j'ai souffert d'un tel délaissement spirituel que des gémissements s'élevaient involontairement de ma poitrine. J'ai fermé la porte de ma chambre à clef et j'ai commencé l'adoration, c'est-à-dire l'Heure Sainte. L'abandon intérieur et la justice divine que je ressentais, me tinrent lieu d'oraison. Les gémissements et la douleur qui s'élevaient de mon âme, prirent la place de la douce conversation avec le Seigneur.

927. Soudain, j'ai aperçu le Seigneur, qui me pressa contre Son Cœur et me dit : « Ma fille, ne pleure pas, car je ne puis supporter tes larmes. Je te donnerai tout ce que tu demandes, mais cesse de pleurer. » Une grande joie m'envahit et mon esprit, comme d'habitude se perdit en Lui comme en son unique trésor. Ce jour-là, encouragée par Sa bonté, j'ai causé plus longtemps avec Jésus.

928. Tandis que je reposais près de Son doux Cœur, je Lui ai dit : « Jésus, j'ai tant à Vous dire. » Et le Seigneur me dit aimablement : « Parle, Ma fille ! ». J'ai commencé à me répandre en plaintes sur les douleurs de mon cœur : C'est-à-dire que toute l'humanité me tient tant à coeur que tous ne Vous connaissent pas autant que Vous êtes digne d'être aimé. D'autre part je vois combien les pécheurs Vous offensent terriblement ou bien je vois aussi comme les fidèles sont opprimés et persécutés, surtout Vos serviteurs. Je vois aussi beaucoup d'âmes qui courent aveuglément vers le terrible gouffre de l'enfer. Voilà Jésus la douleur qui s'enfonce dans mon cœur et mes os ! Quoique Vous me favorisiez de Votre amour particulier et inondiez mon cœur des torrents de Vos joies, pourtant cela n'apaise pas les souffrances que je Vous ai citées ? Mais bien au contraire, elles pénètrent plus vivement mon pauvre cœur. Oh ! Comme je désire ardemment que toute l'humanité se tourne avec confiance vers Votre miséricorde. Alors mon cœur sera soulagé en voyant la gloire de Votre Nom.

Jésus a écouté ces épanchements de mon cœur gravement et avec intérêt, comme s'Il n'en savait rien, comme s'Il cachait de moi Sa connaissance de ces choses. Et moi, j'étais comme gênée de ce que je disais. Le Seigneur m'a dit « Ma fille, la parole de ton cœur M'est agréable et par la récitation de ce chapelet tu rapproches l'humanité de Moi. » Après cela je me suis vue seule, mais la présence de Dieu est toujours dans mon âme.

929. Ô mon Jésus, quand j'irai vers Vous et que Vous me comblerez de Vous-même, ce sera pour moi la plénitude du bonheur. Pourtant je n'oublierai pas l'humanité. Je désire soulever le voile du ciel pour que la terre ne doute pas de la miséricorde divine. Mon repos sera de proclamer Votre miséricorde. L'âme rend la plus grande à son Créateur lorsqu'elle se tourne avec confiance vers la miséricorde divine.

930. C'est aujourd'hui le Mercredi des Cendres. Pendant la Sainte Messe j'ai ressenti un court instant la Passion de Jésus dans mes membres. Le Carême est un temps particulièrement favorable pour les travaux sacerdotaux. Il faut venir en aide aux prêtres pour sauver les âmes.

931. J'ai écrit, il y a quelques jours à mon directeur lui demandant la permission de pratiquer certaines petites mortifications pendant le Carême. Parce que je n'ai pas la permission du médecin d'aller en ville, j'ai du régler cela par écrit, mais c'est déjà aujourd'hui Mercredi des Cendres et je n'ai pas encore de réponse. Le matin, après la Sainte Communion, j'ai prié Jésus d'éclairer mon directeur de Sa lumière pour que j'aie sa réponse. Et j'ai eu connaissance dans mon âme que le Père n'est pas contraire à ce que je pratique ces mortifications dont je lui ai parlées et qu'il m'accordera sa permission. J'ai alors tranquillement commencé à les pratiquer. Le même jour dans l'après-midi, je reçois une lettre de Père me faisant savoir qu'il m'accorde volontiers la permission de pratiquer ce que je lui avais demandé. J'étais très contente que ma connaissance intérieure ait perçu avec justesse l'opinion de mon Père spirituel.

932. Alors j'ai entendu ces mots dans mon âme : « Tu recevras une plus grande récompense pour ton obéissance et ta soumission envers le confesseur que pour ces mortifications que tu vas t'imposer. Sache cela Ma fille, et agis ainsi : la moindre chose, marquée du sceau de l'obéissance, est agréable à Mon Cœur et grande à mes yeux ! »

933. Les petites pratiques pendant le Carême. Je ne puis plus m'imposer de grandes mortifications comme auparavant, malgré mon grand désir et mon envie, car je suis sous contrôle médical. Mais je peux pratiquer de petites choses : - dormir sans oreiller - avoir un peu faim - chaque jour réciter le chapelet que le Seigneur m'a appris, les mains étendues, - parfois prier les mains étendues pendant un temps indéterminé sans formuler ma prière. L'intention : obtenir aux pauvres pécheurs la miséricorde divine et aux prêtres la puissance de briser la dureté des cœurs enclins au péché.

934. Mon union avec les âmes agonisantes est aussi étroite qu'avant. J'accompagne souvent de bien loin une âme agonisante. Mais ma plus grande joie est de voir la promesse de la miséricorde divine s'accomplir dans ces âmes. Le Seigneur est fidèle à Ses promesses.

935. Une personne malade dans notre section de l'hôpital était en train de mourir, elle était dans de grands tourments. Pendant trois jours, elle agonisait par moments, puis elle reprenait connaissance. Tout le monde dans la salle priait pour elle. Le désir me prit d'y aller aussi, mais la Mère Supérieure m'avait défendu d'assister les agonisants. Je priai donc dans ma chambre particulière pour cette âme, mais j'entendis qu'elle souffrait encore et on ne savait pas quand cela pourrait finir. Alors soudain, quelque chose m'a dit de prier Jésus et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, si tout ce que je fais Vous est agréable, je vous en prie, permettez, en témoignage que cette pauvre âme ne souffre plus, mais qu'elle passe immédiatement au bonheur éternel. » Quelques minutes après cela, j'ai appris qu'elle s'éteignit si tranquillement et si vite qu'on n'a pas même eu le temps d'allumer le cierge.

936. Je noterai encore un mot à propos de mon directeur de conscience. C'est étrange qu'il y ait si peu de prêtres capables de donner à l'âme puissance, courage et force, pour qu'elle continue d'avancer sans fatigue. Sous une telle direction, l'âme, même si elle a peu de forces peut faire beaucoup pour la gloire de Dieu. Et j'ai découvert ici un secret c'est que le confesseur ou plutôt le directeur ne dédaigne pas les plus petites choses que l'âme lui présente. Quand l'âme s'aperçoit qu'elle est contrôlée en cela, elle commence à s'y exercer et ne manque pas la plus petite occasion de pratiquer cette vertu et elle évite les moindres fautes. Et de ces efforts s'élève dans l'âme un temple très beau, bâti de ces petites pierres. Si, au contraire, l'âme se rend compte que le directeur dédaigne ces petites choses, elle aussi commencera à les dédaigner. Elle cessera d'en rendre compte à son confesseur. Et ce qui est pire encore, elle commencera à se négliger dans les petits détails. Ainsi, au lieu d'avancer, elle reculera lentement. Et elle ne s'en apercevra que lorsqu'elle tombera en des fautes plus graves. Ici se pose une sérieuse question : qui est fautif ? Elle ou le confesseur, c'est-à-dire le directeur ? Je pencherais plutôt pour le directeur. Il me semble qu'il faut imputer toute la faute à l'imprudence du directeur. La faute de l'âme est qu'elle s'est elle-même choisie son directeur. Le directeur aurait pu mener l'âme à la sainteté par les voies de la volonté divine. L'âme devrait prier très ardemment et très longtemps pour avoir un directeur.

937. Et elle devrait demander que Dieu daigne Lui-même, lui en choisir un. Ce qui commence en Dieu, sera à Dieu. Et ce qui commence d'une manière purement humaine restera humain. Dieu est si miséricordieux que pour aider l'âme, Il lui assigne Lui-même un chef spirituel. Et Il donnera à l'âme la connaissance de la personne à qui l'âme doit dévoiler comme devant Jésus Seul, ses plus secrètes profondeurs. Lorsque l'âme considèrera et reconnaîtra que c'est Dieu qui dirige cela, qu'elle prie bien ardemment pour ce directeur afin qu'il puisse bien la connaître à la lumière divine. Qu'elle ne change pas de directeur, à moins que ne survienne quelque chose de sérieux ! Comme elle a beaucoup prié pour connaître la volonté divine avant le choix du directeur, de même si elle veut en changer, qu'elle prie beaucoup et ardemment pour savoir si c'est vraiment la volonté divine qu'elle en choisisse un autre. Si elle ne voit pas la volonté formelle de Dieu, qu'elle n'en change pas ! Car seule l'âme n'ira pas loin et Satan ne désire que cela, que l'âme qui aspire à la sainteté se dirige elle-même. Et alors il n'y a pas de doute, elle n'arrivera pas à la sainteté. Il y a une exception, c'est lorsque Dieu dirige l'âme directement Lui-même.

938. Mais le directeur s'apercevra tout de suite que l'âme est dirigée par Dieu seul. Dieu lui permettra de reconnaître cela clairement et distinctement. Dans ce cas l'âme doit être sous un contrôle plus strict encore que d'autres. Et le rôle du directeur consistera moins à diriger et à indiquer la voie que l'âme doit suivre, qu'à juger et à approuver que l'âme est dans la bonne voie et qu'un bon esprit la dirige. Le directeur devrait être non seulement saint, mais aussi expérimenté et prudent. L'âme devrait préférer son opinion à l'opinion de Dieu même. Alors elle sera à l'abri des illusions et des déviations. L'âme qui ne soumettrait pas ses inspirations au strict contrôle de l'Eglise, c'est-à-dire de son directeur, par cela même fait supposer qu'un mauvais esprit la dirige. Le directeur doit être très prudent à cet égard et il doit éprouver l'âme par obéissance. Satan peut se dissimuler sous le manteau de l'humilité. Mais il ne sait pas se revêtir du manteau de l'obéissance.
Et là toute son action le trahit. Mais le directeur ne devrait pas avoir trop peur. Car si Dieu remet cette âme exceptionnelle sous sa protection, Il lui donnera aussi une grande lumière divine à cet égard. Autrement comment pourrait-il juger les grands mystères qui se passent entre l'âme et Dieu ?

939. J'ai beaucoup souffert moi-même et j'ai été très éprouvée sous ce rapport. C'est pourquoi j'écrit seulement ce que j'ai moi-même éprouvé. J'ai fait beaucoup de neuvaines et de pénitences, j'ai récité beaucoup de prières avant que Dieu ne m'envoie le prêtre qui comprendrait mon âme. Il y aurait beaucoup plus d'âmes saintes, s'il y avait plus de directeurs expérimentés et saints. Plus d'une âme, qui aspire sincèrement à la sainteté ne sait pas se débrouiller seule quand viennent les moments d'épreuves. Et elle quitte alors la voie de la perfection. Ô Jésus, donnez-nous des prêtres zélés et saints !

940. Oh ! Quelle est grande la dignité du prêtre, mais comme sa responsabilité est grande aussi ! On vous a beaucoup donné, ô prêtres, mais on exigera aussi beaucoup de vous...

941. 11. II. 1937. C'est aujourd'hui vendredi. Pendant la Sainte Messe j'ai ressenti des douleurs dans mon corps : dans mes mains, mes pieds et mon côté. Jésus permet ceci comme expiation pour les pécheurs. Cela ne dure pas longtemps, mais la souffrance est grande. Je ne souffre pas plus de quelques minutes, mais j'en garde longtemps une très vive impression.

942. Aujourd'hui mon âme se sent si délaissée que je ne peux me l'expliquer moi-même. Je voudrais me cacher aux yeux des hommes et pleurer sans fin. Personne ne peut comprendre un cœur blessé par l'amour. Et quand il se sent délaissé, personne ne le consolera. Ô âmes des pécheurs, vous m'avez pris le Seigneur, mais c'est bien ainsi. Reconnaissez comme le Seigneur est doux. Que tout l'océan de votre amertume m'inonde le cœur, je vous ai donné toutes mes consolations divines !

943. A certains moments, lorsque je me méfie de moi-même, que je suis totalement persuadée de ma faiblesse et de ma misère, j'ai compris que je ne pourrai persévérer qu'en ayant confiance dans l'infinie miséricorde divine. La patience, l'oraison et le silence : voilà ce qui donne des forces à l'âme. Il y a des moments où l'âme doit se taire et où cela ne lui convient pas de parler avec les créatures. C'est quand elle est mécontente d'elle-même et qu'elle se sent faible comme un enfant. Alors, dans ces moments-là, de toutes mes forces je reste près de Dieu, je vis exclusivement de la foi. Et quand je me sens affermie par la grâce de Dieu, je suis plus courageuse pour parler et entrer en relation avec mon prochain.

944. Dans la soirée, le Seigneur me dit : « Repose-toi, mon enfant, auprès de Mon Cœur, Je vois que tu as beaucoup travaillé dans Ma vigne. » Et mon âme fut inondée de joie divine.

945. 12. II. 1937. Aujourd'hui la présence de Dieu me pénètre comme un rayon de soleil. Je languis tellement après Dieu que cela me fait défaillir à chaque instant. Je sens que l'amour éternel touche mon cœur et ma petitesse ne peut le supporter. Elle me fait défaillir. Mais la force intérieure est grande, l'âme veut égaler l'Amour dont elle est aimée. A ces moments l'âme a une très profonde connaissance de Dieu, et plus elle Le connaît, plus son amour pour Lui devient ardent et pur. Oh ! Les mystères de l'âme et de Dieu sont inconcevables. Il arrive parfois que mon âme soit plongée des heures entières dans l'émerveillement en voyant la Majesté divine infinie s'abaisser vers mon âme. Je ne cesse de m'étonner de ce que le Seigneur Très-Haut ait une prédilection pour moi. Il me le dit Lui-même, et moi, cela me plonge plus encore en mon néant, car je sais ce que je suis de moi-même.

Je dois dire cependant que j'aime mon Créateur à la folie par chaque battement de mon cœur et de tout mon être. Mon âme inconsciemment se noie, se perd... en Lui. Je sens que rien ne me séparera du Seigneur, ni le ciel, ni la terre, ni le temps présent, ni l'avenir. Tout peut changer, mais l'amour, jamais, il est toujours le même. Lui, le Souverain immortel me fait connaître Sa volonté pour que je L'aime particulièrement. Et Il rend mon âme capable de l'amour dont il désire être aimé par moi. Je me plonge toujours plus en Lui et je n'ai peur de rien. L'amour occupe tout mon cœur. Même si on me parlait de la Justice divine et que puisque les purs esprits frémissent devant Lui et cachent continuellement leur face devant Sa Sainteté, par conséquent mes relations intimes avec le Seigneur seraient un préjudice pour Son honneur et Sa Majesté, je répondrai non, non et encore une fois non. Tout est contenu dans l'amour pur, le plus grand honneur et la plus profonde adoration. L'âme est plongée en Dieu dans la plus grande paix par l'amour et les paroles des créatures n'ont aucune influence sur elles. Ce qu'elles lui disent de Dieu n'est qu'un pâle aperçu comparé à ce qu'elle éprouve intérieurement en Dieu. Elle s'étonne souvent que les âmes s'émerveillent en entendant ce que l'on dit de Dieu. Pour elles c'est le pain quotidien, car elle sait ce qui se laisse prononcer n'est pas encore si grand. Elle accepte et elle écoute tout avec respect, mais elle a sa propre vie en Dieu.

947. 13. II. 1937. Aujourd'hui, pendant la lecture de la Passion, j'ai aperçu Jésus supplicié, couronné d'épines. Il tenait à la main une tige de roseau. Jésus se taisait et les soldats se bousculaient pour Le torturer. Jésus ne disait rien, Il me regardait seulement et dans ce regard j'ai ressenti un indicible tourment. Nous n'avons même pas idée de ce que Jésus a souffert pour nous avant d'être crucifié. Mon âme est pleine de douleur et de langueur. J'ai éprouvé en mon âme une violente haine pour le péché. La plus petite infidélité me semble une haute montagne, je l'expie par la mortification et la pénitence. Lorsque je vois Jésus supplicié, mon cœur se déchire en lambeaux. Je pense : « Qu'adviendra-t-il des pécheurs s'ils ne profitent pas de la Passion de Jésus ? » Je vois dans Sa Passion un véritable océan de miséricorde.

948. J.M.J. 12. II. 1937.

L'amour divin est la fleur et la miséricorde est le fruit. Que l'âme qui doute, lise ces considérations sur la miséricorde et elle deviendra confiante.
Miséricorde Divine, jaillissant du sein du Père, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, le plus grand attribut de Dieu, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, mystère inconcevable, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, source jaillissant du Mystère de la Sainte Trinité, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, insondable à tout esprit humain ou angélique, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, dont jaillit la vie et le bonheur, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, au-dessus des cieux,
Miséricorde Divine, source de miracles et de merveilles,
Miséricorde Divine, qui enveloppe le monde entier,
Miséricorde Divine, venue sur la terre en la Personne du Verbe Incarné,
Miséricorde Divine, qui coula de la blessure ouverte du Cœur de Jésus,
Miséricorde Divine, contenue dans le Cœur de Jésus pour nous et particulièrement pour les pécheurs,
Miséricorde Divine, insondable dans l'institution de la sainte Eucharistie,
Miséricorde Divine, en l'institution de la Sainte Eglise,
Miséricorde Divine, dans le Sacrement du Saint Baptême,
Miséricorde Divine, notre justification par Jésus-Christ,
Miséricorde Divine, nous accompagnant pendant toute la vie,
Miséricorde Divine, nous enveloppant particulièrement à l'heure de la mort,
Miséricorde Divine, nous gratifiant de la vie éternelle,
Miséricorde Divine, présente à chaque instant de la vie,
Miséricorde Divine, nous préservant du feu infernal,
Miséricorde Divine, pour la conversion des pécheurs insensibles,
Miséricorde Divine, étonnante aux Anges, inconcevable aux Saints,
Miséricorde Divine, insondable dans tous les mystères divins,
Miséricorde Divine, nous relevant de toute misère,
Miséricorde Divine, source de notre bonheur et de notre joie,
Miséricorde Divine, nous appelant du néant à l'existence,
Miséricorde Divine, englobant toutes les œuvres de Ses mains,
Miséricorde Divine, couronnant tout ce qui existe et existera,
Miséricorde Divine, en laquelle nous sommes tous plongés,
Miséricorde Divine, doux apaisement des cœurs tourmentés,
Miséricorde Divine, seul espoir des âmes désespérées,
Miséricorde Divine, repos des cœurs, paix au milieu des frayeurs,
Miséricorde Divine, délice et merveille des âmes saintes,
Miséricorde Divine, éveillant la confiance contre tout espoir, j'ai confiance en Vous !

949. Ô Dieu éternel, dont la miséricorde est insondable, et le trésor de pitié inépuisable, jetez sur nous un regard bienveillant et augmentez en nous Votre miséricorde pour que nous ne désespérions pas dans les moments difficiles, que nous ne perdions pas courage, mais que nous nous soumettions avec grande confiance à Votre Sainte Volonté qui est l'amour et la Miséricorde même.

950. O inconcevable et insondable miséricorde divine,
Qui peut T'adorer et te glorifier dignement ?
Toi, le plus grand attribut du Dieu Tout-puissant
Tu es le doux espoir de l'homme pécheur.

A l'unisson étoiles, terre et mer chantez avec gratitude l'hymne de l'inconcevable miséricorde divine !

951. Mon Jésus, Vous voyez que Votre sainte volonté est tout pour moi ! Ce que Vous ferez de moi m'est indifférent. Vous m'ordonnez de me mettre à l'œuvre ? Je m'y prendrai avec calme quoique je sache en être incapable. Vous m'ordonnez par la bouche de Vos remplaçants d'attendre ? J'attendrai avec patience. Vous remplissez mon âme de ferveur et Vous ne me donnez pas la possibilité d'agir. Vous m'attirez à Vous dans les cieux, et Vous me laissez sur terre. Vous versez dans mon âme la nostalgie de Vous, et Vous Vous cachez à mes yeux. Je meurs du désir de m'unir à Vous pour l'éternité, et Vous ne permettez pas à la mort de s'approcher de moi. Ô volonté divine, Vous êtes la nourriture et le délice de mon âme ! Lorsque je me soumets à la sainte volonté de Mon Dieu, un océan de paix m'inonde.
Ô mon Jésus, Vous ne récompensez pas le succès de l'action, mais la volonté sincère et la peine de l'entreprise, c'est pour cela que je suis tout à fait tranquille. Même si toutes mes initiatives et tous mes efforts étaient anéantis ou ne pouvaient se réaliser, du moment que je fais tout mon possible, le reste ne me concerne pas. C'est pour cela que les plus grandes tempêtes ne troublent pas mon calme profond, la volonté divine demeure en ma conscience.

952. 15. II. 1937. Mes souffrances ont un peu augmenté. Je ressens non seulement de plus grandes douleurs dans les poumons, mais aussi d'étranges douleurs dans les intestins. Je souffre autant que ma faible nature est capable de le supporter. Et j'offre tout pour les âmes immortelles, pour obtenir la miséricorde divine aux pauvres pécheurs et la force aux prêtres. Oh ! Quel grand respect j'ai pour les prêtres ! Et je prie Jésus, le Grand Prêtre, de leur donner beaucoup de grâces.

953. Aujourd'hui après la Sainte Communion le Seigneur m'a dit : « Ma fille, mon délice est de M'unir à toi. La plus grande gloire que tu puisses Me rendre, c'est de te soumettre à Ma volonté. Tu t'attires d'innombrables bénédictions. Je n'aurais pas de prédilection pour toi, si tu ne vivais pas de Ma volonté ! » Ô mon doux Hôte, je suis prête à tous les sacrifices pour Vous. Pourtant Vous savez que je suis la faiblesse même, mais avec Vous je puis tout. Ô mon Jésus, je Vous en supplie, soyez avec moi à chaque instant !

954. 15. II. 1937. Aujourd'hui, j'ai entendu ces paroles dans mon âme : « Hostie agréable à Mon Père, sache, Ma fille, que la Sainte Trinité toute entière a une particulière prédilection pour toi, parce que tu vis exclusivement de la volonté divine ! Aucun sacrifice n'égale celui-là. »

955. À ces mots la connaissance de la volonté divine pénétra mon âme. C'est-à-dire que je regarde tout de plus haut et que j'accepte tous les événements et les désagréments avec amour, comme preuves de la prédilection particulière du Père Céleste.

956. La pure offrande de ma volonté va brûler sur l'autel de l'amour. Pour que mon offrande soit parfaite, je m'unis étroitement au sacrifice de Jésus sur la croix. Et quand sous l'influence de grandes souffrances, ma nature tremblera et que mes forces physiques et spirituelles diminueront, alors je me cacherai profondément dans la blessure ouverte de Cœur de Jésus, sans me plaindre, comme une colombe. Que toutes mes préférences les plus saintes, les plus belles et les plus nobles soient toujours au dernier plan et Votre sainte volonté à la première place. Vos moindres désirs, ô Seigneur, me sont plus chers que le Ciel avec tous ses trésors. Je sais bien que les créatures ne me comprendront pas, c'est pourquoi mon offrande sera plus pure à Vos yeux.

957. Il y a quelques jours, une personne est venue me demander de beaucoup prier à son intention, car elle avait des affaires très importantes et urgentes. Soudain j'ai senti dans mon âme que ces affaires n'étaient pas très agréables à Dieu. Et je lui ai répondu que je n'allais pas prier à cette intention mais que je prierai en général, « Pour vous Madame ». Quelques jours après cette dame est revenue et elle m'a remercié de ne pas avoir prié à cette intention mais pour elle-même. Car elle avait eu en vue des désirs de vengeance envers une personne pour laquelle elle aurait dû avoir du respect en vertu du quatrième Commandement. Jésus changea son cœur et elle avoua sa faute. Je fus pourtant étonnée d'avoir pénétré son secret.

958. J'ai reçu aujourd'hui une lettre de l'abbé Sopocko, qui m'envoie des souhaits pour ma fête. Ses souhaits m'ont réjouie, mais son manque de santé m'a affligée. Je le savais déjà par ma propre intuition, mais je ne savais pas si je pouvais m'y fier. Pourtant il me semble que s'il me l'a écrit lui-même, les autres choses qu'il ne m'a pas écrites, sont vraies aussi et que ma connaissance intérieure ne me trompe pas. Il me recommande de souligner tout ce que je sais ne pas provenir de moi. C'est-à-dire tout ce que Jésus m'a dit, ce que j'entends dans mon âme. Il me l'a déjà demandé plusieurs fois mais je n'en avais pas le temps et, à vrai dire, je ne me dépêchais pas de le faire. Mais comment sait-il que je ne l'ai pas encore fait ? J'étais bien étonnée. Je me mets maintenant de tout cœur à ce travail. Ô mon Jésus, la volonté de Vos remplaçants est très nettement et sans l'ombre d'un doute Votre Sainte Volonté.

959. 16. II. 1937. Aujourd'hui par erreur, je suis entrée dans la chambre voisine et j'ai parlé avec la personne qui y était. Lorsque je suis revenue chez moi, j'ai encore pensé à elle pendant un moment, quand soudain Jésus se tint debout près de moi et Il m'a dit : « Ma fille à quoi penses-tu maintenant ? » Spontanément je me suis serrée contre son Cœur, reconnaissant que j'avais trop longtemps pensé à une créature.


Partager cet article

Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:14

853. 29. XI.1936. Aujourd'hui, après la Sainte Communion, j'entendis dans mon âme une voix : « Ma fille, veille, car Je viendrai sans qu'on Me remarque. » Jésus, vous ne voulez pas me dire l'heure que j'attends avec tant de langueur ? - « Ma fille tu l'apprendras pour ton bien, mais pas maintenant. Veille ! » Ô Jésus, faites de moi ce qu'il Vous plaira ! Je sais que Vous êtes le Sauveur miséricordieux et je sais que Vous ne changerai pas pour moi l'heure de ma mort. Si dès maintenant, Vous me témoignez un amour si particulier et Vous daignez si gracieusement et confidentiellement Vous unir à moi, je m'attends à beaucoup plus à l'heure de ma mort. Vous, le Seigneur, mon Dieu, Vous ne pouvez changer ! Vous êtes toujours le même. Les cieux peuvent changer, ainsi que tout ce qui a été créé, mais Vous, Seigneur, Vous êtes toujours le Même. Vous êtes dans les siècles. Donc venez, comme Vous voulez et quand Vous voulez ! Père infiniment miséricordieux, moi, Votre enfant, j'attends avec nostalgie Votre venue.

Ô Jésus, Vous avez dit dans le Saint Evangile: Vous serez jugés sur vos paroles. Jésus, je parle toujours de Votre indicible miséricorde, donc j'ai confiance que Vous allez me juger selon Votre insondable miséricorde.

854. 30.XII. 1936. l'année finit. Je prends la journée d'aujourd'hui pour ma retraite mensuelle. Mon esprit a approfondi les bienfaits que Vous avez répandus sur moi durant toute l'année. Mon âme a tremblé à la vue de l'immensité des grâces du Seigneur. De mon âme a jailli vers Dieu un hymne d'action de grâces. Toute une heure durant je me suis plongée dans l'adoration et dans l'action de grâces, méditant un à un, les bienfaits de Dieu et aussi mes petits manquements. Tout ce que cette année renfermait s'est engouffré dans l'éternité. Rien ne se perd. Je me réjouis que rien ne se perde.

855. 30. XII. 1936. Retraite d'un jour.

Pendant la méditation du matin, j'ai ressenti une aversion et une répugnance pour tout ce qui est créé. Tout me paraît si pâle, mon esprit est détaché de tout. Je ne désire que Dieu seul, et cependant je dois vivre. C'est un martyre que je ne peux décrire. Dieu se donne à l'âme avec amour et l'entraîne dans les inconcevables profondeurs de la Divinité. Mais en même temps Il la laisse sur cette terre dans le seul but de souffrir et d'agoniser en languissant après Lui. Et ce puissant amour est si pur que Dieu, Lui-même y trouve Son délice. L'amour-propre n'a pas de part à ses actions, car ici tout est parsemé d'amertume, donc tout est très pur. La vie est une perpétuelle mort, douloureuse et terrible. Mais en même temps elle est la base de la vraie vie, du bonheur inconcevable, de la force de l'âme. Et par là même, l'âme est capable de grandes actions pour Dieu.

856. Le soir, j'ai prié pendant quelques heures, d'abord pour mes parents et ma famille, pour la Mère Générale et toute la Congrégation, pour nos élèves, pour trois prêtres à qui je dois beaucoup. J'ai parcouru le monde entier en long et en large et j'ai rendu grâce à l'insondable miséricorde de Dieu pour toutes les grâces données aux hommes. Et je Lui ai demandé pardon pour tout ce qui L'a offensé.

857. Pendant les vêpres, j'ai aperçu Jésus qui a regardé doucement et profondément mon âme. « Prends patience, ma fille, ce ne sera plus long. » Ce regard profond et ces paroles, ont donné à mon âme force, puissance et courage, ainsi qu'une étrange confiance que j'accomplirai tout ce qu'Il exige de moi, malgré tant d'énormes difficultés. Elles introduisirent aussi dans mon âme l'étrange conviction que le Seigneur est avec moi et qu'avec Lui je peux tout. Toutes les puissances du monde et de l'enfer entier ne me sont rien, tout doit s'écrouler de par la puissance de Son Nom. Je remets tout entre Vos mains, ô mon Seigneur et mon Dieu. Unique Chef de mon âme, dirigez-moi d'après Vos désirs éternels !

858. Cracovie, Pradnik I. I. 1937 Jésus, j'ai confiance en Vous !

Aujourd'hui, j'ai dit adieu à l'année 1936 et j'ai salué l'année 1937. C'est avec tremblement et appréhension qu'en cette première heure de l'année j'ai regardé bien en face ce laps de temps. Jésus miséricordieux, j'irai courageusement et bravement dans le combat et les batailles. En Votre Nom, j'accomplirai tout et je vaincrai tout. Mon Dieu, bonté infinie, je Vous en prie que Votre infinie miséricorde m'accompagne toujours et partout !
En entrant dans cette nouvelle année, la peur me prend face à la vie. Mais Jésus éloigne de moi cette peur en me faisant connaître quelle grande gloire Lui procurera cette œuvre de la miséricorde.

859. Il y a des moments dans la vie où l'âme ne trouve d'apaisement que dans une profonde prière. Que les âmes sachent persévérer dans l'oraison ! En de tels moments, c'est une chose bien importante.

860. J. M. J. Jésus, j'ai confiance en Vous !
Résolutions pour l'année 1937, 1er jour du 1er mois.
Résolutions détaillées, toujours les mêmes :
- m'unir au Christ miséricordieux.
- comment aurait fait le Christ dans telle ou telle occasion ?
- embrasser par l'esprit le monde entier, surtout la Russie et l'Espagne.

Résolutions générales.
I. Stricte observance du silence. Calme intérieur.
II. Voir en chaque Sœur l'image de Dieu, de ce motif doit dériver tout l'amour du prochain.
III. A chaque moment de la vie, accomplir fidèlement la volonté de Dieu et en vivre.
IV. Rendre fidèlement compte de tout à mon directeur de conscience et ne rien entreprendre d'important sans m'être entendue avec lui. Je vais tâcher de lui dévoiler clairement les plus secrètes profondeurs de mon âme en me souvenant que c'est à Dieu seul que j'ai affaire, et que ce n'est qu'un homme qui Le remplace. Prier Dieu chaque jour qu'Il lui donne la lumière nécessaire.
V. A l'examen du soir, me poser cette question : « S'Il m'appelait aujourd'hui ? »
VI. Ne pas chercher Dieu au loin, mais demeurer avec Lui en tête-à-tête dans mon cœur.
VII. Dans les épreuves et les contrariétés, recourir au tabernacle et me taire.
VIII. Unir toutes mes souffrances, prières, travaux et mortifications aux mérites de Jésus dans le but d'obtenir miséricorde pour le monde.
IX. Profiter des moments libres, mêmes les plus petits pour prier à l'intention des agonisants.
X. Qu'il n'y ait pas un jour dans ma vie où je ne sollicite Votre grâce pour les œuvres de notre congrégation.
XI. N'avoir jamais aucun égard pour l'opinion humaine. N'être sur pied de familiarité avec personne. Envers nos élèves : avoir une douce fermeté, une patience sans bornes. Les punir sévèrement, mais avec des punitions de ce genre : prière et sacrifice de soi-même. La force contenue dans l'anéantissement de soi est pour elles un constant remords de conscience et cela fléchit leur cœur rebelle.
XII. La présence de Dieu est le fondement de toutes mes actions, mes paroles et mes pensées.
XIII. Profiter de chaque aide spirituelle. Remettre toujours l'amour-propre à sa place, c'est-à-dire la dernière. Faire mes exercices spirituels comme si je les faisais pour la dernière fois de ma vie, et accomplir tous mes devoirs de même.

861. 2. I. 1937. Ô Jésus, qu'il est grand Votre Nom Seigneur ! Il est la puissance de mon âme ! Lorsque les forces m'abandonnent et que les ténèbres envahissent mon âme, Votre Nom devient alors comme un soleil dont les rayons éclairent et réchauffent l'âme. Et sous leur ardeur l'âme embellit et rayonne de l'éclat de Votre Nom. Au doux Nom de Jésus mon coeur bat plus fort. Il y a des moments où en entendant le Nom de Jésus je tombe en défaillance. Mon esprit s'élance vers Vous.

862. Ce jour est pour moi tout particulièrement un grand jour. Ce jour-là, je suis allée pour la première fois m'occuper de la peinture de cette image. Ce jour-là, la Miséricorde divine a été pour la première fois particulièrement honorée au dehors, bien qu'elle soit connue depuis longtemps, mais cette fois-ci sous la forme que le Seigneur souhaitait. Ce jour de Fête du doux Nom de Jésus me rappelle bien des grâces particulières.

863. Aujourd'hui la Mère Supérieure de la Congrégation, qui assure le service de l'hôpital, est venue me voir avec une de ses Sœurs. Nous avons longuement parlé de choses spirituelles. J'ai reconnu en elle une grande ascète. C'est pour cela que notre conversation a été agréable à Dieu.

Aujourd'hui une jeune fille est venue chez moi. J'ai reconnu qu'elle était souffrante, pas tant de corps que d'âme. Je la consolais autant que je pouvais, mais mes paroles de consolation ne suffisaient pas. C'était une pauvre orpheline, son âme était plongée dans l'amertume de la douleur. Elle me dévoila son âme et elle me raconta tout. J'ai compris que de simples mots de consolation ne suffiraient pas ici. J'ai imploré le Seigneur pour cette âme et j'ai offert à Dieu ma joie pour la lui donner à elle, et qu'il m'ôte tout sentiment de joie. Le Seigneur a exaucé ma prière. Pour moi resta la consolation qu'elle avait été consolée.

864. Adoration. Le premier dimanche du mois, pendant l'adoration, je me suis sentie si pressée d'agir que je me suis mise à pleurer. Et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, ne me pressez pas, mais donnez l'inspiration à ceux qui, Vous le savez, retardent cette œuvre. » Et j'ai entendu ces mots : « Ma fille sois tranquille, ce ne sera plus long ! »

865. Pendant les vêpres, j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, Je désire Me reposer en ton cœur, car beaucoup d'âmes M'ont aujourd'hui rejeté de leur cœur. » J'en ai éprouvé une tristesse mortelle. J'ai taché de consoler le Seigneur, en Lui faisant mille fois l'offrande de mon amour. J'ai ressenti en mon âme une grande aversion pour le péché.

866. Mon cœur est constamment abreuvé d'amertume, car je désire aller chez Vous, Seigneur, dans la plénitude de la vie. Ô Jésus, comme cette vie me semble un terrible désert. Il n'y a de nourriture ni pour mon cœur, ni pour mon âme sur cette terre. Je souffre et me languis de Vous, Seigneur. Vous m'avez laissé, ô Seigneur, la Sainte Eucharistie. Mais elle attise davantage encore la nostalgie de mon âme envers Vous, Dieu éternel, mon Créateur. Jésus, je désire m'unir à Vous, daignez entendre les soupirs de Votre bien-aimée. Oh ! Comme je souffre de ne pouvoir encore m'unir à Vous ! Mais qu'il en soit selon Vos désirs !

867. 5. I. 1937. Ce soir, j'ai vu un prêtre qui avait besoin de prières, pour une certaine affaire. J'ai prié ardemment, car cette affaire me tient aussi à cœur. Merci, Jésus pour cette bonté.

868. Ô Jésus miséricordieux, enveloppez le monde entier, et pressez-moi contre Votre Cœur !.... Permettez, Seigneur que mon âme repose dans l'océan de Votre insondable miséricorde !

869. 6. I. 1937. Aujourd'hui, pendant la Sainte Messe, je me suis inconsciemment plongée dans l'infinie Majesté de Dieu. Toute l'immensité de l'amour divin, inondait mon âme, en ce moment précis. J'ai compris combien Dieu s'est abaissé pour moi - ce Seigneur au-dessus de tous les Seigneurs - et que suis-je moi, misérable pour que Vous ayez de telles relations avec moi ? La stupéfaction qui m'a saisie après cette grâce particulière se prolongea avec vivacité pendant toute la journée. Profitant de l'intimité à laquelle le Seigneur m'admet, je L'ai supplié pour le monde entier. Dans de tels moments, il me semble que le monde entier dépend de moi.

870. Mon Maître, disposez ainsi mon cœur : que je n'attende l'aide de personne, mais qu'au contraire je tâche toujours d'aider les autres, de les consoler et de les soulager en tout. J'ai le cœur toujours ouvert aux souffrances d'autrui. Je ne le ferme pas aux souffrances des autres. C'est pour cela que l'on m'appelle, avec une allusion malicieuse, la pelle à poussière. C'est-à-dire, que chacun jette sa douleur dans mon cœur. J'ai répondu, que chacun a sa place en mon cœur. Et moi, en compensation, j'ai ma place dans le Cœur de Jésus. Ces allusions au droit d'amour ne rétrécissent pas mon cœur. Mon âme est toujours sensible sur ce point, et Jésus seul est le mobile de mon amour du prochain.

871. 7. I. 1937. Pendant l'Heure Sainte, le Seigneur me permit de goûter Sa Passion. J'ai partagé l'amertume dont était remplie Son âme durant la Passion. Jésus m'a fait comprendre combien l'âme doit être fidèle à l'oraison malgré les tourments, la sécheresse et les tentations. Car, pour la plupart, c'est d'une telle oraison que dépend la réalisation des desseins de Dieu qui sont parfois bien grands. Si nous ne persévérons pas dans cette oraison, nous déjouons que Dieu voulait accomplir par nous, ou en nous. Que chacun se rappelle ces paroles : « En proie à la détresse, Il priait de façon plus instante. » Je prolonge toujours semblable oraison autant qu'il est en mon pouvoir et en accord avec mes devoirs.

872. 8. 1. 1937. Vendredi matin, lorsque j'allais à la chapelle pour la Sainte Messe, soudain j'ai aperçu sur le trottoir un grand buisson de genévrier dans lequel se trouvait un terrible chat qui me barrait le passage vers la chapelle, me regardant méchamment. Un soupir au Nom de Jésus dispersa tout. J'ai offert toute cette journée pour les pécheurs agonisants. Pendant la Sainte Messe j'ai ressenti d'une manière particulière la proximité du Seigneur. Après la Sainte Communion j'ai regardé le Seigneur avec confiance et je Lui dis : « Jésus, je désire tant Vous dire quelque chose. » Et le Seigneur me regarda avec amour et me dit : « Que désires-tu Me dire ? »- « Jésus, je Vous supplie par l'inconcevable puissance de Votre miséricorde, que toutes les âmes, qui agoniseront aujourd'hui échappent au feu de l'enfer, seraient-ce les âmes des plus grands pécheurs ? C'est aujourd'hui vendredi, commémoration de votre amère agonie sur la Croix et parce que Votre miséricorde est inconcevable, les Anges ne s'en étonneront pas. » Jésus me serra contre Son Cœur et dit : « Ma fille bien-aimée, tu as bien reconnu l'immensité de Ma miséricorde. Je ferai comme tu m'en as prié. Mais unis-toi constamment à Mon Cœur agonisant et donne satisfaction à Ma justice ! Sache que tu M'as priée pour une grande chose. Je vois que cela t'a été dicté par le pur amour que tu as pour Moi. C'est pourquoi Je vais satisfaire tes exigences. »

873. Marie, Vierge Immaculée, prenez-moi sous Votre protection particulière ! Gardez la pureté de mon âme, de mon cœur et de mon corps ! Vous êtes le modèle et l'étoile de ma vie.

874. J'ai éprouvé aujourd'hui une grande souffrance au moment de la visite de nos Sœurs. J'ai appris une chose, qui a profondément blessé mon cœur, cependant je me suis maîtrisée de telle façon que les Sœurs n'ont rien remarqué. Pendant un long moment la douleur déchira mon cœur. Mais tout cela c'est pour les pauvres pécheurs... Ô Jésus pour les pauvres pécheurs... Jésus, ma force, soyez près de moi, secourez-moi !...

875. 10. I. 1937. J'ai prié aujourd'hui le Seigneur de m'accorder des forces pour que je puisse aller communier. « Mon Maître, je Vous prie de tout mon cœur languissant de me donner, si cela est conforme à Votre Sainte Volonté, toutes les souffrances et les faiblesses qu'Il Vous plaît. Je désire souffrir durant la journée et la nuit entière. Mais je Vous en supplie, fortifiez-moi au moment où je dois communier. Vous voyez bien, Jésus, qu'on n'apporte pas la Sainte Communion aux malades. Alors si Vous ne me fortifiez pas pour ce moment-là afin que je puisse descendre à la chapelle, comment puis-je Vous recevoir dans le mystère de l'Amour ? Et Vous savez combien mon cœur languit de Vous. Ô mon doux époux, à quoi bon tant de plaintes ? Vous savez que je vous désire ardemment. Si Vous le voulez, Vous pouvez faire cela pour moi. » Le lendemain matin je me suis sentie tout à fait bien portante : défaillances et faiblesses avaient disparues. Cependant quand je suis revenue de la chapelle, toutes ces souffrances et ces faiblesses me sont immédiatement revenues comme si elles m'attendaient. Mais je n'avais plus du tout peur d'elles, car je m'étais nourrie du Pain des Forts. Je regarde tout bravement droit dans les yeux, même la mort.

876. Ô Jésus caché dans l'hostie, mon doux Maître et fidèle Ami, mon âme est heureuse d'avoir un tel ami, qui me tient toujours compagnie ! Je ne me sens pas seule, bien que je sois dans l'isolement. Jésus Eucharistie, nous nous connaissons, cela me suffit.

877, 12. I. 1937. Aujourd'hui, lorsque le médecin est venu pour visiter les malades, je ne lui ai guère plu. J'étais naturellement plus souffrante et ma température était sensiblement plus élevée. Il va sans dire qu'il a décidé que je ne devais plus descendre pour la Sainte Communion jusqu'à ce que la température ait complètement baissé. J'ai répondu : « Bien, » quoique la douleur ait serré mon cœur. Mais j'ai dit que, si je n'avais pas de fièvre je descendrai. Il consent à cela.

Quand le médecin fut sorti, j'ai dit au Seigneur : « Jésus, maintenant cela dépend de Vous que j'y aille ou non. » Et je n'y ai plus pensé quoique à chaque instant l'idée me venait : « Je ne vais pas pouvoir recevoir Jésus - non, c'est impossible - et non seulement une fois, mais plusieurs fois, jusqu'à ce que la température baisse. » Mais le soir j'ai dit au Seigneur : « Jésus, si mes Saintes Communions Vous sont agréables, je Vous prie humblement de n'avoir pas un seul degré de température demain matin. » Le matin je prends ma température et pense en moi-même : Si j'ai, ne serais-ce qu'un seul degré, alors je ne me lèverai pas, car ce serait contraire à l'obéissance. » Cependant je retire le thermomètre et il n'y avait pas un seul degré de température. J'ai sauté tout de suite au bas de mon lit et je suis allée communier.

Lorsque le médecin est venu et que je lui ai dit que, n'ayant pas un seul degré de température, j'étais allée communier, il en fut étonné. Je l'ai prié de ne pas me faire de difficultés pour aller communier, car cela ne peut avoir une influence défavorable sur ma cure. Il a répondu : « Afin d'avoir la conscience tranquille, et en même temps afin de ne pas vous déranger, ma Sœur, arrangeons-nous de telle sorte qu s'il fait beau temps, s'il ne pleut pas, et que vous vous sentiez bien, alors vous pouvez aller communier. Mais en conscience soyez prudente ! Je me suis réjouie que le médecin ait tant d'égards pour moi. Voyez-Vous, Jésus, ce que je devais faire, je l'ai déjà fait. Maintenant je compte sur Vous et je suis toute à fait tranquille.

878. J'ai vu aujourd'hui le Père Andrasz célébrer la Sainte Messe. Avant l'Elévation, j'ai aperçu le Petit Jésus qui, les petites mains tendues, était très joyeux. Puis, un moment après je ne vis plus rien. J'étais dans ma chambre séparée, continuant à faire mon action de grâces.. Cependant plus tard, j'ai pensé en moi-même : pourquoi l'Enfant Jésus était-Il si gai ? Car Il n'est pas toujours aussi gai, à ce que je vois. Soudain, j'entendis ces mots en mon âme : « Car Je me sens bien dans son cœur. » Et cela ne m'a pas du tout étonnée, car je sais que le Père aime beaucoup Jésus.

879. Mon union avec les agonisants continue d'être très étroite. Oh ! Que la miséricorde divine est inconcevable ! Dieu me permet par mon indigne prière, de venir en aide aux agonisants ! J'essaye, autant qu'il m'est possible, de me trouver auprès de chaque agonisant. Ayez confiance en Dieu car Il est bon et inconcevable. Sa miséricorde dépasse notre compréhension.

880. 14. I. 1937. Aujourd'hui Jésus est entré dans ma chambre particulière. Vêtu d'une robe claire, ceint d'une ceinture d'or, une grande majesté rayonnait de Sa personne et Il a dit : « Ma fille, pourquoi t'abandonnes-tu à des pensées alarmantes ? » J'ai répondu : « Ô Seigneur, Vous savez pourquoi. » Et Il m'a dit : « Pourquoi ? »- « Cette œuvre m'alarme. Vous savez que je suis incapable de l'accomplir. » Et Il a dit : Pourquoi ? » - « Vous voyez bien que je ne suis pas en bonne santé, que je n'ai pas d'instruction, que je n'ai pas d'argent, que je suis un abîme de misère et que les relations avec les gens me font peur. Jésus, je ne désire que Vous. Vous pouvez, Vous, me dispenser de cela. » Et le Seigneur m'a dit : « Ma fille, ce que tu as dit est vrai. Tu es très misérable. Mais il M'a plu de réaliser l'œuvre de la miséricorde, justement par toi, qui est la misère même. N'aie pas peur. Je ne te laisserai pas seule. Fait ce que tu peux dans cette affaire, Moi J'accomplirai tout ce dont tu es incapable. Tu sais ce qui est en ton pouvoir de faire, alors fais-le ! » Le Seigneur a jeté un regard plein de bienveillance au fond de mon être. J'ai cru que j'allais en mourir de joie. Le Seigneur disparut. En mon âme demeurèrent joie, puissance et force d'agir. Mais je suis étonnée de ce que le Seigneur ne veuille pas me dispenser et qu'Il ne change rien à ce qu'il a une fois décidé. Et malgré toutes ces joies, il y a toujours une ombre de douleur. Je vois que l'amour et la douleur vont de pair.

881. J'ai rarement de semblables visions, mai le plus souvent, mon commerce avec le Seigneur s'opère de manière très profonde. Les sens restent assoupis quoique ce soit imperceptible. Et tout ce qui touche à l'être divin, aux vérités révélées, ainsi qu'à la connaissance de ma propre misère, devient pour moi plus réel et plus clair que si je le voyais de mes yeux. En un instant l'esprit discerne plus que durant de longues années de réflexions approfondies et de méditations.

882. Rien ne me dérange dans cette union avec le Seigneur, ni la conversation avec le prochain, ni aucune tâche, quand bien même il s'agirait d'affaires très importantes, cela ne me dérange aucunement. Mon esprit est avec Dieu. Mon cœur est plein de Dieu, je ne le cherche donc pas en dehors de moi-même.

Lui, le Seigneur transperce mon âme, comme le rayon de soleil transperce le verre. Lorsque j'étais enfermée dans le sein de ma mère, je ne lui étais pas aussi unie que je le suis à mon Dieu. Là, c'était l'inconscience. Ici c'est la réalité en plein, ainsi que la conscience de l'union. Mes visions sont purement intérieures. Mais mieux je les comprends, moins je puis les exprimer en paroles.

883. Oh ! Comme le monde spirituel est beau ! Et il est si réel qu'en comparaison, la vie extérieure n'est que vain leurre, impuissance.

884. Jésus, donnez-moi force et sagesse pour que je puisse venir à bout de ce terrible désert, pour que mon cœur sache supporter patiemment la nostalgie de Vous, ô mon Seigneur ! Je demeure toujours dans un saint étonnement, quand je vois que Vous Vous approchez de moi, Vous, le Seigneur possesseur d'un terrible trône, que Vous descendez dans ce misérable exil et venez chez une pauvre mendiante qui n'a rien hors la misère. Je ne sais Vous régaler, mon Prince royal, mais Vous savez que je vous aime de chaque tressaillement de mon cœur. Je vois que Vous Vous abaissez, mais cependant Votre Majesté ne diminue pas à mes yeux. Je sais que Vous m'aimez d'un amour d'Epoux et cela me suffit, bien qu'un grand abîme nous sépare, car Vous êtes le Créateur et moi Votre créature. Pourtant, l'amour seul explique notre union, hors de lui tout est incompréhensible. Seul l'amour explique cette inconcevable intimité avec laquelle Vous me fréquentez. Ô Jésus, Votre grandeur m'effraie et je serais dans un étonnement constant et une peur continuelle, si Vous ne m'apaisiez pas Vous-même. Vous me rendez capable d'avoir commerce avec Vous.

885. 15. I. 1937. La tristesse ne s'installe pas dans un cœur qui aime la volonté divine. Mon cœur languissant après Dieu ressent toute la misère de l'exil. J'avance courageusement, quoique mes pieds se blessent, vers ma patrie. Et en route, je me nourris de la volonté divine. Elle m'est nourriture. Secourez-moi, vous, les heureux habitants de la patrie céleste afin que votre sœur ne faiblisse pas en route. Le désert est terrible, pourtant je marche le front levé et de mes yeux je fixe le soleil, c'est-à-dire Votre Cœur miséricordieux.

886. 19. I. 1937. Ma vie s'écoule maintenant dans une calme conscience de Dieu. Mon âme silencieuse vit de Lui et cette vie consciente de Dieu dans mon âme m'est source de bonheur et de force. Je ne cherche pas de bonheur en dehors de la profondeur de mon âme dans laquelle demeure Dieu. Je suis consciente de cela. Je sens comme un besoin de me communiquer aux autres. Je découvre en mon âme la source du bonheur, c'est Dieu. Ô mon Dieu, je vois que tout ce qui m'entoure est comblé de Dieu. Et c'est mon âme qui est la plus comblée, elle qui est ornée de la grâce de Dieu. Je commence maintenant ce dont je vivrai dans l'éternité.

887. Le silence est un langage si puissant, qu'il atteint le trône du Dieu vivant. Le silence est Sa parole qui, bien que mystérieuse, est puissante et vivante.

888. Jésus, vous me faites voir et comprendre en quoi consiste la grandeur de l'âme : ce n'est pas dans de grandes actions, mais dans un grand amour. L'amour a de la valeur, et c'est lui qui donne de la valeur à nos actions. Et, bien que nos actes soient petits et ordinaires en eux-mêmes, à cause de l'amour, ils deviennent grands et puissants devant Dieu.

889. L'amour est un mystère qui transfigure tout ce qu'il touche en des choses belles et agréables à Dieu. L'amour de Dieu rend l'âme libre. Elle est comme une reine, qui ne connaît pas la contrainte de l'esclavage. Elle entreprend tout avec grande aisance, car l'amour qui l'habite lui donne l'impulsion pour agir. Tout ce qui l'entoure lui fait comprendre que Dieu seul est digne de son amour. L'âme amoureuse de Dieu est plongée en Lui. Elle va à son devoir dans les mêmes dispositions qu'à la Sainte communion. Et elle accomplit la plus simple action avec un grand soin sous le regard amoureux de Dieu. Elle ne se trouble pas lorsque, après un certain temps, quelque chose se révèle peu réussi. Elle reste calme, car au moment d'agir elle a fait ce qui était en son pouvoir. Lorsqu'il arrive que la présence vivante de Dieu la quitte, cette présence dont elle jouit presque sans cesse, elle tâche alors de vivre de foi pure. Cette âme comprend qu'il y a des moments de repos et des moments de lutte. Par la volonté elle est toujours avec Dieu. Cette âme est exercée au combat comme un chevalier, elle voit de loin où l'ennemi se cache et elle est prête à la lutte. Elle sait qu'elle n'est pas seule, Dieu est sa force.
 

Partager cet article

Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:11

0804. Faustine ch.

804. L'immaculée Conception de la Mère de Dieu.

Dès le matin, j'ai ressenti la proximité de la Très Sainte Vierge pendant la Sainte Messe. Je La vis si belle que les mots me manquent pour décrire cette beauté, même en partie. Elle était toute blanche, ceinte d'une écharpe bleue, le manteau bleu aussi, une couronne sur la tête. De toute sa personne rayonnait une lumière inconcevable. « Je suis la Reine du ciel et de la terre, mais surtout votre mère. » Elle me serra contre Son Cœur et dit : « J'ai compassion de toi. » Je sentis la force de Son Cœur immaculé se communiquer à mon âme. Maintenant, je comprends pourquoi depuis deux mois je me préparais et j'attendais cette fête avec impatience. Depuis aujourd'hui, je tâche d'avoir l'âme aussi pure que possible pour que les rayons de la grâce Divine s'y reflètent dans toute leur lumière. Je désire être un cristal pour Lui plaire.

805. Ce jour-là, je vis un certain prêtre éclatant de sa lumière à Elle. Sûrement cette âme aime l'Immaculée.

806. Une étrange langueur s'empara de mon âme, je m'étonne qu'elle ne sépare pas l'âme du corps. Je désire Dieu, je désire me noyer en Lui. Je comprends que je suis dans un terrible exil. De toute sa force, mon âme s'élance vers Dieu. Ô habitants de ma patrie, souvenez-vous de l'exilée ! Quand les voiles tomberont-ils pour moi aussi ? Quoique je voie et que je sente approximativement quand, cependant un voile très fin me sépare encore du Seigneur. Je désire Le regarder face à face, mais que tout se fasse selon Votre volonté !

807. 11. XII.1936. Aujourd'hui, je ne pus assister à la Sainte Messe toute entière. J'assistai seulement aux parties les plus importantes et, après avoir reçu la Sainte Communion, je me retirai tout de suite dans ma solitude. Soudain je fus envahie par la présence Divine. Et à ce moment je sentis la Passion du Seigneur pendant un très court moment. Alors je connus plus profondément l'œuvre de la miséricorde.

808. Dans la nuit, je fus soudainement éveillée et je compris qu'une âme avait grand besoin de prières. En peu de mots, mais de toute mon âme, je priai le Seigneur de lui accorder la grâce.

809. Le lendemain après-midi en entrant dans la salle, je vis une personne mourante et j'ai appris que l'agonie avait commencé pendant la nuit. J'ai constaté que c'était au moment où l'on me demandait des prières. Tout à coup, j'entendis dans mon âme une voix : « Dis ce chapelet que Je t'ai enseigné ! » Je courus chercher mon rosaire. Et je m'agenouillai près de l'agonisante et je commençai avec toute l'ardeur de mon âme à dire ce chapelet. Soudain la moribonde ouvrit les yeux. Elle me regarda et je n'eus pas le temps d'achever le chapelet qu'elle était morte dans une étrange paix. Je priais ardemment le Seigneur de tenir la promesse qu'Il m'avait faite pour la récitation de ce chapelet. Le Seigneur me fit connaître que cette âme avait reçu la grâce que le Seigneur m'avait promise. Cette âme était la première qui ait obtenu la promesse du Seigneur. Je sentais la force de la miséricorde qui entourait cette âme.

810. En rentrant dans ma solitude, j'entendis ces mots : « Je défends chaque âme à l'heure de la mort comme Ma propre gloire. Que l'on récite ce chapelet soi-même, ou bien que d'autres le récitent pour l'agonisant, l'indulgence est la même. Quand on le récite auprès de l'agonisant, la colère divine s'apaise, la miséricorde insondable s'empare de son âme et les profondeurs de Ma miséricorde sont émues par la douloureuse Passion de Mon Fils. »
Oh ! Si l'on pouvait comprendre combien est grande la miséricorde du Seigneur et que nous en avons tous besoin, surtout à cette heure décisive !

811. Aujourd'hui j'ai lutté contre les esprits des ténèbres à propos d'une âme. Comme Satan hait terriblement la miséricorde divine, je vois qu'il s'oppose à toute cette œuvre.

812. Ô Jésus miséricordieux, étendu sur la croix, souvenez-vous de l'heure de notre mort ! Ô Cœur très miséricordieux de Jésus, ouvert par la lance, cachez-moi à l'heure dernière de ma mort ! Ô Sang et Eau qui avez jailli du Cœur de Jésus, soyez pour moi des sources de miséricorde insondable à l'heure de ma mort ! Jésus mourant, otage de miséricorde, apaisez la colère de Dieu à l'heure de ma mort !

12. XII. 1936. Aujourd'hui j'ai seulement reçu la Sainte Communion et j'assisterai quelques instants à la Sainte Messe. Toute ma force est en Vous, Pain vivant ! Il me serait difficile de vivre un jour, si je n'allais pas communier. Vous êtes mon bouclier. Sans Vous, Jésus je ne saurais vivre !

814. Jésus, mon Amour, m'a fait comprendre aujourd'hui qu'il m'aime beaucoup, quoiqu'il y ait un si grand abîme entre nous : le Créateur et la créature. Et cependant il y a une sorte d'égalité : l'amour qui comble cet abîme, Lui-même se penche vers moi et me rend capable d'être en union avec Lui. Je suis noyée en Lui, comme si je me perdais complètement. Et cependant, sous Son regard miséricordieux mon âme prend de la vigueur et de la force. Elle prend conscience qu'elle aime et est particulièrement aimée. Elle sait que le Tout-Puissant la défend. Une telle prière, quoique courte apporte cependant beaucoup à l'âme. Et des heures entières de prière ordinaire ne lui donnent pas autant de lumière qu'un court moment de prière intense.

815. L'après-midi j'étais pour la première fois dans la véranda. Et aujourd'hui Sœur Félicie vint me voir, m'apporta quelques menus objets de première nécessité, quelques belles pommes et les amitiés de la chère Mère Supérieure et des chères Sœurs.

816. 13. XII. 1936. Confession devant Jésus

Quand j'ai constaté que voilà trois semaines que je ne me suis pas confessée, je me suis mise à pleurer en voyant les péchés et certaines difficultés de mon âme. Je ne me suis pas confessée car les circonstances m'en empêchèrent. Quand il y avait la confession, j'étais alitée justement ce jour-là. La semaine suivante, la confession était fixée pour l'après-midi et j'étais partie pour l'hôpital le matin. Aujourd'hui, dans l'après-midi, le Père Andrasz est entré dans ma chambre et s'assit pour que je me confesse. Auparavant nous n'avons pas échangé un seul mot. Ce qui me réjouit extrêmement car je désirais beaucoup me confesser. Comme toujours, j'ai découvert mon âme et le Père me donna une réponse à chaque menu détail.
Je me sentais très heureuse

817. 16. XII. 36. J'offre ce jour pour la Russie. J'offre pour ce pauvre pays toutes mes souffrances et mes prières. Après la Sainte Communion Jésus me dit : « Je ne peux plus tolérer ce pays. Ne me lie pas les mains, ma fille ! »
Je compris que, si ce n'étaient les prières des âmes agréables à Dieu, toute cette nation serait déjà anéantie. Oh ! Comme je souffre pour ce pays qui a chassé Dieu de ses frontières !

818. Ô Source inaltérable de miséricorde divine qui coulez sur nous il n'y a pas de frontière pour Votre bonté ! Fixez, ô Seigneur, la force de Votre Miséricorde à la mesure du gouffre de ma misère, car Votre pitié n'a pas de limites ! Votre miséricorde qui étonne les esprits humains et angéliques est étrange et inaccessible.

819. Mon Ange Gardien me recommanda de prier pour une âme et le matin j'appris que c'était un homme, qui justement était entré en agonie. Jésus me fait connaître d'une façon étrange quand quelqu'un a besoin de ma prière. Je reconnais en particulier quand c'est une âme qui entre en agonie. Maintenant cela m'arrive plus souvent qu'autrefois.

820. Jésus me fit connaître qu'une âme, qui vit pour la volonté Divine, Lui est très agréable et Lui rend ainsi une très grande gloire.

821. Aujourd'hui je compris que, même si je ne parvenais pas à accomplir ce que Dieu exigeait, je sais que je serai récompensée comme si j'avais tout accompli. Car Il voit l'intention avec laquelle je commence. Et même s'Il me reprenait aujourd'hui, Son œuvre ne pourrait en souffrir, car Lui seul est le Souverain Maître de l'œuvre et de celui qui agit. Il dépend de moi de L'aimer à la folie. Toutes les épreuves ne sont un rien devant Lui. L'amour a une grande force, une signification et un mérite. Il a ouvert dans mon âme de grands horizons. L'amour comble les abîmes.

822. 17. XII. 1936. J'ai offert ce jour pour les prêtres, j'ai souffert plus que jamais intérieurement et extérieurement. Je ne savais pas qu'on pouvait tant souffrir en un jour. Je tâchais de faire l'Heure Sainte, pendant laquelle mon esprit goûta l'amertume du Jardin des Oliviers. Je lutte toute seule, soutenue par Son bras contre toutes les difficultés qui se dressent comme des murs infranchissables devant moi. Cependant j'ai confiance dans la force de Son Nom et je n'ai peur de rien.

823. Dans cet isolement Jésus est mon Maître. C'est Lui qui m'élève et m'enseigne. Je sens que je suis l'objet de Son action particulière. Pour Ses intentions incompréhensibles et Ses verdicts insondables Il m'unit à Lui d'une façon spéciale et me permet de pénétrer dans ses mystères inconcevables. Il y a un Mystère, qui m'unit au Seigneur, que personne ne peut savoir, même pas les anges. Même si je voulais le formuler, je ne saurais comment le dire. Cependant je vis de cela et je vais le vivre dans les siècles. Ce mystère me distingue des autres âmes ici, sur terre, et dans l'Eternité.

824. Ô jour magnifique où se réaliseront tous mes souhaits ! Ô jour vivement désiré, qui sera le dernier de ma vie ! Je me réjouis du trait que le divin Artiste posera sur mon âme, qui lui donnera une beauté particulière et qui me distinguera de la beauté des autres âmes. Ô grand jour, dans lequel se fixera l'amour divin en moi. En ce jour, pour la première fois, je chanterai devant le ciel et la terre le chant de l'insondable miséricorde divine. C'est mon œuvre et la mission que Dieu m'a destinée depuis la fondation de la terre. Pour que le chant de mon âme soit agréable à la Sainte Trinité, dirigez et formez mon âme Vous-même, ô Esprit Divin ! Je m'arme de patience et j'attends Votre venue, Jésus miséricordieux, dans les terribles douleurs et les affres de l'agonie ! A ce moment, plus que jamais j'ai confiance dans le gouffre de Votre miséricorde et je vous rappelle, Christ miséricordieux, doux Sauveur, toutes les promesses que Vous m'avez faites.

825. Ce matin, j'ai eu une mésaventure : ma montre s'était arrêtée et je ne savais pas quand me lever. C'eût été dommage d'omettre la Sainte Communion. Il faisait nuit et je ne pouvais pas savoir quand il faudrait me lever. Je m'habillai, je fis la méditation et je suis allée à la chapelle, mais tout était fermé et le silence régnait partout. Je me mis à prier surtout pour les malades. Maintenant je sais combien les malades ont besoin de prières. Enfin la chapelle fut ouverte, la prière me venait avec peine, car je me sentais exténuée. Et après la Sainte Communion, je revins tout de suite dans ma solitude. Alors je vis le Seigneur qui me dit : « Sache, Ma fille, que l'ardeur de ton cœur M'est agréable. Comme tu désires ardemment t'unir avec Moi dans la Sainte Communion, Moi aussi Je désire Me donner complètement à toi. Et comme récompense pour ton ardeur repose-toi près de Mon Cœur ! » A cet instant mon âme se noya dans Son Etre, comme une goutte d'eau dans un océan sans fond. Je me noie en Lui comme dans mon unique trésor. J'ai reconnu ainsi que le Seigneur permet certaines difficultés pour Sa plus grande gloire.

826. 18. XII. 1936. Aujourd'hui j'ai ressenti quelque peine, car il y a une semaine que personne n'est venu me voir. Comme je m'en plaignais au Seigneur, Il me répondit : « Est-ce que cela ne te suffit pas que Je te visite chaque jour ? » J'ai demandé pardon au Seigneur et ma peine a disparu. Ô mon Dieu, ma force, Vous me suffisez !

827. Le soir, j'ai perçu qu'une âme avait besoin de ma prière. Je fis une ardente prière, mais je sentais que c'était trop peu, donc je suis restée plus longtemps en prière. Le lendemain, j'appris qu'à ce moment-là justement, commença l'agonie d'une personne qui dura jusqu'au matin.
Je reconnus par quelles dures luttes elle était passée ! D'une façon étrange, le Seigneur Jésus me fait connaître qu'une âme agonisante a besoin de ma prière. Je sens cet esprit qui me demande la prière vivement et distinctement. Je ne savais pas qu'il y avait une telle union entre les âmes. Et souvent aussi mon Ange Gardien me parle.

828. Le petit Enfant-Jésus pendant la Sainte Messe fait la joie de mon âme. Souvent, la distance n'existe pas, je vois un prêtre qui Le fait venir. J'attends Noël avec grande impatience, je partage cette attente avec la Très Sainte Vierge.

829. Ô Lumière éternelle, qui venez sur cette terre, illuminez mon esprit et fortifiez ma volonté pour que je ne succombe pas dans les moments de dure épreuve ! Que la lumière disperse toutes les ombres du doute ! Que Votre Toute-Puissance agisse par moi ! J'ai confiance en Vous, ô Lumière qui n'avez pas été créée ! Ô Enfant-Jésus, Vous m'êtes un modèle, pour accomplir la volonté de Votre Père ! Vous qui avez dit : « Je viens pour accomplir fidèlement Votre Volonté, » faites que moi aussi je sache accomplir la volonté divine en toutes choses. Ô Divin Enfant, donnez-moi cette grâce !

830. Ô mon Jésus, mon âme languissait vers les jours d'épreuves ! Dans le trouble de mon âme ne me laissez pas seule mais tenez-moi fortement près de vous ! Postez une sentinelle auprès de ma bouche ! Que le parfum de mes souffrances soit connu de Vous seul et qu'il Vous soit agréable !

831. Ô Jésus miséricordieux avec quel désir Vous Vous hâtiez vers le Cénacle pour consacrer l'hostie que je vais recevoir dans ma vie ! Vous désirez, Jésus, demeurer dans mon cœur et que Votre Sang vivant s'unisse au mien ! Qui comprendra cette étroite union ? Mon cœur renferme le Tout-Puissant, l'Infini. Ô Jésus, donnez-moi Votre vie divine ! Que Votre Sang pur et noble palpite de toute sa force dans mon cœur ! Je Vous donne tout mon être. Changez-moi en Vous-même et rendez-moi capable d'accomplir en tout Votre sainte volonté et de Vous aimer ! Ô mon doux époux, Vous savez que mon cœur ne connaît personne d'autre que Vous ! Vous avez ouvert dans mon cœur une profondeur inassouvie d'amour envers Vous. Dès le premier moment où je Vous ai connu, mon cœur Vous a aimé et s'est noyé en Vous comme dans son objet. Que Votre amour pur et tout-puissant me pousse aux actes. Qui concevra et comprendra cette profondeur de miséricorde qui a jailli de Votre Cœur ?

832. J'ai éprouvé combien il y a de jalousie, même dans la vie spirituelle. Je reconnais qu'il y a peu d'âmes vraiment assez grandes, pour piétiner tout ce qui n'est pas Dieu. Ô âme, en dehors de Dieu, tu ne trouveras pas de beauté ! Oh ! Combien est fragile la base chez les âmes pour qu'elles se haussent en écrasant les autres ! Quelle perte !


833. 19. XII. 1936. Ce soir, je sentis dans mon âme qu'une personne avait besoin de ma prière. J'ai tout de suite commencé à prier. Soudain, je reconnus intérieurement et je sentis l'esprit qui me le demandait. Je priai jusqu'au moment ou je me tranquillisai. Ce chapelet est une aide puissante pour les mourants. Souvent je prie pour une intention intérieurement précisée. Je prie toujours jusqu'au moment où je sens dans mon, âme que ma prière a été efficace.

834. Surtout ici, depuis que je suis dans cet hôpital, j'éprouve un lien avec les agonisants qui, en entrant en agonie, me demandent de prier. Dieu me donne une étrange correspondance avec les mourants. Quand cela arrive, le plus souvent, j'ai même la possibilité de vérifier l'heure.

Aujourd'hui, à onze heures du soir, je fus soudain éveillée et je sentis distinctement qu'il y avait auprès de moi, un esprit qui demandait ma prière ; une force me contraint tout simplement à la prière. Ma vision est purement spirituelle, par une soudaine lumière qu'en cet instant Dieu m'accorde. Je prie jusqu'au moment où je sens la paix en mon âme. La durée n'est pas toujours la même. Il arrive parfois qu'avec un seul Ave Maria je sois tranquillisée, et alors je dis le « De profondis ». Parfois il arrive que je dise le chapelet tout entier, et seulement alors j'éprouve un apaisement.

Et ici aussi j'ai constaté que, si je suis forcée à la prière pendant un temps plus long, c'est-à-dire si j'éprouve une inquiétude intérieure, c'est que l'âme soutient une plus grande lutte et a une plus lourde agonie. C'est ainsi que j'ai vérifié l'heure : j'ai une montre et je regarde l'heure. Le lendemain, quand on me parle de la mort de telle personne, je demande l'heure, qui s'accorde toujours en ce qui concerne l'agonie. On me dit : « telle personne a lutté très fort », d'autres fois on me dit : « Aujourd'hui telle personne est morte. Mais elle s'est endormie vite et tranquillement. » Il arrive que la personne mourante soit dans la seconde ou la troisième baraque, mais pour l'esprit la distance n'existe pas. Il arrive que j'aie cette même connaissance à quelques centaines de kilomètres. C'est arrivé plusieurs fois, à l'égard de ma famille et de personnes apparentées, mais aussi à l'égard de mes Sœurs en religion et même pour des âmes que je n'ai pas connues durant ma vie.

Ô Dieu, plein d'insondable miséricorde, qui me permettez par une prière indigne de porter apaisement et aide aux mourants, soyez béni autant de fois qu'il y a de milliers d'étoiles dans le ciel et de gouttes d'eau dans l'océan ! Que Votre miséricorde s'étende à tout le globe terrestre. Que le culte de cette miséricorde monte jusqu'au pied de Votre trône, louant le plus grand de Vos attributs, c'est-à-dire Votre inconcevable miséricorde ! Ô Dieu, cette miséricorde insondable introduit les âmes saintes et tous les esprits célestes dans un nouveau ravissement. Tous les purs esprits se plongent dans un profond étonnement, adorant cette inconcevable miséricorde Divine qui les introduit dans un nouveau ravissement. Leur adoration est parfaite. Ô Dieu Eternel, comme je désire ardemment adorer Votre plus grand attribut, c'est-à-dire Votre infinie miséricorde ! Je vois toute ma petitesse. Et je ne peux pas m'égaler avec les habitants du Ciel qui dans une sainte admiration glorifient la miséricorde du Seigneur. Mais moi aussi, j'ai trouvé une manière d'adorer cette inconcevable et parfaite miséricorde Divine.

835. Ô très doux Jésus, Vous avez daigné m'admettre, moi misérable, à la connaissance de cette insondable miséricorde ! Ô très doux Jésus, qui avez gracieusement exigé de moi que je parle de Votre inconcevable miséricorde au monde entier, voici qu'aujourd'hui, je prends en mains ces deux rayons, qui ont jailli de Votre Cœur miséricordieux : le Sang et l'Eau, et je les répands sur tout le globe terrestre, pour que toute âme éprouve Votre miséricorde, et l'ayant éprouvée, Vous adore pendant l'éternité. Ô Très Saint Jésus, qui avez daigné dans Votre inconcevable bienveillance unir mon cœur misérable à Votre Cœur très miséricordieux, c'est par Votre propre Cœur que j'adore Dieu, notre Père, d'une façon telle qu'aucune âme ne l'a encore adoré.

836. 21. XII. 1936. La radio joue tout l'après-midi, donc je ressens le manque de silence. Jusqu'à midi, de continuelles conversations et du bruit. Mon Dieu, je me réjouissais d'être en silence, de parler seulement avec le Seigneur et ici c'est tout le contraire. Mais maintenant rien ne me trouble, ni les conversations, ni la radio. En un mot, rien. La grâce de Dieu a fait que, quand je prie, je ne sais même pas où je suis. Je sais seulement que mon âme est unie au Seigneur et ainsi se passent mes journées à l'hôpital.

837. J'admire toutes les humiliations, et toutes les souffrances que ce prêtre accepte pour cette cause. Je le vois à certains moments, et je le soutiens par mon indigne prière. C'est seulement Dieu, qui peut donner un tel courage, car autrement l'âme se lasserait. Mais je vois avec joie que toutes ces contrariétés, contribuent à augmenter la gloire Divine. Le Seigneur n'a pas beaucoup d'âmes de cette trempe à Son service.

Ô éternité infinie, tu révèleras les efforts des âmes héroïques. Pour ces efforts la terre ne paye que par l'ingratitude et la haine. Car de telles âmes n'ont pas d'amis, elles sont solitaires. Et dans cette solitude, elles deviennent plus fortes. Elles puisent leur force seulement en Dieu. Et avec humilité, mais aussi avec courage, elles s'opposent à tous les orages qui les frappent. Comme des chênes élevés, elles ne se laissent pas troubler. Et à cela il n'y a qu'un secret : elles puisent en Dieu cette force et tout ce dont elles ont besoin, pour elles et pour les autres. Elles portent leur fardeau, mais elles savent et sont capables de prendre sur elles les fardeaux des autres. Ce sont des colonnes de lumière sur les chemins divins, qui vivent dans la lumière et illuminent les autres. Elles vivent elles-mêmes sur les hauteurs et savent les indiquer aux autres et les aider à les atteindre.

838. Mon Jésus, Vous voyez, que non seulement je ne sais pas écrire, mais en plus, je n'ai même pas une bonne plume ! Et souvent j'écris si mal, et parfois c'est si difficile, que je dois écrire lettre après lettre pour former les phrases. Et encore ce n'est pas tout. Car j'ai cette difficulté que je note certaines choses en secret, devant les Sœurs. Et souvent à chaque instant je dois fermer le cahier et écouter patiemment le récit de l'une d'elles. Et ainsi passe le temps qui était destiné à écrire. Et le cahier à force d'être fermé en hâte, devient gribouillé. J'écris avec la permission de la Supérieure et sur ordre de mon confesseur. C'est une chose étrange que j'écrive parfois passablement et parfois, vraiment, j'ai de la peine à me relire moi-même.

839. 23.XII. 1936. Je passe le temps avec la Divine Mère et me prépare pour le moment solennel de la venue du Seigneur Jésus. La Sainte Vierge m'apprend cette vie intérieure de l'âme avec Jésus, surtout dans la Sainte Communion. Quel grand mystère la Sainte Communion accomplit en nous ! Nous le saurons seulement dans l'éternité. Ô moments les plus précieux de la vie !

840. Ô mon Créateur, je languis après Vous ! Vous me comprenez, ô mon Seigneur ! Tout ce qui est sur terre me paraît un pâle reflet. Je Vous désire et Vous exige, quoique Vous fassiez incompréhensiblement beaucoup pour moi. Car Vous me visitez Vous-même, d'une façon particulière. Cependant ces visites n'apaisent pas les blessures de mon cœur, mais m'excitent à une plus grande langueur pour Vous, Seigneur ! Oh ! Prenez-moi avec Vous, si telle est Votre volonté ! Vous savez que je meurs et je meurs de langueur pour Vous et je ne puis mourir. Mort, où es-tu ? Vous m'attirez dans l'abîme de Votre Divinité et Vous Vous couvrez de ténèbres. Tout mon être est plongé en Vous et cependant je désire Vous voir face. Quand cela arrivera-t-il pour moi ?

841. Aujourd'hui Sœur Chrysostome est venue me voir et m'a apporté des citrons, des pommes et un tout petit arbre de Noël, ce qui m'a fait le plus grand plaisir. Par Sœur Chrysostome, la Mère Supérieure a demandé au médecin qu'il me permette de retourner à la maison pour les fêtes, ce qu'il a volontiers permis. Je m'en suis réjouie et me suis mise à pleurer comme un petit enfant. Sœur Chrysostome s'est étonnée que j'ai si mauvaise mine et que je sois tellement changée. Et elle a dit : « Savez-vous Faustinette, vous allez sûrement mourir ! Vous devez, ma Sœur, être très souffrante ! » J'ai répondu qu'aujourd'hui je souffre plus que les autres jours, mais ce n'est rien. Pour sauver les âmes, ce n'est pas trop. Ô Jésus Miséricordieux, donnez-moi les âmes des pécheurs !

842. 24. XII. 1936. Aujourd'hui pendant la Sainte Messe je me suis particulièrement unie à Dieu et à Sa Mère Immaculée. L'humilité et l'amour pour la Vierge Immaculée ont pénétré mon âme. Plus j'imite la Mère de Dieu, plus j'apprends à connaître Dieu profondément. Oh ! Quelle incompréhensible langueur s'empare de mon âme ! Jésus, comment pouvez-Vous encore me laisser dans cet exil ? Je meurs du désir de Vous. Chaque fois que Vous touchez mon âme, cela me blesse énormément. L'amour et la souffrance vont de pair. Cependant je n'échangerais cette souffrance causée par Vous pour aucun trésor, car c'est la douleur d'indicibles délices et ces blessures me sont infligées par une Main aimante.

843. Sœur K. est arrivée cet après-midi, et m'a emmenée pour les fêtes à la maison, afin que je les passe avec la Communauté. En passant par la ville je m'imaginais que c'était Bethléem. Je regardais tous les gens qui se dépêchaient. Je pensais : qui médite aujourd'hui ce mystère inconcevable dans le calme et le silence ? Ô Vierge pure, Vous voyagez aujourd'hui et moi je suis en route ! Je sens que ce voyage d'aujourd'hui a sa signification. Ô Vierge rayonnante, pure comme le cristal, toute plongée en Dieu, je vous confie ma vie intérieure ! Arrangez tout pour que cela soit agréable à Votre doux fils ! Ô ma Mère, je désire si ardemment que Vous me donniez le Petit Jésus pendant la Messe de Minuit. Et je sentis dans la profondeur de mon âme, une si vive présence de Dieu que par la force de ma volonté je contins ma joie, pour ne pas laisser voir extérieurement ce qui se passait dans mon âme.

844. Avant le souper, je suis entrée à la chapelle pour partager spirituellement le pain azyme avec les personnes qui sont chères à mon cœur. Je les présentai toutes par leur nom au Seigneur Jésus en sollicitant Ses grâces pour chacune. Mais ce n'est pas tout. Je confiai aussi au Seigneur les persécutés, les souffrants et ceux qui ne connaissent pas Son Nom, surtout les pauvres pécheurs. Ô Petit Jésus, je Vous en prie ardemment, accueillez-les tous dans l'immensité de Votre infinie miséricorde ! Ô doux Petit Jésus, mon cœur est à Vous : qu'il Vous soit un petit logement agréable et utile ! Ô Majesté sans bornes, comme vous vous êtes approché de nous avec douceur ! Ici ce n'est pas la terreur des foudres du grand Yahvé. Ici il y a le doux Petit-Jésus. Ici aucune âme n'a peur, quoique Votre Majesté n'ait pas diminué, elle s'est seulement cachée. Après le souper je me sentis très fatiguée et souffrante. J'ai dû me coucher, mais je veillais avec la Très Sainte Mère, attendant l'arrivée du Petit-Enfant.

845. 25. XII.1936. La Messe de Minuit. Pendant la Sainte Messe la présence de Dieu m'était perceptible. Un moment avant l'Elévation, je vis la Vierge, le Petit-Jésus et le bon Joseph. La Très Sainte Mère me dit ces paroles : « Ma fille, Faustine, prends mon trésor le plus cher ! » Et Elle me tendit son tout-petit Jésus. Quand je pris Jésus dans mes mains, mon âme éprouva une joie tellement indicible que je ne suis pas en état de la décrire. Mais, chose étrange, après un moment Jésus devint terrible, affreux à voir, grand et douloureux, et la vision disparut. Bientôt il fallut aller à la Sainte Communion. Quand je reçus le Seigneur Jésus dans la Sainte Communion, toute mon âme se mit à trembler sous l'influence de la présence de Dieu.

Le lendemain j'ai vu le Divin Enfant un court moment durant l'Elévation.
Le second jour de fête, le Père Andrasz est venu chez nous dire la Sainte Messe, pendant laquelle j'ai aussi vu le Petit-Jésus.

846. L'après-midi je suis allée me confesser. A certaines questions concernant cette œuvre, le Père ne m'a pas donné de réponse, il a dit : « Quand vous serez bien portante, alors nous pourrons parler concrètement. Maintenant tâchez de tirer une bonne santé. Quant au reste, vous savez comment vous diriger et à quoi vous en tenir dans ces choses. » Comme pénitence il m'a dit de dire le chapelet que Jésus m'avait enseigné.

847. Soudain en disant ce chapelet, j'entendis une voix : « Oh ! Quelles grandes grâces j'accorderai aux âmes qui diront ce chapelet. Les profondeurs de Ma miséricorde sont émues, pour ceux qui disent ce chapelet. Inscris ces mots, Ma fille. Parle au monde de Ma miséricorde ! Que l'humanité entière apprenne à connaître Mon insondable miséricorde ! C'est un signe pour les derniers temps. Après viendra le jour de la Justice. Tant qu'il en est temps, que les hommes aient recours à la source de Ma miséricorde, qu'ils profitent du Sang et de l'Eau qui ont jailli pour eux ! » Ô âmes humaines, où chercherez-vous refuge au jour de la colère de Dieu ? Fuyez maintenant vers les sources de la miséricorde Divine ! Oh quel grand nombre d'âmes je vois ! Elles ont adoré la Miséricorde Divine et elles vont chanter l'hymne de gloire dans l'éternité.

848. 27.XII. Aujourd'hui, me voici revenue dans mon lieu de solitude. J'ai fait un voyage agréable en compagnie d'une certaine personne, qui portait un enfant au baptême. Nous l'avons accompagnée jusqu'à la porte de l'église de Podgorze. Pour pouvoir sortir de la voiture, elle a mis l'enfant dans mes bras. Quand je pris l'enfant, je l'offris à Dieu pour qu'un jour il Lui procure une gloire spéciale. Je sentis dans mon âme que le Seigneur regarda tout spécialement cette petite âme. A notre arrivée à Pradnik, Sœur N. m'aida à porter mon paquet quand nous sommes entrées dans ma chambre particulière, nous vîmes un très joli ange, fait en papier avec l'inscription : Gloria in ... J'ai l'impression que c'est de la part de cette Sœur malade à qui j'avais envoyé l'arbre de Noël. Voilà que les fêtes sont finies !

849. Rien ne peut calmer ma langueur. Je languis après Vous, mon Créateur et Dieu éternel. Ni les solennités, ni les beaux chants ne calment mon âme, mais ils l'excitent à un désir encore plus grand. A la seule mention de Votre Nom, mon esprit s'élance vers Vous, Seigneur !

850. 28. XII. 1936. Aujourd'hui, j'ai commencé la neuvaine à la Miséricorde Divine. C'est-à-dire que je me transporte en esprit devant ce tableau, je récite le chapelet que le Seigneur m'a enseigné. Le second jour de la neuvaine, je vis ce tableau comme vivant, avec d'innombrables ex-voto accrochés autour de lui et je voyais de grandes multitudes de gens venir ici. Beaucoup de gens rayonnaient de bonheur. Ô Jésus, de quelle joie a battu mon cœur ! Je faisais la neuvaine à l'intention de deux personnes, notre archevêque et l'abbé Sopoko. Je prie ardemment Dieu d'inspirer notre archevêque, afin qu'il daigne approuver ce petit chapelet si agréable à Dieu, et ce tableau, et qu'il ne retarde pas cette œuvre.

851. Aujourd'hui, tout d'un coup le regard du Seigneur m'a transpercé comme un éclair. Alors j'ai vu les petits grains de poussière dans mon âme. Voyant ma nullité toute entière, je tombai à genoux et je demandai pardon au Seigneur. Et avec une grande confiance, je me plongeai dans Son infinie miséricorde. Une telle connaissance ne me déprime pas, ni ne m'éloigne du Seigneur, mis elle éveille plutôt dans mon âme, un plus grand amour et une confiance sans bornes. Le repentir de mon coeur est uni à l'amour. Ces singulières lumières divines forment mon âme. Ô doux rayons Divins, éclairez-moi jusque dans les plus secrètes profondeurs, car je désire parvenir à une plus grande pureté de coeur et d'âme !

852. Le soir une grande langueur s'est emparée de mon âme. Je pris la brochure avec l'image de Jésus miséricordieux. Je la serrais sur mon cœur et de mon âme jaillirent ces paroles : « Jésus, Amour éternel, pour Vous je vis, pour Vous je meurs ! C'est à Vous que je désire m'unir. » Soudain je vis le Seigneur d'une beauté indicible, qui me regarda gracieusement et dit : « Ma fille, Moi aussi par amour pour toi je suis descendu du Ciel ! Pour toi j'ai vécu, pour toi Je suis mort et pour toi j'ai créé les cieux. » Il m'a serrée contre Son Cœur et m'a dit : « Bientôt déjà, sois tranquille, Ma fille ! » Quand je suis restée seule, mon âme fut enflammée du désir de la souffrance jusqu'au moment où le Seigneur dira : « Assez ». Et même si je devais vivre des milliers d'années, je vois à l'aide de la lumière Divine que c'est seulement un moment. L'âme... (Pensée inachevée.)

Partager cet article

Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:08

751. Quand j'ai dit à la Mère Générale que le Seigneur exigeait que la Congrégation dise le chapelet pour fléchir la colère Divine, elle me répondit qu'elle ne pouvait introduire de nouvelles prières non approuvées. Mais je lui donne ce chapelet, peut-être qu'à l'occasion d'une adoration on pourrait le dire, « nous verrons ». Ce serait bien si l'abbé docteur Sopocko pouvait éditer une brochure avec ce chapelet. Alors ce serait mieux et plus facile de le réciter en communauté, car comme cela c'est un peu difficile.

752. La miséricorde du Seigneur est glorifiée au ciel, par les âmes, qui ont éprouvées en elles-mêmes l'infinie miséricorde. Ces âmes font au ciel, je le commencerai déjà sur terre. Je vais glorifier Dieu pour son infinie bonté et je vais tâcher de faire connaître à d'autres âmes cette inexprimable et inconcevable miséricorde Divine, et de la leur faire adorer.

753. La Promesse du Seigneur : « Ma Miséricorde enveloppera les âmes, qui réciteront ce chapelet pendant leur vie et surtout à l'heure de la mort. »

754. Ô Jésus, apprenez-moi à découvrir les profondeurs de la miséricorde et de l'amour à chacun de ceux qui me le demandent. Jésus, mon Chef que toutes mes prières et toutes mes actions portent le sceau de Votre miséricorde !

755. 18.XI. 1936. Ce soir, je tâchais de faire tous mes exercices jusqu'à la bénédiction, car je me sentais plus malade qu'à l'ordinaire. Tout de suite après la bénédiction je suis allée me coucher. Mais suis entrée dans ma chambre, soudain, j'ai senti intérieurement qu'il fallait que j'aille dans la cellule de Sœur N. car elle avait besoin d'aide. Je suis tout de suite entrée dans sa cellule, et Sœur N. me dit : « Oh ! Comme c'est bien, ma Sœur, que Dieu vous ait amenée ! » Et elle parlait d'une voix si basse que j'ai pu à peine l'entendre. Elle me dit : « Ma Sœur, veuillez, s'il vous plait, m'apporter un peu de thé avec du citron, car j'ai tellement soif et je ne peux bouger, car je souffre beaucoup ! » Et vraiment elle souffrait beaucoup et elle avait beaucoup de fièvre. Je l'ai placée plus commodément et avec un peu de thé elle a apaisé sa soif. Quand je suis entrée dans ma cellule, mon âme a été pénétrée d'un grand amour de Dieu et j'ai compris qu'il faut faire très attention aux inspirations intérieures et les suivre fidèlement. Et la fidélité à une grâce en amène d'autres.

756. 19.XI.1936. Aujourd'hui, durant la Sainte Messe, je vis le Seigneur Jésus, qui me dit : « Sois tranquille, Ma fille, Je vois tes efforts ! Ils Me sont très agréables. » Et le Seigneur disparut. C'était le moment d'aller communier. Après avoir reçu la Sainte communion, tout à coup je vis le Cénacle dans lequel se tenaient le Seigneur Jésus et les Apôtres. J'ai vu l'institution de l'Eucharistie. Jésus me permit de pénétrer et de comprendre de l'intérieur Sa grande Majesté et en même temps Sa grande humiliation. Cette étrange lumière qui me permit de connaître Sa Majesté m'a découvert en même temps ce qui est dans mon âme.

757. Jésus me fit connaître la profondeur de Sa douceur et de Son humilité. Il me fit comprendre qu'Il exigeait expressément de moi ces deux qualités. Je sentis Son regard dans mon âme ce qui me remplit d'un indicible amour. Mais je compris que le Seigneur voyait avec amour mes vertus et mes efforts héroïques. Et je reconnus que c'est ce qui attire Dieu dans mon cœur. C'est là que j'ai compris qu'il ne me suffit pas de pratiquer les verts ordinaires, mais que je dois m'exercer aux vertus héroïques. A l'extérieur, cela restera une chose tout à fait ordinaire, mais seul, l'œil de Dieu verra que la manière est différente. Ô mon Dieu ce que j'ai écrit n'est qu'un pâle reflet de ce que je comprends dans mon âme ! Il s'agit de choses purement spirituelles. Mais pour décrire ce que Dieu me permet de connaître, je dois employer des mots dont je suis tout à fait mécontente car ils ne rendent pas la réalité.

758. La première fois j'expérimentai cette souffrance ainsi : après les vœux annuels un certain jour, pendant la prière, je vis une grande lumière. De cette lumière, sortirent des rayons qui m'enveloppèrent de toutes parts. Et soudain, je sentis une terrible douleur dans les mains, les pieds et je sentis les épines de la couronne d'épines. Je sentais ces douleurs, pendant la Sainte Messe le vendredi, mais durant un très court moment. Cela revint pendant plusieurs vendredis. Et ensuite je n'éprouvais plus aucune souffrance jusqu'au moment présent, c'est-à-dire la fin du mois de septembre de cette année. Pendant cette maladie, durant la Sainte Messe, le vendredi, j'ai senti que les mêmes souffrances me transperçaient. Et ceci se répète chaque vendredi, et parfois aussi au contact d'une âme qui n'est pas en état de grâce, quoique cela soit rare. Cette souffrance dure très peu de temps, cependant elle est terrible et sans une grâce spéciale de Dieu, je ne la supporterais pas. Et à l'extérieur, je n'ai aucun signe de ces souffrances. Ce qui viendra encore, je ne le sais. Mais tout cela est pour les âmes...

759. 21.XI.1936. Jésus, Vous savez que je ne suis ni gravement malade, ni bien portante. Vous remplissez mon âme d'enthousiasme pour l'action et je n'ai pas de force. Le feu de Votre amour me dévore. Mais je compenserai par l'amour ce que je ne pourrai réaliser à cause de mon manque de forces physiques.

760. Jésus mon esprit est plein de nostalgie et je désire beaucoup m'unir à Vous. Mais Vos œuvres me retiennent. Et aussi le nombre des âmes que je dois Vous amener n'est pas encore atteint. Je désire les fatigues, les souffrances, tout ce que Vous avez proposé avant les siècles. Ô Mon créateur et Seigneur ! Je ne comprends que Votre parole ! Elle seule me donne la force. Votre Esprit, ô Seigneur, est l'esprit de paix et rien n'en trouble la profondeur en moi car Vous y habitez, Seigneur !

Je sais que je vis sous Votre regard attentif, ô Seigneur ! Je n'analyse pas avec crainte Vos plans à mon égard. Ma tâche est d'accepter tout de Votre main. Je n'ai peur de rien, quoique la tempête fasse rage et que la foudre frappe avec violence autour de moi et que je me sente alors si seule ! Cependant mon cœur Vous sent, et ma confiance grandit et je vois que Votre toute puissance me soutient. Avec Vous, Jésus, je vais par la vie, parmi les arcs-en-ciel et les orages, criant de joie et chantant le chant de Votre miséricorde. Je n'interromprai mon chant d'amour que lorsque le cœur des anges le continuera. Aucune force ne peut me retenir dans mon élan vers Dieu. Je vois que même mes Supérieures ne comprennent pas toujours le chemin par lequel Dieu me mène et je n'en suis pas surprise.

761. À un certain moment je vis l'abbé Sopocko qui priait tout en méditant ces choses. Je vis comme tout à coup un cercle lumineux se dessina autour de sa tête. Quoique l'espace nous sépare, je le vois souvent, surtout quand il travaille à son bureau, malgré sa fatigue.

762. 22.XI.1936. Aujourd'hui pendant la sainte confession, le Seigneur Jésus me parla par la bouche d'un certain prêtre. Ce prêtre ne connaissait pas mon âme et moi je m'accusais seulement de mes péchés. Cependant il me dit ces paroles : « Accomplissez fidèlement tout ce que Jésus réclame de vous, malgré les difficultés ! Sachez, que même si les gens se fâcheraient contre vous, Jésus ne se fâchera pas et qu'il ne se fâchera jamais ! Ne faites pas attention à l'estime des gens ! » Cette leçon m'étonna d'abord. Mais j'ai compris que Jésus parlait par sa bouche sans qu'il ne s'en rende compte. Ô saint mystère, quels grands trésors tu contiens ! Ô sainte foi, tu m'indiques la route !

763. 24.II.1936. Aujourd'hui j'ai reçu une lettre de l'abbé Sopocko. Cette lettre m'a révélé que Dieu seul conduit toute cette affaire. Et de même que le Seigneur l'a commencée, de même Il la mènera à bonne fin. Et plus les difficultés que je vois sont grandes, plus je suis tranquille. Oh ! S'il ne s'agissait pas d'une grande gloire pour Dieu, et de son utilité pour le bien des âmes, dans toute cette affaire. Satan ne s'y opposerait pas tant. Il sent qu'il y perdra. Maintenant je reconnais que Satan ne hait rien autant que la miséricorde. C'est elle qui lui cause la plus grande souffrance. Cependant, la parole de Dieu ne passera pas, elle est vivante. Les difficultés ne tueront pas les œuvres divines, mais démontreront qu'elles viennent de Dieu...

764. À un certain moment je vis le couvent de cette nouvelle congrégation. Je m'y promenait et visitait tout, quand soudain je vis un groupe d'enfants, qui avaient de cinq à onze ans. Quand ils me virent, ils m'entourèrent et se mirent à crier très fort : « Défendez-nous du mal ! » et ils m'introduisirent dans la chapelle qui se trouvait dans ce couvent. Quand je suis entrée dans cette chapelle, j'y vis Jésus supplicié. Jésus me regarda gracieusement et me dit que les enfants L'offensaient profondément : « Toi, défends-les du mal ! » Depuis ce moment, je prie pour ces enfants, mais je sens que la prière ne suffit pas.

765. Ô mon Jésus, Vous savez quels efforts il faut faire pour vivre des relations simples et sincères avec les personnes qui nous sont antipathiques, ou avec celles qui, consciemment ou non, nous ont infligé des souffrances. Humainement parlant c'est impossible. A ces moments-là, je tâche plus encore qu'à d'autres de découvrir le Seigneur Jésus dans la personne en question. Et pour ce même Jésus, je fais tout pour ces personnes-là. De telles actions, sont inspirées par l'amour pur, et de tels exercices sur la pratique de l'amour trempent et fortifient l'âme. Je ne m'attends à rien de la part des créatures, donc je n'ai aucune désillusion. Je sais que la créature est pauvre en elle-même. Qu'attendrais-je donc de sa part ? Dieu est tout pour moi et je veux tout juger selon Dieu.

766. Mon commerce avec le Seigneur est maintenant purement spirituel. Mon âme est touchée par Dieu et se plonge entièrement en Lui jusqu'à l'oubli d'elle-même, tant elle est pénétrée à fond par Dieu, noyée par Sa beauté, perdue toute entière en Lui. Je ne sais le décrire, car en écrivant j'emploie les sens. Et dans cette union les sens n'agissent pas. Il y a fusion entre Dieu et l'âme, qui est admise à une vie en Dieu tellement grande, que cela ne peut s'exprimer par la parole. Quand ‘âme reprend sa vie habituelle, elle voit que cette vie est un crépuscule, un brouillard, un désordre, l'emmaillotement d'un petit enfant. Dans de tels moments, l'âme reçoit uniquement de Dieu, car d'elle-même elle ne fait rien. Elle ne fait pas le moindre effort, Dieu fait tout en elle.

Cependant, quand l'âme revient à son état ordinaire, elle voit qu'elle n'aurait pas la force de supporter plus longtemps cette union. Ces moments sont courts, les autres durables. L'âme ne peut pas rester longtemps dans cet état, car forcément, elle se délivrerait des liens du corps pour toujours, bien qu'elle soit soutenue par Dieu à l'aide d'un miracle. Dieu fait clairement connaître à l'âme, qu'Il aime, comme si elle seule était l'objet de Sa prédilection. L'âme le perçoit de façon nette et évidente. Elle s'élance de toute sa force vers Dieu, mais elle se sent enfant. Elle sait que ce n'est pas dans ses possibilités. Dieu s'abaisse alors vers elle, et s'unit à elle d'une manière... ici je dois me taire, car ce que l'âme éprouve, je ne sais le décrire.

767. C'est une chose étrange, que l'âme puisse éprouver cette union avec Dieu et ne sache pas en donner une définition. Cependant quand elle rencontre une autre âme ayant vécu les mêmes expériences, elles se comprennent mutuellement dans ces choses, sans beaucoup se parler. L'âme unie de cette manière à Dieu, reconnaît facilement une âme vivant cette même union, quoique celle-ci ne lui découvre pas tout son cheminement intérieur, mais cause tout simplement avec elle. C'est comme une parenté spirituelle. Les âmes unies de telle façon à Dieu ne sont pas nombreuses. Il y en a beaucoup moins qu'on ne pense.

768. J'ai remarqué que Dieu accorde cette grâce aux âmes lorsqu'elles ont quelque grande œuvre à accomplir, dans deux buts. Le premier c'est pour aider l'âme à remplir cette œuvre qui normalement dépasse absolument ses forces. Dans le second cas, j'ai remarqué que Dieu l'accorde pour conduire et tranquilliser ces âmes. Quoique le Seigneur puisse accorder cette grâce, comme Il Lui plait et à qui Il Lui plaît. Cependant j'ai remarqué cette grâce chez trois prêtres. L'un d'eux est un prêtre séculier, les deux autres des prêtres réguliers et deux religieuses, mais pas au même degré.
769. Quant à moi, j'ai reçu cette grâce pour la première fois et pendant un moment très court à l'âge de dix-huit ans durant l'octave de la Fête-Dieu, pendant les vêpres, quand je fis au Seigneur Jésus le vœu de chasteté perpétuelle. Je vivais encore dans le monde mais je devais bientôt entrer au couvent. Cette grâce dura un moment très court, mais la force de cette grâce est grande.

Après cela il y eut un long intervalle. Je recevais, il est vrai, durant cet intervalle beaucoup de grâces, mais elles étaient d'un autre ordre. C'était une période d'épreuves et de purification. Ces épreuves étaient si douloureuses que mon âme ressentit un complet délaissement de la part de Dieu et fut plongée dans de grandes ténèbres. Je remarquai et je compris que personne ne saurait me conduire hors de cette tourmente, ni me comprendre. Il y eut deux moments, où mon âme fut plongée dans le désespoir, une fois durant une demi-heure, l'autre trois quarts d'heure. Quant aux grâces reçues, je ne puis en décrire exactement la grandeur. En ce qui concerne les épreuves divines, je ne sais quelles paroles employer car tout n'en serait qu'un pâle reflet. Cependant, de même que le Seigneur m'a plongée dans les tourments, ainsi m'en a-t-Il fait sortir. Seulement cela a duré plusieurs années.

Et à nouveau j'ai reçu cette exceptionnelle grâce d'union qui dure jusqu'à présent. Dans cette seconde union, il y eut quelques courtes interruptions. Mais maintenant, depuis un certain temps, je n'éprouve plus aucune interruption, mais je me plonge de plus en pus profondément en Dieu. La grande lumière, dont est illuminée l'intelligence, permet de connaître la grandeur de Dieu. Non que je reconnaisse un par un Ses attributs comme autrefois, non ici c'est différent. En un moment je reconnais l'essence même de Dieu.

770. L'âme, à ce moment, est tout entière noyée en Lui et éprouve un bonheur aussi grand que celui des élus dans les cieux. Quoique ceux-ci regardent Dieu face à face et soient complètement heureux, cependant leur connaissance de Dieu n'est pas égale, Dieu me l'a fait savoir. Une plus profonde connaissance commence ici sur terre dans la mesure de la grâce, mais celle-ci dépend en grande partie de notre fidélité à cette grâce. Cependant l'âme qui éprouve cette grâce inouïe de l'union, ne peut pas dire qu'elle voit Dieu face à face, car il reste ici le voile ténu de la foi, mais tellement ténu que l'âme peut dire qu'elle voit Dieu et qu'elle s'entretient avec Lui. Elle est « déifiée ». Dieu laisse voir à l'âme à quel point Il l'aime. Et l'âme constate que des âmes meilleures et plus saintes qu'elles n'ont pas bénéficié de cette grâce. Et à cause de cela un saint étonnement s'empare d'elle et l'entretient dans une profonde humilité, la plongeant dans sa nullité et dans une sainte stupéfaction. Et plus elle s'abaisse et plus étroitement Dieu S'unit à elle, et S'abaisse vers elle. L'âme à ce moment-là est, pour ainsi dire, cachée, ses sens n'agissent pas. A un moment donné, elle reconnaît Dieu et est noyée en Lui. Elle reconnût toute la profondeur de l'Inconcevable. Et plus cette connaissance est profonde plus l'âme Le désire ardemment.

771. La réciprocité de l'âme avec Dieu est grande. Quand l'âme sort de sa cacherie, ses sens goûtent les délices qu'elle éprouvait. Cependant, ceci aussi est une grande grâce de Dieu, mais elle n'est pas purement spirituelle. Les sens n'y ont pas une part de premier rang. Chaque grâce, donne à l'âme, force et vigueur pour l'action, et courage pour endurer la souffrance. L'âme sait bien ce que Dieu veut d'elle et elle remplit Sa sainte volonté, malgré les contrariétés.

772. Cependant, l'âme ne peut pas agir seule en ces choses, elle doit chercher le conseil d'un confesseur éclairé, car autrement elle peut errer ou bien n'en retirer aucun profit.

773. Je comprends bien, ô mon Jésus, que comme la maladie se mesure à l'aide d'un thermomètre et qu'une forte fièvre nous indique la gravité de la maladie, ainsi dans la vie spirituelle, la souffrance est le thermomètre qui mesure l'amour Divin dans l'âme.

774. Dieu est mon but... et mon bonheur est d'accomplir la volonté Divine et rien au monde ne peut troubler ce bonheur, aucune puissance, aucune force.

775. Aujourd'hui le Seigneur vint chez moi, dans ma cellule et me dit : «Ma fille, Je ne te laisserai plus longtemps dans cette congrégation. Je te le dis pour que tu profites avec plus de diligence des grâces que je t'accorde. »

776. 27.XI.1936. Aujourd'hui j'étais en esprit au Ciel, et j'ai vu des beautés inimaginables et le bonheur qui nous attendent après la mort. J'ai vu comme toutes les créatures rendent perpétuellement honneur et gloire à Dieu. J'ai contemplé l'immensité du bonheur en Dieu qui s'écoule sur toutes les créatures, les rend heureuses, et revient à sa source. Et toute gloire et honneur provenant du bonheur reçu, sont rendus à Dieu et entrent dans les profondeurs divines. J'ai vu toutes les créatures contempler la vie intérieure de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, que jamais elles ne comprendront ni n'approfondiront. Cette source de bonheur est invariable dans son essence, et cependant toujours nouvelle, jaillissant pour le bonheur de toute créature. Je comprends maintenant Saint Paul qui a dit : « Ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme, tout ce que Dieu à préparé pour ceux qui L'aiment. »

777. Et Dieu m'a laissé comprendre l'unique chose, qui ait à Ses yeux une valeur infinie : c'est l'amour, l'amour de Dieu, l'amour. L'amour et encore une fois l'amour, et rien ne peut être comparé à l'acte de pur amour de Dieu. Oh ! Quels inconcevables égards Dieu a envers l'âme qui l'aime sincèrement ! Oh ! Que l'âme qui déjà sur terre jouit de Ses égards particuliers est heureuse ! Et c'est l'âme petite et humble.

778. J'ai compris plus profondément cette grande Majesté Divine qu'adorent les esprits célestes selon leur degré de grâce et leur hiérarchie. Mon âme n'a éprouvé ni frayeur ni terreur, non absolument aucune, à la vue de cette puissance et de cette grandeur de Dieu. Mon âme a été remplie de paix et d'amour. Et plus je connais la grandeur de Dieu, plus je me réjouis qu'il soit Tel. Et sa grandeur me comble de bonheur. Et je me réjouis de ce que je sois si petite car, puisque je suis si petite, Il me tient dans Sa main et près de Son Cœur.

779. Ô mon Dieu, comme j'ai pitié des gens qui ne croient pas à la vie éternelle ! Comme je prie pour eux pour qu'un rayon de miséricorde les saisisse et que Dieu les presse sur Son Cœur Paternel !

780. Ô amour, ô roi ! L'amour ne connaît pas la peur, il passe par tous les chœurs des anges, qui montent la garde devant le trône de Dieu. Il n'aura peur de personne, il atteint Dieu et se plonge en Lui comme dans son unique trésor. Le Chérubin avec l'épée de feu, qui garde le Paradis, n'a pas de force contre l'amour. Ô pur amour de Dieu, comme tu es grand et incomparable ! Oh ! Si les âmes connaissaient ta force !

781. Aujourd'hui je me sens très faible, je ne peux même pas faire ma méditation à la chapelle et je dois me coucher. Ô mon Jésus, je vous aime et je désire vous adorer par ma faiblesse en me soumettant complètement à votre Sainte volonté !

782. Je dois beaucoup veiller sur moi, aujourd'hui surtout, car une excessive sensibilité vis-à-vis de tout s'empare de moi. Des choses, qu'en bonne santé je n'aurais même pas remarquées, me choquent aujourd'hui. Ô mon Jésus, mon bouclier et ma force, accordez-moi la grâce de sortir victorieuse de ces combats ! Ô mon Jésus, changez-moi en Vous-même par la force de votre amour, pour que je sois un instrument digne de proclamer Votre miséricorde !

783. Je remercie Dieu pour cette maladie et pour cette faiblesse physique, car j'ai du temps pour causer avec le Seigneur Jésus. Ma joie est de passer de longs moments aux pieds du Dieu caché. Et les heures passent comme des minutes. Je sens qu'un feu brûle en moi et je ne comprends d'autre vie que celle du sacrifice, qui provient directement du pur amour.

784. 29.XI.1936. Notre Dame m'a enseigné comment me préparer à la fête de Noël. Je l'ai vue aujourd'hui sans l'Enfant-Jésus. Elle me dit : « Ma fille, applique-toi à être douce et humble pour que Jésus qui habite constamment dans ton cœur, puisse S'y reposer ! Adore-Le dans ton cœur, n'en sors pas ! J'obtiendrai pour toi, ma fille la grâce d'une vie intérieure, telle que tout en restant à l'intérieur de toi-même, tu puisses accomplir à l'extérieur tous tes devoirs avec une précision encore plus grande. Sois continuellement avec Lui, dans ton propre cœur ! Il sera ta force. Avec toutes les créatures aie seulement les contacts que réclament le devoir et la nécessité !
Tu es un logis agréable au Dieu vivant, dans lequel Il séjourne constamment avec amour et plaisir. Et la vivante présence Divine que tu ressens de façon réelle et distincte te confirmera, Ma fille, dans ce que Je t'ai dit. Tâche d'agir ainsi jusqu'au jour de Noël et ensuite Lui-même te fera connaître de quelle manière tu dois agir et t'unir à Lui ! »

785. 30. XI. 1936. Aujourd'hui pendant les vêpres, une douleur me pénétra l'âme. Je vois qu'à tous points de vue cette œuvre dépasse mes forces. Je suis comme un petit enfant devant l'immensité de cette tâche, et c'est seulement sur un ordre divin formel que je procède à son accomplissement. Et d'autre part, même ces grandes grâces me sont un fardeau, que j'ai peine à porter. Je vois l'incrédulité de la part de mes Supérieures et la méfiance et les doutes de toutes sortes avec lesquelles elles me traitent pour cette raison. Mon Jésus, je vois que même de si grandes grâces peuvent être une souffrance et cependant c'est ainsi !

Non seulement, elles peuvent être une cause de souffrance, mais elles doivent l'être comme signe de l'action Divine. Je comprends bien que si Dieu ne fortifiait pas mon âme dans ces différentes épreuves, elle n'en viendrait pas à bout d'elle-même. Donc Dieu Lui-même est son bouclier. Quand par la suite, je méditais durant les vêpres sur cette sorte de mélange de souffrances et de grâces, j'entendis la voix de la Très Sainte Vierge : « Sache, ma fille, que quoique j'ai été élevée à la dignité de Mère de Dieu, sept glaives de douleur ont transpercé mon cœur ! Ne fait rien pour te défendre ! Supporte tout avec humilité ! Dieu Seul te défendra. »

1. XII. 1936. Retraite d'un jour.

Aujourd'hui pendant les méditations matinales le Seigneur me fit connaître et comprendre nettement l'irrévocabilité de Ses désirs. Et je vois clairement que personne ne peut me dispenser de ce devoir d'accomplir la volonté Divine que j'ai appris à connaître. Un manque évident de santé et de forces physiques n'est pas une raison suffisante et ne me libère pas de cette œuvre que Dieu lui-même réalise. Je dois être seulement un instrument dans Sa main. Eh bien ! Alors Seigneur me voici pour accomplir Votre volonté. Ordonnez-moi selon Vos éternelles intentions et prédilections ! Donnez-moi seulement la grâce pour que je sois toujours fidèle !

787. Alors que je causais avec Dieu caché, Il m'a fait connaître et comprendre que je ne dois pas trop réfléchir, ni avoir peur des difficultés qui peuvent se trouver sur mon chemin. « Sache, que Je suis avec toi ! Je provoque les difficultés et Je les renverse. Et les dispositions malveillantes peuvent en un instant tourner en faveur de cette cause. » Le Seigneur m'éclaire en beaucoup de choses durant la conversation d'aujourd'hui, mais je n'écris pas tout.

788. Céder toujours le pas aux autres en toutes circonstances, surtout durant la récréation. Ecouter tranquillement sans interrompre, même si l'on vous raconte dix fois la même chose. Je ne poserai jamais de questions sur une chose qui m'intéresse beaucoup.

789. Résolution, toujours la même : m'unir au Christ miséricordieux.
Résolution générale : calme intérieur, silence.

790. Cachez-moi, Jésus, dans les profondeurs de Votre miséricorde et alors le prochain peut me juger comme il lui plaît !

791. Ne jamais parler de mes propres épreuves. Dans la souffrance, chercher le soulagement. Dans la prière, dans les doutes, même les plus petits, chercher conseil seulement auprès de mon confesseur. Avoir le cœur toujours accueillant pour accepter les souffrances d'autrui et noyer mes propres souffrances dans le Cœur Divin pour qu'à l'extérieur, autant que possible, on ne s'en aperçoive pas.
Toujours travailler à maintenir l'équilibre, même si les circonstances sont contraires. Ne pas permettre que soient troublés le calme et le silence intérieur. Rien ne peut être comparé à la paix de l'âme. Si l'on me reproche quelque chose injustement, ne pas m'excuser.
Si la Supérieure veut savoir la vérité, si j'ai raison ou non, qu'elle le sache plutôt par d'autres que par moi. Ma part est de tout accepter en toute humilité.

792. Je passe un moment avec la Très Sainte Vierge. J'attends avec grand désir la venue du Seigneur. Mes désirs sont Grands. Je souhaite que tous les peuples connaissent le Seigneur. Je voudrais préparer toutes les nations à la venue du Verbe Incarné. Ô Jésus, faites que la source de Votre miséricorde jaillisse avec plus d'abondance, car l'humanité est très malade et plus que jamais elle a besoin de Votre Pitié. Vous êtes une mer sans fond de miséricorde envers nous, les pécheurs. Et plus notre misère est grande, plus nous avons droit à Votre miséricorde. Vous êtes la source du bonheur pour toutes les créatures par Votre infinie miséricorde.

793. Aujourd'hui je pars faire une cure à Pradnik, situé un peu en dehors de Cracovie. Je dois y rester trois mois. La grande sollicitude des Supérieures en a décidé ainsi, et surtout notre chère Mère Générale qui se soucie tant des Sœurs malades.

794. J'ai accepté la faveur de cette cure, car j'accepte complètement la volonté Divine. Que Dieu fasse de moi ce qui Lui plaît ! Je ne désire rien d'autre qu'accomplir Sa sainte volonté. Avec la Vierge Marie, je quitte Nazareth pour aller à Bethléem. Là, je passerai la fête de Noël, parmi des étrangers, mais avec Jésus, Marie et Joseph, car telle est la volonté de Dieu. Je tâche d'accomplir en tout la volonté de Dieu. Je ne désire pas plus le retour à la santé que la mort. Comme un petit enfant, je me confie entièrement à Son infinie miséricorde, et je vis dans la plus grande paix. Je m'efforce seulement de rendre mon amour pour Lui, de plus en plus profond et pur, afin qu'il soit un délice pour Son divin regard.

795. Le Seigneur m'a dit de réciter ce chapelet pendant neuf jours, avant la fête de la Miséricorde. La neuvaine doit commencer le Vendredi Saint. Pendant ce temps j'obtiendrai aux âmes beaucoup de grâces.

796. A la pensée que j'allais rester si longtemps seule, en dehors de la Communauté, la peur s'empara de moi. Jésus me dit : « Tu ne sera pas seule, car je suis avec toi toujours et partout. Auprès de Mon Cœur n'aie peur de rien ! C'est Moi, qui ai provoqué ton départ. Sache que Mon regard suit avec grande attention tous les mouvements de ton cœur ! Je te sépare des autres pour pouvoir Moi-même former ton cœur en vue de Mes projets. De quoi as-tu peur ? Si tu es avec Moi, qui oserait te toucher ? Cependant je Me réjouis beaucoup que tu Me confies tes inquiétudes. Ma fille, parle-Moi de tout simplement, tu Me fais un grand plaisir. Je te comprends, car Je suis Homme-Dieu. Cette simple conversation de ton cœur M'est plus agréable que des hymnes composés en Mon honneur. Sache, Ma fille que plus tes paroles sont simples, plus tu m'attires vers toi ! Et maintenant sois en paix ! Et maintenant sois en paix près de Mon Cœur ! Mets de côté ta plume, et prépare-toi au départ ! »

797. Je suis partie ce matin pour Pradnik . Sœur Chryzostome m'a conduite. J'ai une chambre séparée, je ressemble à une Carmélite. Quand Sœur Chryzostome est partie et que je suis restée seule, je me suis plongée en prière, me mettant sous la protection spéciale de la Très Sainte Vierge. Elle seule est toujours avec moi. Comme une bonne Mère elle surveille mes épreuves et mes efforts.

798. Soudain je vis le Seigneur Jésus, qui me dit : « Sois tranquille, Mon enfant, tu vois que tu n'est pas seule ! Mon Cœur veille sur toi. » Jésus me remplit de force à l'égard d'une certaine personne, je le sens bien dans mon âme.

799. Principe moral.

Quand on ne sait pas ce qu'il y a de meilleur, il faut réfléchir, considérer et prendre conseil, car on n'a pas le droit d'agir dans l'incertitude de la conscience. Dans l'incertitude de la conscience. Dans l'incertitude il faut se dire : quoi que je fasse, ce sera bien pourvu que j'aie l'intention de bien faire. Ce que nous considérons comme bon, Dieu l'accepte et le considère comme bon. Ne pas se chagriner, si après un certain temps l'on voit que ces choses ne sont pas bonnes. Dieu regarde l'intention avec laquelle nous commençons et Il accordera la récompense selon cette intention. C'est un principe que nous devons suivre.

800. Encore aujourd'hui, je suis allée faire une courte visite au Seigneur avant de me coucher. Mon esprit s'est abîmé en Lui, mon seul Trésor. Mon cœur a reposé un instant près du Cœur de mon époux. J'ai reçu la lumière sur la manière de me comporter à l'égard de mon entourage et je suis revenue dans ma solitude. Le médecin s'est occupé de moi et je me sens entourée de cœurs bienveillants.

801. 10. XII. Aujourd'hui je me suis levée plus tôt et j'ai fait ma méditation avant la Messe. La Sainte Messe est célébrée à six heures. Après la Sainte Communion, mon âme fut noyée dans le Seigneur, unique objet de mon amour. Je me sentis absorbée par Sa Toute-Puissance. Quand je suis revenue dans ma solitude, je me sentis mal et je dus me coucher. La Sœur m'a apporté des gouttes, mais toute la journée je me suis sentie mal. Le soir, j'ai tenté de faire les méditations de l'Heure Sainte. Cependant je n'y suis pas arrivée, je m'unissais seulement au Christ souffrant.

802. Ma chambre est voisine de la chambre des hommes. Je ne savais pas que les hommes étaient de tels bavards. Dès le matin, jusque tard dans la nuit, conversation sur différents sujets. C'est beaucoup plus tranquille dans la salle des femmes. On fait toujours aux femmes ce reproche d'être bavardes, cependant j'eus l'occasion de me convaincre du contraire. Il m'est difficile de me concentrer sur ma prière à cause des rires et de ces plaisanteries. Ils ne me gênent pas quand la grâce de Dieu me prend totalement, car alors je ne sais pas ce qui se passe autour de moi.

803. Mon Jésus comme ces gens parlent peu de Vous. Ils parlent de tout, mais pas de Vous, Jésus. Et s'ils en parlent peu c'est, que probablement, ils n'y pensent pas du tout. Le monde entier les intéresse, mais sur Vous, le Créateur : silence. Que c'est triste Jésus, de voir cette indifférence et cette ingratitude des êtres créés ! Ô mon Jésus, je désire vous aimer à leur place et Vous dédommager par mon amour !
 

Partager cet article

Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:04

673. Soudain Jésus m'apparut et me dit : « Où as-tu l'intention d'aller ? » Je ne Lui répondis rien, mais j'ai déversé devant Lui toute ma douleur, et toutes les tentations de Satan prirent la fuite. Jésus me dit : « La paix intérieure qu tu as est une grâce. » Et soudain Il disparut. Vraiment Jésus seul peut obtenir qu'une telle paix puisse m'envahir en un instant.

674. 7 août 1936. Quand je reçus cet article sur la Miséricorde Divine, avec cette image, je fus étrangement pénétrée de la présence Divine. Je me plongeai dans la prière d'action de grâce et soudain je vis Jésus dans une grande clarté, comme Il est peint et, à Ses pieds, je vis le Père Andrasz et l'abbé Sopocko. Tous deux tenaient une plume en main et du bout de chaque plume sortaient des étincelles et des éclairs de feu qui frappaient une grande foule de gens courant je ne sais où. Quand ils étaient touchés de ces rayons les gens se détournaient de la foule et tendaient leurs mains vers Jésus. Les uns revenaient avec grande joie, d'autres avec une grande douleur et à regret. Jésus les regardait tous très gracieusement. Après un instant je restai seule avec Jésus et dis : « Jésus, prenez-moi, car Votre volonté est déjà accomplie. » Jésus me répondit : « Ma volonté n'est pas encore tout à fait accomplie en toi. Tu vas encore beaucoup souffrir. Mais Je suis avec toi, n'aie pas peur. »

675. Je parlais beaucoup avec le Seigneur du Père Andrasz et de l'abbé Sopocko et je sais que le Seigneur ne me refusera pas ce que je demande.. Il leur donnera ce pourquoi je prie. J'ai senti et je sais combien le Seigneur les aime. Je ne le décris pas en détail, mais je le sais et j'en suis profondément heureuse.

676. 15 août 1936. Pendant la Sainte Messe que disait le Père Andrasz, un moment avant l'élévation, la présence de Dieu pénétra mon âme qui fut attirée vers l'autel. Je vis alors la Très Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus qui tenait Sa Mère par la main. En un instant l'Enfant Jésus courut avec joie vers le milieu de l'autel et la Vierge me dit: « Vois avec quelle assurance je remets Jésus en ses mains. Ainsi dois-tu lui confier ton âme et être comme un enfant envers lui. » Après ces paroles, mon âme fut remplie d'une étrange confiance. La Sainte Vierge était habillée d'une robe blanche, translucide. Elle portait sur ses épaules un manteau bleu, limpide comme le ciel, la tête découverte, les cheveux libres, inexprimablement belle. Elle regardait le Père très gracieusement. Mais après un instant le Père cassa ce ravissant Enfant et il en sortit de sang vivant. Le Père se pencha et reçut en lui ce Jésus vivant et véritable. Est ce qu'il L'a mangé ? Je ne sais comment cela se passe. Jésus, Jésus, je ne peux pas Vous suivre car en un moment Vous me devenez incompréhensible !

677. La substance des vertus est la volonté Divine. Celui qui accomplit fidèlement la volonté Divine s'exerce à toutes les vertus. Dans tous les cas et dans toutes les circonstances de la vie, j'adore et je bénis la Sainte Volonté de Dieu qui est l'objet de mon amour.

Dans les plus secrètes profondeurs de mon âme, je vis de Sa volonté et j'agis à l'extérieur selon ce que je reconnais intérieurement être la volonté Divine. Je préfère les tourments de la souffrance, les persécutions et les contrariétés de toutes sortes, provenant de la volonté Divine aux succès, louanges et estime provenant de ma propre volonté.

678. Mon Jésus, bonne nuit. La cloche m'appelle au sommeil. Mon Jésus, Vous voyez que je meurs du désir de sauver les âmes. Bonne nuit, mon Epoux je me réjouis d'être plus proche de l'éternité. Si Vous me permettez de m'éveiller demain, je commencerai un nouvel hymne à Votre gloire.

679. 13 juillet.. Aujourd'hui au cours de la méditation, l'intuition m'est venue de ne jamais parler de mes propres épreuves intérieures, mais de n'en rien cacher à mon directeur.
Je dois demander à Dieu la lumière pour mon directeur et attacher plus d'importance à ses paroles qu'à toutes les illuminations que je reçois de l'intérieur.

680. Dans les plus cruels tourments, je fixe le regard de mon âme sur Jésus crucifié. Je n'attends pas l'aide des hommes, mais j'ai confiance en mon Dieu et en Sa miséricorde inépuisable.

681. Plus je sens que Dieu me transsubstantie plus je désire me plonger dans le silence. L'amour de Dieu accomplit son œuvre dans la profondeur de mon âme, je vois que la mission que Dieu m'a confiée commence.

682. Un jour, je priais ardemment les Saints Jésuites. Tout à coup, je vis mon Ange Gardien qui me conduisit devant le trône de Dieu. Je passai à travers de nombreuses légions de saints. J'en reconnus beaucoup que je connaissais par leurs tableaux. Je vis beaucoup de Jésuites qui me demandèrent à quelle Congrégation j'appartenais.. Quand ils me demandèrent: « Qui est votre directeur ? Je répondis : « Le Père A... » Ils voulaient parler davantage, mon Ange Gardien me fit signe de me taire et je passai devant le trône Divin. Je vis une grande clarté inaccessible. Je vis la place qui m'était réservée, proche de Dieu. Mais comment est-elle ? Je ne sais pas car une nuée la couvrait. Mais mon Ange Gardien me dit : « Voici ton trône pour ta fidélité dans l'accomplissement de la volonté de Dieu. »

683. Jeudi. Heure Sainte. En cette heure de prière Jésus me permit d'entrer dans le Cénacle et j'assistai à ce qui s'y passait. Je fus très émue quand, avant la consécration, Jésus leva les yeux au ciel et entra dans une mystérieuse conversation avec Son Père. Ce n'est que dans l'éternité que nous comprendrons ce moment-là.. Ses yeux étaient comme deux flammes, Son visage rayonnant, blanc comme la neige, toute Sa personne empreinte de majesté. Son âme pleine de lassitude, se reposa au moment de la consécration : l'amour était assouvi, le sacrifice pleinement accompli. Maintenant il ne restait plus que la cérémonie extérieure de la mort à accomplir, la destruction extérieure. L'essence est au Cénacle. De toute ma vie je n'ai jamais éprouvé une si profonde connaissance de ce mystère, comme durant cette heure d'adoration. Oh ! que je désire ardemment que le monde entier connaisse cet insondable mystère !

684. L'heure finie, j'allai dans ma cellule, et soudain j'ai compris combien Dieu était offensé par une personne proche de mon cœur. A cette vue la douleur me transperça l'âme et je me jetai dans la poussière devant le Seigneur et j'implorai Sa miséricorde. Deux heures durant, par mes larmes, ma prière et la flagellation, je m'opposai au péché et je reconnus que la miséricorde divine s'était emparée de cette âme. Oh ! ce que coûte un seul péché !

685. Septembre. Premier Vendredi. Le soir je vis la Sainte Vierge, le cœur apparent, transpercé par un glaive. Elle pleurait à chaudes larmes et nous protégeait de la terrible punition divine. Dieu veut nous punir, mais il ne le peut pas, car Sa Mère nous protège. Une frayeur terrible s'empara de mon âme. Je priai pour la Pologne, ma chère Pologne, qui est si peu reconnaissante à la Sainte Vierge. Sans Elle, nos efforts ne serviraient pas à grand-chose. Je multipliai mes efforts en prières et en sacrifices pour ma chère Patrie. Mais qu'est-ce qu'une goutte d'eau face à la vague du mal ? Comment une goutte d'eau peut-elle arrêter une vague ? Mais si ! Une goutte n'est rien en elle-même, mais avec Vous Jésus, je m'opposerai hardiment à toute la vague du mal et même à l'enfer entier. Votre puissance peut tout.

686. A un certain moment, passant par le corridor conduisant à la cuisine, j'entendis dans l'âme ces paroles : « Dis constamment ce chapelet que Je t'ai enseigné. Celui qui le dira sera l'objet d'une grande miséricorde à l'heure de sa mort, fût-il le pécheur le plus endurci. S'il dit une seule fois ce chapelet, il recevra la grâce de Mon infinie miséricorde. Je désire que le monde entier connaisse Ma miséricorde. Je veux répandre Mes grâces sur les âmes, qui ont confiance en Ma miséricorde. »

687. Jésus, Vie et Vérité, mon Maître, dirigez chaque pas de ma vie pour que j'agisse selon Votre Sainte Volonté.

688. A un certain moment j'ai vu le Siège de l'Agneau de Dieu et devant Son trône trois Saints : Stanislas Kosta, André Bobola et le prince Casimir, qui intercédaient pour la Pologne. Je vis aussi un grand livre placé devant le Siège et on me le donna pour que je lise. Ce livre était écrit de sang. Cependant je ne pouvais rien lire, sauf le nom de Jésus. Tout à coup, j'entendis une voix, qui me dit :: « Ton heure n'est pas encore venue. » On me prit le livre et j'entendis ces mots : « Tu vas témoigner de mon infinie miséricorde. Dans ce livre sont inscrites les âmes qui ont adoré Ma miséricorde. » Une grande joie s'empara de moi devant une si grande bonté de Dieu.

689. Une autre fois, je connus l'état de deux Sœurs religieuses qui murmuraient intérieurement contre un ordre qu'elles avaient reçu de leur Supérieure. Et à cause de cela Dieu leur avait retiré beaucoup de grâces particulières.
Une douleur me serra le cœur à cette vue. Si nous sommes nous-mêmes cause de la perte de grâces, comme c'est triste !

690. Jeudi. Aujourd'hui, quoique je sois très fatiguée, j'ai résolu d'aller à l'Heure Sainte. Je ne pouvais pas prier, je ne pouvais pas non plus rester agenouillée. Mais je suis restée en prière une heure entière et je me joignis en esprit aux âmes, qui adorent déjà Dieu d'une façon parfaite. Cependant vers la fin de l'heure je vis soudain Jésus, qui m'a regardée profondément et avec une ineffable douceur. Il m'a dit : « Ta prière m'est extrêmement agréable. » Et à ces mots une étrange force et une joie spirituelle entrèrent dans mon âme. La présence de Dieu la pénétra. Aucune plume n'a exprimé ni n'exprimera jamais ce qui se passe dans l'âme qui se rencontre face à face avec le Seigneur...

691. O Jésus, je comprends que Votre miséricorde est inconcevable! Je Vous en prie rendez mon cœur assez grand pour pouvoir embrasser les nécessités de toutes les âmes qui vivent sur le globe terrestre. O Jésus, mon amour s'étend au-delà du monde jusqu'au âmes qui souffrent dans le Purgatoire, et envers elles je veux pratiquer la Miséricorde à l'aide de prières indulgenciées. La miséricorde divine est aussi insondable et inépuisable que Dieu est insondable. Quoique j'emploie les mots les plus forts pour exprimer cette miséricorde de Dieu, cela n'est rien à côté de la réalité qu'elle est. O Jésus, rendez mon cœur sensible à toutes les souffrances du corps et de l'âme de mon prochain. O mon Jésus, je sais que Vous agissez avec nous de la même manière que nous agissons avec le prochain.
Mon Jésus, rendez mon cœur semblable à Votre cœur miséricordieux.. Jésus, aidez-moi à passer ma vie à faire du bien à chacun.

692. 14 septembre 1936. Notre Archevêque de Wilno est venu chez nous, et quoiqu'il soit resté si peu de temps, j'ai pu lui parler de l'œuvre de miséricorde. Il a montré beaucoup de bienveillance pour cette cause de la miséricorde : « Ma Sœur, soyez tout à fait tranquille. Si c'est le dessein de la Providence Divine cela sera. En attendant, priez pour que nous ayons un signe extérieur plus visible. Que le Seigneur Jésus le fasse connaître plus nettement. Je vous prie d'attendre encore un peu. Le Seigneur Jésus arrangera les circonstances, et tout ira bien. »

693. 19 septembre 1936. Quand nous sommes sorties de chez le médecin et que nous sommes entrées dans la petite chapelle de ce sanatorium, j'entendis ces paroles : « Mon enfant, encore quelques gouttes dans le calice. »
La joie inonda mon âme, voici le premier appel de mon Epoux et Maître. Mon cœur s'attendrit et il y eut un moment où mon âme plongea toute dans l'océan de la miséricorde divine. J'ai ressentit que ma mission commençait en plénitude. La mort ne détruit rien de ce qui est bon. Je prie surtout pour les âmes qui ressentent des souffrances intérieures.

694. A un certain moment, je reçus une lumière au sujet de deux Sœurs. J'ai compris qu'on ne peut pas agir avec tout le monde de la même façon. C'est étrange comme il y a des personnes qui savent entrer en amitié. Et sous prétexte d'aide, en tant qu'amies, elles vous font parler. Et par la suite elles emploieront vos propres paroles pour vous causer du désagrément. Mon Jésus, que la faiblesse humaine est étrange ! Votre amour, Jésus, donne à l'âme cette grande prudence dans ses rapports avec les autres.

695. 24 septembre 1936. La Mère Supérieure m'a recommandé de ne méditer qu'un seul mystère du rosaire à la place de tous les autres exercices et d'aller tout de suite me coucher. Quand je me suis couchée, je m'endormis tout de suite car j'étais très fatiguée. Cependant, après un instant, la souffrance me réveilla. C'était une si grande souffrance qu'elle ne me permettait pas de faire le moindre mouvement, ni même d'avaler ma salive. Cela dura trois heures environ. Je pensais éveiller la Sœur novice avec laquelle j'habite, mais je réfléchis qu'elle ne m'apporterait aucune aide. Il valait donc mieux qu'elle dorme, c'était dommage de l'éveiller. Je me suis complètement abandonnée à la volonté de Dieu et je pensais que déjà venait pour moi le jour de la mort, ce jour que le désire. J'avais la possibilité de m'unir à Jésus souffrant sur la Croix, à part cela, je ne pouvais prier.

Quand la souffrance s'éloigna, je me suis mise à transpirer, cependant je ne pouvais faire aucun mouvement comme auparavant. Le matin je me sentis très fatiguée, mai je ne souffrais plus physiquement. Cependant je ne pus me lever pour la Messe. Je pensais que, si après de telles souffrances la mort ne venait pas, combien les souffrances mortelles devaient être grandes.

696. Jésus, vous savez que j'aime la souffrance et que je désire boire le calice des souffrances jusqu'à la dernière goutte ; cependant ma nature éprouve un léger frisson et une certaine peur. Mais tout de suite ma confiance dans l'infinie miséricorde divine se réveilla dans toute sa force. Et tout du céder devant elle, comme l'ombre se la nuit devant les rayons du soleil. O Jésus, que votre bonté est grande, cette infinie bonté que je connais bien, qui me permet de regarder hardiment en face la elle-même ! Je sais que rien ne m'arrivera sans la permission de Dieu. Je désire louer Votre infinie miséricorde durant ma vie, à l'heure de ma mort, à la Résurrection et dans l'éternité.

Mon Jésus, ma force, ma paix et mon repos, mon âme baigne chaque jour dans les rayons de Votre miséricorde. Je ne connais pas de moment dans ma vie, dans lequel je n'ai pas éprouvé Votre miséricorde. O Dieu, je ne compte sur rien dans toute ma vie, seulement sur Votre infinie miséricorde, Seigneur. Elle dirige ma vie, mon âme est pleine de la miséricorde de Dieu.

697. O comme Jésus est blessé par l'ingratitude de l'âme choisie ! Son indicible miséricorde en subit le martyre. Dieu nous aime de tout Son Etre infini, et voici qu'une misérable poussière dédaigne Son amour. Mon cœur se fend de douleur quand j'en arrive à penser à cette ingratitude.

698. A un certain moment, j'entendis ces paroles : « Ma fille, parle au monde entier de Mon inconcevable miséricorde. Je désire que la Sainte Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les écluses de Ma miséricorde sont ouvertes. Je déverse tout un océan de grâces sur les âmes, qui s'approcheront de la source de Ma miséricorde. Toute âme qui s'approchera de la confession et de la Sainte Communion recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition. En ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s'écoule la grâce. Qu'aucune âme n'ait peur de s'approcher de Moi, même si ses péchés sont comme l ‘écarlate. Ma miséricorde est si grande que, pendant toute l'éternité, aucun esprit, ni humain ni angélique ne saurait approfondir tout ce qui est sorti des profondeurs de Ma miséricorde. Chaque âme en relation avec Moi, méditera Mon amour et Ma miséricorde durant toute l'éternité. La fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles.
Je désire qu'elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques. Le genre humain ne trouvera pas la paix tant qu'il ne se tournera pas vers la source de Ma Miséricorde. »

699. Une fois j'étais très fatiguée et souffrante. J'ai été le dire à la Mère Supérieure, et je reçus la réponse que je devais me familiariser avec la souffrance. J'ai écouté tout ce que la Mère me disait, et après un instant je suis sortie. Notre Mère Supérieure a tant d'amour du prochain, surtout envers les Sœurs qui sont malades que tous le savent. C'est donc étrange que le Seigneur Jésus ait permis qu'elle ne me comprenne pas et qu'elle m'ait beaucoup éprouvée sous ce rapport.

700. Ce jour-là, quand je me sentis si mal et que je suis allée au travail, à tout moment je me sentais mal et la chaleur était si grande que même sans travailler, on se sentait mal à l'aise. Que dire quand on travaille et que l'on est souffrant. Aussi, avant midi, je me suis arrêtée de travailler, j'ai regardé le ciel avec grande confiance et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, couvrez le soleil, car je ne peux supporter plus longtemps cette chaleur ! » Chose étrange, à ce moment un petit nuage blanc couvrit le soleil et dès lors il n'y eut plus de si grande chaleur. Après un moment, je me fis des reproches de ne pouvoir supporter la chaleur et d'avoir demandé un répit, mais Jésus Lui-même me tranquillisa.

701. 13 août 1936. Ce soir, je suis pénétrée de la présence de Dieu. En un instant je reconnais Sa grande sainteté. Oh ! Comme je suis écrasée par la grande sainteté de Dieu ! Alors je reconnais tout l'abîme de ma nullité. C'est une grande souffrance, car la connaissance est suivie de l'amour. L'âme s'élance violemment vers Dieu et les deux amours se trouvent face à face : le Créateur et la créature, une goutte d'eau face à l'océan. Au premier moment, la goutte d'eau voudrait enfermer en soi tout cet océan inconcevable. Mais à ce même moment elle reconnaît qu'elle n'est qu'une goutte d'eau et alors, elle est vaincue et passe entièrement en Dieu comme une goutte d'eau dans l'océan... Ce moment au début est une souffrance, mais tellement douce que l'âme en l'éprouvant est heureuse.

702. Maintenant je fais l'examen détaillé de mon union avec le Christ Miséricordieux. Cet exercice me donne une force singulière. Mon cœur est toujours uni à Celui qu'il désire, et ses actes sont réglés par la miséricorde qui découle de l'amour.

703. Je passe chaque moment libre aux pieds de Dieu caché. Il est mon Maître. Je Lui demande tout. Je Lui parle de tout. En Lui je puise force et lumière. Au pied du tabernacle, j'apprends tout. Ici me viennent des lumières sur la façon d'agir avec le prochain. Depuis que j'ai quitté le noviciat, je me suis enfermée dans le tabernacle avec Jésus, mon Maître. Lui-même m'a attirée dans ce foyer de l'amour vivant autour duquel tout se rassemble.

704. 25.IX. J'éprouve de grandes souffrances aux mains, aux pieds, dans le côté, là où Jésus a été transpercé. J'éprouve ces souffrances surtout quand je rencontre une âme qui n'est pas en état de grâce. Alors je prie ardemment pour que la miséricorde de Dieu s'empare de cette âme.

705. 29.IX. Fête de Saint Michel Archange. Je vis ce chef près de moi qui me dit ces paroles : « Le Seigneur m'a recommandé d'avoir particulièrement soin de toi. Sache que tu es haïe du Mal, mais n'aie pas peur. Qui est comme Dieu ? » et il disparut. Cependant je sens sa présence et son aide.

706. 2.X. 1936. Premier vendredi du mois. Après la Sainte Communion, soudain je vis le Seigneur Jésus qui me dit ces paroles : « Maintenant je sais que tu ne M'aimes ni pour la grâce, ni pour les dons. Mais Ma volonté t'est plus précieuse que la vie. C'est pourquoi Je m'unis à toi plus étroitement qu'avec aucune autre créature. »

707. A ce moment Jésus disparut. Mon âme fut inondée de la présence de Dieu. Je sais que je suis sous le regard de ce puissant Souverain. Je me plongeais toute dans la joie, qui vient de Dieu. Toute la journée, je vécus abîmée en Dieu sans interruption. Le soir je suis entrée pour ainsi dire dans une étrange agonie. Mon amour désire égaler l'amour de ce puissant Souverain. Il est si violemment attiré vers Lui que sans une grâce spéciale de Dieu, il est impossible de supporter cette quantité de grâces. Mais je vois clairement que Jésus Lui-même, me soutient, me fortifie et me rend capable de me maintenir en Sa présence. L'âme est particulièrement active en tout cela.

708. 3.X.1936. Aujourd'hui, durant le rosaire, je vis soudain un ciboire avec le Saint Sacrement. Le ciboire était découvert et plein d'hosties. Du ciboire sortit une voix : « Ces hosties ont été consommées par des âmes converties par ta prière et tes souffrances. » Ici je sentis la présence de Dieu à la façon d'un enfant - je me sentais étrangement enfant..

709. Un jour je sentis que je ne serais pas en état de sortir jusqu'à neuf heures. J'ai prié Sœur N. de me donner un peu à manger, car je devais me coucher plus tôt. Sœur N. me répondit : « Ma Sœur vous n'êtes pas malade, seulement on voulait se donner du repos et on a prétexté une maladie. » Ô mon Jésus, la maladie est tellement avancée que le médecin m'a isolée des Sœurs, pour quelle ne se communique pas aux autres. Et malgré cela on est jugé de cette façon ! Mais c'est bien, c'est tout pour Vous, mon Jésus. Je ne veux pas beaucoup écrire sur les événements extérieurs, car ce n'est pas mon intention. Je veux spécialement noter les grâces, que le Seigneur m'accorde, car elles ne sont pas pour moi seulement mais aussi pour beaucoup d'âmes.

710. 5.X. 1936. Aujourd'hui j'ai reçu une lettre de l'Abbé Sopocko, par laquelle j'appris qu'il avait l'intention de publier une petite image du Christ Miséricordieux. Et il me demandait de lui envoyer une prière qu'il voudrait imprimer au verso, si l'Archevêque l'y autorise. Quelle grande joie emplit mon cœur, Dieu m'a permis de voir cette œuvre de Sa Miséricorde ! Qu'elle est grande cette œuvre de Dieu ! Je suis seulement Son instrument. Et combien je désire ardemment voir instaurer cette solennité de la Miséricorde Divine, que Dieu exige par mon intermédiaire ! Même si la volonté de Dieu est qu'elle ne soit fêtée solennellement qu'après ma mort, dès maintenant je m'en réjouis et intérieurement avec la permission de mon confesseur je la fête déjà.

711. Aujourd'hui j'ai vu le Père Andrasz agenouillé plongé en prière. Et soudain Jésus se trouva à côté de lui et étendant les deux mains au-dessus de sa tête, Il me dit : « Il te mènera à bonne fin, n'aie pas peur. »

712. 11 octobre. Ce soir, tandis que j'écrivais sur cette grande Miséricorde Divine et sur sa grande utilité pour les âmes, Satan fit irruption dans ma cellule et avec une grande fureur il a saisi le paravent qu'il a commencé à casser. Au premier instant, je me suis un peu effrayée, mais tout de suite je fis le signe de la croix avec une petite croix et le monstre s'est immédiatement calmé et a disparu. Aujourd'hui je n'ai pas vu cette monstrueuse figure, mais seulement sa colère. La colère de Satan est terrible. Cependant ce paravent n'était pas cassé et je continuai à écrire en toute tranquillité. Je sais bien que sans la permission de Dieu, ce misérable ne me touchera pas, mais que ne fait-il ? Il commence à m'attaquer ouvertement et cela avec une grande colère et une grande haine. Mais il n'ébranle pas ma paix un seul instant et mon équilibre le met en rage.

713. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Va chez la Supérieure et dis-lui que Je désire que toutes les Sœurs et tous les enfants récitent ce chapelet que Je t'ai enseigné. Elles doivent le dire durant neuf jours dans la chapelle, dans le but de fléchir par cette prière Mon Père, et de supplier la Miséricorde Divine pour la Pologne. » J'ai répondu au Seigneur que j'en parlerai. Mais je dois auparavant en parler au Père Andrasz. Et j'ai résolu, dès que le Père arrivera, de lui en parler. Quand le Père arriva, les circonstances firent que je ne pus le voir, cependant j'aurais dû passer outre et aller chez le Père pour arranger cette affaire.

714. J'ai pensé que ce serait pour une autre fois... quand le Père reviendrait. Cela n'a pas plu du tout au Seigneur. En un moment la présence de Dieu m'a quittée, cette présence qui, d'une façon même sensible, est sans cesse en moi. De ce moment, elle m'a complètement quittée. Certaines ténèbres ont dominé dans mon âme, à un tel degré, que je ne sais pas si je suis en état de grâce ou non. Par conséquent je ne suis pas allée communier pendant quatre jours. Après quoi j'ai vu le Père et je lui ai tout dit. Le Père m'a consolée disant, que je n'avais pas perdu la grâce. Mais en même temps il m'a dit de Lui être fidèle. Au moment où j'ai quitté le confessionnal, la présence de Dieu m'a de nouveau enveloppée comme auparavant. J'ai compris qu'il faut accepter la grâce de Dieu, telle qu'Il l'envoie, comme Il le veut et sous la forme qu'Il désire.

715. Ô mon Jésus, Je prends en cet instant une ferme résolution de fidélité à Vos moindres grâces.

716. Toute la nuit, je me préparai à la réception de la Sainte Communion, car je ne pouvais pas dormir à cause des souffrances physiques. Mon âme était pleine d'amour et de repentir.

717. Après la Sainte Communion, j'entendis ces paroles : « Vois ce que tu es par toi-même, mais ne t'en effraie pas ! Si Je te découvrais toute ta misère, tu mourrais de peur. Mais sache que, parce que tu es tellement misérable, J'ai découvert devant toi tout l'océan de Ma miséricorde. Je cherche et désire des âmes comme la tienne, mais il y en a peu. Ta grande confiance envers Moi, me force à t'accorder continuellement des grâces. Tu as de grands droits sur Mon Cœur, car tu as pleine confiance. Tu ne supporterais pas l'immensité de Mon amour si ici, sur la terre, Je te le découvrais dans toute sa plénitude. Souvent Je soulève pour toi un petit coin de voile, mais sache que c'est de Ma part une grâce exceptionnelle. Mon Amour et Ma miséricorde ne connaissent pas de bornes. »

718. Aujourd'hui j'ai entendu ces paroles : « Sache Mon enfant, qu'à cause de toi, J'accorde des grâces à tous ces environs. Mais tu dois me remercier pour eux car Je ne reçois pas de remerciements pour les bienfaits que Je leur accorde. A cause de ta gratitude, Je vais continuer à les bénir. »

719. Ô mon Jésus, Vous savez comme la vie en commun est dure, combien il y a de malentendus et d'incompréhensions, même avec la meilleure volonté de part et d'autre ! Mais c'est Votre mystère, Ô Seigneur, nous le connaîtrons dans l'éternité ! En attendant, nos jugements doivent toujours être bienveillants.

720. C'est une grande grâce de Dieu que d'avoir un directeur spirituel, je sens que maintenant je ne saurais plus progresser dans la vie spirituelle sans son aide. La force d'un prêtre est grande. Je remercie sans cesse Dieu de m'avoir donné un directeur spirituel.

721. Aujourd'hui j'ai entendu ces paroles : « Tu vois comme tu es faible. Quand pourrais-Je compter sur toi ? » J'ai répondu : « Jésus, soyez toujours avec moi, car je suis Votre enfant. Jésus, Vous savez comment sont les enfants ! »

722. Aujourd'hui, j'ai entendu ces paroles : « Les grâces que Je t'accorde ne sont pas seulement pour toi, mais pour un grand nombre d'âmes... et ton cœur est Ma demeure ! Malgré ta misère, Je m'unis à toi. Je prends ta misère et Je te donne Ma miséricorde. En chaque âme, J'accomplis l'acte de Ma miséricorde et plus le pécheur est grand, plus il a droit à Ma miséricorde. Sur chaque œuvre de Mes mains est gravée Ma miséricorde. Qui a confiance en elle ne périra pas, car toutes ses affaires sont à Moi et ses ennemis se briseront à Mes pieds. »

723. La veille de la retraite, j'ai commencé à prier pour que Jésus me donne un peu de santé afin que je puisse prendre part à cette retraite. Car je me sens si mal que peut-être elle sera pour moi la dernière. Cependant, quand j'ai commencé à prier, j'ai senti tout de suite une sorte d'étrange mécontentement. J'ai donc interrompu ma prière de supplication et je me suis mise à remercier Dieu pour tout ce qu'il m'envoie, me soumettant tout à fait à Sa Sainte volonté, et tout à coup j'ai senti une paix profonde dans mon âme. La fidèle soumission à la volonté divine toujours et partout, dans tous les cas et circonstances de la vie rend une grande gloire à Dieu. Une telle soumission à la volonté de Dieu, a une plus grande valeur à Ses yeux que de longs jeûnes et que les plus sévères mortifications. Oh ! Que la récompense d'un seul acte de soumission à la volonté de Dieu est grande. En écrivant ceci, mon âme est ravie à la pensée que Dieu l'aime tant et que l'âme jouit déjà de la paix dès ici-bas.

724. J.M.J. Cracovie 1936

Ô Volonté de Dieu, soit mon amour !

20. X.1936. Retraite de 8 jours.

Ô mon Jésus, je vais aujourd'hui au désert pour m'entretenir avec Vous, mon Maître et Seigneur ! Que la terre fasse silence et Vous Seul, Jésus, parlez-moi ! Vous savez que je ne comprends pas d'autre voix que la Vôtre, bon Pasteur. Il y a un désert dans mon cœur, où aucune créature n'a accès, Vous Seul y êtes Roi !

725. Quand je suis rentrée à la chapelle pour cinq minutes d'adoration, j'ai demandé au Seigneur Jésus comment je devais faire cette retraite. Alors j'ai entendu cette voix dans mon âme : « Je désire que tu te transformes toute entière en amour et que tu brûles d'ardeur comme une pure victime d'amour... »

726. Vérité éternelle, donnez-moi un rayon de Votre lumière pour que je Vous connaisse, Seigneur, et pour que je loue dignement Votre infinie miséricorde ! Et en même temps, accordez-moi de connaître moi-même tout le gouffre de misère que je suis.

727. J'ai choisi comme patrons de cette retraite, Saint Claude de la Colombière et Sainte Gertrude. Qu'ils intercèdent sans cesse pour moi auprès de la Mère de Dieu, et du Sauveur miséricordieux !

728. Pendant la méditation sur la créature, mon âme s'est unie avec son Créateur et Seigneur. Alors j'ai découvert mon but et ma destinée. Mon but c'est de m'unir intimement à Dieu par l'amour. Et ma destinée est d'adorer et de glorifier la miséricorde divine. Le Seigneur me l'a fait connaître clairement et m'a permis de le vivre d'une façon même physiquement sensible. Je n'en reviens pas, quand je reconnais et que j'éprouve cet inconcevable amour de Dieu, avec lequel Dieu m'aime. Qui est Dieu et qui suis-je moi ? Je ne peux méditer plus longtemps. L'amour seul comprend cette rencontre et cette union de deux esprits : c'est Dieu-Esprit, et l'âme-créature. Plus je Le connais, plus je me plonge en Lui de toute la force de mon être.

729. « Tout au long de cette retraite, Je vais te tenir près de Mon cœur pour que tu connaisses mieux la miséricorde que J'éprouve envers les hommes, et surtout envers les pauvres pécheurs. »

730. Le premier jour de la retraite, une des Sœurs qui est venue ici pour des vœux perpétuels vint chez moi et confessa qu'elle n'avait aucune confiance en Dieu et qu'un rien la décourageait. Je lui ai répondu : « C'est bien de m'avoir dit cela, je vais prier pour vous. » Et je lui ai dit combien le Seigneur souffre du manque de confiance, surtout de la part d'une âme choisie. Elle m'a dit qu'à partir de ses vœux perpétuels, elle allait s'exercer à la confiance. Je sais maintenant que même les âmes élues et avancées dans la vie religieuse ou sacerdotales, n'ont pas le courage de s'abandonner complètement à Dieu. Et c'est parce que peu d'âmes connaissent la grande, l'inépuisable miséricorde de ce Dieu.

731. La grande majesté de Dieu qui aujourd'hui me pénétrait et me pénètre encore, a éveillé en moi une grande peur. Mais une peur pleine de respect, et non pas une peur d'esclave, très différente de la peur de respect. La peur de respect, naissait aujourd'hui dans mon cœur de l'amour et de la connaissance de la grandeur de Dieu. Et c'est une grande joie pour l'âme. L'âme tremble devant la moindre offense faite à Dieu, mais cela ne la trouble pas et n'assombrit pas son bonheur. Car où l'amour préside, là, tout est bien.

732. Il m'arrive parfois en écoutant la méditation qu'un mot m'introduise dans une union plus étroite avec Dieu et alors je ne sais plus ce que dit le Père. Je sais que je suis auprès du Cœur miséricordieux de Jésus, mon esprit plonge tout entier en Lui. Et j'apprends plus en un moment que par de longues heures de recherches savantes et de méditations. Ce sont des lueurs soudaines, qui permettent de connaître les choses comme Dieu les voit, tant dans le domaine intérieur, que dans le domaine extérieur.

733. Je vois que Jésus seul agit dans mon âme pendant cette retraite. Et moi je m'efforce seulement d'être fidèle à Sa grâce. J'ai soumis mon âme entière à l'influence divine, ce puissant Souverain céleste en a pris complètement possession. Je sens que je suis élevée au-dessus de la terre et du ciel dans la vie intime de

734. Je m'enfermerai dans le calice du Christ pour le consoler continuellement. Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver les âmes. Je le ferai par la prière et la souffrance. Je tâche toujours d'être pour Jésus une Béthanie pour qu'il puisse s'y reposer après toutes Ses fatigues. Au moment de la Sainte Communion, mon union avec Jésus est tellement étroite et inconcevable, que je ne puis la décrire, les paroles me manquent.

735. Le soir, j'ai vu le Seigneur Jésus comme pendant Sa Passion. Il avait les yeux levés vers Son Père et priait pour nous.

736. Quoique je sois malade, j'ai décidé aujourd'hui de faire les méditations de l'Heure Sainte comme toujours. Durant cette heure j'ai vu le Seigneur flagellé, près du poteau. Pendant ce terrible supplice Jésus priait. Puis Il me dit : « Il y a peu d'âmes qui méditent avec une véritable compassion. J'accorde de grandes grâces aux âmes, qui méditent pieusement Ma Passion. »

737. « Tu n'es même pas capable d'accepter Mes grâces sans Mon aide particulière. Tu sais ce que tu es. » Aujourd'hui, après la Sainte Communion, j'ai beaucoup parlé au Seigneur Jésus des personnes qui me tiennent à cœur. Tout à coup, j'entendis ces paroles : « Ma fille, ne te mets pas en peine ! J'aime aussi particulièrement ceux que tu aimes particulièrement. Et par égard pour toi, Je déverse aussi ma grâce sur eux. Il M'est agréable que tu M'en parles, mais ne le fais pas avec tant d'efforts ! »

739. Ô Sauveur du monde, je m'unis à Votre miséricorde ! Mon Jésus, je joins toutes mes souffrances aux Vôtres et je les dépose dans le trésor de l'Eglise pour le profit des âmes !

740. Aujourd'hui, j'ai été introduite par un Ange dans les gouffres de l'Enfer. C'est un lieu de grands supplices. Et son étendue est terriblement grande. Genres de souffrances que j'ai vues :

- La première souffrance qui fait l'enfer est la perte de Dieu.

- La seconde : les perpétuels remords de conscience.

- La troisième : le sort des damnés ne changera jamais.

- La quatrième : c'est le feu qui va pénétrer l'âme sans la détruire. C'est une terrible souffrance, car c'est un feu purement spirituel, allumé par la colère de Dieu.

-La cinquième souffrance, ce sont les ténèbres continuelles, une odeur terrible, étouffante. Et malgré les ténèbres, les démons et les âmes damnées se voient mutuellement et voient tout le mal des autres et le leur.

-La sixième souffrance, c'est la continuelle compagnie de Satan.

- La septième souffrance : un désespoir terrible, la haine de Dieu, les malédictions, les blasphèmes.

Ce sont des souffrances que tous les damnés souffrent ensemble, mais ce n'est pas la fin des souffrances. Il y a des souffrances, qui sont destinées aux âmes en particulier : ce sont les souffrances des sens. Chaque âme est tourmentée d'une façon terrible selon ses péchés. Il y a de terribles caveaux, des gouffres de tortures où chaque supplice diffère de l'autre. Je serais morte à la vue de ces terribles souffrances, si la Toute-Puissance de Dieu ne m'avait soutenue !

Que chaque pécheur sache qu'il sera torturé durant toute l'éternité par les sens qu'il a employés pour pécher !

J'écris cela sur ordre de Dieu pour qu'aucune âme ne puisse s'excuser disant qu'il n'y a pas d'enfer, ou, que personne n'y a été et ne sait comment c'est. Moi, Sœur Faustine, par ordre de Dieu, j'ai pénétré dans les abîmes de l'enfer, pour en parler aux âmes et témoigner que l'enfer existe. Je ne peux pas en parler maintenant. J'ai l'ordre de Dieu de le laisser par écrit. Les démons ressentaient une grande haine envers moi. Mais l'ordre de Dieu les obligeait à m'être obéissants. Ce que j'ai écrit est un faible reflet des choses que j'ai vues. Une chose que j'ai remarquée c'est qu'il y avait là beaucoup d'âmes qui doutaient que l'enfer existât. Quand je suis revenue à moi, je ne pouvais pas apaiser ma terreur de ce que les âmes y souffrent si terriblement. Aussi je prie encore plus ardemment pour le salut des pécheurs. Sans cesse j'appelle la miséricorde divine sur eux. Ô mon Jésus, je préfère agoniser jusqu'à la fin du monde dans les plus grands supplices que de Vous offenser par le moindre péché !

741 J.M.J. « Ma fille, si par toi, J'exige des gens le culte de Ma miséricorde, toi la première, tu dois te distinguer par cette confiance en Ma miséricorde. J'exige de toi des actes de miséricorde qui doivent découler de ton amour pour Moi. Tu dois témoigner aux autres la miséricorde, toujours et partout. Tu ne peux pas t'en écarter, ni t'excuser, ni te justifier. Je te suggère trois moyens pour exercer la miséricorde envers le prochain :

- Le premier c'est l'action.

- Le second, la Parole.

- Le troisième, la prière.

Ces trois degrés renferment la plénitude de la miséricorde. Voilà la preuve irréfutable de l'amour envers Moi. De cette manière, l'âme glorifie et honore Ma miséricorde. Oui, le premier dimanche après Pâques, est la fête de la Miséricorde, mais il doit y avoir aussi l'action. Et j'exige le culte de Ma miséricorde en célébrant solennellement cette fête, et en honorant l'image que J'ai fait peindre. Par cette image, Je donnerai beaucoup de grâces aux âmes, et on doit leur rappeler les exigences de Ma miséricorde. Car la foi la plus solide ne sera rien sans l'action. » Ô mon Jésus, Vous seul pouvez m'aider en tout, car Vous voyez combien je suis petite ! Je compte uniquement sur Votre bonté, mon Dieu !

Examen particulier : L'union avec le Christ miséricordieux. J'embrasse dans mon cœur le monde entier et surtout les pays sauvages et les pays où sévissent les persécutions. Pour eux je demande la miséricorde.

742. Deux résolutions générales.

Premièrement : m'efforcer de garder le silence intérieur et observer strictement la règle du silence. Deuxièmement : la fidélité intérieure aux inspirations. Les mettre en pratique dans la vie et passer à l'action selon l'avis du directeur spirituel. Pendant cette maladie, je désire adorer la volonté Divine autant que cela me sera possible, tâcher de prendre part à tous les exercices communs. Pour chaque ennui, chaque souffrance je remercierai vivement le Seigneur Dieu.

743. Souvent je sens que, en dehors de Jésus, je n'ai aucune aide de nulle part, quoique, plus d'une fois, j'ai eu grand besoin d'éclaircissements sur les désirs du Seigneur. Ce soir, soudainement j'ai reçu la lumière divine quant à une certaine affaire. Durant douze ans j'y avais réfléchi et je ne pouvais rien comprendre. Aujourd'hui Jésus M'a fait savoir que cela Lui a beaucoup plu.

744. 25.X.1936. La fête du Christ-Roi. Pendant la Sainte Messe, j'ai été animée d'une telle ferveur d'amour de Dieu et du désir du salut des âmes, que je ne saurais l'expliquer. Je sens, que je suis toute entière un feu. Je vais lutter contre le mal avec les armes de la miséricorde. Je suis consumée du désir de sauver les âmes. Parcourant le monde entier en long et en large, je vais jusqu'aux lieux les plus sauvages pour sauver les âmes. Je le fais par la prière et le sacrifice. Je désire que chaque âme glorifie la miséricorde divine, car chacun en éprouve les bienfaits. Les saints au ciel adorent cette miséricorde du Seigneur. Je veux l'adorer déjà ici sur terre et répandre Sa gloire, comme Dieu l'exige de moi.

745. J'ai compris qu'à certains moments, je serai seule, délaissée de tous et que je dois traverser tous les orages et lutter de toute mon âme même contre ceux dont je m'attendais à recevoir de l'aide. Mais je ne suis pas seule, car Jésus est avec moi. Avec Lui je n'ai peur de rien. Je me rends bien compte de tout et je sais ce que Dieu exige de moi. La souffrance, le dédain, la risée, la persécution, l'humiliation seront continuellement ma part, je ne connais pas d'autre chemin. L'amour sincère recevra l'ingratitude en retour. Tel est le chemin que l'on doit fouler sur les traces de Jésus. Mon Jésus, ma force et mon unique espoir, en Vous seul est tout mon espoir, et ma confiance ne sera pas déçue !

746. Le jour du renouvellement des vœux. La présence de Dieu pénétra mon âme d'une façon spirituelle et même physique.

747. 2 novembre 1936. Le soir après les vêpres je suis allée au cimetière. Après une brève prière, soudain je vis une de nos Sœurs qui me dit : « Nous sommes à la chapelle. » J'ai compris que je devais aller à la chapelle pour y prier, et gagner des indulgences. Le lendemain, après la Sainte Messe, je vis comme trois colombes blanches, qui s'élevèrent de l'autel vers le ciel. Je compris que, non seulement ces trois âmes que j'avais vues étaient montées au ciel, mais encore beaucoup d'autres ayant expiré en dehors de notre maison. Oh ! Comme le Seigneur est bon et adorable !

748. Conversation avec le Père Andrasz à la fin de la retraite. J'ai été fort étonnée d'une chose que j'ai remarquée pendant chaque conversation, durant laquelle je cherchais conseils et indices auprès du père. Et c'est ceci : j'ai remarqué qu'à toutes les questions que je lui présentais, (que le Seigneur exige que je lui soumette), le Père Andrasz me répondait avec une telle clarté et une telle décision qu'il semblait avoir passé tout cela. Ô mon Jésus, s'il y avait plus de directeurs spirituels de cette qualité, les âmes sous une telle direction atteindraient rapidement les sommets de la sainteté et ne gâcheraient pas de si grandes grâces ! Je remercie Dieu à chaque instant pour cette si grande grâce : qu'Il ait daigné dans Sa grande bonté, mettre sur le chemin de ma vie spirituelle ces colonnes lumineuses, qui éclairent mon chemin, pour que je n'erre pas sur de fausses routes, ni ne me retarde dans la poursuite d'une étroite union avec le Seigneur. J'ai un grand amour pour l'Eglise qui fait notre éducation et mène les âmes vers Dieu.

749. 31.X.1936. Conversation avec la Mère Générale. Quand je parlais avec la Mère Générale à propos de ma sortie, j'ai reçu cette réponse : « Si le Seigneur Jésus exige que vous quittiez cette Congrégation, qu'Il me donne un signe de Sa Volonté ! Priez pour cela, ma Sœur, car j'ai peur que vous ne tombiez dans quelque illusion, quoique d'autre part, je ne veuille pas m'opposer à la Volonté de Dieu ! Car moi aussi je veux faire la Volonté de Dieu. » Nous avons donc décidé que je reste comme je suis, jusqu'au moment où le Seigneur fera connaître à la Mère Générale qu'Il exige que je quitte la Congrégation. Donc l'affaire a été encore remise à plus tard.

750. Vous voyez Jésus, c'est de Vous que tout dépend ! Je suis tout à fait tranquille, malgré de grandes pressions. Moi, pour ma part, j'ai tout fait. Maintenant c'est Votre tour, mon Jésus, et de cette façon il sera évident que cette cause est Vôtre. Je suis tout à fait d'accord avec Votre volonté. Faites de moi ce que Vous voulez, Seigneur ! Accordez-moi seulement la grâce de Vous aimer de plus en plus ardemment ! Je ne veux rien d'autre que Vous, Amour Eternel. Peu importe que les chemins par lesquels Vous me mènerez, soient douloureux ou joyeux ! Je désire vous aimer à chaque moment de ma vie. Jésus, si Vous m'ordonnez, d'aller accomplir Votre volonté : j'irai ! Si vous m'ordonnez de rester, je resterai. Peu importe, ce que je souffrirai dans l'un ou l'autre cas. Ô mon Jésus, je sais ce que j'aurai à endurer et à supporter. En toute connaissance de cause, j'y consens et par un acte de volonté, d'avance, j'ai tout accepté. Qu'importe ce qui est contenu dans ce calice pour moi ! Il me suffit qu'il me soit servi par la main aimante de Dieu. Et si vous m'ordonnez de rester, je reste malgré toutes les pressions intérieures. De même, si Vous les entretenez encore, toujours, dans mon âme et me laissez dans cette agonie intérieure, même jusqu'à la fin de ma vie, je l'accepte en toute connaissance de cause, et avec une soumission pleine d'amour, ô mon Dieu ! Si je reste, je me cacherai dans Votre miséricorde, mon Dieu, si profondément qu'aucun œil ne me verra. Je désire être dans ma vie comme un encensoir où de la braise cachée s'élève la fumée vers Vous, Vivante Hostie ! Qu'elle Vous soit d'agréable odeur ! Je sens dans mon propre cœur que chaque sacrifice provoque une flambée de mon amour pour Vous, quoique d'une façon si tranquille et si cachée, que personne ne le remarquera.
 

Partager cet article

Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 07:58

603. A ce moment je vis aussi une certaine personne et en partie l'état de son âme et les grandes épreuves que Dieu envoyait à cette âme. Ses souffrances concernaient sa mentalité et sous une forme tellement aigue que j'eus pitié d'elle et je dis au Seigneur : « Pourquoi agissez-Vous ainsi avec elle ? » Et le Seigneur me répondit : « Pour sa triple couronne. » Et le Seigneur me fit connaître quelle gloire inouïe attend l'âme qui ressemble à Jésus souffrant, ici bas sur terre. Cette âme ressemblera au Christ dans Sa gloire. Le Père Céleste glorifiera et reconnaîtra nos âmes dans la mesure où Il verra en nous la ressemblance avec Son Fils. J'ai compris que cette assimilation à Jésus nous est donnée ici-bas sur terre. Je vois des âmes pures et innocentes sur lesquelles Dieu exerça Sa justice. .Ces âmes sont des victimes qui soutiennent le monde et qui complètent ce qui manquait à la Passion de Jésus. Ces âmes ne sont pas nombreuses. Je me réjouis profondément que Dieu m'ait permis de connaître de telles âmes.

604. O Sainte Trinité, Dieu Eternel, je Vous remercie de m'avoir fait connaître la grandeur et les divers degrés de gloire que les âmes peuvent atteindre. Quelle grande différence il y a entre deux degrés de profonde connaissance de Dieu. Oh ! si les âmes pouvaient le savoir ! O mon Dieu si je pouvais en gagner une de plus, je supporterais volontiers toutes les souffrances que tous les martyrs on endurés.

Vraiment, toutes ces souffrances ne me paraissent rien en comparaison de la gloire qui nous attend durant toute l'éternité. O Seigneur, plongez mon âme dans l'océan de Votre divinité et accordez-moi la grâce de Vous mieux connaître. Car plus je Vous connais, plus ardemment je Vous désire et plus mon amour pour Vous s'accroît. Mon âme est un gouffre insondable que Dieu seul peut remplir. Je me dissous en Lui comme une goutte d'eau dans l'océan. Le Seigneur S'est abaissé vers ma misère comme un rayon de soleil vers une terre déserte et rocailleuse. Et ainsi, sous l'influence de Ses rayons, mon âme s'est couverte de verdure, de fleurs, et de fruits. Et elle est devenue un beau jardin pour Son repos.

605. Mon Jésus, malgré Vos grâces je sens cependant, et je vois toute ma misère. Je commence ma journée par la lutte et je l'achève dans la lutte. A peine ais-je fini avec une difficulté que j'en ai dix autres à combattre. Mais je ne m'en afflige pas, car je sais bien que c'est le temps de la lutte et non du repos. Et quand le poids de la lutte dépasse mes forces, je me jette comme un enfant dans les bras du Père Eternel, et j'espère que je ne périrai pas. O Jésus, je suis très encline au mal et ceci me force à veiller continuellement sur moi. Mais rien ne me rebute. J'espère en la grâce de Dieu qui abonde dans la plus grande misère.

606. Dans les plus grandes difficultés et contrariétés je ne perd pas la paix intérieure, ni l'équilibre extérieur. Et ceci amène les adversaires au découragement. La patience dans les contrariétés donne de la force à l'âme.

607. 2 février 1936. Ce matin quand je me suis éveillée au son de la cloche, une telle somnolence s'est emparée de moi que ne pouvant me réveiller, je m'aspergeai d'eau froide et au bout de deux minutes la somnolence me quitta. Quand j'arrivai à la méditation, tout un essaim de pensées absurdes se pressait dans ma tête, de sorte que j'ai dû lutter durant toute l'oraison. Il en fut de même pendant la prière. Mais quand la messe a commencé un étrange silence et une grande joie se sont emparés de mon âme. Je vis alors la Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus et Saint Joseph qui était debout derrière la Sainte Vierge. La très Sainte Mère me dit : « Tiens mon trésor le plus précieux. » Et elle 608. me tendit l'Enfant Jésus. Quand je Le pris dans mes bras, la Sainte Vierge et Saint Joseph disparurent et je restais seule avec l'Enfant Jésus. Je Lui dis: « Je sais que Vous êtes mon Seigneur et mon Créateur quoique Vous soyez si petit. » Jésus tendit Ses petites mains et me regarda avec un sourire. Mon esprit était rempli d'une joie incomparable.

Et soudain Jésus disparut : c'était le moment de la Sainte Communion. Je m'approchai avec les autres Sœurs de la Sainte Table. Après la Sainte Communion j'entendis dans mon âme ces paroles : « Je suis dans ton cœur, Moi que tu as tenu dans tes bras. » Alors je priai le Seigneur pour une âme pour qu'Il lui donne la grâce pour la lutte et éloigne d'elle cette épreuve. « Il en sera selon ta prière mais son mérite n'en sera pas diminué. » Cela me causa une grande joie. Dieu est si bon et si miséricordieux. Il exauce tout ce que nous Lui demandons avec confiance.

609. Chaque conversation avec le Seigneur fortifie singulièrement mon âme. Il me donne tant de courage que je ne crains rien au monde. J'éprouve seulement la peur d'attrister Jésus.

610. O mon Jésus, je Vous supplie par la bonté de Votre très doux Cœur, apaisez votre colère et montrez-nous Votre miséricorde. Que Vos blessures soient pour nous un abri devant la justice de Votre Père. Je Vous ai connu, ô Dieu, comme source de miséricorde qu apaise la soif de mon âme et lui donne la vie. Oh ! que la miséricorde du Seigneur est grande. Elle surpasse toutes Ses qualités. La miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. Tout ce qui m'entoure m'en parle. Sa miséricorde est la vie des âmes, Sa pitié est inépuisable. O Seigneur regardez-nous t agissez avec nous selon Votre grande miséricorde.

611. A un certain moment un doute survint en moi : ce qui m'était arrivé, n'avait-il pas profondément offensé le Seigneur Jésus ? Comme je ne pouvais le résoudre, j'ai décidé de ne pas aller communier avant de m'être confessée, bien que je me sois immédiatement repentie, car j'ai l'habitude, au moindre manquement de demander pardon. Pendant les jours où je ne m'approchais pas de la Sainte Communion je ne sentais pas la présence de Dieu et j'en souffrais extrêmement. Mais je supportais cela comme une punition pour mon péché. Cependant à la sainte Confession, je reçus un blâme pour avoir manqué la Sainte Communion car ce qui m'était arrivé n'était pas un empêchement pour aller communier. Après la confession je reçus la Sainte Communion et je is le Seigneur Jésus qui me dit ces paroles : « Sache, Ma fille, que tu Me faisais une plus grande peine en ne t'unissant pas à Moi dans la Sainte Communion que par ce petit manquement.
612. Un jour j'eus la vision de la petite chapelle : six Sœurs y recevaient la Sainte Communion, de la main de notre confesseur, revêtu d'un surplis et d'une étole. Dans la chapelle il n'y avait ni décoration ni prie-Dieu. Après la Sainte Communion je vis Jésus tel qu'Il est représenté sur l'image. Jésus marchait, et moi j'ai appelé : « Comment pouvez-vous, Seigneur, passer sans rien me dire ? Je ne ferai rien seule sans Vous. Vous devez rester avec Moi et me bénir ainsi que cette Congrégation et ma Patrie. » Jésus fit le signe de la croix et dit : « Ne crains rien, Je suis toujours avec toi. »

613. Les deux derniers jours précédent le Carême nous eûmes avec nos élèves une heure d'adoration réparatrice. Pendant les deux heures, je vis le Seigneur Jésus comme après la flagellation. Une douleur tellement grande m'enserra l'âme qu'il me sembla que j'éprouvais tous les supplices en mon cœur et en mon âme.

614. 1.3.1936. Ce jour-là durant la messe, j'éprouvais une étrange force et une impulsion à exécuter les volontés de Dieu. Il me venait une si claire compréhension de ces choses que le Seigneur attendait de moi que si j'avais dit ne pas en comprendre une partie j'aurais commis un mensonge. Car le Seigneur me laisse connaître Sa volonté distinctement et clairement et en cela je n'ai plus l'ombre d'un doute. Et je compris que ce serait une grande ingratitude que de retarder plus longtemps cette œuvre que Dieu veut mener à bonne fin pour Sa gloire et pour le profit d'un grand nombre d'âmes.
Il m'emploie comme un misérable instrument par lequel Il veut mener à bonne fin Ses plans éternels de miséricorde. Comme mon âme serait ingrate si elle résistait plus longtemps à la volonté de Dieu. Rien ne me retiendra plus, ni les persécutions, ni les souffrances, ni les dérisions, ni les menaces, ni les pétitions, ni la faim, ni le froid, ni les flatteries, ni les amitiés, ni les contrariétés, ni les amis, ni les ennemis, ni ces choses que je traverse, ni les choses futures, ni la haine infernale, rien ne me détournera de l'accomplissement de la volonté de Dieu.

Je ne m'appuie pas sur mes propres forces, mais sur Sa toute-Puissance, car, s'il me donne la grâce de connaître Sa sainte volonté, Il me donnera aussi la grâce de l'accomplir. Je ne peux pas ne pas mentionner que dans cette disposition j'éprouve une certaine résistance de la part de ma nature inférieure qui s'élève avec ses exigences. Et il en résulte une lutte intime aussi grande que celle de Jésus au Jardin des Oliviers. Moi aussi je di à Dieu le Père Eternel : « S'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme Tu veux. » Ce que j'aurai à passer n'est pas un mystère pour moi. Mais en pleine connaissance de cause j'accepte tout ce que Vous m'enverrez ô Seigneur. J'ai confiance en Vous <<<

Mon Dieu je ne désire rien d'autre que faire Votre volonté, Seigneur. Peu importe la facilité ou la difficulté, je sens qu'une force étrange me pousse à l'action. Une seule chose me retient : la sainte obéissance. O mon Jésus, Vous me pressez, Vous me soutenez, et d'autre part Vous me retenez. En cela aussi, que Votre volonté soit faite. Je demeurai plusieurs jours dans cet état, mes forces physiques diminuaient. Je n'en parlai à personne. Cependant la Mère Supérieure remarqua mes souffrances et dit que j'étais changée et palie. Elle me recommanda d'aller me reposer plus tôt et de dormir plus longtemps. Et le soir elle me faisait apporter une tasse de lait chaud. Avec un cœur plein de sollicitude, un vrai cœur de mère, elle voulait m'aider. Cependant quand il s'agit d'épreuves spirituelles, les choses extérieures n'ont pas d'influence et n'apportent pas beaucoup de soulagement.
Et c'est au confessionnal que je puisais la force et la consolation d'apprendre que je n'allais plus attendre longtemps pour passer à l'action.

615. Le jeudi alors que je gagnais ma cellule je vis au-dessus moi la Sainte Eucharistie dans une grande clarté. Soudain j'entendis une voix qui me semblait venir d'au-dessus de l'Hostie : « En elle est ta force. Elle va te défendre. » Après ces mots, la vision disparut, mais une force étrange pénétra mon âme et une étrange lumière : notre amour de Dieu consiste en l'accomplissement de Sa volonté.

616. O Sainte Trinité, Dieu Eternel, je désire briller dans la couronne de Votre miséricorde, comme une petite pierre dont la beauté dépend de votre rayon de lumière et d'inconcevable miséricorde. Tout ce qui est beau dans mon âme est Vôtre, ô Dieu. De moi-même je ne suis rien.

617. Au début du Carême, je priai mon confesseur de me donner une mortification pour le temps du jeûne. Mais il me dit de ne rien retrancher de mes repas. Mais quand je vais manger, me rappeler que Jésus accepta le vinaigre avec le fiel. Ce sera ma mortification. Je ne savais pas que j'allais y trouver un grand avantage pour mon âme : Celui de méditer constamment Sa douloureuse Passion. Et ainsi pendant les repas, je ne pense pas à ce que je mange, mais je suis préoccupée de la mort de mon Seigneur.

618. J'ai aussi demandé au commencement du Carême de changer mon examen particulier et de faire tout ce que je devais faire avec une intention purement réparatrice pour les pécheurs.
Ceci me permet de vivre continuellement en union ave Dieu. Et cette intention perfectionne mes actions, car tout ce que je fais, je le fais pour les âmes immortelles. Toutes les peines et les fatigues ne me sont rien, quand je pense qu'elles réconcilient les âmes des pécheurs avec Dieu.

619. Marie, ma Maîtresse, m'enseigne toujours comment vivre pour Dieu. Mon esprit s'épanouit dans Votre douceur et Votre humilité, ô Marie.

620. A un certain moment, je suis entrée à la chapelle pour cinq minutes d'adoration, et je priais pour une certaine âme. J'ai compris alors que Dieu n'accepte pas toujours nos prières pour les âmes pour lesquelles nous prions, mais les destine à d'autres âmes. Et nous ne leur apportons pas toujours de soulagement, quand elles souffrent dans le feu du Purgatoire. Cependant notre prière n'est pas perdue.

621. Les relations confidentielles de l'âme
avec Dieu

Dieu s'unit à l'âme d'une façon particulière : visible seulement pour Dieu et pour l'âme. Personne ne percevra cette mystérieuse union. Dans cette union domine l'amour et tout est fait uniquement par amour. Jésus se donne à l'âme d'une manière pleine de douceur et dans ses profondeurs elle est en paix. Jésus lui accorde beaucoup de grâces et la rend capable de partager Ses pensées éternelles et découvre parfois à l'âme Ses intentions divines.

622. L Père Andraz me dit qu'il serait bien que dans l'Eglise de Dieu existât un groupe d'âmes qui implorerait la miséricorde divine, car nous avons tous besoin de cette miséricorde. Après ces mots une étrange lumière entra dans mon âme. Oh ! que Dieu est bon !

623. 18.3.1936. A un certain moment je priai le Seigneur Jésus de faire les premiers pas, par un changement quelconque ou par un acte extérieur, ou par mon renvoi, car je ne suis pas en état de quitter de moi-même cette Congrégation. Je priai de la sorte pendant plus de trois heures. Je ne pouvais pas prier, mais je soumettais ma volonté à la volonté de Dieu. Le jour suivant, la Mère Supérieure me dit que la Mère Générale me prenait à Varsovie. Je répondis à la Mère que peut-être je n'irai pas, mais que je quitterai tout de suite le couvent d'ici. J'ai pensé que c'étais le signe extérieur que j'avais demandé à Dieu. La Mère Supérieure répondit à cela. Mais après un instant, elle me rappela encore et me dit « Savez-vous, ma Sœur, allez-y quand même, même si vous deviez revenir tout se suite.. Ne tenez pas compte de la dépense du voyage. » J'ai répondu que j'irai, quoiqe une douleur me déchirai le cœur, car je savais que par ce départ, l'affaire se prolongerait. Cependant je tâche toujours d'être obéissante malgré tout.

624. Le soir quand je priais, la Vierge Marie me dit : « Ta vie doit être semblable à la mienne : douce, cachée, union incessante à Dieu, intercéder pour l'humanité et préparer le monde à la seconde venue de Dieu. »

625. Le soir, pendant la bénédiction, durant un instant mon âme se trouva en présence de Dieu le Père . Je sentis que j'étais dans Sa main comme une enfant et j'entendis dans mon âme ces mots : « N'aie peur de rien, Ma fille, tous les adversaires se briseront à mes pieds. » Après ces mots, mon âme se trouva dans une profonde tranquillité et un grand silence intérieur.

626. Je me plaignis au Seigneur de ce qu'Il me retirait Son aide et qu'étant seule je ne saurais que faire. J'entendis ces mots : « N'aie pas peur. Je suis toujours avec toi. » A ces mots de nouveau une profonde paix entra dans mon âme. Sa présence me pénétrait de façon sensible. Mon esprit était inondé d'une lumière qui atteignait aussi mon corps.

627. Le dernier soir de mon séjour à Wilno, une Sœur,déjà âgée, me découvrit l'état de son âme. Elle me dit que depuis plusieurs années elle souffrait intérieurement, qu'il lui semblait que toutes confessions étaient mauvaises et qu'elle avait des doutes sur le pardon du Seigneur Jésus. Je lui ai demandé si elle en avait jamais parlé à son confesseur. Elle me répondit que bien des fois elle en avait parlé aux confesseurs et que toujours tous les confesseurs lui disaient d'être tranquille. Cependant elle souffrait beaucoup et rien ne lui apportait de soulagement. Et il lui semblait tout le temps que Dieu ne lui avait pas pardonné. Je lui répondis : « Ma Sœur, écoutez votre confesseur et soyez tout à fait tranquille, car c'est sûrement une tentation. » Mais elle me supplia, les larmes aux yeux, de demander au Seigneur Jésus s'Il lui avait pardonné et si ses confessions étaient bonnes ou non. Je lui répondit énergiquement : « Ma Sœur, demandez-Le vous-même, si vous ne croyez pas vos confesseurs. » Elle cependant, saisit ma main, ne voulant pas me laisser aller. Et elle me demanda de prier pour elle et de lui dire ce que le Seigneur Jésus me dirait d'elle. Pleurant amèrement elle me dit : « Je sais que le Seigneur Jésus vous parle. » Et comme je ne pouvais pas m'arracher à elle, car elle me tenait par les mains, je lui promis de prier pour elle. Or le soir, pendant la bénédiction, j'entendis dans mon âme ces paroles : « Dis-lui que Mon Cœur est plus blessé par son incrédulité, que par les péchés qu'elle a commis. » Quand je le lui ait dis, elle fondit en larmes comme un enfant et une grande joie entra dans son âme. Je compris alors que Dieu voulait consoler cette âme par moi. Quoique cela m'ait beaucoup coûté, j'avais accompli le désir de Dieu.

628. Quand j'entrai pour un instant dans la chapelle, ce m^me soir, afin de remercier Dieu pour toutes les grâces qu'Il m'avait accordées dans cette maison, tout à coup, la présence de Dieu s'empara de moi. Je me sentis comme un enfant entre les mains du meilleur des pères et j'entendis ces paroles : « N'aie peur de rien. Je suis toujours avec toi. » Son amour me transperça. Je sentais que j'entrais avec Lui dans une familiarité 629. tellement étroite que je n'ai pas de mots pour l'exprimer.
Alors je vis près de moi un des sept esprits, rayonnant comme autrefois sous une forme lumineuse. Je le voyais constamment auprès de moi. Je l'ai vu dans le train. Je voyais sur chacune des églises que nous rencontrions, un ange debout, mais environné d'une lumière plus pâle que celle de l'esprit qui m'accompagnait dans le voyage. Et chacun des esprits qui gardait les églises, s'inclinait devant celui qui était auprès de moi.
Comme j'entrais par la porte du couvent, à Varsovie, cet esprit disparut. Je remerciai Dieu pour Sa bonté de nous donner des anges comme compagnons. Oh combien peu de gens ont conscience d'avoir toujours près d'eux de tels visiteurs en même temps que témoins de leurs actions ! Pécheurs, souvenez-vous que vous avez un témoin de vos actes.

630. O mon Jésus, Votre bonté dépasse toute compréhension et personne n'épuisera Votre miséricorde.
La perdition est pour l'âme qui veut se perdre. Mais celui qui désire le salut, trouve la mer inépuisable de la miséricorde du Seigneur. Comment un petit vase peut-il contenir en soi une mer insondable ?

631. En prenant congé des Sœurs, au moment du départ, l'une d'elles me demanda pardon de m'avoir si peu aidée dans mes emplois et d'avoir toujours essayé de me les rendre difficiles. Cependant moi, en mon âme, je la considérais comme une grande bienfaitrice, car elle m'a exercée à la patience, à tel point qu'une des Sœurs plus âgée disait qu'il fallait que Sœur Faustine fût très bête ou très sainte, car vraiment une personne ordinaire ne souffrirait pas qu'on lui fasse toujours quelque chose par dépit.
Cependant je m'approchais toujours d'elle avec bienveillance. Cette Sœur tâchait de me rendre difficile le travail dans mes emplois, au point que, malgré mes efforts elle parvenait parfois à gâcher quelque chose de ce qui avait été bien fait, comme elle-même me l'avoua en me demandant ien pardon. Je ne voulais pas chercher à pénétrer ses intentions, mais je considérais cela comme une épreuve de Dieu.

632. Je m'étonne énormément que l'on puisse ressentir une telle jalousie. Pour moi, lorsque je considère le bien d'autrui, je m'en réjouis comme si je le possédais moi-même. La joie des autres est ma joie comme leur souffrance est ma souffrance. Car autrement je n'oserais pas me présenter devant le Seigneur Jésus. L'esprit de Jésus est toujours simple, doux et sincère. Toute malignité, jalousie, manque de bienveillance, sous le couvert d'un sourire aimable ne sont que ruses du Malin. Un mot sévère, mais inspiré par un amour sincère ne blesse pas le cœur.

633. 22.3.1936. Arrivée à Varsovie, je suis entrée un instant dans la petite chapelle afin de remercier le Seigneur de mon heureux voyage et de Le prier de m'obtenir l'aide et la grâce dans tout ce qui m'attend ici. Je me soumis en tout à Sa Sainte volonté. J'entendis ces paroles : « N'aie peur de rien. Toutes les difficultés serviront à ce que Ma volonté se réalise. »

634. 25 mars. Pendant la méditation du matin, la présence de Dieu m'a enveloppée d'une façon spéciale, en voyant la grandeur incommensurable de Dieu et en même temps Son abaissement jusqu'à la créature. Soudain je vis la Mère de Dieu qui me dit : « Que l'âme, qui suit fidèlement le souffle de la grâce est agréable à Dieu ! J'ai donné au monde le Sauveur. Et toi tu dois parler au monde de Sa miséricorde et préparer le monde à la seconde venue de Celui qui viendra, non comme Sauveur Miséricordieux, mais comme Juste Juge. Oh ! Comme ce jour est terrible ! Le Jour de la Justice a été décidé, le jour de la colère de Dieu. Les anges tremblent devant lui. Parle aux âmes de cette grande miséricorde, tant que c'est le temps de la pitié. Si tu te tais maintenant, tu répondra pour cela en ce jour terrible, pour un grand nombre d'âmes. N'aie peur de rien, Sois fidèle jusqu'à la fin. J'ai compassion de toi. »

635. A mon arrivée à Valendov une des Sœurs me souhaita ainsi la bienvenue : « C'est bien que vous soyez venue chez nous, ma Sœur maintenant tout ira bien. » Je lui dit : « Pourquoi me le dites-vous, ma Sœur ? » Elle me répondit qu'elle le ressentait ainsi dans son âme. Cette âme est pleine de simplicité, et très agréable au Cœur de Jésus. Cette maison était dans des besoins exceptionnels ... Je ne vais pas rappeler tout cela ici.

636. La confession : Alors que je me préparais à la confession je dis à Jésus-Christ caché dans le Saint Sacrement : « Jésus, je Vous en supplie, parlez-moi par la bouche de ce prêtre. Et la preuve en sera pour moi qu'il ne sait pas que Vous exigez de moi cette fondation de la miséricorde. Qu'il me dise quelque chose de cette miséricorde. » Quand je me suis approchée du confessionnal et que j'ai commencé la confession, le prêtre m'interrompit et se mit à me parler de la grande miséricorde de Dieu avec une très grande force et me demanda: « Savez-vous que la miséricorde du Seigneur est supérieure à toutes Ses œuvres, que c'est le couronnement de toutes Ses œuvres ? » Je prêtais une oreille attentive à ces mots que me disait le Seigneur par la bouche de ce prêtre. Quoique je croie que Dieu parle toujours par la bouche du prêtre, cependant ici je le ressentais d'une façon particulière. Je m'accusai seulement des manquements. Quoique je ne découvrisse rien de la vie de Dieu qui est dans mon âme, cependant ce prêtre lui-même me dit beaucoup de ce qui se passait dans mon âme et m'invita à la fidélité aux inspirations de Dieu. Il me dit : « Vous allez par la vie avec la Sainte Vierge qui répondait fidèlement à chaque inspiration divine. » O Jésus, qui comprendra Votre bonté ?

637. Jésus, écartez de moi ces pensées qui ne s'accordent pas avec Votre volonté. Je reconnais que déjà plus rien ne me retiens ici-bas, sinon cette œuvre de miséricorde.

638. Jeudi. Pendant l'adoration du soir, je vis le Seigneur Jésus, flagellé et martyrisé, qui me dit : « Ma fille, Je désire que dans les moindres choses tu t'en remettes à ton confesseur. Tes plus grands sacrifices ne me plaisent pas, si tu les accomplis sans sa permission. Et d'autre part, le plus petit sacrifice à Mes yeux, s'il est fait avec la permission du confesseur. Les plus grandes œuvres sont à Mes yeux sans signification si elles sont faites de façon arbitraire et souvent elles ne sont pas en accord avec Ma volonté. Elles méritent plutôt une punition qu'une récompense. Et d'autre part, le plus petit acte que tu fais avec la permission du confesseur, est agréable à Mes yeux et M'est extrêmement cher. Veille sans cesse, car l'enfer entier fait un grand effort contre toi à cause de cette œuvre. Car beaucoup d'âmes reviendront des portes de l'enfer et adoreront Ma miséricorde. Mais n'aie peur de rien. Je suis avec toi. Sache que, de toi-même tu ne peux rien. »

639. Ce premier vendredi du mois avant la Sainte Communion je vis un ciboire contenant des hosties consacrées. Une main posa ce ciboire devant moi, je le pris dans ma main et il y avait dedans mille hosties vivantes. Soudain j'entendis une voix : « Ces hosties ont été reçues par des âmes pour lesquelles tu as obtenu la grâce d'une conversion sincère durant ce Carême. » Et c'était une semaine avant le Vendredi Saint.. Je passai ce jour 640. dans le recueillement intérieur m'anéantissant au profit des âmes. Oh! Quelle joie de s'anéantir au profit des âmes immortelles. O Jésus, je veux. être cachée de l'extérieur Le grain de froment ne doit-il pas pour devenir nourriture, être broyé entre des pierres ? Même moi, pour être utile à l'Eglise et aux âmes, je dois être broyée, quoique à l'extérieur personne ne puisse remarquer mon sacrifice. O Jésus, je veux être cachée de l'extérieur comme ce pain azyme dans lequel l'œil ne remarquera rien. Je suis une hostie qui Vous est consacrée.

641. Dimanche des Rameaux : En ce dimanche, je vécus d'une façon particulière, les sentiments do Cœur de Jésus. Mon âme était là où était Jésus. Je vis Jésus-Christ assis sur un ânon et Ses disciples et une grande multitude qui l'accompagnaient. Les uns portaient dans les mains des branches pour l'acclamer, les autres les jetaient sous Ses pieds et d'autres les brandissaient en l'air, gambadant devant Jésus et ne savaient comment manifester leur joie. Et je vis une seconde foule qui sortit aussi à la rencontre de Jésus avec des visages réjouis, des branches en main et qui ne cessait de crier de joie. Il y avait aussi de petits enfants. Mais Jésus était très sérieux. Et le Seigneur me fit connaître combien Il souffrait pendant ce temps. Et à ce moment je ne voyais plus rien, seulement Jésus qui avait le cœur saturé par le manque de reconnaissance.

642. Confession trimestrielle. Le Père Bukowski. De nouveau une force intérieure me pressait de ne plus remettre cette affaire. Je dis au confesseur, le Père Bukowski, que je ne pouvais attendre plus longtemps. Le Père me répondit : « Ma Sœur, c'est une illusion, le Seigneur Jésus ne peut pas exiger cela. Vous avez prononcé vos vœux perpétuels. Tout cela est une illusion. Vous inventez ma Sœur, c'est une hérésie. » Et il criait presque. J'ai demandé si tout était illusion, il me répondit : « Tout.» -« Alors comment dois-je agir ? Veuillez me le dire. » Et bien vous ne devez suivre aucune inspiration. Vous devez être dissipée, ne pas faire attention à ce que vous entendez dans votre âme et tâcher de bien accomplir vos devoirs extérieurs. Ne pensez plus à rien de ces choses, vivez dans une complète dissipation. »
Je répondis: « Bien. Jusqu'à présent, j'agissais toujours selon ma propre conscience et maintenant puisque vous m'ordonnez, mon Père, de ne pad faire attention à ma vie intérieure, alors je vais vous obéir. » Il me dit : « Si le Seigneur Jésus vous dit de nouveau quelque chose, dites-le moi, mais il vous est interdit de le faire. » J'ai répondu : « Bien. Je vais essayer d'être obéissante. » Je ne sais où le Père a trouvé cette sévérité.

643. Quand je m'éloignai du confessionnal, tout un essaim de pensées oppressa mon âme : pourquoi être sincère ? Ce que j'ai dit ne sont pas des péchés et je n'ai pas le devoir d'en parler au confesseur ! D'autre part, comme c'est bien, que je n'aie plus besoin de faire attention à ma propre vie intérieure, pourvu qu'à l'extérieur tout soit bien. Je n'ai pas besoin de faire attention à rien, ni de suivre ces voix intérieures qui souvent me causent tant d'humiliations. Maintenant je serai libre.
De nouveau un mal étrange m'enserra l'âme, alors que je ne peux plus communiquer avec Celui que je désire si ardemment ? Qui est toute la force de mon âme ? J'ai commencé à appeler : « A qui irai-je, ô Jésus ? » Mais dès le moment de l'interdiction de mon confesseur, de profondes ténèbres tombèrent sur mon âme. J'ai peur d'entendre quelques voix intérieures, par lesquelles je transgresserais les ordres de mon confesseur, et de nouveau je me meurs de langueur envers Dieu. Je suis déchirée intérieurement n'ayant plus de volonté propre, mais m'en étant complètement remise à la volonté de Dieu. C'était le Mercredi Saint.

Ma souffrance augmenta encore le Jeudi Saint. Quand je suis venue faire la méditation, je suis entrée dans une sorte d'agonie. Je ne sentais pas la présence de Dieu, mais toute la justice de Dieu pesait sur moi. Je me voyais comme accablée par les péchés du monde. Satan se mit à me railler. : « Vois-tu maintenant, tu ne vas plus t'occuper des âmes. Tu vois quel payement tu as reçu.. Personne ne va plus croire que Jésus exige cela de toi. Vois ce que tu souffres déjà et ce que tu vas souffrir encore. Ton confesseur t'a libérée de tout cela. »

Maintenant je peux vivre comme il me plaît, pourvu qu'à l'extérieur tout soit bien. Ces terribles pensées me tourmentèrent pendant toute une heure. L'heure de la Sainte Messe approchait, une douleur me serra le cœur : dois-je alors quitter la congrégation ? Et puisque le Père m'a dit que c'était une sorte d'hérésie, est ce que je dois me détacher de l'Eglise ? J'appelai d'une voix intérieure et douloureuse le Seigneur Jésus : « Sauvez-moi ». Cependant pas un rayon de lumière n'entrait dans mon âme et je sentais que mes forces me délaissaient comme si le corps se séparait de l'âme. Je me soumettais à la volonté de Dieu et je répétais : « Qu'il m'advienne ô Dieu selon ce que Vous avez décidé ! En moi plus rien n'est à moi. » Soudain la présence de Dieu m'environna et me pénétra jusqu'à la moelle.

C'était le moment de l Sainte Communion. Un moment après je perdis la notion de tout ce qui m'entourait et de l'endroit où j'étais.

644. Soudain je vis Jésus-Christ tel qu'il est peint sur cette image et Il me dit « Dis au confesseur, que cette œuvre est mienne et que je t'emploie comme infime instrument. » Et je dis : « Jésus, je ne peux faire ce que vous m'ordonnez, car mon confesseur a dit que tout cela est illusion et il m'est interdit d'écouter aucun de vos ordres. Je ne dois rien faire de ce que Vous me recommanderez. Je Vous en demande pardon Seigneur, rien ne m'est permis. Je dois obéir au confesseur. Jésus, je Voue en demande bien pardon. Vous savez que je souffre pour cette raison, mais c'est difficile. Le confesseur ne m'a pas permis de suivre Vos ordres. » Jésus écoutait gracieusement et avec contentement mes explications et mes griefs.

Je pensais que cela offenserait beaucoup le Seigneur Jésus, mais au contraire, Il était content et me dit gracieusement : « Parle toujours au confesseur de tout ce que Je te recommande et de ce que Je te dis. Et fais seulement ce pourquoi tu obtiendras la permission. Ne t'inquiète pas et n'aie peur de rien. Je suis avec toi. » Mon âme fut remplie de joie et toutes les pensées qui m'inquiétaient se sont dispersées. L'assurance et le courage sont entrés dans mon âme.

645. Cependant, après un instant, je duis entrée dans les souffrances que Jésus a subies au Jardin des Oliviers. Cela a duré jusqu'à Vendredi matin. Vendredi, j'ai vécu la Passion de Jésus, mais déjà d'une autre manière. Ce jour-là, le Père Bukowski vint chez nous de Derdy. Une force étrange me poussa à aller me confesser et à dire tout ce qui m'était arrivé et ce que Jésus m'avait dit. Quand j'ai dit cela au Père,le Père était tout autre et me dit :
« Ma Sœur, n'ayez pas peur. Rien de mauvais ne vous arrivera, car le Seigneur Jésus ne le permettra pas. Si vous êtes obéissante et dans une telle disposition, je vous prie de ne vous affliger de rien. Dieu trouvera le moyen de mener à bien Son œuvre. Je vous prie d'avoir toujours une telle simplicité et une telle sincérité et de tout dire à la Mère Générale. Ce que j'avais dit c'était pour vous avertir. Car il y a des illusions, même chez de saintes personnes et à cela peuvent se joindre des insinuations de Satan. Et parfois cela vient de nous même. Donc il faut être sur ses gardes. Continuez donc d'agir comme jusqu'à présent. Vous voyez, Sœur, que Jésus n'est pas fâché. Ma Sœur, vous pouvez répéter maintenant certaines choses qui sont advenues à votre confesseur ordinaire.

646. A partir de là j'ai compris une chose, que je dois beaucoup prier pour chaque confesseur, afin qu'il obtienne la lumière du Saint-Esprit. Car quand je m'approchais du confessionnal, autrefois je ne priais pas ardemment et le confesseur ne comprenait pas beaucoup. Le Père m'encouragea à une ardente prière, pour que Dieu fasse mieux connaître et comprendre ces choses qu'Il exige de moi. - « Ma Sœur, faites neuvaine après neuvaine, et Dieu ne vous refusera pas cette grâce. »

647. Vendredi Saint. A trois heures, je vis le Seigneur Jésus crucifié, qui me regarda et dit : « J'ai soif ». Soudain je vis sortir de son côté deux rayons, tels qu'ils sont sur cette image. Alors je sentis dans mon âme le désir du salut des âmes, et du sacrifice de moi-même au profit des pauvres pécheurs. Je m'offris avec Jésus agonisant au Père Eternel pour le salut du monde. Avec Jésus, par Jésus et en Jésus, telle est mon union avec Vous, Père Eternel. Le Vendredi Saint, Jésus souffrait en Son âme autrement que le Jeudi Saint.

648. 12. IV.1936. La Résurrection. Quand je suis entrée à la chapelle, mon esprit se perdit en Dieu, mon unique trésor. Sa présence absorba mon âme.

649. O Jésus mon maître, et mon directeur, fortifiez-moi, illuminez-moi dans ces moments difficiles de ma vie ! Je n'attends pas d'aide de la part des hommes. En Vous est tout mon espoir. Je sens que je suis seule face à Vos exigences, Seigneur. Malgré les peurs et les aversions de ma nature, je veux réaliser Votre Sainte volonté et je désire le faire le plus fidèlement possible durant toute la vie et à ma mort. Jésus, avec Vous je puis tout, faites de moi ce qu'il Vous plaira. Donnez-moi seulement Votre Cœur miséricordieux et cela me suffit.
O mon Jésus, mon Seigneur, aidez-moi. Qu'advienne ce que Vous avez décidé avant les siècles ! Je suis prête à chaque signe de Votre Sainte volonté. Donnez-moi la lumière pour que je puisse connaître Votre volonté. O Dieu qui pénétrez mon âme, Vous savez que je ne veux rien d'autre que Votre gloire.
O volonté divine, Vous êtes le délice de mon cœur, la nourriture de mon âme, la lumière de mon esprit, la force toute-puissante de ma volonté. Car, quand je m'unis à Votre volonté, Seigneur, Votre force agit par moi et prend la place de ma faible volonté. Chaque jour je tâche d'accomplir les désirs divins.

650. O Dieu inconcevable, comme Votre miséricorde est grande ! Elle dépasse toute la compréhension des hommes et des anges réunis.
Tous les anges et tous les hommes sont sortis des entrailles de Votre miséricorde. La miséricorde est la fleur de l'amour. Dieu est amour, et la miséricorde est Son acte. La miséricorde se conçoit dans l'amour. L'amour apparaît dans la miséricorde. Tout ce que je vois me parle de la miséricorde. Même la justice de Dieu me parle de Son insondable miséricorde, car la justice dérive de l'amour.

651. Je fais attention à une chose, elle m'est tout. Je vis d'elle et avec elle je meurs, et c'est la Sainte volonté de Dieu. Elle est pour moi une nourriture quotidienne. Toute mon âme prête attention aux désirs de Dieu, quoique plus d'une fois ma nature tremble et sente que leur grandeur dépasse mes forces. Je fais toujours ce que Dieu veut de moi. Je sais ce que je suis de moi-même, mais je sais bien ce qu'est la grâce de Dieu qui me porte.

652. 25.IV.1936. Valendov. La souffrance de mon âme était plus lourde que jamais, ce jour là. Dès le matin je sentais comme une séparation de mon corps et de mon âme. Je sens la pénétration de Dieu tout au travers de moi, je sens toute la justice divine en moi. Je sens que je suis seule vis-à-vis de Dieu. Je sens qu'un mot de mon directeur me tranquilliserait tout à fait. Mais que faire ? Il n'est pas ici. Cependant j'ai décidé de chercher la lumière dans la Sainte Confession.

Quand je lui ai découvert mon âme, ce prêtre eut peur d'écouter plus longtemps ma confession et cela me conduisit à des souffrances plus grandes encore. En voyant la crainte de quelques prêtres alors que je n'éprouve aucune tranquillité intérieure, aussi j'ai pris la décision de ne découvrir mon âme qu'à mon directeur, en tout depuis la plus grande jusqu'à la plus petite chose, et d'observer strictement ses indications.

653. Maintenant je comprends que la confession n'est que la confession des péchés et que la direction est tout autre chose. Mais ce n'est pas ce que je veux dire. Je veux dire une chose étrange qui m'est arrivée la première fois : quand le confesseur a commencé à me parler, je ne comprenais pas un seul mot. Puis soudain je vis le Seigneur Jésus crucifié qui me dit : « Dans Ma Passion, cherche la force et la lumière. » Après la confession je méditais la terrible Passion de Jésus et je compris que ce que je souffre n'est rien en comparaison de la Passion du Sauveur, et que même la plus petite imperfection était la cause de cette terrible souffrance. Alors mon âme fut saisie d'un si grand repentir que je compris que j'étais plongée dans l'insondable miséricorde de Dieu. Oh ! Que j'ai peu de mots pour exprimer ce que j'endure. Je sens que je suis comme une goutte d'eau engloutie dans les profondeurs d'un océan de miséricorde sans fond.

654. Le 11 mai 1936. Je suis venue à Cracovie. Je m'en réjouis car maintenant, je pourrai faire tout ce que le Seigneur Jésus désire.

A un certain moment, quand je parlais avec le Père A... et qu j'avais déjà tout dit, je reçu la réponse suivante : « Ma Sœur, priez jusqu'au jour de la fête du Sacré-Cœur et joignez-y quelques mortifications. Et le jour du Sacré-Cœur je vous donnerai une réponse. » Cependant un certain jour j'entendis dans l'âme cette voix : « N'aie peur de rien, Je suis avec toi.» Et après ces mots il me vint dans l'âme, une impulsion si grande que sans attendre la fête du Sacré-Cœur, je déclarai pendant la confession que je quittais la Congrégation. Le Père me répondit : « Ma Sœur, si vous décidez de vous-même, et si vous en prenez la responsabilité pour vous-même : allez. » Je me réjouis de partir.

Le lendemain matin, tout à coup la présence de Dieu me quitta et de grandes ténèbres s'emparèrent de mon âme. Je ne pouvais plus prier, par suite de cette soudaine absence de Dieu. J'ai décidé de remettre encore un peu la chose jusqu'à ce que j'en parle encore au Père. Le Père A... me répondit que de tels changements arrivent souvent dans l'âme, et que ce n'est pas un empêchement pour agir.

655. Quand je lui ai parlé de tout ce qui m'est arrivé, la Mère Générale répondit : « Ma Sœur, je vous enferme dans le tabernacle avec le Seigneur Jésus : où que vous alliez, ce sera la volonté de Dieu. »

656. 19 juin. Nous sommes allées chez les Jésuites pour participer à la procession du Sacré-Cœur. Au cours des vêpres, je vis ces mêmes rayons sortant de la Sainte Hostie, tels qu'ils sont peints sur l'image. Un grand désir de Dieu s'est emparé de mon âme.

657. Juin 1936. Conversation avec le Père A. « Sachez que ces choses sont difficiles et compliquées. Votre principal directeur est le Saint-Esprit. Nous pouvons seulement diriger Ses inspirations. Mais votre véritable directeur c'est le Saint-Esprit. Si vous avez décidé vous-même, ma Sœur, votre sortie, alors moi, je ne défends ni n'ordonne. Ici vous en prenez vous-même la responsabilité. Je vous dis, ma Sœur, que vous pouvez commencer à agir. Vous en avez la force, donc vous le pouvez. Ce sont des choses probables. Tout ce que vous m'avez dit maintenant et auparavant parle en faveur de l'action. Mais maintenant il faut être très circonspect et beaucoup prier et demander la lumière pour moi. »

658. Pendant la Messe célébrée par le Père Andrasz, je vis le petit Enfant Jésus qui me dit que tout va dépendre de lui : « Aucune action personnelle, même si tu y mettais beaucoup d'efforts, ne Me plait. » Je compris cette dépendance.

659. O mon Jésus, ô juste juge, mais aussi mon Epoux, au jour du Jugement Dernier Vous exigerez que je Vous rende compte de cette œuvre de miséricorde. Aidez-moi à faire Votre sainte volonté, ô divine vertu de Miséricorde.
O Cœur très miséricordieux de Jésus, mon Epoux, rendez mon cœur semblable au Vôtre.

660. 16 juillet. J'ai passé toute cette nuit en prière. Je méditais la Passion et mon âme était écrasée par la justice divine. La main du Seigneur était sur moi.

661. 17 juillet. O mon Jésus, Vous savez qu'elles grandes contrariétés je rencontre en cette matière, que de reproches je dois supporter, combien de sourires ironiques je dois recevoir avec égalité d'humeur. Seule, je ne le pourrais pas, mais avec Vous je peux tout, mon Maître. Oh ! Qu'un sourire ironique blesse douloureusement quand on parle en toute sincérité.

662. 22 juillet. Je sais que c'est l'acte et non la parole, ni le sentiment qui témoigne de la grandeur de l'homme. Ce sont les œuvres qui proviennent de nous, qui parleront pour nous. Mon Jésus, ne me permettez pas de rêver, mais donnez-moi le courage et la force de réaliser Votre sainte volonté.
Jésus, si Vous voulez me laisser dans l'incertitude, même jusqu'à la fin de ma vie, qu'en cela Votre nom soit béni.

663. O mon Jésus, comme je me réjouis quand Vous me faites comprendre que cette Congrégation existera. De cela je n'ai même pas l'ombre d'un doute. Et je vois qu'elle grande gloire elle rendra à Dieu. Elle réfléchira sur le monde le plus grand attribut qu'il y ait en Dieu, c'est-à-dire la Miséricorde Divine. Sans cesse je vais implorer la Miséricorde Divine pour moi et pour le monde entier. Chaque acte de miséricorde va découler de l'amour divin dont ces religieuses seront emplies à déborder. Elles vont s'efforcer de faire leur ce grand attribut de Dieu, d'en vivre et tâcher de faire connaître la bonté divine aux autres. Cette Congrégation de la Miséricorde Divine sera dans l'Eglise de Dieu, comme une ruche, dans un magnifique jardin. Cachées, silencieuses, les Sœurs, à l'instar des abeilles, vont travailler pour nourrir de miel les âmes du prochain, et la cire brûlera pour la gloire de Dieu..

664. 29 juin 1937.
Le Père Andrasz m'a demandé de faire une neuvaine pour mieux connaître la volonté Divine. Je priai ardemment, y joignant certaines mortifications corporelles. Vers la fin de la neuvaine, je reçus une lumière intérieure et l'assurance que la Congrégation existera et qu'elle est agréable à Dieu.
Malgré les difficultés et les contrariétés, une paix totale entra dans mon âme, ainsi qu'une force d'en haut. Je compris que rien ne résistera à la volonté de Dieu ni ne l'annulera. J'ai compris que je devais accomplir la volonté de Dieu malgré les contrariétés, les persécutions et les souffrances de toutes sortes, malgré les répugnances et les peurs de ma nature.

665. J'ai compris que toute tendance à la perfection, et toute sainteté consistent à accomplir la volonté de Dieu. Le parfait accomplissement de la volonté divine c'est la maturité dans la sainteté, ici il n'y a place pour aucun doute. Recevoir la lumière de Dieu, savoir ce que Dieu veut de nous et ne pas le faire, est un grand outrage envers la Majesté Divine. L'âme qui fait cela mérite que Dieu l'abandonne complètement. Elle ressemble à Lucifer, qui avait une grande lumière mais ne faisait pas la volonté de Dieu. Une étrange paix entra dans mon âme, quand je constatai que, malgré de grandes difficultés, je suis toujours restée fidèle à la volonté de Dieu
O Jésus, donnez-moi la grâce de transformer en actes ce que j'ai connu de Votre volonté.

666. 14 juillet. A trois heures j'ai reçu une lettre. O Jésus, Vous seul savez ce que je souffre. Mais je veux me taire, je n'en dirai rien à aucune créature, car je sais que rien ne me consolera. Vous êtes tout pour moi, ô Dieu, et Votre sainte volonté est pour moi une nourriture. Je vis maintenant de ce dont je vivrai dans l'éternité.
J'ai un grand culte pour l'Archange Saint Michel. Il n'avait pas d'exemple pour accomplir la volonté de Dieu. Cependant il a fidèlement rempli les désirs divins.

667. 15 juillet. Pendant la Sainte Messe, je me suis offerte au Père céleste par le très doux Cœur de Jésus. Qu'Il fasse de moi tout ce qu'Il Lui plaît. De moi-même je ne suis rien, et dans ma misère je n'ai rien qui soit digne. Je me jette donc dans l'océan de Votre miséricorde, ô Seigneur.

668. 16 juillet. J'apprends à être bonne comme Jésus, qui est la bonté même, pour pouvoir être appelée fille du Père Céleste. Aujourd‘hui, ce matin, j'éprouvais une forte contrariété. Dans cette souffrance, je tâchais d'unir ma volonté à la Volonté Divine, et j'adorais Dieu par mon silence. L'après-midi, j'ai été faire cinq minutes d'adoration, quand tout à coup, je vis le petit crucifix que je portais, vivant. Jésus me dit : « Ma fille, la souffrance sera pour toi un signe que Je suis avec toi. » Après ces mots une grande émotion remplit mon âme.

669. O Jésus, mon Maître et mon Directeur, avec Vous seul je sais parler. Avec personne la conversation n'est aussi facile qu'avec Vous, mon Dieu.

670. Dans la vie spirituelle je vais toujours tenir la main du prêtre. Je parlerai de la vie de mon âme et de ses besoins seulement avec le confesseur.

671. 4 août 1936. Plus de deux heures d'agonie de souffrances intérieure. Soudain la présence de Dieu me pénètre : je sens que je passe sous le pouvoir du Dieu juste. Cette justice me pénètre jusqu'à la moelle. Extérieurement je perds forces et connaissance. Tout à coup, je reconnais la grande sainteté de Dieu, et ma grande misère. Dans mon âme se forme une terrible souffrance. L'âme voit toutes ses actions non sans défauts. Mais soudain dans mon âme s'éveille la force de l'espoir. De toute ma force je m'élance vers Dieu et vis-à-vis d'une telle sainteté, ô pauvre âme ! Je vois combien je suis misérable et combien tout ce qui m'entoure est vain.

672. 13 août. Pendant toute la journée, j'ai été tourmentée par de terribles tentations. Les blasphèmes se pressaient sur mes lèvres et j'éprouvais une aversion envers tout ce qui est saint et divin. Cependant je luttai toute la journée et le soir mon esprit était accablé. En parlerai-je au confesseur ?
Il en rira. Aversion et découragement étreignirent mon âme et il me sembla que dans ces conditions je ne pourrais en aucune façon aller communier. A la pensée que je ne devais pas aller communier, une telle douleur étreignit mon âme que j'ai failli crier dans la chapelle. Cependant, je me suis aperçue qu'il y avait des Sœurs et j'ai décidé d'aller me cacher au jardin pour pouvoir au moins y pleurer tout haut.


Partager cet article

Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 07:55

560. Un jour je vis cette image dans une petite chapelle inconnue qui devint ensuite un grand et beau sanctuaire. Dans ce sanctuaire je vis la Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus dans les bras. A un certain moment l'Enfant Jésus disparut des bras de Sa Mère et je vis l'image vivante de Jésus crucifié. La Saine Vierge me dit de faire comme elle, malgré la joie, de fixer toujours mon regard sur la Croix et Elle ajouta, que les grâces que Dieu m'accorde ne sont pas seulement pour moi, mais aussi pour les autres âmes.

561. Quand je vois l'Enfant Jésus durant la Sainte Messe, ce n'est pas toujours de la même façon, parfois Il est joyeux, parfois il ne regarde pas du tout la chapelle. Pour le moment Il est très joyeux quand notre confesseur célèbre la Sainte Messe. Je suis extrêmement étonnée que le petit Enfant Jésus l'aime tant. Parfois je Le vois revêtu d'une petite pèlerine rayée multicolore.

562. Avant de venir à Wilno et de connaître ce confesseur, j'ai vu une fois une église pas très grande près de laquelle vivait cette Congrégation. Le couvent avait douze cellules : chaque religieuse devait habiter séparément. Je voyais le prêtre qui m'aidait à arranger ce couvent et dont je ne devais faire la connaissance que quelques années plus tard. Mais par ma vision, je le connaissais déjà. Je voyais comment il arrangeait tout dans ce couvent, aidé par un autre prêtre que je n'ai pas encore rencontré. J'ai vu les grilles, couvertes de drap sombre et les Soeurs n'allaient pas dans cette église.

563. Le jour de la fête de l'Immaculée Conception, j'entendis le bruissement d'une robe et je vis la sainte Vierge dans une très belle clarté, vêtue d'une robe blanche et d'une écharpe bleue qui me dit : « Tu me cause une grande joie, quand tu adore la Sainte Trinité pour les grâces et les privilèges qu'elle m'a accordées. » Elle disparut aussitôt.

564. Sur la pénitence et les mortifications.
En premier lieu il y a les mortifications intérieures. Mais il faut aussi pratiquer des mortifications extérieures, strictement déterminées, afin que toutes puissent les pratiquer. Ce sont : trois fois par semaine, les mercredi, vendredi et samedi un jeûne strict. Chaque vendredi, la discipline pour le temps que dure la récitation du psaume 50, toutes à la même heure chacune dans sa propre cellule. L'heure choisie : trois heures à l'intention des pécheurs agonisants. Pour les deux grand jeunes, les Quatre Temps, les veilles de Fête, il y aura le repas suivant : une fois par jour un morceau de pain et un peu d'eau. Que chacune s'efforce de remplir ces mortifications qui sont prescrites pour toutes, mais si l'une des Sœurs désire quelque chose de plus, qu'elle en demande la permission à la Supérieure.
Encore une mortification générale : il n'est permis à aucune Sœur d'entrer dans la cellule d'un autre sans la permission spéciale de la Supérieure. Mais la Supérieure est obligée d'entrer à leur insu dans les cellules de Sœurs, non pas comme une sorte d'espionnage, mais dans l'esprit de charité et de responsabilité qu'elle a devant Dieu. Aucune n'enfermera rien sous clé, le règlement sera la clé pour toutes.

565. Un jour, après la Sainte Communion, je vis soudain l'Enfant Jésus debout à coté de mon prie-Dieu s'y tenant de Ses deux petites mains. C'était un petit enfant, et mon âme fut pénétrée de timidité et de crainte, car je vois en Lui mon Juge, Mon Seigneur et mon Créateur, devant la Sainteté de qui tremble les Anges.

Mais d'autre part mon âme était inondée d'un amour inouï, sous l'influence duquel il me semblait mourir. Je me rends compte maintenant que Jésus fortifie d'abord mon âme et la rend capable d'entrer en commerce avec Lui, car autrement, je n'aurais pas pu supporter ce que j'éprouvais à ce moment-là.

566. Relations entre les Sœurs et la Supérieure.
Que toutes les Sœurs respectent la Supérieure, comme le Seigneur Lui-même. Comme je l'ai mentionné en parlant du vœu d'obéissance, quelles aillent à elle avec une confiance d'enfant, qu'elles ne murmurent jamais, ni ne blâment ses ordres, car ceci ne plaît pas du tout à Dieu. Que chacune s'oriente selon l'esprit de foi dans ses relations envers la Supérieure.. Quelle demande avec simplicité tout ce dont elle a besoin, Dieu nous préserve d'être cause de tristesse et de larmes pour une Supérieure. Que chacune sache que, comme le quatrième commandement oblige l'enfant à honorer ses parents, de même il oblige la religieuse envers sa Supérieure. Seule une mauvaise religieuse se permet de juger sa Supérieure. Quelles soient sincères envers leur Supérieure. Quelles lui parlent de tout et de ce dont elles ont besoin avec la simplicité d'un enfant. Les Sœurs s'adresseront à elle de la façon suivante : « Sœur Supérieure ». Elles ne lui baiseront jamais la main, mais à chaque rencontre dans le corridor et quand elles se rendrons dans sa cellule, elles diront : « Loué soit Jésus-Christ, » en inclinant la tête. Les Sœurs, en se parlant mutuellement diront « Sœur, » en ajoutant le nom. Dans leurs rapports avec la Supérieure, qu'elles se laissent diriger par l'esprit de foi et non par la sentimentalité ou par la flatterie, car c »est indigne d'une religieuse et cela l'abaisserait beaucoup. La religieuse doit être libre comme une reine. Elle ne le sera que si elle vit dans l'esprit de foi. Nous devons aimer et respecter la Supérieure non parce qu'elle est bonne, sainte, prudente, mais seulement parce qu'elle tient la place de Dieu, et qu'en lui obéissant, c'est à Dieu lui-même que nous obéissons.

567. Rapports de la Supérieure avec les Sœurs.
La Supérieure doit se faire remarquer par son humilité et sa charité envers chaque Sœur, sans aucune exception. Qu'elle ne se laisse pas influencer par la sympathie ou l'antipathie, mais par l'esprit du Christ. Qu'elle sache que Dieu va lui demander compte de chacune. Qu'elle ne leur fasse pas la morale, mais qu'elle donne un exemple de profonde humilité et d'oubli de soi. Ce sera la leçon la plus efficace pour ses inférieures. Qu'elle soit ferme mais jamais brusque, qu'elle ait de la patience si on l'importune par les mêmes questions ; même si elle devait répéter cent fois la même chose, qu'elle garde toujours la même égalité de caractère. Qu'elle tâche de comprendre les besoins des Sœurs et qu'elle n'attende pas qu'elles lui demandent telle ou telle chose, car les âmes sont différemment disposées. Si une Sœur est triste ou souffrante, qu'elle tâche par tous les moyens de l'aider et de la consoler. Qu'elle prie beaucoup et demande la lumière pour agir avec chacune, car chaque âme est différente. Dieu a diverses manières de communier avec les âmes. Pour nous elles ont souvent incompréhensibles et impénétrables. C'est pourquoi, la Supérieure doit être très prudente pour ne pas gêner l'action de Dieu dans certaines âmes. Qu'elle ne fasse pas de remarque aux Sœurs quand elle est énervée et que ses réprimandes soient accompagnées d'encouragements. Il faut faire comprendre à chaque âme qu'elle doit reconnaître sa faute, mais sans la briser.

La Supérieure doit témoigner d'un amour actif envers les Soeurs. Qu'elle porte tous les fardeaux pour alléger les Sœurs, qu'elle n'exige aucun service des Sœurs. Qu'elle les respecte comme des épouses de Jésus et soit toujours prête à leur rendre service de nuit comme de jour. Quelle leur demande plutôt que de leur ordonner. Qu'elle ait le cœur ouvert aux souffrances des Sœurs et qu'elle-même apprenne et médite le livre ouvert, c'est-à-dire, Jésus Crucifié.

Qu'elle prie ardemment pour obtenir la lumière surtout quand elle a quelque décision importante à prendre, concernant les Sœurs.

Qu'elle se garde d'empiéter dans le domaine de leur conscience, car cette grâce appartient seulement au prêtre. Il arrive cependant que quelque âme éprouve le besoin de s'épancher devant sa Supérieure, celle-ci pourra alors l'accepter mais elle devra en garder le secret, car rien ne blesse plus une âme que lorsqu'on répète ce qu'elle avait dit en confidence ou en secret.

Les femmes ont toujours la tête faible à cet égard, ce n'est que rarement qu'on rencontre une femme avec un esprit masculin. Qu'elle tâche donc de s'unir profondément, et Dieu gouvernera par elle. La Sainte Vierge sera la Supérieure de ce couvent et nous serons ses filles fidèles.

568. 15.XII.1935. Dès ce matin, une force étrange me porte à l'action, ne me laissant aucun répit. Une étrange ardeur à l'action s'est allumée dans mon cœur que je ne puis maîtriser. C'est un martyre secret, connu seulement de Dieu. Mais qu'Il fasse de moi ce qu'Il Lui plaît, mon cœur est prêt à tout. O Jésus, mon Maître le plus cher, ne me délaissez pas un seul instant. Jésus, Vous savez bien que ma faiblesse Vous oblige à être continuellement avec moi.

560. Une fois je vis le Seigneur vêtu d'une tunique claire, c'était dans un jardin d'hiver. « Ecris ce que Je te dis : Mon délice est de M'unir à toi. Avec grand désir, J'attends et Je soupire après le moment où sacramentellement Je pourrai habiter dans ton couvent. Mon esprit s'y reposera et Je bénirai particulièrement la région qui l'environne. Par amour pour vous, J'en éloignerai tous les châtiments que la justice de Mon Père envoie à juste titre. Ma fille, J'ai incliné Mon Cœur vers tes demandes.
Ta tâche et ton devoir sont d'implorer la miséricorde pour le monde entier. Aucune âme ne trouvera justification, tant qu'elle ne s'adressera pas avec confiance à Ma Miséricorde. C'est pourquoi, le premier dimanche après Pâques sera la Fête de la Miséricorde et les prêtres doivent ce jour-là, parler aux âmes de Ma Miséricorde insondable. Je te fais la dispensatrice de Ma Miséricorde. Dis à ton confesseur que cette image doit être exposée dans l'église, et non dans la clôture de ce Couvent. Par elle beaucoup de grâces seront accordées aux âmes, il faut donc qu'elle soit accessible à tous. »
O mon Jésus, Vérité éternelle, je n'ai peur de rien, d'aucune difficulté, d'aucune souffrance. Je ne redoute qu'une seule chose ; c'est de Vous offenser. Mon Jésus, je préférerais ne pas exister que de Vous attrister, Jésus,Vous savez que mon amour ne connais personne que Vous, en qui mon âme s'est noyée.

571. Oh ! Quelle ne doit pas être l'ardeur des âmes vivant dans ce couvent si Dieu désire venir habiter avec nous !
Que chacune se souvienne que si nous, âmes religieuses n'intercédons pas auprès de Dieu, par notre prière, qui le fera ? Que chacune se consume comme un pur sacrifice d'amour devant la Majesté de Dieu. Mais pour Lui être agréable quelle s'unisse intimement à Jésus. Avec Lui, en Lui et par Lui seulement nous pouvons plaire à Dieu.

572. 21.XII.1935. Mon confesseur vient de me demander de venir voir une maison pour savoir si c'est celle que j'ai vue dans ma vision. Quand je suis allée avec lui voir cette maison (ou plutôt ces ruines), au premier coup d'œil, je reconnus celles que j'avais vues dans ma vision. A l'instant où j'ai touché les planches qui étaient clouées à la place des portes, une force pénétra mon âme tel un éclair me donnant une pleine assurance. Je m'éloignais vite de ce lieu, l'âme remplie de joie, mais il me semblais qu'une force me clouait sur place. Je me réjouis infiniment de trouver une entière concordance avec ce que j'ai vu en vision.

Quand le confesseur me parla de l'arrangement des cellules et d'autres choses, j'ai reconnu tout ce que me disait Jésus ; je me réjouis profondément que dieu agisse par lui Mais je ne m'étonne guerre, car c'est dans un cœur pur et humble que Dieu, qui est la lumière même, habite.. Et toutes lrs souffrances et les contrariétés servent à monter la sainteté des âmes. A mon retour à la maison, je suis entrée tout de suite dans notre chapelle pour me reposer un instant. Tout à coup j'ai entendu dans l'âme ces paroles ; « N'aie peur de rien. Je suis avec toi. Je prends cette affaire en main et J'en disposerai selon Ma Miséricorde. Rien ne peut s'opposes à Ma volonté. »

573. Année 1935. Veille de Noël.
Dès le matin, mon esprit fut plongé en Dieu. Sa présence me pénétrait Le soir avant le souper, j'entrai un instant dans la chapelle, voulant partager aux pieds du Seigneur J »sus le pain azyme avec ceux qui sont au loin, que Jésus aime beaucoup, et à qui je dois tant. Au moment où je partageais le pain azyme avec une certaine personne, j'entendis dans l'âme ces paroles : « Son cœur est pour Moi un Ciel sur terre. » - A l'instant où je sortais de la chapelle la Toute Puissance de Dieu m'enveloppa. Je reconnus alors à quel point Dieu nous aime. Oh ! si les âmes pouvaient le comprendre , ne serais-ce qu'en partie !

574. Le jour de Noël

Pendant la messe de Minuit, à nouveau je vis le Petit Enfant Jésus extrêmement beau. Il tendait avec joie, ses petites mains vers moi.
Et après la Sainte Communion, j'entendis ces paroles : « Je suis toujours dans ton cœur et non seulement au moment où tu Me reçois dans la Sainte Communion mais toujours. » Je passais ces fêtes dans une grande allégresse.

575. O Sainte Trinité, Dieu Eternel, mon esprit est noyé dans votre beauté. Les siècles ne sont rien devant Vous, Vous êtes toujours le même. Oh ! comme Votre Majesté est grande, Jésus, pourquoi la cachez-Vous, pourquoi avez-Vous quitté le trône du ciel et demeurez-Vous avec nous ? Le seigneur me répondit : « Ma fille, l'amour M'a conduit. L'amour Me retient. Er si tu savais, Ma fille, comme sont grands le mérite et la récompense pour un acte de pur amour envers Moi, tu mourrais de joie. Je te le dis pour que perpétuellement tu t'unisses à moi par amour, car tel est le but de la vie de ton âme : cet acte est un acte de volonté. Saches-le, l'âme pure est humble. Quand tu t'humilies et t'abîmes devant Ma Majesté, alors je te poursuis de mes grâces. J'emploie Ma Toute Puissance à t'élever. »

576. A un certain moment, il arrivait à mon confesseur de réciter comme pénitence le « Gloire au Père ». Cela me prenait beaucoup de temps, et souvent je commençais et ne finissait pas, mon esprit s'unissait à Dieu et m'échappait alors. Plus d'une fois, je me suis sentie, malgré moi, enveloppée par la Toute-Puissance de Dieu, entièrement plongée en lui par amour et alors, je ne sais plus ce qui se passe autour de moi.
Quand j'ai dit au confesseur que cette courte prière me prenait souvent beaucoup de temps et que même je ne pouvais la terminer, le confesseur m'ordonna de la dire tout de suite dans le confessionnal. Mon esprit se plongea en Dieu et je ne pouvais pas penser ce que je voulais malgré mes efforts. Cependant le confesseur me dit : « Veuillez répéter avec moi. » J'ai répété chaque mot, mon esprit se plongeait en la Personne que je nommais.

577. Un jour, Jésus me dit d'un certain prêtre que ces années seraient l'ornement de son sacerdoce. Les jours de souffrances semblent toujours plus longs, mais ils passent aussi, quoiqu'ils s'écoulent que souvent ils nous semble qu'ils reculent plutôt. Cependant leur fin est proche, et après, viendra l'éternelle et l'incompréhensible joie. L'éternité ! Qui pourrait comprendre ce seul mot qui provient de Vous, O Dieu inconcevable, c'est l'éternité.

578. Je sais que les grâces que Dieu m'accorde, sont souvent exclusivement pour certaines âmes et cette pensée me remplit d'une grande joie. Je me réjouis du bien d'autres âmes, comme si je le possédais moi-même.

579. A un certain moment le Seigneur me dit : « Je suis plus profondément blessé par les petites imperfections des âmes choisies que par les péchés des âmes vivant dans le monde. » J'ai eu de la peine que Jésus éprouve des souffrances de la part des âmes choisies, et Jésus me dit : « Ces petites imperfections ne sont pas tout. Je te découvrirai le secret de Mon Cœur : ce que je souffre de la part des âmes choisies. Leur ingratitude pour tant de grâces fait la continuelle nourriture de Mon Cœur. Leur amour est tiède, Mon Cœur ne peut pas le souffrir. Ces âmes me forcent à les rejeter loin de Moi.

D'autres ne croient pas à Mon amour et ne veulent pas en ressentir la douce familiarité dans leur propre cœur. Et elles Me cherchent quelque part dans le lointain et ne me trouvent pas. Ce manque de foi dans Ma bonté Me blesse beaucoup. Si Ma mort ne vous a pas convaincues de Mon amour, qu'est ce qui vous convaincra. Souvent une âme Me blesse mortellement et ici personne ne Me consolera.
Elles emploient Ma grâce pour M'offenser. Il y a des âmes qui méprisent Ma grâce , ainsi que toutes les preuves de Mon amour. Elles ne veulent pas répondre à Mon appel, elles vont dans le gouffre infernal.. Cette perte d'âme Me plonge dans une tristesse mortelle. Ici, Je ne puis porter secours à l'âme, quoique Je suis Dieu. Elle Me Méprise. Car profitant du libre arbitre, on peut Me mépriser ou M'aimer. Toi, dispensatrice de Ma Miséricorde, parle au monde entier de Ma bonté et ainsi tu consoleras Mon Cœur.

580. Je t'en dirai davantage quand tu Me parleras dans les profondeurs de ton cœur. Là personne ne peut empêcher Mon activité. Là Je Me repose comme dans un jardin fermé ».

581. L'intérieur de mon âme est comme un monde grand et magnifique où Dieu demeure avec moi. En dehors de Dieu, personne n'y a accès. Au début de cette vie avec Dieu j'étais aveuglée et transie de frayeur. Sa clarté m'aveuglait, je pensais qu'Il était absent de mon cœur et cependant, c'était des moments dans lesquels Dieu travaillait mon cœur. L'amour se purifiait et se fortifiait et le Seigneur amena ma volonté à se conformer strictement à Sa Sainte volonté.

Personne ne comprendra ce que j'éprouve dans ce magnifique palais de mon âme où je demeure avec mon Bien-Aimé. Aucune chose extérieure ne m'empêche de communiquer avec Lui. Si j'employais les plus fortes expressions, ce ne serais même pas l'ombre de ce que mon âme éprouve enivrée de bonheur et d'un amour inouï, aussi grand et pur que la source dont il découle, c'est-à-dire de Dieu Lui-même. Mon âme est tellement imprégnée de Dieu que je Le sens physiquement et le corps a sa part dans ces joies, quoiqu'il arrive que les souffles de Dieu soient différents dans une même âme, bien que provenant d'une même source.

Je vis, un jour, Jésus assoiffé et s'évanouissant. Il me dit : « J'ai soif. » Quand je donnais de l'eau au Seigneur, Il l'accepta, mais ne but pas et disparut tout de suite. Il était habillé comme pendant Sa Passion.

583. « Quand tu médites ce que Je te dis dans les profondeurs de ton cœur, tu en retires plus de profit que si tu lisais de nombreux livres. Oh ! si les âmes voulaient écouter Ma voix quand Je parle dans les profondeurs de leur cœur, elles parviendraient rapidement aux sommets de la sainteté. »

584. 8. 1.1936. J'ai été chez l'Archevêque pour lui dire que le Seigneur Jésus exige de moi que je prie pour implorer la Miséricorde de Dieu pour le monde, et qu'une Congrégation soit créée à cet effet qui implorerais la Miséricorde de Dieu pour le monde. Je le priai de me donner l'autorisation pour tout ce qu'exige de moi le Seigneur Jésus.

L'Archevêque me répondit : « Quant à prier, je vous permets et même je vous encourage, ma Sœur, à prier le plus possible pour le monde et à implorer pour lui la miséricorde de Dieu, car nous avons tous besoin de miséricorde. Je suppose que votre confesseur ne vous interdit pas de prier à cette intention. Quant à cette Congrégation, attendez un peu, ma Sœur, que tout s'arrange plus favorablement. La chose est bonne en elle-même, mais il ne fat pas se dépêcher. Si telle est la volonté de Dieu, un peu plus tôt ou un peu plus tard, cela se fera. Pourquoi cela ne se ferait-il pas ? Il y a tant de congrégations différentes, celle-ci existera si Dieu l'exige. Le Seigneur Jésus peut tout. Tâchez d'obtenir une union intime avec Dieu et ne perdez pas courage.» Ces paroles me remplirent d'une grande joie.

585. Quand je suis sortie de chez l'Archevêque, j'entendis en mon âme ces paroles : « Pour fortifier ton esprit, Je te parles par Mes remplaçants, en accord avec ce que J'exige de toi, mais sache qu'il n'en sera pas toujours ainsi. On va s'opposer à toi en beaucoup de choses. Mais Ma grâce se montrera en toi et l'on verra que cette affaire est Mienne. Quant à toi, ne crains rien, Je suis toujours avec toi. Sache encore une chose, Ma fille : toutes les créatures, quelles le sachent ou non, quelles le veuillent ou nom, accomplissent toujours ma volonté. »

586. Une fois je vis soudainement le Seigneur Jésus en grande Majesté qui me dit ces paroles : « Ma fille, si tu le veux, Je créerai à ce moment un nouveau monde, plus beau que celui-ci et tu y vivras le reste de ta vie. » J'ai répondu : Je ne veux pas d'autres mondes. Je Vous veux, Jésus, je veux Vous aimer du même amour que Vous avez pour moi. Je Vous prie seulement de rendre mon cœur capable de Vous aimer. Je m'étonne beaucoup, mon Jésus, que Vous me posiez une telle question. Que ferais-je de ces mondes, même si vous m'en donniez mille ? Vous savez bien que mon cœur se meurt de langueur pour Vous. Tout ce qui n'est pas Vous n'est rien pour moi. » A ce moment je ne voyais plus rien, mais une force s'empara de mon âme, un feu étrange s'alluma dans mon cœur et j'entrai dans une sorte d'agonie pour Lui. Soudain j'entendis ces mots : « Avec aucune âme Je ne m'unis aussi étroitement qu'avec la tienne et cela en raison de ta profonde humilité et de l'ardent amour que tu as pour Moi. »

A un autre moment, j'entendis dans mon âme ces paroles : « Chaque mouvement de ton cœur M'est présent. Saches-le, Ma fille, un seul de tes regards, tourné vers quelqu'un d'autre Me blesserais plus que beaucoup de péchés commis par une autre âme. »

588. L'amour chasse la peur de l'âme. Depuis que j'ai aimé Dieu de tout mon être, de toute la force de mon cœur, la peur a cédé. Et quoique l'on me parle de Sa justice, je n'ai pas du tout peur de Lui. Car par expérience, je sais que Dieu est amour et que son esprit est paix. Et je vois maintenant que mes actes inspirés par l'amour sont plus parfaits que ceux accomplis par crainte. J'ai mis ma confiance en Dieu et je n'ai peur de rien, je m'en suis remise à Sa sainte volonté. Qu'Il fasse de moi ce qu'Il veut :je l'aimerai quand même.

Quand je reçois la Sainte Communion, je prie et supplie le Seigneur qu'Il guérisse ma langue pour que, par elle, je ne pèche jamais contre l'amour du prochain.

590. Jésus, Vous savez combien je désire ardemment me cacher pour que personne ne me connaisse, sinon Votre Cœur si doux, si aimant. Je veux être une petite violette cachée dans l'herbe, inconnue dans un magnifique jardin fermé où croissent des lys et de belles roses. On voit de loin une belle rose, un lys merveilleux, mais pour voir une petite violette, il faut se pencher, elle se trahit seulement par son parfum. Oh ! que je me réjouis de pouvoir me cacher ainsi ! O mon divin époux, pour Vous est la fleur de mon cœur et la senteur de mon pur amour. Mon âme s'est noyée en Vous, Dieu éternel dès le moment où Vous-même m'avez attirée vers Vous, O mon Jésus, plus je Vous connais, plus ardemment je Vous désire.

591. J'ai connu dans le Cœur de Jésus que pour les âmes choisies, il y a dans le Ciel même, un ciel uniquement aux âmes élues. Le bonheur dans lequel l'âme sera noyée est incroyable. O mon Dieu, que ne puis-je le décrire même en partie ! Les âmes pénétrées de Sa divinité passent de clarté en clarté. C'est une lumière toujours égale et cependant jamais monotone, toujours nouvelle mais sans aucun changement. O Sainte Trinité, faites-Vous connaître des âmes.

592. O mon Jésus, il n'y a rien de meilleur pour l'âme que les humiliations Le mystère du bonheur est dans le mépris. Quand l'âme reconnaît que, d'elle-même, elle n'est que nullité et misère, que tout ce qu'elle a de bon en elle est un don de Dieu et que tout lui est donné gratuitement, alors qu'elle n'est que misère, elle s'abîme en un constant acte d'humilité devant la Majesté de Dieu. Et Lui, voyant l'âme dans une telle disposition, la poursuit de Sa grâce. Quand l'âme approfondit le gouffre de sa misère, Dieu emploie Sa Toute Puissance à l'élever. S'il y a sur terre une âme vraiment heureuse, c'est seulement l'âme humble au commencement son amour-propre en souffre beaucoup, mais après une lutte courageuse, Dieu lui accorde une si grande lumière, qu'elle reconnaît combien tout est misérable et plein d'illusions.
Dieu seul habite son cœur. L'âme humble ne se fie pas à elle-même, mais place sa confiance en Dieu. Dieu défend l'âme humble et Lui-même s'occupe de ses affaires à elle. L'âme possède alors un très grand bonheur que personne ne pourra comprendre.

593. A un certain moment, une religieuse décédée qui était déjà venue me trouer plusieurs fois, m'est apparue. Quand je la vis pour la première fois, elle souffrait la torture, puis graduellement ses souffrances diminuèrent et cette fois, je la vis rayonnante de bonheur.
Elle me dit qu'elle était déjà au Ciel, et alors je me dis que Dieu a éprouve cette maison par la souffrance parce que la Mère Générale a éprouvé des doutes, comme si elle ne croyait pas ce que j'ai dit à cette âme. Comme signe qu'elle est seulement au Ciel, Dieu va bénir cette maison. Puis elle s'est approchée de moi et me serrant cordialement, elle m'a dit : « Je dois déjà partir. » J'ai compris à quel point la communication est étroite entre les trois étapes de la vie de l'âme, c'est-à-dire : la terre, le Purgatoire et le Ciel.

594. J'ai remarqué plusieurs fois que Dieu éprouve certaines personnes à cause de ce qu'Il me dit, car la méfiance ne plaît pas à Jésus. Quand une fois je remarquai que Dieu éprouvait certain Archevêque, car il avait une aversion pour cette affaire et ne pouvait y croire... j'ai éprouvé de la pitié et j'ai prié Dieu pour lui et Dieu allégea sa peine. Dieu n'aime pas qu'on se méfie de Lui et plus d'une âme et plus d'une âme perd beaucoup de grâces à cause de cette méfiance. Le doute blesse Son Très Saint Cœur qui est empli d'une bonté incompréhensible pour nous.
Un prêtre doit souvent avoir des doutes pour qu'il puisse se convaincre plus profondément de la vérité des dons ou des grâces de certaines âmes. Quand il les éprouve, pour pouvoir mieux diriger l'âme vers une plus profonde union avec Dieu, sa récompense est grande et inouïe. Mais s'il éprouve du dédain et du doute envers les grâces de Dieu aux âmes pour la seule raison qu'il ne peut, avec l'aide de sa raisin, les approfondir et les comprendre, cela ne plait pas au Seigneur. J'ai beaucoup de pitié pour les âmes, qui ont affaire à des prêtres sans expérience.

595. A un certain moment, un prêtre, me demanda de prier à son intention. J'ai promis de prier, mais je lui demandai une mortification. Quand je reçus la permission pour une certaine mortification, je ressentis dans mon âme une inclination à céder en ce jour toutes les grâces que la bonté divine me destinait, au profit e ce prêtre. Je priai Jésus que Dieu daigne m'accorder toutes les souffrances et toutes les afflictions, que durant ce jour, ce prêtre avait à souffrir. Dieu accéda partiellement à mon désir. Et tout de suite commencèrent à surgir,on ne sait d'où, toutes sortes de difficultés et contrariétés, au point qu'une sœur dit à haute voix que Dieu y était pour quelque chose si tout le monde tourmentait Sœur Faustine. Et les faits qu'on avançait tait tellement sans fondements qu'une partie des Sœurs les affirmait et l'autre les niait. Et moi, j'offrais tout cela en silence pour ce prêtre.
Mais ce n'était pas tout. J'éprouvais des souffrances intérieures et pour commencer, un certain découragement et une antipathie envers mes consoeurs. Puis des doutes commencèrent à me troubler. Je ne parvenais plus à me recueillir pendant la prière. J'étais préoccupée par différentes affaires. Et quand fatiguée, j'entrais à la chapelle, un mal étrange oppressa mon âme et je commençais à pleurer tout bas. Alors, j'entendis dans mon âme ces paroles : « Ma fille, pourquoi pleures-tu ? Tu t'es offerte toi-même à ces souffrances. Saches que ce n'est qu'une petite partie de ce que tu as accepté pour cette âme. Elle soufre bien plus encore. » Et je demandai au Seigneur : « Pourquoi agissez-vous ainsi avec ce prêtre ? » Le Seigneur me répondit que c'était en vue de la triple couronne qui lui était destinée : de la virginité, du sacerdoce et du martyre. Au même instant, une grande joie envahit mon âme à la pensée de la grande gloire qu'il connaîtrait au Ciel. Aussitôt je dis un Te Deum pour cette grâce particulière de Dieu. C'est ainsi que Dieu agit avec eux qu'il aura près de Lui et par conséquent toutes les souffrances ne sont rien en comparaison de ce qui nous attend au Ciel

596. Un certain jour, après avoir assisté à la Sainte Messe, je vis soudain mon confsseur, qui célébrait la Sainte Messe dans l'église Saint-Michel, devant le tableau de la Sainte Vierge. C'était au moment de l'offertoire et je vis le Petit Enfant Jésus se serrer contre lui cherchant auprès de lui un abri comme s'il fuyait devant quelque chose. Quand vint le moment de la Sainte Communion, Il disparut comme toujours. Alors je vis la Très Sainte Mère qui le couvrait de son manteau et disait : « Courage, mon fils, Courage » et autre chose encore que je n'ai pas entendu.

597. Je désire ardemment que chaque âme glorifie Votre Miséricorde. Heureuse l'âme qui invoque la Miséricorde du Seigneur. Elle éprouvera ce qu'a dit le Seigneur. Il va la défendre comme Il défend
598. Un jour qu'une personne me demandais de prier pour elle, j'ai rencontré le Seigneur et je Lui dit « Jésus, j'aime particulièrement ces âmes que vous aimez. » Jésus me répondit : « Et Moi aussi, j'accorde des grâces particulières aux âmes pour lesquelles tu intercède auprès de Moi. »

599. Jésus me défend étrangement, vraiment c'est une grande grâce de Dieu que j'expérimente depuis longtemps.

600. Un autre jour, une de nos Sœurs tomba mortellement malade. Toute la Communauté se rassembla autour d'elle. Il y avait aussi le prêtre qui donna l'absolution à la malade. Tout à coup, je vis une multitude d'esprits des ténèbres. . Aussitôt, oubliant que j'étais en compagnie des Sœurs, je saisis le goupillon, je les aspergeai et ils disparurent immédiatement. Mais quand les Sœurs passèrent au réfectoire, la Mère Supérieure me fit la remarque que je ne devais pas asperger la malade en présence du prêtre,car c'est à lui que cela incombait. J'acceptai cette réprimande en esprit de pénitence, mai l'eau bénite apporte un grand secours aux mourants.

601. Mon Jésus,Vous voyez bien je suis faible par moi-même, veuillez donc diriger Vous-même toutes mes affaires. Sachez, Jésus, que sans Vous je ne ferez rien, mais avec Vous, j'aborderai les situations les plus difficiles.

602. 29.1.1936. Je me trouvais un soir dans ma cellule, quand soudain je vis une vive clarté, et tout en haut dans cette clarté, une grande croix d'un gris sombre. Emportée soudain près de cette croix, je la fixai des yeux sans comprendre et je priai me demandant ce que cela voulait dire. A ce moment je vis le Seigneur Jésus et la croix disparut. Jésus était assis dans une grande clarté. Ses pieds et Ses jambes baignant jusqu'aux genoux dans cette clarté à tel point que je ne les voyais pas. Jésus se pencha vers moi me regarda et me parla de la volonté du Père céleste. Il me dit que l'âme la plus parfaite et la plus sainte est celle qui fait la volonté du Père. Mais il n'en existe pas beaucoup. Le Père considère l'âme qui vit de Sa volonté avec un amour particulier. Et Il me dit que moi, j'accomplissais la volonté de Dieu d'une manière parfaite. C'est pourquoi je m'unis à Lui et je communique avec Lui d'une manière privilégié. Dieu embrase d'un amour ineffable l'âme qui vit de Sa volonté.
Je compris que Dieu nous aime tant, qu'il est tellement simple (quoique incompréhensible), qu'il est facile de communiquer avec Lui malgré la grandeur de Sa majesté. Avec personne, je n'éprouve autant de facilité ni autant de liberté qu'avec Lui. Même la mère qui aime sincèrement son propre enfant, ne comprend pas aussi bien que Dieu ne comprend mon âme. Alors que je demeurais ainsi en communion avec Dieu, je vis deux personnes. Et le triste état de leur intérieur me fut dévoilé. Mais j'espère qu'elles aussi vont glorifier la miséricorde de Dieu.
 

Partager cet article

Repost0
15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 08:51
Les 7 oeuvres de la Miséricorde 1607
Caravaggio
Naples

520. Samedi, nous retournons déjà à Wilno . Nous sommes passées à Czestochowa. Alors que je priais devant l'image miraculeuse, j'ai senti que sont agréables ...( la pensée est interrompue).

(Fin du premier brouillon.)

 

Cahier II
Inscription sur la couverture du deuxième cahier :

Durant les siècles, je chanterai
La Miséricorde du Seigneur,
Et la Miséricorde de Dieu
Dans mon âme.

Petit Journal
Sœur Marie-Faustine

+
J.M.J.

521. C'est la miséricorde du Seigneur, que je vais chanter
Dans les siècles,
Je vais la chanter devant tous les peuples,
Car c'est le plus grand attribut de Dieu,
Et pour nous un incessant miracle.

Tu jaillis de la Divine Trinité
Mais d'un seul cœur plein d'amour.
La miséricorde du Seigneur se montrera dans l'âme
Dans la plénitude, quand le voile tombera.

De la source de Votre miséricorde, ô Seigneur,
Découle tout bonheur et toute vie,
Ainsi donc, toutes les créatures et toutes les œuvres
du Seigneur
Chantez en extase un chant de miséricorde.

Les entrailles de la miséricorde divine sont ouvertes
pour nous,
Par la vie de Jésus, cloué sur la croix.
Tu ne dois pas douter, ni désespérer, pécheur,
Mais avoir confiance en la miséricorde,
Car toi aussi, tu peux devenir Saint.

Deux sources en forme de rayons ont jailli du Coeur
de Jésus,
Non pour les Anges, ni pour les Chérubins, ni pour
les Séraphins,
Mais pour l'homme, plein de péchés.

+
522. J.M.J. O volonté de Dieu,
Sois mon amour.

Mon Jésus, Vous savez, que je n'écrirais pas une seule lettre de moi-même, et si j'écris, c'est seulement au nom de la sainte obéissance.

Dieu et l'âme

Sœur Faustine du Saint Sacrement

523. O Jésus, Dieu caché
Mon cœur Vous connaît.
Quoique les voiles Vous
cachent,
Vous savez, que je
Vous aime.

+
524. J.M.J. Wilno , 24.IX.1935
Second cahier
Que Dieu soit adoré !
O Sainte Trinité, en Vous est enfermée la vie intime de Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit, Joie éternelle, inconcevable profondeur d'amour qui coule sur toutes les créatures et fait leur bonheur; honneur et gloire à Votre Saint Nom dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Quand je considère Votre grandeur et Votre beauté, ô mon Dieu, je me réjouis infiniment que le Seigneur que je sers soit si grand. Avec amour et allégresse je fais Sa Sainte volonté. Et mieux je Le connais, plus ardemment je désire L'aimer. Je suis brûlée du désir de L'aimer toujours davantage.

525. Le 14. Ce jeudi, alors que nous faisions de l'adoration nocturne, d'abord il me fut difficile de prier. Une sécheresse s'emparait de moi, je ne pouvais méditer la douloureuse passion de Jésus. Je me prosternai donc à terre et j'offris la douloureuse Passion de notre Seigneur Jésus au Père Céleste, en expiation pour les péchés du monde entier. Puis en me relevant pour aller vers mon prie-Dieu, soudain j'aperçus Jésus près de lui. Le Seigneur Jésus était comme au moment de la flagellation. Dans Ses mains, Il tenait une robe blanche, dont Il m'habilla et une corde dont Il me ceignit. Il me couvrit d'un manteau rouge, comme celui dont Il était couvert pendant Sa Passion et d'un voile de la même couleur. Il me dit : « Tel sera ton vêtement et celui de tes compagnes. Ma vie sera pour vous une règle depuis Ma naissance jusqu'à Mon agonie sur la Croix. Fixe les yeux sur Moi et vis comme Moi. Je désire que tu pénètre plus profondément dans Mon esprit et comprennes que Je suis doux et humble de cœur. »

526. A un certain moment, je ressentis dans mon âme, une impulsion à me mettre en état d'accomplir tout ce que Dieu exige de moi. J'entrai un instant à la chapelle, et j'entendis cette voix dans mon âme : « Pourquoi as-tu peur ? Penses-tu que Je manque de Toute-Puissance pour te soutenir ? » A ce moment je sentis dans mon âme une force étrange et toutes les contrariétés qui pourraient m'advenir dans l'accomplissement de cette volonté me semblèrent méprisables.

527. Vendredi pendant la Sainte Messe, alors que mon âme était inondée du bonheur de Dieu, j'entendis en elle ces paroles : « Ma miséricorde est passée dans les âmes par le cœur humano-divin de Jésus, comme le rayon de soleil à travers le cristal. » Je compris ainsi que tout rapprochement avec Dieu, est opéré par Jésus, en Lui et avec Lui.

528. Le dernier soir de la neuvaine à Ostra Brama, après le chant des litanies, un des prêtres exposa le Saint Sacrement dans l'ostensoir et quand il le posa sur l'autel, je vis aussitôt l' Enfant Jésus élever ses petites mains vers Sa Mère, qui avait alors une forme vivante. Quand la Sainte Vierge me parla, Jésus tendit Ses menottes vers les fidèles réunis. La Très Sainte Mère m'invitait à accepter tout ce que Dieu demandait comme un enfant, sans approfondir, autrement cela ne plairait pas à Dieu. A ce moment, l'enfant Jésus disparut et la Sainte Vierge perdit toute apparence de vie. Le tableau demeura tel qu'il était auparavant. Mais mon âme avait été remplie d'une grande joie et d'allégresse. Je dis au Seigneur : « Faite de moi ce qu'il Vous plait, je suis prête à tout. Mais Vous, ne m'abandonnez pas, même pas un seul instant.

+
529. J.M.J. A la gloire de la Sainte Trinité !

Je priai la Mère Supérieure de me permettre de jeûner pendant quarante jours, en ne prenant qu'un morceau de pain et un verre d'eau par jour .. Cependant la Mère Supérieure ne consentit pas à quarante jours, mais à sept jours, suivant l'avis du confesseur, « Je ne puis, ma Sœur, vous écarter complètement du devoir, à cause des Sœurs, qui pourraient remarquer quelque chose. Je vous donne la permission, si vous pouvez vous y appliquer, de prier et de prendre quelques notes. Mais il me sera bien difficile de vous protéger à l'égard des jeûnes, ici, vraiment, je ne puis rien inventer. » Et elle ajouta : « Allez, ma Sœur, peut-être que quelque lumière me viendra. » Le dimanche matin, je compris intérieurement que quand la Mère Supérieure me désignait comme tourière durant le temps du repas, elle pensait me donner l'occasion de jeûner. Le matin, je ne participai pas au déjeuner. Mais quelques moments après, je me rendis chez elle pour lui demander si, étant tourière, je pouvais éviter d'attirer l'attention sur moi. Elle me répondit : « Quand je vous ai proposé, ma sœur, c'est à quoi je pensais. » Alors je compris, que j'avais eu la même pensée.

530. 24.XI.1935. Dimanche, premier jour. J'allai tout de suite devant le Saint Sacrement et m'offris au Père éternel avec Jésus présent dans l'Eucharistie. Alors j'entendis dans mon âme ces paroles : « Ton but et celui de tes compagnes est de vous unir à Moi le plus complètement possible par l'amour. Tu vas unir la terre aux cieux, tu vas adoucir la juste colère de Dieu et tu vas obtenir, par la prière la Miséricorde pour la terre. Je confie à ta protection deux perles précieuses de Mon Cœur, ce sont les âmes des prêtres et les âmes consacrées. Tu vas prier tout particulièrement pour elles. La force leur viendra par tes jeûnes.
Tu vas unir tes prières, tes jeunes, tes mortifications, tes travaux et toutes tes souffrances, à Mes prières, Mon jeûne, Mon travail, Mes souffrances et alors elles auront de la force devant Mon Père. »

531. Après la Sainte Communion, je vis le Seigneur Jésus, qui me dit : « Aujourd'hui pénètre dans l'esprit de Ma pauvreté et arrange tout, pour que les plus dénués n'aies rien à M'envier. Ce n'est pas dans les grandes bâtisses, ni dans les constructions magnifiques, mais dans un cœur pur que Je trouve plaisir. »

532. Quand je suis restée seule, j'ai commencé à considérer l'esprit de pauvreté. Je vois clairement que Jésus n'avait rien, quoiqu'Il soit le Seigneur de toutes choses. Depuis la crèche empruntée, Il va vers la vie, faisant du bien à tous, sans avoir Lui-même, où reposer la tête. Et sur la Croix je vois le comble de son indigence, car Il n'a même pas de vêtement sur Lui. O Jésus, par le vœu solennel de pauvreté, je veux me faire semblable à Vous, la pauvreté sera ma mère.

Extérieurement ne rien posséder, ne disposer de rien, intérieurement ne rien désirer. Et dans le Saint Sacrement, comme est grande Votre pauvreté ! Y eut-il jamais une âme aussi délaissée que Vous, sur la Croix... Jésus ?

533. La pureté (ce vœu se comprend de lui-même) interdit tout ce dont parlent les sixième et neuvième commandements : actes, pensées, paroles, sentiments et... Je comprends que le voeu solennel diffère du vœu simple, je comprends cela dans toute son étendue. Alors que je méditais ceci, j'entendis dans mon âme ces paroles : « Tu es Mon épouse à jamais. Ta pureté doit être plus qu'angélique, car je n'admets aucun ange dans une telle intimité. Le moindre acte de mon épouse a une valeur infinie, une âme pure a devant Dieu une force incroyable. »

534. L'obéissance. « Je suis venu accomplir la volonté de Mon Père. J'étais obéissant à mes parents, obéissant aux bourreaux. J'obéis aux prêtres. » Je comprends, ô Jésus, l'esprit d'obéissance et en quoi il consiste ; il concerne non seulement l'exécution extérieure, mais il implique la raison, la volonté et le jugement. En obéissant à nos Supérieurs, nous obéissons à Dieu Il est indifférent que ce soit un ange ou un homme qui, remplaçant Dieu, me donne un ordre, je dois toujours obéir. Je n'écrirai pas grand chose sur les vœux, car ce sont des choses claires et concrètement formulées. Ici je me propose de noter d'une façon générale quelques pensées sur cette congrégation.

535. Résumé général

Il n'y aura jamais d'édifices somptueux, mais une petite église et auprès d'elle une petite Congrégation, un petit groupe d'âmes, qui ne comprendra pas plus que dix personnes.
De plus il y en aura deux qui se chargeront des rapports de la Communauté avec l'extérieur, et s'occuperont de l'Eglise. Elles ne porteront pas l'habit, mais des vêtements séculiers, prononceront des vœux simples et dépendront strictement de la Supérieure qui, elle, sera cloîtrée. Elles auront part à tous les biens spirituels de la communauté, mais il ne pourra jamais y en avoir plus de deux, et de préférence une seule. Chaque maison sera indépendante des autres, quoiqu'elles restent strictement unies par la règle et par l'esprit. Cependant, dans les cas exceptionnels on pourra transférer une Sœur d'une maison à un autre, et aussi en cas de fondation nouvelle, en cas de nécessité , on pourra prendre quelques religieuses. Chaque maison dépendra de l'évêque ordinaire du lieu.

536. Chaque religieuse habitera une cellule séparée, mais la vie sera commune en ce qui concerne la prière, les repas et la récréation.

Chaque religieuse professe ne verra plus jamais le monde, même à travers une grille, car celle-ci sera couverte de drap de couleur sombre, et même ses conversations seront strictement limitées. Elle sera comme une personne morte, que le monde ne saurait comprendre, ni elle - le monde. Elle devra se situer entre le ciel et la terre et suppliera sans cesse Dieu d'accorder sa miséricorde au monde et de donner aux prêtres la force pour que leurs paroles ne soient pas vaines et qu'ils sachent, dans leur dignité inouïe et exposée à tant de risques, se garder de toute tache... Quoique ces âmes ne soient pas nombreuses, ce sont des âmes héroïques. Il n'y aura pas de place pour les âmes efféminées ou timorées.

537. Il n'y aura entre elles aucune distinction. Il n'y aura ni Mère, ni Révérende, ni Vénérable ; toutes seront égales, même s'il y avait entre elles une grande différence d'origine. Nous savons qui était Jésus Mais nous savons aussi combien Il s'est humilié et quel était son entourage. Elles porteront la robe qu' Il portait pendant Sa Passion.
Et non seulement la robe, elles doivent graver en elles l'empreinte dont Il était marqué : la souffrance et le mépris. Chacune s'efforcera de se renier elle-même, de goûter l'humilité, et celle qui donnera les meilleures preuves de ces vertus sera capable de diriger les autres.

538. Dieu nous a fait des compagnes de Sa Miséricorde, plus encore ses dispensatrices. Donc notre amour pour chaque âme doit être grand, en commençant par les élues, et en finissant par l'âme qui ne connaît pas encore Dieu. Par la prière et la mortification, nous parviendrons jusqu'au pays les plus sauvages, frayant le chemin aux missionnaires. Nous devons nous souvenir que, comme au front, le soldat ne pourrait tenir longtemps s'il n'était pas soutenu par les forces de l'intérieur du pays, qui, sans participer directement à la lutte, lui assurent tout ce dont il à besoin. Et c'est de la prière qu'il a le plus besoin. Donc chacune de nous doit posséder l'esprit d'apostolat.

539. Un certain soir, alors que j'écrivais, j'entendis dans ma cellule ces mots : « Ne quitte pas cette Congrégation. Aie pitié de toi-même, de telles souffrances t'attendent ! » Je regardai du coté de la voix, mais je ne vis rien et continuai à écrire. A ce moment j'ai entendu un bruit et ces mots : « Quand tu sortirs, nous te détruirons. Ne nous tourmente pas. » Je regardai et vis une multitude de vilains monstres. Je fis mentalement le signe de la croix, aussitôt ils se dispersèrent. Satan est terriblement laid. Pauvres âmes damnées qui doivent vivre dans sa société ! Sa seule vue est plus dégoûtante que toutes les souffrances de l'enfer.

540. Un instant après, j'entendis en mon âme : « N'aie peur de rien. Rien ne t'atteindra sans Ma volonté. » Une force étrange envahit mon âme et je me réjouis vivement de la grande bonté de Dieu.

541. Postulat. L'âge d'admission. Toute personne peut être admise de quinze à trente ans. En premier lieu il faut considérer la disposition que montre la candidate et son caractère ; voir si elle a une forte volonté et le courage de suivre les traces de Jésus avec allégresse, car Dieu aime celui qui donne avec joie. Elle doit posséder le mépris du monde et de soi-même. Le manque de dot ne sera jamais un obstacle à l'admission. Toutes les formalités doivent être claires. Ne peuvent être admises les personnes mélancoliques, encline à la tristesse, souffrant de maladies contagieuses, les caractères compliqués, les personnes soupçonneuses, ne s'adaptant pas à la vie religieuse. Il faut choisir très judicieusement les membres de la Communauté, car une personne mal assortie suffit pour mettre la confusion dans tout le couvent.

452. La durée du postulat sera d'une année. Pendant ce temps, la candidate devra étudier si ce mode de vie lui plait et lui convient. La maîtresse, elle aussi devra soigneusement étudier si la personne en question s'adapte à ce genre de vie ou non. Si après une année l'on constate qu'elle a une volonté ferme et sincère de servir Dieu, il faudra la recevoir au noviciat.

543. Le noviciat. Il doit durer une année sans aucune interruption. La novice doit être instruite des vertus se rapportant aux voeux, ainsi que des points importants contenus dans les vœux.
La maîtresse s'efforcera avec diligence de les former à fond. Qu'elle les exerce surtout à l'humilité car seul un cœur humble observe facilement les vœux et éprouve les grandes joies que Dieu déverse sur l'âme fidèle. Les novices ne doivent pas être chargées de travaux impliquant une responsabilité, pour pouvoir s'adonner librement à leur propre perfectionnement. Elles ont le devoir d'observer strictement les règlements et les statuts, de même que les postulantes.

544. Après une année de noviciat, si la novice se montre fidèle, on peu l'admettre à faire sa profession pour une année, qui peut être renouvelée trois as de suite. On pourra alors lui confier des responsabilités, mais elle relève encore du noviciat et une fois par semaine, elle doit avec les novices, assister aux conférences. Quand aux six derniers mois, elle les passera entièrement pour bien se préparer à la profession solennelle.

545. Repas. Nous ne mangerons pas de viande. Nos repas doivent être tels que les pauvres n'aient rien à nous envier. Cependant les jours de fête peuvent être quelque peu différents des jours ordinaires. Il y aura trois repas par jour. Elles observeront un jeûne strict selon l'esprit primitif et surtout les deux grands. Que la nourriture soie la même pour toutes les Sœurs, sans aucune exception, pour que la vie commune reste pure aussi bien dans la nourriture que dans l'habillement et dans l'arrangement des cellules. Cependant, si une des Sœurs tombe malade, elle doit être entourée de tous les égards.

546. Prières. Une heure de méditation, la Sainte Messe et la Sainte Communion, les prières, deux examens de conscience, l'office, le rosaire, la lecture spirituelle, une heure de prière pendant la nuit. Quant à l'horaire, mieux vaut le faire quand on aura déjà commencé ce genre de vie.

547. J'entendis alors ces paroles en mon âme : « Ma fille, je t'assurerai un revenu permanent dont tu vivras. Ton devoir t'assurera d'avoir une complète confiance en Ma bonté. Et Mon devoir sera de te donner tout ce dont tu auras besoin. Je me rends Moi-même dépendant de ta confiance. Si ta confiance en Moi est grande, Ma largesse n'aura pas de mesure. »

548. Le travail. Comme personnes pauvres, elles feront elles-mêmes tous les travaux du couvent. Chacune doit se réjouir s'il lui incombe quelque travail humiliant ou contraire à sa nature, car ce sera une aide pour son développement intérieur. La Supérieure changera souvent les emplois des Sœurs pour les aider de cette manière, à ce détacher de ces détails pour lesquelles les femmes ont une forte inclination. Souvent, cela m'amuse vraiment quand je vois de mes propres yeux que les âmes font de grands renoncement pour s'attacher ensuite à des bagatelles et à des riens. Chaque Sœur ira pendant un mois à la cuisine, sans en excepter la Supérieure. Que toutes prennent part à chacun des travaux du couvent. Que chacune ait toujours une intention pure en tout, car tout mélange déplaît beaucoup à Dieu.

549. Quelles s'accusent elles-mêmes de tout manquement extérieur, et prient la Supérieure de leur donner une pénitence ; qu'elles le fassent en esprit d'humilité. Quelles s'aiment mutuellement d'un amour supérieur, d'un amour pur, voyant en chaque Sœur l'image de Dieu. Que la qualité particulière de cette petite Congrégation soit l'amour. Qu'elles ne referment donc pas leur cœur, mais u'il embrasse le monde entier, témoignant à chacun la miséricorde par la prière selon sa vocation. Si nous demeurons dans cet esprit miséricordieux, alors, nous aussi, nous obtiendrons miséricorde.

550. L'amour que chacune de nous doit avoir pour l' Eglise doit être aussi grand que l'amour que chaque enfant a pour sa mère, et qu'il en témoigne par la prière. Ainsi toute âme chrétienne doit prier pour l' Eglise qui est pour elle une mère. Que dire alors de nous, religieuses qui sommes particulièrement vouées à la prière pour l' Eglise ? Notre apostolat, quoique caché, est donc de grande importance. Ces petits riens quotidiens vont se déposer aux pieds du Seigneur Jésus comme un sacrifice de supplication pour le monde.

Mais pour que notre sacrifice soit agréable à Dieu, il doit être pur et pour que le sacrifice doit se libérer de tout attachement naturel. Tous nos sentiments doivent être orientés vers notre Créateur, tout en aimant en Lui toutes les créatures selon Sa sainte volonté. Ainsi, chacune, dans un esprit de zèle, apportera de la joie à l'Eglise.

551. En dehors des vœux, je vois un règlement très important quoique tous soient importants, mais à celui-ci, je donne la première place : c'est le silence. Vraiment, si cette règle était observée strictement, je serais tranquille au sujet des autres. L'inclination des femmes à parler est forte. Le Saint-Esprit ne s'adresse pas à l'âme dissipé et bavarde, mais Il parle par de silencieuses inspirations à l'âme qui sait se taire. Si le silence était strictement observé, il n'y aurait pas de murmures, d'amertumes, de médisances et de potins. L'amour du prochain ne serait pas terni.

En un mot, beaucoup de fautes cesseraient d'exister. La bouche qui se tait est de l'or pur et témoigne de la sainteté intérieure

552. Mais immédiatement après, je veux parler d'une deuxième règle : la parole. Se taire quand on devrais parler, est un manque de perfection, parfois même une faute. Que toutes les Sœurs prennent donc part à la récréation. Que la Supérieure n'en dispense pas les Sœurs, à moins qu'il ne s'agisse d'une question de grande importance. Les récréations doivent être joyeuses dans l'esprit du Seigneur. Les récréations nous donnent l'occasion de nous connaître mutuellement. Que chacune dise son avis simplement et pour l'édification des autres, non pas dans un esprit de supériorité, ni, ce qu'à Dieu ne plaise, pour se quereller. Ceci ne s'accorderait pas avec la perfection ni avec l'esprit de notre vocation qui doit se faire connaître par la charité. Deux fois par jour. Il y aura une récréation d'une demi-heure, mais chaque Sœur qui a manqué au silence a le devoir de s'en accuser devant la Supérieure et de la prier de lui imposer une pénitence. La Supérieure lui donnera publiquement cette pénitence pour son infraction. S'il en était autrement elle en serait responsable devant le Seigneur.

553. La clôture. Personne ne pourra entrer dans la clôture, sans la permission de l'évêque ordinaire, et cela dans des circonstances extraordinaires, comme pour administrer les sacrements aux malades, pour les disposer à la mort et pour les cérémonies d'enterrement. Il est possible aussi qu'il soit absolument nécessaire d'admettre un ouvrier pour faire quelques réparations au couvent ; mais en ce cas, une permission spéciale est nécessaire. La porte de la clôture doit toujours être fermée et seule la Supérieure peut en avoir la clé.

554. Le parloir. Aucune Sœur n'ira au parloir sans une permission spéciale de la Supérieure qui ne doit pas accorder facilement cette permission. Celles qui sont mortes au monde ne doivent pas y revenir, même par la conversation .. Mais si la Supérieure juge à propos qu'une Sœur aille au parloir, qu'elle le fasse de cette manière : qu'elle y accompagne elle-même la Sœur. Et si elle ne peut le faire elle-même, qu'elle désigne une remplaçante qui à le devoir de la discrétion. Elle ne doit pas répéter ce qu'elle a entendu au parloir, mais elle en informera la Supérieure. Les conversations doivent être courtes, à moins que les égards dûs à la personne ne retiennent la Sœur plus longtemps. Mais jamais on ne pourra écarter les rideaux de drap, sauf circonstances extraordinaires, telles que les instances pressantes d'un père ou d'une mère.

555. Les lettres. Chaque Sœur peut écrire des lettres cachetées, à l'évêque dont la maison dépend ; pour toute autre lettre, elle doit demander la permission et la remettre ouverte à la Supérieure qui inspirée par l'esprit de charité et par la prudence a le droit de l'envoyer ou non, selon la plus grande gloire de Dieu. Mais je désirerais beaucoup que ces communications aient lieu aussi rarement que possible. Offrons notre secours aux âmes par la prière et la mortification, mais pas par des écrits.

556. La confession. Les confesseurs de la Communauté seront nommés par l'évêque, tant le confesseur ordinaire qu'extraordinaire. Le confesseur ordinaire confessera toute la communauté une fois par semaine. Le confesseur extraordinaire viendra une fois par trimestre et chaque Sœur est obligée de le voir, même si elle ne se confesse pas. Le confesseur ordinaire et le confesseur extraordinaire n'exerceront pas leur fonction plus de trois ans. Au terme de ces trois ans, la Sœur Supérieure organisera un scrutin secret et transmettra la demande des Sœurs à l'évêque. Le confesseur peut être confirmé dans ses fonctions pour trois autres années et pour trois autres encore.
Les religieuses se confesseront devant la grille fermée recouverte d'un drap sombre. Les conférences adressées à la Communauté se feront aussi à travers la grille recouverte d'un drap de couleur sombre. Les Sœurs ne parleront jamais entre elles de confession ni de confesseurs. Quelles prient plutôt pour eux afin que Dieu leur donne la lumière nécessaire pour diriger leur âme.

557. La Sainte communion. Que les Sœurs ne discutent jamais entre elles si l'on va à la Sainte Communion plus souvent ou plus rarement. Qu'elles se gardent d'émettre des opinions sur un sujet qui ne les regardent pas. Toute opinion à ce sujet appartient exclusivement à l'intéressée et au confesseur. La Supérieure ne doit pas non plus demander à une Sœur la raison pour laquelle elle ne communie pas, mais elle doit lui faciliter la confession. Que les Supérieures se gardent de pénétrer dans le domaine de conscience des Sœurs.
La Supérieure peut décider que la Communauté offre ses communions à certaines intentions. Chacune doit s'efforcer de garder son âme tellement pure qu'elle puisse tous les jours recevoir le Divin Visiteur.

558. Un jour où j'entrai dans la chapelle, je vis les murs d'un bâtiment démoli ; les fenêtres étaient sans vitres, inachevées, les portes sans vantaux, avec seulement les châssis. Et j'entendis intérieurement ces paroles : « C'est ici que sera ce Couvent. » Cependant cela m'a un peu déplu que ce soit des ruines.

559. Jeudi. Je me sentais très pressée de me mettre le plus tôt possible à l'œuvre selon le désir du Seigneur. Quand je suis allée à la sainte confession, j'ai préféré une de mes opinions à celle de mon confesseur. Au premier moment je ne m'en rendais pas compte, cependant quand je fis les méditations de l' Heure Sainte, je vis le Seigneur Jésus tel qu' Il est représenté sur cette image. Il me dit de répéter à mon confesseur et à mes Supérieures, toutes les choses qu' Il me dit et qu' Il exige de moi, et de faire seulement ce pourquoi j'aurai obtenu la permission. Jésus me fit comprendre à quel point Lui déplaisent les âmes autoritaires. Reconnaissant que j'en étais une, en voyant cette ombre d'autoritarisme en moi, je me jetai dans la poussière devant Sa Majesté et Lui en demandai pardon, le cœur brisé. Mais Jésus ne me permit pas de rester longtemps ainsi. Son Divin regard remplit mon âme d'une joie si grande, que je n'ai pas assez de mots pour l'exprimer.
559 (suite)
Jésus m'invita aussi à Lui demander davantage, ainsi qu'à prendre conseil de Lui. Vraiment, comme le regard de mon Seigneur est doux, il pénètre mon âme jusque dans ses profondeurs les plus mystérieuses. Mon esprit communique avec Dieu, sans prononcer une parole. Je sens qu' Il vit en moi, et moi en Lui.
 

Partager cet article

Repost0
15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 08:46

444. Jeudi. L'adoration nocturne.

Quand je suis venue pour adorer, un recueillement intérieur me saisit immédiatement. J'ai aperçu Jésus attaché à une colonne, dépouillé de ses vêtements et tout de suite la flagellation commença. J'ai vu quatre hommes qui, tour à tour, frappaient le Seigneur avec des fouets. Le cœur me manquait en regardant ce supplice. Le Seigneur me dit : « Je souffre une plus grande douleur que celle que tu vois. » Et Jésus me fit connaître pour quels péchés Il se soumit à la flagellation ; ce sont les péchés d'impureté. Oh ! Que les souffrances morales de Jésus furent cruelles, quand Il se soumit à la flagellation ! Il me dit alors : « Regarde et vois le genre humain dans son état actuel ! »

Et au même instant, je vis des choses horribles : les bourreaux abandonnèrent Jésus et d'autres personnes procédèrent à la flagellation. Elles saisirent des fouets, et frappèrent le Seigneur sans miséricorde. C'était des prêtres, des religieux, des religieuses et de hauts dignitaires de l' Eglise , ce qui m'a bien étonnée. Il y avait aussi des laïcs d'âges divers et de divers états. Ils exerçaient toute leur méchanceté sur l'innocent Jésus. Mon cœur était dans une sorte d'agonie. Quand les bourreaux Le frappaient, Jésus se taisait et regardait au loin. Mais quand ces âmes dont j'ai parlé plus haut se mirent à Le flageller, Jésus ferma les yeux et un gémissement sourd, mais terriblement douloureux, s'exhala de Son Cœur. Il me fit voir en détail et connaître la gravité de la méchanceté et de l'ingratitude de ces âmes : « Vois-tu, c'est là un supplice plus douloureux pour Moi que la Mort. »

Alors mes lèvres se turent, et sans mot dire, j'ai commencé à ressentir l'agonie. Je sentais que personne ne pourrait me consoler, ni m'arracher à cet état, sinon Celui qui m'y avait mise. Et le Seigneur me dit : « Je vois la douleur sincère de ton cœur, qui a apporté un immense soulagement à Mon Cœur. Regarde et console-toi »

445. Alors j'ai aperçu Jésus cloué à la Croix. Il était suspendu à la Croix depuis un moment, quand je vis toute une légion d'âmes crucifiées comme Lui. Et je vis une deuxième légion q'âmes et une troisième légion d'âmes. La deuxième légion n'était pas clouée à la croix, mais les âmes tenaient fermement la croix en main. La troisième légion n'était ni crucifiée, ni en ferme possession de la croix ; ces âmes traînaient leur croix derrière elles, d'un air mécontent. Alors Jésus me dit : « Vois-tu ces âmes qui Me ressemblent dans les souffrances et dans les mépris Me ressemblent aussi dans la gloire. Et celles qui sont le moins semblables à Moi dans les souffrances et les mépris, seront aussi le moins semblables à Moi dans la gloire. »
Parmi les âmes crucifiées, le plus grand nombre étaient des âmes d'ecclésiastiques. J'ai reconnu aussi, en croix des âmes que je connaissais, ce qui m'a causé une grande joie. Alors Jésus me dit : « Dans ta méditation de demain tu vas réfléchir à ce que tu as vu aujourd'hui. » - Et aussitôt Jésus disparut.

446. Vendredi. J'étais malade et je ne pouvais pas assister à la Sainte Messe. A sept heures du matin, j'ai vu mon confesseur en train de célébrer la Sainte Messe, au cours de laquelle j'ai vu l' Enfant Jésus. A la fin de la Sainte Messe, la vision disparut et je me suis retrouvée dans ma cellule, comme auparavant. Une joie indicible s'empara de moi parce que, ne pouvant être présente à la Sainte Messe dans notre chapelle, j'avais assisté à la Sainte Messe dans une église bien éloignée. Jésus peut remédier à tout.

447. 30 juillet 1935. Fête de Saint Ignace.
J'ai ardemment prié ce Saint. Je lui faisait des reproches : comment pouvait-il me regarder sans me venir en aide dans des questions si importantes, sans m'aider à accomplir la volonté de Dieu ? Je lui dis : « O notre saint Patron, vous qui brûliez du feu de l'amour et du zèle de la gloire de Dieu, je vous prie humblement, aidez-moi dans l'accomplissement des desseins de Dieu. » C'était pendant la Sainte Messe. Alors j'ai vu Saint Ignace du côté gauche de l'autel, un grand livre à la main, qui me dit : « Ma fille, je ne suis pas indifférent à ton affaire : cette règle peu s'adapter dans cette Congrégation ». Montrant de la main le grand livre, il disparut. J'ai été infiniment heureuse de ce que les saints pensent à nous et que notre union avec eux soit si étroite. O Bonté divine, comme le monde intérieur est beau, dès ici bas nous pouvons vivre en communion avec les saints. J'ai ressenti pendant toute la journée la proximité de ce cher Patron.

448. 5 août 1935. Fête de Notre-Dame de la Miséricorde.
Je me suis préparée à cette fête avec plus de ferveur que les années précédentes. Le matin, j'ai ressenti un combat intérieur, à la pensée que je devais quitter cette congrégation, qui jouit de la protection particulière de Marie. La méditation passa dans ce combat et la première Messe aussi. Pendant la seconde Messe, j'ai prié la Sainte Mère e lui disant qu'il m'était difficile de me séparer de cette Congrégation placée sous sa particulière protection.

Je vis alors la Sainte Vierge, indiciblement belle, venir de l'autel vers mon prie-Dieu. Elle me serra contre Elle et me dit : « Je suis votre Mère, grâce à l'insondable Miséricorde de Dieu, et l'âme m'est d'autant plus agréable qu'elle remplit fidèlement la volonté divine. »Elle m'a fait comprendre que je réalisais tous les souhaits de Dieu et que pour cette raison j'avais trouvé grâce à Ses yeux. « Sois courageuse, n'aies pas peur des obstacles illusoires, mais fixe tes regards sur la Passion de Mon Fils. De cette manière tu remporteras la victoire. »

449. Adoration nocturne.

Je me sentais bien souffrante, et il me semblait que je ne pourrais pas faire mon adoration. Cependant, j'ai rassemblé toutes les forces de ma volonté et, bien que je sois tombée à terre dans ma cellule, je n'accordais aucune attention à ce qui me faisait mal, ayant la Passion de Jésus devant les yeux. Lorsque je suis arrivée à la chapelle, j'ai compris intérieurement quelle grande récompense Dieu nous prépare, non seulement pour les bonnes actions, mais aussi pour le sincère désir de les remplir. Qu'elle est grande cette grâce de Dieu ! Oh !comme il est doux de se donner beaucoup de mal pour Dieu et pour les âmes ! Je ne veux point de repos dans ce combat, je vais lutter jusqu'au dernier souffle de ma vie pour la gloire de mon Roi et Seigneur. Je ne poserai pas le glaive jusqu'à ce qu'il m'appelle devant son trône. Je n'ai pas peur des coups, car Dieu est mon bouclier. C'est l'ennemi qui devrait avoir peur de nous, et non nous de lui. Satan ne remporte de victoire que sur les orgueilleux et les poltrons, car les humbles sont forts. Rien ne confondra ni n'effrayera une âme humble. Elle a dirigé son vol droit sur le brasier du soleil et rien ne pourra l'arrêter. L'amour ne se laisse pas emprisonner, il est libre comme un roi. L'amour atteint Dieu.

450. Un jour après la Sainte Communion, j'ai entendu ces mots : « Tu es Notre demeure. » - A ce moment j'ai ressenti dans mon âme la présence de la Sainte Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit. Je sentais que j'étais le temple de Dieu. Je sens que je suis l'enfant du Père. Je ne puis expliquer tout cela, mais mon esprit le comprend bien. O Bonté infinie, comme Vous Vous abaissez vers Votre misérable créature !
451. Si les âmes voulaient se recueillir, Dieu leur parlerait tout de suite. Car c'est la dispersion qui assourdit la parole du Seigneur.

452. Une fois le Seigneur me dit : « Pourquoi as-tu peur et pourquoi frémis-tu quand tu es unie à Moi ? Cela ne me plaît pas que l'âme se laisse aller à de vaines peurs. Qui oserait te toucher, lorsque tu es avec Moi ? L'âme est Ma bien aimée quand elle croit à Ma bonté et qu'elle se fie complètement à Moi. Je la comble de Ma confiance et Je lui donne tout ce qu'elle demande. »

453. Et une autre fois : « Ma fille, prends les grâces que dédaignent les autres. Prends-en autant que tu peux en porter. »- A cet instant mon âme fut inondée de l'amour divin. Je sens que je suis unie au Seigneur si étroitement que je ne trouve pas de mot pour bien définir cette union. Et soudain je sens que tout ce que Dieu possède, tous les biens et tous les trésors sont à moi. Je ne m'en préoccupe cependant pas beaucoup, car Il me suffi, Lui Seul, l'Unique. En Lui je vois tout, et rien sans Lui. Je ne cherche pas de bonheur en dehors de mon être intérieur où demeure Dieu. Je me réjouis de Dieu à l'intérieur de moi-même. J'y vis sans cesse avec Lui : c'est là ma plus grande intimité avec Lui. J'y demeure, sûre de Lui, à l'abri des regards humains. La Sainte Vierge m'encourage à me comporter de la sorte avec Dieu.

454. Quand survient une souffrance, elle ne me cause aucune amertume. Les grandes consolations ne m'enorgueillissent pas. En moi règnent la paix et l'égalité d'âme qui découle de la connaissance de la vérité.
Vivre entourée de cœurs mal disposés ne peut me nuire puisque mon âme connaît la plénitude du bonheur. La bienveillance des autres ne m'aidera pas si Dieu n'est pas dans mon propre cœur.

+
455. J.M.J. Wilno , 12.VIII.1935

Retraite de trois jours.

La veille de la retraite, au soir, en écoutant les points de la méditation, j'ai entendu ces paroles : « Pendant cette retraite, je te parlerai par la bouche de ce prêtre, pour t'assurer de l'authenticité des paroles que je t'adresse au fond de l'âme. Bien que ce soit une retraite pour toutes les Sœurs, Je te prends spécialement en considération pour te fortifier et te rendre intrépide dans toutes les contrariétés qui t'attendent. Aussi écoute soigneusement les paroles du prêtre et médite-les dans les profondeurs de ton âme.

456. Quel ne fut pas mon étonnement en constatant que tout ce que le Père disait de l'union avec Dieu et des obstacles à cette étroite union, je l'avais littéralement vécu dans mon âme. Jésus, qui se communique à moi au fond de l'âme, m'en avait déjà parlé. La perfection consiste en cette étroite union à Dieu.

457. Pendant la méditation de neuf heures, le Père parlait de la miséricorde divine et de la bonté de Dieu envers nous. Il disait que lorsque nous repassons l'histoire de l'humanité, à chaque pas nous voyons cette grande bonté de Dieu. Tous les attributs de Dieu, comme Sa Toute-Puissance , s'efforcent de nous dévoiler ce suprême attribut de Dieu, Sa bonté. Mais beaucoup d'âmes qui tendent à la perfection ne connaissent pas cette grande bonté de Dieu. Tout se que le Père disait pendant cette méditation sur la bonté de Dieu, est exactement ce que Jésus m'a confié à propos de la Fête de la Miséricorde.
Tout est clair maintenant au sujet de ce que le Seigneur m'a promis. Je n'éprouve plus aucun doute. La parole de Dieu est claire et nette.

458. Pendant toute cette méditation, je voyais Jésus sur l'autel en tunique blanche. Il tenait en main le cahier dans lequel j'écris ceci. Pendant toute la méditation, Jésus feuilletais les pages du cahier et se taisait. Cependant mon cœur ne pouvait plus supporter le feu qui brûlait mon âme. Malgré l'effort de ma volonté pour me maîtriser et ne pas faire voir à mon entourage ce qui se passait en mon âme, vers la fin de la méditation, je sentis que je ne dépendais plus de moi-même. Alors Jésus me dit : « Tu n'as pas tout écrit dans ce cahier sur Ma bonté envers les hommes. Je désire que Tu n'omettes rien et que ton cœur soit affermi dans une paix complète. »

459. O Jésus, mon cœur cesse de battre quand je considère tout ce que Vous avez fait pour moi ! Je Vous admire, Seigneur, de Vous abaisser à ce point vers mon âme misérable. Quels moyens inconcevables Vous employez pour me persuader !

460. C'est la première fois de ma vie que je fais une telle retraite. Je comprends d'une manière particulière et claire chaque mot du Père, ayant déjà vécu tout cela en mon âme. Je vois maintenant que Jésus ne laissera pas dans l'incertitude une âme qui l'aime sincèrement. Jésus désire que l'âme soit en étroit rapport avec Lui, et remplie de paix malgré les souffrances et les contrariétés.
461. Je comprends bien maintenant ce qui unit le plus étroitement l'âme à Dieu, c'est le renoncement à soi, c'est-à-dire l'union de notre âme à la volonté de Dieu. Cela rends l'âme vraiment libre, l'aide à avoir un profond recueillement de l'esprit, lui rend légères toutes les peines de la vie, et la mort douce.

462. Jésus m'a dit que si j'avais quelque incertitude en ce qui concerne cette Fête, ou la fondation de cette Congrégation, ou sur tout autre point don Il m'a parlé au fond de l'âme, Il me répondrait immédiatement par la bouche de ce prêtre.
463. Pendant une méditation sur l'humilité, une vieille inquiétude me revint à l'esprit : une âme aussi misérable que la mienne ne peut accomplir la tâche que le Seigneur exige. A cet instant, alors que j'examinais ce doute, le prêtre qui prêchait la retraite interrompit le fil de son discours et parla de ce dont je doutais. C'est-à-dire que Dieu choisit, la plupart du temps, les âmes les plus faibles et les plus simples comme instruments, pour réaliser Ses plus grandes œuvres. Et c'est une vérité incontestable, car c'est ainsi qu' Il a choisi les
Apôtres. Et voyons dans l' Histoire de l' Eglise , quelles grandes œuvres ont été accomplies par des âmes qui en étaient le moins capables ! Car justement de cette manière, les œuvres de Dieu nous montrent qu'elles sont vraiment de Dieu. Quand mon incertitude eût tout à fait disparu, le prêtre revint au thème de l'humilité.

Jésus, comme pendant chaque méditation, se tenait debout sur l'autel. Il ne me disait rien, mais son regard bienveillant pénétrait ma pauvre âme, qui n'avait plus aucune excuse.

464. O Jésus, ma vie, je sens bien que Vous me changez en Vous-même, dans le secret de l'âme, où les sens n'atteignent guère. O mon sauveur, cachez-moi dans le fond de Votre Cœur, et couvrez-moi de Vos rayons devant tout ce qui n'est pas Vous. Je Vous en prie, Jésus, que ces deux rayons sortis de Votre Cœur très Miséricordieux fortifient sans cesse mon âme.

465. Le moment de la confession.

Mon confesseur m'a demandé si à cet instant Jésus était là, et si je Le voyais. -« Oui, Il est là et je Le vois. » Alors il m'a demandé de le questionner sur certaines personnes. Jésus ne m'a rien répondu, mais il l'a regardé. Quand après la confession j'ai récité ma pénitence, Jésus m'a dit : « Va et console-le de ma part. » - Ne comprenant pas la signification de ces mots, je lui ai tout de suite répété ce que Jésus venait de me dire.

466. Pendant tout le temps de la retraite, sans interruption, j'étais en rapport avec Jésus et je me suis familiarisée avec Lui de toute la force de mon cœur.

467. Jour de la rénovation des vœux. Au commencement de la Sainte Messe, comme d'habitude, comme d'habitude j'ai vu Jésus. Il nous bénissait, puis Il est entré dans le tabernacle. Soudain je vis la

468. 15.VIII. Le soir de ce même jour, j'ai éprouvé une grande nostalgie de Dieu. Je ne Le voyais pas en ce moment avec mes yeux de chair, comme auparavant, mais je Le sens, de façon indéfinissable. Cela me cause cette nostalgie et un supplice indescriptible. Je meurs de soif de Le posséder, pour me noyer en Lui pour l'éternité. Mon esprit est tendu vers Lui, et rien au monde ne pourrait me consoler. O amour éternel, je comprend maintenant combien mon cœur vivait en étroite intimité avec Vous. Car qu'est-ce qui pourra me contenter au Ciel ou sur la terre, en dehors de Vous, ô mon Dieu en qui s'est abîmée mon âme ?

469. Un soir, de ma cellule, je regardais le Ciel, et j'ai vu ce beau firmament semé d'étoiles, et la lune .. Soudain un feu d'amour inconcevable jaillit de mon âme vers mon Créateur. Ne sachant supporter la nostalgie qui montait en mon âme vers Lui, je me suis prosternée, m'humiliant dans la poussière. Je Le louais pour toutes Ses créatures. Et lorsque mon cœur n'eut plus la force de supporter ce qui se passait en lui, j'ai éclaté en sanglots. Alors mon Ange Gardien m'a touchée et m'a dit : « Le Seigneur te fait dire de te relever. » J »obéis immédiatement, mais je n'était pas consolée. La nostalgie de Dieu m'envahit plus encore.

470. Un jour où j'étais en adoration, mon esprit était comme en agonie et je ne pouvais pas retenir mes larmes ; alors j'ai vu un esprit d'une grande beauté qui me dit : « Le Seigneur dit : ne pleure pas. » Après un moment, j'ai demandé : « Qui es tu ? » Il me dit : « Je suis l'un des sept esprits, qui se tiennent nuit et jour devant le trône de Dieu et Le louent sans cesse. » Cependant cet esprit, n'a pas apaisé ma nostalgie de Dieu, il n'a fait que l'accroître. La beauté de cet esprit provient de son étroite union à Dieu. Il ne me quitte pas un seul instant, il m'accompagne partout .
Le lendemain, pendant la Sainte Messe, avant l' Elévation , il commença à chanter ces mots : « Saint ! Saint ! Saint ! » Sa voix résonnait comme les voix de milliers de personnes, cela m'est impossible à décrire. Tout d'un coup, mon esprit fut uni à Dieu. A ce moment-là, j'ai vu la grandeur et la sainteté inconcevables de Dieu et en même temps j'ai eu connaissance de mon néant.

Les Trois Personnes Divines : le Père, le Fils et le Saint-Esprit m'ont été révélées plus distinctement qu'autrefois. Cependant Leur existence, Leur égalité et Leur majesté sont une.
471. Mon âme est en relation avec les Trois. Je ne puis l'exprimer par des mots, mais mon âme le comprend bien. Quiconque est uni à l' Une des Trois personnes est par là même uni à la Sainte Trinité, car Son unité est indivisible. Cette vision, cette connaissance plutôt, inonda mon âme d'un bonheur inconcevable : Dieu est si grand ! Je n'ai pas vu de mes yeux, comme autrefois, ce que je viens d'écrire, mais d'une manière purement intérieure, spirituelle et indépendante des sens. Cela dura jusqu'à la fin de la Sainte Messe.
Maintenant cela m'arrive souvent, non seulement à la chapelle, mais aussi pendant le travail et dans les moments où je m'y attends le moins.

472. Quand mon confesseur partit, je me confessais à l'Archevêque. Après lui avoir dévoilé mon âme, je reçus cette réponse : « Ma fille, armez-vous d'une grande patience . . Si ces choses viennent de Dieu, tôt ou tard elles se réaliseront. Je vous en prie, soyez tout-à-fait tranquille. Je vous comprends très bien et quand à votre désir de quitter la Congrégation pour penser à une autre, je vous le demande, n'admettez pas cela, même en pensée. Car ce serait une grave tentation intérieure. »
Après cette confession, j'ai dit à Jésus : « Pourquoi me demandez-Vous de faire ces choses et ne me donnez-Vous pas la possibilité de les réaliser ? » Alors j'ai vu Jésus après la Sainte Communion dans la même petite chapelle où je m'étais confessée, sous le même aspect qu'il avait sur l'image. Le Seigneur m'a dit : « Ne sois pas triste. Je lui ferai comprendre ce que j'exige de toi. » Au moment où nous sortions, l' Archevêque était très occupé, mais il nous fit retourner et attendre un instant. Lorsque nous sommes rentrées dans la petite chapelle, j'entendis ces paroles dans mon âme : « Dis-lui ce que tu as vu dans cette chapelle. » A cet instant, l' Archevêque entra et nous demanda si nous n'avions rien à lui dire. Cependant, bien qu'ayant l'ordre de parler, je ne le pouvais pas, car j'étais accompagnée par un Sœur.

Encore un mot de la Sainte Confession : « Obtenir par la prière la miséricorde pour le monde ; c'est une grande et belle idée. Priez beaucoup la Miséricorde pour le monde ; c'est une grande et belle idée. Priez beaucoup la Miséricorde divine pour les pécheurs, ma Sœur, mais faites-le dans votre propre couvent. »

473. Le lendemain, vendredi 13.IX.35.
Le soir ,quand j'étais dans ma cellule, j'ai vu un Ange, l'exécuteur de la colère de Dieu. Il était en robe claire, la face rayonnante, une nuée sous les pieds et de cette nuée sortaient la foudre et les éclairs qu'il lançait de sa main sur la terre. Lorsque je vis le signe de la colère de Dieu qui devait frapper la terre, et surtout un certain endroit, qu'évidemment je ne puis nommer, j'ai commencé à prier l' Ange , pour qu'il s'arrête quelques instants, lui disant que le monde allait faire pénitence. Mais ma prière n'était rien devant la colère de Dieu. A ce moment, j'ai aperçu la Très Sainte Trinité. La grandeur de Sa Majesté me pénétra jusqu'au fond de l'âme et je n'osais plus répéter mes supplications. Au même instant, je sentis en mon âme, la force de la grâce de Jésus qui habite mon âme. A l'instant même où je pris conscience de cette grâce, j'ai été enlevée devant le Trône de Dieu. Oh ! qu' Il est grand, notre Seigneur et notre Dieu. Inconcevable est Sa Sainteté !

Je ne vais pas tenter de décrire cette grandeur, car bientôt nous Le verrons tous, tel qu' Il est. J'ai commencé à supplier Dieu pour le monde. par des paroles entendues intérieurement. Alors que je priais ainsi, j'ai vu l'impuissance de l' Ange , qui ne pouvait accomplir la juste punition qui revient de plein droit au péché. Je n'avais jamais encore prié avec tant de force intérieure. Voilà les paroles par lesquelles je suppliais Dieu :
474. « Père Eternel, je vous offre le Corps, le Sang, l' Âme et la Divinité de Votre très doux Fils Notre Seigneur Jésus Christ, pour nos péchés et ceux du monde entier. Par Sa douloureuse Passion, soyez-nous miséricordieux. »

475. Le lendemain, en entrant dans la chapelle, j'ai entendu intérieurement ces paroles : « Chaque fois que tu entres à la chapelle, récite tout de suite la prière que je t'ai apprise hier. » Lorsque j'ai récité cette prière, j'entendis : « Cette prière doit apaiser Ma colère. Tu vas la réciter pendant neuf jours, sur un chapelet, de la manière suivante : « Père Eternel, je vous offre le Corps, le sang, l' Âme et la Divinité de Votre Fils Bien )Aimé , Notre Seigneur Jésus-Christ, pour implorer de Vous le pardon de nos péchés et de ceux du monde entier. »
Sur les grains de l' Ave Maria, tu diras : « Par Sa douloureuse Passion, ayez pitié de nous et du monde entier. »
A la fin, tu réciteras trois fois ces paroles : « Dieu Saint, Dieu fort, Saint Immortel, ayez pitié de nous et du monde entier.

476. Le silence est un glaive dans le combat spirituel. Une âme bavarde n'arrivera jamais à la sainteté. Le glaive du silence coupera tout ce qui voudrait s'accrocher à l'âme. Nous sommes tous vulnérables en ce qui concerne la parole, nous voulons immédiatement répondre, sans nous demander si c'est la volonté de Dieu, pour nous, de parler.
L'âme silencieuse est forte. Si elle persévère dans le silence, aucune contrariété ne la touchera. L'âme silencieuse est capable de s'unir à Dieu de la façon la plus profonde, elle vit presque toujours sous l'inspiration du Saint-Esprit. Dans l'âme silencieuse, Dieu agit sans rencontrer d'obstacle.

477. O mon Jésus, Vous seul savez que mon cœur n'a pas d'autre amour que Vous. Mon amour virginal s'est abîmé en Vous, ô Jésus, pour l'éternité. Je sens bien Votre Sang divin circuler dans mon cœur et nul doute qu'avec Votre Très Saint Sang ne soit entré en lui Votre amour le plus pur. Je sens que vous demeurez en moi avec le Père et l' Esprit Saint, ou plutôt, je sens que c'est moi qui vis en Vous, ô Dieu insondable. Je sens que je me perds en Vous comme une goutte d'eau dans l'océan. Je sens que Vous êtes en moi et hors de moi. Je sens que Vous êtes dans tout ce qui m'environne, dans tout ce qui m'arrive. O mon Dieu, je Vous ai connu à l'intérieur de mon cœur et je Vous aime par-dessus tout ce qui existe sur la terre ou au Ciel. Nos cœurs se comprennent mutuellement ; personne ne comprendra cela.

478. Ma seconde confession à l'Archevêque. « Sachez ma fille, que si c'est la volonté de Dieu, cela se réalisera tôt ou tard. Car la volonté de Dieu doit être accomplie. Aimez Dieu dans votre cœur, ayez ... » (la pensée est interrompue.)

479. 29.IX. Fête de saint Michel Archange.
Je suis unie intérieurement à Dieu. Sa présence me pénètre jusqu'au fond de moi-même et elle me remplit de paix, de joie et de stupéfaction. Après de tels moments d'oraison, je suis remplie de force et d'un singulier courage pour souffrir et combattre. Rien ne m'effraye, même si le monde entier était contre moi. Toutes les contrariétés ne touchent que la surface, elles n'atteignent pas les profondeurs, car Dieu y demeure.
Il me fortifie, Il me remplit. Tous les pièges de l'ennemi se brisent à Ses pieds. En ces moments d'union, Dieu me soutient de Sa puissance. Cette puissance se communique à moi, et elle me rend capable de L'aimer. L'âme n'arrive jamais à cet état par ses propres efforts. Au commencement de cette grâce intérieure, la peur me remplissait, et j'ai commencé à y céder. Mais le Seigneur me fit rapidement comprendre à quel point cela Lui déplaisait. Cet aussi Lui seul qui me donne la paix.

480. Presque chaque solennité de la Saint Eglise me donne une plus profonde connaissance de Dieu et une grâce particulière. C'est pourquoi je me prépare à chaque fête en étroite union à l'esprit de l'Eglise. Quelle joie d'être une fidèle enfant de l'Eglise. Oh ! Comme j'aime la Sainte Eglise et tous ceux qui en font partie ; je les considère comme des membres vivants du Christ, qui est leur tête. Je brûle d'amour avec ceux qui aiment, je souffre avec ceux qui souffrent, la douleur me consume à la vue des âmes froides et ingrates. Alors je tâche d'avoir un tel amour de Dieu, qu'il puisse réparer pour ceux qui ne L'aiment pas, qui n'ont pour leur Sauveur qu'une noire ingratitude.

481. O mon Dieu, je suis consciente de ma mission dans la Sainte Eglise. Mon incessant effort doit être la prière pour obtenir la Miséricorde pour le monde. Je m'unis étroitement à Jésus et je me tiens devant Lui, comme une offrande suppliante pour le monde. Dieu ne me refusera rien si je le supplie par la voix de son Fils. Mon offrande n'est rien en elle-même. Mais lorsque je l'unis au sacrifice de Jésus-Christ, elle devient toute puissante et elle peut fléchir la colère divine. Dieu nous aime dans Son Fils. La douloureuse Passion du Fils de Dieu est ce qui ne cesse de tempérer la colère de Dieu.

482. O mon Dieu, comme je désire que les âmes sachent que Vous les avez crées à cause de Votre amour inconcevable ! O mon Créateur et mon Seigneur, je sens que j'écarterai le voile du Ciel, pour que la terre ne doute pas de Votre bonté.
Faites de moi, Jésus, une offrande agréable et ure devant la Face du Père. Jésus, transformez-moi en Vous, car Vous pouvez tout, et rendez-moi à Votre Père Eternel. Je désire devenir une hostie expiatoire devant Vous et devant les hommes. Je désire que le parfum de mon offrande ne soit connu que de Vous. O Dieu Eternel, un feu inextinguible brûle en moi, implorant Votre miséricorde : je sais et je comprends que c'est lon devoir ici bas et pour l'éternité. Vous m'avez vous-même fait parler de cette grande miséricorde et de Votre bonté.

483. Un jour j'ai compris combien déplaît à Dieu une action, qui peut paraître très louable mais qui n'est pas inspirée par une intention pure. Ces actions portent Dieu à punir, plutôt qu'à récompenser. Qu'il y en ai le moins possible. Et même ,dans la vie religieuse, il ne devrait pas y en avoir du tout..

484. J'accepte la joie ou la souffrance, la louange ou l'humiliation, dans la même disposition d'esprit. Je sais que lus unes et les autres sont passagères. Que m'importe ce que l'on dit de moi ? Il y a déjà longtemps que j'ai renoncé à tout ce qui touche à ma personne. Mon nom est « hostie », c'est-à-dire offrande, pas en paroles, mais en action : par l'anéantissement de mon moi-même, en me rendant pareille à Vous sur la croix, ô Bon Jésus, mon Maître !

485. Jésus, lorsque Vous venez à moi dans la Saint Communion, Vous qui avez daigné demeurer avec le Père et le Saint-Esprit dans le ciel de mon âme, je tâche de Vous tenir compagnie pendant toute la journée. Je ne Vous laisse pas seul un seul instant. Bien que je sois dans la société des hommes ou avec nos élèves, mon coeur est toujours avec le Vôtre. Quand je m'endors, je Vous offre chaque battement de mon cœur, quand je me réveille, je me plonge en Vous sans prononcer de paroles. Quand je me réveille, j'adore un moment la Sainte Trinité et je remercie Dieu de daigner m'accorder encore un jour, qu'encore une fois, je puisse revivre en mon âme le mystère de l' Incarnation de Son Fils ; qu'une fois de plus, Sa douloureuse Passion se déroule devant mes yeux. Je m'efforce alors de faire passer Jésus par moi aux autres âmes. Je vais partout avec Jésus, Sa présence m'accompagne partout.

486. Je tâche de garder le silence dans les souffrances de l'âme ou du corps, car mon esprit est rempli de la force, qui découle de la Passion de Jésus. J'ai constamment devant les yeux Sa Face douloureuse, outragée et défigurée, Son Cœur divin transpercé par nos péchés et particulièrement par l'ingratitude des âmes choisies.

487. Un double avertissement : je dois me préparer aux souffrances qui m'attendent à Varsovie. Le premier avertissement était intérieur fait par une voix que j'ai entendue. Le second a eu lieu pendant la Sainte Messe. Avant l' Elévation , j'ai vu Jésus crucifié ,. Il me dit : « Prépare-toi à des souffrances. » J'ai remercié le Seigneur de cette grâce prévenante et Lui que je n'allais sûrement pas plus souffrir que Lui, mon Sauveur. Cependant j'ai pris cela à cœur et je me fortifie par la prière et de petites souffrances pour pouvoir en supporter de plus grandes, quand elles viendront.

488. 19.X.35 .. Départ de Wilno pour Cracovie, pour huit jours. Vendredi soir, pendant le rosaire, en pensant au voyage de demain et de la gravité de l'affaire que je devais présenter au Père Andrasz , la peur me prit à la vue de ma misère, de mon incapacité, et de la grandeur de l'œuvre de Dieu. Broyée par cette souffrance, je m'en remis à la volonté divine. A ce moment, j'ai vu Jésus dans une tunique claire, près de mon prie-Dieu. Il me dit : « Pourquoi as-tu peur d'accomplir Ma volonté ? Est-ce que Je ne vais pas t'aider comme je l'ai fait jusqu'à présent ? Répète chacune de Mes exigences, à ceux qui me remplacent sur la terre et fais seulement ce qu'ils t'ordonneront. » A l'instant, une grande force envahit mon âme.

489. Le lendemain, j'ai vu mon Ange Gardien, qui m'a accompagnée pendant le voyage jusqu'à Varsovie. Quand nous sommes entrées par la porte du couvent, il disparut. En passant près d'une petite chapelle pour aller saluer nos Supérieures, la présence de Dieu s'empara de moi et le Seigneur me remplit du feu de Son amour. En de pareils moments, je reconnais toujours mieux la grandeur de Sa Majesté.
A Varsovie nous avions pris place dans le train pour Cracovie et j'ai de nouveau vu mon Ange Gardien près de moi. Il priait en contemplant Dieu, ma pensée l'a suivi. Et quand nous sommes entrées au couvent, il disparut.

490. A mon entrée dans la chapelle, à nouveau la Majesté de Dieu s'empara de moi. Je me sentais plongée en Dieu, complètement submergée et pénétrée par Lui, en voyant combien notre Père céleste nous aime, Oh ! le grand bonheur qui remplit mon âme de la connaissance de Dieu et de la vie divine ! Je désire partager ce bonheur avec tous les hommes. Je ne peux l'enfermer dans mon cœur seulement, car ses flammes me brûlent et elles feraient éclater mon cœur et mon corps. Je désire parcourir le monde entier et parler aux âmes de la grande miséricorde de Dieu. Prêtres, aidez-moi en cela. Employez les expressions les plus fortes pour publier Sa miséricorde, car la parole exprime faiblement quelle est Sa Miséricorde ..

491. J.M.J. Cracovie, 20.X.35

Retraite de huit jours
Dieu éternel, Seule bonté, inconcevable dans Votre miséricorde à tout esprit humain ou angélique, aidez votre faible enfant, pour que je puisse accomplir Votre Sainte Volonté, telle que Vous me la faite connaître. Je ne désire rien d'autre que l'accomplissement des désirs divins. Voici, Seigneur, mon âme et mon corps, mon esprit et ma volonté, mon cœur et tout mon amour, gouvernez-moi selon Vos éternels desseins.
492. Après la Sainte Communion, mon âme fut encore submergée par l'amour divin. Je me réjouis de sa grandeur. Je vois alors nettement quelle est Sa Volonté, ce que je dois accomplir. Et au même moment je vois ma faiblesse et ma misère. Je vois que puis rien faire sans Son aide.

493. Second jour de retraite
Je devais aller chez le Père Andrasz au parloir j'ai eu peur pensant que le secret existe seulement au confessionnal ; c'était une crainte futile, la Mère Supérieure m'a tranquillisée d'un mot. Cependant, lorsque je suis entrée à la chapelle, j'ai entendu ces mots dans mon âme : « Je désire que tu sois sincère et simple comme une enfant telle que tu l'es avec Moi. Sinon Je T'abandonnerai et je n'aurai plus aucun rapport avec toi. » Et de fait, Dieu m'accorda la grande grâce d'une confiance totale. La conversation finie, Il me fit la grâce d'une profonde paix et de la lumière au sujet de ces choses.

494. Jésus, lumière éternelle, éclairez ma raison, affermissez ma volonté, enflammez mon cœur. Soyez avec moi comme Vous me l'avez promis, car sans Vous je ne suis rien. Vous savez, mon Jésus combien je suis faible. Ai-je besoin de Vous le dire, Jésus, car Vous savez parfaitement combien je suis misérable. En Vous est toute ma force.

495. Jour de confession

Depuis le matin, j'éprouvais un combat intérieur si fort que je n'en avais jamais éprouvé de semblable. Complètement abandonnée de Dieu., j'ai expérimenté toute ma faiblesse. Des pensées m'accablaient : pourquoi dois-je quitter ce couvent où je suis aimées par les Soeurs et les Supérieures, cette vie tranquille ? Liée par les vœux perpétuels, j'accomplis facilement mes devoirs. Pourquoi dois-je écouter la voix de ma conscience ? Pourquoi suivre l'inspiration, qui sait de qui elle provient ? N'est-ce pas mieux de cheminer comme toutes les Sœurs ? Peut-être pourrais-je étouffer les paroles du Seigneur, ne pas y faire attention ? Peut-être que Dieu n'en demandera pas compte au Jour du Jugement ? Où me conduira cette voix intérieure ? Quelles grandes peines, contrariétés et souffrances m'attendent, si je suis cette voix ? J'ai peur de l'avenir et j'agonise dans le présent.
Cette souffrance dura avec la même intensité pendant toute la journée.

Lorsque le soir, je suis allée me confesser et, bien que je m'y sois préparée, je ne pus me confesser. J'ai reçu l'absolution et me suis retirée, ne comprenant rien à ce qui se passait en moi.

Quand je me suis couchée, la souffrance augmenta encore, ou plutôt elle se changea en un feu qui pénétrait comme un éclair, toutes les facultés de mon âme jusqu'à la moelle, mon cœur jusqu'au plus secrets remplis. Souffrant ainsi, je ne pouvais me à rien. Que Votre volonté soit faite, Seigneur. Par moments, je ne pouvais même pas penser à cela. J'étais vraiment saisie par une peur mortelle, touchée par un feu infernal. Le calme revint vers le matin, les souffrances disparurent en un instant. Mais je me sentais si affaiblie que je ne pouvais faire aucun mouvement. Peu à peu, pendant ma conversation avec la Mère Supérieure, les forces me revinrent. Cependant Dieu Seul sait comment je me sentis pendant toute la journée.

496. O Vérité éternelle, Verbe incarné, qui avez si fidèlement accompli la volonté de Votre Père, voilà qu'aujourd'hui je deviens martyre de Vos inspirations, car je ne peux les réaliser, n'ayant pas de volonté propre ..
Bien qu'intérieurement je reconnaisse clairement Votre Volonté, je me rends en tout à la volonté de mes Supérieures et de mon confesseur. Et je n'accomplirai Votre Volonté qu'autant que vous me le permettrez par Votre remplaçant. O mon Jésus, c'est difficile : je dois préférer la voix de l' Eglise à la Voix par laquelle Vous me parlez.

497. Après la Sainte Communion. Comme d'habitude, j'ai aperçu Jésus. Il me dit : « Appuie la tête sur Mon épaule. Repose-toi et prend des forces. Je suis toujours avec toi. Dis à l'ami de Mon Cœur que J'emploie d'aussi faibles créatures pour réaliser Mes œuvres. » Mon esprit s'en trouva singulièrement fortifié. - « Dis-lui, que je lui ai révélé ta faiblesse dans ta confession, pour lui montrer ce que tu es de toi-même. »

498. Chaque combat, soutenu courageusement m'apporte joie et paix, lumière et expérience, et courage pour l'avenir. Il rend honneur et gloire à Dieu, et pour moi, en fin de compte, une récompense.

499. C'est aujourd'hui la fête du Christ-Roi . J'ai prié ardemment pendant la Sainte Messe, pour que Jésus soit Roi de tous les cœurs, pour que la grâce divine brille dans chaque âme. Soudain, j'ai aperçu Jésus, tel qu' Il est peint sur cette image. Il me dit : « Ma fille, tu Me rends une très grande gloire, en accomplissant fidèlement mes désirs. »

500. Oh ! Que Votre Beauté est grande, Jésus mon Epoux ! Fleur vivante en qui se cache une rosée vivifiante pour l'âme qui a soif. C'est en Vous que s'est noyée mon âme. Vous Seul êtes l'objet de mes aspirations et de mes désirs. Unissez-moi très étroitement à Vous, au Père et au Saint-Esprit. Que je vive et meure en Vous.

501. L'amour seul a un sens, il donne à nos plus petites actions les dimensions de l'infini.

502. Mon Jésus, vraiment je ne saurais pas vivre sans Vous, mon esprit s'est uni au Vôtre. Personne ne le comprendra bien. Il faut d'abord vivre de Vous, pour Vous reconnaître dans les autres.

503. Cracovie, 25.X.35
Résolutions de la retraite

Je ne ferai rien sans la permission du confesseur et le consentement des Supérieures, en tout et surtout dans ces inspirations et exigences du Seigneur.
Je passerai tous mes moments libres avec l' Hôte divin, à l'intérieur de mon âme. J'observerai le silence intérieur et extérieur pour que Jésus se repose dans mon cœur.
Le repos que je préférerai sera de rendre service aux Sœurs et de m'empresser auprès d'elles. M'oublier moi-même pour leur faire plaisir.
Je ne m'expliquerai ni ne m'excuserai pour aucune remarque qui me sera faite. Je permettrai qu'on me juge comme on en a envie.
Je n'ai qu'un seul confident à qui je confierai tout ; c'est Jésus Eucharistie et son remplaçant : mon confesseur. Je garderai le silence, sans me plaindre dans toutes les souffrances de l'âme et du corps, dans les ténèbres et dans les délaissements ..
Je vais m'anéantir à chaque moment, comme une offrande déposée à Ses Pieds, afin d'obtenir miséricorde pour les pauvres pécheurs.

504. Tout mon néant se noie dans l'océan de Votre Miséricorde. Avec la confiance d'un enfant je me jette dans Vos bras, Père de miséricorde, pour expier la méfiance de tant d'âmes, qui ont peur de s'abandonner à Vous. Qu'il est petit le nombre d'âmes qui Vous connaissent vraiment. Avec quelle ardeur je désire que la Fête de la Miséricorde soit connue des âmes ! La Miséricorde est le couronnement de Vos œuvres. Vous pourvoyez à tout avec l'amour de la mère la plus tendre.

505. J.M.J. Cracovie, 27.X. 1935

Le Père Andrasz - Conseils spirituels

« Ne rien faire sans le consentement des Supérieures.
Il faut bien réfléchir à cette affaire et beaucoup prier. Une grande prudence s'impose car, ici, la volonté de Dieu est sûre et visible, ma Sœur. En effet vous êtes liée à votre Congrégation par des vœux, des vœux perpétuels et donc il ne devrait pas y avoir de doutes. F'autre part ce que vous pensez intérieurement ne sont que des lueurs sur un projet. Dieu peut faire des déplacements, mais c'est très rare. Ne vous précipitez donc pas, ma Sœur tant que vous n'aurez pas de notion plus précise. Les œuvres de Dieu se font lentement. Vous les reconnaîtrez avec netteté si elles sont de Dieu ; sinon, elles disparaîtront et vous, en obéissant, vous ne vous égarerez pas. Mais dites tout sincèrement à votre confesseur et obéissez-lui aveuglément.
Maintenant, vous n'avez plus rien à faire, ma Sœur, sinon accepter la souffrance, jusqu'au moment où tout s'éclaircira, c'est-à-dire quand ces affaires, jusqu'au moment où tout s'éclaircira, c'est-à-dire quand ces affaires seront arrangées. Vous vivez dans de sages dispositions vis-à-vis d'elles. Et je vous demande de continuer à être aussi pleine de simplicité et d'esprit d'obéissance ; c'est un bon signe. Tant que vous continuerez à être dans cette disposition, Dieu ne permettra pas que vous vous égariez. Mais autant que possible, tenez-vous loin de ces choses. Si malgré cela, elles se produisent, acceptez-les paisiblement. N'ayez peur de rien. Vous êtes dans de bonnes mains, celles d'un Dieu si bon. Je ne vois ni illusions, ni contradictions, en tout ce que vous m'avez dit. Ce sont des choses bonnes en elles mêmes. Il serait même bon qu'il y ait un groupe d'âmes qui prient Dieu pour le monde, car nous avons tous besoin de prières. Vous avez un bon directeur, ne le quittez pas et soyez tranquille. Je vous demande d'être fidèle à la volonté de Dieu et de l'accomplir.
Quant à vos occupations, faites ce que l'on vous dit de faire, et comme on vous dit de le faire, même si c'est très humiliant et très pénible. Choisissez toujours la dernière place, alors on vous dira : montez plus haut. En esprit et en action, vous devez vous estimer comme la dernière de toute la maison, et de toute la Communauté. En tout et toujours une grande fidélité à Dieu. »

506. O Jésus, je désire souffrir et brûler du feu de Votre amour en toutes les circonstances de ma vie. Je suis entièrement vôtre, et désire me perdre en Vous. O Jésus, je désire m'égarer dans Votre Divine Beauté. Vous me poursuivez, Seigneur, de Votre amour. Vous pénétrez mon âme comme un rayon de soleil et Vous changez mes ténèbres en Votre clarté. Je sens bien que je vis en Vous comme une petite étincelle perdue dans le feu du brasier dévorant dont Vous brûlez, ô inconcevable Trinité. Il n'y a pas de plus grand amour que l'amour de Dieu. Et dès ici bas, nous pouvons goûter le bonheur de ceux qui sont au Ciel, par une étroite à Dieu - union bien singulière, et bien souvent incompréhensible pour nous. On peut avoir la même grâce par la simple fidélité de l'âme.

507. Lorsque le dégoût et le sentiment de la monotonie de mes devoirs s'empare de moi, je me rappelle que je suis dans la maison du Seigneur, où il n'y a rien de petit, où de ma petite action, accomplie d »une manière divinisée, dépend la gloire de l' Eglise et le progrès de plus d'une âme. Il n'y a donc rien de négligeable dans une Congrégation religieuse.

508. Dans les contrariétés que j'éprouve, je me rappelle que le temps du combat n'est pas fini. Je m'arme de patience et de cette manière, je remporte la victoire sur mon ennemi.

509. Je ne cherche nulle part la perfection avec avidité, mais je me pénètre de l'esprit de Jésus. Je fixe mon regard sur Ses actions dont j'ai le résumé dans l »Evangile. Et même si je vivais mille ans, je n'en épuiserai pas le contenu.

510. Lorsque mes intentions ne sont pas approuvées, ou même lorsqu'elles sont condamnées, je ne m'en étonne pas trop, car je sais que Dieu seul pénètre mon cœur. La vérité ne périt pas. Le cœur blessé s'apaisera avec le temps, mais mon esprit gagne des forces dans les contrariétés. Je n'écoute pas toujours ce que mon cœur me dit. Mais je prie Dieu de me donner la lumière. Alors quand que j'ai retrouvé mon équilibre, je garde le silence.

511. Jour de la rénovation des vœux. La présence de Dieu inonda mon âme. Pendant la Sainte Messe j'ai aperçu Jésus, qui me dit : « Tu es Ma grande joie. Ton amour et ton humilité Me font quitter le trône céleste et M'unir à toi. L'amour comble l'abîme qui existe entre Ma grandeur et ton néant. »

512. L'amour inonde mon âme, je suis immergée dans un océan d'amour. Je me sens défaillir et je me perds complètement en Lui.

513. Jésus, rendez mon cœur semblable au Vôtre. Ou plutôt changez-le en Votre propre Cœur pour que je sache ressentir les besoins des autres cœurs, et surtout des cœurs souffrants et tristes : que pour eux, les rayons de la miséricorde reposent dans mon cœur.

514. Le soir, je me promenais au jardin, récitant mon rosaire. Quand je suis arrivée au cimetière des Sœurs, j'ai entr'ouvert la porte et j'ai prié un certain temps. Je leur ai demandé intérieurement : « vous êtes heureuses, bien sur ? » J'entendis alors ces mots : « Oui, nous sommes heureuses dans la mesure où nous avons accompli la volonté de Dieu. » Puis le silence régna comme avant. Rentrant en moi-même, j'ai longuement réfléchi à la manière dont j'accomplissait la volonté divine et dont je profitais du temps que Dieu m'accorde.

515. Ce même jour, alors que j'étais couchée, une âme vint à moi dans la nuit, me réveilla en frappant sur la table de nuit et me demanda de prier pour elle. J'aurais voulu demander qui elle était. Mais j'ai renoncé à cette curiosité et unissant cette petite mortification à ma prière, je les ai offertes pour elle.

516. Un jour où je rendais visite à une Sœur malade, âgée de quatre-vingt-quatre ans et qui se distinguait par de nombreuses vertus, je lui ai demandé : « vous êtes sûrement prête, ma Sœur, à paraître devant le Seigneur ? » Elle me dit : « Je me suis préparée toute ma vie à cette dernière heure ». Et elle ajouta : « L'âge ne dispense pas du combat. »

517. La veille du jour des Morts, je suis allée, à la nuit tombante, au cimetière qui était fermé. Cependant j'ai entr'ouvert la porte et j'ai dit : « Si vous attendez de moi quelque chose, mes petites âmes, je le ferai volontiers si la règle le permet. » Alors j'ai entendu ces mots : « Fais ce que Dieu veut. Nous sommes heureuses dans la mesure où nous avons accompli la volonté de Dieu. »

518. Le soir, ces âmes sont venues et m'ont demandé de prier pour elles, ce que j'ai fait et, longuement. Et le soir, quand la procession revenait du cimetière, j'ai vu un grand nombre d'âmes qui nous accompagnaient à la chapelle. Il y en avait qui priaient avec nous. J'ai beaucoup prié, car j'avais la permission de mes Supérieures.

519. Pendant la nuit, je fus à nouveau visitée par une âme que j'avais déjà vue autrefois. Elle ne m'a pas demandé de prier pour elle, mais elle me fit des reproches disant qu'autrefois j'étais très vaniteuse et orgueilleuse. Et voila que maintenant j'intercédais pour les autres, alors que j'avais encore des défauts. J'ai répondu que j'étais très orgueilleuse et vaniteuse ; mais que je m'en étais confessée, que j'avais fait pénitence pour ma stupidité, et que j'avais confiance en la bonté de mon Dieu. Si je tombais parfois maintenant, c'était plutôt involontairement, jamais avec préméditation, même dans les plus petites choses.
Cependant cette âme se mit à me reprocher de méconnaître sa grandeur, universellement reconnue pour ses grandes actions : « Pourquoi es-tu la seule à ne pas me louer ? » Soudain, j'ai compris que c'était le démon sous l'aspect de cette âme, et j'ai dit : La gloire n'est due qu'à Dieu. Va-t-en Satan ! » Aussitôt cette âme tomba dans un gouffre effrayant, impossible à décrire. Et je lui ai dit que j'en parlerai à toute l'Eglise.


Partager cet article

Repost0