Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : In hoc signo vinces. Parousie by ROBLES Patrick
  • : Blog Parousie de Patrick ROBLES (Montbéliard, Franche-Comté, France)
  • Contact

Profil

  • Patrick ROBLES
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)

Translation. Traduzione

 

Info Coronavirus

Covid-19 Santé Publique France

OMS - WHO

 
Live Traffic Statistics

 

56 millions de femmes avorteront cette année

56 million abortions worldwide every year

Photo © Marcelle RAPHAEL Fine Arts Newborns

 

Non à la peine de mort en Biélorussie !

Say no to the Death Penalty in Belarus!

 

3D Live Statistics

 


Live Blog Stats

 

 

Flag Counter

 

Online

 

 

 

LE MONDE

 

 

 

 

 

Horaires-messes-Info-parousie.over-blog.fr.jpg

 


Created with Admarket's flickrSLiDR.

 

 

Recueil Poèmes chrétiens de Patrick ROBLES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Light a candle -Allumez une bougie

 

 

Offices-Abbaye-du-Barroux-en-direct--Prime-Sexte-Vepres-Co.jpg

 

Sainte-Therese-et-Pape-Francois-parousie.over-blog.fr.jpg

 

 

Recherche

Thou shalt not kill

 

 

 

 

Lookup a word or passage in the Bible


BibleGateway.com
Include this form on your page

 

 

Made-in-papa-maman-parousie.over-blog.fr.jpg

 

 

bebe-carte-ancienne-parousie.over-blog.fr.jpg

1 Père + 1 Mère, c'est élémentaire !

 

Snow-leopard-leopard-des-neiges-parousie.over-blog.fr.jpg

 

Visites

 

 

Icone-Toast.png

 

 

Pour le poète. Merci !

Facebook Fan Club

16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:38

1317. 10 octobre 1937. Ô mon Jésus, en signe de gratitude pour tant de grâces, je vous offre mon âme et mon corps, ma raison et ma volonté ainsi que tous les sentiments de mon cœur. Par mes vœux, je me suis donnée entièrement à Vous, il n'y a donc plus rien que je puisse Vous offrir. Jésus m'a dit : « Ma fille, tu ne m'as pas donné ce qui est essentiellement tien. » Rentrant en moi-même je reconnus que j'aimais Dieu de toutes les forces de mon âme et, ne pouvant découvrir ce que je n'avais pas livré à Dieu, je demandai : « Jésus, dites le moi et je Vous le livrerai immédiatement, de bon cœur ! Jésus me dit avec bienveillance : « Ma fille, livre-Moi ta misère, car c'est ta propriété exclusive ! » A ce moment un rayon de lumière illumina mon âme, je vis tout l'abîme de ma misère. Au même instant, je me suis blottie dans le Très Saint Cœur de Jésus, avec une si grande confiance que même si j'avais eu sur la conscience les péchés de tout les damnés, je n'aurais pas douté de la Miséricorde de Dieu, mais le cœur brisé, je me serais jetée dans l'abîme de Sa Miséricorde. Je crois, ô Jésus, que vous ne m'auriez pas repoussé loin de Vous, mais que Vous m'auriez absoute par la main de Votre représentant.

1318. Vous avez été à l'agonie, Jésus, et la source de vie a jailli pour les âmes. Un océan de Miséricorde se découvrit pour le monde entier. Ô source de vie, Insondable Miséricorde de Dieu, submergez le monde entier, engloutissez-nous !

1319. « A trois heures, implore Ma Miséricorde, tout particulièrement pour les pécheurs. Et ne fût-ce que pour un bref instant, plonge-toi dans Ma Passion, en particulier au moment où j'ai été abandonné lors de Mon agonie ! C'est là une heure de grande Miséricorde pour le monde entier. Je te laisserai partager ma mortelle tristesse ; en cette heure, Je ne saurais rien refuser à l'âme qui me prie, par Ma Passion. »

J.M.J.

1320. Salut à Toi, Très Miséricordieux Cœur de Jésus,
Source vivante de toutes les grâces,
Notre unique abri, notre unique refuge,
En Toi repose mon espérance !

Salut à Toi, Très Compatissant Cœur de mon Dieu,
Insondable source d'amour,
D'où jaillit la vie pour l'homme pécheur,
Ainsi que la source de toute douceur !

Salut, blessure ouverte du Très Saint Cœur,
D'où sont sortis les rayons de Miséricorde,
C'est là qu'il nous est donné de puiser la vie,
Avec une confiance totale !

Salut, bonté de Dieu, inconcevable,
Ni mesurée, ni approfondie,
Pleine d'amour et de Miséricorde, mais toujours sainte,
Tu te penches sur nous comme une bonne mère !

Salut, trône de la Miséricorde, Agneau de Dieu,
Toi qui offris Ta vie pour moi,
Toi devant qui chaque jour s'humilie,
L'âme vivante en une profonde foi !

Fin du quatrième cahier.


Cahier V

Inscription sur la couverture du cinquième cahier :

Sœur (Marie-) Faustine du Très Saint Sacrement
Congrégation des Sœurs de la Divine Mère de la Miséricorde

1321. J.M.J.

Vogue la barque de ma vie,
Parmi les brumes crépusculaires et les ombres de la nuit.
Je ne vois aucun rivage,
Je suis au cœur de l'étendue marine.

La moindre tempête pourrait me noyer,
Engloutissant ma barque dans le tourbillon des eaux,
Si Tu ne veillais Toi-même sur moi, mon Dieu,
A chaque instant de ma vie, à chaque moment.

Parmi le fracas et les clameurs de la houle,
Je vogue tranquillement avec confiance.
Et tel l'enfant, sans crainte, je regarde au loin,
Car Tu m'es, Jésus, toute lumière.

Alentour c'est l'épouvante et l'effroi,
Mais en mon âme le calme est plus profond que les profondeurs de la mer.
Car celui qui est avec toi, Seigneur, ne saurais périr,
Ainsi m'assure Ton amour divin

Malgré tant de dangers alentour,
Je ne saurais les redouter car je regarde le ciel étoilé,
Et je vogue courageusement, gaiement,
Comme il convient à un cœur pur.

Mais c'est par-dessus tout, uniquement,
Parce que Tu es au gouvernail, ô Dieu,
Que vogue si tranquillement, la barque de ma vie.
Je le confesse avec la plus profonde humilité.

1322. J.M.J.

Je t'aime, ô mon Dieu.
Sœur (Marie-)Faustine
Du Très Saint Sacrement

1323. Cracovie, le 30 septembre 1937

Je t'adore, Pain des Anges,
Avec une foi profonde, avec espoir, avec amour,
Je T'adore du plus profond de mon âme,
Bien que je sois néant.

Je t'adore, Dieu caché,
Et je t'aime de tout mon cœur.
Point ne me gênent les voiles du mystère,
Je t'aime ainsi que les élus au Ciel.

Je t'adore, Agneau de Dieu,
Toi qui effaces les péchés de mon âme,
Et que je reçois en mon cœur, chaque matin,
Toi qui m'aides à faire mon salut.

1324. J.M.J.

Cracovie, le 20 octobre 1937
Cinquième journal

Ô mon Dieu, que tout ce qui est en moi Vous vénère, Mon Créateur et mon Maître. Je désire glorifier Votre insondable Miséricorde par chaque battement de mon cœur. Je désire parler aux âmes de Votre bonté et les inciter à avoir confiance en Votre Miséricorde. Telle est la mission que Vous-même, Seigneur, m'avez assignée dans cette vie et dans la vie à venir.

1325. Nous commençons aujourd'hui une retraite de huit jours. Jésus, mon Maître, aidez-moi à accomplir ces saints exercices de retraite avec le plus de ferveur possible. Que Votre Esprit me guide, ô Dieu, dans une profonde connaissance de Vous, Seigneur, ainsi que de moi-même. Car je vous aime dans la proportion où je Vous connais. Je me méprise dans la proportion où j'ai connaissance de ma misère. Je sais que vous ne sauriez me refuser Votre aide, Seigneur. Au sortir de cette retraite, je désire me trouver sainte, bien que les regards humains ne puissent l'apercevoir, pas même ceux de notre Supérieure. Je m'abandonne entièrement à l'action de Votre Grâce. Que Votre volonté, Seigneur, s'accomplisse complètement en moi.

1326. Premier jour. Jésus : « Ma fille, cette retraite sera une contemplation ininterrompue. Je te guiderai dans cette retraite comme à un festin de l'âme auprès de Mon Cœur Miséricordieux. Tu évalueras toutes les grâces qu'a connues ton cœur, et ton âme goûtera une profonde paix. Je désire que le regard de ton âme soit toujours fixé sur Ma sainte volonté. C'est ainsi que tu Me plairas le plus. Aucun sacrifice ne peut entrer en comparaison avec ceci. Durant tous les exercices, tu demeureras près de Mon Cœur. Tu n'entreprendras aucune réforme, puisque Je dispose de ta vie à Ma guise. Le prêtre qui donnera la retraite ne dira pas un mot qui puisse te troubler. »

1327. Mon Jésus, je me suis déjà plongée dans deux méditations, et je reconnais que tout ce que vous m'avez dit est vrai ! Je ressens une paix profonde.
Et cette paix découle du témoignage que me donne ma conscience. C'est-à-dire que j'accomplis toujours Votre volonté, ô Seigneur !

1328. Dans la méditation sur la destinée de l'homme, j'ai compris que cette vérité, est profondément enracinée en mon âme et que c'est pourquoi mes actions sont plus parfaites. Je sais dans quel but j'ai été créé. Toutes les créatures mises ensemble ne peuvent remplacer pour moi le Créateur. Je sais que mon but suprême est Dieu. Et donc, dans toutes mes entreprises, c'est Dieu que je prends en considération.

1329. Oh ! Comme il est bon de faire retraite près du Très Doux Cœur de mon Dieu. Je suis en un lieu désert, avec mon Bien-Aimé. Personne ne vient me troubler au cours de ce doux entretien que j'ai avec Lui.

1330. Jésus, c'est Vous-même qui avez daigné poser les fondations de l'édifice de ma sainteté, car ma coopération ne fut pas bien grande ! Pour ce qui est de l'indifférence dans l'utilisation et le choix des êtres, Vous m'avez aidée, ô Seigneur ! Car mon cœur est de lui-même bien faible et c'est pourquoi je vous ai prié, mon Maître, de ne pas prendre garde à la douleur de mon cœur, mais de couper court à tout ce qui aurait pu me retenir sur le chemin de l'amour. Je ne Vous comprenais pas, Seigneur, dans les moments de douleur lorsque Vous accomplissiez Votre œuvre, en mon âme. Mais je vous comprends aujourd'hui et je jouis de la liberté de l'âme. Jésus Lui-même à ce qu'aucune passion ne prenne possession de mon cœur. J'ai compris de quels danger Il m'avait protégée et c'est pourquoi ma gratitude envers mon Dieu est sans limites.

1331. Deuxième jour. Alors que je méditais sur le péché des Anges et son immédiate punition, j'ai demandé à Jésus pourquoi les Anges furent punis immédiatement après le péché. J'entendis une voix : « A cause de leur plus grande connaissance de Dieu. Aucun homme sur terre, même s'il est un grand Saint, ne peut avoir une connaissance de Dieu telle que l'a un Ange. » Pourtant, pour moi qui suis si misérable, Vous Vous êtes montré Dieu Miséricordieux et à chaque fois Vous me portez à la source de la Miséricorde, Vous me pardonnez toujours lorsque j'implore Votre pardon d'un cœur contrit.

1332. Un profond silence envahit mon âme. Pas un nuage ne me cache le soleil, je m'abandonne entièrement à ses rayons. Que Son Amour réalise en moi un complet changement ! Je désire sortir de cette retraite en état de sainteté et ceci malgré tout, c'est-à-dire malgré ma misère. Je désire devenir sainte et j'espère que la Miséricorde divine, de cette misère même où je suis, peut me porter à l'état de sainteté, puisque j'ai une entière bonne volonté. Malgré tous les échecs, je veux lutter et me comporter comme une âme sainte. Rien ne saurait me décourager, tout comme rien ne peut décourager une âme sainte. Je veux vivre et mourir comme une âme sainte, les yeux fixés sur Vous, Jésus cloué sur la Croix, comme sur le modèle auquel je dois me conformer. J'ai cherché maint exemple autour de moi et je n'en ai pas trouvé de satisfaisant. Et j'ai observé comme une sorte de retard dans mon état de sainteté. Mais à partir de maintenant j'ai fixé mon regard sur Vous, Christ, le meilleur de mes guides. Je Vous fais confiance et suis certaine que Vous bénirez mes efforts.

1333.. Dans une méditation sur le péché, le Seigneur m'a fait connaître toute la malignité du péché et l'ingratitude qu'il implique. Je ressens en mon âme une profonde aversion, même envers le plus petit péché.
Cependant ces vérités éternelles que je médite dans mes réflexions, ne provoquent aucunement en mon âme la moindre confusion, ni perturbation. Et bien que j'y prenne un profond intérêt, ma contemplation n'en est pas pour cela interrompue. Pendant cette contemplation ce n'est pas l'élan du cœur que je ressens, mais une paix en profondeur et un étrange silence. Mon amour pour Dieu est grand, mais singulièrement équilibré. Malgré la présence de ce sentiment, le fait même de recevoir l'Eucharistie ne m'impressionne pas. Mais il m'amène à une union en profondeur, où mon amour fondu en l'Amour de Dieu, forme un tout avec Lui.

1334. Jésus m'a fait connaître qu'il convenait que je prie pour les Sœurs qui font la retraite. J'ai eu, durant les prières, connaissance de la lutte menée par quelques âmes, j'ai redoublé ma prière.

1335. Dans le profond silence, je peux mieux juger de l'état de mon âme. Elle est semblable à une eau transparente dans laquelle je vois tout : tant ma misère que la grandeur des grâces divines. Par l'intermédiaire de cette véritable connaissance d'elle-même, mon âme s'examine en une profonde humilité. J'expose mon cœur à l'action de la grâce, tel un cristal aux rayons du soleil. Qu'en lui s'imprime Votre image, ô mon Dieu, autant que faire se peut, dans le cœur d'une créature. Que par moi rayonne Votre divinité, ô Vous qui habitez mon âme !

1336. Lorsque j'ai prié devant le Très Saint Sacrement, en saluant les Cinq Plaies de Notre Seigneur Jésus, à chaque salut j'ai ressenti comme un torrent de grâces qui jaillissait en mon âme, me donnant un avant-goût du Ciel et une absolue confiance en la Miséricorde de Dieu.

1337. Au moment où j'écrit ces mots, j'entends le cri de Satan : « Elle écrit tout, Elle écrit tout, et à cause de cela nous perdons tant ! N'écris rien de la bonté de Dieu, Il est juste ! » Hurlant de colère, Il disparut.

1338. Ô Dieu Miséricordieux, qui ne nous méprisez pas, mais sans cesse nous comblez de Vos Grâces, Vous nous rendez dignes d'entrer dans Votre royaume. Par Votre bonté, Vous faites occuper par les hommes les places qu'abandonnèrent les Anges ingrats. Ô Dieu de grande Miséricorde, qui avez détourné votre saint regard des Anges révoltés pour les reporter sur l'homme contrit, que soit vénérée et glorifiée Votre insondable Miséricorde, ô Dieu, qui ne dédaignez pas le cœur des humbles !

1339. Mon Jésus, malgré les grâces que Vous m'envoyez, je sens que ma nature tout en s'ennoblissant ne disparaît pas complètement ! Ma vigilance est donc incessante. Je dois lutter contre plusieurs mauvais penchants, sachant bien que ce n'est pas la lutte qui abaisse, mais la lâcheté et la chute.

1340. Quand on est de faible santé, il faut supporter beaucoup de choses. Car, lorsque l'on n'est pas alité nul ne vous considère comme malade. On a donc sans cesse, et pour diverses raisons, l'occasion de faire des sacrifices et parfois de très grands. Je comprends maintenant que bien des choses seront révélées dans l'éternité. Mais je comprends également que si Dieu exige des sacrifices, Il n'est pas, par contre, avare de Sa grâce mais la donne à l'âme en abondance.
1341. Mon Jésus, que mon offrande se consume tout doucement devant Votre trône ! Mais, de toute la force de mon amour j'implore Votre Miséricorde pour les âmes !

1342. Troisième jour. Au cours de la méditation sur la mort : je me suis préparée comme si j'allais véritablement mourir. J'ai fait mon examen de conscience et j'ai réglé toutes mes affaires comme si j'étais aux approches de la mort. Et de par la Grâce divine mes affaires furent toutes arrangées en fonction de la Fin dernière : ce que mon cœur accepta avec une profonde gratitude envers Dieu. Et je décidai à l'avenir de servir mon Dieu avec une fidélité encore plus grande. Une seule chose est nécessaire, mettre à mort le vieil homme et commencer une nouvelle vie. Je me suis préparée, dès le matin, à recevoir la Sainte communion, comme si ce devait être la dernière de ma vie. Après la Sainte Communion, j'ai imaginé ma mort réelle. J'ai d'abord récité les prières pour les agonisants, puis le « de profundis », pour mon âme. L'on descendit mon corps dans la tombe et je dis alors à mon âme : « Regarde ce qui est advenu de ton corps, un tas de boue et une quantité de vermine, c'est là ton sort. »

1343. Ô Dieu de Miséricorde, qui me permettez encore de vivre, donnez-moi la force afin que je puisse vivre d'une nouvelle vie : la vie de l'âme sur laquelle la mort n'a pas de pouvoir ! Et voici que mon cœur s'est renouvelé et que j'ai déjà commencé une nouvelle vie sur cette terre : une vie d'amour de Dieu. Toutefois je n'oublie pas. Pourtant pas un moment je ne doute d'obtenir l'aide de Votre Grâce, ô Dieu !

1344. Quatrième jour. Jésus, je me sens étrangement bien près de Votre Cœur durant cette retraite. Rien ne trouble la profondeur de cette paix. Je place sous mes yeux, d'un côté, l'abîme de ma misère, et de l'autre, l'abîme de Votre Miséricorde.
1345. Pendant la Sainte Messe qui fut célébrée par le Père Andrasz, j'ai vu l'Enfant Jésus qui se tenait dans le Calice de la Sainte Messe et qui tendait les mains vers nous. Après m'avoir regardée profondément, Il m'a dit : « J'habite en ton cœur, tout comme tu Me vois dans ce Calice. »

1346. La Sainte Confession. Après avoir rendu compte de l'état de ma conscience, j'ai obtenu la permission de ce que j'ai demandé : le port de bracelets pendant une demi-heure, tous les jours, durant la Sainte Messe ; et dans les moments difficiles, deux heures durant, le port de la ceinture de fil de fer. « Conservez, ma Sœur, la plus grande fidélité envers Notre Seigneur Jésus ! »

1347. Cinquième jour. Lorsque je suis entrée ce matin dans la Chapelle, j'ai su que notre Mère Supérieure avait quelques désagréments à mon sujet. Cela me fit bien de la peine. Après la Sainte Communion j'ai posé la tête sur le Très Saint Cœur de Jésus et j'ai dit : « Ô mon Seigneur, je Vous en prie, faites en sorte, que toute la consolation dont je jouis par Votre présence en mon cœur se déverse dans l'âme de ma chère Supérieure qui vint d'avoir des désagréments par ma faute et à mon insu ! »

1348. Jésus me réconforta disant que nous en avions toutes deux tiré avantage, pour nos âmes. Cependant, j'ai imploré le Seigneur qu'il daigne m'épargner cela : que quelqu'un souffre par ma faute, car mon cœur ne peut le supporter.

1349. O blanche Hostie, Tu préserves la blancheur de mon âme. Je crains le jour où je pourrais T'abandonner. Tu es le pain des Anges, donc le pain des Vierges.

.1350. Jésus, mon modèle très parfait, les yeux fixés sur Vous, j'irai par la vie sur Vos traces, adaptant ma nature à la Grâce, selon Votre très sainte volonté et Votre lumière qui illuminent mon âme, entièrement confiante en Votre aide !

J.M.J.

1351. Carte de contrôle de ma vie intérieure.
Examen de conscience détaillé.
Union avec le Christ Miséricordieux ; puisque je suis unie à Jésus, je dois donc Lui être fidèle toujours et partout, je dois m'unir intérieurement au Seigneur, mais à l'extérieur fidélité à la Règle et particulièrement au silence.

Cartes de contrôles
1352. Victoires Echecs
Novembre... 53 2
Décembre... 104
Janvier ... 78 I 1
Février ... 59 1
Mars..... 50
Avril... 61
Mai
Juin
Juillet
Août..... I
Septembre
Octobre

1353. Lorsque j'hésite sur la conduite à tenir, j'interroge toujours l'amour, c'est lui qui conseille le mieux.

1354. Examen de conscience général Année 1937, 25 Octobre

Victoires Echecs
Nov.Oct.Jan.Fév. Mars.Avril
Commandements de Dieu
Vœu de pauvreté 9
Vœu de Chasteté 7
Vœu d'obéissance 27 7
Règle 7
Amour du prochain 38 17 73 35 30 20 1,1,1
Humilité 7 39 23 34 56 25 2,3,1
Patience 23 56 50 17 80 50
Douceur 11 45 37 28 37 20
Réputation du prochain - 15 25 3 - - 1
Sainte Messe Mes. Com.
Et Sainte Communion 17 12 13 7 - 10 6,2,1 12,1
Méditation 6 5 - 10 - -
Examen de consc. Détaillé 7 5 11 - - - 1
Attitude envers Dieu
et le confesseur - 5 - 5 - -
envers les Supérieures 7 - - - - - 1,1
envers les Sœurs et les enfants - 4 7 - - -
envers les laïcs 20 2 - - - - 2,1

1355. Sixième jour. Ô Mon Dieu, je suis prête à faire chacune de vos volontés. De quelque façon que Vous me dirigiez, je Vous bénirai. Quoi que Vous exigiez, je l'accomplirai avec l'aide de Votre grâce. Quelle que puisse être Votre Sainte volonté envers moi, je l'accepterai de tout mon cœur, de toute mon âme, sans tenir compte de ce que m'inspirera ma nature corrompue.

1356. Une fois, passant près d'un groupe de personnes, j'ai demandé au Seigneur si toutes étaient en état de grâce car je ne ressentais pas Ses souffrances. -« Ce n'est pas parce que tu ne ressens pas Mes souffrances que toutes sont en état de grâce. Je te laisse parfois ressentir certain état d'âme et Je te donne la grâce de la souffrance uniquement parce que Je t'utilise, alors, comme instrument de conversion. »

1357. Là où l'on trouve la véritable vertu, doit également se trouver le sacrifice. Toute la vie ne doit être qu'un sacrifice. Ce n'est que par le sacrifice que les âmes peuvent être utiles. C'est le sacrifice de moi-même qui dans mon commerce avec mon prochain, peut procurer de la gloire à Dieu. Cependant l'Amour de Dieu doit rayonner dans ce sacrifice car tout converge en cet Amour, et prend par lui de la valeur.

1358. « Souviens-toi qu'au sortir de cette retraite, Je me conduirai envers toi comme envers une âme parfaite. Je désire t'avoir en main, tel un instrument propre à l'accomplissement de l'œuvre. »

1559. Ô Seigneur qui scrutez tout mon être, ainsi que les plus secrètes profondeurs de mon âme, Vous voyez que je ne désire que Vous, et que l'accomplissement de Votre sainte volonté, ne me laissant arrêter par aucune difficulté, aucune souffrance, aucune humiliation, ni aucune raison humaine.

1360. « Ta ferme décision de devenir sainte M'est excessivement agréable. Je bénis tes efforts et Je te procurerai l'occasion de te sanctifier. Sois vigilante afin que ne t'échappe aucune des occasions de sanctification que t'enverra Ma Providence. Cependant si tu ne réussis pas à profiter de l'occasion en question, ne perds pas ton calme, Mais humilie-toi profondément devant Moi et avec une grande confiance, plonge-toi toute entière dans Ma Miséricorde. De cette façon tu gagneras plus que tu n'auras perdu, car on donne généreusement à une âme humble, bien plus qu'elle ne demande elle-même. »

1361. Septième jour. Avoir connaissance de ma destinée, c'est avoir l'intime assurance que j'atteindrai la Sainteté. Cette certitude profonde a empli mon âme de gratitude envers Dieu à qui revient toute gloire car je sais ce que je suis de moi-même.

1362. Je sors de cette retraite entièrement transformée par l'amour de Dieu. Mon âme commence une nouvelle vie, sérieusement, courageusement. Bien qu'en apparence rien n'ait changé et que personne ne s'en aperçoive, cependant l'amour pur guide maintenant ma vie. Et extérieurement c'est la Miséricorde qui en est le fruit. Je sens que je suis toute empreinte de Dieu. Et avec ce Dieu je vais par la vie de tous les jours, cette vie grise, fastidieuse et pénible, faisant confiance à Celui que je sens en mon cœur, pour transformer cette grisaille en ma sainteté personnelle.
Dans un calme profond, mon âme a mûri durant cette retraite, près de Votre Cœur Miséricordieux. Aux purs rayons de Votre Amour, mon âme a perdu de son acrimonie elle est devenue un fruit doux et mûr.

1363. C'est maintenant que je peux être entièrement utile à l'Eglise, par une sainteté personnelle qui animera sa vie toute entière puisque nous ne constituons tous qu'un seul organisme en Jésus. C'est pourquoi je fais tous mes efforts pour que le terreau de mon cœur donne naissance à de bons fruits. Et bien que peut-être restés inaperçus à tout œil humain, pourtant un jour viendra où il apparaîtra que bien des âmes se sont nourries et se nourriront de ces fruits.

1364. Ô Amour éternel, qui allumez en moi une nouvelle vie, une vie d'amour et de Miséricorde, soutenez-moi de Votre grâce, afin que je réponde dignement à Votre appel, et que j'accomplisse dans les âmes ce que Vous-même entendez y accomplir par mon intermédiaire.
Je vois mon Dieu, l'éclat de l'éternelle aurore. Toute mon âme s'élance vers Vous, Seigneur, déjà plus rien ne me retient, ni ne me rattache à la terre. Aidez-moi, Seigneur, à supporter patiemment le reste de mes jours. L'offrande de mon amour brûle sans arrêt devant Votre Majesté, mais si doucement que seul Votre œil, mon Dieu la voit, aucune créature n'est capable de l'apercevoir.

1365. Ô mon Seigneur, tant de choses me retiennent : j'ai à cœur, l'œuvre en question, je désire le triomphe de l'Eglise et le salut des âmes, toutes les persécutions de Vos fidèles me touchent, chaque chute des âmes m‘est douloureuse. Cependant, au-dessus de tout cela règne en mon âme un calme profond qu'aucun triomphe, aucun désir, aucune contrariété ne sont en état d'ébranler, car Vous surpassez, pour moi, toute épreuve, mon Seigneur et mon maître !

1366. Huitième jour. Ô mon Seigneur, me souvenant devant Votre Très Saint Cœur de tous Vos bienfaits, j'ai ressenti le besoin d'exprimer ma gratitude personnelle pour tant de grâces et de faveurs de Dieu. Je désire rendre grâces et de faveurs de Dieu. Je désire rendre grâces au Dieu de Majesté, me plonger en des prières d'action de grâces durant sept jours et sept nuits. Et bien qu'extérieurement je remplisse tous mes devoirs, cependant mon âme sera sans cesse devant le Seigneur, et tous mes exercices seront imprégnés par l'esprit d'action de grâces. Chaque soir je m'agenouillerai une demi-heure dans ma cellule, seule à Seul avec le Seigneur. La nuit chaque fois que je me réveillerai, autant de fois je me plongerai dans des prières d'action de grâces. Je veux de cette façon remercier Dieu de Ses grands bienfaits, ne serait-ce que pour une parcelle.

1367. Cependant, afin que tout ceci soit plus agréable aux yeux de Dieu et afin d'écarter de moi jusqu'à l'ombre d'un doute, je suis allée trouver mon directeur de conscience et je lui ai exposé les désirs de mon âme, c'est-à-dire de se plonger dans cette action de grâces. J'ai obtenu la permission pour tout, mais je ne dois pas m'efforcer de prier la nuit lorsque je m'éveille.

1368. Avec quelle joie je suis revenue au Couvent où j'ai le jour suivant commencé cette grande action de grâces par le renouvellement de mes vœux. Mon âme se plongea toute en Dieu, et tout mon être n'était qu'une flambée de remerciements et de gratitude. De mots il n'y en eut guère, car les bienfaits de Dieu, tel un feu ardent, consumaient. Et toutes les souffrances et les peines étaient comme du bois jeté aux flammes, sans lequel le feu se serait éteint. J'invoquai tout le ciel et la terre pour qu'ils se joignent à mon action de grâces.

1369. Les jours de retraite ont pris fin, ces beaux jours où l'on est seule à Seul avec Notre Seigneur Jésus. J'ai accompli cette retraite comme Jésus le désirait et de la manière qu'Il m'a recommandée le premier jour de la retraite, c'est-à-dire dans le plus grand calme, en évaluant les bienfaits de Dieu. De ma vie je n'avais fait semblable retraite. Mon âme, par ce calme, s'est trouvée plus affermie que par un choc ou une émotion. Sous le rayonnement de l'Amour j'ai tout vu tel que cela est en réalité.

1370. En sortant de cette retraite, je me sens entièrement métamorphosée par l'Amour de Dieu. Ô Seigneur, divinisez mes actions, afin qu'elles méritent l'éternité. Si grande que soit ma faiblesse, j'ai cependant confiance en la puissance de Votre Grâce, qui me soutiendra.

1371. Mon Jésus, Vous savez bien que depuis mon plus jeune âge, j'ai désiré devenir une grande Sainte, c'est-à-dire que je désirais Vous aimer d'un amour si grand qu'aucune âme n'y serait encore parvenue ! C'était là au début mes secrets désirs dont seul Jésus avait connaissance. Je ne peux plus aujourd'hui les contenir dans mon cœur. Je voudrais crier au monde entier : aimez Dieu, car Il est bon, et grande est Sa Miséricorde !

1372. Oh ! Jours de semaine pleins de grisaille, je vous vois revêtus de fête et de solennité ! Qu'il est grand et solennel ce temps qui nous donne la possibilité de mériter le Ciel éternel, je l'entends comme l'ont utilisé les Saints !

1373. 30 octobre 1937. Aujourd'hui, deuxième jour d'action de grâces : au cours de la cérémonie monastique, durant la Sainte Messe, j'ai vu Notre Seigneur Jésus d'une grande beauté qui me dit : « Ma fille, Je ne t'ai pas dispensée d'agir. » J'ai répondu : « Seigneur, ma main est bien faible pour une telle œuvre. » - « Oui, Je le sais, mais unie à Ma droite, tu accompliras tout. Sois cependant obéissante aux confesseurs. Je leur donnerai la lumière sur la façon de te diriger. » - « Seigneur, je voulais déjà me mettre à l'œuvre en Votre nom, cependant l'abbé S. temporise encore. » Jésus répondit : « Je le sais. Aussi fait ce qui est en ton pouvoir, mais il ne t'est pas permis de te retirer. »

1374. Novembre. 1er novembre 1937.
Aujourd'hui après les vêpres, la procession est allée au cimetière. Je ne pus m'y rendre, car j'étais de garde, près de la porte, mais cela ne m'empêcha pas de prier pour les âmes. Lorsque la procession revint du cimetière à la Chapelle, mon âme ressentit la présence de nombreuses âmes. J'ai compris la grande Justice de Dieu, selon laquelle chacun doit acquitter jusqu'au dernier liard.

1375. Le Seigneur m'a donné l'occasion de m'exercer à la patience par l'intermédiaire d'une personne avec laquelle j'ai une tâche en commun. Elle est si lente que je n'ai encore jamais vu un être aussi lent. Il faut s'armer d'une grande patience, afin d'écouter ses propos ennuyeux.

1376. 5 novembre. Ce matin, cinq chômeurs se sont présentés à la grande porte, voulant absolument rentrer. Sœur N. s'efforça en vain un long moment de les congédier sans y parvenir. Elle alla donc à la Chapelle trouver notre petite Mère qui m'ordonna d'y aller. J'étais encore à un bon bout de chemin de la porte, quand me parvenaient déjà leurs coups bruyants. En un instant le doute et la crainte m'envahirent, je ne savais si je devais leur ouvrir où, comme Sœur N. leur répondre par le guichet. Cependant tout à coup j'entendis une voix en mon âme : « Va et ouvre leurs la porte et parle-leur avec la même douceur avec laquelle tu Me parles. » J'ouvris immédiatement la porte et je me suis approchée du plus menaçant et j'ai commencé à leur parler avec une telle douceur et un tel calme qu'eux-mêmes ne savaient pas quoi faire et qu'il commencèrent également à parler de façon délicate et dirent : « Alors tant pis, puisque le Couvent ne peux pas nous donner du travail. »- Et ils s'en allèrent tranquillement. J'ai ressenti clairement que Jésus, que j'avais reçu dans la Sainte Communion voici près d'une heure avait agi par moi sur leur cœur. Oh ! Comme il est bon d'agir sous l'inspiration de Dieu !

1377. Aujourd'hui je me sens plus mal, et je suis allée trouver la Mère Supérieure dans l'intention de lui demander l'autorisation de m'aliter.
Cependant, avant même que je ne l'ai fait la Mère Supérieure me dit : « Ma Sœur, voyez à vous débrouiller aujourd'hui seule à la grande porte. J'emmène la petite aux choux car il n'y a personne pour les choux. » J'ai répondu : « Bien », et je suis sortie de la chambre. Lorsque je fus près de la porte, je me suis sentie étrangement forte et j'ai accompli ma tâche durant toute la journée, me sentant bien soutenue par la force de la sainte obéissance...

1378. 10 novembre 1937. Lorsque petite Mère me montre ce livret dans lequel se trouve le chapelet, les litanies et la neuvaine, je l'ai priée de bien vouloir me le donner pour le parcourir. Pendant que je lisais, Jésus m'a fait connaître intérieurement et Il me dit que bien des âmes déjà étaient : « attirées vers Mon amour, par l'intermédiaire de cette image. Ma Miséricorde agit sur les âmes, par cette œuvre. »

1379. J'ai su que notre Mère Supérieure devra porter une croix assez lourde en rapport avec des souffrances physiques mais qui durera peu.

1380. L'idée m'est venue de ne pas m'administrer de médicament à la cuillère, mais peu à peu, car c'est un médicament cher. A ce moment j'entendit une voix : « Ma fille, un tel comportement Me déplait. Accepte avec gratitude tout ce que Je te donne par la Supérieure. C'est de cette façon que tu Me plairas le plus.»

1381. Lorsque Sœur Dominique mourut, la nuit vers une heure, elle vint à moi et me fit savoir qu'elle était morte. J'ai prié pour elle avec ferveur. Le matin les Sœurs m'ont dit qu'elle avait trépassé. Je leur ai répondu que je le savais car j'avais eu sa visite. La Sœur infirmière m'a demandé de l'aider à habiller cette Sœur. Et alors que j'étais seule avec elle, le Seigneur m'a fait connaître qu'elle souffrait encore en Purgatoire et j'ai redoublé mes prières à son intention. Cependant malgré le zèle avec lequel je prie toujours pour nos Soeurs disparues, je me suis trompée de jour. Et, au lieu d'offrir trois jours de prières comme l'ordonne la règle, je n'ai, par erreur, offert que deux jours. Le quatrième jour elle me fit connaître que des prières lui étaient encore dues et qu'elles lui sont nécessaires.
J'ai immédiatement offert tout le jour à son intention, mais non seulement ce jour mais bien plus comme me le dictait l'amour du prochain.

1382. Parce que Sœur Dominique, après sa mort, avait une très jolie mine et ne donnait pas l'impression d'un cadavre, quelques Sœurs pensèrent qu'elles étaient peut-être en léthargie et l'une d'elles m'a dit que nous devions lui mettre un miroir sur la bouche, afin de voir s'il s'embuait. Car si elle vit, la vapeur de la respiration se verra. J'ai dit : « Bien », et nous avons fait ainsi que nous l'avions dit. Mais il n'y eut pas de vapeur sur le miroir, quoiqu'il nous ait semblé qu'il y en avait eu réellement. Cependant le Seigneur m'a fait savoir combien ceci Lui avait déplu. Et j'ai été très sévèrement rappelée à l'ordre, afin que je ne me conduise plus jamais à l'encontre de mon intime conviction. Je me suis profondément humiliée devant le Seigneur, et je Lui ai demandé pardon.


1383. Je vois un certain prêtre que Dieu aime beaucoup, mais que Satan déteste terriblement, car il mène bien des âmes à un grand état de sainteté et ne prend en considération, que la gloire de Dieu. Mais je prie Dieu que ne cesse pas sa patience envers ceux qui sans cesse le contrecarrent. Satan, lorsqu'il ne peut seul, être néfaste, se sert alors des gens.
 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:36

1243. 15 août 1937. Durant la méditation, la présence de Dieu pénétra fortement en moi. Et je connus l'allégresse de la Très Sainte Vierge au moment de Son Assomption...

Durant la cérémonie qui eut lieu à la gloire de Notre Dame, vers la fin, j'aperçus la Très Sainte Vierge qui me dit : « Oh ! Combien l'hommage de votre amour m'est agréable !» Et à ce moment, Elle couvrit de son manteau toutes les Sœurs de notre Congrégation. De son bras droit, Elle serra contre Elle, la Mère Générale Michaëla, du gauche, moi-même, et toutes les Sœurs étaient à Ses pieds abritées sous Son manteau. Alors la Très Sainte Vierge déclara : « Toutes celles qui demeureront avec zèle, jusqu'à la mort, dans Ma Congrégation, éviteront le feu du Purgatoire. Je désire que chacune se distingue par les vertus suivantes : humilité, douceur et pureté, amour de Dieu et du prochain, compassion et miséricorde. » Après ces paroles, toute la Congrégation disparut de ma vue, et je demeurai seule avec la Très Sainte Mère qui m'instruisit de la volonté de Dieu, et comment l'appliquer dans la vie en m'abandonnant totalement à Son Très Saint Jugement. Il est impossible sans accomplir Sa Sainte Volonté - « Ma fille, Je te recommande vivement de réaliser fidèlement les moindres souhaits de Dieu, car c'est ce qui Lui est le plus agréable ! Je désire vivement que tu te distingues par ta fidélité à accomplir la volonté de Dieu. Place la volonté de Dieu bien au-dessus de tous les sacrifices et holocaustes ! » Tandis que la Mère du Ciel me parlait, une profonde compréhension de la volonté de Dieu pénétrait mon âme.

1244. Mon Jésus, délices de mon cœur, lorsque mon âme est remplie de Votre divinité, je reçois dans une égale mesure douceur et amertume ! L'une comme l'autre passeront. La seule chose que je conserverai en mon âme, c'est l'amour de Dieu. C'est Lui que je désire, et tout le reste compte peu.

1245. 16 Août 1937. Après la Sainte Communion, j'ai vu Notre Seigneur Jésus dans toute Sa Majesté. Il m'a dit : « Ma fille, les semaines durant lesquelles tu n'as pas vu ni senti Ma présence, J'étais plus profondément uni à toi que durant les moments de transport. Et ta fidélité, ainsi que le parfum de tes prières parvenaient jusqu'à Moi. » Après ces paroles, mon âme fut envahie par la joie de Dieu. Je ne voyais pas Jésus, mais je ne pouvais prononcer qu'un mot : « Jésus ». Et après avoir prononcé ce nom, mon âme fut à nouveau envahie de lumière et d'un profond recueillement qui dura trois jours sans interruption. Cependant j'ai pu, apparemment, remplir ma tâche coutumière.
Tout mon être s'est trouvé bouleversé dans sa plus secrète profondeur. La grandeur de Dieu ne m'effraie pas, mais au contraire elle me rend heureuse car en la vénérant je m'élève moi-même.
Voyant Son bonheur, je suis moi-même heureuse puisque tout ce qui est en Lui fait écho en moi.

1246. Lorsque j'ai connaissance de l'état d'une âme et de ce qui, en elle, déplaît à Dieu, je l'apprends de la façon suivante : je ressens immédiatement des douleurs aux mains, aux pieds et au côté, aux endroits où furent percés les Mains, les Pieds et le côté du Sauveur. Et à ce moment là, j'ai connaissance de l'état de cette âme et du genre de péché commis.

1247. Je désire faire réparation à Notre Seigneur Jésus. Aujourd'hui, j'ai porté sept heures durant une ceinture de chaîne, afin d'obtenir pour une âme la grâce du repentir. A la septième heure, j'ai éprouvé un soulagement, alors que cette âme ressentait en elle-même la rémission de son péché, bien qu'elle ne se fût pas encore confessée. Pour les péchés des sens, je mortifie le corps et jeûne dans la mesure permise. Pour les péchés d'orgueil je prie, le front contre terre. Pour les péchés de haine, je prie et fais quelque bonne action envers une personne qui m'inspire peu de sympathie. Ainsi, j'accomplis la réparation selon le genre de péché constaté.

1248. 19 août 1937. Aujourd'hui, pendant l'Adoration, le Seigneur m'a fait connaître combien Il désire que l'âme se distingue par des actes d'amour. Et je perçus combien sont nombreuses les âmes qui nous disent : « Donnez-nous Dieu ! » Le sang des Apôtres a bouillonné en moi. Je n'en serai pas avare, car, je le verserai jusqu'à la dernière goutte, pour les âmes immortelles, bien que physiquement Dieu ne l'exige pas. Mais en mon âme cela m'est possible et se trouve être, non moins méritoire.

1249. J'ai su aujourd'hui qu'il ne fallait pas demander une certaine permission, mais répondre en cette affaire, comme la Mère de Dieu le désire.
Pour le moment aucun éclaircissement n'est nécessaire. Le calme m'est revenu. J'ai reçu cette inspiration en me rendant à l'examen de conscience et alors que je m'affligeais fort, car je ne savais que faire. La lumière de Dieu peut plus en un moment que mes tourments de plusieurs jours.

1250. 22 août. Ce matin, la Vierge Sainte Barbara m'a visitée et m'a recommandé de communier neuf jours durant, à l'intention de ma Patrie. « De cette façon, tu apaiseras la colère de Dieu. Cette Vierge portait une couronne d'étoiles et tenait une épée en main. L'éclat de sa couronne était le même que celui de l'épée, sa robe était blanche, ses cheveux flottants. Elle était si belle que, si je ne connaissais déjà la Très Sainte Vierge pour L'avoir vue, j'aurais pensé que c'était Elle. Je comprends maintenant que chaque Vierge se distingue par une beauté à part. Une beauté particulière, rayonne de chacune d'elles.

1251. 25 août 1937. Aujourd'hui Monsieur l'Abbé Sopocko est arrivé et demeurera chez nous jusqu'au 30. Je m'en suis fort réjouie. Dieu seul sait combien je désirais le voir à cause de cette œuvre que Dieu accomplit par son intermédiaire. Je m'en suis réjouie bien que cette visite ait été accompagnée de quelques ennuis.

1252. Pendant qu'il célébrait la Sainte Messe, j'ai vu, juste avant l'Elévation Notre Seigneur Jésus crucifié dégager Sa main droite de la Croix, et la lumière qui sortait de Sa blessure se prolongeait jusqu'à Son épaule. Ceci se répéta durant trois Messes et je compris que par là Dieu lui donnait la force d'accomplir cette œuvre, malgré les difficultés et les oppositions. Cette âme-là, qui est agréable à Dieu, est crucifiée par de multiples souffrances. Mais je ne m'en étonne pas, car c'est ainsi que Dieu agit avec eux qu'Il chérit particulièrement.

1253. Aujourd'hui, 29, j'ai été autorisée à converser longuement avec l'Abbé Sopocko. J'ai donc appris que bien qu'il y ait des difficultés, l'œuvre progresse pourtant et que la Fête de la grande Miséricorde est déjà fort avancée. Il s'en faut de peu de sa réalisation, mais il convient encore de beaucoup prier, afin que certains obstacles cèdent.

1254. « Maintenant en ce qui vous concerne, ma Sœur, il est bien que vous soyez en cet état d'indifférence pour ce qui est de la volonté de Dieu et que vous soyez plus équilibrée. Je vous demande d'essayer de conserver cet équilibre. Maintenant en ce qui concerne toutes ces choses, ceci dépend uniquement, ma Sœur, du Père Andrasz. Je suis entièrement d'accord avec lui. Ne faites rien, ma Sœur, arbitrairement. Mais en tout, prenez conseil auprès de votre directeur de conscience. Je vous demande en tout ceci, de conserver l'équilibre et le plus grand calme.
Encore une chose. J'ai fait imprimer ce « chapelet » qui doit figurer au verso de l'image, de même que ces oraisons, qui ressemblent à des litanies et qui y figureront aussi. Une autre grande image a également été imprimée, ainsi que quelques feuillets contenant la neuvaine à la Miséricorde. Priez, ma Sœur, afin que ceci soit autorisé !»

1255. Monsieur l'Abbé Sopocko est parti ce matin. Tandis que je m'abîmai dans une prière de gratitude pour cette grande grâce que j'ai reçue de Dieu, c'est-à-dire d'avoir pu voir l'Abbé, je fus alors de façon particulière unie au Seigneur qui m'a dit : « Voilà le prêtre selon Mon Cœur ! Ses efforts me sont agréables. Tu vois, Ma fille, que Ma volonté doit être faite et que Je tiens ce que je t'ai promis. Par ce prêtre, Je répands la consolation sur les âmes souffrantes et torturées. Par lui, il M'a plu de faire divulguer la vénération envers Ma Miséricorde
Et par cette œuvre de Miséricorde, tant d'âmes se rapprochent de Moi, bien plus qu'il n'en pourrait absoudre, nuit et jour, jusqu'à la fin de sa vie. Car il ne travaillerait alors que jusqu'à la fin de sa vie. Mais par cette œuvre il travaillera jusqu'à la fin du monde. »

1256. J'avais entrepris une neuvaine afin de voir l'Abbé, mais je ne l'avais pas terminée que Dieu m'avait accordé cette grâce.

1257. Ô mon Jésus, combien j'ai peu profité de cette grâce ! Mais cela ne dépendait pas de moi, quoique d'un autre côté beaucoup en dépendît.

1258. Pendant cet entretien, j'ai eu connaissance des tourments de son âme, de cette âme crucifiée, semblable à celle du Sauveur. Là où on s'attendait avec raison à rencontrer la consolation, on trouve la Croix. Il vit parmi nombre d'amis, mais il n'a personne à part Jésus. C'est ainsi que Dieu dépouille l'âme qu'Il chérit particulièrement.

1259. Aujourd'hui j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, sois toujours comme une enfant envers ceux qui me représentent. Autrement tu ne profiteras pas des grâces que par eux Je t'envoie.

1260. 1er septembre 1937. J'ai vu Notre Seigneur Jésus dans toute Sa royale Majesté, qui regardait notre terre d'un regard sévère. Pourtant à la prière de sa Mère, Il prolongea le temps de la Miséricorde.

1261. 3 septembre. Premier Vendredi du mois. Durant la Sainte Messe, je me suis trouvée unie à Dieu. Jésus me fit connaître que même la moindre chose ne saurait se passer au monde sans Sa volonté. Après avoir vu cela, mon âme connut un étrange repos. Je me suis tout à fait tranquillisée, quant à l'œuvre en question et à son étendue. Dieu peut agir envers moi comme Il lui convient. Je le bénirai en tout.

1262. Jusqu'à maintenant, c'est avec une certaine crainte que je me demandais jusqu'où ces inspirations me mèneraient. Une crainte plus grande encore m'envahit lorsque le Seigneur me fit connaître que je devais quitter cette Congrégation. Trois ans ont passé depuis lors et mon âme ressent tour à tour soit de l'enthousiasme et de l'inclination à l'action (et j'ai alors beaucoup d'audace et de force), soit lorsque approche le moment décisif de commencer l'œuvre, l'abandon du Seigneur, et alors une étrange crainte envahit mon âme, et je constate que ce n'est pas encore l'heure désignée par le Seigneur pour commencer à agir. Ce sont là des souffrances que je ne peux même pas décrire. Dieu seul sait ce que je supporte nuit et jour... Il me semble que le plus grand des martyres me serait plus léger en comparaison de ce à quoi je suis soumise bien que ce soit sans verser une goutte de sang. Mais toute cette souffrance-là c'est pour les âmes, pour les âmes, Seigneur...

1263. Acte d'abandon total à la volonté de Dieu, volonté qui n'est pour moi qu'amour et miséricorde.

Acte d'offrande
Jésus-Eucharistie, que je viens à l'instant de recevoir en mon cœur, par cette union avec Vous, je m'offre au Père des Cieux, en hostie expiatoire, m'abandonnant tout à fait et entièrement à la Très Miséricordieuse et Sainte volonté de Dieu. A partir d'aujourd'hui, Votre volonté, Seigneur, est ma nourriture. Voici tout mon être, disposez de moi à Votre gré. Peu importe ce que me donne Votre main paternelle : je le reçois avec soumission, calme et joie. Je n'ai aucune crainte de quelque façon que Vous me dirigiez. J'accomplis à l'aide de Votre grâce tout ce que Vous exigez de moi.
Maintenant je ne crains aucune de vos inspirations, ni n'examine avec inquiétude jusqu'où elles me mèneront. Guidez-moi, ô Dieu, par les chemins qui Vous plaisent. J'ai une confiance totale en Votre volonté, qui n'est pour moi qu'amour et miséricorde. Vous m'ordonnez de demeurer dans ce couvent, j'y resterai. Vous m'ordonnez de me mettre à l'œuvre, je m'y mets. Vous me laissez jusqu'à la mort, dans l'incertitude quant à cette œuvre, soyez-en béni. Vous me donnez la mort, alors qu'humainement parlant, il semblerait que ma vie soit particulièrement nécessaire, soyez-en béni ! Vous m'emportez en pleine jeunesse, soyez-en béni ! Vous me ferez atteindre un âge avancé, soyez béni ! Me donnerez-Vous santé et forces, soyez béni ! Vous me clouez sur un lit de douleur, la vie durant, soyez-en béni ! Vous ne m'accordez dans la vie que déceptions et insuccès, soyez-en béni ! Vous permettez que mes plus innocentes intentions soient blâmées, soyez-en béni ! Vous donnez la lumière à mon esprit, soyez-en béni ! Vous me laissez dans l'obscurité et au milieu de toutes de supplices, soyez-en béni !

Depuis ce moment, je vis dans la plus profonde tranquillité, car le Seigneur lui-même me porte à bout de bras. Il sait bien, le Seigneur de l'infinie miséricorde, que c'est Lui seul que je désire en tout, partout et toujours.

1264. Prière. Ô Jésus, écartelé sur la croix, je Vous en supplie, accordez-moi la grâce d'accomplir fidèlement la Très Sainte volonté de Votre Père, toujours, partout et en tout ! Et lorsque la volonté de Dieu me semblera bien dure et difficile à accomplie, c'est alors que je Vous supplie Jésus, de faire que de Vos Plaies coule en moi force et puissance. Quant à ma bouche, faites qu'elle répète : « Que Votre volonté soit faite, Seigneur ! » - Ô Sauveur du monde, si désireux du salut des hommes, que durant une torture si atrocement douloureuse, Vous Vous oubliâtes Vous-même, pour ne penser qu'au salut des âmes ! Jésus très compatissant, accordez-moi la grâce de l'oubli de moi-même afin que je ne vive que pour les âmes, en Vous aidant à l'œuvre du salut, selon la Très Sainte volonté de Votre Père.

1265. 5 août 1937. Le Seigneur m'a appris combien notre chère Mère Supérieure me défend contre...non seulement par des prières, mais par des actes. Merci, Jésus, de cette grâce, ceci trouvera en mon cœur un écho de gratitude. Lorsque je suis avec Jésus, je pense à elle.

1266. 6 septembre 1937. Aujourd'hui je change mes occupations au jardin pour celles de Sœur tourière solitaire, à la grande porte. Je suis allée converser un moment avec le Seigneur, je Lui ai demandé Sa bénédiction, ainsi que la grâce de pouvoir remplir fidèlement les occupations qui me sont confiées. J'entendis alors ces mots : « Ma fille, je suis toujours avec toi. Je t'ai donné la possibilité de t'exercer aux actes de Miséricorde que tu vas accomplir avec obéissance. Si tu parles avec Moi, chaque soir, tout particulièrement de cette tâche, tu Me feras un grand plaisir ». Je sentis que Jésus m'accordait une nouvelle grâce, quant à cette fonction, mais malgré cela je me suis enfermée au fond de Son Cœur.

1267. Aujourd'hui je me suis sentie plus malade. Mais Jésus m'a donné, en ce jour, bien plus d'occasions de m'exercer à la vertu. Il arriva que ma tâche, ayant été plus chargée, la Sœur préposée à la cuisine a montré son mécontentement de ce que je m'étais mise en retard pour le déjeuner quoiqu'il m'ait été véritablement impossible de venir plus tôt. Pourtant me sentant si malade, j'ai dû prier la Mère supérieure de me permettre d'aller me mettre au lit. Je suis donc allée demander à Sœur N. de me remplacer dans ma tâche. Je fus à nouveau rabrouée : « Comment cela, ma Sœur, vous vous êtes tellement fatiguée que vous allez à nouveau vous mettre au lit ?...avec ce lit !... » J'ai supporté tout cela, mais ce n'est pas tout, il me fallait encore aller demander à la Sœur qui sert les malades de m'apporter le repas. Après le lui avoir dit, elle est sortie précipitamment de la Chapelle derrière moi, dans le corridor, afin de pouvoir dire ce qu'elle avait sur le cœur : « Je ne comprends pas, ma Sœur, pourquoi vous allez vous aliter, etc... » Je lui ai alors demandé de ne pas m'apporter de repas. J'écris ceci en abrégé car je n'ai pas l'intention d'écrire ces choses-là. Mais je le fais uniquement afin qu'on ne se conduise pas ainsi envers une autre personne, car cela déplaît au Seigneur. Dans les âmes souffrantes, nous devons voir Jésus Crucifié et non pas un parasite et un poids mort, pour la Congrégation. L'âme souffrante qui s'abandonne à la volonté de Dieu, attire bien plus de bénédictions sur le couvent, que toutes les Sœurs occupées à un travail. Misérable est le couvent où il n'y a pas de Sœur malade. Bien souvent, Dieu accorde de nombreuses et importantes grâces, à cause des âmes souffrantes et éloigne bien des châtiments uniquement à cause d'elles.

1268. Ô mon Jésus, quand saurons-nous contempler les âmes en ayant des mobiles plus élevés ? Quand saurons-nous porter des jugements véridiques ? Vous nous donnez la possibilité de nous exercer à des actes de Miséricorde et nous nous exerçons à porter des jugements. Pour savoir si dans un monastère s'épanouit l'amour de Dieu, il convient de demander comment on se comporte envers les malades, les infirmes, les impotents.

1269. 10 septembre 1937. Au cours de mes réflexions, j'ai eu conscience que plus l'âme est pure, plus son commerce avec Dieu se situe uniquement au niveau de l'esprit, et a peu d'égards pour les sens et leur révolte. Dieu est esprit, je L'aime donc en esprit et en vérité.

1270. Lorsque j'ai su combien il est dangereux à notre époque de se trouver près de la porte d'entrée, à cause des troubles révolutionnaires, et combien de mauvaises gens ont de la haine pour les couvents, je me suis entretenue avec le Seigneur et je lui ai demandé qu'Il s'arrange de façon à ce qu'aucun méchant n'ose s'approcher de la porte. Alors j'entendis ces mots : « Ma fille, dès le moment où tu as été préposée à ce service, j'y ai mis un Chérubin afin qu'il la garde. Sois donc sans inquiétude ! » Après être revenue de mon entretien, avec le Seigneur, je vis un léger nuage blanc et dans ce nuage un chérubin, les mains jointes, dont le regard était semblable à l'éclair. J'ai compris que le feu de l'amour divin brûlait dans ce regard.

1271. 14 septembre 1937. Exaltation de la Sainte Croix. J'ai connu aujourd'hui, combien ce prêtre supporte de grandes contrariétés dans toute cette affaire. Même les âmes pieuses et enthousiastes à glorifier Dieu s'opposent à lui. Et il ne doit qu'à la grâce divine de ne pas encore être découragé de tout cela.

1272. Jésus : « Ma fille, crois-tu avoir suffisamment écrit sur Ma Miséricorde ? Ce que tu as écrit n'est qu'une goutte, comparée à l'océan. Je ne suis qu'Amour et Miséricorde. Il n'y a pas de misère qui puisse se mesurer à Ma Miséricorde, ni en venir à bout puisqu'au moment de se communiquer, elle s'amplifie. L'âme qui fait confiance à Ma Miséricorde est la plus heureuse car je prends Moi-même soin d'elle. »

1273. Je ressens en mon âme de grands tourments, lorsque je reconnais que l'on insulte Dieu. Aujourd'hui j'ai su que l'on avait commis de graves péchés, non loin de notre porte. C'était le soir, j'ai prié avec ferveur à la chapelle puis je me suis flagellée. Quand je me suis agenouillée pour prier, le Seigneur m'a fait comprendre combien souffre l'âme qui est rejetée loin de Dieu...Il me semblait que mon cœur se brisait en morceaux et en même temps j'ai compris combien cette âme blesse le Cœur Très Miséricordieux de Jésus. Cette pauvre créature ne veut pas accepter la Compassion de Dieu. Plus Dieu poursuit l'âme de Sa Miséricorde, plus Il sera juste envers elle.

1274. Ma secrétaire, écris bien que Je suis plus généreux envers les pécheurs qu'envers les justes ! C'est pour eux que Je suis venu sur terre, c'est pour eux que J'ai versé mon Sang. Qu'ils ne craignent pas de s'approcher de Moi ! Ce sont eux qui ont le plus besoin de Ma Miséricorde. »

1275. 16 septembre 1937. Je désirais tant aujourd'hui, passer une heure en prière auprès du Très Saint Sacrement, pourtant toute autre était la volonté de Dieu. A huit heures, je ressentis de si violentes douleurs que je dus m'aliter immédiatement. Je me suis tordue de douleur trois heures durant, c'est-à-dire jusqu'à onze heures du soir. Aucun médicament ne me fit d'effet. Ce que je prenais, je le rejetais. Par moment ces douleurs m'enlevaient la conscience. Jésus me fit savoir que je venais de cette façon de prendre part à Son agonie au Jardin des Oliviers, et que Lui-même permit ces souffrances pour donner satisfaction à Dieu pour les avortements. Voici trois fois déjà que je passe par ces souffrances. Elles commencent toujours à huit heures du soir et durent jusqu'à onze heures. Aucun médicament n'est capable de les réduire. Quand s'approchent onze heures, elles cessent d'elles-mêmes, et je m'endors immédiatement. Le lendemain je me sens très faible. Cela m'est arrivé pour la première fois au Sanatorium. Les médecins ne purent en faire l'analyse. Ni piqûres, ni médicaments ne m'apportèrent de soulagement et moi-même je ne comprenait pas de quelle sorte de souffrance il s'agissait. J'ai dit au médecin que je n'avais eu de ma vie de telles souffrances. Il déclara qu'il ne savait de quoi il s'agissait. Maintenant je comprends ce que sont ces souffrances, car le Seigneur me l'a révélé... Pourtant, lorsque je pense que je devrai peut-être un jour souffrir à nouveau de cette façon, un frisson de terreur me saisit. Mais j'ignore si je vais souffrir encore de cette façon. Je laisse cela à Dieu. Ce qu'Il Lui plaît de m'envoyer, je le recevrai avec soumission et amour. Que je puisse seulement par ces souffrances sauver ne serait-ce qu'un de ces enfants de l'assassinat !

1276. Après ces souffrances, le lendemain, je pressens l'état des âmes et leurs disposition envers Dieu. Je suis alors pénétrée d'une véritable connaissance.

1277. Je reçois la Sainte Communion comme la reçoivent les Anges. Mon âme se trouve envahie par la lumière de Dieu et se nourrit de Lui. Les sens sont comme morts. C'est là s'unir au Seigneur par le biais de l'âme. C'est la grande supériorité de l'âme sur la nature.

1278. Dieu m'a accordé la connaissance des grâces dont Il me comble sans cesse. Cette lumière m'a pénétrée très profondément et j'ai alors compris les inconcevables égards de Dieu envers moi. Je suis restée dans ma cellule, pour une longue action de grâce, allongée, le visage contre terre, j'ai versé des larmes de gratitude. Je ne pouvais me relever, car chaque fois que je le voulais, la lumière de Dieu me donnait connaissance d'une nouvelle grâce. A la troisième fois je pus me soulever de terre. En tant qu'enfant, je sentis que tout ce que possède le Père des Cieux, est également mien. Lui-même me souleva de terre jusqu'à Son Cœur. Je sentis que tout ce qui existe, est en quelque sorte exclusivement mien. Mais je n'avais de cela aucun désir, car Dieu seul me suffit.

1279. Aujourd'hui, j'ai connu avec quelle aversion le Seigneur s'approche de certaines âmes pendant la Sainte Communion. Il va vers ces cœurs comme Il irait au cachot pour être martyrisé et supplicié. J'ai imploré Son pardon et je l'ai dédommagé de cet affront.

1280. Le Seigneur m'a fait connaître que je rencontrerai mon frère. Mais pourtant je ne pouvais comprendre Mais pourtant je ne pouvais comprendre comment je le verrais ni pourquoi il serait venu me voir. Je savais bien que Dieu lui avait fait la grâce de lui donner la vocation religieuse, mais pourquoi serait-il venu me voir ? Pourtant j'ai repoussé ce raisonnement et je me suis mise à croire que si Dieu m'avait fait savoir qu'il viendrait, cela devait me suffire. J'ai uni ma pensée à Dieu sans plus m'inquiéter de la créature, remettant tout en Dieu.

1281. Lorsque les mêmes indigents viennent mendier à la porte, pour la deuxième fois, je les reçois avec une douceur accrue, et je ne laisse pas voir que je me souviens les avoir déjà vus, et je ne les laisse pas voir que je me souviens les avoir déjà vus, afin de ne pas les gêner. Alors ils me parlent sans crainte de leurs peines et de leurs besoins.
Sœur N. me dit qu'il ne faut pas se conduire ainsi envers les mendiants et elle me ferme la porte au nez. Cependant lorsqu'elle est absente je me conduis avec eux comme l'aurait fait mon Maître. On donne parfois plus en donnant peu, qu'en donnant beaucoup, mais de façon trop rude.

1282. Souvent, le Seigneur me donne en mon for intérieur la possibilité de connaître les personnes avec lesquelles je suis en contact à la porte. Un jour une personne digne de pitié a commencé d'elle-même à me dire quelque chose. Profitant de l'occasion, je lui ai fait comprendre dans quel misérable état était son âme. Elle s'est éloignée dans de meilleures dispositions.

1283. 17 septembre 1937. Ô Jésus, je vois tant de beauté éparses tout alentour, beautés pour lesquelles je Vous rends continuellement grâce. Mais je m'aperçois que certaines âmes sont comme la pierre, toujours froides et insensibles. Les miracles même, ne les émeuvent guère. Leurs regards sont fixés à leurs pieds, et de cette façon elles ne voient rien, si ce n'est elles-mêmes.

1284. Vous m'avez entourée dans la vie de Votre tendre et réelle protection. Bien plus que je ne peux le concevoir, car je ne comprendrai pleinement Votre bonté que lorsque tout sera dévoilé. Je désire que toute ma vie ne soit qu'une action de grâce pour Vous, mon Dieu.

1285. Sois remercié, mon Dieu, pour toutes les grâces,
Dont Tu me combles sans cesse,
Et qui m'éclairent comme la lumière du soleil.
Par elles Tu me montres le chemin sûr !

Je Te remercie, mon Dieu, de m'avoir créée,
De m'avoir du néant appelée à l'existence,
D'avoir imprimé Ta divine empreinte en mon âme,
Et de ne l'avoir fait que par amour.

Merci, mon Dieu pour le Saint Baptême,
Qui m'incorpora à Ta Divine famille.
C'est là un don inconcevable,
Qui transforma mon âme.

Je te remercie, Seigneur, pour la Sainte Confession,
Pour cette source de grande miséricorde, intarissable,
Pour cette source de grâces inconcevables,
Qui rend la blancheur aux âmes souillées par le péché.

Merci, Jésus, pour la sainte Communion,
Par laquelle Tu Te donnes à nous,
Je sens comme Ton Cœur bat en ma poitrine,
Comme Tu fais Toi-même, mon Dieu, s'épanouir la vie en moi.

Ô Saint Esprit, sois remercié pour le sacrement de la confirmation,
Qui m'a armé chevalier à Ton service,
Et donne force à l'âme à chaque instant,
Et protège du mal !

Merci, mon Dieu, pour la grâce de la vocation,
D'être à Ton service exclusif,
Me donnant la possibilité de T'aimer, Toi seul,
Honneur sans pareil pour mon âme !

Sois remercié, Seigneur, pour les vœux éternels,
Pour ce lien du pur amour,
D'avoir daigné joindre au mien Ton Cœur divin,
Et d'avoir uni Ton Cœur au mien par un lien de pureté !

Je te remercie, Seigneur, pour le sacrement de l'Extrême-Onction
Qui me fortifiera dans mes derniers moments de lutte,
M'aidera à parvenir au salut, donnera force à mon âme,
Afin que nous nous réjouissions éternellement.

Merci à Toi, mon Dieu, pour toutes les inspirations,
Dont Ta bonté me comble,
Pour ces illuminations intérieures de l'âme,
Qu'on ne peut exprimer, mais que le cœur ressent !

Merci à Toi, Sainte Trinité, pour cette foule de grâces,
Dont Tu me combles à chaque instant, ma vie durant.
Ma gratitude croîtra à mon entrée dans l'aube éternelle,
Lorsque j'entonnerai pour la première fois un chant à ta gloire.

1286. Malgré le calme de mon âme, je mène un incessant combat contre l'ennemi de mon âme. Je découvre de plus en plus et de nouveau la lutte bat son plein.
Je m'exerce durant les intervalles de calme et je veille afin que l'ennemi ne me surprenne sans défense. Et lorsque je vois sa grande furie, alors je demeure en la forteresse, c'est-à-dire dans le Très Saint Cœur de Jésus.

1287. 19 septembre 1937. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Ma fille, écris qu'il m'est très pénible de voir les âmes des religieux s'approcher du Sacrement d'Amour uniquement par habitude, comme si elles ne distinguaient pas particulièrement cette nourriture des autres. Je ne trouve en leur cœur ni foi ni amour. Je vais vers ces âmes avec grand déplaisir, il vaudrait mieux qu'elles ne Me reçoivent pas. »

1288. Très doux Jésus, allumez mon amour pour Vous et transformez moi en Vous, divinisez-moi afin que mes actes Vous soient agréables ! Faites-le par le pouvoir de la Sainte Communion que je reçois chaque jour ! Comme je désire être complètement transformée en Vous, ô Seigneur !

1289. 19 septembre 1937. Mon frère par le sang, Stasio, m'a rendu visite aujourd'hui. Cela m'a fait un immense plaisir de revoir cette belle âme, qui a également l'intention de se consacrer au service de Dieu. C'est-à-dire que Dieu Lui-même l'attire vers Son amour. Nous avons longuement parlé de Dieu, de Sa bonté. Pendant cette conversation avec lui, je me suis rendu compte, combien son âme est agréable à Dieu. J'ai obtenu de notre Mère Supérieure, l'autorisation de le voir souvent. Lorsqu'il m'a demandé conseil pour entrer en religion, je lui ai répondu : « Tu sais mieux que personne ce que le Seigneur réclame de toi.» Je lui ai parlé de l'ordre des Jésuites, « mais entre où il te plaît ! ». J'ai promis de prier pour lui et j'ai décidé de faire une neuvaine au Sacré Cœur par l'intercession de l'Abbé Piotr Skarga, avec promesse d'une annonce dans le Messager du Cœur de Jésus, car il a de grandes difficultés dans cette affaire. J'ai appris qu'en cette affaire, la prière est plus utile que le conseil.

1290. 21 septembre. M'étant éveillée plusieurs fois cette nuit, j'ai remercié Dieu de tout mon cœur, bien que rapidement, de toutes les grâces qui me furent accordées, ainsi qu'à notre congrégation. J'ai médité sur Sa très grande bonté.

1291. Après avoir communié, je Lui ai dit : « Jésus, j'ai pensé tant de fois à Vous cette nuit, » et Jésus me répondit : « Moi, J'ai pensé à toi avant de t'appeler à l'existence. » - « Jésus, de quelle façon pensiez-Vous à moi ? » - « De façon à te faire partager Mon bonheur éternel. » Après ces paroles l'amour de Dieu a envahi mon âme et je ne pouvais me lasser d'admirer combien Dieu nous aime.

1292. Malgré ma sincère résolution, il m'est arrivé de retomber dans une même erreur. Ce n'était qu'une petite imperfection plutôt involontaire, j'en ressentis pourtant, en mon âme une si vive douleur que je dus interrompre mes occupations et me rendre un instant à la Chapelle. En tombant aux pieds de Jésus, poussée par l'amour et une très grande douleur, je Lui ai demandé pardon. J'étais d'autant plus honteuse que le matin même, après la Sainte Communion, pendant ma conversation avec Lui, je Lui avais promis fidélité. J'entendis alors ces mots : « Sans cette petite imperfection, tu ne serais pas venue vers Moi. Tu sais que chaque fois que tu viens vers Moi, en t'humiliant pour demander pardon, je déverse de nombreuses grâces sur ton âme. Ton imperfection disparaît à Mes yeux, Je ne vois que ton amour et ton humilité. Tu ne perds rien, bien au contraire, tu progresses beaucoup. »

1293. Le Seigneur m'a fait connaître que si l'âme n'accepte pas les grâces qui lui sont destinées, elles sont immédiatement transmises à une autre âme. Ô mon Jésus, faites que je sois digne de recevoir Vos grâces, car de moi-même, je ne peux rien faire ! Je ne peux même pas sans Votre secours, prononcer convenablement Votre Nom.

1294. 25 septembre 1937. Après avoir compris combien les difficultés sont grandes dans cette affaire, je suis allée vers le Seigneur et Lui ai dit : « Jésus, ne voyez-Vous pas comme on crée des obstacles à Votre œuvre ? » et j'entendis une voix en mon âme : « Fais ce qui est en ton pouvoir et ne t'inquiète pas du reste ! Ces obstacles montrent que cette œuvre est Mienne. Sois sans inquiétude si tu fais tout ton possible ! »

1295. J'ai ouvert aujourd'hui la grande porte à la Mère Supérieure et j'ai perçu en moi-même qu'elle se rendait en ville pour ce qui touche à la Miséricorde Divine. C'est cette Supérieure qui a contribué le plus grandement à toute cette œuvre de Miséricorde.

1296. J'ai demandé aujourd'hui imprudemment à deux enfants pauvres s'il n'avaient vraiment rien à manger chez eux ? Les enfants ne me répondirent pas, ils s'éloignèrent de la porte. Je compris alors combien il leur était difficile de parler de leur misère. Je courus donc vers eux et je les ramenai. Je leur ai donné ce que je pouvais et ce à quoi j'étais autorisée.

1297. Ô Dieu Tout-Puissant, toujours miséricordieux,
Ta pitié n'est jamais épuisée,
Bien que ma misère ait l'immensité de la mer,
J'ai absolue confiance en la Miséricorde du Seigneur.

Montre-moi, mon Dieu, Ta Miséricorde,
Selon la pitié du cœur de Jésus !
Prête l'oreille à mes soupirs et à mes prières
Ainsi qu'aux larmes d'un cœur contrit !

Ô Trinité éternelle, Dieu de bonté à jamais,
Ta pitié n'est jamais calculée !
J'ai confiance en Ta Miséricorde sans limites.
Et je Te sens, Seigneur, bien que m'isole un voile.

Que la Toute-Puissance de Ta Miséricorde, Seigneur,
Soit proclamée par le monde entier !
Que ta gloire ne cesse jamais !
Annonce, mon âme, avec ardeur la Miséricorde de Dieu !

1298. 27 septembre 1937. Nous nous sommes rendues, la Mère Supérieure et moi chez l'imprimeur où l'on imprimait et peignait les petites images de la Miséricorde divine, de même qu'on y imprimait les invocations et le « Chapelet » qui venait d'obtenir l'imprimatur. Nous devions voir également la grande image rectifiée. Elle est très ressemblante, j'en ai éprouvé une grande joie.

1299. Lorsque j'ai contemplé cette image, j'ai ressenti pour Dieu un amour si vif, que pendant un bon moment je ne savais où j'étais. Nous nous sommes ensuite rendues à l'Eglise de la Très Sainte Vierge Marie. Nous y avons entendu la Sainte Messe, au cours de laquelle le Seigneur m'a révélé qu'un nombre important d'âmes pourront trouver le salut grâce à cette œuvre. J'ai ensuite commencé une conversation intime avec le Seigneur. Je l'ai remercié d'avoir condescendu à me donner la grâce de voir se répandre la gloire de Son insondable Miséricorde. Je me suis profondément abîmée dans l'action de grâce. Oh ! Que la générosité de Dieu est grande ! Que soit béni le Seigneur qui est fidèle dans ses promesses !

1300. Il est étrange de constater à quel point Mère Irène, possède sur toute cette affaire une grande et divine lumière. C'est elle qui la première permit d'exécuter les désirs du Seigneur. Bien qu'elle ne devint ma Supérieure que deux ans après l'apparition, c'est pourtant elle qui vint la première avec moi, lorsqu'on commença à peindre le tableau. Voilà que maintenant, à nouveau, alors qu'on imprime certaines choses sur la Miséricorde divine et que sont reproduites les petites images, c'est elle aussi qui m'accompagne pour cette affaire. Dieu a gouverné tout ceci de façon déroutante. Car de Wilno où tout avait commencé, la volonté de Dieu a dirigé les circonstances, de telle façon que cette entreprise s'est poursuivie à Cracovie. Je sais combien notre Supérieure est agréable à Dieu. Je vois que Dieu dirige tout et veut que durant ces moments graves, je sois sous la protection de cette Mère Supérieure... Soyez remercié, mon Dieu, pour de semblables Supérieures qui vivent dans l'amour et la crainte du Seigneur. Aussi est-ce pour elle que je prie le plus, car c'est elle qui s'est donné le plus de peine pour cette œuvre de la Miséricorde de Dieu !

1301. 29 septembre 1937. J'ai compris aujourd'hui bien des secrets de Dieu. J'ai su que la sainte communion demeure en moi jusqu'à la Sainte Communion suivante. La présence de Dieu que l'on peut ressentir et qui est vivante, prolonge sa durée en mon âme et la conscience de ceci me plonge dans un profond recueillement, sans aucun effort de ma part. Mon cœur est un vivant Tabernacle dans lequel se conserve l'hostie vivante. Je n'ai jamais cherché Dieu bien loin, mais dans mon for intérieur. C'est dans la profondeur de mon propre être que je rencontre Celui qui est mon Dieu.
1302. Mon Dieu, malgré toutes les grâces, je languis sans cesse d'être réunie à mon Dieu pour l'éternité, et mieux je Le connais, plus vivement je le désire.

J. M. J.

1303. Avec nostalgie, je regarde le ciel étoilé,
Le bleu saphir des firmaments infinis.
Vers Toi, mon Dieu, est attiré le cœur pur
Qui désire se libérer des entraves charnelles !

Avec grande impatience, je te regarde, ô ma Patrie,
Quand donc prendra fin mon exil ?
Ainsi Te crie Jésus, Ton épousée,
Que la soif de Toi fait agoniser !

Je languis en regardant les saintes traces,
De ceux qui ont passé par ce désert jusqu'à la patrie.
Ils me laissent l'exemple de la vertu,
Ainsi que leurs conseils,
Et ils me disent : Patience, sœur, sous peu tomberont tes chaînes !

Mais l'âme impatiente n'entend point ces paroles.
Elle désire ardemment son Dieu et Seigneur,
Et ne comprend pas le langage humain,
Car c'est de Lui seul qu'elle est éprise.

Languissante est mon âme d'amour blessé,
Elle se fraie un passage à travers tout ce qui est créé
Et s'unit dans l'éternité infinie,
Avec le Seigneur que mon cœur a épousé.

A mon âme nostalgique, permet, ô Dieu,
De sombrer en ta divine Trinité,
Comble mes désirs pour lesquels je T'implore en toute humilité,
Le cœur empli du feu de l'amour !

1304. Aujourd'hui, s'est présentée à la grande porte une personne, qui a demandé à être reçue parmi nos élèves. Cependant elle ne put être acceptée. Cette personne avait grand besoin de notre maison. Pendant l'entretien que j'ai eu avec elle, se renouvela en moi la Passion de Jésus. Lorsqu'elle fut partie, j'entrepris une des plus grandes mortifications. Pourtant la prochaine fois, je ne laisserai pas partir une telle âme. J'ai beaucoup souffert trois jours durant pour cette âme. Combien je déplore que nos établissements soient si petits, et ne puissent contenir un grand nombre de personnes ! Mon Jésus, vous savez combien je pleure chaque brebis égarée !

1305. Ô humilité, fleur de beauté, je vois combien peu d'âmes te possèdent ! Est-ce parce que tu es si belle et en même temps si difficile à conquérir ? Oh ! Oui, l'un et l'autre. Dieu Lui-même t'apprécie au plus haut point. Sur l'âme pleine d'humilité sont entr'ouvertes les écluses du ciel : un océan de grâces se déverse sur elle. Oh ! Qu'elle est belle, l'âme pleine d'humilité ! Du cœur plein d'humilité monte, comme d'un encensoir, un parfum extrêmement agréable qui, à travers les nues, parvient jusqu'à Dieu Lui-même, et emplit de joie son Très Saint Cœur. A cette âme, Dieu ne sait rien refuser. Elle est toute puissante. Elle influence le sort du monde entier. Dieu l'élève jusqu'à Son trône. Plus elle s'humilie, plus Dieu se penche vers elle, la suit de Ses grâces et l'accompagne à chaque moment de Sa Toute Puissance. Cette âme est très profondément unie à Dieu. Ô humilité, implante-toi profondément dans tout mon être ! Ô Vierge, toute pureté, et aussi toute humilité, aidez-moi à obtenir une profonde humilité !
Je comprends maintenant pourquoi il y a si peu de Saints. C'est que peu d'âmes sont vraiment et profondément humbles.

1306. Amour éternel, tréfonds de la Miséricorde, ô triple Sainteté en un seul Dieu, Père très bon dont le cœur déborde d'amour pour tous, Vous ne méprisez personne ! Ô Amour de Dieu, source vive, déversez-Vous sur nous, Vos indignes créatures ! Que notre misère ne retienne pas le torrent de Votre Amour, puisqu'il n'y a point de limites à Votre Miséricorde !

1307. Ô Jésus, je me suis aperçue qu'en quelque sorte Vous Vous occupiez moins de moi ! « Oui, mon enfant, je me fais remplacer par ton directeur de conscience. Il s'occupe de toi selon Ma volonté. Respecte chacune de tes paroles comme Mes propres paroles. Il est pour Moi ce voile sous lequel je me cache. Ton Directeur de conscience et Moi ne faisons qu'un. Ses paroles sont les Miennes. »

1308. Lorsque je fais le Chemin de la Croix, à la douzième station, je ressens une profonde émotion. Là, je mesure la Toute-Puissance de la Miséricorde de Dieu qui passa par le Cœur de Jésus. Dans cette blessure ouverte du Cœur de Jésus, j'enferme toute la pauvre humanité... et particulièrement certaines personnes que j'aime. Je fais cela chaque fois que je fais le Chemin de la Croix. De cette source de Miséricorde, sont sortis ces deux rayons, le sang et l'eau, et leur immense grâce submerge le monde entier.

1309. Lorsque l'on se sent faible et malade, on fait des efforts incessants pour être en mesure de faire ce que tous sont accoutumés à faire et pourtant, on ne parvient pas toujours à venir à bout de ce « quotidien ». Soyez remercié Jésus pour tout, car ce n'est pas la quantité d'efforts qui sera récompensée. Ce qui est accompli avec amour n'est pas petit.
Votre œil voit bien tout cela. Je ne sais pas pourquoi je me sens particulièrement mal le matin. Je dois rassembler toutes mes forces pour sortir du lit, parfois même, c'est de l'héroïsme. A la pensée de la Sainte Communion les forces me reviennent un peu. C'est donc par une lutte que commence la journée et c'est par une lutte qu'elle se termine. Quand je vais prendre du repos, je me sens comme le soldat au retour du champ de bataille. Vous seul, mon Maître et Seigneur, savez ce que fut cette journée.

1310. Méditation. Pendant la méditation, la Sœur qui occupe le prie-Dieu à côté du mien, se mouche et tousse longuement, parfois sans arrêt. Un moment il m'est venu l'idée de changer de place pour la durée de la méditation, puisque la Sainte Messe avait été dite. Mais j'ai pensé que si je changeais de place, cette Sœur s'en apercevrait et cela pouvait lui être pénible de voir que je m'éloignais d'elle. Je décidai donc de demeurer à ma place durant la prière et d'offrir à Dieu cet acte de patience.
Vers la fin de la méditation, mon âme fut envahie par la consolation de Dieu, et ceci, dans la mesure où mon cœur était capable de le supporter. Et le Seigneur me fit comprendre que si je m'étais détournée de cette Sœur, je me serais également détournée des grâces qui affluèrent en mon âme.

1311. Jésus s'est présenté aujourd'hui à la grande porte sous l'apparence d'un pauvre jeune garçon. Ce pauvre jeune homme émacié, vêtu d'un costume terriblement déchiré, pieds nus et tête nue, était gelé, car le temps était pluvieux et froid. Il a demandé quelque chose de chaud à manger. Je suis donc allée à la cuisine, mais n'y ai rien trouvé pour les pauvres. Pourtant après un moment de recherche, j'ai trouvé un peu de soupe que j'ai fait réchauffer et dans laquelle j'ai émietté un peu de pain. Et l'ai servi le pauvre qui s'est mis à manger et au moment où je lui reprenais le bol, Il me fit connaître qu'Il était le Maître du Ciel et de la terre. Lorsque je Le vis tel qu'Il était, Il disparut à mes yeux.
Après être retournée au logis et alors que je réfléchissais sur ce qui s'était passé à la grande porte, j'entendis ces paroles en mon âme : « Ma fille, les bénédictions des pauvres qui Me bénissent en s'éloignant de la grande porte sont parvenues à Mes oreilles. Et ta miséricorde, dans les limites de l'obéissance, m'a plue. C'est pourquoi, je suis descendu de Mon trône afin de goûter les fruits de ta miséricorde. »

1312. Ô mon Jésus, tout ce qui s'est passé il y a un moment, est maintenant clair et compréhensible. Je me suis bien demandé qui était ce pauvre qui montrait tant d'humilité. Dès cet instant s'est allumé en mon cœur un amour encore plus pur envers les pauvres et ceux qui sont dans le besoin. Oh ! Comme je me réjouis que mes Supérieures m'aient donné cette sorte de travail. Je comprends que la miséricorde est multiple et qu'on peut faire le bien toujours, partout et en tout temps. Un fervent amour de Dieu voit tout autour de soi, un incessant besoin de se communiquer par l'acte, la parole et la prière.
Maintenant seulement je comprends les paroles que Vous m'avez dites, ô Seigneur, il y a longtemps.

1313. Oh ! Quels efforts j'ai besoin de faire pour bien remplir mes devoirs, alors que ma santé est si faible ! Vous seul savez, ô Christ !

1314. Dans les moments d'abandon intérieur, je ne perds pas ma tranquillité, parce que je sais que Dieu n'abandonne pas l'âme, sauf si elle-même, par son infidélité, brise ce lien d'amour. Pourtant, toutes les créatures sans exception dépendent du Seigneur et sont soumises à Sa Toute-Puissance. Il gouverne les unes avec amour et les autres avec Justice. De nous dépend le régime sous lequel nous voulons vivre. Car le secours de la grâce suffisante n'est refusé à personne. Un abandon présumé ne m'effraie pas. J'examine plus profondément s'il n'y a pas de ma faute. Si cela n'est pas, soyez-en béni !

1315. 1er octobre 1937. « Ma fille, J'ai besoin d'offrandes faites par amour, car ceci seul importe pour Moi. Les dettes dont le monde M'est redevable sont bien grandes ! Les âmes pures peuvent les acquitter par leurs sacrifices, accomplissant ainsi une œuvre de miséricorde spirituelle. »

1316. Je comprends Vos paroles, Seigneur, ainsi que l'étendue de la Miséricorde qui doit briller en mon âme. Jésus : « Je sais, Ma fille, que tu les comprends et fais tout ce qui est en ton pouvoir. Mais écris ceci pour nombre d'âmes qui, plus d'une fois, se font souci de ne pas avoir les moyens matériels de faire un acte de miséricorde. Cependant combien plus grand est le mérite de la miséricorde spirituelle pour laquelle il ne faut avoir ni autorisation ni trésor. Elle est accessible à toutes les âmes. Si l'âme ne fait aucun acte de miséricorde, elle n'aura pas accès à Ma Miséricorde au Jour du Jugement. Oh ! Si les âmes savaient amasser les trésors éternels, elles ne seraient pas jugées. Elles devanceraient Mon jugement par la miséricorde. »


Partager cet article
Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:33

1208. Neuvaine à la Miséricorde Divine que Jésus m'ordonna d'écrire et de réciter avant la Fête de la Miséricorde. On la commence le Vendredi Saint. « Je désire que, durant ces neuf jours, tu amènes les âmes à la source de Ma Miséricorde, afin qu'elles puisent force et soulagement, ainsi que toutes les grâces dont elles ont besoin dans les difficultés de la vie et particulièrement à l'heure de la mort. Chaque jour tu amèneras jusqu'à mon Cœur un nouveau groupe d'âmes et tu les plongeras dans l'immensité de Ma Miséricorde. Et moi je les conduirai toutes dans la maison de Mon Père. Tu feras cela dans cette vie et dans l'autre. Je ne refuserai rien à toute âme que tu amèneras à la source de Ma Miséricorde. Et chaque jour tu imploreras Mon Père, au nom de Ma douloureuse Passion de t'accorder des grâces pour ces âmes-là. »
J'ai répondu : Jésus, je ne sais comment faire cette neuvaine, ni quelles âmes conduire tout d'abord à Votre Cœur Très Miséricordieux. » Jésus me répondit qu'Il me dirait chaque jour quelles âmes je devais conduire à Son Cœur.

Premier jour

1209. « Aujourd'hui, amène-Moi l'humanité entière, particulièrement les pécheurs ! Immerge-les dans l'immensité de Ma Miséricorde ! Tu Me consoleras ainsi de cette amère tristesse dans laquelle Me plonge la perte des âmes. »

1210. Très Miséricordieux Jésus, dont le propre est d'avoir pitié de nous et de nous pardonner, ne regardez pas nos péchés, mais la confiance que nous avons en Votre infinie bonté. Recevez-nous dans la demeure de Votre Cœur Très Miséricordieux et ne permettez pas que nous en sortions pour l'éternité. Nous Vous en supplions par l'amour Ô Toute-Puissante Miséricorde de Dieu, Secours du pécheur, Océan d'amour infini et de pitié,
Vous venez en aide à ceux qui Vous prient avec humilité.
Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur toute l'humanité, et particulièrement sur les pauvres pécheurs, enfermés dans le Cœur Très Miséricordieux de Jésus ! Par Sa douloureuse Passion, faites-nous Miséricorde afin que soit glorifié Votre Toute-Puissante Miséricorde dans les siècles des siècles. Amen.

Deuxième jour

1211. « Aujourd'hui amène-Moi les âmes sacerdotales et religieuses, et plonges-les dans Mon insondable Miséricorde ! Elles ont bien fait durer Mon amer supplice. Par elles comme par des canaux, Ma Miséricorde s'écoule sur l'humanité. »

1212. Très Miséricordieux Jésus, de qui provient tout ce qui est bon, multipliez Vos grâces en nous, afin que nous accomplissions dignement les actes de Miséricorde, et que notre prochain en glorifie le Père de Miséricorde qui est au Cieux !

Jaillie de la mer de Miséricorde,
La fontaine de l'Amour divin
Habite les cœurs purs,
Scintillante comme l'étoile,
Limpide comme l'aurore.

Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur ce groupe d'élus au cœur de Votre vigne : les âmes sacerdotales et religieuses ! Accordez-leur les bienfaits de Votre bénédiction ! Par amour pour le Cœur de Votre fils qui est leur demeure, concédez-leur le pouvoir de Votre lumière, afin qu'elles puissent guider les autres sur le chemin du salut, et qu'elles puissent toutes ensemble rendre hommage à Votre insondable Miséricorde pour l'éternité. Amen.

Troisième jour

1213. « Aujourd'hui, amène-moi toutes les âmes pieuses et fidèles et plonge-les dans l'océan de Ma Miséricorde. Ces âmes me consolèrent sur le chemin du Calvaire. Elles furent cette goutte de consolation dans un océan d'amertume. »

1214. Très Miséricordieux Jésus qui accordez surabondamment le trésor de Votre Miséricorde à tous, recevez-nous tous ans la demeure de Votre Cœur Très Compatissant ! Et ne nous en laissez pas sortir pour l'éternité, je Vous en supplie par cet inconcevable amour dont brûle Votre Cœur pour le Père Céleste.
Impénétrables merveilles de la Miséricorde,
Insondables au pécheur comme au juste,
Lorsque sur nous, vous jetez un regard de pitié,
Vous nous attirez tous vers Votre Amour !

Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes fidèles, héritage de Votre Fils ! Par Sa douloureuse Passion, accordez leur Votre bénédiction et entourez-les de Votre incessante protection afin qu'elles ne perdent l'amour ni le trésor de la Sainte Foi, mais qu'elles glorifient Votre infinie Miséricorde avec le chœur des Anges et des Saints pour l'éternité ! Amen.

Quatrième jour

1215. « Aujourd'hui, amène-moi les païens et ceux qui ne Me connaissent pas encore. Je pensais aussi à eux durant Ma douloureuse Passion, et leur zèle futur consolait Mon Cœur. Plonge-les dans l'immensité de Ma Miséricorde ! »

1216. Très compatissant Jésus qui êtes la lumière du monde, recevez dans la demeure de Votre Cœur Très Compatissant les âmes des païens et de ceux qui ne Vous connaissent pas encore ! Que les rayons de Votre Grâce les illuminent, afin qu'elles aussi glorifient avec nous les merveilles de Votre Miséricorde ! Et ne les laissez pas sortir de la demeure de Votre Cœur Très Compatissant !

Faites que la lumière de Votre amour, mon Dieu,
Illumine enfin toutes les âmes restées dans les ténèbres,
Et que n'hésitant plus à Vous reconnaître,
Elles chantent avec nous la gloire de votre Miséricorde !

Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes des païens et de tous ceux qui ne Vous connaissent pas encore, mais qui sont enfermés dans le Cœur Très Compatissant de Jésus ! Attirez-les vers la lumière de l'Evangile ! Elles ne savent pas combien est grand le bonheur de Vous aimer. Faites donc qu'elles aussi, puissent glorifier la munificence de Votre Miséricorde dans les siècles des siècles. Amen.

Cinquième jour.

1217. « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes des hérétiques et des apostats ! Plonge-les dans l'immensité de Ma Miséricorde ! Dans Mon amère Passion, elles Me déchiraient le Corps et le Cœur, c'est-à-dire Mon Eglise. Lorsqu'elles reviendront à l'unité de l'Eglise alors se cicatriseront Mes Plaies. Et de cette façon elles Me soulageront dans Ma Passion. »

Même pour ceux qui mirent en pièces le manteau de l'unité,
Coule en Ton Cœur une source de pitié.
Par la Toute-Puissance de Ta Miséricorde, ô Dieu,
Tu peux aussi retirer ces âmes de l'erreur.

1218. Très Miséricordieux Jésus qui êtes la bonté même, Vous ne refusez pas la lumière à ceux qui Vous la demandent. Recevez dans la demeure de Votre Cœur Très compatissant les âmes des hérétiques et des apostats ! Par Votre lumière ramenez-les à l'unité de l'Eglise ! Ne les laissez sortir de la demeure de votre Cœur Très Compatissant, mais faites qu'elles aussi glorifient la munificence de Votre Miséricorde !

Père Eternel, jetez un regard miséricordieux sur les âmes des hérétiques et des apostats qui, persistant obstinément dans leurs erreurs, gaspillèrent Vos bontés et abusèrent de Vos grâces ! Ne regardez pas leurs fautes, mais l'amour de Votre fils et Son amère Passion qu'Il souffrit également pour elles, puisqu'elles aussi sont enfermées dans le Cœur Très Compatissant de Jésus. Faites qu'elles aussi glorifient Votre immense Miséricorde dans les siècles des siècles ! Amen.

Sixième jour

1219. « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes douces et humbles, ainsi que celles des petits enfants et plonge-les dans Ma Miséricorde ! Ce sont elles qui ressemblent le plus à Mon Cœur. Elles m'ont réconforté dans Mon amère agonie. Je les voyais veiller sur Mes autels comme des Anges terrestres. Sur elles Je verse des torrents de grâces. Ma grâce ne peut être reçue que par les âmes pleines d'humilité. Ce sont ces âmes-là en qui Je mets Ma confiance.

1220. Très Miséricordieux Jésus qui avez dit Vous-même : « Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de Cœur », recevez dans la demeure de Votre Cœur Très Compatissant les âmes douces et humbles, ainsi que celles des petits enfants ! Ces âmes-là plongent dans le ravissement le Ciel entier, et sont particulièrement aimées du Père des Cieux. Elles forment un bouquet de fleurs devant le trône divin dont Dieu seul respire le parfum. Ces âmes-là demeurent pour toujours dans le Cœur très compatissant de Jésus, chantant sans cesse l'hymne de l'amour et de la Miséricorde pour l'éternité.

1221. L'âme véritablement humble et douce,
Respire déjà le Paradis sur terre,
D'un parfum d'humilité son cœur
Grise le Créateur Lui-même.

1222. Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes douces et humbles, ainsi que sur celles des petits enfants demeurant dans le Cœur Très Compatissant de Jésus. Ce sont ces âmes-là qui ressemblent le plus à Votre Fils. Le parfum de ces âmes montent de la terre et s'élève jusqu'à Votre trône. Père de Miséricorde et de toute bonté, je Vous implore par l'amour et la prédilection que Vous avez pour ces âmes, de bien vouloir bénir le monde entier, afin que toutes les âmes puissent chanter ensemble la gloire de Votre Miséricorde pour l'éternité. Amen.

Septième jour

1223. « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes qui vénèrent et glorifient particulièrement Ma Miséricorde et plonge-les en elles. Ces âmes-là ont le plus partagé les souffrances de Ma Passion. Ce sont elles qui ont pénétré le plus profondément en Mon âme. Elles sont le vivant reflet de Mon Cœur Compatissant. Ces âmes brilleront d'un éclat particulier dans la vie future. Aucune n'ira en enfer. Je défendrai chacune d'elles en particulier à l'heure de la mort. »

1224. Très Miséricordieux Jésus dont le Cœur n'est qu'amour, recevez dans la demeure de Votre Cœur Très Compatissant les âmes qui vénèrent et glorifient plus particulièrement l'immensité de Votre Miséricorde. Dotées de la puissance même de Dieu, elles avancent confiantes en Votre Miséricorde au milieu de tous les tourments et contrariétés. Ces âmes sont unies à Jésus et portent le poids de l'humanité entière sur leurs épaules. Elles ne seront pas jugées sévèrement, mais Votre Miséricorde les protègera au moment de l'agonie.

L'âme qui célèbre la bonté du Seigneur
Est, de Lui, tout particulièrement chérie.
Près de la source de vie, elle a trouvé demeure,
Et puise mille grâces en la Miséricorde de Dieu.

Père Eternel, daignez jeter un regard de Miséricorde sur les âmes qui célèbrent et vénèrent Votre plus grand attribut : Votre infinie Miséricorde ! Enfermées dans le Cœur Très Compatissant de Jésus, elles sont un vivant Evangile. Leurs mains sont pleines d'actes de miséricorde. Comblées de joie elles chantent l'hymne de la Miséricorde du Très-Haut. Je Vous en supplie, manifestez-leur Votre Miséricorde selon l'espoir et la confiance qu'elles ont mis en Vous ! Que s'accomplisse en elles la promesse de Jésus qui a dit : « Je défendrai leur vie durant, comme Ma propre Gloire, les âmes qui vénéreront Mon infinie Miséricorde. Je les défendrai tout particulièrement à l'heure de la mort. »

Huitième jour

1225. « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes qui sont au Purgatoire et plonge-les dans l'abîme de Ma Miséricorde ! Que les flots de Mon Sang rafraîchissent leurs brûlures ! Toutes ces âmes Me sont très chères, mais elles Me rendent Justice. Il est en ton pouvoir de leur apporter quelque soulagement.
Puise dans le trésor de Mon Eglise toutes les indulgences, et offre-les en leur nom ! Oh ! Si tu connaissais leur souffrance, tu offrirais sans cesse en leur nom l'aumône de tes prières, et tu paierais leurs dettes à Ma Justice. »

1226. Très Miséricordieux Jésus qui avez dit vouloir Vous-même la Miséricorde, voici que j'amène à la demeure de Votre Cœur Très Compatissant, les âmes du Purgatoire, qui Vous sont très chères, mais qui pourtant doivent rendre des comptes à Votre Justice. Que les flots de Sang et d'Eau jaillis de Votre Cœur éteignent les flammes du feu purificateur afin que, là aussi, soit glorifiée la puissance de Votre Miséricorde !

De la terrible ardeur du feu purificateur,
Une plainte s'élève vers Ta Miséricorde,
Demandant consolation, soulagement, fraîcheur,
Des seuls ruisseaux d'Eau à Ton Sang mêlés.

Père Eternel, daignez jeter un regard de Miséricorde sur les âmes souffrant au Purgatoire, enfermées dans le Cœur Très Compatissant de Jésus ! Je Vous implore par la douloureuse Passion de Jésus, Votre Fils, et par toute l'amertume dont son Ame Très Sainte fut inondée, de manifester Votre Miséricorde aux âmes qui sont soumises à Votre Justice sans défaut. Que Votre regard ne tienne compte que des mérites des plaies de Jésus, Votre Très Cher Fils, car nous croyons que Votre bonté et Votre pitié sont infinies !

Neuvième jour

1227. « Aujourd'hui, amène-Moi les âmes indifférentes et froides, et plonge-les dans l'abîme de Ma Miséricorde. Ce sont ces âmes-là qui blessent le plus douloureusement Mon Cœur. Ce sont elles, qui au Jardin des Oliviers, m'inspirèrent la plus grande aversion. C'est à cause d'elles que j'ai dit : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de Moi ! »
Pour elles, l'ultime planche de salut est de recourir à Ma Miséricorde. »

1228. Très Compatissant Jésus qui n'êtes que pitié, j'amène à la demeure de Votre Cœur Très Compatissant les âmes indifférentes et froides. Que ces âmes, dont la froideur cadavérique Vous emplit de répulsion, retrouvent la flamme de la vie au feu de Votre pur amour ! Très Compatissant Jésus, usez de la Toute-Puissance de Votre Miséricorde : entraînez-les dans le brasier même de Votre amour et communiquez-leur le feu de l'amour divin, car Vous pouvez tout !

Feu et glace ensemble il ne faut mêler,
Car le feu s'éteindra ou la glace fondra.
Mais par Ton infinie Miséricorde, Mon Dieu,
Tu peux suppléer de plus grandes déficiences.

Père Eternel, jetez un regard de Miséricorde sur les âmes indifférentes, qui sont cependant enfermées dans le Cœur Très Compatissant de Jésus ! Père de Miséricorde, je Vous supplie par la Passion amère de Votre Fils et par Son agonie de trois heures sur la croix, permettez que ces âmes-là célèbrent aussi l'abîme de Votre Miséricorde !

1229. Ô jour éternel, ô jour tant désiré,
Avec impatience, avec nostalgie je guette.
Et très bientôt l'amour,
Le salut se dressera juste devant moi !

Ô jour merveilleux, moment incomparable,
Où pour la première fois je fixerai mon Dieu,
L'époux de mon âme et le Seigneur des seigneurs.
Ce jour, l'épouvante n'étreindra point mon âme !

Ô jour très solennel, ô jour de clarté,
Où l'âme reconnaîtra son Dieu à Sa puissance,
Toute entière sombrera, à Son amour livrée.
Seront alors passés misère, exil, souffrance !

Ô jour bienheureux, jour de bénédiction,
Pour toi mon cœur flambera d'un feu éternel
Que je ressens déjà comme à travers un brouillard.
Jésus à travers vie et mort, m'est extase et charme !

Ô jour dont j'ai rêvé toute ma vie durant !
Vois, je T'ai si longuement attendu, Seigneur,
Car Toi seul je désire en cet ultime instant,
Toi, l'Unique en mon cœur, le reste ne m'est rien !

Jour de délice ! Infinie suavité!
De Ta grande Majesté, ô Dieu, mon Epoux !
Rien ne saurait contenter un cœur virginal, tu le sais.
Là sur Ton doux Cœur j'appuie mon front.

Fin du troisième cahier.

Cahier IV

Inscription sur la couverture du troisième cahier :

Quatrième cahier du Petit Journal de Sœur (Marie-) Faustine

J.M.J.

1230. Aujourd'hui Jésus a habité mon cœur.
Il est descendu de son trône céleste,
Ce grand Seigneur, créateur de l'univers.
Il est venu à moi sous la forme du pain.

Ô Dieu éternel enfermé dans mon cœur,
Te possédant, je possède le ciel entier.
Et de concert avec les Anges, je chante le Très Saint.
Je vis uniquement pour Ta gloire.

Ce n'est pas au Séraphin que Tu T'unis mon Dieu,
Mais à l'homme chétif,
Qui sans Toi ne peut rien accomplir.
Mais pour l'homme Tu es toujours miséricordieux.

Mon cœur t'est un habitacle,
Ô Roi d'éternelle gloire !
Règne en maître et roi, en mon cœur,
Comme en un superbe palais !

Ô Dieu grand et inconcevable,
Qui as daigné tant T'abaisser,
Je Te rends gloire en toute humilité,
Et Te supplie de bien vouloir me sauver.

J.M.J.
1231. Ô douce Mère de Dieu,
Sur Toi je modèle ma vie.
Tu es pour moi la lumineuse aurore,
En Toi je sombre avec ravissement !

Ô Mère, Vierge immaculée,
Par toi se reflète pour moi le rayonnement de Dieu.
C'est Toi qui m'apprends à aimer le Seigneur à travers les orages,
Contre l'ennemi, Tu es mon bouclier et ma protection !

Cracovie le 10 août 1937.
Sœur Marie Faustine
Du Très Saint Sacrement

1232. Ô Sainte Eucharistie, source des douceurs divines,
Tu donnes force à mon âme.
Ô Toi, le Tout-Puissant, qui pris corps en la Vierge,
Tu visites mon cœur secrètement,
Et la force des sens ne T'atteint pas !


1233. J.M.J. Cracovie, le 10 août 1937

Quatrième cahier.

Tout est pour Vous, Jésus ! De chaque battement de mon cœur je désire glorifier Votre Miséricorde. Et autant que faire se peut, je désire encourager les âmes à faire confiance à cette Miséricorde, ainsi que Vous me l'avez vous-même commandé, Ô Seigneur !

1234. En mon cœur, en mon âme, c'est la nuit noire. Devant mon esprit se dresse un mur impénétrable, qui me dérobe Dieu. Cependant je ne suis pas la cause de cette obscurité. Etrange est ce tourment dont je crains de décrire ici l'étendue. Mais même dans cet état, j'essaie de Vous être fidèle. Ô mon Jésus, toujours et en tout, mon cœur ne bat que pour Vous !

1235. 10 août 1937. Aujourd'hui je suis revenue de Rabka à Cracovie, je me sens très malade. Seul Jésus sait combien je souffre. Ces jours-ci, j'ai été tout à fait semblable à Jésus crucifié. Je me suis armée de patience afin d'expliquer à chaque Sœur pourquoi je ne pouvais demeurer là. C'est-à-dire que l'état de ma santé avait empiré. Quoique je sache bien que certaines Sœurs ne le demandaient pas pour partager mes souffrances, mais pour les augmenter.

1236. Ô Jésus, quelle obscurité m'envahit et quel néant me saisit ! Mais mon Jésus, ne me laissez pas seule, accordez-moi la grâce de la fidélité ! Bien que je ne puisse connaître les mystères de Votre divine volonté, cependant, il est en mon pouvoir de dire : « Que Votre volonté soit faite ! »

1237. Le 12 août. Aujourd'hui, j'ai eu un entretien avec Monsieur l'Abbé Sopocko qui, passant par Cracovie, s'arrêta un moment. Je désirais le voir, Dieu a exaucé mon désir.

Ce prêtre est une grande âme entièrement remplie de Dieu. Ma joie a été profonde et j'ai remercié Dieu pour cette grande faveur puisque je désirais le voir pour la plus grande gloire de Dieu.

1238. Ô vivante Hostie, Jésus caché, Vous voyez l'état de mon âme ! Je suis incapable de prononcer, de moi-même, Votre Saint Nom. Je ne peux pas allumer un feu d'amour, en mon cœur. Mais m'agenouillant à Vos pieds, je tourne vers le Tabernacle le regard de mon âme, un regard de fidélité. Même si en mon âme il y a du changement, Vous êtes, Vous, toujours le même. J'ai confiance que viendra le moment où Vous dévoilerai Votre face, et Votre enfant apercevra à nouveau Votre doux Visage. Je m'étonne, Jésus, que Vous puissiez si longtemps Vous cacher de moi, et que Vous puissiez retenir cette avalanche d'amour que Vous éprouvez pour moi. De toute son attention, mon cœur écoute, et j'attends Votre venue, unique trésor de mon cœur.

1239. Notre Seigneur Jésus prend vivement la défense de Ses représentants sur terre. Il est si fort en communion d'esprit avec eux qu'Il m'ordonne de préférer leur avis au Sien. J'ai compris combien l'intimité entre Jésus et le prêtre est grande. Ce que le prêtre dit, Jésus en prend la défense. Et souvent Il se conforme à ses désirs. Plus d'une fois Il fait dépendre de son avis, Ses rapports avec une âme. J'ai été initiée à tout ceci par une grâce particulière. Et je sais jusqu'à quel point Vous partagez avec eux pouvoir et mystère, ô Jésus, plus que Vous ne le faites avec les Anges ! Je me réjouis de tout cela, car c'est pour mon bien.

1240. Ô mon Jésus, qu'il est difficile, lorsque quelqu'un est peu aimable avec nous et que l'on nous fait de la peine de supporter cette souffrance. Ce n'est qu'une petite peine. Mais c'est pour moi une peine insurmontable si quelqu'un me montre son amabilité, tout en me dressant des embûches à chaque pas.

Comme il faut avoir une grande force de volonté pour aimer cette âme en Dieu. Plus d'une fois, l'âme doit aller jusqu'à l'héroïsme, afin d'aimer cette âme comme Dieu l'exige. Si l'on avait peu de contacts avec elle, il serait plus facile de la supporter. Mais si l'on vit ensemble et qu'on expérimente ceci à chaque pas, cela exige un très grand effort.

1241. Mon Jésus, imprimez-Vous en moi, afin que je puisse Vous refléter ma vie durant. Divinisez-moi, pour que mes actes aient une valeur surnaturelle. Faites que j'aie pour chaque âme sans exception, amour, pitié et miséricorde. Ô mon Jésus, chacun de vos Saints reflète en sa personne l'une de Vos vertus ! Moi je désire refléter Votre Cœur compatissant et plein de Miséricorde. Je veux le glorifier.
Que Votre Miséricorde, ô Jésus, soit imprimée dans mon cœur et dans mon âme, tel un sceau ! Ce sera là mon emblème en cette vie et en l'autre. Glorifier Votre miséricorde est l'unique tâche de ma vie.

1242. Instruction du Père Andrasz. 15 août 1937.
Cet intervalle que Dieu a permis, (c'est-à-dire, cette sécheresse de l'âme et le sentiment de son misérable état) fait connaître à celle-ci, combien elle a peu de pouvoir par elle-même, et lui apprend à quel point il convient d'apprécier les grâces de Dieu
Le deuxième point : c'est la fidélité aux exercices et aux devoirs, la fidélité d'une façon générale, et en tout, comme dans les moments de joie.
Troisième point : en ce qui concerne cette affaire, il faut obéir totalement à l'Archevêque. Mais on peut, de temps à autre, la lui rappeler avec calme. Parfois un peu d'amère vérité est nécessaire.

A la fin de notre entretien, je lui ai demandé de me permettre d'avoir des entretiens avec Notre Seigneur Jésus, comme auparavant. Il m'a répondu : « Je ne peux donner des ordres à Notre Seigneur Jésus. S'Il vous attire Lui-même vers Lui, vous pouvez vous abandonner à cette attirance, mais souvenez-vous bien de le vénérer toujours grandement, car c'est un très grand Seigneur. Si vous cherchez vraiment en tout cela la volonté de Dieu et désirez l'accomplir, vous pouvez alors être tranquille, Dieu ne permettra aucune sorte d'écart. En ce qui concerne les mortifications et souffrances, vous me rendrez compte la prochaine fois de la façon dont vous les pratiquez. Je vous laisse sous la garde de la Très Sainte Vierge Marie. »
 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:31

1148. À un certain moment j'ai compris combien les âmes monastiques défendent leur propre renom sous couvert de défendre la gloire de Dieu. Il s'agit là non de louer Dieu, mais de faire leur propre éloge. Ô Jésus, comme cela me fut douloureux ! Quels secrets seront dévoilés au jour de Votre jugement ? Comment peut-on dérober les dons de Dieu ?

1149. J'ai eu aujourd'hui une grande contrariété de par certaine personne, c'est-à-dire par une personne appartenant au monde. Cette personne sur la foi d'un seul fait véridique, a raconté bien des choses imaginaires. Tout ceci fut cru véritable et répété par toute la maison. Lorsque cela arriva à mes oreilles, j'en ai eu le cœur serré. Comment peut-on ainsi abuser de la bonté d'autrui ? J'ai décidé cependant de ne pas dire un mot pour ma défense et de témoigner encore plus de bonté envers cette personne Mais je me suis aperçue que j'avais trop peu de forces pour supporter ceci avec calme, car cela se prolongea des semaines durant. Lorsque je vis que l'orage s'amoncelait et que le vent commençait à jeter du sable dans les yeux, je suis allée devant le Très Saint Sacrement et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, je Vous prie de me donner la force du secours de Votre grâce, car je sens que je ne viendrai pas à bout de cette lutte.. Protégez-moi de Votre poitrine ! » J'entendis alors ces paroles : « N'aie pas peur, Je suis avec toi ! » -Lorsque j'eus quitté l'autel, une force étrange et un grand calme envahirent mon âme Et l'orage qui faisait rage se brisa sur mon âme, comme sur un rocher. Et l'écume de cet orage retomba sur ceux qui l'avaient soulevé. Oh ! Que le Seigneur est bon ! Il rémunère chacun selon ses actes. Que toute âme implore ainsi l'aide d'une « grâce actuelle » lorsque la « grâce habituelle » est insuffisante.

1150. Quand la douleur s'empare de toute mon âme,
Et que l'horizon s'assombrit comme la nuit,
Le cœur déchiré d'un supplice de géhenne,
Alors, Jésus crucifié, Tu es toute ma vie.

Quand l'âme torturée de terribles douleurs,
Redouble ses efforts et lutte sans répit,
Et que le cœur se meurt en un amer tourment,
Jésus crucifié, Tu es l'espoir du salut.

Ainsi les jours passent,
L'âme baigne en une mer d'amertume,
Le cœur fond en larmes,
Jésus crucifié, Tu es pour moi l'aurore.

Et lorsque le calice d'amertume déborde,
Et que tout contre elle s'est conjuré,
Que l'âme descend au Jardin des Oliviers,
Jésus Crucifié, en Toi j'ai ma défense.

Quand l'âme forte de son innocence,
Reçoit de son Dieu cet insigne pouvoir,
Quand le cœur est capable de rendre amour pour tourment,
Jésus crucifié, ma faiblesse en force universelle se change.

1151. Ce n'est pas chose facile de supporter gaiement la souffrance, surtout si elle est imméritée. La nature corrompue se révolte. Et bien que la volonté et la raison surmontent la souffrance (puisque l'une et l'autre peuvent faire du bien à ceux qui causent cette souffrance), pourtant cette émotion a bien des répercutions dans l'âme. En tous points semblables à l'âme inquiète, l'émotion s'attaque à la volonté, à la raison. Mais voyant que seule, elle ne peut rien, elle se calme et s'abandonne à la raison et à la volonté.
Comme un épouvantail elle tombe dans l'âme en faisant beaucoup de bruit. Essayez seulement de l'écouter, elle, alors qu'elle n'est pas sous la coupe de la volonté et de la raison !

1152. 23 juin 1937. Alors que je priais devant le Très Saint Sacrement, tout à coup mes souffrances physiques cessèrent et j'entendis une voix en mon âme : « Tu vois, Je peux tout te donner en un moment. Aucune loi ne Me gêne ».

24 juin. Le lendemain, après la Sainte Communion, j'entendis ces paroles : « Saches, Ma fille, qu'en un moment Je puis te donner tout ce qui t'est nécessaire pour accomplir cette œuvre ! » Une merveilleuse lumière demeura en mon âme après avoir entendu ces paroles et tous les désirs de Dieu me semblèrent si faciles qu'un petit enfant pourrait les réaliser.

1153. 27 juin1937. J'ai vu aujourd'hui, le couvent de cette nouvelle Congrégation. C'est un bâtiment très large et très grand. J'en ai visité chaque partie, l'une après l'autre, et je me suis rendu compte que partout, la divine Providence avait pourvu à tout ce qui était nécessaire. Les personnes vivant dans ce couvent ne portaient pas encore l'habit religieux, mais l'esprit monastique y régnait totalement. Et j'organisais tout, comme le souhaitait le Seigneur. Tout à coup je fus apostrophée par l'une de nos Sœurs : « Comment pouvez-vous, ma Sœur, accomplir une telle œuvre ? » Je répondis : « Ce n'est pas moi mais le Seigneur qui le peut, par mon intermédiaire. Je possède l'autorisation pour tout. » Durant la Messe, la lumière se fit en moi, de même que la profonde compréhension de toute cette œuvre ; et pas l'ombre d'un doute ne demeura dans mon âme.

1154. Le Seigneur m'a fait connaître pour ainsi dire trois nuances de Sa volonté, mais cela revient au même.
La première est que les âmes retirées du monde brûleront en offrande devant le trône de Dieu et imploreront miséricorde pour le monde entier... Elles demanderont la bénédiction pour les prêtres et prépareront le monde, par leur prière, à l'avènement final de Jésus.

1155. La deuxième réside en la prière unie à l'acte de miséricorde. Ces âmes défendront particulièrement les enfants contre l'esprit du mal. Prières et acte de Miséricorde contiennent en soi tout ce que ces âmes devront mettre en œuvre. Et au sein de cette Congrégation, pourrons être admises même les plus pauvres. Elles essayeront d'éveiller l'amour et la Miséricorde de Jésus dans ce monde égoïste.

1156. La troisième consiste en prière et acte de miséricorde, sans aucune obligation de prononcer des vœux. Cependant ce faisant, les âmes auront droit à tous les mérites et privilèges de l'ensemble A cette troisième catégorie peuvent appartenir tous les gens vivant dans le monde.

1157. Tout participant devra accomplir au moins un acte quotidien de miséricorde ; au moins, car il peut y en avoir beaucoup, puisqu'il est aisé pour chacun, même pour le plus misérable, de faire un acte de miséricorde. Car l'accomplissement a trois aspects : d'abord, la parole miséricordieuse qui est pardon et consolation. Deuxièmement, si la parole est inutile, il faut utiliser la prière, et cela est miséricorde. Troisièmement l'acte de miséricorde. Et lorsque viendra le dernier jour, nous serons jugés sur cela. Et c'est sur ces bases, que sera prononcé notre jugement pour l'éternité.

1158. Les écluses de Dieu se sont entr'ouvertes pour nous, profitons-en donc avant que n'arrive le Jour de la Justice de Dieu, ce jour terrifiant.

1159. Lorsqu'un jour, j'ai demandé à Notre Seigneur comment il se fait qu'Il puisse tolérer tant de forfaits et tant de crimes sans les châtier, le Seigneur me répondit : « J'ai l'éternité pour les punir. Maintenant Je prolonge le temps de la miséricorde. Mais malheur à ceux qui ne savent pas reconnaître le moment de Ma visite. Ma fille, secrétaire de Ma Miséricorde, tu as non seulement l'obligation d'écrire et de prêcher Ma miséricorde aux âmes, mais encore celle de leur en obtenir la grâce, afin qu'elles aussi, glorifient Ma Miséricorde. »

1160. Aujourd'hui, mon âme a ressenti de si grands tourments que j'ai entrepris de me plaindre à Notre Seigneur : Jésus, comment pouvez-Vous me laisser seule ? Je ne peux faire toute seule, un seul pas en avant. Vous m'avez pris mon confesseur et Vous-même, Vous Vous cachez de moi. Vous savez bien, Jésus, que je ne sais, ni ne peux rien de plus par moi-même, si ce n'est laisser perdre Vos grâces. Jésus, faites que les circonstances s'arrangent afin que le Père Andrasz revienne ! » Pourtant les tourments demeurent.

1161. L'idée m'est alors venue d'aller trouver un prêtre pour lui confesser mes tourments, ainsi que diverses inspirations, afin qu'il les résolvent. J'ai même fait part de cette idée à la Mère Supérieure. La Mère me répondit : « Je comprends, ma Sœur, que vous vivez des moments difficiles, mais vraiment, je ne vois pour le moment aucun prêtre qui puisse vous convenir. Le prêtre va d'ailleurs bientôt revenir. Et jusque là vous pouvez, ma Sœur, vous confesser de tout au Seigneur. »

1162. Durant une conversation avec le Seigneur j'entendis une voix en mon âme : « Ma fille, Je ne donne pas Ma grâce, pour que tu la révèles ailleurs, et même si tu te confessais, Je ne donnerais pas à un autre prêtre la grâce de te comprendre. Actuellement il me plaît que tu te supportes patiemment toute seule. Ma fille, il n'entre point dans mes vues que tu parles à tous des dons que je t'ai accordés. Je t'ai mise sous la protection de l'ami de Mon Cœur. C'est sous sa direction que s'épanouira ton âme. C'est à lui que J'ai accordé la lumière pour la compréhension de Ma vie en ton âme.

1163. Lorsque J'étais devant Hérode, Ma fille, je t'ai obtenu une grâce, c'est que tu saches te tenir au-dessus du mépris humain, et que tu marches fidèlement sur Mes traces. Fais silence, lorsqu'ils ne veulent point reconnaître la vérité quand elle vient de toi. Car c'est alors que tu parles éloquemment.

1164. Tu sais bien, Ma fille, qu'en tendant à la perfection, tu sanctifieras bien des âmes. Et que si tu ne tendais pas à la Sainteté, de même bien des âmes demeureraient imparfaites. Sache bien que leur perfection dépendra de la tienne et que la plus grande part de responsabilité, en ce qui concerne les âmes, retombera sur toi. »

1165. Puis Il me dit : « Ne crains rien, Mon enfant, mais garde confiance en Ma grâce seule !.. »

1166. Satan m'a avoué que j'étais l'objet de sa haine. « Mille âmes me font moins de dommages, m'a-t-il dit, que toi, lorsque tu parles de la Grande Miséricorde du Tout-Puissant. Les plus grands pécheurs reprennent confiance et reviennent à Dieu. Et moi, dit le mauvais esprit, je perds tout. Mais qui plus et, tu me poursuis moi-même avec cette insondable Miséricorde du Tout Puissant. » J'ai pris conscience de la haine de Satan envers la Miséricorde de Dieu. Il ne veut pas reconnaître que Dieu est bon.

1167. 29juin 1937. Aujourd'hui, durant le petit déjeuner, le Père Andrasz a salué toute la Congrégation par téléphone. Il est de retour et cet après-midi même, il est venu chez nous. Les Sœurs professes, les novices et les deux classes d'élèves, se réunirent dans la cour où nous attendîmes notre cher Père revenu de Rome. Les enfants lui souhaitèrent la bienvenue par des chants et des poèmes. Puis nous lui avons demandé de nous parler de Rome et des belles choses qu'il a vues là bas. Il nous a raconté tout cela pendant plus de deux heures. Par contre il n'a pas eu le temps pour un entretien particulier.

1168. Aujourd'hui mon âme est entrée en étroite union avec le Seigneur. Il me fit connaître que je devais toujours m'abandonner à Sa sainte volonté. « En un instant je peux te donner plus que tu n'es en état de désirer. »

1169. 30 juin 1937. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « J'ai souvent voulu distinguer cette Congrégation, mais Je ne le peux à cause de son orgueil. Tu sais, Ma fille, qu'aux âmes orgueilleuses, je n'accorde pas de grâces. Et même celles que j'accorde, Je les reprends ! »

1170. Aujourd'hui Sœur Yolande m'a demandé de faire un accord avec elle; Elle priera pour moi et je prierai pour sa classe de Wilno. Quant à moi, je prie toujours pour notre oeuvre. Mais j'ai décidé de prier pendant deux mois pour sa classe de Wilno et Sœur Yolande dira, chaque jour, à mon intention trois Ave Maria au Verbe Incarné afin que la grâce de Dieu me soit accordée. Notre amitié s'en est trouvée renforcée.

1171. 1er juillet 1937. Mois de juillet.
Aujourd'hui pendant l'Angélus, le Seigneur m'a fait comprendre l'inconcevable amour de Dieu envers les hommes ; Il nous élève jusqu'à Sa divinité, inspiré uniquement par Son amour et Son insondable Miséricorde. L'Ange informe du mystère. Dieu seul l'accomplit.

1172. Malgré le calme profond dont jouit mon âme, je lutte sans cesse et parfois, je mène un dur combat afin de suivre fidèlement ma route, car telle est la voie que le Seigneur Jésus désire que je prenne. Ma voie est faite de fidélité à la volonté de Dieu en tout, et toujours ; et particulièrement de fidélité à mon inspiration intérieure, afin d'être un instrument efficace dans la main de Dieu pour mener à bien Son Œuvre d'insondable Miséricorde.

1173. 4 juillet 1937. Premier Dimanche du mois. Retraite mensuelle Le soir, je me suis préparée très méticuleusement et j'ai longuement prié le Saint Esprit afin qu'il veuille m'accorder Sa lumière et me prendre sous Sa direction particulière. Je fis de même envers la Mère de Dieu, mon Ange Gardien et les Saints Patrons.

1174. Fruit de ma méditation.
Tout ce que Jésus a fait, fut bien fait. « Il passa en faisant le bien. » Son attitude fut pleine de bonté et de Miséricorde. La pitié dirigeait Ses pas. Il montra bonté, aménité, compréhension envers Ses ennemis, comme envers ceux qui avaient besoin d'aide ou de consolation. Ce mois-ci, j'ai décidé de refléter fidèlement en moi ces traits de Jésus, même si cela devait me coûter beaucoup.

1175. Pendant l'Adoration, j'entendis une voix en mon âme : « Tes efforts, Ma fille, Me sont agréables. Ils font les délices de Mon Cœur. Je vois chaque mouvement de ton cœur, de ce cœur avec lequel tu M'adores. »

1176. Résolutions particulières.
Toujours la même : M'unir au Christ Miséricordieux. Par Sa douloureuse Passion, j'implorerai le Père des Cieux pour le monde entier.
Point important de la règle : observer un silence rigoureux.
Descendre dans la profondeur de Son Etre et remercier Dieu de tout en m'unissant à Jésus. Avec Lui, en Lui et par Lui, je rends gloire à Dieu.

1177. Ô Seigneur, mon amour, je Vous remercie de m'avoir permis, en ce jour, de puiser des trésors de grâces à la source de Votre insondable Miséricorde. Ô Jésus, non seulement aujourd'hui, mais à tout instant, je reçois tout de Votre insondable Miséricorde, tout ce que l'âme et le corps peuvent désirer.

1178. 7 juillet 1937. Dans les moments d'incertitudes, c'est-à-dire lorsque l'âme est affaiblie, que l'âme demande à Jésus d'agir Lui-même, et quoi qu'elle sache qu'elle devrait agir par la grâce divine, pourtant, à certains moments, il convient de laisser le champ d'action à Dieu.

1179. 15 juillet 1937. A un certain moment j'ai su que j'allais être transférée dans une autre maison. Cette connaissance était toute intérieure. Au même moment j'entendis une voix en mon âme : « Ne crains rien, Ma fille, Ma volonté est que tu demeures ici. Les projets humains vont être contrecarrés et l'on devra se conformer à Ma volonté. »

1180. Quand je fus tout prêt du Seigneur, Il me dit : « Pourquoi appréhendes-tu de commencer l'œuvre que je t'ai commandée ? » Je répondis ; Pourquoi Jésus, dans ces moments-là, me laissez-vous seule ? Et pourquoi est-ce qu'alors je ne ressens plus aucunement Votre présence ? » - « Ma fille, même si tu peux Me percevoir dans les plus secrètes profondeurs de ton cœur, tu ne peux affirmer que J'en suis absent. Ce que Je t'enlève, c'est seulement la sensation de Ma personne. Et cela ne devrait pas être une difficulté pour toi dans l'exécution de Ma volonté. Je fais ceci pour accomplir Mes insondables desseins que tu connaîtras plus tard.
Ma fille, sache bien, une fois pour toute, que seul le péché grave Me chasse de l'âme et rien d'autre. »

1181. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Ma fille, délectation et prédilection de Mon Cœur, rien ne M'empêche de t'accorder Ma grâce. Ta misère ne s'oppose en rien à Ma Miséricorde. Ma fille, écrit que plus la misère de l'âme est grande, plus celle-ci aura droit à Ma Miséricorde. Et encourage toutes les âmes la confiance en l'inconcevable abîme de Ma Miséricorde. Car Je désire leur salut à toutes. La source de Ma Miséricorde a été largement ouverte sur la croix, par la blessure de la lance, et depuis elle coule pour toutes les âmes, sans aucune exception. »

1182. Ô Jésus, je désire vivre le moment qui passe, vivre comme si ce jour devait être le dernier pour moi. Je désire profiter de chaque instant, pour la plus grande gloire de Dieu. Je désire retirer de chaque circonstance un bienfait pour mon âme, et regarder tout de ce point de vue. Rien n'arrive sans la volonté de Dieu.
Dieu d'insondable Miséricorde, envahissez le monde entier et déversez-Vous sur nous, par le Cœur compatissant de Jésus.

Je note ici d'anciens souvenirs :
1183. Un soir, j'ai vu le Seigneur Jésus sur la Croix. De Ses mains, de Ses pieds et de Son côté, coulait Son Très Saint Sang. Puis Jésus me dit : « Tout cela, c'est pour le salut des âmes. Examine bien, Ma fille, ce que tu fais, toi, pour leur salut. » J'ai répondu : « Jésus, lorsque je contemple Votre supplice, je vois que ce que je fais pour le salut des âmes n'est presque rien. » Et le Seigneur m'a dit : « Sais-tu, Ma fille que tes tourments quotidiens, ton total abandon à Ma volonté conduisent bien des âmes au Ciel ?
Et lorsqu'il te semble que la souffrance dépasse tes forces, contemple Mes Plaies et tu t'élèveras alors au-dessus du mépris et des jugements humains. Examiner en toi Mon supplice t'aidera à t'élever au-dessus de tout. » J'ai compris alors bien des choses que je ne pouvais concevoir avant.

1184. 9 juillet 1937. Ce soir, est venue à moi l'une de nos Sœurs disparues qui m'a demandé de lui consacrer un jour de jeûne, et d'offrir à son intention, ce même jour, tous mes exercices spirituels. J'ai répondu que je le ferai.

1185. Dès le lendemain matin, je me suis donc empressée de consacrer ce jour à cette intention. Durant la Sainte Messe, j'ai vécu un moment le supplice de cette Sœur. J'ai ressenti en mon âme une telle faim de Dieu, qu'il me semblât mourir du désir de m'unir à Lui. Cela dura peu de temps, mais j'ai compris ce qu'est cette nostalgie de l'âme au Purgatoire.

1186. Immédiatement après la Sainte Messe, j'ai demandé à la Mère Supérieure de m'autoriser à jeûner, ce que je n'ai pas obtenu, parce que je suis malade. En entrant à la Chapelle, j'entendis ces paroles : « Si vous aviez jeûné, ma Sœur, je n'aurais obtenu de soulagement à ma peine que ce soir seulement. Mais grâce à votre obéissance qui vous a empêchée de jeûner, j'ai obtenu ce soulagement immédiatement. C'est une grande force que l'obéissance... » Après ces paroles j'entendis : « Dieu vous le rende ! »

1187. Souvent je prie pour la Pologne, mais je vois que Dieu est très fâché contre elle, à cause de son ingratitude. Je me concentre de toute mon âme, afin de la défendre. Je rappelle sans cesse à Dieu Sa promesse de Miséricorde. Quand je vois Sa colère, je me jette avec confiance dans l'abîme de Miséricorde, et j'y plonge toute la Pologne et cette fois Dieu ne pourra user de Sa Justice. Ô ma Patrie, combien tu me coûtes ! Il n'y a pas de jour où je ne prie pour toi.

1188. Propos de Saint Vincent de Paul : « Le Seigneur met toujours la Main à l'œuvre lorsqu'Il écarte tous les moyens humains et nous ordonne d'accomplir ce qui dépasse nos forces. »

1189. Jésus : « De toutes Mes Plaies, comme d'un ruisseau coule la Miséricorde pour les âmes. Mais la blessure de Mon Cœur est la source de l'insondable Miséricorde. De cette source jaillissent toutes les grâces destinées aux âmes. Les flammes de la pitié me brûlent. J'ai l'ardent désir de les communiquer aux âmes humaines. Parle de Ma Miséricorde au monde entier. »

1190. Aussi longtemps que nous vivons, l'amour de Dieu grandit en nous. Nous devrions jusqu'à la mort, nous efforcer d'obtenir l'amour de Dieu. J'ai appris et j'ai expérimenté que l'on reconnaît les âmes vivant dans une atmosphère d'amour divin, à ce qu'elles ont de grandes lumières sur toutes choses divines, tant en leur âme que dans les âmes des autres. Et les âmes simples, sans instruction, se distinguent par leur savoir.

1191. À la quatorzième station de la Passion, je ressens l'étrange impression que Jésus va en terre.
Lorsque mon âme est tourmentée, je pense seulement ceci : Jésus est bon et plein de Miséricorde, et même si la terre devait me manquer sous les pieds, je ne cesserais pas de Lui faire confiance.

1192. Aujourd'hui j'ai entendu ces mots : « Ma fille, prédilection de Mon Cœur, c'est avec grand plaisir que Je contemple ton âme. Il y a bien des grâces que Je n'accorde qu'à cause de toi. Je suspends aussi bien des châtiments uniquement à cause de toi. Tu me retiens et Je ne peux revendiquer Mes droits. Tu me lies les mains par ton amour. »

1193. 13 juillet 1937. Aujourd'hui Jésus m'a donné quelques lumières sur l'attitude que je dois avoir envers une Sœur qui m'a questionnée sur bien des sujets touchant l'âme et sur lesquels elle avait des doutes. Mais au fond, ce n'était pas de cela qu'il s'agissait. Elle voulait se convaincre de mes opinions sur ces sujets, afin d'avoir la possibilité d'informer les autres Sœurs sur moi. Oh! Si au moins, elle répétait les mots mêmes que je lui ai dit, sans les déformer ni en rajouter. Jésus m'a mise en garde contre cette âme. J'ai pris la décision de prier pour elle, car seule la prière peut l'éclairer.

1194. Ô mon Jésus, rien ne peut rabaisser mon idéal, c'est-à-dire l'amour que j'ai envers Vous. Je ne crains pas d'aller de l'avant, bien que le chemin soit terriblement épineux. Même si une grêle de persécutions devait s'abattre sur moi, même si mes amis devaient m'abandonner, même si tout devait se liguer contre moi et que l'horizon s'assombrisse, même si l'orage devait faire fureur et que je me sente seule face à tout cela, c'est alors qu'en toute tranquillité je ferais confiance à Votre Miséricorde, ô mon Dieu, et mon espoir ne sera pas déçu.

1195. Aujourd'hui j'ai ressenti une grande souffrance aux endroits des plaies à l'approche d'une Sœur au réfectoire. Cette Sœur était de service. Il me fut donné de connaître l'état de son âme. J'ai beaucoup prié pour elle.

1196. A propos de l'apaisement de l'orage. Cette nuit, il y eut un terrible orage. Je me suis courbée la face contre terre et j'ai commencé à réciter les litanies de Tous les Saints. Vers la fin de ces litanies, le sommeil me prit si bien que je ne pus en aucune façon terminer cette prière. Alors je me suis levée et j'ai dit au Seigneur :
« Jésus, apaisez cet orage, car Votre enfant est incapable de prier plus longtemps et le sommeil l'accable ». Puis j'ai ouvert toute grande la fenêtre sans même mettre le crochet. Sœur N. m'a dit alors : « Que faites-vous, ma Sœur ? Voyons, la bourrasque va arracher la fenêtre ». Je lui ai répondu de dormir tranquille, et tout à coup, l'orage s'est complètement apaisé. Le lendemain, les Sœurs commentèrent ce brusque apaisement de l'orage, ne sachant comment l'expliquer. Je n'ai rien répondu à cela. J'ai seulement pensé en moi-même : Jésus et Faustine savent ce que cela signifie...

1197. 20 juillet 1937. J'ai appris aujourd'hui que je dois me rendre à Rabka ? Je ne devais y aller qu'après le 5 août, mais j'ai prié la Mère Supérieure de m'autoriser à m'y rendre dès maintenant. Je n'ai pas vu le Père Andrasz et j'ai demandé de partir au plus vite. La Mère Supérieure s'est un peu étonnée que je veuille partir si vite. Cependant, je ne m'en suis pas expliquée, de même que je n'ai donné aucune explication sur moi-même. Cela restera un secret pour l'éternité Dans ces circonstances j'ai pris une décision à laquelle je me tiendrai.

1198. 29 juillet. Aujourd'hui je dois partir pour Rabka. Je suis entrée un moment à la Chapelle et j'ai prié Notre Seigneur Jésus de m'accorder un bon voyage. Pourtant mon âme est comme plongée dans l'obscurité. Je sens que je suis seule, je n'ai personne. J'ai demandé à Jésus d'être avec moi. Alors j'ai senti en mon âme un rayon de lumière, preuve que Jésus était avec moi. Mais après cette faveur, l'obscurité se renforça et la nuit se fit encore plus profonde en mon âme. Alors j'ai dit : « Que Votre volonté soit faite, car tout est en Votre pouvoir ! » Dans le train, quand je regardais par la fenêtre et que je voyais le ravissant paysage et les montagnes, je ressentais encore plus de tourments en mon âme. Et lorsque les Sœurs me souhaitèrent la bienvenue et commencèrent à m'entourer de leur affectueuse cordialité, mes souffrances redoublèrent.

1199. J'aurais voulu me cacher et me reposer un moment dans la solitude, en un mot demeurer seule. Dans de tels moments aucune créature n'est en état de me consoler et même si je voulais parler de moi-même, j'éprouverais de nouveaux tourments. C'est pourquoi à ces moments-là, je me tais, m'abandonnant silencieusement à la volonté de Dieu et cela m'apporte l'apaisement. Je n'exige rien des créatures. Je ne les fréquente que par nécessité. Je ne peux me confier, à moins que cela ne soit nécessaire à la gloire de Dieu. Je n'ai de commerce qu'avec les Anges.

1200. Cependant ma mauvaise santé s'est aggravée ici au point que je suis obligée de garder le lit. Je ressens d'étranges douleurs aiguës dans toute la cage thoracique. Je ne peux même pas remuer les bras. Une nuit j'ai dû demeurer couchée sans pouvoir bouger, car il me semblait que, si je bougeais, tout se déchirerait dans mes poumons. Cette nuit m'a parue sans fin : je me suis unie à Jésus crucifié et j'ai imploré le Père des Cieux pour les pécheurs. On dit que la maladie pulmonaire ne provoque pas de souffrances aussi aiguës et pourtant, j'éprouve sans cesse des souffrances atroces. Ma santé s'est tant aggravée ici, que je dois garder le lit et Sœur N. a dit que je ne me porterai pas mieux ici, car l'air de Rabka n'est pas bon pour tous les malades.

1201. Aujourd'hui je n'ai même pas pu me rendre à la Sainte Messe, ni communier. Mais en proie aux souffrances de l'âme et du corps je me répétais : « Que soit faite la volonté du Seigneur ! Je sais que votre générosité est infinie. » J'entendis alors l'Ange qui chanta le chant de toute ma vie, tout ce qu'elle contenait. Je m'en suis étonnée mais également fortifiée.

1202. Saint Joseph me demande d'avoir pour lui une incessante dévotion. Il m'a dit lui-même de réciter chaque jour trois Pater et un « Souvenez-Vous ». Il est enclin à beaucoup de bienveillance et m'a fait savoir qu'il appuie cette œuvre. De même il m'a promis une aide particulière ainsi que sa protection. Chaque jour je dis les prières demandées et je ressens sa protection particulière.

1203. Premier août 1937. Retraite d'un jour. Retraite de souffrance. Ô Jésus, en ces jours de souffrance, accablée de corps et d'âme, je ne suis capable d'aucune prière ! Ô mon Jésus, Vous voyez bien que Votre enfant est réduite à l'impuissance ! Je ne tente d'autre effort que de soumettre ma volonté à celle de Jésus. Ô Jésus, Vous êtes toujours Jésus pour moi !

1204. Lorsque j'allai me confesser ne sachant même plus le faire, le prêtre cependant comprit immédiatement l'état de mon âme et me dit : « Malgré tout, vous faites votre salut. Vous êtes sur le droit chemin. Mais il se peut que l'ancienne lumière ne revienne plus et que Dieu laisse votre âme jusqu'à la mort dans ces ténèbres et ce déclin de l'âme. Abandonnez vous en tout à la volonté de Dieu !»

1205. Aujourd'hui j'ai commencé une neuvaine à Notre-Dame de l'Assomption, dans trois intentions : la première afin que je puisse rencontrer l'abbé Sopocko ; la deuxième afin que Dieu presse l'exécution de cette œuvre ; la troisième : à l'intention de Ma Patrie.

1206. 10 août. Je dois retourner à Cracovie, aujourd'hui accompagnée d'une Sœur. Mon âme baigne dans la souffrance, mais par un acte de volonté, je m'unis sans cesse à Dieu. Il m'est force et puissance.

1207. Soyez béni, ô mon Dieu, pour tout ce que Vous m'envoyez ! Sans Votre volonté, il n'est rien de nouveau sous le soleil. Je ne peux percer Votre secret à mon égard, mais j'appuie mes lèvres au calice qui m'est offert.
Jésus, j'ai confiance en Vous !
 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:28

1088. Le 14 avril, je me sentais si mal que j'ai éprouvé des difficultés à me lever pour aller assister à la Sainte Messe. Je me sentais bien plus malade que lorsqu'on m'envoya en traitement. Je souffrais de forts râles et ronflements dans les poumons, et de bizarres douleurs. Lorsque je reçus la Sainte Communion, je ne sais pourquoi, ou plutôt comme si quelque chose m'y poussait, je commençai à dire la prière suivante : « Jésus, que Votre Sang pur et sain circule dans mon organisme malade ! Que Votre Corps pur et sain transforme mon corps débile ! Que se propage en moi une vie saine et forte, s'il est vrai que Votre sainte volonté est que j'entreprenne l'œuvre en question et cela me sera la marque expresse de Votre sainte volonté ! »
Après avoir ainsi prié, j'ai ressenti subitement une sorte d'élancement dans tout l'organisme, et je me suis sentie tout à coup complètement rétablie. Ma respiration est aussi normale que si je n'avais jamais été malade des poumons et je ne ressens plus aucune douleur. Ce qui est, pour moi, la preuve que je dois me mettre à l'œuvre.
Cela se passa le dernier jour de la neuvaine que je faisais au Saint Esprit.

1089. Après ce retour à la santé, je me suis trouvée unie à Notre Seigneur Jésus de façon purement spirituelle. Jésus me donna de fortes assurances, c'est-à-dire qu'Il me confirma Ses exigences. Durant tout le jour, je demeurai dans cette intimité avec Notre Seigneur Jésus et je Lui parlai de détails concernant la nouvelle Congrégation.

Jésus a infusé dans mon âme force et courage pour l'action et je comprends maintenant que le Seigneur, s'Il réclame quelque chose d'une âme, lui donne la possibilité de l'accomplir, et par l'intermédiaire de la grâce la rend capable de cet accomplissement. S'agirait-il donc de l'âme la plus misérable, elle peut sur l'ordre du Seigneur entreprendre des choses qui dépassent son entendement. Et c'est là justement le signe par lequel on peut reconnaître que c'est l'œuvre du Seigneur, si se révèlent en cette âme ce pouvoir et cette force de Dieu, qui rendent l'âme courageuse et vaillante. En ce qui me concerne, au premier abord, la grandeur du Seigneur m'effraye toujours un peu. Mais par la suite, une paix profonde que rien ne peut troubler, pénètre en mon âme, ainsi que la force intérieure, pour l'accomplissement de ce qu'exige le Seigneur à ce moment-là.

1090. Et j'entendis ces mots : « Va et dis à la Supérieure que tu es en bonne santé. »
Combien de temps serais-je en bonne santé ? Je ne le sais, ni le demande. Je sais seulement que je jouis en ce moment d'une bonne santé. L'avenir ne m'appartient pas. J'ai demandé la santé comme signe de la volonté de Dieu, et non, pour chercher un soulagement à ma souffrance.

1091. 16 avril 1937. Aujourd'hui, quand le sentiment de la Majesté de Dieu m'a envahie, mon âme a su que le Seigneur quoique si grand, se complaît dans les âmes pleines d'humilité. Plus l'âme s'abaisse, plus le Seigneur s'approche d'elle avec bienveillance, s'unissant étroitement à elle, l'élevant jusqu'à Son Trône. Heureuse l'âme que le Seigneur Lui-même défend ! J'ai su que seul l'amour a de la valeur, que l'amour est toute grandeur et que rien ne peut égaler un seul acte de pur amour envers Dieu, rien, aucune œuvre.

1092. Ô Jésus, protégez-moi de Votre miséricorde ! Et de même, jugez-moi avec bienveillance, car sinon, Votre justice peut me perdre, à juste titre !

1093. 17 avril. Aujourd'hui, pendant le cours de catéchisme, j'ai été confirmée en la croyance (que je ne comprenais d'ailleurs en mon for intérieur depuis longtemps) qu'une âme aimant Dieu sincèrement, et intimement unie à Lui, bien que vivant extérieurement dans des conditions difficiles, peut vivre pure et intacte au milieu de la corruption. Rien n'a le pouvoir de gêner sa vie intérieure, car l'immense amour de Dieu lui donne la force de lutter. Et d'autre part, Dieu prend particulièrement la défense de l'âme qui L'aime sincèrement et le fait parfois même de façon miraculeuse.

1094. Lorsqu'un jour, Dieu me fit connaître intérieurement que je n'avais jamais perdu l'innocence. Et malgré les divers dangers où je me suis trouvée, Lui-même avait veillé à ce que demeure intacte la virginité de mon âme et de mon cœur. Je passai alors ce jour en ardentes actions de grâces. Je remercie Dieu d'avoir bien voulu me protéger du mal et également d'avoir trouvé grâce à Ses yeux et enfin de condescendre à m'en assurer Lui-même.

1095. Quelques années plus tard, Il voulut bien me le confirmer. A dater de ce moment, je n'ai plus connu aucune révolte des sens contre l'âme. J'ai écrit cela en détail dans un autre journal. A chaque fois que je me souviens de cette inestimable grâce, explose dans mon cœur un nouveau feu d'amour et de gratitude envers Dieu. Et cet amour-là me mène à l'oubli complet de moi-même.

1096. Depuis ce temps-là, je vis sous la protection virginale de Marie qui me garde et m'édifie. Je suis bien tranquille près de Son Cœur Immaculé, car je suis si faible et si inexpérimentée que je me blottis dans son Cœur comme un petit enfant.

1097. Bien que Dieu m'ait confirmée dans cette vertu, pourtant je veille sans cesse et crains jusqu'à ma propre ombre, tellement j'ai pris Dieu en affection.

1098. Cette grâce divine ne m'a été donnée que parce que j'étais le plus faible des êtres humains, et c'est pourquoi Dieu m'entoura de Sa particulière et toute puissante Miséricorde.

1099. 24 avril. A l'avance, je sens s'annoncer chacune des grandes grâces. Une étrange langueur et un étrange désir de Dieu m'envahissent. Je suis en attente de cette grâce, plus elle est grande, plus grand est le pressentiment, et plus forte, la querelle avec l'adversaire de mon salut.

Parfois mon âme se trouve dans un état que je ne peux évoquer qu'en utilisant une comparaison : ce sont deux bons amis, l'un d'eux prépare un grand festin auquel il invite son ami. L'un et l'autre se réjouissent, mais l'heure du festin est fixée. Les moments qui précèdent la grâce, sont si pressants qu'il m'est difficile de les décrire. Ils sont caractérisés par une pénible langueur et un feu d'amour. Je sens que le Seigneur est là, mais je ne peux complètement m'abîmer en Lui, car ce n'est pas encore l'heure. Dans un tel moment, je me suis trouvée plus d'une fois tout à fait démunie de grâces tant d'esprit et de volonté que de cœur. Je demeure toute seule et j'attends l'Unique Dieu. C'est Lui- même qui arrange cela en moi avant Son arrivée.

1100. 23 avril 1937. Aujourd'hui j'ai commencé trois jours de retraite.
Le soir, j'ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, sache bien que c'est à toi que Je parle tout particulièrement par l'intermédiaire de ce prêtre afin que tu ne doutes pas de ce que Je requiers ! » Dès la première méditation, les paroles de ce prêtre à propos de mon âme m'avaient frappée. C'étaient les paroles suivantes : « Il m'est interdit de contrecarrer tant la volonté de Dieu que Sa complaisance, quelles qu'elles soient. Puisque je me suis convaincue de la vérité et de l'authenticité de la volonté de Dieu sur moi, j'ai le devoir de l'accomplir, personne ne peut me libérer de ce devoir.
Quelle que soit cette volonté de Dieu, du moment que j'en ai connaissance, je dois la remplir. » C'est là un petit aperçu, mais toute cette méditation m'a pénétré l'âme et je n'ai aucun doute, je sais ce que Dieu exige de moi et qu'il me faut accomplir.

1101. Il y a au cours de la vie des moments où l'on prend conscience de soi-même, c'est-à-dire de ces moments qui baignent dans la lumière de Dieu, où l'âme se trouve alors intérieurement instruite de choses qu'elle n'a lues dans aucun livre ; et personne parmi les hommes n'a pu l'en instruire. Ce sont là des moments d'approfondissement de soi-même, que Dieu accorde à l'âme. Ce sont là de grands secrets... Souvent j'obtiens la lumière, la possibilité de connaître la vie et l'humeur intime de Dieu : cela m'emplit d'une indicible confiance et d'une joie que je ne puis contenir en moi. Je désire alors me fondre toute en Lui...

1102. La quintessence de l'amour est le sacrifice et la souffrance. La vérité porte une couronne d'épines... La prière procède de la raison, de la volonté et du sentiment.

1103. Il y eut aujourd'hui un bien bel enseignement à propos de la bonté et de la miséricorde de Dieu ! Durant cette conférence, mon âme éprouva l'amour de Dieu et comprit que le langage de Dieu est vivant.

1104. Ma principale résolution est toujours la même : m'unir au Christ miséricordieux et garder le silence
La fleur que je dépose aux pieds de Notre Dame, en ce mois de mai, c'est m'exercer au silence.

1105. La vertu qui n'est pas prudente, n'est pas vertu. Nous devrions prier souvent le Saint-Esprit de nous accorder la grâce d'être réservé et prudent. La prudence est formée d'une prise en considération, d'une réflexion raisonnable et d'une ferme résolution. La décision définitive nous revient toujours en dernier lieu. Il nous faut décider, donc nous pouvons et devons demander conseil et chercher la lumière...

1106. Aujourd'hui durant la méditation, Dieu m'a donné la lumière intérieure et la compréhension de ce qu'est la sainteté et en quoi elle consiste. Quoique j'ai entendu ces choses bien des fois, pendant les conférences, l'âme les comprend différemment, lorsqu'elle en a connaissance à la lumière de Dieu qui alors l'illumine.
Ce ne sont ni les grâces, ni les apparitions, ni les ravissements,ni aucun don accordé qui mèneront mon âme à la perfection, mais son intime union avec Dieu. Ces dons ne sont que des ornements de l'âme, ils ne constituent ni l'essentiel, ni la perfection. Sainteté et perfection résident pour moi, en une étroite union de ma volonté avec celle de Dieu. Dieu ne fait jamais violence à notre libre arbitre. Il dépend de nous, d'accepter ou non, la grâce divine, de nous dépend de collaborer avec elle ou de la laisser se perdre.

Durant la dernière soirée d'étude, qui était une préparation au renouvellement de nos vœux, le Père parla du bonheur qui résulte de trois vœux, et de la récompense accordée à ceux qui les auront fidèlement observés. Or, tout à coup, mon âme se trouva précipitée dans de très grandes ténèbres intérieures. Au lieu de joie, mon âme s'emplit d'amertume et je ressentis dans mon cœur une violente douleur. Je me suis sentie si misérable et si indigne de cette grâce ! Ayant le sentiment de cette misère et de cette indignité, je n'oserais tomber pour les baiser aux pieds de la benjamine des postulantes. Je les voyais en mon âme, ces postulantes, belles et agréables à Dieu, et je me voyais, moi, dans un gouffre de misère.
Après la conférence, je me suis jetée aux pieds de Dieu, toute abîmée dans la douleur et les larmes. Je me suis plongée dans la mer de l'infinie miséricorde divine et ce n'est que là que j'ai connu quelque soulagement et que j'ai senti Sa Toute-Puissante miséricorde m'envahir.

1108. 30. Ce jour est celui du Renouvellement des Vœux. Dès le réveil la présence de Dieu m'a envahie et je me suis sentie l'enfant de Dieu. L'amour divin s'est déversé dans mon âme. Dieu m'a fait reconnaître combien tout dépend de Sa volonté. Puis il m'a dit : « Je désire accorder une indulgence plénière aux âmes qui iront se confesser et communieront en cette Fête de la Miséricorde... Ma fille, ne crains rien, Je suis toujours avec toi, bien qu'il te semble parfois que Je n'y sois pas. Ton humilité M'attire des hauteurs de Mon Trône et Je m'unis étroitement à toi. »

29 avril 1937. Le Seigneur m'a donné connaissance des querelles qui eurent lieu au Vatican à propos de cette Fête ; le Cardinal Pacelli y a beaucoup travaillé.

1110. Aujourd'hui donc, nous renouvelons nos vœux et nous prêtons serment au cours d'une grande cérémonie. Lorsque les Soeurs prononcèrent les vœux, j'entendis un chant céleste : « Saint, Saint, Saint, » en différents tons et dont aucune langue humaine ne saurait exprimer la grâce.

1111. Cet après-midi, j'ai conversé avec ma chère Mère Marie-Josèphe, Maîtresse des novices. Nous avons fait un tour de jardin, et j'ai parlé avec elle quoique assez superficiellement. Elle est demeurée cette même chère Sœur Maîtresse des novices, quoiqu'elle ne le soit plus vraiment, puisqu'elle est maintenant notre Supérieure. Et voici dix ans que j'ai prononcé mes vœux. L'âme qui est entrée dans les ordres ne peux vivre sans porter la Croix » m'a-t-elle dit. Puis ensuite elle me dévoila certaines souffrances par lesquelles je suis passée à Varsovie, bien que je ne lui en aie jamais parlé. Toutes les grâces que je reçus durant mon noviciat furent alors présentées aux yeux de mon âme. Oh ! Quelle reconnaissance j'ai envers elle ! Lorsque mon âme était plongée dans les ténèbres et qu'il me semblait être damnée, c'est elle qui me tira du précipice à force d'obéissance.

1112. Souvent mon âme est troublée par la souffrance et aucun être humain ne peut comprendre ce tourment.

1113. Premier mai 1937. J'ai senti aujourd'hui l'approche de ma Mère, la Mère des Cieux. Bien qu'avant chaque Sainte Communion, je prie avec ferveur la Mère de Dieu de m'aider à préparer mon âme à la visite de Son Fils et que je me sente particulièrement sous Sa protection, je La supplie de bien vouloir allumer en moi le feu de l'amour divin tel qu'il flamba dans Son Cœur immaculé au moment où le Verbe de Dieu s'est fait chair.

1114. 4 mai. Je me suis rendue un moment aujourd'hui chez Notre Mère Générale et lui ai demandé : « Petite Mère, avez-vous eu une inspiration concernant ma sortie du couvent ? » La Mère Supérieure me répondit : « Jusqu'à maintenant, je vous ai retenue, ma Sœur. Mais maintenant, je vous laisse l'entière liberté de décider. Ce sera comme vous le désirez. Vous pouvez, ma Sœur, soit quitter notre Congrégation, soit y rester.» J'ai donc répondu que c'était bien ainsi. J'ai pensé immédiatement à demander par écrit au Saint Père de me libérer de mes vœux. Mais lorsque je suis sortie de chez la Mère Supérieure, une sorte d'obscurité est tombée sur mon âme, tout comme auparavant. C'est une chose étrange, qu'à chaque fois, que je demande de sortir du Couvent, une telle obscurité envahisse mon âme et que je me sente comme abandonnée à moi-même.

Me trouvant dans cette torture de l'âme je décidai d'aller trouver immédiatement la Mère Supérieure et de lui raconter ma lutte et mes étranges tourments. La Mère me répondit « Votre désir de quitter le Couvent est une tentation maligne. » Après un moment de conversation, je me suis sentie quelque peu soulagée mais pourtant l'obscurité durait encore. « Cette miséricorde de Dieu est magnifique, et ce doit être là une grande Œuvre divine, si Satan s'y oppose tant et veut ainsi la détruire ». Telles furent les paroles de la très chère Mère Supérieure.

1115. Personne ne peut concevoir mes tortures, ni les comprendre. Pour ma part, je ne suis pas en état de les décrire, mais il ne peut exister de souffrances pires que celles-là. Les supplices des martyrs ne sont pas plus grands, puisque la mort à ce moment-là, me serait un soulagement. Je n'ai rien à quoi comparer ces tourments, cette agonie sans fin de l'âme.

1116. Etant allée aujourd'hui me confesser, j'ai dévoilé quelque peu mon âme. Car l'idée m'est venue que le fait de ressentir de telles souffrances et une telle obscurité de l'âme, dès que je demande de quitter la Congrégation, prouve que c'est bien là une tentation. Le confesseur m'a répondu que ce n'était peut-être pas le moment choisi par Dieu, qu'il me fallait prier et attendre patiemment. Mais qu'il est vrai que de grandes souffrances m'attendaient : « Vous aurez, m'a-t-il dit, beaucoup de souffrances à supporter et de difficultés à vaincre, c'est certain. Il vaudrait mieux attendre encore et prier beaucoup, afin d'obtenir une plus grande compréhension, ainsi que la lumière de Dieu. Ce sont là des choses primordiales. »

1117. Mon Dieu, en ces moments difficiles je ne peux voir mon directeur de conscience, car il est parti à Rome ! Jésus, puisque Vous me l'avez pris, dirigez-moi Vous-même, car Vous seul savez ce que je suis en état de supporter ! Je crois fermement que Dieu ne peut me donner à supporter plus que je ne peux. J'ai confiance en Sa Miséricorde.

1118. Dans les moments où je suis entre ciel et terre, je me tais. Car si je parlais, qui comprendrait mon langage ? L'éternité dévoilera bien des choses sur lesquelles je me tais maintenant...

1119. Lorsque je vais au jardin, je vois comme tout respire la joie printanière. Les arbres parés de fleurs répandent une senteur enivrante. Tout éclate de joie. Les oiseaux adorent Dieu par leurs chants et leur gazouillis, et me disent : « Réjouis-toi et sois en liesse, Sœur Faustine !» alors que mon âme est dans les ténèbres et les tourments. Mon âme est si sensible au murmure de la grâce, qu'elle sait parler avec tout ce qui a été créé, et tout ce qui m'entoure. Je sais pourquoi Dieu ainsi pare la terre... Mais mon cœur ne peut se réjouir car mon Bien-Aimé se cache à moi, et je n'aurai de repos que je ne L'ai trouvé...Je ne saurais vivre sans Dieu. Je sens que Dieu aussi, bien qu'il se suffise à Lui-même, ne peut connaître le bonheur sans moi...

1120. 6 mai 1937 - L'Ascension de Notre-Seigneur

Aujourd'hui, depuis le petit matin, mon âme est touchée par Dieu. Après la Sainte Communion, j'ai un moment communiqué avec le Père des Cieux. Mon âme fut attirée dans le feu même de l'amour. J'ai compris qu'aucune œuvre extérieure ne peut être comparée avec le pur amour de Dieu. J‘ai vu la joie du Verbe fait Chair. Et je me suis trouvée plongée dans la Trinité de Dieu. Quand je revins à moi, la nostalgie envahit mon âme, je languissais de m'unir à Dieu.
Un si fervent amour envers le Père des Cieux m'a envahie que je puis appeler ce jour, un jour d'extase ininterrompue. Tout l'univers m‘est apparu comme une goutte minuscule, comparée à Dieu. Chaque battement de mon cœur est agréable à Dieu et lorsqu'il me montre qu'Il me chérit particulièrement et qu'Il me le fait connaître intérieurement, il n'y a pas de plus grand bonheur que celui-là. Dieu me certifie Son amour et me montre combien mon âme Lui est agréable. Cette assurance intérieure amène une paix profonde en mon âme. Aujourd'hui je n'ai pu absorber aucune nourriture tant je me sentais rassasiée d'amour.

1121. Dieu de grande Miséricorde, Vous qui avez daigné nous envoyer Votre fils unique comme la plus grande preuve d'un amour infini et d'une incommensurable Miséricorde, Vous ne repoussez pas les pécheurs, mais au contraire, vous leur avez ouvert le trésor de Votre insondable Miséricorde, dans lequel ils peuvent puiser en abondance, non seulement la justification, mais encore toute la sainteté à laquelle l'âme peut aspirer ! Père de grande Miséricorde, je désire que tous les cœurs se tournent avec confiance vers Votre infinie Miséricorde ! Personne ne peut se justifier devant Vous si Votre incommensurable Miséricorde ne le protège. Lorsque Vous nous dévoilerez le mystère de Votre Miséricorde, l'éternité sera trop peu pour Vous en remercier comme il convient.

1122. Oh ! Comme il est doux d'avoir au fond de l'âme ce que l'Eglise nous ordonne de croire. Lorsque mon âme est plongée dans l'amour divin, elle peut résoudre clairement et instantanément les questions les plus embrouillées. Elle est alors capable de franchir les précipices et les cimes des montagnes. Amour, encore une fois amour.

1123. Une étrange obscurité envahit parfois mon esprit, je m'enfonce dans le néant en dépit de ma volonté.

1124. 20 mai. Lorsqu'il y eut déjà un mois que j'étais de retour à la santé, la pensée m'est venue qu'en fait, je ne savais ce qui plaisait le plus au Seigneur : Le servir par ma maladie, ou par la jouissance d'une bonne santé, comme je L'en avais prié. Et je dis au Seigneur : « Jésus, usez de moi selon Votre volonté ». Jésus me ramena alors à mon ancien état.

1125. Oh ! Comme il est doux de vivre au Couvent parmi les Sœurs ! Mais il ne faut pas oublier que ces anges ont forme humaine...

1126. A un moment j'ai vu Satan qui se dépêchait et cherchait quelqu'un parmi les Sœurs, mais ne le trouvait pas. Je reçus en mon âme l'inspiration de lui ordonner, au nom de Dieu de m'avouer ce qu'il cherchait parmi les Sœurs. Il avoua, quoique de mauvaise grâce, qu'il cherchait une âme oisive. Lorsque je l'eus à nouveau ordonné, au nom de Dieu, d'avouer auprès de quelles âmes du couvent il avait le plus d'accès, il avoua, à nouveau de mauvaise grâce, que c'était auprès des âmes paresseuses et oisives. J'ai remarqué qu'il n'y a pas de telles âmes, actuellement, dans cette maison.
Que se réjouissent les âmes laborieuses et fatiguées !

1127. 22 mai 1937. Aujourd'hui, la chaleur est si torride qu'il est difficile de la supporter ! Nous souhaitons la pluie, mais il ne pleut pas. Depuis quelques jours déjà, les nuages s'amoncellent dans le ciel. Mais la pluie ne tombe pas.
Lorsque j'ai vu les plantes si assoiffées, une grande pitié m'a envahie et j'ai décidé de dire ce « chapelet » jusqu'à ce que Dieu fasse tomber la pluie. Après le goûter, le ciel s'est couvert de nuages et une pluie battante est tombée sur la terre. J'ai dit cette oraison durant trois heures d'affilée et le Seigneur m'a fait connaître qu'à l'aide de cette prière, on pouvait tout obtenir.

1128. 23 mai 1937. Fête de la Très Sainte Trinité

Durant la Sainte Messe, je me suis trouvée unie à la Très Sainte Trinité. J'ai connu Sa Majesté et Sa Grandeur. J'étais unie aux trois personnes. Puisque j'étais unie à l'une de ces Adorables Personnes, j'étais en même temps unie aux deux autres Personnes. Le bonheur et la joie qui se communiquèrent à mon âme ne peuvent se décrire. Il m'est pénible de ne pouvoir décrire avec des mots ce qui n'a pas de mots.

1129. J'entendis ces paroles : « Dis à la Mère Générale de compter sur toi, comme étant la plus fidèle des filles du Couvent.

1130. Après ces paroles il m'est venue une compréhension intérieure : que toute chose est créée par rapport à Dieu. La majesté de Dieu est immense et insondable. S'Il s'abaisse avec bienveillance jusqu'à nous, c'est grâce à la profondeur de Sa Miséricorde.

1131. Tout a une fin dans cette vallée de larmes
Les larmes s'épuisent et la douleur passe.
Une seule chose demeure :
L'amour que nous avons pour Vous, Seigneur !

Tout a une fin en cet exil où nous sommes,
L'expérience aussi bien que le désert de l'âme...
Et celle-ci vivrait-elle en perpétuelle agonie
Si Dieu est avec elle, rien ne peut l'ébranler.

1132. 27 mai 1937. La Fête-Dieu

Durant la prière j'entendis ces mots : « Ma fille, que ton cœur s'emplisse de joie! Moi, le Seigneur, Je suis avec toi. Ne crains rien. Tu es en mon cœur. » A ce moment j'ai pris conscience de la grande Majesté de Dieu et j'ai compris que rien ne peut être comparé à un seul acte de connaissance de Dieu. La grandeur extérieure se trouve réduite en poussière par un seul acte de plus profonde connaissance de Dieu.

1133. Le Seigneur a versé en mon âme une si grande profondeur de paix que rien ne saurait la troubler. Malgré tout ce qui se passe autour de moi, pas un moment cela ne m'enlève mon calme. Même si le monde devait s'écrouler, cela ne saurait troubler la profondeur du silence qui est mien, et au sein duquel repose Dieu. Tous les évènements et diverses choses qui se passent, se trouvent sous Ses pieds.

1134. Cette profonde connaissance de Dieu me donne une si parfaite aisance et liberté d'âme que rien ne peut troubler mon étroite union avec Lui. Même le pouvoir des Anges ne saurait le faire. Je me sens pleine de grandeur lorsque je suis unie à Dieu. Quel bonheur d'avoir en son cœur la conscience de Dieu et de vivre en une étroite intimité avec Lui.

1135. Lorsque la procession venant Borek, qui apportait Jésus afin de le déposer dans notre Chapelle est arrivée chez nous, j'ai entendu une voix venant de l'Hostie : « C'est ici Mon lieu de repos ». Pendant la bénédiction, Jésus m'a annoncé que d'ici peu, aurait lieu ici même un acte solennel, juste à cet endroit.-« Je me suis plu en ton cœur et rien ne peut M'empêcher de t'accorder des grâces. » -Cette grandeur de Dieu a envahi mon âme, je sombre en Lui, je disparais et je me perds en Lui, et me fondant en Lui...

1136. 30 mai 1937. Aujourd'hui j'agonise du désir de Dieu. La nostalgie a envahi toute mon âme. Combien je ressens mon exil ! Ô Jésus, quand arrivera l'instant tant désiré ?

1137. 31 mai. Mon âme tourmentée ne trouve de secours nulle part, si ce n'est en Vous, Vivante Hostie. Je mets toute ma confiance en Votre Cœur miséricordieux. J'attends patiemment une parole de Vous, Seigneur !

1138. Oh ! Quelle douleur en mon cœur lorsque je vois qu'une religieuse n'a pas l'âme religieuse ! Comment peut-on plaire à Dieu, quand l'orgueil et l'amour de soi éclatent sous le couvert de glorifier Dieu, alors qu'il s'agit uniquement de sa propre estime ? Lorsque je m'aperçois qu'une telle chose, j'en souffre beaucoup. Comment cette âme pourrait-elle s'unir étroitement à Dieu ? Il ne peut être question d'une union avec le Seigneur.

1139. 1er juin 1937. Aujourd'hui a eu lieu chez nous la procession de la Fête-Dieu. Au premier reposoir, j'ai vu des flammes sortir de la Sainte Hostie, ce qui m'a transpercé le cœur. Et j'ai entendu une voix ; « Ici se trouve Mon repos ». Un feu s'est allumé en mon cœur et je me suis sentie toute transmuée en Lui.

1140. Le soir, Il me fit connaître combien tout ce qui est terrestre est éphémère. Quant à tout ce qui est soi-disant grand, cela s'évanouit comme fumée, ne laissant à l'âme aucune indépendance, mais au contraire de la lassitude. Heureuse l'âme qui comprend ces choses et ne fait qu'effleurer la terre ! Ma pause, mon repos à moi, c'est lorsque je suis réunie à mon Seigneur. Tout autre chose me fatigue. Oh ! combien je ressens que je suis exilée ! Je vois que personne ne comprend ma vie intérieure. Vous Seul me comprenez qui êtes caché en mon cœur et pourtant éternellement vivant.

1141. 4 juin. C'est aujourd'hui la Fête solennelle du Très Saint Cœur de Jésus. Pendant la Sainte Messe, le Cœur de Jésus se révéla à moi. Il me montra de quel feu d'amour Il brûle pour nous et quelle est l'immensité de Sa Miséricorde. Puis j'entendis une voix : « Apôtre de Ma miséricorde parle au monde entier de Mon insondable Miséricorde. Ne te laisse pas rebuter par les difficultés que tu rencontreras, Ce faisant. Ces difficultés qui te touchent si douloureusement sont nécessaires à ta sanctification et servent à démontrer que cette oeuvre est Mienne. Ma fille, prends note assidûment de chacune des phrases que je t'adresse concernant Ma Miséricorde, car elles concernent un grand nombre d'âmes qui vont en profiter. »

1142. Pendant l'adoration le Seigneur m'a fait connaître plus profondément ce qui concerne cette œuvre.

1143. Aujourd'hui, j'ai demandé pardon au Seigneur, de toutes les offenses auxquelles Son Divin Cœur est exposé en nos couvents.

1144. 6 juin 1937. Premier dimanche du mois. Aujourd'hui j'ai entrepris la retraite du mois.
Voici l'illumination de ma méditation matinale : quoique vous fassiez de moi, Jésus, je Vous aimerai toujours, car je suis Vôtre. Peu m'importe que Vous me laissiez ici ou que Vous m'envoyiez ailleurs, je suis toujours Vôtre.
C'est avec amour que je m'abandonne à Votre très sage décision, ô mon Dieu ! Et Votre volonté, ô Seigneur, est mon pain de chaque jour ! Vous qui connaissez les battements de mon cœur. Vous savez qu'il ne bat que pour Vous, mon Jésus. Rien ne saurait mettre fin à la nostalgie que j'ai de Vous. Je me meurs pour Vous, Jésus. Quand m'emporterez-Vous en Votre demeure ?

1145. « Que les plus grands pécheurs mettent leur espoir en Ma Miséricorde. Ils ont droit avant tous les autres, à la foi en l'abîme de Ma Miséricorde. Ma fille, ne cesse pas d'écrire au sujet de Ma Miséricorde pour les âmes tourmentées. Quelle joie me font les âmes qui s'adressent à Ma Miséricorde ! A de telles âmes, J'accorde des grâces bien au-dessus de leurs désirs. Je ne peux sévir, même contre le plus grand pécheur s'il invoque Ma pitié. Mais au contraire, Je l'excuse en Mon insondable et inconcevable Miséricorde. Note : Avant de Me montrer au Jugement dernier comme Juge équitable, J'ouvre d'abord toutes grandes les portes de Ma Miséricorde. Qui ne veut passer par les portes de Ma Miséricorde, doit passer par les portes de Ma justice. »

1146. Ayant une fois quelque peine au cœur pour une certaine raison et m'en étant plainte au Seigneur, Il me répondit : « Ma fille, pourquoi attaches-tu tant d'importance à la formation et au langage des gens ? Je désire, Moi-même, te former. C'est pourquoi J'arrange les circonstances afin que tu ne puisses pas assister à ces conférences. En un instant, Je te ferai connaître beaucoup plus que d'autres acquerront jamais, en peinant durant des années. »

1147. 20 juin 1937. C'est lorsque nous pardonnons à notre prochain que nous ressemblons le plus à Dieu. Dieu est amour, bonté et miséricorde... « Toute âme devrait refléter Ma Miséricorde, et plus particulièrement toute âme monastique. Mon Cœur déborde de pitié et de miséricorde pour tous. Le cœur de Ma bien-aimée doit ressembler au Mien. De son coeur doit jaillir la source de Ma miséricorde pour les autres âmes, car autrement Je ne reconnaîtrai pas cette âme pour Mienne. »
 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:26

1029. Ô mon Jésus, donnez-moi la sagesse, éclairez ma raison de Votre lumière et cela, ô Seigneur, dans le but unique de Vous mieux connaître ! Car, plus je Vous connais, plus passionnément je Vous aime, unique objet de mon amour. En Vous sombre mon âme, en Vous se fond mon cœur. Je ne sais pas aimer à moitié, mais de toute la force de mon âme et de toute l'ardeur de mon cœur. Vous avez Vous même, ô Seigneur allumé mon amour pour Vous. En Vous s'est résorbé mon cœur pour l'éternité.

1030. 22 mars 1937. Parlant aujourd'hui à une personne, j'ai perçu que son âme était en peine, quoique extérieurement elle fasse semblant d'être gaie et de ne souffrir aucunement. J'eus l'inspiration de lui dire que ce qui la tourmentait était la tentation. Lorsque je lui eus découvert ce qui la torturait, elle s'est mise à pleurer tout haut et m'a déclaré qu'elle était justement venue me voir pour cela, pour en parler, car elle sentait que cela la soulagerait. Cette souffrance venait de ce que cette âme était attirée d'un côté par la grâce de Dieu, et de l'autre par le monde. Elle passa par une lutte terrible jusqu'à verser des larmes comme un petit enfant. Puis elle s'en alla calmée et tranquillisée.

1031. Durant la sainte Messe, j'ai eu la vision de Notre Seigneur Jésus cloué sur la Croix, dans de grandes souffrances. Un faible gémissement sortait de Son Cœur. Puis Il dit : « Je désire, Je veux le salut des âmes. Aide-Moi, Ma fille à sauver les âmes ! Joins tes souffrances à Ma Passion et offre-les au Père des Cieux, pour le rachat des pécheurs ! »

1032. Quand je vois que le poids de l'épreuve dépasse mes forces, je n'analyse pas, je n'approfondis pas. Mais je me sauve comme un enfant vers le Cœur de Jésus et je Lui dis seulement : « Vous seul pouvez tout ». Et je me tais, car je sais que Jésus interviendra alors, Lui seul, dans cette affaire et moi, au lieu de me tourmenter, j'occupe ce temps à l'adorer.

1033. Lundi Saint. J'ai supplié le Seigneur qu'Il me permette de prendre part à Sa douloureuse Passion, afin de participer autant qu'une créature, autant que cela est possible, corps et âme, à cette Passion. Et cela à un degré tel que je ne puisse en ressentir toute l'amertume. Le Seigneur m'a répondu qu'Il m'accorderait cette grâce et que le jeudi, après la Sainte Communion, Il me l'octroierait de façon particulière.

1034. Ce soir, mourut dans de grandes souffrances, un homme jeune encore. J'ai entrepris de dire à son intention le chapelet que m'enseigna le Seigneur. Je l'ai dit en entier. Comme l'agonie se prolongeait, j'ai voulu commencer les litanies des Saints. Mais tout à coup, j'entendis ces mots : « Récite le chapelet ». Je compris que cette âme avait particulièrement besoin de l'aide des prières et d'une grande miséricorde. Je me suis alors enfermée dans ma chambre. Je suis tombée en croix devant Dieu, et j'ai imploré Sa miséricorde pour cette âme. Ce faisant, j'ai ressenti l'immense Majesté de Dieu et Sa grande Justice. Je tremblais de peur, mais je n'ai pas cessé de supplier la miséricorde divine pour cette âme. Puis j'ai pris ma croix sur ma poitrine, cette croix qui est celle de mes vœux, et je l'ai posée sur la poitrine de l'agonisant, en disant à Notre Seigneur : « Jésus, que Votre regard rempli d'amour se pose sur cette âme, comme il s'est posé sur l'holocauste que je fis le jour de mes vœux éternels ! Je vous en supplie par la force de la promesse que Vous m'avez faite envers les agonisants qui invoqueront Votre miséricorde pour eux. » L'agonisant cessa de souffrir et mourut en paix. Oh ! Profitons de la miséricorde divine tant qu'il en est encore temps ! Demandons-Lui de nous prendre en pitié !

1035. Je me rends de mieux en mieux compte à quel point chaque âme éprouve le besoin de la miséricorde divine, toute sa vie durant, mais particulièrement à l'heure de la mort. Le chapelet en question anéantit la colère de Dieu ainsi qu'il me l'a dit Lui-même.

1036. Je me trouve si faible que, si ce n'était la Sainte Communion, je tomberais continuellement. Une seule chose me donne la force : la Sainte Communion. D'elle, je tire mes forces. En elle je trouve tout mon réconfort. J'appréhende la vie, les jours où je serais privée de la Sainte Communion. J'ai peur de moi-même. Jésus caché dans l'hostie me tient lieu de tout. Du tabernacle je tire forces, pouvoir, courage, lumière. Là, dans les moments de tourment, je cherche l'apaisement. Je ne saurais rendre gloire à Dieu, si je n'avais l'Eucharistie dans le cœur.

1037. Pologne, ma chère Patrie, si tu savais combien d'offrandes et de prières j'adresse à Dieu en ton nom ! Prends bien garde de rendre gloire à Dieu, qui t'élève et te distingue. Mais sache être reconnaissante !

1038. Je ressens une terrible douleur à la vue des souffrances de mon prochain. Toutes ses souffrances se répercutent dans mon cœur. Je porte aussi ses tourments, au point que cela m'anéantit physiquement. Afin de soulager mon prochain, je voudrais que toutes ses douleurs retombent sur moi.

1039. Au sein de plus terribles tourments, je regarde vers Vous, ô mon Dieu, et quoique l'orage s'amasse sur ma tête, je sais pourtant que le soleil ne saurait s'éteindre. De même, la perversité des créatures ne m'étonne pas et j'accepte à l'avance tous les événements. Mes lèvres se taisent, alors que mes oreilles sont saturées de railleries. Je m'efforce au calme du cœur, au milieu des plus grandes souffrances, et je me protège de tous les traits, par le bouclier de Votre nom.

1040. L'ardent désir de ce jour de Fête embrasse mon âme toute entière. Je ne ressens quelque soulagement que lorsque je fais de ferventes prières pour hâter cette Fête. J'ai entrepris une neuvaine à l'intention de certains prêtres, afin que Dieu leur accorde lumière et inspiration, afin qu'ils s'efforcent de promouvoir cette Fête et que l'Esprit de Dieu inspire le Saint Père dans toute cette affaire.
Cette neuvaine consiste en une heure d'adoration devant le Très Saint Sacrement. J'ai imploré Dieu avec ferveur de hâter cette Fête. J'ai prié le Saint Esprit d'inspirer certaines personnes dans cette affaire. Cette neuvaine sera terminée le jeudi Saint.

1041. 23 mars 1937. C'est aujourd'hui le septième jour de la neuvaine. J'ai reçu une grande grâce incompréhensible : Jésus Miséricordieux m'a fait la promesse que je serais présente à la célébration de cette Fête solennelle.

1042. Ce Mardi Saint 23 mars, est un jour où Dieu m'accorda bien des grâces.

1043. Tout à coup, je fus envahie par la présence de Dieu, et je me vis simultanément, dans la Chapelle du Saint Père, et en même temps dans notre chapelle. La célébration du Saint Père et de toute l'Eglise était étroitement liée à celle de notre Chapelle, et tout particulièrement à notre Congrégation. Je prenais donc part simultanément à la Fête solennelle à Rome, et chez nous, puisque cette solennité était étroitement liée à celle de Rome. Malgré ce que j'écris ici, je ne peux les différentier, mais seulement en parler comme c'est, c'est-à-dire comme je les ai vues. J'ai vu que dans notre Chapelle, Notre Seigneur Jésus était exposé dans l'ostensoir, sur le Maître-Autel. La Chapelle était parée comme pour les grandes cérémonies et ce jour-là, tout le monde pouvait y pénétrer, si on le désirait. La foule était si dense. La foule était si dense que je ne pouvais la parcourir des yeux. Tous ceux qui prenaient part à cette cérémonie étaient animés d'une grande joie et beaucoup d'entre eux obtinrent ce qu'ils désiraient.

Cette même cérémonie avait lieu à Rome dans un beau sanctuaire et le Saint Père, en compagnie de tout le clergé célébrait cette cérémonie. Tout à coup, j'aperçus Saint Pierre qui se tenait entre l'Autel et le Saint Père. Ce qu'a dit Saint Pierre, je n'ai pu l'entendre. Mais je sais que le Saint Père comprenait son langage.

1044. Sur ce, quelques ecclésiastiques que je ne connaissais pas, commencèrent à m'examiner et à m'humilier, ou plutôt à critiquer ce que j'avais écrit. Cependant je vis Jésus Lui-même prendre ma défense et leur donner à comprendre ce qu'ils ne savaient pas.

1045. Puis, tout à coup, j'ai vu sortir de la Sainte Hostie ces deux rayons de lumière (tels qu'ils sont peints sur ce tableau) qui se répandirent sur le monde entier. Ce ne fut qu'un moment, mais cela me sembla durer toute la journée. Notre Chapelle fut surpeuplée et toute cette journée fut remplie de joie.

1046. Ensuite, j'ai vu sur notre Autel Notre Seigneur Jésus vivant, (sous le même aspect qu'Il a sur le tableau). J'ai cependant senti que ni les Sœurs ni tous ces gens n'avaient vu Notre Seigneur Jésus, tel que je le vis. Jésus contempla avec grande bienveillance et allégresse le Saint Père, certains prêtres et tout le clergé, le peuple et notre Congrégation.

1047. Je fus ensuite transportée à proximité de Jésus et je me tins debout sur l'Autel à coté de Notre Seigneur. Quant à mon âme, elle fut remplie d'un immense bonheur que je ne suis pas en état de concevoir ni de décrire. Une paix profonde ainsi que la quiétude submergèrent mon âme. Jésus se pencha vers moi et me demanda avec bienveillance : « Que désires-tu, Ma fille ? » - Je répondis : « Je désire gloire et vénération à Votre Miséricorde. » - « Je reçois déjà toute vénération en instituant et célébrant cette Fête. Que désires-tu encore ? » Alors j'ai regardé cette immense foule qui rendait hommage à la Miséricorde divine et j'ai dit au Seigneur Jésus : « Bénissez tous ceux qui sont réunis pour Vous vénérer, pour vénérer Votre infinie Miséricorde ! » Jésus traça de la main le signe de la Sainte Croix. Cette bénédiction se réfléchit sur les âmes comme un trait de lumière.

Mon âme s'absorba dans Son amour, je sentis qu'elle s'était comme fondue en Dieu et avais disparu en Lui. Quand je revins à moi, une paix profonde emplissait mon âme. Et une étrange compréhension de bien des choses se communiqua à mon esprit, compréhension qui, auparavant, m'était refusée.

1048. Je suis immensément heureuse, bien que je sois la dernière des derniers. Et je ne voudrais, en aucun cas, modifier quoi que ce soit à ce que Dieu m'a donné. Même avec un Séraphin, je ne voudrais faire échange de la façon dont Dieu se fait connaître, Lui-même, intérieurement à moi. Mon intime union avec Dieu est telle qu'aucune créature ne peut le concevoir, et en particulier lorsque les profondeurs de Sa Miséricorde s'emparent de moi. Je suis heureuse de tout ce que Vous me donnez, Seigneur.

1049. 24 mars 1937. Mercredi Saint. Mon cœur languit de Dieu, je désire m'unir à Lui. Une légère crainte perce en mon âme et, en même temps, une sorte de flambée d'amour embrase mon cœur. Amour et souffrance cohabitent en mon cœur.

1050. Je ressens une grande souffrance en mon corps, mais je sens que Dieu me soutient, sinon, je ne pourrais la supporter.

1051. Ô mon Jésus, je vous implore pour l'Eglise entière, faites-lui partager l'amour et la lumière de Votre Esprit. Donnez force aux paroles des prêtres, afin que les cœurs endurcis se repentent et reviennent à Vous. Seigneur, donnez-nous de saints prêtres ! Vous-même, gardez-les en sainteté, ô Divin Grand Prêtre ! Que la force de Votre Miséricorde les accompagne partout ! Protégez-les des embûches et des pièges diaboliques, qui menacent sans cesse les âmes des prêtres ! Que la force de Votre Miséricorde, ô Seigneur, réduise et détruise tout ce qui pourrait ternir la sainteté des prêtres, car tout est en votre pouvoir !

1052. 25 mars 1937. Jeudi Saint. Durant la Sainte Messe j'ai vu le Seigneur qui m'a dit : « Mets ta tête sur Ma poitrine et repose-toi ! » Le Seigneur m'a étreinte sur son Cœur et m'a dit : « Je vais te donner une parcelle de Ma Passion, Mais n'aie pas peur ! Sois vaillante, ne cherche pas de soulagement ! Accepte tout, en t'abandonnant à Ma volonté ! »

1053. Lorsque Jésus prit congé de moi, une si grande douleur m'étreignit l'âme, qu'il m'est impossible de l'exprimer. Les forces physiques m'abandonnèrent. Je suis alors vite sortie de la Chapelle et me suis mise au lit. Je perdis la notion de ce qui se passait autour de moi. Mon âme soupirait après le Seigneur, et toute l'amertume de Son Cœur Divin se communiquait à moi. Cela dura trois heures environ. J'ai prié le Seigneur qu'Il m'abrite des regards de l'entourage. Malgré mon désir, je n'ai pu m'alimenter de toute la journée jusqu'à ce que le soir soit venu.

Je désirais ardemment passer toute la nuit dans le cachot avec Notre Seigneur Jésus. J'ai prié jusqu'à onze heures. A onze heures le Seigneur m'a dit : « Va t'allonger et prendre du repos ! Je t'ai fait subir trois heures ce que J'ai souffert toute une nuit. » Et je me suis immédiatement mise au lit.

Je n'avais plus aucune force physique, la torture m'ayant laissée complètement sans forces. Pendant tout ce temps, je fus comme évanouie. Chaque frémissement du Cœur de Jésus se répercutait dans mon cœur et transperçait mon âme. Si ces tortures m'avaient concerné seule, j'aurais moins souffert. Mais contemplant Celui que j'aimais de tout mon cœur, et voyant qu'Il souffrait et que je ne pouvais en rien alléger Ses souffrances, mon cœur se dissolvait dans l'amour et l'amertume. J'agonisais avec Lui, mais je ne pouvais trépasser. Je n'échangerais pas ce martyre pour toutes les jouissances du monde entier. Au cours de cette souffrance, mon amour s'accrût de façon inconcevable. Je sais que le Seigneur m'a soutenue de Sa Toute-Puissance, car autrement, je n'aurais pas pu tenir un seul instant. J'ai subi tous les tourments en même temps que Lui et de façon particulière. Le monde ignore tout ce que Jésus a souffert.
Je L'ai accompagné, tant au Jardin qu'au cachot, et devant les juges. J'étais avec Lui dans chacun de Ses tourments. Pas un de Ses mouvements, pas un de ses regards ne put m'échapper. J'ai connu la Toute-Puissance de Son Amour et de sa Miséricorde envers les âmes.

1054. 26 mars 1937. Vendredi. Dès le matin, j'ai ressenti la Passion en mon corps : les cinq Plaies du Christ. Cette souffrance dura jusqu'à trois heures. Quoiqu'extérieurement il n'y ait aucune trace, ces souffrances sont pourtant douloureuses. Je me réjouis de ce que Jésus me tienne à l'abri des regards humains.

1055. A onze heures, Jésus m'a dit : « Mon hostie, tu es un doux soulagement pour Mon Cœur torturé ! » J'ai cru après ces paroles que mon cœur allait brûler. Il le donna une si étroite union avec Lui que mon cœur épousa Son Cœur avec amour et que je ressentais Ses plus légères palpitations et Lui les miennes. Le feu de mon amour, une fois créé, fut réuni au feu éternel de Son Amour. Cette grâce, par son immensité, dépasse toutes les autres. Sa qualité de Trinité m'envahit toute et je suis entièrement plongée en Lui. Cette Toute-Puissance immortelle fortifie quelque peu ma petitesse. Je suis plongée en un inconcevable amour et, du fait de Son martyre, un inconcevable supplice. Tout ce qui touche à Son Essence se communique à moi.

1056. Jésus m'avait fait connaître et pressentir cette grâce, mais aujourd'hui Il me l'a accordée. Je n'aurais osé rêver de cette grâce. Mon coeur est comme une perpétuelle extase, quoique extérieurement, rien ne m'empêche de fréquenter mon prochain ni de vaquer à mes occupations. Rien ne saurait avoir de le pouvoir d'interrompre mon extase. Personne n'est en état de la soupçonner, car j'ai prié Dieu de bien vouloir m'abriter des regards humains. A la suite de cette grâce, une mer de lumière de connaissance de Dieu et de moi-même pénétra dans mon âme. L'étonnement m'envahit toute et pénétra dans mon âme et m'amena comme à une nouvelle extase, suscitée par le fait que Dieu ait daigné s'abaisser jusqu'à moi, si petite.

1057. A trois heures, j'ai prié en croix pour le monde entier. Jésus vient de terminer Sa vie temporelle. J'ai entendu ces sept paroles. Puis Il me regarda et dit : « Bien-aimée fille de Mon Cœur, tu M'es un doux soulagement parmi de terribles souffrances. »

1058. Jésus m'ordonne de faire une neuvaine, avant la Fête de la Miséricorde, pour la conversion du monde entier et la propagation de la Miséricorde divine et je dois la commencer aujourd'hui. « Je désire que chaque âme glorifie Ma bonté ». dit-Il. - Je désire avoir la confiance de Mes créatures. Exhorte les âmes à une grande confiance, en l'abîme de Ma Miséricorde. Que l'âme faible et pécheresse ne craigne pas de s'approcher de Moi, car même si elle comptait plus de péchés qu'il n'y a de grains de sable sur terre, tout sombrera dans le gouffre de Ma miséricorde. »

1059. Lorsque Jésus rendit le dernier soupir, mon âme fut broyée par la douleur, et durant un long moment, je ne pus revenir à moi. Je trouvai dans les larmes une sorte de soulagement. Celui que chérissait mon cœur avait expiré. Qui peut concevoir ma douleur ?

1060. Dans la soirée, j'ai entendu des chants à la radio, des Psaumes chantés par des prêtres. Je fondis en larmes. Toute ma douleur se renouvela dans mon âme et j'ai pleuré douloureusement, sans pouvoir trouver d'apaisement. J'entendis alors une voix dans mon âme : « Ne pleure pas. Je ne souffre plus. Pour la fidélité avec laquelle tu M'as accompagné, dans les supplices et dans la mort, ta propre mort sera solennelle ; et Je t'accompagnerai en cette heure dernière. Parle, chérie de Mon Cœur ! Je vois ton amour si pur. Fortifié par la lutte que tu mènes, il surpasse l'amour des anges. A cause de toi, Je bénis le monde. Je vois tes efforts, tendus vers Moi et ils Me ravissent le Cœur. »

Après paroles, je cessai de pleurer. Mais je remerciai le Père des Cieux de nous avoir envoyé Son Fils et d'avoir ainsi permis le rachat du genre humain.

1061. J'ai entrepris une heure d'adoration et de reconnaissance pour toutes les grâces qui me furent octroyées et pour l'épreuve de ma maladie. Celle-ci étant également. J'ai été malade quatre mois durant, mais je ne me souviens pas d'avoir perdu une seule minute : tout fut pour Dieu et pour les âmes. En toutes circonstances je désire Lui être fidèle.
Pendant cette adoration, j'ai compris avec quelle vigilance et quelle bonté Jésus m'entourait et me défendait de tout mal. Merci Jésus, tout particulièrement de m'avoir visitée dans ma solitude. Je vous remercie d'avoir inspiré à mes Supérieures de m'envoyer faire cette cure. Communiquez-leur, Jésus, la Toute puissance de Votre bénédiction, et compensez toutes les dépenses encourues à cause de moi.

1062. Aujourd'hui, Jésus m'ordonne de consoler et de calmer certaine âme qui s'est ouverte à moi et m'a conté ses peines. Cette âme est agréable au Seigneur, mais elle-même n'en sait rien. Dieu la tient en grande humilité. J'ai rempli les directives du Seigneur.

1063. Ô mon doux Maître, Bon Jésus, je Vous abandonne mon cœur, afin que Vous le formiez et le façonniez à Votre guise. Ô amour insondable, je penche le calice de mon cœur devant Vous, tel un bouton de rose sous la rosée. Vous seul, mon Bien-aimé, connaissez le parfum de cette fleur qu'est mon cœur. Que la senteur de mon offrande Vous soit donc agréable, Dieu immortel, délices éternels. Déjà, sur cette terre, Vous m'êtes le Ciel. Que chaque battement de mon cœur soit un nouvel hymne d'adoration envers Vous, ô Sainte Trinité ! Si je disposais d'autant de cœurs qu'il y a de gouttes d'eau dans l'océan et de grains de sable sur le globe terrestre, je Vous les offrirais tous, ô mon Amour, Trésor de mon cœur. Je désire amener à Vous aimer tous ceux à qui j'aurai affaire dans la vie, quels qu'ils soient. Ô mon Jésus, vous êtes toute Beauté, mon Reposoir. Ô mon unique Maître, Juge, Sauveur et Epoux en même temps - je sais que chacun de ces titres va nuancer l'autre - j'ai tout placé en Votre Miséricorde.

1064. Mon Jésus, soutenez-moi, lorsque viendront les jours sombres et difficiles, les jours de souffrances et d'épreuves lorsque la souffrance et la lassitude commenceront à écraser mon corps et mon âme ! Soutenez-moi, Jésus, donnez-moi la force de supporter la souffrance ! Veillez sur ma bouche, afin qu'il n'en sorte aucun mot de plainte adressé aux créatures ! Tout mon espoir réside en Votre Cœur très miséricordieux. Je n'ai rien pour ma défense si ce n'est votre Miséricorde. Je me fie à elle.

1065. 27 mars 1937. Aujourd'hui je reviens de l'hôpital de Pradnik après quatre mois de traitement. Et je remercie. Et je remercie Dieu de tout cela. J'ai profité de chaque instant pour glorifier Dieu. Lorsque j'ai été un moment à la Chapelle, j'ai su combien je vais devoir souffrir et lutter dans toute cette affaire. Ô Jésus ma force, Vous seul pouvez m'aider, fortifiez-moi !

1066. 28 mars. Résurrection. Pendant la célébration, j'ai vu le Seigneur rayonnant de gloire qui m'a dit : « Ma fille, la paix soit avec toi ! » Il me bénit et disparut et mon âme s'est emplie d'une joie indescriptible. Mon coeur s'est fortifié pour la lutte et les souffrances.

1067. Aujourd'hui j'ai conversé avec le Père qui m'a recommandé une grande prudence, en ce qui concerne les brusques apparitions de Notre Seigneur Jésus. Pendant qu'il me parlait de la Miséricorde divine j'ai ressenti dans mon cœur une sorte de force, de pouvoir. Mon Dieu, je désire tant me confesser de tout et je ne le peux pas ! Le Père m'a dit que le Seigneur Jésus est très généreux pour se communiquer aux âmes ; et que pourtant d'un autre côté Il serait comme avare, « Et quoique Dieu soit toute générosité, me dit le Père, soyez malgré tout prudente, car ces soudaines apparitions éveillent la suspicion (quoique personnellement je ne vois ici rien de mal, ni quoi que ce soit en contradiction avec la foi). Soyez un plus prudente et quand la Mère Supérieure arrivera, vous pourrez parler de cette affaire ! »

1068. 29 mars 1937. Durant la méditation de ce jour, j'ai vu Notre Seigneur rayonnant de beauté. Il me dit : « La paix soit avec toi, Ma fille ! ». Mon âme se mit à trembler d'amour pour Lui et je Lui dit : « Ô Seigneur, quoique je Vous aime de tout mon cœur, je Vous prie de ne plus m'apparaître car mon directeur de conscience m'a dit que Vos brusques apparitions éveillaient la suspicion, que peut-être Vous seriez un leurre ! Et bien que je Vous aime plus que ma vie, et que je sache que c'est Vous, le Seigneur mon Dieu qui me visitez, avant tout, je dois obéir à mon confesseur. » Jésus écouta mes paroles avec gravité et bienveillance et me dit exactement ceci : « Dis à ton confesseur que si je suis sur ce pied d'intimité avec ton âme c'est parce que tu ne voles pas Mes bienfaits ! C'est pourquoi Je déverse toutes mes grâces sur elle. Car Je sais que tu ne les accapareras pas pour toi. Mais pour marquer que sa prudence m'est agréable, tu ne me verras plus et Je ne me montrerai plus à toi de cette façon, jusqu'à ce que tu te rendes compte de ce que Je viens de te dire. »

1069. 2 avril 1937. Ce matin, pendant la Sainte Messe, j'ai entendu ces paroles : « Dis à la mère Supérieure que Je désire que l'adoration se fasse ici, afin d'implorer Miséricorde pour le monde entier. »

1070. Ô mon Jésus, Vous seul, vous savez par quelles transes passe mon cœur ! Ô Vous qui êtes ma force, Vous pouvez tout ! Et quoique je m'expose à de grandes souffrances, je Vous resterai toujours fidèle, car je suis soutenue par Votre grâce particulière.

1071. 3 avril 1937. . Aujourd'hui, le Seigneur m'a dit : « Va dire à Monsieur l'abbé que je désire que durant la fête de Ma Miséricorde soit fait un sermon sur cette insondable Miséricorde ! » J'ai rempli le souhait de Dieu, cependant, ce prêtre ne voulut pas reconnaître le langage du Seigneur. Quand je fus revenue de la confession, j'entendis ces mots : « Fais ce que Je t'ordonne et sois tranquille. C'est une affaire entre lui et Moi. Tu ne répondras pas de cela. »

1072. 4 avril 1937. Le dimanche de Quasimodo, c'est-à-dire le jour de la Fête de la Miséricorde. Le matin, après la Sainte Communion, mon âme est demeurée plongée en la Divinité. J'étais unie aux Trois Personnes Divines, de telle façon qu'étant unie à Jésus, je l'étais en même temps, au Père et au Saint-Esprit. Mon âme s'est plongée dans une joie inconcevable. Le Seigneur me fit connaître toute l'immensité de la profondeur de Son insondable Miséricorde. Oh ! Si les âmes voulaient comprendre combien Dieu les chérit. Toutes les comparaisons, même les plus tendres et les plus fortes, ne sont que de pâles reflets, comparés à la réalité.
Ainsi unie au Seigneur, j'ai appris que bien des âmes adoraient cette Miséricorde de Dieu.

1073. Me rendant à l'adoration, j'ai entendu ces mots : « Ma fille chérie écris, aujourd'hui, Mon Cœur s'est reposé dans ce couvent ! Proclame dans le monde Ma Miséricorde et mon Amour ! Les flammes de la Miséricorde Me brûlent. Je voudrais les déverser sur les âmes. Oh ! Quelle douleur elles me causent, quand elles ne veulent pas les recevoir.
Fais ce qui est en ton pouvoir, Ma fille, pour étendre le culte de Ma Miséricorde ! Je compenserai tes manques. Dis à l'humanité douloureuse de se blottir dans Mon Cœur Miséricordieux et Je la comblerai de paix.
Proclame, Ma fille, que Je suis l'Amour et la Miséricorde même ! Quand l'âme s'approche de Moi avec confiance, Je la comble de tant de grâces qu'elle ne peut les contenir toutes et qu'elle les projette sur d'autres âmes.

1074. Je protègerai leur vie durant, comme une tendre mère son nourrisson, les âmes qui propageront la vénération de Ma miséricorde. A l'heure de la mort Je ne serai pas pour elles un Juge, mais le Sauveur Miséricordieux.
Lorsqu'arrive sa dernière heure, l'âme n'a plus rien pour sa défense que Ma Miséricorde. Heureuse l'âme qui, sa vie durant, puisait à la source de la Miséricorde, car la Justice ne l'atteindra pas.

1075. Ecris : Tout ce qui existe est enfoui au cœur de Ma Miséricorde, plus profondément que l'enfant dans le sein de sa mère. Que l'incrédulité en Ma Bonté Me blesse douloureusement ! Ce sont les péchés de méfiance qui Me blessent le plus douloureusement. »

1076. Durant la Sainte Messe, la Sœur Maîtresse des novices a joué un chant ravissant qui avait pour sujet la Miséricorde de Dieu. J'ai alors demandé au Seigneur qu'Il lui fasse connaître plus profondément l'abîme de cette inconcevable Miséricorde.

1077. Quand j'ai pris congé du Seigneur, avant d'aller me reposer, j'ai entendu ces mots : « Hostie agréable à Mon Cœur, à cause de toi, Je bénis la terre ! »

1078. 7 avril 1937. Lorsqu'aujourd'hui, une certaine personne est entrée dans la Chapelle, j'ai tout à coup ressenti une terrible douleur, aux bras, aux jambes, au côté, tout comme Jésus au supplice. Cela n'a duré qu'un moment mais, à cela, je reconnais qu'une âme n'est pas en état de grâce.

1079. À un certain moment, j'ai vu le Saint Père réfléchissant à cette affaire.

1080. 10 avril 1937. Aujourd'hui, la Mère Supérieure m'a donné à lire un article sur la Miséricorde Divine, où figurait également une reproduction de ce tableau qui est peint. Cet article a paru dans le « Tygodnik » de Wilno et nous a été envoyé à Cracovie, par l'Abbé Sopocko, fervent apôtre de la Miséricorde de Dieu. Dans cet article sont citées les paroles que Notre Seigneur Jésus m'a dites, certaines expressions sont reproduites à la lettre.

1081. Lorsque j'ai pris en main cet hebdomadaire un trait d'amour m'a transpercé le cœur : « Sur ton ardent désir, J'ai hâté la fête de la Miséricorde. »
Mon âme s'enflamma d'un amour si ardent qu'il me semblait me dissoudre en Dieu.

1082. Cette belle âme qui répand l'œuvre de la Miséricorde Divine de par le monde, est très agréable à Dieu par sa profonde humilité.

1083. Bien avant chaque grande grâce, mon âme est soumise à une épreuve de patience, car je pressens cette grâce, mais ne la possède pas encore. Mon âme brûle d'impatience, mais l'heure n'est pas venue. Ces moments sont si étranges qu'il est difficile de les décrire.

1084. 13 avril 1937. Aujourd'hui il me faut garder le lit toute la journée. Une toux brusque m'a terrassée, et m'a tant affaiblie que je n'ai plus la force de marcher. Mon cœur brûle d'accomplir l'œuvre de Dieu, mais les forces physiques m'ont abandonnée. Je ne puis en ce moment percer à jour Vos intentions, ô Seigneur ! C'est pourquoi je répète cet acte de volonté amoureuse : « Faites de moi ce qu'Il Vous plaira ! »

1085. Les tentations sont fortes. Tout un flot de doutes s'attaque à mon âme, le découragement est prêt à entrer en jeu. Mais le Seigneur fortifie ma volonté, et sur elle se brisent, comme sur des rochers, toutes les tentations de l'ennemi. Je vois combien Dieu me secourt de ses grâces, ce qui me soutient sans cesse. Je suis très faible et je dois tout à la grâce de Dieu.

1086. Lorsque certains jours, j'ai décidé de m'exercer à pratiquer certaine vertu, je suis tombée dix fois plus souvent, qu'un autre jour, dans l'erreur contraire à cette vertu. Le soir je me suis penchée sur ce problème : Pourquoi aujourd'hui ai-je particulièrement échoué ? Et j'ai entendu ces mots : « Tu as trop compté sur toi et trop peu sur Moi. » Et j'ai compris la cause de mes échecs.

1087. Brusque retour à la santé

Après avoir écrit une lettre à l'Abbé Sopocko, le dimanche onze avril, ma santé s'aggrava tout à coup. Je n'ai pas envoyé cette lettre, mais j'ai attendu que s'exprime clairement la volonté de Dieu. Cependant ma santé s'aggrava à un tel point que je dus me mettre au lit. La toux me torturait de si terrible façon qu'il me sembla que si cela devait se répéter, quelques fois encore, ce serait sûrement la fin.
 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:21

960. Le matin, ayant fini mes exercices spirituels, je me suis mise à travailler au crochet. Je sentais que Jésus reposait dans mon cœur silencieux. Et cette profonde et douce conscience de la présence divine m'a porté à dire au Seigneur : Ô Sainte Trinité qui demeurez dans mon cœur, accordez, je Vous en prie, la grâce de la conversion à autant d'âmes que je crochèterai de points aujourd'hui. Alors j'ai entendu dans mon âme ces mots : « Ma fille, tes exigences sont trop grandes. » -« Jésus, il Vous est cependant plus facile de donner plus que de donner peu. Mais chaque conversion d'une âme pécheresse exige un sacrifice. Je Vous offre, doux Jésus, mon travail consciencieux ; il ne me semble pas que cette offrande soit trop petite pour un si grand nombre d'âmes. Jésus, comme Vous avez Vous-même sauvé les âmes par trente ans de travail, et puisque la sainte obéissance me défend les pénitences et les grandes mortifications, je Vous prie donc d'accepter, Seigneur, ces petites choses, marquées de sceau de l'obéissance comme si c'était de grandes choses. » J'ai alors entendu une voix dans l'âme : « Ma douce fille, Je vais satisfaire ta demande. »

961. Je vois souvent une certaine personne, agréable à Dieu. Le Seigneur a une grande prédilection pour elle, non seulement parce qu'elle tâche de faire connaître la gloire de la miséricorde divine mais aussi pour l'amour qu'elle a envers Dieu, quoique cette âme ne ressente pas toujours cet amour dans son cœur d'une manière sensible. Elle demeure presque continuellement au jardin des Oliviers, et pourtant elle est toujours agréable à Dieu. Et sa grande patience remportera la victoire dans toutes les adversités.

962. Oh ! si l'âme souffrante savait combien Dieu l'aime, elle mourrait de joie par excès de bonheur ! Un jour, nous découvrirons ce qu'est la souffrance, mais alors nous ne serons plus capable de souffrir. Le moment présent nous appartient.

963. 17. II. 1937. J'ai vu ce matin, pendant la Sainte Messe, Jésus souffrant. Sa Passion s'est répercutée dans mon corps d'une manière invisible mais non moins douloureuse. Jésus m'a regardée et Il a dit : « Les âmes périssent malgré Mon amère Passion.

964. Je leur offre une dernière planche de salut : La fête de Ma miséricorde. Si elles n'adorent pas Ma miséricorde, elles périront pour l'éternité. Secrétaire de Ma miséricorde, écris, parle aux âmes de Ma grande miséricorde, car ce jour terrible, le jour de Ma justice est proche. »

965. Aujourd'hui j'ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, il est temps de te mettre à l'œuvre. Je suis avec toi. De grandes persécutions et de grandes souffrances viendront. Mais console-toi à la pensée que beaucoup d'âmes seront sauvées et sanctifiées par cette œuvre. »

966. Quand je me suis mise à cette œuvre, je soulignais les paroles du Seigneur et je passais tout en revue. Lorsque j'en suis arrivée à la page sur laquelle j'avais noté les conseils et les indications du Père Andrasz, je ne savais que faire, souligner ou ne pas souligner. J'ai entendu alors ces paroles dans mon âme : « Souligne-les car ces paroles sont Miennes. J'ai emprunté pour te parler la bouche de l'ami de Mon Cœur afin de te tranquilliser. Tu dois t'en tenir à ces indications jusqu'à la mort. Il ne Me plairait pas du tout que tu y renonces. Sache que c'est Moi-même qui l'ai mis entre Moi et ton âme. Je le fais pour ta paix et pour que tu ne t'égares pas.

967. Depuis que je t'ai mise sous la protection particulière de ce prêtre tu es dispensée vis-à-vis de tes Supérieures de rendre un compte détaillé de Mes relations avec toi. Comporte-toi néanmoins comme un enfant avec elles. Mais c'est aux prêtres seulement que tu confieras sincèrement tout ce qui se passe dans les profondeurs de ton âme. »

Et j'ai remarqué que depuis, que Dieu, m'a donné un directeur, Il n'a plus exigé comme auparavant, que je dise tout à mes supérieures, à l'exception des choses extérieures. A part cela, seul mon directeur connaît mon âme. C'est une grâce de Dieu exceptionnelle que d'avoir un directeur de conscience. Oh ! Comme il y a peu d'âmes qui ont reçu cette grâce. L'âme vit dans une paix constante au milieu des plus grandes difficultés. Chaque jour, après la Sainte Communion, je remercie Dieu pour cette grâce, et chaque jour je prie le Saint Esprit de donner à mon directeur la lumière. J'ai vraiment ressenti dans mon âme quelle grande puissance ont les paroles du directeur. Que la miséricorde divine soit adorée pour cette grâce !

968. Je suis allée aujourd'hui faire ma méditation devant le Saint Sacrement. Lorsque je me suis approchée de l'autel, la présence divine me pénétra. Je fus plongée dans l'océan de Sa Divinité et Jésus m'a dit : « Ma fille, tout ce qui existe est à toi. » J'ai répondu au Seigneur : « Mon cœur ne réclame que Vous seul, Ô Trésor de mon cœur. Je Vous remercie Seigneur pour tous Vos dons, mais je n'exige que Votre Cœur. Quoique les cieux soient grands, pour moi ils ne sont rien sans Vous. Vous savez bien, Jésus, que je défaille sans cesse après Vous. » - « Sache, ma fille, que ce que d'autres âmes atteindront dans l'éternité, tu le goûtes déjà maintenant. » Et soudain mon âme fut inondée de la lumière de la connaissance de Dieu.

969. Oh ! Que ne puis-je exprimer tant soit peu ce que l'âme ressent près du Cœur de la Majesté inconcevable !
Je ne sais l'exprimer. Seule une âme qui l'a vécue au moins une fois dans sa vie, peut imaginer cette grâce. Quand je suis rentrée dans ma chambre, il me semblait que de la vraie vie je revenais à la mort. Le médecin est venu me prendre le pouls. Il s'est étonné : « Que vous est-il arrivé, ma Sœur ? Vous n'avez jamais eu un pouls semblable. Je voudrais savoir ce qui a provoqué une telle accélération de la pulsation ? » Que pouvais-je répondre alors que je ne savais pas moi-même que j'avais une tension si élevée ? Je sais seulement que j'agonise de langueur après Dieu. Mais je ne lui ai pas dit, car qu'est- ce que la médecine peut y faire.

970. 19. II. 1937. L'union avec les agonisants. Ils me demandent des prières et je peux prier, le Seigneur me donne un singulier esprit d'oraison. Je suis constamment unie à Lui et je sens pleinement que je vis pour les âmes, pour les amener à Votre Miséricorde, Seigneur. Pour cela aucun sacrifice n'est trop petit.

971. Aujourd'hui le docteur a décidé que je devais encore rester ici jusqu'au mois d'avril. C'est la volonté divine. Cependant je désirais déjà revenir parmi nos Sœurs.
J'ai reçu aujourd'hui la nouvelle de la mort de l'une de nos Sœurs qui est morte à Plock. Mais elle est venue chez moi avant que l'on ne m'ait annoncé sa mort

973. 22. II. 1937. Aujourd'hui une retraite pour les servantes a commencé dans notre chapelle. Tous ceux qui le désirent peuvent y prendre part. Il y a une conférence par jour. Le Père Bonaventura un Père Pieux, parle droit aux âmes toute une heure. J'ai pris part à cette retraite, désireuse de connaître Dieu plus profondément pour l'aimer plus ardemment, car j'ai compris que plus la connaissance est grande, plus l'amour est puissant.

974. J'ai entendu aujourd'hui ces paroles : « Prie pour les âmes, quelles n'aient pas peur de s'approcher du Tribunal de Ma miséricorde. Ne cesse pas de prier pour les pécheurs. Tu sais à quel point leur âme Me tient à Cœur. Soulage Ma tristesse mortelle, distribue Ma miséricorde. »

975. 24. II. 1937. Aujourd'hui, pendant la Sainte Messe j'ai vu Jésus agonisant. Les souffrances du Seigneur me transpercent l'âme et le corps d'une manière invisible, mais la douleur est grande. Elle dure un très court moment.

976. Pendant la Passion chantée, une si vive impression de Son supplice me saisit que je n'ai pu retenir mes larmes. J'aurais voulu me cacher quelque part pour donner libre cours à ma douleur provoquée par la considération de la Passion.

977. Quand j'ai prié à l'intention du Père Andrasz, j'ai reconnu qu'il est très agréable à Dieu. Depuis ce moment, j'ai encore plus de respect pour lui, comme pour un Saint. Je m'en réjouis et j'ai rendu grâce à Dieu avec ferveur.

978. Aujourd'hui j'ai vu Jésus pendant la bénédiction. Il m'a dit ces paroles : « Sois obéissante en tout à ton directeur, sa parole est Ma volonté. Grave-la au fond de ton âme. C'est Moi qui parle par sa bouche et Je désire que tu lui dévoiles l'état de ton âme avec la même simplicité et sincérité que tu as pour Moi. Je te répète encore une fois Ma fille : Sache que ses paroles sont l'expression de Ma volonté envers toi. »

979. J'ai vu aujourd'hui le Seigneur d'une grande beauté et Il m'a dit : « Mon aimable hostie, prie pour les prêtres, surtout pendant ce temps de la moisson. Mon Cœur t'aime de manière privilégiée et pour toi, je bénis la terre. »

980. J'ai compris que ces deux années de souffrances intérieures que j'endure en me soumettant à la volonté divine pour mieux connaître cette volonté, m'ont fait plus avancer dans la perfection que les dix années précédentes. Depuis deux ans, je suis sur la croix entre ciel et terre. C'est-à-dire, que d'un côté je suis liée par le vœu d'obéissance. Je dois écouter ma supérieure comme Dieu Lui-même. Et d'un autre côté, Dieu Lui-même me fait directement connaître Sa volonté. Voilà pourquoi mon supplice intérieur est si grand que personne ne peut comprendre ni concevoir ces souffrances spirituelles. Il me semble plus facile de perdre la vie que de vivre souvent, seulement une heure d'un tel supplice. Je ne vais même pas écrire beaucoup sur ce sujet, car il n'est pas à décrire : connaître directement la volonté de Dieu et être en même temps, parfaitement obéissante à la volonté divine annoncée indirectement par les Supérieures. Dieu merci, Il m'a donné, car autrement je n'avancerais pas d'un pas.

981 Faustine,
Ces jours-ci j'ai reçu une gentille lettre de ma petite sœur de dix-sept ans. Elle me supplie et me conjure de l'aider à entrer au couvent. Elle est prête à tous les sacrifices pour le Bon Dieu. Je vois par sa lettre que le Seigneur la conduit Lui-même, je me réjouis de la grande miséricorde divine.

982. Aujourd'hui la Majesté de Dieu m'a enveloppée et a transpercé mon âme. La grandeur de Dieu me plonge et m'envahit à ce point que je me noie toute entière en elle : je fonds et je disparais toute en Lui comme dans la vie, la vie parfaite.

983. Mon Jésus, je comprends bien que ma perfection ne consiste pas en ce que Vous me chargez de faire de grandes œuvres pour Vous. Oh non, ce n'est pas en cela que consiste la grandeur de l'âme, mais dans un grand amour pour Vous. O Jésus, je comprends au fond de mon âme que les plus grandes œuvres ne peuvent se comparer à un acte de pur amour pour Vous. Je désire Vous être fidèle, répondre à Vos désirs. J'applique mes forces et mon intelligence à accomplir tout ce que Vous me recommandez, Seigneur. Et je n'ai pas une ombre d'attachement pour tout cela. Je le fais, car telle est Votre volonté. Mon amour entier s'est noyé non pas dans Vos œuvres, mais en Vous-même, ô mon Créateur et mon Seigneur.

984. 25. II. 1937. J'ai ardemment prié pour la mort heureuse d'une personne qui souffrait beaucoup. Elle s'est trouvée pendant deux semaines entre la vie et la mort. Elle m'a fait pitié et j'ai dit au Seigneur : « Doux Jésus, si les travaux que je m'engage à faire pour Votre gloire Vous sont agréables, je Vous en prie, prenez-la chez Vous, qu'elle repose en Votre miséricorde. » J'étais étrangement tranquille. Peu après, on est venu me dire que la personne qui souffrait tant, venait de mourir..

985. J'ai vu un prêtre qui avait besoin de la grâce divine, j'ai prié pour lui jusqu'à ce que Jésus le regarde avec bienveillance et lui donne la force.

986. J'ai appris aujourd'hui qu'une personne de ma famille offense Dieu et qu'elle et en grand danger de mort. Cette connaissance causa une telle souffrance à mon âme que j'ai cru ne pouvoir survivre à l'offense faite à Dieu. J'ai bien demandé pardon à Dieu, mais je voyais Sa grande colère.

987. J'ai prié à l'intention d'un prêtre pour que Dieu l'aide dans certaines affaires. Soudain j'ai aperçu Jésus crucifié. Jésus avait les yeux fermés. Il était au supplice. J'ai salué Ses cinq blessures, une par une et Lui ait demandé Sa bénédiction, pour ce prêtre. Jésus m'a fait connaître intérieurement combien cette âme lui est agréable, et j'ai senti que la grâce a coulé de Ses blessures sur cette âme qui est, comme Jésus, étendue sur la croix.

988. Mon Seigneur et mon Dieu, Vous savez que mon âme Vous aime Vous seul. Toute mon âme s'est noyée en Vous, Seigneur. Même si je n'accomplissais rien de ce que Vous m'avez fait connaître, Seigneur, je suis tout à fait tranquille, car j'ai fait tout mon possible. Je sais bien que Vous, Seigneur, Vous n'avez pas besoin de nos œuvres. Vous n'exigez que l'amour.

989. L'amour, encore l'amour et toujours l'amour de Dieu. Il n'y à rien de plus grand au Ciel et sur la terre, ni rien qui lui soit supérieur. La perfection de la grandeur c'est d'aimer Dieu. La véritable grandeur c'est l'amour de Dieu. La vraie sagesse, c'est aimer Dieu. Tout ce qui est grand et beau est en Dieu. En dehors de Dieu, il n'y a ni beauté ni grandeur. O vous, sages de ce monde, et vous, les grandes intelligences, reconnaissez que la vraie grandeur réside dans l'amour de Dieu. Oh ! Comme je suis étonnée, que certaines personnes s'abusent elles-mêmes en disant qu'il n'y a pas d'éternité.

990. 26. II. 1937. J'ai vu aujourd'hui que les saints mystères étaient célébrés sans vêtements liturgiques et dans des maisons privées, à cause d'un orage momentané. Et j'ai aperçu le soleil sortant du Saint Sacrement. Les autres lumières s'éteignirent ou bien furent assombries et tout le monde avait les yeux tournés vers cette lumière-là. Mais je ne comprends pas encore la signification de cette vision.

991. J'avance dans la vie parmi les arcs-en-ciel et les orages, mais le front fièrement levé, car je suis un enfant royal. Je sais que le sang de Jésus circule dans mes veines. J'ai mis ma confiance dans la grande miséricorde du Seigneur.

992. J'ai demandé au Seigneur que telle personne vienne chez moi aujourd'hui pour que je puisse la voir encore une fois. Ce sera pour moi un signe qu'elle est appelée à entrer dans la congrégation que Jésus veut que je fonde. Et chose étrange, cette personne est venue. J'ai tâché de la former un peu intérieurement. J'ai commencé à lui indiquer la voie du renoncement et du sacrifice, ce qu'elle a volontiers accepté. Cependant j'ai remis toute cette affaire dans les mains du Seigneur pour qu'Il dirige tout selon son bon plaisir.

993. J'ai entendu aujourd'hui à la radio : « Bonsoir Chef Sacré de mon Jésus », et soudain mon esprit se noya en Dieu. L'amour divin inonda mon âme, et je suis demeurée un instant près du Père céleste.

994. Quoiqu'il ne soit pas facile de vivre en continuelle agonie,
D'être clouée à la croix par différentes douleurs,
Pourtant je m'enflamme d'amour en aimant,
Et comme un Séraphin, j'aime Dieu, bien que je ne sois que faiblesse.

Oh ! Grande est l'âme qui parmi les souffrances,
Se tient fidèlement auprès de Dieu et accomplit Sa volonté !
Et sous les plus grands arcs-en-ciel et orages elle est sans consolation.
Mais le pur amour de Dieu adoucit sa destinée.

Ce n'est pas grand-chose d'aimer Dieu dans le bien être
Et de le remercier quand tout va bien.
Mais L'adorer parmi les plus grandes contrariétés,
L'aimer pour Lui Seul
Et mettre sa confiance en Lui est bien autre chose

Lorsque l'âme séjourne dans les ombres de Gethsémani
Et dans la douleur de l'amertume solitaire,
Elle monte vers les hauteurs avec Jésus.
Et quoiqu'elle boive constamment l'amertume, elle n'est pas triste.
Quand l'âme accomplit la volonté du Dieu très haut
Fût-ce au milieu de constants supplices et tourments,
Ayant trempé les lèvres au calice qui lui est présenté,
Elle devient puissante et rien ne l'émeut.

Quoique tourmentée, elle répète : que Ta volonté soit faite.
Elle attend patiemment le moment où elle sera transfigurée ;
Car dans les plus grandes ténèbres, elle entend la voix de Jésus : tu es à Moi.
Elle le connaîtra lorsque le voile tombera.

995. 28. II. 1937. Pendant un long moment, j'ai ressenti aujourd'hui la Passion de Jésus et j'ai vu combien d'âmes ont besoin de prières. Je sens que je me change toute en prière pour obtenir à chaque âme la miséricorde divine. O mon Jésus, je Vous ai accueilli dans mon cœur comme otage de miséricorde pour les âmes.

996. Lorsque ce soir j'ai entendu à la radio le chant : «Bonsoir Chef Sacré de Mon Jésus », mon esprit fut soudain enlevé dans le sein mystérieux de Dieu. Et j'ai compris en quoi consiste la grandeur de l'âme et quelle signification a l'amour devant Dieu : l'amour encore l'amour et toujours l'amour. Et j'ai compris à quel point tout ce qui existe est imprégné de Dieu ! Un amour de Dieu si grand inonda mon âme qu'il est impossible de le décrire. Heureuse l'âme qui sait aimer sans réserve, car c'est là qu'est sa grandeur.

997. Aujourd'hui j'ai assisté à une retraie d'un jour. Au cours de la dernière conférence le prêtre parlait de ce que le monde besoin de miséricorde divine. C'est comme un temps exceptionnel où l'humanité a tellement besoin de miséricorde divine et de prières. Alors j'ai entendu dans mon âme une voix : « Voilà des paroles pour toi. Fais tout ton possible pour l'œuvre de ma miséricorde. Je désire qu'on honore Ma miséricorde. Je donne à l'humanité sa dernière planche de salut, c'est-à-dire le recours à Ma miséricorde. Mon Cœur se réjouit de cette fête. » Ces mots m'ont fait comprendre que rien ne peut me dispenser de ce que le Seigneur exige de moi.

998. Pendant cette nuit, j'ai été si souffrante que j'ai cru que c'était la fin. Les médecins n'ont rien pu trouver, ni dire quelle était cette maladie. Je sentais comme si j'avais toutes mes entrailles mises en lambeaux. Cependant, après quelques heures de souffrances, je me porte bien. J'offre tout pour les pécheurs. Que Votre miséricorde descende sur eux, Seigneur!

999.
Dans le terrible désert de la vie
O mon doux Jésus,
Epargne aux âmes la défaite, car Tu es la source de miséricorde.

Que la clarté de tes rayons,
O doux Chef de nos âmes,
Que Ta miséricorde, changent le monde,
Et que sous l'effet de Ta grâce, le monde serve Jésus.

Je dois traverser une longue route rocailleuse,
Mais je n'ai peur de rien.
Car pour moi jaillit la source pure de la miséricorde,
Et avec elle jaillit la force de l'humble.

Je suis tourmentée et fatiguée,
Mais ma conscience me rend témoignage,
Que je fais tout pour la plus grande gloire du Seigneur.
Le Seigneur est mon repos et mon héritage.

Fin du deuxième brouillon

Cahier III

Inscription sur la couverture du troisième cahier :

Sœur (Marie-)Faustine du Très saint Sacrement
Congrégation des Soeurs de la Divine
Mère de la Miséricorde

Je chanterai la Miséricorde
Du Seigneur

J.M.J.

1000. Sois donc remercié, Seigneur, ô mon Maître,
De m'avoir en Toi toute transformée,
Tu m'accompagnes dans les difficultés et les dures épreuves de la vie,
Rien ne saurait m'effrayer quand je T'ai en mon cœur.

J.M.J.

1001. Et voici que le Cène se trouve disposée,
Jésus avec Ses Apôtres prend place à table,
Tout son Etre en amour transformé,
Car tel était le conseil de la Sainte Trinité.

C'est une grande faim que je désire assouvir avec Vous,
Avant de souffrir la mort
Sur le point de Vous quitter, l'amour Me retient parmi vous.
Le sang va couler, la vie va s'en aller, car Il aime immensément.

L'amour se dissimule sous l'apparence du pain,
Car Il ne nous quitte, qu'afin de demeurer avec nous.
Un tel anéantissement n'était point nécessaire,
Mais l'amour brûlant se dissimula sous les Saintes Espèces.

Sur le pain, sur le vin, Il dit ces mots :
Ceci est Mon Corps, ceci est Mon Sang,
Ce sont là paroles d'amour, quel mystère !
Puis Il fait passer le Calice à Se disciples

Jésus s'inquiéta en Lui-même,
Et dit : « L'un de vous trahira son Maître. »
Ils se sont tus, silence de mort.
Et Jean penche la tête sur la poitrine de Jésus.

La Cène est terminée.
Allons au Jardin.
L'Amour est rassasié,
Mais là, déjà attend le traître.

J.M.J.

1002. O volonté de Dieu, tu es ma nourriture, tu es mon délice.
Hâte ô Seigneur la Fête de la Miséricorde, afin que les âmes puissent connaître la source de Ta bonté.

Dieu et les âmes

Cracovie, le 1er mars 1937.

Sœur Marie Faustine
Du Très Saint Sacrement

1003. O volonté de Dieu Tout-Puissant,
Tu es ma jouissance, tu est ma joie.
Peu importe ce que me tend la main de mon Seigneur,
Je l'accepte avec allégresse, soumission et amour.

Faire Ta sainte volonté : voila mon repos.
En elle est toute sainteté,
En elle aussi mon salut éternel.
Car, la plus grande gloire, c'est accomplir la volonté de Dieu.

La volonté de Dieu : ce sont ses divers souhaits,
Que mon âme accomplit sans réserve,
Car tels sont Ses divins désirs,
Et c'est aussi le temps où Dieu accorde Ses confidences.

Fais de moi ce qu'Il Te plaît, Seigneur,
Je n'ai rien à y redire.
Car Tu es tout mon délice et l'amour de mon âme,
Et c'est à Toi que je confie les élans de mon cœur.

1004. J.M.J. Cracovie, le 1er mars 1937
Troisième cahier

Dieu et les âmes

Que la glorification et l'adoration du Dieu de Miséricorde se répandent sur toute créature pour les siècles passés et à venir.

1005. O mon Seigneur et mon Dieu, Vous m'ordonnez d'écrire les grâces que Vous m'accordez. O mon Jésus, si ce n'était l'ordre exprès des confesseurs m'enjoignant d'écrire ce qui se passe en mon âme, de mon propre gré je n'écrirais pas un seul mot. C'est donc sur ordre formel et au nom de la sainte obéissance, que j'écris à propos de moi-même.

1006. Honneur et gloire à Vous, ô Sainte Trinité, Dieu éternel. Que Votre miséricorde, jaillissant du plus profond de Vous-même, nous protège de Votre juste colère. Que retentisse la gloire de Votre inconcevable miséricorde. Sur toutes Vos œuvres est posé le sceau de Votre insondable miséricorde, ô Dieu.

1007. 1er mars 1937. Le Seigneur m'a fait voir à quel point Lui déplait une âme loquace : « En cette âme je ne jouis d'aucun repos. Le tumulte incessant Me fatigue et dans ce tumulte l'âme ne discerne pas ma voix. »

Aujourd'hui, j'ai prié Notre-Seigneur Jésus de me faire rencontrer une certaine personne, ce serait pour moi l'indice qu'Il l'appelait en ce monastère. Je l'ai vue et j'ai compris que cette âme avait la vocation. J'ai prié Notre-Seigneur qu'Il daigne la former Lui-même. Puis j'ai souvent parlé avec elle de la vocation, le Seigneur fera le reste.

1009. 5 mars 1937. Aujourd'hui j'ai longtemps ressenti le supplice de Notre-Seigneur Jésus dans mon propre corps : c'est là une bien grande douleur. Mais j‘ai enduré tout cela pour les âmes immortelles.

1010. Aujourd'hui Notre Seigneur m'a visitée. Il m'a serrée contre Son Cœur, et m'a dit : « Reposes-toi, ma petite enfant. Je suis toujours avec toi. »

1011. 8 mars 1937. Aujourd'hui, alors que je priais à l'intention du Père Andrasz, tout-à-coup, j'ai su comme il se rapprochait de Dieu. Et combien cette âme était agréable au Seigneur. Cela m'a causé une grande joie, car je désire ardemment que toutes les âmes soient le plus étroitement possible unies à Dieu.

1012. Aujourd'hui pendant les prières, un si grand désir d'entrer en action a envahi mon âme, que je n'ai pu refréner cet élan. Oh ! avec quelle ardeur je désire que les âmes de cette Congrégation se présentent devant le trône de Dieu pour implorer la miséricorde divine pour le monde entier, adorant et glorifiant cette insondable miséricorde de Dieu. Une force étrange me pousse à l'action.

1013. 12 mars1937. J'ai vu la lassitude d'un certain prêtre pou lequel le Seigneur a tracé une route dure et difficile. Mais le fruit de son travail demeurera. Que Dieu nous donne beaucoup d'âmes semblables, qui sachent aimer Dieu au milieu des plus grands tourments.

1014. J'ai senti aujourd'hui, combien l'âme d'un agonisant désirait des prières. J'ai prié pour cette âme tout le temps qu'il lui fallut pour trépasser et jusqu'à ce que je le ressente. Oh ! Combien les âmes des mourants ont besoin de prières. O Jésus, inclinez les âmes à prier souvent pour les agonisants.

1015. 15 mars 1937. Aujourd'hui, j'ai pénétré l'amertume de la Passion de Notre Seigneur Jésus. J'ai souffert uniquement en esprit et j'ai compris toute l'horreur du péché. Dieu me fit connaître l'étendue de son aversion pour le péché. Au plus profond de mon âme, j'ai réalisé à quel point le péché est affreux, même le plus minime, et combien il tourmentait l'âme de Jésus. Je préférerais souffrir mille morts pltôt que de commettre le moindre péché véniel.

1016. Le Seigneur m'a dit : « Je désire Me communiquer aux âmes et les remplir de Mon amour. Mais il y a pu d'âmes disposées à recevoir toutes les grâces que Mon amour leur destine. Ma grâce ne se perd pas si l'âme à laquelle elle est destinée ne la reçoit pas, c'est une autre âme qui la prend. »

1017. Souvent, je sens que certaines personnes prient pour moi ; je ressens cela tout-à-coup en mon âme, mais je ne sais pas toujours qui intercède pour moi. Je sais également si quelqu'un a de la peine par ma faute. Cela aussi je le ressens intérieurement, même si c'est très loin.

1018. 18 mars 1937. J'ai reçu une certaine grâce qui m'amène à une grande intimité et communication avec le Seigneur. Pae une lumière intérieure, Il me fait connaître Sa Grandeur, Sa Sainteté et avec quelque bienveillance Il s'abaisse jusqu'à moi. Il me révèle Son amour exclusif envers moi, comme Il est le Maître de toute chose et comme Il se communique à l'âme. Suspendant toutes les lois de la nature, Il agit comme Il veut.

1019. Je vie en mon for intérieur les épousailles de l'âme de l'âme avec Dieu : c'est une pure célébration intérieure de l'âme avec Dieu sans aucune conséquence extérieure. . Cette grâce m'a entraînée dans l'ardeur même de l'amour de Dieu. J'ai connu à la fois Sa qualité de Trinité et l'absolue unité de Son Etre. Cette grâce est différente de toutes les autres. Elle est si hautement spirituelle, que mon incomplète description ne peut en exprimer, même l'ombre.

1020. J'ai un tel désir de me cacher ! Je voudrais tant vivre comme si je n'existais pas ! Je ressens étrangement et intérieurement l'attrait de me cacher au plus profond de moi-même afin que seul me connaisse le Cœur de Jésus. Je désire être pour Jésus un habitacle de silence où Il puisse se reposer. Je n'autoriserai rien qui puisse éveiller l'objet de mon adoration.. Me cacher, me donner la possibilité d'une fréquentation continuelle et exclusive avec Lui, objet de mon adoration. Je fréquente les créatures autant que cela Lui plaît. Mon coeur s'est mis à aimer le Seigneur de toute la force de l'amour, et je ne connais pas d'autre amour. Car dès le début mon âme a sombré dans le Seigneur comme en son unique trésor.

1021. Quoique extérieurement, j'éprouve beaucoup de douleur et diverses contrariétés, cela ne diminue cependant, en aucune façon, ma vie intérieure, ni ne trouble la paix de mon âme. Je ne crains pas la solitude. Même si tous devaient m'abandonner, je ne serais pourtant pas seule, car le

1022. Aujourd'hui, j'ai reçu des oranges. Après le départ de la Sœur j'ai pensé ; « Au lieu de me mortifier et de faire pénitence durant le Saint Jeûne, je vais manger des oranges ? Je me sens déjà un peu mieux. » Sur ce, j'entends une voix en mon âme : « Ma fille, tu Me plais bien plus si, par obéissance et amour de Moi, tu manges ces oranges, que si tu te mortifies et jeunes de ta propre volonté. Je connais ton cœur, et sais que rien ne saurait le contenter si ce n'est l'amour de Moi. »

1023. Je ne saurais vivre sans le Seigneur. Dans cet isolement, souvent Jésus me rend visite, m'édifie, me calme ou me réprimande et me rappelle à l'ordre. Mais toujours plein de bonté et de miséricorde, Lui-même façonne mon cœur à Sa guise, suivant Ses divins désirs. Nos cœurs ne font qu'un.

1024. 19 mars 1937. Je me suis unie à l'adoration qui a lieu aujourd'hui, en notre maison. Cependant mon âme était pleine et une étrange appréhension me rongeait le cœur, aussi ai-je redoublé mes prières. Et tout-à-coup, j'ai aperçu le regard de Dieu au fond de mon cœur.

1025. Quand j'ai pris place devant l'appétissant déjeuner, j'ai dit au Seigneur : « Merci pour tous ces dons, mais mon cœur se meurt de langueur pour Vous et rien de ce qui est terrestre n'est à mon goût. Je désire la manne de Votre amour. »

1026. Aujourd'hui, une force étrange me poussait à l'action. Je dois résister à cette attirance; sinon j'irai immédiatement dans cette direction.

1027 21 mars 1937. Dimanche des rameaux. Durant la Sainte Messe, mon âme a été plongée dans l'amertume et les souffrances de Jésus. Jésus m'a fait connaître combien il a souffert durant ce cortège triomphal. En écho à l'Hosanna, résonnait dans le Cœur de Jésus : « crucifie-Le ! » Jésus m'a fait ressentir ce la de façon particulière.

1028. Le médecin ne m'a pas permis de me rendre à la Chapelle pour le Chemin de croix, comme j'en avais le très grand désir. Cependant j'ai pu prier dans ma chambre séparée. Tout-à-coup, j'ai entendu la sonnette de la chambre voisine. J'y suis entrée et j'ai rendu service à un grand malade.
De retour dans ma chambre, j'ai aperçu tout-à-coup Notre Seigneur Jésus, qui s'est adressé à moi en ces termes : « Ma fille, le service que tu viens de Me rendre, Ma causé une plus grande joie que si tu avais longuement prié. » J'ai répondu : « Mais ce n'est pas à Vous, ô Jésus, mais à ce malade que j'ai rendu service. » Le Seigneur m'a répondu : « Oui, ma fille, mais quoi que tu fasse pour ton prochain, c'est à Moi que tu le fais. »

 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:16

890. 21. I. 1937. Aujourd'hui, dès ce matin, je suis étrangement unie au Seigneur. Dans la soirée, le prêtre de l'hôpital est venu me voir. Après un moment de conversation, je sentis que mon esprit commençait à se plonger davantage en Dieu et j'ai commencé à perdre la notion de ce qui se passait autour de moi. J'ai prié ardemment Jésus : « Donnez-moi la possibilité de causer ». Et le Seigneur me l'a donnée. Je pouvais parler aisément. Mais il y eut un moment où je n'ai pas compris ce que le prêtre a dit. J'entendais sa voix, mais il ne m'était pas possible de le comprendre. Je lui ai demandé pardon de ne pas comprendre ses paroles bien que j'entendisse sa voix. C'était un instant de cette grâce d'union avec Dieu, mais imparfaite, car les sens agissant extérieurement, mais également d'une manière imparfaite, il n'y a pas de complète fusion en Dieu, c'est-à-dire de suspension des sens, comme cela arrive souvent : On entend ni ne voit rien de l'extérieur. L'âme entière est aisément toute plongée en Dieu. Lorsque j'éprouve cette grâce, je désire être seule. Je prie Jésus qu'Il me mette à l'abri des regards des créatures. J'avais vraiment bien honte devant ce prêtre. Mais je me suis tranquillisée, car il a eu un peu connaissance de mon âme par la confession.

891. Aujourd'hui le Seigneur me fit connaître en esprit le couvent de la miséricorde divine. J'ai vu dans ce couvent une haute spiritualité mais tout était pauvre et très simple. Ô mon Jésus, Vous me faites demeurer en esprit avec ces âmes, mais peut-être mon pied ne se posera-t-il jamais là-bas ! Mais que Votre Nom soit béni et qu'il en soit selon Votre Volonté.

892. 22. I. 1937. C'est aujourd'hui vendredi. Mon âme est dans une mer de souffrances. Les pécheurs m'ont tout pris, mais c'est bien pour eux. J'ai tout donné afin qu'ils connaissent Votre bonté et Votre infinie miséricorde. Quant à moi, je vous resterai fidèle sous les arcs-en-ciel comme dans les orages.

893. Aujourd'hui, le médecin a décidé que je ne devais pas aller à la Sainte Messe, mais seulement à la Sainte communion. Je désirais beaucoup assister à la Sainte Messe, mais mon confesseur, d'accord avec le médecin, m'a dit d'être obéissante ; « La volonté de Dieu, ma Sœur, est que vous soyez bien portante. Il vous est défendu de vous mortifier en quoi que ce soit. Soyez obéissante et Dieu vous en récompensera. J'ai senti que ces paroles du confesseur étaient les paroles de Jésus. Et quoique je regrette de manquer la Sainte Messe, durant laquelle Dieu me donnait la grâce de voir le petit Enfant-Jésus, cependant je préfère l'obéissance à tout autre chose.

Je m'était plongée dans l'oraison et je récitais la pénitence lorsque soudain j'ai aperçu le Seigneur qui m'a dit : « Ma fille, sache que tu me rends une plus grande gloire par un acte d'obéissance que par de longues prières et des mortifications. » Oh ! Qu'il est bon de vivre dans l'obéissance, en ayant conscience que tout ce que je fais est agréable à Dieu !

894. 23. I. 1937. Aujourd'hui je n'avais pas envie d'écrire. Soudain j'ai entendu dans mon âme une voix : « Ma fille, tu ne vis pas pour toi, mais pour les âmes. Ecris pour leur profit. Tu sais que Ma volonté quant à tes écrits, t'a été bien souvent confirmée par tes confesseurs. Tu sais ce qui M'est agréable et si tu as quelques doutes quant à Ma parole, tu sais aussi qui tu dois interroger. Je lui donne la lumière pour qu'il juge Mon affaire. Mon œil veille sur lui. Ma fille, tu dois être, comme un enfant envers lui, pleine de candeur et de franchise. Préfère son opinion à toutes Mes exigences ! Il te conduira selon Ma volonté. S'il ne te permet pas d'accomplir Mes exigences, sois tranquille, Je ne te jugerai pas. Cette affaire restera entre Moi et lui. Toi, tu dois être obéissante ! »

895. 25. I. 1937. Mon âme est plongée aujourd'hui dans l'amertume. Ô Jésus, ô mon Jésus, à chacun il est permis de me donner de la souffrance. Et Vous, ô Jésus, Vous avez le devoir de me donner puissance et force en ces durs moments. Hostie Sainte, soutiens-moi et ferme mes lèvres au murmure et à la plainte ! Lorsque je fais silence, je sais que je remporte la victoire.

896. 27. I. 1937. Je sens une amélioration considérable de ma santé. Jésus me ramène des portes de la mort à la vie, puisque j'ai manqué mourir. Et voilà que le Seigneur m'accorde pleinement la vie. Quoique je doive encore rester au sanatorium, je suis déjà presque bien portante. Je vois que la volonté ne s'est pas encore accomplie en moi, c'est pourquoi je dois vivre. Car je sais bien que, si j'accomplis tout ce que Dieu a décidé à mon égard sur la terre. Il ne me laissera pas plus longtemps en exil car ma maison c'est le Ciel. Mais avant d'entrer dans la Patrie, nous devons accomplir la volonté divine sur la terre, c'est-à-dire que les épreuves et les luttes doivent œuvrer en nous.

897. Ô mon Jésus, Vous me redonnez la santé et la vie. Donnez-moi donc la force de combattre, car sans Vous, je ne suis capable de rien. Donnez-moi la force, car vous pouvez tout ! Vous voyez que je ne suis qu'une frêle enfant, que puis-je ? Je connais toute la puissance de Votre miséricorde. Et j'ai pleine confiance que Vous me donnerez tout ce dont Votre faible enfant a besoin.

898. Comme j'ai beaucoup désiré la mort, je ne sais si j'aurai encore dans la vie une telle nostalgie de Dieu. Il y eut des moments où je tombais en défaillance à cause de cela. Oh ! Que la terre est vilaine quand on connaît le Ciel. Je dois me faire violence pour vivre. Ô volonté divine, tu es ma nourriture !

899. Oh ! Que la vie est grise et pleine de choses incompréhensibles ! J'y exerce ma patience et puis vient l'expérience. Je comprends beaucoup et j'apprends chaque jour. Je vois que je sais peu et je découvre constamment des fautes dans ma conduite. Mais cela ne me décourage pas. Je remercie seulement Dieu de daigner m'accorder Sa lumière pour me connaître moi-même.

900. Il y a une personne qui met ma patience à rude épreuve, je dois lui consacrer beaucoup de temps. Quand je cause avec elle, je sens qu'elle ment continuellement. Et parce qu'elle me parle de choses lointaines que je ne puis vérifier, ce mensonge lui échappe. Mais je suis intérieurement persuadée qu'il n'y a aucune vérité dans ce qu'elle dit. Lorsqu'une fois j'ai été prise de doutes me demandant si c'était moi qui me trompais et que peut-être elle disait la vérité, j'ai prié Jésus de me donner le signe suivant. Si réellement elle mentait qu'elle me l'avoue elle-même quel que fut le sujet sur lequel j'avais la certitude qu'elle mentait. Et si elle disait la vérité, que Jésus m'ôte la conviction qu'elle ment. Un moment après, elle vint me voir à nouveau et me dit : « Je vous demande bien pardon, ma sœur, mais j'ai menti en disant telle et telle chose. » J'ai compris que la lumière que j'avais intérieurement sur cette personne, ne me trompait pas.

901. 29. I. 1937. Aujourd'hui j'ai dormi trop longtemps. Je n'avais qu'un court instant pour ne pas être en retard pour la Sainte Communion, car la chapelle est à un bon bout de chemin de notre section. Quand je suis sortie la neige arrivait à la hauteur des genoux. Mais avant d'avoir réfléchi que le médecin ne me permettait pas d'aller par une telle neige, j'étais déjà chez le Seigneur à la chapelle. J'ai communié et je suis revenue tout de suite. J'ai entendu dans mon âme ces paroles : « Ma fille, repose près de Mon Cœur ! Je vois tes efforts. » Mon âme se trouve encore plus heureuse lorsque je suis près du Cœur de mon Dieu.

30. I. 1937. Retraite d'un jour.

Je reconnais de plus en plus la grandeur de Dieu et je jouis de Lui. Je demeure sans cesse avec Lui dans la profondeur de mon cœur. C'est dans ma propre âme qu'il m'est le plus facile de trouver Dieu.

903. Pendant la méditation j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, c'est pour la patiente soumission à Ma volonté, que tu me rends la plus grande gloire. Et toi-même, tu gagnes un si grand mérite que ni par les jeunes, ni par aucune mortification tu ne l'obtiendrais sans cela. Saches, Ma fille, que si tu soumets ta volonté à la Mienne, tu t'attires Ma prédilection. Ce sacrifice M'est agréable. Il est plein de douceur pour Moi. Je me complais en lui, il a de la puissance. »

904. Examen de conscience : toujours la même chose, m'unir au Christ Miséricordieux. Pratique : le silence intérieur, c'est-à-dire garder strictement le silence.

905. Dans les moments difficiles, je fixerai mes regards sur le Cœur pacifiant de Jésus étendu sur la Croix. Et de Son Cœur Miséricordieux, brûlant d'amour, jailliront pour moi puissance et force pour soutenir la lutte.

906. Chose étrange, un canari vient en hiver, sous ma fenêtre et chante très joliment pendant un moment. Je voulais m'assurer qu'il était peut-être quelque part ici dans une cage. Mais non, il n'est nulle part, pas même dans la seconde section. Une des malades l'a aussi entendu, mais une fois seulement. Et elle est s'est étonnée qu'un canari chante par un temps si glacial.

907. Ô Jésus, combien j'ai pitié des pauvres pécheurs. Jésus, accordez-leur la contrition et le repentir. Souvenez-Vous de Votre douloureuse passion. Je connais Votre infinie miséricorde. Je ne peux supporter qu'une âme qui Vous a tant coûté, périsse.
Jésus, donnez-moi les âmes des pécheurs. Que Votre miséricorde repose en elles. Prenez-moi tout, mais donnez-moi les âmes. Je désire devenir hostie de sacrifice pour les pécheurs. Que l'enveloppe du corps cache mon offrande, puisque Votre sacré-Cœur est aussi caché dans l'hostie et que Vous êtes Vous-même une vivante offrande. Transfigurez-moi en Vous Jésus, pour que je sois une offrande vivante et agréable pour Vous. Je désire Vous donner satisfaction à tout moment pour les pauvres pécheurs. L'offrande de mon âme se cache sous l'enveloppe du corps, l'œil humain ne l'atteint pas. C'est pour cela qu'elle est pure et qu'elle Vous est agréable. Ô mon Créateur, Père de grande miséricorde, j'ai confiance en Vous, car Vous êtes la bonté même ! N'ayez pas peur de Dieu, vous, les âmes ! Mais ayez confiance en Lui, car Il est bon et Sa miséricorde est infinie.

908. Nous nous connaissons mutuellement, le Seigneur et moi dans la demeure de mon cœur. Oui, c'est moi, qui vous accueille maintenant. Vous êtes mon Hôte dans la maisonnette de mon cœur. Mais le temps approche où Vous m'inviterez en Votre demeure, celle que Vous m'avez préparée depuis la création du monde. Oh ! Que suis-je comparée à Vous Seigneur !

909. Le Seigneur me conduit dans un monde, qui m'est inconnu. Il me fait connaître Sa grande grâce. Mais moi, j'en ai peur et autant qu'il me sera possible, je ne me soumettrai pas à Son influence jusqu'à ce que je me sois assurée auprès de mon directeur de ce qu'est cette grâce.

910. À un certain moment la présence de Dieu transperça tout mon être et mon esprit fut étrangement éclairé en ce qui concerne l'Être Divin. Il m'a admise à la connaissance de Sa vie intérieure. J'ai vu en esprit les Trois Personnes Divines, mais Leur Être est un. Il est Seul, Seul et unique, mais en Trois Personnes. Aucune d'Elles n'est ni plus petite, ni plus grande. Il n'y a de différence ni en beauté, ni en sainteté, car Elles sont Un. Elles sont absolument Un. Son amour m'a transportée dans cette connaissance, et m'a unie à Lui. Lorsque j'étais unie à Une Personne, j'étais également unie à la Seconde, et à la Troisième. Car lorsque nous nous unissons à l'Une des personnes de la sainte Trinité, par là même nous nous unissons également aux Deux autres. Une est Leur volonté. Un est Dieu, quoique en Trois Personnes.
Lorsque l'âme est en relation avec l'Une des trois Personnes, par la puissance de la Même Unique Volonté, elle se trouve unie aux Trois Personnes. Et elle est inondée du bonheur qui procède de la Sainte Trinité. Les saints se nourrissent de ce bonheur. Semblable bonheur jaillit de la Sainte Trinité, rends heureux tout ce qui est créé, fait jaillir la vie, donne et entretien toute vie qui prend son commencement en Lui ! En ces moments, mon âme a éprouvé de si grands délices divins qu'il m'est difficile de l'exprimer. Soudain, j'ai entendu ces paroles ainsi formulées : « Je veux t'épouser ». La peur transit mon âme.


911. Mais sans inquiétude, je considérais quelles pouvaient être ces épousailles. Cependant à chaque fois la peur transperce mon âme. Mais mon âme reste calme cependant, d'un calme soutenu par la grâce d'En-Haut. Cependant, j'ai fait mes vœux perpétuels, et je les ai faits avec une volonté sincère et consciente. J'ai donc continué à m'interroger sur ce que cela signifiait. Je sens et je pénètre que c'est une grâce exceptionnelle. Quand je la considère, je défaille après Dieu. Mais en cette défaillance mon esprit reste clair et pénétré de lumière.
Lorsque je suis unie à Lui, je défaille d'un excès de bonheur, mais mon esprit est clair et pur, sans ombres. Vous abaissez Votre Majesté pour demeurer avec une pauvre créature. Merci, Seigneur, pour cette grande grâce qui me rend capable d'avoir des relations avec Vous Jésus. Votre Nom est un délice pour moi. Je pressens de loin mon Bien-Aimé et mon âme languissante repose dans Ses bras. Je ne peux pas vivre sans Lui. J'aime mieux être avec Lui dans les souffrances et les supplices, que sans Lui dans les plus grands délices du Ciel.

912. 2. II. 1937. Un recueillement divin pénètre aujourd'hui mon âme depuis le matin. Pendant la Sainte Messe, je pensais voir le petit Jésus comme je le vois souvent. Cependant aujourd'hui j'ai vu Jésus crucifié pendant la Sainte Messe. Jésus était cloué à la Croix et dans de grands supplices. Mon âme et mon corps furent pénétrés des souffrances de Jésus de façon réellement douloureuse, quoique invisible.

913. Oh ! Quels terribles mystères ont lieu pendant la Sainte Messe. Un grand mystère s'accomplit pendant la Sainte Messe. Avec quelle piété devrions-nous écouter et prendre part à cette mort de Jésus. Nous connaîtrons un jour ce que Dieu accomplit pour nous à chaque Messe et quel don Il y prépare pour nous. Seul Son amour divin a pu vouloir nous gratifier d'un tel don. Ô Jésus, mon Jésus, mon âme est pénétrée d'une si grande douleur quand je vois cette source de vie jaillissant avec tant de douceur et de puissance pour chaque âme et que je vois aussi, malgré cela des âmes flétries et qui dépérissent par leur propre faute. Ô mon Jésus, faites que la puissance de la miséricorde s'empare de ces âmes !

914. Ô Marie, c'est aujourd'hui que le terrible glaive pénétra Votre Sainte âme ! A part Dieu, personne ne connaît Votre souffrance. Votre âme n'est pas brisée, mais elle est courageuse, car elle est avec Jésus. Douce Vierge, unissez mon âme à Jésus, car ce n'est qu'alors que je pourrai endurer toutes les épreuves et les expériences. Et ce n'est qu'en union avec Jésus que mes petits sacrifices seront agréables à Dieu. Très douce Mère, instruisez-moi de la vie intérieure. Que le glaive des souffrances ne me brise jamais ! Ô Vierge pure, versez en mon cœur le courage, et gardez-le !

915. Aujourd'hui est un jour exceptionnel pour moi, quoique j'aie éprouvé beaucoup de souffrances, mon âme est inondée d'une grande joie. Dans la chambre voisine il y avait une juive très malade. Je suis allée la voir il y a trois jours, et j'ai ressenti une douleur en mon âme en voyant qu'elle allait mourir bientôt et que la grâce de Saint baptême ne laverait pas son âme. J'ai parlé avec la Sœur garde-malade de ce qu'il faudrait la baptiser quand viendra le dernier moment. Mais il y avait une difficulté, c'est que les Juifs l'entouraient constamment. Cependant j'ai senti une inspiration en mon âme, celle de prier devant l'image que Jésus m'a fait peindre. J'ai ma brochure et sur la couverture il y a une reproduction de l'image de la miséricorde divine. J'ai dit au Seigneur : « Jésus, Vous m'avez dit Vous-même que Vous accorderez beaucoup de grâces par cette image. Je Vous prie donc de donner la grâce du Saint Baptême à cette Juive. Peu importe qui la baptisera, pourvu qu'elle soit baptisée. » Après ces mots, je me suis sentie étrangement tranquillisée et j'ai une complète certitude que malgré les difficultés, l'eau du saint Baptême coulera sur son âme.

Et la nuit alors qu'elle était très faible, je me suis levée trois fois pour veiller, guettant le moment propice de pouvoir lui accorder cette grâce. Le matin, elle se sentait un peu mieux. Dans l'après-midi le dernier moment commença à approcher. La Sœur garde-malade a dit, qu'il sera difficile de lui accorder cette grâce, car ils sont près d'elle. Le moment est venu où la malade commença à perdre connaissance, ils ont alors commencé à sortir, les uns pour chercher le médecin, les autres ailleurs, pour sauver la malade. Et il est arrivé qu'elle est demeurée seule et la Sœur garde-malade lui administra le Saint baptême. Et avant qu'ils fussent tous revenus, son âme était bien belle, ornée de la grâce de Dieu et l'agonie commença de suite. Elle dura peu de temps et la malade semblait s'être endormie. Soudain j'ai vu son âme d'une délicieuse beauté entrant dans le Ciel. Oh ! Quelle est belle l'âme habitée de la grâce sanctifiante ! La joie a régné dans mon âme parce que je lui ai obtenu une si grande grâce en priant devant cette image !

916. Que la miséricorde divine est grande ! Que chaque âme la loue ! Ô mon Jésus, cette âme va Vous chanter l'hymne de la miséricorde pendant toute l'éternité !
Je n'oublierai pas l'impression que j'éprouvais dans mon âme ce jour là. C'est déjà la seconde grâce que j'ai obtenue ici pour les âmes devant cette image. Oh ! Que le Seigneur est bon et plein de pitié ! Jésus, comme je Vous remercie pour ces grâces !

917. 5. II. 1937. Mon Jésus, malgré tout, je désire beaucoup m'unir à Vous. Jésus, si cela se peut, prenez-moi chez Vous, car il me semble que mon cœur va mourir de nostalgie de Vous ! Oh ! Combien je ressens que je suis en exil ! Quand donc me trouverai-je dans la maison de notre Père et quand vais-je m'abreuver du bonheur qui jaillit de la Sainte Trinité ? Mais si Votre Volonté est que je vive encore et que je souffre, alors je désire ce que Vous m'avez destiné. Gardez-moi sur terre tant qu'il Vous plaira, serait-ce jusqu'à la fin du monde. Ô volonté de mon Seigneur, soit le délice et l'émerveillement de mon âme ! Bien que la terre soit si peuplée, je me sens toute seule et la terre m'est un terrible désert. Ô Jésus, Jésus, Vous savez et connaissez la grande ardeur de mon cœur, Vous seul, Ô Seigneur, pouvez me combler !.

918. Aujourd'hui, lorsque j'ai fait la remarque à une certaine jeune fille que de causer des heures entières dans un corridor avec des hommes ne convenait pas à une jeune fille comme il faut, elle m'a demandé pardon et m'a promis de se corriger. Puis elle s'est mise à pleurer lorsqu'elle a reconnu sa déraison. Quand je lui ai dit ces quelques mots à propos de la morale, les hommes de la salle entière sont accouru et ont écouté cette instruction. Même les Juifs en ont entendu quelque peu à leur propos. Une certaine personne m'a dit après qu'ils avaient appliqué l'oreille au mur et avaient écouté avec recueillement. Je sentais étrangement qu'ils écoutaient, mais j'ai dit ce que j'avais à dire. Les murs ici sont si minces que l'on entend même si l'on parle bas.

919. Il y a ici chez nous une personne qui autrefois était notre élève, et naturellement elle met ma patience à l'épreuve. Elle me rend visite plusieurs fois par jour. Après chacune de ses visites, je suis fatiguée. Mais je vois que Jésus m'a envoyé cette âme. Soyez loué en tout, ô Seigneur ! La patience rend gloire à Dieu. Oh ! Que les âmes sont pauvres !

920. 6. II. 1937. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Ma fille, on me dit que tu possèdes beaucoup de simplicité, pourquoi donc ne Me parles-tu pas de tout ce qui te concerne, même des moindres détails ? Parle-Moi de tout ! Sache, que cela Me procure beaucoup de joie ! » J'ai répondu : « Mais puisque Vous savez tout, Seigneur ! » Jésus m'a répondu : « Oui, Je sais tout. Mais le fait que Je sache ne t'excuse pas, toi. Dis-moi tout avec la simplicité d'un enfant, parce que J'ai l'oreille et le Cœur à ton écoute et que ta parole M'est agréable. »

921. Lorsque j'ai commencé cette grande neuvaine à trois intentions, j'ai aperçu par terre un petit ver et j'ai pensé : « Comment est-il arrivé ici au milieu de l'hiver ? » Alors j'ai entendu dans mon âme ces mots : « Vois-tu, je pense à lui et je l'entretiens. Et qu'est-il en comparaison à toi ? Pourquoi ton âme s'est-elle inquiétée durant un instant ? » J'ai demandé pardon au Seigneur pour cet instant. Jésus veut que je sois toujours une enfant, que je m'en remette à Lui de tout souci et que je me soumette aveuglement à Sa Sainte Volonté. Lui se charge de tout.

922. 7. II. 1937. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : J'exige de toi une offrande parfaite et l'holocauste de ta volonté. Aucune autre offrande ne peut être comparée à celle-là. Je dirige Moi-même ta vie et J'arrange tout de manière à ce que tu Me sois une continuelle offrande et que tu fasses toujours Ma volonté. Pour faire cette offrande tu vas t'unir à Moi sur la Croix. Je sais ce que tu peux. Je vais te commander beaucoup de choses directement. Je vais retarder la possibilité de leur accomplissement et les subordonner aux autres. Mais ce que les Supérieures n'atteindront pas, Je vais l'accomplir Moi-même directement dans ton âme et, dans les plus secrètes profondeurs. L'offrande sera parfaite et elle sera un holocauste, non pour un temps seulement, mais sache le, Ma fille, cette offrande durera jusqu'à la mort. Viendra le temps où Moi, le Seigneur Je réaliserai chacun de tes désirs. J'ai une prédilection pour toi, comme pour une hostie vivante. N'aie peur de rien, Je suis avec toi. »

923. Aujourd'hui j'ai reçu un billet de ma Supérieure disant qu'il m'est défendu d'être au chevet des mourants et des agonisants. J'enverrai donc à ma place l'obéissance et c'est elle qui soutiendra les âmes agonisantes. Telle est la volonté divine, cela me suffit. Ce que je ne comprends pas maintenant, je l'apprendrai plus tard.

924. 7. II. 1937. Aujourd'hui, j'ai prié plus ardemment que jamais à l'intention du Saint Père et de trois prêtres pour que Dieu les inspire sur ce qu'Il attend de moi, car c'est d'eux que dépend la réalisation. Oh ! Comme je suis contente que le Saint Père se porte mieux. J'ai entendu aujourd'hui Son allocution au Congrès Eucharistique et je me suis transportée là-bas en esprit pour recevoir la bénédiction apostolique.

925. 9. II. 1937. Fin du carnaval. En ces deux derniers jours du carnaval, il m'a été donné de voir la multitude des punitions et des péchés. Le Seigneur m'a fait connaître en un instant les péchés du monde entier commis en ces jours. Je me suis évanouie de frayeur et, bien que je connaisse toute la profondeur de la miséricorde divine, je suis étonnée que Dieu permette à l'humanité d'exister. Et le Seigneur me fit comprendre que ce qui soutient l'existence de cette humanité, ce sont les âmes choisies. Lorsque la mesure de ceux qui sont choisis sera comble, le monde cessera d'exister.
Pendant ces deux jours, j'ai communié avec une intention d'expiation et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, j'offre tout, aujourd'hui, pour les pécheurs.

926. Que les coups de Votre Justice retombent sur moi et que l'océan de la miséricorde engloutisse les pauvres pécheurs. » Le Seigneur entendit ma demande et beaucoup d'âmes sont revenues à Lui, tandis que moi, j'agonisais sous le joug de la justice divine. Je sentais que j'étais l'objet de la colère du Dieu Très Haut. Le soir j'ai souffert d'un tel délaissement spirituel que des gémissements s'élevaient involontairement de ma poitrine. J'ai fermé la porte de ma chambre à clef et j'ai commencé l'adoration, c'est-à-dire l'Heure Sainte. L'abandon intérieur et la justice divine que je ressentais, me tinrent lieu d'oraison. Les gémissements et la douleur qui s'élevaient de mon âme, prirent la place de la douce conversation avec le Seigneur.

927. Soudain, j'ai aperçu le Seigneur, qui me pressa contre Son Cœur et me dit : « Ma fille, ne pleure pas, car je ne puis supporter tes larmes. Je te donnerai tout ce que tu demandes, mais cesse de pleurer. » Une grande joie m'envahit et mon esprit, comme d'habitude se perdit en Lui comme en son unique trésor. Ce jour-là, encouragée par Sa bonté, j'ai causé plus longtemps avec Jésus.

928. Tandis que je reposais près de Son doux Cœur, je Lui ai dit : « Jésus, j'ai tant à Vous dire. » Et le Seigneur me dit aimablement : « Parle, Ma fille ! ». J'ai commencé à me répandre en plaintes sur les douleurs de mon cœur : C'est-à-dire que toute l'humanité me tient tant à coeur que tous ne Vous connaissent pas autant que Vous êtes digne d'être aimé. D'autre part je vois combien les pécheurs Vous offensent terriblement ou bien je vois aussi comme les fidèles sont opprimés et persécutés, surtout Vos serviteurs. Je vois aussi beaucoup d'âmes qui courent aveuglément vers le terrible gouffre de l'enfer. Voilà Jésus la douleur qui s'enfonce dans mon cœur et mes os ! Quoique Vous me favorisiez de Votre amour particulier et inondiez mon cœur des torrents de Vos joies, pourtant cela n'apaise pas les souffrances que je Vous ai citées ? Mais bien au contraire, elles pénètrent plus vivement mon pauvre cœur. Oh ! Comme je désire ardemment que toute l'humanité se tourne avec confiance vers Votre miséricorde. Alors mon cœur sera soulagé en voyant la gloire de Votre Nom.

Jésus a écouté ces épanchements de mon cœur gravement et avec intérêt, comme s'Il n'en savait rien, comme s'Il cachait de moi Sa connaissance de ces choses. Et moi, j'étais comme gênée de ce que je disais. Le Seigneur m'a dit « Ma fille, la parole de ton cœur M'est agréable et par la récitation de ce chapelet tu rapproches l'humanité de Moi. » Après cela je me suis vue seule, mais la présence de Dieu est toujours dans mon âme.

929. Ô mon Jésus, quand j'irai vers Vous et que Vous me comblerez de Vous-même, ce sera pour moi la plénitude du bonheur. Pourtant je n'oublierai pas l'humanité. Je désire soulever le voile du ciel pour que la terre ne doute pas de la miséricorde divine. Mon repos sera de proclamer Votre miséricorde. L'âme rend la plus grande à son Créateur lorsqu'elle se tourne avec confiance vers la miséricorde divine.

930. C'est aujourd'hui le Mercredi des Cendres. Pendant la Sainte Messe j'ai ressenti un court instant la Passion de Jésus dans mes membres. Le Carême est un temps particulièrement favorable pour les travaux sacerdotaux. Il faut venir en aide aux prêtres pour sauver les âmes.

931. J'ai écrit, il y a quelques jours à mon directeur lui demandant la permission de pratiquer certaines petites mortifications pendant le Carême. Parce que je n'ai pas la permission du médecin d'aller en ville, j'ai du régler cela par écrit, mais c'est déjà aujourd'hui Mercredi des Cendres et je n'ai pas encore de réponse. Le matin, après la Sainte Communion, j'ai prié Jésus d'éclairer mon directeur de Sa lumière pour que j'aie sa réponse. Et j'ai eu connaissance dans mon âme que le Père n'est pas contraire à ce que je pratique ces mortifications dont je lui ai parlées et qu'il m'accordera sa permission. J'ai alors tranquillement commencé à les pratiquer. Le même jour dans l'après-midi, je reçois une lettre de Père me faisant savoir qu'il m'accorde volontiers la permission de pratiquer ce que je lui avais demandé. J'étais très contente que ma connaissance intérieure ait perçu avec justesse l'opinion de mon Père spirituel.

932. Alors j'ai entendu ces mots dans mon âme : « Tu recevras une plus grande récompense pour ton obéissance et ta soumission envers le confesseur que pour ces mortifications que tu vas t'imposer. Sache cela Ma fille, et agis ainsi : la moindre chose, marquée du sceau de l'obéissance, est agréable à Mon Cœur et grande à mes yeux ! »

933. Les petites pratiques pendant le Carême. Je ne puis plus m'imposer de grandes mortifications comme auparavant, malgré mon grand désir et mon envie, car je suis sous contrôle médical. Mais je peux pratiquer de petites choses : - dormir sans oreiller - avoir un peu faim - chaque jour réciter le chapelet que le Seigneur m'a appris, les mains étendues, - parfois prier les mains étendues pendant un temps indéterminé sans formuler ma prière. L'intention : obtenir aux pauvres pécheurs la miséricorde divine et aux prêtres la puissance de briser la dureté des cœurs enclins au péché.

934. Mon union avec les âmes agonisantes est aussi étroite qu'avant. J'accompagne souvent de bien loin une âme agonisante. Mais ma plus grande joie est de voir la promesse de la miséricorde divine s'accomplir dans ces âmes. Le Seigneur est fidèle à Ses promesses.

935. Une personne malade dans notre section de l'hôpital était en train de mourir, elle était dans de grands tourments. Pendant trois jours, elle agonisait par moments, puis elle reprenait connaissance. Tout le monde dans la salle priait pour elle. Le désir me prit d'y aller aussi, mais la Mère Supérieure m'avait défendu d'assister les agonisants. Je priai donc dans ma chambre particulière pour cette âme, mais j'entendis qu'elle souffrait encore et on ne savait pas quand cela pourrait finir. Alors soudain, quelque chose m'a dit de prier Jésus et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, si tout ce que je fais Vous est agréable, je vous en prie, permettez, en témoignage que cette pauvre âme ne souffre plus, mais qu'elle passe immédiatement au bonheur éternel. » Quelques minutes après cela, j'ai appris qu'elle s'éteignit si tranquillement et si vite qu'on n'a pas même eu le temps d'allumer le cierge.

936. Je noterai encore un mot à propos de mon directeur de conscience. C'est étrange qu'il y ait si peu de prêtres capables de donner à l'âme puissance, courage et force, pour qu'elle continue d'avancer sans fatigue. Sous une telle direction, l'âme, même si elle a peu de forces peut faire beaucoup pour la gloire de Dieu. Et j'ai découvert ici un secret c'est que le confesseur ou plutôt le directeur ne dédaigne pas les plus petites choses que l'âme lui présente. Quand l'âme s'aperçoit qu'elle est contrôlée en cela, elle commence à s'y exercer et ne manque pas la plus petite occasion de pratiquer cette vertu et elle évite les moindres fautes. Et de ces efforts s'élève dans l'âme un temple très beau, bâti de ces petites pierres. Si, au contraire, l'âme se rend compte que le directeur dédaigne ces petites choses, elle aussi commencera à les dédaigner. Elle cessera d'en rendre compte à son confesseur. Et ce qui est pire encore, elle commencera à se négliger dans les petits détails. Ainsi, au lieu d'avancer, elle reculera lentement. Et elle ne s'en apercevra que lorsqu'elle tombera en des fautes plus graves. Ici se pose une sérieuse question : qui est fautif ? Elle ou le confesseur, c'est-à-dire le directeur ? Je pencherais plutôt pour le directeur. Il me semble qu'il faut imputer toute la faute à l'imprudence du directeur. La faute de l'âme est qu'elle s'est elle-même choisie son directeur. Le directeur aurait pu mener l'âme à la sainteté par les voies de la volonté divine. L'âme devrait prier très ardemment et très longtemps pour avoir un directeur.

937. Et elle devrait demander que Dieu daigne Lui-même, lui en choisir un. Ce qui commence en Dieu, sera à Dieu. Et ce qui commence d'une manière purement humaine restera humain. Dieu est si miséricordieux que pour aider l'âme, Il lui assigne Lui-même un chef spirituel. Et Il donnera à l'âme la connaissance de la personne à qui l'âme doit dévoiler comme devant Jésus Seul, ses plus secrètes profondeurs. Lorsque l'âme considèrera et reconnaîtra que c'est Dieu qui dirige cela, qu'elle prie bien ardemment pour ce directeur afin qu'il puisse bien la connaître à la lumière divine. Qu'elle ne change pas de directeur, à moins que ne survienne quelque chose de sérieux ! Comme elle a beaucoup prié pour connaître la volonté divine avant le choix du directeur, de même si elle veut en changer, qu'elle prie beaucoup et ardemment pour savoir si c'est vraiment la volonté divine qu'elle en choisisse un autre. Si elle ne voit pas la volonté formelle de Dieu, qu'elle n'en change pas ! Car seule l'âme n'ira pas loin et Satan ne désire que cela, que l'âme qui aspire à la sainteté se dirige elle-même. Et alors il n'y a pas de doute, elle n'arrivera pas à la sainteté. Il y a une exception, c'est lorsque Dieu dirige l'âme directement Lui-même.

938. Mais le directeur s'apercevra tout de suite que l'âme est dirigée par Dieu seul. Dieu lui permettra de reconnaître cela clairement et distinctement. Dans ce cas l'âme doit être sous un contrôle plus strict encore que d'autres. Et le rôle du directeur consistera moins à diriger et à indiquer la voie que l'âme doit suivre, qu'à juger et à approuver que l'âme est dans la bonne voie et qu'un bon esprit la dirige. Le directeur devrait être non seulement saint, mais aussi expérimenté et prudent. L'âme devrait préférer son opinion à l'opinion de Dieu même. Alors elle sera à l'abri des illusions et des déviations. L'âme qui ne soumettrait pas ses inspirations au strict contrôle de l'Eglise, c'est-à-dire de son directeur, par cela même fait supposer qu'un mauvais esprit la dirige. Le directeur doit être très prudent à cet égard et il doit éprouver l'âme par obéissance. Satan peut se dissimuler sous le manteau de l'humilité. Mais il ne sait pas se revêtir du manteau de l'obéissance.
Et là toute son action le trahit. Mais le directeur ne devrait pas avoir trop peur. Car si Dieu remet cette âme exceptionnelle sous sa protection, Il lui donnera aussi une grande lumière divine à cet égard. Autrement comment pourrait-il juger les grands mystères qui se passent entre l'âme et Dieu ?

939. J'ai beaucoup souffert moi-même et j'ai été très éprouvée sous ce rapport. C'est pourquoi j'écrit seulement ce que j'ai moi-même éprouvé. J'ai fait beaucoup de neuvaines et de pénitences, j'ai récité beaucoup de prières avant que Dieu ne m'envoie le prêtre qui comprendrait mon âme. Il y aurait beaucoup plus d'âmes saintes, s'il y avait plus de directeurs expérimentés et saints. Plus d'une âme, qui aspire sincèrement à la sainteté ne sait pas se débrouiller seule quand viennent les moments d'épreuves. Et elle quitte alors la voie de la perfection. Ô Jésus, donnez-nous des prêtres zélés et saints !

940. Oh ! Quelle est grande la dignité du prêtre, mais comme sa responsabilité est grande aussi ! On vous a beaucoup donné, ô prêtres, mais on exigera aussi beaucoup de vous...

941. 11. II. 1937. C'est aujourd'hui vendredi. Pendant la Sainte Messe j'ai ressenti des douleurs dans mon corps : dans mes mains, mes pieds et mon côté. Jésus permet ceci comme expiation pour les pécheurs. Cela ne dure pas longtemps, mais la souffrance est grande. Je ne souffre pas plus de quelques minutes, mais j'en garde longtemps une très vive impression.

942. Aujourd'hui mon âme se sent si délaissée que je ne peux me l'expliquer moi-même. Je voudrais me cacher aux yeux des hommes et pleurer sans fin. Personne ne peut comprendre un cœur blessé par l'amour. Et quand il se sent délaissé, personne ne le consolera. Ô âmes des pécheurs, vous m'avez pris le Seigneur, mais c'est bien ainsi. Reconnaissez comme le Seigneur est doux. Que tout l'océan de votre amertume m'inonde le cœur, je vous ai donné toutes mes consolations divines !

943. A certains moments, lorsque je me méfie de moi-même, que je suis totalement persuadée de ma faiblesse et de ma misère, j'ai compris que je ne pourrai persévérer qu'en ayant confiance dans l'infinie miséricorde divine. La patience, l'oraison et le silence : voilà ce qui donne des forces à l'âme. Il y a des moments où l'âme doit se taire et où cela ne lui convient pas de parler avec les créatures. C'est quand elle est mécontente d'elle-même et qu'elle se sent faible comme un enfant. Alors, dans ces moments-là, de toutes mes forces je reste près de Dieu, je vis exclusivement de la foi. Et quand je me sens affermie par la grâce de Dieu, je suis plus courageuse pour parler et entrer en relation avec mon prochain.

944. Dans la soirée, le Seigneur me dit : « Repose-toi, mon enfant, auprès de Mon Cœur, Je vois que tu as beaucoup travaillé dans Ma vigne. » Et mon âme fut inondée de joie divine.

945. 12. II. 1937. Aujourd'hui la présence de Dieu me pénètre comme un rayon de soleil. Je languis tellement après Dieu que cela me fait défaillir à chaque instant. Je sens que l'amour éternel touche mon cœur et ma petitesse ne peut le supporter. Elle me fait défaillir. Mais la force intérieure est grande, l'âme veut égaler l'Amour dont elle est aimée. A ces moments l'âme a une très profonde connaissance de Dieu, et plus elle Le connaît, plus son amour pour Lui devient ardent et pur. Oh ! Les mystères de l'âme et de Dieu sont inconcevables. Il arrive parfois que mon âme soit plongée des heures entières dans l'émerveillement en voyant la Majesté divine infinie s'abaisser vers mon âme. Je ne cesse de m'étonner de ce que le Seigneur Très-Haut ait une prédilection pour moi. Il me le dit Lui-même, et moi, cela me plonge plus encore en mon néant, car je sais ce que je suis de moi-même.

Je dois dire cependant que j'aime mon Créateur à la folie par chaque battement de mon cœur et de tout mon être. Mon âme inconsciemment se noie, se perd... en Lui. Je sens que rien ne me séparera du Seigneur, ni le ciel, ni la terre, ni le temps présent, ni l'avenir. Tout peut changer, mais l'amour, jamais, il est toujours le même. Lui, le Souverain immortel me fait connaître Sa volonté pour que je L'aime particulièrement. Et Il rend mon âme capable de l'amour dont il désire être aimé par moi. Je me plonge toujours plus en Lui et je n'ai peur de rien. L'amour occupe tout mon cœur. Même si on me parlait de la Justice divine et que puisque les purs esprits frémissent devant Lui et cachent continuellement leur face devant Sa Sainteté, par conséquent mes relations intimes avec le Seigneur seraient un préjudice pour Son honneur et Sa Majesté, je répondrai non, non et encore une fois non. Tout est contenu dans l'amour pur, le plus grand honneur et la plus profonde adoration. L'âme est plongée en Dieu dans la plus grande paix par l'amour et les paroles des créatures n'ont aucune influence sur elles. Ce qu'elles lui disent de Dieu n'est qu'un pâle aperçu comparé à ce qu'elle éprouve intérieurement en Dieu. Elle s'étonne souvent que les âmes s'émerveillent en entendant ce que l'on dit de Dieu. Pour elles c'est le pain quotidien, car elle sait ce qui se laisse prononcer n'est pas encore si grand. Elle accepte et elle écoute tout avec respect, mais elle a sa propre vie en Dieu.

947. 13. II. 1937. Aujourd'hui, pendant la lecture de la Passion, j'ai aperçu Jésus supplicié, couronné d'épines. Il tenait à la main une tige de roseau. Jésus se taisait et les soldats se bousculaient pour Le torturer. Jésus ne disait rien, Il me regardait seulement et dans ce regard j'ai ressenti un indicible tourment. Nous n'avons même pas idée de ce que Jésus a souffert pour nous avant d'être crucifié. Mon âme est pleine de douleur et de langueur. J'ai éprouvé en mon âme une violente haine pour le péché. La plus petite infidélité me semble une haute montagne, je l'expie par la mortification et la pénitence. Lorsque je vois Jésus supplicié, mon cœur se déchire en lambeaux. Je pense : « Qu'adviendra-t-il des pécheurs s'ils ne profitent pas de la Passion de Jésus ? » Je vois dans Sa Passion un véritable océan de miséricorde.

948. J.M.J. 12. II. 1937.

L'amour divin est la fleur et la miséricorde est le fruit. Que l'âme qui doute, lise ces considérations sur la miséricorde et elle deviendra confiante.
Miséricorde Divine, jaillissant du sein du Père, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, le plus grand attribut de Dieu, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, mystère inconcevable, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, source jaillissant du Mystère de la Sainte Trinité, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, insondable à tout esprit humain ou angélique, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, dont jaillit la vie et le bonheur, j'ai confiance en Vous !
Miséricorde Divine, au-dessus des cieux,
Miséricorde Divine, source de miracles et de merveilles,
Miséricorde Divine, qui enveloppe le monde entier,
Miséricorde Divine, venue sur la terre en la Personne du Verbe Incarné,
Miséricorde Divine, qui coula de la blessure ouverte du Cœur de Jésus,
Miséricorde Divine, contenue dans le Cœur de Jésus pour nous et particulièrement pour les pécheurs,
Miséricorde Divine, insondable dans l'institution de la sainte Eucharistie,
Miséricorde Divine, en l'institution de la Sainte Eglise,
Miséricorde Divine, dans le Sacrement du Saint Baptême,
Miséricorde Divine, notre justification par Jésus-Christ,
Miséricorde Divine, nous accompagnant pendant toute la vie,
Miséricorde Divine, nous enveloppant particulièrement à l'heure de la mort,
Miséricorde Divine, nous gratifiant de la vie éternelle,
Miséricorde Divine, présente à chaque instant de la vie,
Miséricorde Divine, nous préservant du feu infernal,
Miséricorde Divine, pour la conversion des pécheurs insensibles,
Miséricorde Divine, étonnante aux Anges, inconcevable aux Saints,
Miséricorde Divine, insondable dans tous les mystères divins,
Miséricorde Divine, nous relevant de toute misère,
Miséricorde Divine, source de notre bonheur et de notre joie,
Miséricorde Divine, nous appelant du néant à l'existence,
Miséricorde Divine, englobant toutes les œuvres de Ses mains,
Miséricorde Divine, couronnant tout ce qui existe et existera,
Miséricorde Divine, en laquelle nous sommes tous plongés,
Miséricorde Divine, doux apaisement des cœurs tourmentés,
Miséricorde Divine, seul espoir des âmes désespérées,
Miséricorde Divine, repos des cœurs, paix au milieu des frayeurs,
Miséricorde Divine, délice et merveille des âmes saintes,
Miséricorde Divine, éveillant la confiance contre tout espoir, j'ai confiance en Vous !

949. Ô Dieu éternel, dont la miséricorde est insondable, et le trésor de pitié inépuisable, jetez sur nous un regard bienveillant et augmentez en nous Votre miséricorde pour que nous ne désespérions pas dans les moments difficiles, que nous ne perdions pas courage, mais que nous nous soumettions avec grande confiance à Votre Sainte Volonté qui est l'amour et la Miséricorde même.

950. O inconcevable et insondable miséricorde divine,
Qui peut T'adorer et te glorifier dignement ?
Toi, le plus grand attribut du Dieu Tout-puissant
Tu es le doux espoir de l'homme pécheur.

A l'unisson étoiles, terre et mer chantez avec gratitude l'hymne de l'inconcevable miséricorde divine !

951. Mon Jésus, Vous voyez que Votre sainte volonté est tout pour moi ! Ce que Vous ferez de moi m'est indifférent. Vous m'ordonnez de me mettre à l'œuvre ? Je m'y prendrai avec calme quoique je sache en être incapable. Vous m'ordonnez par la bouche de Vos remplaçants d'attendre ? J'attendrai avec patience. Vous remplissez mon âme de ferveur et Vous ne me donnez pas la possibilité d'agir. Vous m'attirez à Vous dans les cieux, et Vous me laissez sur terre. Vous versez dans mon âme la nostalgie de Vous, et Vous Vous cachez à mes yeux. Je meurs du désir de m'unir à Vous pour l'éternité, et Vous ne permettez pas à la mort de s'approcher de moi. Ô volonté divine, Vous êtes la nourriture et le délice de mon âme ! Lorsque je me soumets à la sainte volonté de Mon Dieu, un océan de paix m'inonde.
Ô mon Jésus, Vous ne récompensez pas le succès de l'action, mais la volonté sincère et la peine de l'entreprise, c'est pour cela que je suis tout à fait tranquille. Même si toutes mes initiatives et tous mes efforts étaient anéantis ou ne pouvaient se réaliser, du moment que je fais tout mon possible, le reste ne me concerne pas. C'est pour cela que les plus grandes tempêtes ne troublent pas mon calme profond, la volonté divine demeure en ma conscience.

952. 15. II. 1937. Mes souffrances ont un peu augmenté. Je ressens non seulement de plus grandes douleurs dans les poumons, mais aussi d'étranges douleurs dans les intestins. Je souffre autant que ma faible nature est capable de le supporter. Et j'offre tout pour les âmes immortelles, pour obtenir la miséricorde divine aux pauvres pécheurs et la force aux prêtres. Oh ! Quel grand respect j'ai pour les prêtres ! Et je prie Jésus, le Grand Prêtre, de leur donner beaucoup de grâces.

953. Aujourd'hui après la Sainte Communion le Seigneur m'a dit : « Ma fille, mon délice est de M'unir à toi. La plus grande gloire que tu puisses Me rendre, c'est de te soumettre à Ma volonté. Tu t'attires d'innombrables bénédictions. Je n'aurais pas de prédilection pour toi, si tu ne vivais pas de Ma volonté ! » Ô mon doux Hôte, je suis prête à tous les sacrifices pour Vous. Pourtant Vous savez que je suis la faiblesse même, mais avec Vous je puis tout. Ô mon Jésus, je Vous en supplie, soyez avec moi à chaque instant !

954. 15. II. 1937. Aujourd'hui, j'ai entendu ces paroles dans mon âme : « Hostie agréable à Mon Père, sache, Ma fille, que la Sainte Trinité toute entière a une particulière prédilection pour toi, parce que tu vis exclusivement de la volonté divine ! Aucun sacrifice n'égale celui-là. »

955. À ces mots la connaissance de la volonté divine pénétra mon âme. C'est-à-dire que je regarde tout de plus haut et que j'accepte tous les événements et les désagréments avec amour, comme preuves de la prédilection particulière du Père Céleste.

956. La pure offrande de ma volonté va brûler sur l'autel de l'amour. Pour que mon offrande soit parfaite, je m'unis étroitement au sacrifice de Jésus sur la croix. Et quand sous l'influence de grandes souffrances, ma nature tremblera et que mes forces physiques et spirituelles diminueront, alors je me cacherai profondément dans la blessure ouverte de Cœur de Jésus, sans me plaindre, comme une colombe. Que toutes mes préférences les plus saintes, les plus belles et les plus nobles soient toujours au dernier plan et Votre sainte volonté à la première place. Vos moindres désirs, ô Seigneur, me sont plus chers que le Ciel avec tous ses trésors. Je sais bien que les créatures ne me comprendront pas, c'est pourquoi mon offrande sera plus pure à Vos yeux.

957. Il y a quelques jours, une personne est venue me demander de beaucoup prier à son intention, car elle avait des affaires très importantes et urgentes. Soudain j'ai senti dans mon âme que ces affaires n'étaient pas très agréables à Dieu. Et je lui ai répondu que je n'allais pas prier à cette intention mais que je prierai en général, « Pour vous Madame ». Quelques jours après cette dame est revenue et elle m'a remercié de ne pas avoir prié à cette intention mais pour elle-même. Car elle avait eu en vue des désirs de vengeance envers une personne pour laquelle elle aurait dû avoir du respect en vertu du quatrième Commandement. Jésus changea son cœur et elle avoua sa faute. Je fus pourtant étonnée d'avoir pénétré son secret.

958. J'ai reçu aujourd'hui une lettre de l'abbé Sopocko, qui m'envoie des souhaits pour ma fête. Ses souhaits m'ont réjouie, mais son manque de santé m'a affligée. Je le savais déjà par ma propre intuition, mais je ne savais pas si je pouvais m'y fier. Pourtant il me semble que s'il me l'a écrit lui-même, les autres choses qu'il ne m'a pas écrites, sont vraies aussi et que ma connaissance intérieure ne me trompe pas. Il me recommande de souligner tout ce que je sais ne pas provenir de moi. C'est-à-dire tout ce que Jésus m'a dit, ce que j'entends dans mon âme. Il me l'a déjà demandé plusieurs fois mais je n'en avais pas le temps et, à vrai dire, je ne me dépêchais pas de le faire. Mais comment sait-il que je ne l'ai pas encore fait ? J'étais bien étonnée. Je me mets maintenant de tout cœur à ce travail. Ô mon Jésus, la volonté de Vos remplaçants est très nettement et sans l'ombre d'un doute Votre Sainte Volonté.

959. 16. II. 1937. Aujourd'hui par erreur, je suis entrée dans la chambre voisine et j'ai parlé avec la personne qui y était. Lorsque je suis revenue chez moi, j'ai encore pensé à elle pendant un moment, quand soudain Jésus se tint debout près de moi et Il m'a dit : « Ma fille à quoi penses-tu maintenant ? » Spontanément je me suis serrée contre son Cœur, reconnaissant que j'avais trop longtemps pensé à une créature.


Partager cet article
Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:14

853. 29. XI.1936. Aujourd'hui, après la Sainte Communion, j'entendis dans mon âme une voix : « Ma fille, veille, car Je viendrai sans qu'on Me remarque. » Jésus, vous ne voulez pas me dire l'heure que j'attends avec tant de langueur ? - « Ma fille tu l'apprendras pour ton bien, mais pas maintenant. Veille ! » Ô Jésus, faites de moi ce qu'il Vous plaira ! Je sais que Vous êtes le Sauveur miséricordieux et je sais que Vous ne changerai pas pour moi l'heure de ma mort. Si dès maintenant, Vous me témoignez un amour si particulier et Vous daignez si gracieusement et confidentiellement Vous unir à moi, je m'attends à beaucoup plus à l'heure de ma mort. Vous, le Seigneur, mon Dieu, Vous ne pouvez changer ! Vous êtes toujours le même. Les cieux peuvent changer, ainsi que tout ce qui a été créé, mais Vous, Seigneur, Vous êtes toujours le Même. Vous êtes dans les siècles. Donc venez, comme Vous voulez et quand Vous voulez ! Père infiniment miséricordieux, moi, Votre enfant, j'attends avec nostalgie Votre venue.

Ô Jésus, Vous avez dit dans le Saint Evangile: Vous serez jugés sur vos paroles. Jésus, je parle toujours de Votre indicible miséricorde, donc j'ai confiance que Vous allez me juger selon Votre insondable miséricorde.

854. 30.XII. 1936. l'année finit. Je prends la journée d'aujourd'hui pour ma retraite mensuelle. Mon esprit a approfondi les bienfaits que Vous avez répandus sur moi durant toute l'année. Mon âme a tremblé à la vue de l'immensité des grâces du Seigneur. De mon âme a jailli vers Dieu un hymne d'action de grâces. Toute une heure durant je me suis plongée dans l'adoration et dans l'action de grâces, méditant un à un, les bienfaits de Dieu et aussi mes petits manquements. Tout ce que cette année renfermait s'est engouffré dans l'éternité. Rien ne se perd. Je me réjouis que rien ne se perde.

855. 30. XII. 1936. Retraite d'un jour.

Pendant la méditation du matin, j'ai ressenti une aversion et une répugnance pour tout ce qui est créé. Tout me paraît si pâle, mon esprit est détaché de tout. Je ne désire que Dieu seul, et cependant je dois vivre. C'est un martyre que je ne peux décrire. Dieu se donne à l'âme avec amour et l'entraîne dans les inconcevables profondeurs de la Divinité. Mais en même temps Il la laisse sur cette terre dans le seul but de souffrir et d'agoniser en languissant après Lui. Et ce puissant amour est si pur que Dieu, Lui-même y trouve Son délice. L'amour-propre n'a pas de part à ses actions, car ici tout est parsemé d'amertume, donc tout est très pur. La vie est une perpétuelle mort, douloureuse et terrible. Mais en même temps elle est la base de la vraie vie, du bonheur inconcevable, de la force de l'âme. Et par là même, l'âme est capable de grandes actions pour Dieu.

856. Le soir, j'ai prié pendant quelques heures, d'abord pour mes parents et ma famille, pour la Mère Générale et toute la Congrégation, pour nos élèves, pour trois prêtres à qui je dois beaucoup. J'ai parcouru le monde entier en long et en large et j'ai rendu grâce à l'insondable miséricorde de Dieu pour toutes les grâces données aux hommes. Et je Lui ai demandé pardon pour tout ce qui L'a offensé.

857. Pendant les vêpres, j'ai aperçu Jésus qui a regardé doucement et profondément mon âme. « Prends patience, ma fille, ce ne sera plus long. » Ce regard profond et ces paroles, ont donné à mon âme force, puissance et courage, ainsi qu'une étrange confiance que j'accomplirai tout ce qu'Il exige de moi, malgré tant d'énormes difficultés. Elles introduisirent aussi dans mon âme l'étrange conviction que le Seigneur est avec moi et qu'avec Lui je peux tout. Toutes les puissances du monde et de l'enfer entier ne me sont rien, tout doit s'écrouler de par la puissance de Son Nom. Je remets tout entre Vos mains, ô mon Seigneur et mon Dieu. Unique Chef de mon âme, dirigez-moi d'après Vos désirs éternels !

858. Cracovie, Pradnik I. I. 1937 Jésus, j'ai confiance en Vous !

Aujourd'hui, j'ai dit adieu à l'année 1936 et j'ai salué l'année 1937. C'est avec tremblement et appréhension qu'en cette première heure de l'année j'ai regardé bien en face ce laps de temps. Jésus miséricordieux, j'irai courageusement et bravement dans le combat et les batailles. En Votre Nom, j'accomplirai tout et je vaincrai tout. Mon Dieu, bonté infinie, je Vous en prie que Votre infinie miséricorde m'accompagne toujours et partout !
En entrant dans cette nouvelle année, la peur me prend face à la vie. Mais Jésus éloigne de moi cette peur en me faisant connaître quelle grande gloire Lui procurera cette œuvre de la miséricorde.

859. Il y a des moments dans la vie où l'âme ne trouve d'apaisement que dans une profonde prière. Que les âmes sachent persévérer dans l'oraison ! En de tels moments, c'est une chose bien importante.

860. J. M. J. Jésus, j'ai confiance en Vous !
Résolutions pour l'année 1937, 1er jour du 1er mois.
Résolutions détaillées, toujours les mêmes :
- m'unir au Christ miséricordieux.
- comment aurait fait le Christ dans telle ou telle occasion ?
- embrasser par l'esprit le monde entier, surtout la Russie et l'Espagne.

Résolutions générales.
I. Stricte observance du silence. Calme intérieur.
II. Voir en chaque Sœur l'image de Dieu, de ce motif doit dériver tout l'amour du prochain.
III. A chaque moment de la vie, accomplir fidèlement la volonté de Dieu et en vivre.
IV. Rendre fidèlement compte de tout à mon directeur de conscience et ne rien entreprendre d'important sans m'être entendue avec lui. Je vais tâcher de lui dévoiler clairement les plus secrètes profondeurs de mon âme en me souvenant que c'est à Dieu seul que j'ai affaire, et que ce n'est qu'un homme qui Le remplace. Prier Dieu chaque jour qu'Il lui donne la lumière nécessaire.
V. A l'examen du soir, me poser cette question : « S'Il m'appelait aujourd'hui ? »
VI. Ne pas chercher Dieu au loin, mais demeurer avec Lui en tête-à-tête dans mon cœur.
VII. Dans les épreuves et les contrariétés, recourir au tabernacle et me taire.
VIII. Unir toutes mes souffrances, prières, travaux et mortifications aux mérites de Jésus dans le but d'obtenir miséricorde pour le monde.
IX. Profiter des moments libres, mêmes les plus petits pour prier à l'intention des agonisants.
X. Qu'il n'y ait pas un jour dans ma vie où je ne sollicite Votre grâce pour les œuvres de notre congrégation.
XI. N'avoir jamais aucun égard pour l'opinion humaine. N'être sur pied de familiarité avec personne. Envers nos élèves : avoir une douce fermeté, une patience sans bornes. Les punir sévèrement, mais avec des punitions de ce genre : prière et sacrifice de soi-même. La force contenue dans l'anéantissement de soi est pour elles un constant remords de conscience et cela fléchit leur cœur rebelle.
XII. La présence de Dieu est le fondement de toutes mes actions, mes paroles et mes pensées.
XIII. Profiter de chaque aide spirituelle. Remettre toujours l'amour-propre à sa place, c'est-à-dire la dernière. Faire mes exercices spirituels comme si je les faisais pour la dernière fois de ma vie, et accomplir tous mes devoirs de même.

861. 2. I. 1937. Ô Jésus, qu'il est grand Votre Nom Seigneur ! Il est la puissance de mon âme ! Lorsque les forces m'abandonnent et que les ténèbres envahissent mon âme, Votre Nom devient alors comme un soleil dont les rayons éclairent et réchauffent l'âme. Et sous leur ardeur l'âme embellit et rayonne de l'éclat de Votre Nom. Au doux Nom de Jésus mon coeur bat plus fort. Il y a des moments où en entendant le Nom de Jésus je tombe en défaillance. Mon esprit s'élance vers Vous.

862. Ce jour est pour moi tout particulièrement un grand jour. Ce jour-là, je suis allée pour la première fois m'occuper de la peinture de cette image. Ce jour-là, la Miséricorde divine a été pour la première fois particulièrement honorée au dehors, bien qu'elle soit connue depuis longtemps, mais cette fois-ci sous la forme que le Seigneur souhaitait. Ce jour de Fête du doux Nom de Jésus me rappelle bien des grâces particulières.

863. Aujourd'hui la Mère Supérieure de la Congrégation, qui assure le service de l'hôpital, est venue me voir avec une de ses Sœurs. Nous avons longuement parlé de choses spirituelles. J'ai reconnu en elle une grande ascète. C'est pour cela que notre conversation a été agréable à Dieu.

Aujourd'hui une jeune fille est venue chez moi. J'ai reconnu qu'elle était souffrante, pas tant de corps que d'âme. Je la consolais autant que je pouvais, mais mes paroles de consolation ne suffisaient pas. C'était une pauvre orpheline, son âme était plongée dans l'amertume de la douleur. Elle me dévoila son âme et elle me raconta tout. J'ai compris que de simples mots de consolation ne suffiraient pas ici. J'ai imploré le Seigneur pour cette âme et j'ai offert à Dieu ma joie pour la lui donner à elle, et qu'il m'ôte tout sentiment de joie. Le Seigneur a exaucé ma prière. Pour moi resta la consolation qu'elle avait été consolée.

864. Adoration. Le premier dimanche du mois, pendant l'adoration, je me suis sentie si pressée d'agir que je me suis mise à pleurer. Et j'ai dit au Seigneur : « Jésus, ne me pressez pas, mais donnez l'inspiration à ceux qui, Vous le savez, retardent cette œuvre. » Et j'ai entendu ces mots : « Ma fille sois tranquille, ce ne sera plus long ! »

865. Pendant les vêpres, j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, Je désire Me reposer en ton cœur, car beaucoup d'âmes M'ont aujourd'hui rejeté de leur cœur. » J'en ai éprouvé une tristesse mortelle. J'ai taché de consoler le Seigneur, en Lui faisant mille fois l'offrande de mon amour. J'ai ressenti en mon âme une grande aversion pour le péché.

866. Mon cœur est constamment abreuvé d'amertume, car je désire aller chez Vous, Seigneur, dans la plénitude de la vie. Ô Jésus, comme cette vie me semble un terrible désert. Il n'y a de nourriture ni pour mon cœur, ni pour mon âme sur cette terre. Je souffre et me languis de Vous, Seigneur. Vous m'avez laissé, ô Seigneur, la Sainte Eucharistie. Mais elle attise davantage encore la nostalgie de mon âme envers Vous, Dieu éternel, mon Créateur. Jésus, je désire m'unir à Vous, daignez entendre les soupirs de Votre bien-aimée. Oh ! Comme je souffre de ne pouvoir encore m'unir à Vous ! Mais qu'il en soit selon Vos désirs !

867. 5. I. 1937. Ce soir, j'ai vu un prêtre qui avait besoin de prières, pour une certaine affaire. J'ai prié ardemment, car cette affaire me tient aussi à cœur. Merci, Jésus pour cette bonté.

868. Ô Jésus miséricordieux, enveloppez le monde entier, et pressez-moi contre Votre Cœur !.... Permettez, Seigneur que mon âme repose dans l'océan de Votre insondable miséricorde !

869. 6. I. 1937. Aujourd'hui, pendant la Sainte Messe, je me suis inconsciemment plongée dans l'infinie Majesté de Dieu. Toute l'immensité de l'amour divin, inondait mon âme, en ce moment précis. J'ai compris combien Dieu s'est abaissé pour moi - ce Seigneur au-dessus de tous les Seigneurs - et que suis-je moi, misérable pour que Vous ayez de telles relations avec moi ? La stupéfaction qui m'a saisie après cette grâce particulière se prolongea avec vivacité pendant toute la journée. Profitant de l'intimité à laquelle le Seigneur m'admet, je L'ai supplié pour le monde entier. Dans de tels moments, il me semble que le monde entier dépend de moi.

870. Mon Maître, disposez ainsi mon cœur : que je n'attende l'aide de personne, mais qu'au contraire je tâche toujours d'aider les autres, de les consoler et de les soulager en tout. J'ai le cœur toujours ouvert aux souffrances d'autrui. Je ne le ferme pas aux souffrances des autres. C'est pour cela que l'on m'appelle, avec une allusion malicieuse, la pelle à poussière. C'est-à-dire, que chacun jette sa douleur dans mon cœur. J'ai répondu, que chacun a sa place en mon cœur. Et moi, en compensation, j'ai ma place dans le Cœur de Jésus. Ces allusions au droit d'amour ne rétrécissent pas mon cœur. Mon âme est toujours sensible sur ce point, et Jésus seul est le mobile de mon amour du prochain.

871. 7. I. 1937. Pendant l'Heure Sainte, le Seigneur me permit de goûter Sa Passion. J'ai partagé l'amertume dont était remplie Son âme durant la Passion. Jésus m'a fait comprendre combien l'âme doit être fidèle à l'oraison malgré les tourments, la sécheresse et les tentations. Car, pour la plupart, c'est d'une telle oraison que dépend la réalisation des desseins de Dieu qui sont parfois bien grands. Si nous ne persévérons pas dans cette oraison, nous déjouons que Dieu voulait accomplir par nous, ou en nous. Que chacun se rappelle ces paroles : « En proie à la détresse, Il priait de façon plus instante. » Je prolonge toujours semblable oraison autant qu'il est en mon pouvoir et en accord avec mes devoirs.

872. 8. 1. 1937. Vendredi matin, lorsque j'allais à la chapelle pour la Sainte Messe, soudain j'ai aperçu sur le trottoir un grand buisson de genévrier dans lequel se trouvait un terrible chat qui me barrait le passage vers la chapelle, me regardant méchamment. Un soupir au Nom de Jésus dispersa tout. J'ai offert toute cette journée pour les pécheurs agonisants. Pendant la Sainte Messe j'ai ressenti d'une manière particulière la proximité du Seigneur. Après la Sainte Communion j'ai regardé le Seigneur avec confiance et je Lui dis : « Jésus, je désire tant Vous dire quelque chose. » Et le Seigneur me regarda avec amour et me dit : « Que désires-tu Me dire ? »- « Jésus, je Vous supplie par l'inconcevable puissance de Votre miséricorde, que toutes les âmes, qui agoniseront aujourd'hui échappent au feu de l'enfer, seraient-ce les âmes des plus grands pécheurs ? C'est aujourd'hui vendredi, commémoration de votre amère agonie sur la Croix et parce que Votre miséricorde est inconcevable, les Anges ne s'en étonneront pas. » Jésus me serra contre Son Cœur et dit : « Ma fille bien-aimée, tu as bien reconnu l'immensité de Ma miséricorde. Je ferai comme tu m'en as prié. Mais unis-toi constamment à Mon Cœur agonisant et donne satisfaction à Ma justice ! Sache que tu M'as priée pour une grande chose. Je vois que cela t'a été dicté par le pur amour que tu as pour Moi. C'est pourquoi Je vais satisfaire tes exigences. »

873. Marie, Vierge Immaculée, prenez-moi sous Votre protection particulière ! Gardez la pureté de mon âme, de mon cœur et de mon corps ! Vous êtes le modèle et l'étoile de ma vie.

874. J'ai éprouvé aujourd'hui une grande souffrance au moment de la visite de nos Sœurs. J'ai appris une chose, qui a profondément blessé mon cœur, cependant je me suis maîtrisée de telle façon que les Sœurs n'ont rien remarqué. Pendant un long moment la douleur déchira mon cœur. Mais tout cela c'est pour les pauvres pécheurs... Ô Jésus pour les pauvres pécheurs... Jésus, ma force, soyez près de moi, secourez-moi !...

875. 10. I. 1937. J'ai prié aujourd'hui le Seigneur de m'accorder des forces pour que je puisse aller communier. « Mon Maître, je Vous prie de tout mon cœur languissant de me donner, si cela est conforme à Votre Sainte Volonté, toutes les souffrances et les faiblesses qu'Il Vous plaît. Je désire souffrir durant la journée et la nuit entière. Mais je Vous en supplie, fortifiez-moi au moment où je dois communier. Vous voyez bien, Jésus, qu'on n'apporte pas la Sainte Communion aux malades. Alors si Vous ne me fortifiez pas pour ce moment-là afin que je puisse descendre à la chapelle, comment puis-je Vous recevoir dans le mystère de l'Amour ? Et Vous savez combien mon cœur languit de Vous. Ô mon doux époux, à quoi bon tant de plaintes ? Vous savez que je vous désire ardemment. Si Vous le voulez, Vous pouvez faire cela pour moi. » Le lendemain matin je me suis sentie tout à fait bien portante : défaillances et faiblesses avaient disparues. Cependant quand je suis revenue de la chapelle, toutes ces souffrances et ces faiblesses me sont immédiatement revenues comme si elles m'attendaient. Mais je n'avais plus du tout peur d'elles, car je m'étais nourrie du Pain des Forts. Je regarde tout bravement droit dans les yeux, même la mort.

876. Ô Jésus caché dans l'hostie, mon doux Maître et fidèle Ami, mon âme est heureuse d'avoir un tel ami, qui me tient toujours compagnie ! Je ne me sens pas seule, bien que je sois dans l'isolement. Jésus Eucharistie, nous nous connaissons, cela me suffit.

877, 12. I. 1937. Aujourd'hui, lorsque le médecin est venu pour visiter les malades, je ne lui ai guère plu. J'étais naturellement plus souffrante et ma température était sensiblement plus élevée. Il va sans dire qu'il a décidé que je ne devais plus descendre pour la Sainte Communion jusqu'à ce que la température ait complètement baissé. J'ai répondu : « Bien, » quoique la douleur ait serré mon cœur. Mais j'ai dit que, si je n'avais pas de fièvre je descendrai. Il consent à cela.

Quand le médecin fut sorti, j'ai dit au Seigneur : « Jésus, maintenant cela dépend de Vous que j'y aille ou non. » Et je n'y ai plus pensé quoique à chaque instant l'idée me venait : « Je ne vais pas pouvoir recevoir Jésus - non, c'est impossible - et non seulement une fois, mais plusieurs fois, jusqu'à ce que la température baisse. » Mais le soir j'ai dit au Seigneur : « Jésus, si mes Saintes Communions Vous sont agréables, je Vous prie humblement de n'avoir pas un seul degré de température demain matin. » Le matin je prends ma température et pense en moi-même : Si j'ai, ne serais-ce qu'un seul degré, alors je ne me lèverai pas, car ce serait contraire à l'obéissance. » Cependant je retire le thermomètre et il n'y avait pas un seul degré de température. J'ai sauté tout de suite au bas de mon lit et je suis allée communier.

Lorsque le médecin est venu et que je lui ai dit que, n'ayant pas un seul degré de température, j'étais allée communier, il en fut étonné. Je l'ai prié de ne pas me faire de difficultés pour aller communier, car cela ne peut avoir une influence défavorable sur ma cure. Il a répondu : « Afin d'avoir la conscience tranquille, et en même temps afin de ne pas vous déranger, ma Sœur, arrangeons-nous de telle sorte qu s'il fait beau temps, s'il ne pleut pas, et que vous vous sentiez bien, alors vous pouvez aller communier. Mais en conscience soyez prudente ! Je me suis réjouie que le médecin ait tant d'égards pour moi. Voyez-Vous, Jésus, ce que je devais faire, je l'ai déjà fait. Maintenant je compte sur Vous et je suis toute à fait tranquille.

878. J'ai vu aujourd'hui le Père Andrasz célébrer la Sainte Messe. Avant l'Elévation, j'ai aperçu le Petit Jésus qui, les petites mains tendues, était très joyeux. Puis, un moment après je ne vis plus rien. J'étais dans ma chambre séparée, continuant à faire mon action de grâces.. Cependant plus tard, j'ai pensé en moi-même : pourquoi l'Enfant Jésus était-Il si gai ? Car Il n'est pas toujours aussi gai, à ce que je vois. Soudain, j'entendis ces mots en mon âme : « Car Je me sens bien dans son cœur. » Et cela ne m'a pas du tout étonnée, car je sais que le Père aime beaucoup Jésus.

879. Mon union avec les agonisants continue d'être très étroite. Oh ! Que la miséricorde divine est inconcevable ! Dieu me permet par mon indigne prière, de venir en aide aux agonisants ! J'essaye, autant qu'il m'est possible, de me trouver auprès de chaque agonisant. Ayez confiance en Dieu car Il est bon et inconcevable. Sa miséricorde dépasse notre compréhension.

880. 14. I. 1937. Aujourd'hui Jésus est entré dans ma chambre particulière. Vêtu d'une robe claire, ceint d'une ceinture d'or, une grande majesté rayonnait de Sa personne et Il a dit : « Ma fille, pourquoi t'abandonnes-tu à des pensées alarmantes ? » J'ai répondu : « Ô Seigneur, Vous savez pourquoi. » Et Il m'a dit : « Pourquoi ? »- « Cette œuvre m'alarme. Vous savez que je suis incapable de l'accomplir. » Et Il a dit : Pourquoi ? » - « Vous voyez bien que je ne suis pas en bonne santé, que je n'ai pas d'instruction, que je n'ai pas d'argent, que je suis un abîme de misère et que les relations avec les gens me font peur. Jésus, je ne désire que Vous. Vous pouvez, Vous, me dispenser de cela. » Et le Seigneur m'a dit : « Ma fille, ce que tu as dit est vrai. Tu es très misérable. Mais il M'a plu de réaliser l'œuvre de la miséricorde, justement par toi, qui est la misère même. N'aie pas peur. Je ne te laisserai pas seule. Fait ce que tu peux dans cette affaire, Moi J'accomplirai tout ce dont tu es incapable. Tu sais ce qui est en ton pouvoir de faire, alors fais-le ! » Le Seigneur a jeté un regard plein de bienveillance au fond de mon être. J'ai cru que j'allais en mourir de joie. Le Seigneur disparut. En mon âme demeurèrent joie, puissance et force d'agir. Mais je suis étonnée de ce que le Seigneur ne veuille pas me dispenser et qu'Il ne change rien à ce qu'il a une fois décidé. Et malgré toutes ces joies, il y a toujours une ombre de douleur. Je vois que l'amour et la douleur vont de pair.

881. J'ai rarement de semblables visions, mai le plus souvent, mon commerce avec le Seigneur s'opère de manière très profonde. Les sens restent assoupis quoique ce soit imperceptible. Et tout ce qui touche à l'être divin, aux vérités révélées, ainsi qu'à la connaissance de ma propre misère, devient pour moi plus réel et plus clair que si je le voyais de mes yeux. En un instant l'esprit discerne plus que durant de longues années de réflexions approfondies et de méditations.

882. Rien ne me dérange dans cette union avec le Seigneur, ni la conversation avec le prochain, ni aucune tâche, quand bien même il s'agirait d'affaires très importantes, cela ne me dérange aucunement. Mon esprit est avec Dieu. Mon cœur est plein de Dieu, je ne le cherche donc pas en dehors de moi-même.

Lui, le Seigneur transperce mon âme, comme le rayon de soleil transperce le verre. Lorsque j'étais enfermée dans le sein de ma mère, je ne lui étais pas aussi unie que je le suis à mon Dieu. Là, c'était l'inconscience. Ici c'est la réalité en plein, ainsi que la conscience de l'union. Mes visions sont purement intérieures. Mais mieux je les comprends, moins je puis les exprimer en paroles.

883. Oh ! Comme le monde spirituel est beau ! Et il est si réel qu'en comparaison, la vie extérieure n'est que vain leurre, impuissance.

884. Jésus, donnez-moi force et sagesse pour que je puisse venir à bout de ce terrible désert, pour que mon cœur sache supporter patiemment la nostalgie de Vous, ô mon Seigneur ! Je demeure toujours dans un saint étonnement, quand je vois que Vous Vous approchez de moi, Vous, le Seigneur possesseur d'un terrible trône, que Vous descendez dans ce misérable exil et venez chez une pauvre mendiante qui n'a rien hors la misère. Je ne sais Vous régaler, mon Prince royal, mais Vous savez que je vous aime de chaque tressaillement de mon cœur. Je vois que Vous Vous abaissez, mais cependant Votre Majesté ne diminue pas à mes yeux. Je sais que Vous m'aimez d'un amour d'Epoux et cela me suffit, bien qu'un grand abîme nous sépare, car Vous êtes le Créateur et moi Votre créature. Pourtant, l'amour seul explique notre union, hors de lui tout est incompréhensible. Seul l'amour explique cette inconcevable intimité avec laquelle Vous me fréquentez. Ô Jésus, Votre grandeur m'effraie et je serais dans un étonnement constant et une peur continuelle, si Vous ne m'apaisiez pas Vous-même. Vous me rendez capable d'avoir commerce avec Vous.

885. 15. I. 1937. La tristesse ne s'installe pas dans un cœur qui aime la volonté divine. Mon cœur languissant après Dieu ressent toute la misère de l'exil. J'avance courageusement, quoique mes pieds se blessent, vers ma patrie. Et en route, je me nourris de la volonté divine. Elle m'est nourriture. Secourez-moi, vous, les heureux habitants de la patrie céleste afin que votre sœur ne faiblisse pas en route. Le désert est terrible, pourtant je marche le front levé et de mes yeux je fixe le soleil, c'est-à-dire Votre Cœur miséricordieux.

886. 19. I. 1937. Ma vie s'écoule maintenant dans une calme conscience de Dieu. Mon âme silencieuse vit de Lui et cette vie consciente de Dieu dans mon âme m'est source de bonheur et de force. Je ne cherche pas de bonheur en dehors de la profondeur de mon âme dans laquelle demeure Dieu. Je suis consciente de cela. Je sens comme un besoin de me communiquer aux autres. Je découvre en mon âme la source du bonheur, c'est Dieu. Ô mon Dieu, je vois que tout ce qui m'entoure est comblé de Dieu. Et c'est mon âme qui est la plus comblée, elle qui est ornée de la grâce de Dieu. Je commence maintenant ce dont je vivrai dans l'éternité.

887. Le silence est un langage si puissant, qu'il atteint le trône du Dieu vivant. Le silence est Sa parole qui, bien que mystérieuse, est puissante et vivante.

888. Jésus, vous me faites voir et comprendre en quoi consiste la grandeur de l'âme : ce n'est pas dans de grandes actions, mais dans un grand amour. L'amour a de la valeur, et c'est lui qui donne de la valeur à nos actions. Et, bien que nos actes soient petits et ordinaires en eux-mêmes, à cause de l'amour, ils deviennent grands et puissants devant Dieu.

889. L'amour est un mystère qui transfigure tout ce qu'il touche en des choses belles et agréables à Dieu. L'amour de Dieu rend l'âme libre. Elle est comme une reine, qui ne connaît pas la contrainte de l'esclavage. Elle entreprend tout avec grande aisance, car l'amour qui l'habite lui donne l'impulsion pour agir. Tout ce qui l'entoure lui fait comprendre que Dieu seul est digne de son amour. L'âme amoureuse de Dieu est plongée en Lui. Elle va à son devoir dans les mêmes dispositions qu'à la Sainte communion. Et elle accomplit la plus simple action avec un grand soin sous le regard amoureux de Dieu. Elle ne se trouble pas lorsque, après un certain temps, quelque chose se révèle peu réussi. Elle reste calme, car au moment d'agir elle a fait ce qui était en son pouvoir. Lorsqu'il arrive que la présence vivante de Dieu la quitte, cette présence dont elle jouit presque sans cesse, elle tâche alors de vivre de foi pure. Cette âme comprend qu'il y a des moments de repos et des moments de lutte. Par la volonté elle est toujours avec Dieu. Cette âme est exercée au combat comme un chevalier, elle voit de loin où l'ennemi se cache et elle est prête à la lutte. Elle sait qu'elle n'est pas seule, Dieu est sa force.
 

Partager cet article
Repost0
16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:11

0804. Faustine ch.

804. L'immaculée Conception de la Mère de Dieu.

Dès le matin, j'ai ressenti la proximité de la Très Sainte Vierge pendant la Sainte Messe. Je La vis si belle que les mots me manquent pour décrire cette beauté, même en partie. Elle était toute blanche, ceinte d'une écharpe bleue, le manteau bleu aussi, une couronne sur la tête. De toute sa personne rayonnait une lumière inconcevable. « Je suis la Reine du ciel et de la terre, mais surtout votre mère. » Elle me serra contre Son Cœur et dit : « J'ai compassion de toi. » Je sentis la force de Son Cœur immaculé se communiquer à mon âme. Maintenant, je comprends pourquoi depuis deux mois je me préparais et j'attendais cette fête avec impatience. Depuis aujourd'hui, je tâche d'avoir l'âme aussi pure que possible pour que les rayons de la grâce Divine s'y reflètent dans toute leur lumière. Je désire être un cristal pour Lui plaire.

805. Ce jour-là, je vis un certain prêtre éclatant de sa lumière à Elle. Sûrement cette âme aime l'Immaculée.

806. Une étrange langueur s'empara de mon âme, je m'étonne qu'elle ne sépare pas l'âme du corps. Je désire Dieu, je désire me noyer en Lui. Je comprends que je suis dans un terrible exil. De toute sa force, mon âme s'élance vers Dieu. Ô habitants de ma patrie, souvenez-vous de l'exilée ! Quand les voiles tomberont-ils pour moi aussi ? Quoique je voie et que je sente approximativement quand, cependant un voile très fin me sépare encore du Seigneur. Je désire Le regarder face à face, mais que tout se fasse selon Votre volonté !

807. 11. XII.1936. Aujourd'hui, je ne pus assister à la Sainte Messe toute entière. J'assistai seulement aux parties les plus importantes et, après avoir reçu la Sainte Communion, je me retirai tout de suite dans ma solitude. Soudain je fus envahie par la présence Divine. Et à ce moment je sentis la Passion du Seigneur pendant un très court moment. Alors je connus plus profondément l'œuvre de la miséricorde.

808. Dans la nuit, je fus soudainement éveillée et je compris qu'une âme avait grand besoin de prières. En peu de mots, mais de toute mon âme, je priai le Seigneur de lui accorder la grâce.

809. Le lendemain après-midi en entrant dans la salle, je vis une personne mourante et j'ai appris que l'agonie avait commencé pendant la nuit. J'ai constaté que c'était au moment où l'on me demandait des prières. Tout à coup, j'entendis dans mon âme une voix : « Dis ce chapelet que Je t'ai enseigné ! » Je courus chercher mon rosaire. Et je m'agenouillai près de l'agonisante et je commençai avec toute l'ardeur de mon âme à dire ce chapelet. Soudain la moribonde ouvrit les yeux. Elle me regarda et je n'eus pas le temps d'achever le chapelet qu'elle était morte dans une étrange paix. Je priais ardemment le Seigneur de tenir la promesse qu'Il m'avait faite pour la récitation de ce chapelet. Le Seigneur me fit connaître que cette âme avait reçu la grâce que le Seigneur m'avait promise. Cette âme était la première qui ait obtenu la promesse du Seigneur. Je sentais la force de la miséricorde qui entourait cette âme.

810. En rentrant dans ma solitude, j'entendis ces mots : « Je défends chaque âme à l'heure de la mort comme Ma propre gloire. Que l'on récite ce chapelet soi-même, ou bien que d'autres le récitent pour l'agonisant, l'indulgence est la même. Quand on le récite auprès de l'agonisant, la colère divine s'apaise, la miséricorde insondable s'empare de son âme et les profondeurs de Ma miséricorde sont émues par la douloureuse Passion de Mon Fils. »
Oh ! Si l'on pouvait comprendre combien est grande la miséricorde du Seigneur et que nous en avons tous besoin, surtout à cette heure décisive !

811. Aujourd'hui j'ai lutté contre les esprits des ténèbres à propos d'une âme. Comme Satan hait terriblement la miséricorde divine, je vois qu'il s'oppose à toute cette œuvre.

812. Ô Jésus miséricordieux, étendu sur la croix, souvenez-vous de l'heure de notre mort ! Ô Cœur très miséricordieux de Jésus, ouvert par la lance, cachez-moi à l'heure dernière de ma mort ! Ô Sang et Eau qui avez jailli du Cœur de Jésus, soyez pour moi des sources de miséricorde insondable à l'heure de ma mort ! Jésus mourant, otage de miséricorde, apaisez la colère de Dieu à l'heure de ma mort !

12. XII. 1936. Aujourd'hui j'ai seulement reçu la Sainte Communion et j'assisterai quelques instants à la Sainte Messe. Toute ma force est en Vous, Pain vivant ! Il me serait difficile de vivre un jour, si je n'allais pas communier. Vous êtes mon bouclier. Sans Vous, Jésus je ne saurais vivre !

814. Jésus, mon Amour, m'a fait comprendre aujourd'hui qu'il m'aime beaucoup, quoiqu'il y ait un si grand abîme entre nous : le Créateur et la créature. Et cependant il y a une sorte d'égalité : l'amour qui comble cet abîme, Lui-même se penche vers moi et me rend capable d'être en union avec Lui. Je suis noyée en Lui, comme si je me perdais complètement. Et cependant, sous Son regard miséricordieux mon âme prend de la vigueur et de la force. Elle prend conscience qu'elle aime et est particulièrement aimée. Elle sait que le Tout-Puissant la défend. Une telle prière, quoique courte apporte cependant beaucoup à l'âme. Et des heures entières de prière ordinaire ne lui donnent pas autant de lumière qu'un court moment de prière intense.

815. L'après-midi j'étais pour la première fois dans la véranda. Et aujourd'hui Sœur Félicie vint me voir, m'apporta quelques menus objets de première nécessité, quelques belles pommes et les amitiés de la chère Mère Supérieure et des chères Sœurs.

816. 13. XII. 1936. Confession devant Jésus

Quand j'ai constaté que voilà trois semaines que je ne me suis pas confessée, je me suis mise à pleurer en voyant les péchés et certaines difficultés de mon âme. Je ne me suis pas confessée car les circonstances m'en empêchèrent. Quand il y avait la confession, j'étais alitée justement ce jour-là. La semaine suivante, la confession était fixée pour l'après-midi et j'étais partie pour l'hôpital le matin. Aujourd'hui, dans l'après-midi, le Père Andrasz est entré dans ma chambre et s'assit pour que je me confesse. Auparavant nous n'avons pas échangé un seul mot. Ce qui me réjouit extrêmement car je désirais beaucoup me confesser. Comme toujours, j'ai découvert mon âme et le Père me donna une réponse à chaque menu détail.
Je me sentais très heureuse

817. 16. XII. 36. J'offre ce jour pour la Russie. J'offre pour ce pauvre pays toutes mes souffrances et mes prières. Après la Sainte Communion Jésus me dit : « Je ne peux plus tolérer ce pays. Ne me lie pas les mains, ma fille ! »
Je compris que, si ce n'étaient les prières des âmes agréables à Dieu, toute cette nation serait déjà anéantie. Oh ! Comme je souffre pour ce pays qui a chassé Dieu de ses frontières !

818. Ô Source inaltérable de miséricorde divine qui coulez sur nous il n'y a pas de frontière pour Votre bonté ! Fixez, ô Seigneur, la force de Votre Miséricorde à la mesure du gouffre de ma misère, car Votre pitié n'a pas de limites ! Votre miséricorde qui étonne les esprits humains et angéliques est étrange et inaccessible.

819. Mon Ange Gardien me recommanda de prier pour une âme et le matin j'appris que c'était un homme, qui justement était entré en agonie. Jésus me fait connaître d'une façon étrange quand quelqu'un a besoin de ma prière. Je reconnais en particulier quand c'est une âme qui entre en agonie. Maintenant cela m'arrive plus souvent qu'autrefois.

820. Jésus me fit connaître qu'une âme, qui vit pour la volonté Divine, Lui est très agréable et Lui rend ainsi une très grande gloire.

821. Aujourd'hui je compris que, même si je ne parvenais pas à accomplir ce que Dieu exigeait, je sais que je serai récompensée comme si j'avais tout accompli. Car Il voit l'intention avec laquelle je commence. Et même s'Il me reprenait aujourd'hui, Son œuvre ne pourrait en souffrir, car Lui seul est le Souverain Maître de l'œuvre et de celui qui agit. Il dépend de moi de L'aimer à la folie. Toutes les épreuves ne sont un rien devant Lui. L'amour a une grande force, une signification et un mérite. Il a ouvert dans mon âme de grands horizons. L'amour comble les abîmes.

822. 17. XII. 1936. J'ai offert ce jour pour les prêtres, j'ai souffert plus que jamais intérieurement et extérieurement. Je ne savais pas qu'on pouvait tant souffrir en un jour. Je tâchais de faire l'Heure Sainte, pendant laquelle mon esprit goûta l'amertume du Jardin des Oliviers. Je lutte toute seule, soutenue par Son bras contre toutes les difficultés qui se dressent comme des murs infranchissables devant moi. Cependant j'ai confiance dans la force de Son Nom et je n'ai peur de rien.

823. Dans cet isolement Jésus est mon Maître. C'est Lui qui m'élève et m'enseigne. Je sens que je suis l'objet de Son action particulière. Pour Ses intentions incompréhensibles et Ses verdicts insondables Il m'unit à Lui d'une façon spéciale et me permet de pénétrer dans ses mystères inconcevables. Il y a un Mystère, qui m'unit au Seigneur, que personne ne peut savoir, même pas les anges. Même si je voulais le formuler, je ne saurais comment le dire. Cependant je vis de cela et je vais le vivre dans les siècles. Ce mystère me distingue des autres âmes ici, sur terre, et dans l'Eternité.

824. Ô jour magnifique où se réaliseront tous mes souhaits ! Ô jour vivement désiré, qui sera le dernier de ma vie ! Je me réjouis du trait que le divin Artiste posera sur mon âme, qui lui donnera une beauté particulière et qui me distinguera de la beauté des autres âmes. Ô grand jour, dans lequel se fixera l'amour divin en moi. En ce jour, pour la première fois, je chanterai devant le ciel et la terre le chant de l'insondable miséricorde divine. C'est mon œuvre et la mission que Dieu m'a destinée depuis la fondation de la terre. Pour que le chant de mon âme soit agréable à la Sainte Trinité, dirigez et formez mon âme Vous-même, ô Esprit Divin ! Je m'arme de patience et j'attends Votre venue, Jésus miséricordieux, dans les terribles douleurs et les affres de l'agonie ! A ce moment, plus que jamais j'ai confiance dans le gouffre de Votre miséricorde et je vous rappelle, Christ miséricordieux, doux Sauveur, toutes les promesses que Vous m'avez faites.

825. Ce matin, j'ai eu une mésaventure : ma montre s'était arrêtée et je ne savais pas quand me lever. C'eût été dommage d'omettre la Sainte Communion. Il faisait nuit et je ne pouvais pas savoir quand il faudrait me lever. Je m'habillai, je fis la méditation et je suis allée à la chapelle, mais tout était fermé et le silence régnait partout. Je me mis à prier surtout pour les malades. Maintenant je sais combien les malades ont besoin de prières. Enfin la chapelle fut ouverte, la prière me venait avec peine, car je me sentais exténuée. Et après la Sainte Communion, je revins tout de suite dans ma solitude. Alors je vis le Seigneur qui me dit : « Sache, Ma fille, que l'ardeur de ton cœur M'est agréable. Comme tu désires ardemment t'unir avec Moi dans la Sainte Communion, Moi aussi Je désire Me donner complètement à toi. Et comme récompense pour ton ardeur repose-toi près de Mon Cœur ! » A cet instant mon âme se noya dans Son Etre, comme une goutte d'eau dans un océan sans fond. Je me noie en Lui comme dans mon unique trésor. J'ai reconnu ainsi que le Seigneur permet certaines difficultés pour Sa plus grande gloire.

826. 18. XII. 1936. Aujourd'hui j'ai ressenti quelque peine, car il y a une semaine que personne n'est venu me voir. Comme je m'en plaignais au Seigneur, Il me répondit : « Est-ce que cela ne te suffit pas que Je te visite chaque jour ? » J'ai demandé pardon au Seigneur et ma peine a disparu. Ô mon Dieu, ma force, Vous me suffisez !

827. Le soir, j'ai perçu qu'une âme avait besoin de ma prière. Je fis une ardente prière, mais je sentais que c'était trop peu, donc je suis restée plus longtemps en prière. Le lendemain, j'appris qu'à ce moment-là justement, commença l'agonie d'une personne qui dura jusqu'au matin.
Je reconnus par quelles dures luttes elle était passée ! D'une façon étrange, le Seigneur Jésus me fait connaître qu'une âme agonisante a besoin de ma prière. Je sens cet esprit qui me demande la prière vivement et distinctement. Je ne savais pas qu'il y avait une telle union entre les âmes. Et souvent aussi mon Ange Gardien me parle.

828. Le petit Enfant-Jésus pendant la Sainte Messe fait la joie de mon âme. Souvent, la distance n'existe pas, je vois un prêtre qui Le fait venir. J'attends Noël avec grande impatience, je partage cette attente avec la Très Sainte Vierge.

829. Ô Lumière éternelle, qui venez sur cette terre, illuminez mon esprit et fortifiez ma volonté pour que je ne succombe pas dans les moments de dure épreuve ! Que la lumière disperse toutes les ombres du doute ! Que Votre Toute-Puissance agisse par moi ! J'ai confiance en Vous, ô Lumière qui n'avez pas été créée ! Ô Enfant-Jésus, Vous m'êtes un modèle, pour accomplir la volonté de Votre Père ! Vous qui avez dit : « Je viens pour accomplir fidèlement Votre Volonté, » faites que moi aussi je sache accomplir la volonté divine en toutes choses. Ô Divin Enfant, donnez-moi cette grâce !

830. Ô mon Jésus, mon âme languissait vers les jours d'épreuves ! Dans le trouble de mon âme ne me laissez pas seule mais tenez-moi fortement près de vous ! Postez une sentinelle auprès de ma bouche ! Que le parfum de mes souffrances soit connu de Vous seul et qu'il Vous soit agréable !

831. Ô Jésus miséricordieux avec quel désir Vous Vous hâtiez vers le Cénacle pour consacrer l'hostie que je vais recevoir dans ma vie ! Vous désirez, Jésus, demeurer dans mon cœur et que Votre Sang vivant s'unisse au mien ! Qui comprendra cette étroite union ? Mon cœur renferme le Tout-Puissant, l'Infini. Ô Jésus, donnez-moi Votre vie divine ! Que Votre Sang pur et noble palpite de toute sa force dans mon cœur ! Je Vous donne tout mon être. Changez-moi en Vous-même et rendez-moi capable d'accomplir en tout Votre sainte volonté et de Vous aimer ! Ô mon doux époux, Vous savez que mon cœur ne connaît personne d'autre que Vous ! Vous avez ouvert dans mon cœur une profondeur inassouvie d'amour envers Vous. Dès le premier moment où je Vous ai connu, mon cœur Vous a aimé et s'est noyé en Vous comme dans son objet. Que Votre amour pur et tout-puissant me pousse aux actes. Qui concevra et comprendra cette profondeur de miséricorde qui a jailli de Votre Cœur ?

832. J'ai éprouvé combien il y a de jalousie, même dans la vie spirituelle. Je reconnais qu'il y a peu d'âmes vraiment assez grandes, pour piétiner tout ce qui n'est pas Dieu. Ô âme, en dehors de Dieu, tu ne trouveras pas de beauté ! Oh ! Combien est fragile la base chez les âmes pour qu'elles se haussent en écrasant les autres ! Quelle perte !


833. 19. XII. 1936. Ce soir, je sentis dans mon âme qu'une personne avait besoin de ma prière. J'ai tout de suite commencé à prier. Soudain, je reconnus intérieurement et je sentis l'esprit qui me le demandait. Je priai jusqu'au moment ou je me tranquillisai. Ce chapelet est une aide puissante pour les mourants. Souvent je prie pour une intention intérieurement précisée. Je prie toujours jusqu'au moment où je sens dans mon, âme que ma prière a été efficace.

834. Surtout ici, depuis que je suis dans cet hôpital, j'éprouve un lien avec les agonisants qui, en entrant en agonie, me demandent de prier. Dieu me donne une étrange correspondance avec les mourants. Quand cela arrive, le plus souvent, j'ai même la possibilité de vérifier l'heure.

Aujourd'hui, à onze heures du soir, je fus soudain éveillée et je sentis distinctement qu'il y avait auprès de moi, un esprit qui demandait ma prière ; une force me contraint tout simplement à la prière. Ma vision est purement spirituelle, par une soudaine lumière qu'en cet instant Dieu m'accorde. Je prie jusqu'au moment où je sens la paix en mon âme. La durée n'est pas toujours la même. Il arrive parfois qu'avec un seul Ave Maria je sois tranquillisée, et alors je dis le « De profondis ». Parfois il arrive que je dise le chapelet tout entier, et seulement alors j'éprouve un apaisement.

Et ici aussi j'ai constaté que, si je suis forcée à la prière pendant un temps plus long, c'est-à-dire si j'éprouve une inquiétude intérieure, c'est que l'âme soutient une plus grande lutte et a une plus lourde agonie. C'est ainsi que j'ai vérifié l'heure : j'ai une montre et je regarde l'heure. Le lendemain, quand on me parle de la mort de telle personne, je demande l'heure, qui s'accorde toujours en ce qui concerne l'agonie. On me dit : « telle personne a lutté très fort », d'autres fois on me dit : « Aujourd'hui telle personne est morte. Mais elle s'est endormie vite et tranquillement. » Il arrive que la personne mourante soit dans la seconde ou la troisième baraque, mais pour l'esprit la distance n'existe pas. Il arrive que j'aie cette même connaissance à quelques centaines de kilomètres. C'est arrivé plusieurs fois, à l'égard de ma famille et de personnes apparentées, mais aussi à l'égard de mes Sœurs en religion et même pour des âmes que je n'ai pas connues durant ma vie.

Ô Dieu, plein d'insondable miséricorde, qui me permettez par une prière indigne de porter apaisement et aide aux mourants, soyez béni autant de fois qu'il y a de milliers d'étoiles dans le ciel et de gouttes d'eau dans l'océan ! Que Votre miséricorde s'étende à tout le globe terrestre. Que le culte de cette miséricorde monte jusqu'au pied de Votre trône, louant le plus grand de Vos attributs, c'est-à-dire Votre inconcevable miséricorde ! Ô Dieu, cette miséricorde insondable introduit les âmes saintes et tous les esprits célestes dans un nouveau ravissement. Tous les purs esprits se plongent dans un profond étonnement, adorant cette inconcevable miséricorde Divine qui les introduit dans un nouveau ravissement. Leur adoration est parfaite. Ô Dieu Eternel, comme je désire ardemment adorer Votre plus grand attribut, c'est-à-dire Votre infinie miséricorde ! Je vois toute ma petitesse. Et je ne peux pas m'égaler avec les habitants du Ciel qui dans une sainte admiration glorifient la miséricorde du Seigneur. Mais moi aussi, j'ai trouvé une manière d'adorer cette inconcevable et parfaite miséricorde Divine.

835. Ô très doux Jésus, Vous avez daigné m'admettre, moi misérable, à la connaissance de cette insondable miséricorde ! Ô très doux Jésus, qui avez gracieusement exigé de moi que je parle de Votre inconcevable miséricorde au monde entier, voici qu'aujourd'hui, je prends en mains ces deux rayons, qui ont jailli de Votre Cœur miséricordieux : le Sang et l'Eau, et je les répands sur tout le globe terrestre, pour que toute âme éprouve Votre miséricorde, et l'ayant éprouvée, Vous adore pendant l'éternité. Ô Très Saint Jésus, qui avez daigné dans Votre inconcevable bienveillance unir mon cœur misérable à Votre Cœur très miséricordieux, c'est par Votre propre Cœur que j'adore Dieu, notre Père, d'une façon telle qu'aucune âme ne l'a encore adoré.

836. 21. XII. 1936. La radio joue tout l'après-midi, donc je ressens le manque de silence. Jusqu'à midi, de continuelles conversations et du bruit. Mon Dieu, je me réjouissais d'être en silence, de parler seulement avec le Seigneur et ici c'est tout le contraire. Mais maintenant rien ne me trouble, ni les conversations, ni la radio. En un mot, rien. La grâce de Dieu a fait que, quand je prie, je ne sais même pas où je suis. Je sais seulement que mon âme est unie au Seigneur et ainsi se passent mes journées à l'hôpital.

837. J'admire toutes les humiliations, et toutes les souffrances que ce prêtre accepte pour cette cause. Je le vois à certains moments, et je le soutiens par mon indigne prière. C'est seulement Dieu, qui peut donner un tel courage, car autrement l'âme se lasserait. Mais je vois avec joie que toutes ces contrariétés, contribuent à augmenter la gloire Divine. Le Seigneur n'a pas beaucoup d'âmes de cette trempe à Son service.

Ô éternité infinie, tu révèleras les efforts des âmes héroïques. Pour ces efforts la terre ne paye que par l'ingratitude et la haine. Car de telles âmes n'ont pas d'amis, elles sont solitaires. Et dans cette solitude, elles deviennent plus fortes. Elles puisent leur force seulement en Dieu. Et avec humilité, mais aussi avec courage, elles s'opposent à tous les orages qui les frappent. Comme des chênes élevés, elles ne se laissent pas troubler. Et à cela il n'y a qu'un secret : elles puisent en Dieu cette force et tout ce dont elles ont besoin, pour elles et pour les autres. Elles portent leur fardeau, mais elles savent et sont capables de prendre sur elles les fardeaux des autres. Ce sont des colonnes de lumière sur les chemins divins, qui vivent dans la lumière et illuminent les autres. Elles vivent elles-mêmes sur les hauteurs et savent les indiquer aux autres et les aider à les atteindre.

838. Mon Jésus, Vous voyez, que non seulement je ne sais pas écrire, mais en plus, je n'ai même pas une bonne plume ! Et souvent j'écris si mal, et parfois c'est si difficile, que je dois écrire lettre après lettre pour former les phrases. Et encore ce n'est pas tout. Car j'ai cette difficulté que je note certaines choses en secret, devant les Sœurs. Et souvent à chaque instant je dois fermer le cahier et écouter patiemment le récit de l'une d'elles. Et ainsi passe le temps qui était destiné à écrire. Et le cahier à force d'être fermé en hâte, devient gribouillé. J'écris avec la permission de la Supérieure et sur ordre de mon confesseur. C'est une chose étrange que j'écrive parfois passablement et parfois, vraiment, j'ai de la peine à me relire moi-même.

839. 23.XII. 1936. Je passe le temps avec la Divine Mère et me prépare pour le moment solennel de la venue du Seigneur Jésus. La Sainte Vierge m'apprend cette vie intérieure de l'âme avec Jésus, surtout dans la Sainte Communion. Quel grand mystère la Sainte Communion accomplit en nous ! Nous le saurons seulement dans l'éternité. Ô moments les plus précieux de la vie !

840. Ô mon Créateur, je languis après Vous ! Vous me comprenez, ô mon Seigneur ! Tout ce qui est sur terre me paraît un pâle reflet. Je Vous désire et Vous exige, quoique Vous fassiez incompréhensiblement beaucoup pour moi. Car Vous me visitez Vous-même, d'une façon particulière. Cependant ces visites n'apaisent pas les blessures de mon cœur, mais m'excitent à une plus grande langueur pour Vous, Seigneur ! Oh ! Prenez-moi avec Vous, si telle est Votre volonté ! Vous savez que je meurs et je meurs de langueur pour Vous et je ne puis mourir. Mort, où es-tu ? Vous m'attirez dans l'abîme de Votre Divinité et Vous Vous couvrez de ténèbres. Tout mon être est plongé en Vous et cependant je désire Vous voir face. Quand cela arrivera-t-il pour moi ?

841. Aujourd'hui Sœur Chrysostome est venue me voir et m'a apporté des citrons, des pommes et un tout petit arbre de Noël, ce qui m'a fait le plus grand plaisir. Par Sœur Chrysostome, la Mère Supérieure a demandé au médecin qu'il me permette de retourner à la maison pour les fêtes, ce qu'il a volontiers permis. Je m'en suis réjouie et me suis mise à pleurer comme un petit enfant. Sœur Chrysostome s'est étonnée que j'ai si mauvaise mine et que je sois tellement changée. Et elle a dit : « Savez-vous Faustinette, vous allez sûrement mourir ! Vous devez, ma Sœur, être très souffrante ! » J'ai répondu qu'aujourd'hui je souffre plus que les autres jours, mais ce n'est rien. Pour sauver les âmes, ce n'est pas trop. Ô Jésus Miséricordieux, donnez-moi les âmes des pécheurs !

842. 24. XII. 1936. Aujourd'hui pendant la Sainte Messe je me suis particulièrement unie à Dieu et à Sa Mère Immaculée. L'humilité et l'amour pour la Vierge Immaculée ont pénétré mon âme. Plus j'imite la Mère de Dieu, plus j'apprends à connaître Dieu profondément. Oh ! Quelle incompréhensible langueur s'empare de mon âme ! Jésus, comment pouvez-Vous encore me laisser dans cet exil ? Je meurs du désir de Vous. Chaque fois que Vous touchez mon âme, cela me blesse énormément. L'amour et la souffrance vont de pair. Cependant je n'échangerais cette souffrance causée par Vous pour aucun trésor, car c'est la douleur d'indicibles délices et ces blessures me sont infligées par une Main aimante.

843. Sœur K. est arrivée cet après-midi, et m'a emmenée pour les fêtes à la maison, afin que je les passe avec la Communauté. En passant par la ville je m'imaginais que c'était Bethléem. Je regardais tous les gens qui se dépêchaient. Je pensais : qui médite aujourd'hui ce mystère inconcevable dans le calme et le silence ? Ô Vierge pure, Vous voyagez aujourd'hui et moi je suis en route ! Je sens que ce voyage d'aujourd'hui a sa signification. Ô Vierge rayonnante, pure comme le cristal, toute plongée en Dieu, je vous confie ma vie intérieure ! Arrangez tout pour que cela soit agréable à Votre doux fils ! Ô ma Mère, je désire si ardemment que Vous me donniez le Petit Jésus pendant la Messe de Minuit. Et je sentis dans la profondeur de mon âme, une si vive présence de Dieu que par la force de ma volonté je contins ma joie, pour ne pas laisser voir extérieurement ce qui se passait dans mon âme.

844. Avant le souper, je suis entrée à la chapelle pour partager spirituellement le pain azyme avec les personnes qui sont chères à mon cœur. Je les présentai toutes par leur nom au Seigneur Jésus en sollicitant Ses grâces pour chacune. Mais ce n'est pas tout. Je confiai aussi au Seigneur les persécutés, les souffrants et ceux qui ne connaissent pas Son Nom, surtout les pauvres pécheurs. Ô Petit Jésus, je Vous en prie ardemment, accueillez-les tous dans l'immensité de Votre infinie miséricorde ! Ô doux Petit Jésus, mon cœur est à Vous : qu'il Vous soit un petit logement agréable et utile ! Ô Majesté sans bornes, comme vous vous êtes approché de nous avec douceur ! Ici ce n'est pas la terreur des foudres du grand Yahvé. Ici il y a le doux Petit-Jésus. Ici aucune âme n'a peur, quoique Votre Majesté n'ait pas diminué, elle s'est seulement cachée. Après le souper je me sentis très fatiguée et souffrante. J'ai dû me coucher, mais je veillais avec la Très Sainte Mère, attendant l'arrivée du Petit-Enfant.

845. 25. XII.1936. La Messe de Minuit. Pendant la Sainte Messe la présence de Dieu m'était perceptible. Un moment avant l'Elévation, je vis la Vierge, le Petit-Jésus et le bon Joseph. La Très Sainte Mère me dit ces paroles : « Ma fille, Faustine, prends mon trésor le plus cher ! » Et Elle me tendit son tout-petit Jésus. Quand je pris Jésus dans mes mains, mon âme éprouva une joie tellement indicible que je ne suis pas en état de la décrire. Mais, chose étrange, après un moment Jésus devint terrible, affreux à voir, grand et douloureux, et la vision disparut. Bientôt il fallut aller à la Sainte Communion. Quand je reçus le Seigneur Jésus dans la Sainte Communion, toute mon âme se mit à trembler sous l'influence de la présence de Dieu.

Le lendemain j'ai vu le Divin Enfant un court moment durant l'Elévation.
Le second jour de fête, le Père Andrasz est venu chez nous dire la Sainte Messe, pendant laquelle j'ai aussi vu le Petit-Jésus.

846. L'après-midi je suis allée me confesser. A certaines questions concernant cette œuvre, le Père ne m'a pas donné de réponse, il a dit : « Quand vous serez bien portante, alors nous pourrons parler concrètement. Maintenant tâchez de tirer une bonne santé. Quant au reste, vous savez comment vous diriger et à quoi vous en tenir dans ces choses. » Comme pénitence il m'a dit de dire le chapelet que Jésus m'avait enseigné.

847. Soudain en disant ce chapelet, j'entendis une voix : « Oh ! Quelles grandes grâces j'accorderai aux âmes qui diront ce chapelet. Les profondeurs de Ma miséricorde sont émues, pour ceux qui disent ce chapelet. Inscris ces mots, Ma fille. Parle au monde de Ma miséricorde ! Que l'humanité entière apprenne à connaître Mon insondable miséricorde ! C'est un signe pour les derniers temps. Après viendra le jour de la Justice. Tant qu'il en est temps, que les hommes aient recours à la source de Ma miséricorde, qu'ils profitent du Sang et de l'Eau qui ont jailli pour eux ! » Ô âmes humaines, où chercherez-vous refuge au jour de la colère de Dieu ? Fuyez maintenant vers les sources de la miséricorde Divine ! Oh quel grand nombre d'âmes je vois ! Elles ont adoré la Miséricorde Divine et elles vont chanter l'hymne de gloire dans l'éternité.

848. 27.XII. Aujourd'hui, me voici revenue dans mon lieu de solitude. J'ai fait un voyage agréable en compagnie d'une certaine personne, qui portait un enfant au baptême. Nous l'avons accompagnée jusqu'à la porte de l'église de Podgorze. Pour pouvoir sortir de la voiture, elle a mis l'enfant dans mes bras. Quand je pris l'enfant, je l'offris à Dieu pour qu'un jour il Lui procure une gloire spéciale. Je sentis dans mon âme que le Seigneur regarda tout spécialement cette petite âme. A notre arrivée à Pradnik, Sœur N. m'aida à porter mon paquet quand nous sommes entrées dans ma chambre particulière, nous vîmes un très joli ange, fait en papier avec l'inscription : Gloria in ... J'ai l'impression que c'est de la part de cette Sœur malade à qui j'avais envoyé l'arbre de Noël. Voilà que les fêtes sont finies !

849. Rien ne peut calmer ma langueur. Je languis après Vous, mon Créateur et Dieu éternel. Ni les solennités, ni les beaux chants ne calment mon âme, mais ils l'excitent à un désir encore plus grand. A la seule mention de Votre Nom, mon esprit s'élance vers Vous, Seigneur !

850. 28. XII. 1936. Aujourd'hui, j'ai commencé la neuvaine à la Miséricorde Divine. C'est-à-dire que je me transporte en esprit devant ce tableau, je récite le chapelet que le Seigneur m'a enseigné. Le second jour de la neuvaine, je vis ce tableau comme vivant, avec d'innombrables ex-voto accrochés autour de lui et je voyais de grandes multitudes de gens venir ici. Beaucoup de gens rayonnaient de bonheur. Ô Jésus, de quelle joie a battu mon cœur ! Je faisais la neuvaine à l'intention de deux personnes, notre archevêque et l'abbé Sopoko. Je prie ardemment Dieu d'inspirer notre archevêque, afin qu'il daigne approuver ce petit chapelet si agréable à Dieu, et ce tableau, et qu'il ne retarde pas cette œuvre.

851. Aujourd'hui, tout d'un coup le regard du Seigneur m'a transpercé comme un éclair. Alors j'ai vu les petits grains de poussière dans mon âme. Voyant ma nullité toute entière, je tombai à genoux et je demandai pardon au Seigneur. Et avec une grande confiance, je me plongeai dans Son infinie miséricorde. Une telle connaissance ne me déprime pas, ni ne m'éloigne du Seigneur, mis elle éveille plutôt dans mon âme, un plus grand amour et une confiance sans bornes. Le repentir de mon coeur est uni à l'amour. Ces singulières lumières divines forment mon âme. Ô doux rayons Divins, éclairez-moi jusque dans les plus secrètes profondeurs, car je désire parvenir à une plus grande pureté de coeur et d'âme !

852. Le soir une grande langueur s'est emparée de mon âme. Je pris la brochure avec l'image de Jésus miséricordieux. Je la serrais sur mon cœur et de mon âme jaillirent ces paroles : « Jésus, Amour éternel, pour Vous je vis, pour Vous je meurs ! C'est à Vous que je désire m'unir. » Soudain je vis le Seigneur d'une beauté indicible, qui me regarda gracieusement et dit : « Ma fille, Moi aussi par amour pour toi je suis descendu du Ciel ! Pour toi j'ai vécu, pour toi Je suis mort et pour toi j'ai créé les cieux. » Il m'a serrée contre Son Cœur et m'a dit : « Bientôt déjà, sois tranquille, Ma fille ! » Quand je suis restée seule, mon âme fut enflammée du désir de la souffrance jusqu'au moment où le Seigneur dira : « Assez ». Et même si je devais vivre des milliers d'années, je vois à l'aide de la lumière Divine que c'est seulement un moment. L'âme... (Pensée inachevée.)

Partager cet article
Repost0