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  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)
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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 12:30

LIVRE DEUXIÈME: ROME ET LES FAUX DIEUX.

Argument. - Saint Augustin traite des maux que les Romains ont eu à subir avant Jésus-Christ, pendant que florissait le culte des faux dieux; il démontre que loin d'avoir été préservée par ses dieux, Rome en a reçu les seuls maux véritables ou du moins les plus grands de tous, à savoir les vices de l'âme et la corruption des moeurs.

LIVRE DEUXIÈME
CHAPITRE PREMIER.
IL EST NÉCESSAIRE DE NE POINT PROLONGER LES DISCUSSIONS AU-DELA D'UNE CERTAINE MESURE.
CHAPITRE II.
RÉCAPITULATION DE CE QUI A ÉTÉ TRAITÉ DANS LE PREMIER LIVRE.
CHAPITRE III.
IL SUFFIT DE CONSULTER L'HISTOIRE POUR VOIR QUELS MAUX SONT ARRIVÉS AUX ROMAINS PENDANT QU'ILS ADORAIENT LES DIEUX ET AVANT L'ÉTABLISSEMENT DE LA RELIGION CHRÉTIENNE.
CHAPITRE IV.
LES IDOLÂTRES N'ONT JAMAIS REÇU DE LEURS DIEUX AUCUN PRÉCEPTE DE VERTU, ET LEUR CULTE A ÉTÉ SOUILLÉ DE TOUTES SORTES D'INFAMIES.
CHAPITRE V.
DES CÉRÉMONIES OBSCÈNES QU'ON CÉLÉBRAIT EN L'HONNEUR DE LA MÈRE DES DIEUX.
CHAPITRE VI.
LES DIEUX DES PAÏENS NE LEUR ONT JAMAIS ENSEIGNÉ LES PRÉCEPTES D'UNE VIE HONNÊTE.
CHAPITRE VII.
LES MAXIMES INVENTÉES PAR LES PHILOSOPHES NE POUVAIENT SERVIR A RIEN, ÉTANT DÉPOURVUES D'AUTORITÉ DIVINE ET S'ADRESSANT A UN PEUPLE PLUS PORTÉ À SUIVRE LES EXEMPLES DES DIEUX QUE LES MAXIMES DES RAISONNEURS.
CHAPITRE VIII.
LES JEUX SCÉNIQUES, OU SONT ÉTALÉES TOUTES LES TURPITUDES DES DIEUX, LOIN DE LEUR DÉPLAiRE, SERVENT A LES APAISER.
CHAPITRE IX.
LES ANCIENS ROMAINS JUGEAIENT NÉCESSAIRE DE RÉPRIMER LA LICENCE DES POETES, A LA DIFFÉRENCE DES GRECS QUL NE LEUR IMPOSAIENT AUCUNE LIMITE, SE CONFORMANT EN CE POINT A LA VOLONTÉ DES DIEUX.
CHAPITRE X.
C'EST UN TRAIT DE LA PROFONDE MALICE DES DÉMONS, DE VOULOIR QU'ON LEUR ATTRIBUE DES CRIMES, SOIT VÉRITABLES, SOIT SUPPOSÉS.
CHAPITRE XI.
LES GRECS ADMETTAIENT LES COMÉDIENS A L'EXERCICE DES FONCTIONS PUBLIQUES, CONVAINCUS QU'IL Y AVAIT DE L'INJUSTICE A MÉPRISER DES HOMMIES DONT L'ART APAISAIT LA COLÈRE DES DIEUX.
CHAPITRE XII.
LES ROMAINS, EN INTERDISANT AUX POËTES D'USER CONTRE LES HOMMES D'UNE LIBERTÉ QU'ILS LEUR DONNAIENT CONTRE LES DIEUX, ONT EU MOINS BONNE OPINION DES DIEUX QUE D'EUX-MÊMES.
CHAPITRE XIII.
LES ROMAINS AURAIENT DU COMPRENDRE QUE DES DIEUX CAPABLES DE SE COMPLAIRE A DES JEUX INFÂMES N'ÉTAIENT PAS DIGNES DES HONNEURS DIVINS.
CHAPITRE XIV.
PLATON, EN EXCLUANT LES POÈTES D'UNE CITÉ BIEN GOUVERNÉE, S'EST MONTRÉ SUPÉRIEUR A CES DIEUX QUI VEULENT ÊTRE HONORÉS PAR DES JEUX SCÉNIQUES.
CHAPITRE XV.
LES ROMAINS SE SONT DONNÉ CERTAINS DIEUX, NON PAR RAISON, MAIS PAR VANITÉ.
CHAPITRE XVI.
SI LES DIEUX AVAIENT EU LE MOINDRE SOUCI DE FAIRE RÉGNER LA JUSTICE, ILS AURAIENT DONNÉ AUX ROMAINS DES PRÉCEPTES ET DES LOIS, AU LIEU DE LES LEUR LAISSER EMPRUNTER AUX NATIONS ÉTRANGÈRES.
CHAPITRE XVII.
DE L'ENLÈVEMENT DES SABINES, ET DES AUTRES INIQUITÉS COMMISES PAR LES ROMAINS AUX TEMPS LES PLUS VANTÉS DE LA RÉPUBLIQUE.
CHAPITRE XVIII.
TÉMOIGNAGE DE SALLUSTE SUR LES MOEURS DU PEUPLE ROMAIN, TOUR A TOUR CONTENUES PAR LA CRAINTE ET RELÂCHÉES PAR LA SÉCURITÉ.
CHAPITRE XIX.
DE LA CORRUPTION OU ÉTAIT TOMBÉE LA RÉPUBLIQUE ROMAINE AVANT QUE LE CHRIST VÎNT ABOLIR LE CULTE DES DIEUX.
CHAPITRE XL
DE L'ESPÈCE DE FÉLICITÉ ET DU GENRE DE VIE QUI PLAIRAIENT LE PLUS AUX ENNEMIS DE LA RELIGION CHRÉTIENNE.
CHAPITRE XXI.
SENTIMENT DE CICÉRON SUR LA RÉPUBLIQUE ROMAINE.
CHAPITRE XXII.
LES DIEUX DES ROMAINS N'ONT JAMAIS PRIS SOIN D'EMPÊCHER QUE LES MOEURS NE FISSENT PÉRIR LA RÉPUBLIQUE.
CHAPITRE XXIII.
LES VICISSITUDES DES CHOSES TEMPORELLES NE DÉPENDENT POINT DE LA FAVEUR OU DE L'INIMITIÉ DES DÉMONS, MAIS DU CONSEIL DU VRAI DIEU.
CHAPITRE XXIV.
DES PROSCRIPTIONS DE SYLLA AUXQUELLES LES DÉMONS SE VANTENT D'AVOIR PRÊTÉ LEUR ASSISTANCE.
CHAPITRE XXV.
LES DÉMONS ONT TOUJOURS EXCITÉ LES HOMMES AU MAL EN DONNANT AUX CRIMES L'AUTORITÉ DE LEUR EXEMPLE.
CHAPITRE XXVI.
LES FAUX DIEUX DONNAIENT EN SECRET DES PRÉCEPTES POUR LES BONNES MOEURS, ET EN PUBLIC DES EXEMPLES D'IMPUDICITÉ.
CHAPITRE XXVII.
QUELLE FUNESTE INFLUENCE ONT EXERCÉE SUR LES MOEURS PUBLIQUES LES JEUX OBSCÈNES QUE LES ROMAINS CONSACRAIENT A LEURS DIEUX POUR LES APAISER.
CHAPITRE XXVIII.
DE LA SAINTETÉ DE LA RELIGION CHRÉTIENNE.
CHAPITRE XXIX.
EXHORTATION AUX ROMAINS POUR QU'ILS REJETTENT LE CULTE DES DIEUX.
CHAPITRE PREMIER.
IL EST NÉCESSAIRE DE NE POINT PROLONGER LES DISCUSSIONS AU-DELA D'UNE CERTAINE MESURE.
Si le faible esprit de l'homme, au lieu de résister à l'évidence de la vérité, voulait se soumettre aux enseignements de la saine doctrine, comme un malade aux soins du médecin, jusqu'à ce qu'il obtînt de Dieu par sa foi et sa piété la grâce nécessaire pour se guérir, ceux qui ont des idées justes et qui savent les exprimer convenablement n'auraient pas besoin d'un long discours pour réfuter l'erreur. Mais comme l'infirmité dont nous parlons est aujourd'hui plus grande que jamais, à ce point que l'on voit des insensés s'attacher aux mouvements déréglés de leur esprit comme à la raison et à la vérité même, tantôt par l'effet d'un aveuglement qui leur dérobe la lumière, tantôt par suite d'une opiniâtreté qui la leur fait repousser, on est souvent obligé, après leur avoir déduit ses raisons autant qu'un homme le doit attendre de son semblable , de s'étendre beaucoup sur des choses très-claires, non pour les montrer à ceux qui les regardent, mais pour les faire toucher à ceux qui ferment les yeux de peur de les voir. Et cependant, si on se croyait tenu de répondre toujours aux réponses qu'on reçoit, quand finiraient les discussions?
Ceux qui ne peuvent comprendre ce qu'on dit, ou qui, le comprenant, ont l'esprit trop dur et trop rebelle pour y souscrire, répondent toujours ; mais, comme dit l'Ecriture : « Ils ne parlent que le langage de l'iniquité 1 » ;et leur opiniâtreté infatigable est vaine. Si donc nous consentions à les réfuter autant de fois qu'ils prennent avec un front d'airain la résolution de ne pas se mettre en peine de ce qu'ils disent, pourvu qu'ils nous contredisent n'importe comment, vous voyez combien notre labeur serait pénible, infini et stérile, C'est pourquoi je ne souhaiterais pas avoir
1. Psal. XCIII, 4.
pour juges de cet ouvrage, ni vous-même, Marcellinus, mon cher fils, ni aucun de ceux à qui je l'adresse dans un esprit de discussion utile et loyale et de charité chrétienne, s'il vous fallait toujours des réponses, dès que vous verriez paraître un argument nouveau; j‘aurais trop peur alors que vous ne devinssiez semblables à ces malheureuses femmes dont parle l'Apôtre , « qui incessamment apprennent sans jamais savoir la vérité 1 »
CHAPITRE II.
RÉCAPITULATION DE CE QUI A ÉTÉ TRAITÉ DANS LE PREMIER LIVRE.
Ayant commencé, dans le livre précédent, de traiter de la Cité de Dieu, à laquelle j'ai résolu, avec l'assistance d'en haut, de consacrer tout cet ouvrage, mon premier soin a été de répondre à ceux qui imputent les guerres dont l'univers est en ce moment désolé, et surtout le dernier malheur de Rome, à la religion chrétienne, sous prétexte qu'elle interdit les sacrifices abominables qu'ils voudraient faire aux démons. J'ai donc fait voir qu'ils devraient bien plutôt attribuer à l'influence du Christ le respect que les barbares ont montré pour son nom, en leur laissant, contre l'usage de la guerre, de vastes églises pour lieu de refuge, et en honorant à tel point leur religion (celle du moins qu'ils feignaient de professer), qu'ils ne se sont pas cru permis contre eux ce que leur permet contre tous le droit de la victoire. Delà s'est élevée une question nouvelle : pourquoi cette faveur divine s'est-elle étendue à des impies et à des ingrats, et pourquoi, d'un autre côté, les désastres de la guerre ont-ils également frappé les impies et les hommes pieux? Je me suis quelque peu arrêté sur ce point, d'abord parce que cette répartition ordinaire des bienfaits de la Providence et des misères de l'humanité tombant indifféremment sur les bons et sur les méchants,
1, II Tim. III, 7.
(26)
porte le trouble dans plus d'une conscience; puis j'ai voulu, et ç'a été mon principal objet, consoler de saintes femmes, chastes et pieuses victimes d'une violence qui a pu attrister leur pudeur, mais non souiller leur pureté, de peur qu'elles ne se repentent de vivre , elles qui n'ont rien dans leur vie dont elles aient à se repentir. J'ai ajouté ensuite quelques réflexions contre ceux qui osent insulter aux infortunes subies par les chrétiens et en particulier par ces malheureuses femmes restées chastes et saintes dans l'humiliation de leur pudeur; adversaires sans bonne foi et sans conscience , indignes enfants de ces Romains renommés par tant de belles actions dont l'histoire conservera le souvenir, mais qui ont trouvé dans leurs descendants dégénérés les plus grands ennemis de leur gloire. Rome, en effet, fondée par leurs aïeux et portée à un si haut point de grandeur, ils l'avaient plus abaissée par leurs vices qu'elle ne l'a été par sa chute ; car cette chute n'a fait tomber que des pierres et du bois, au lieu que leurs vices avaient ruiné leurs moeurs, fondement et ornement des empires, et allumé dans les âmes des passions mille fois plus dévorantes que les feux qui ont consumé les palais de Rome. C'est par là que j'ai terminé le premier livre. Mon dessein maintenant est d'exposer les maux que Rome a soufferts depuis sa naissance, soit dans l'intérieur de l'empire, soit dans les provinces, soumises ; longue suite de calamités que nos adversaires ne manqueraient pas d'attribuer à la religion chrétienne, si, dès ce temps-là, la doctrine de l'Evangile eût fait librement retentir sa voix contre leurs fausses et trompeuses divinités.
CHAPITRE III.
IL SUFFIT DE CONSULTER L'HISTOIRE POUR VOIR QUELS MAUX SONT ARRIVÉS AUX ROMAINS PENDANT QU'ILS ADORAIENT LES DIEUX ET AVANT L'ÉTABLISSEMENT DE LA RELIGION CHRÉTIENNE.
En lisant le récit que je vais tracer, il faut se souvenir que parmi les adversaires à qui je m'adresse il y a des ignorants qui ont fait naître ce proverbe : « La pluie manque, c'est la faute des chrétiens 1 » . Il en est d'autres 2, je
1. Ce dicton païen est également rapporté par Tertullien., cap. 40. Voyez aussi ce que répond Arnobe sur ce point aux adversaire, du christianisme, Contra. Gent., lib. I, p. 3 et sq. de l'édition Stewech.
2. Saint Augustin semble ici faire allusion à Symmaque, qui, dans son fameux mémoire adressé, en 384, à l'empereur Valentinien, accusait les chrétiens des malheurs de l'empire. Voyez Paul Orose et la préface de non livre adressée à saint Augustin.
le sais, qui, munis d'études libérales, aiment l'histoire et connaissent les faits que j'ai dessein de rappeler; mais afin de nous rendre odieux à la foule ignorante, ils feignent de ne pas les savoir et s'efforcent de faire croire au vulgaire que les désastres qui, selon l'ordre de la nature, affligent les hommes à certaines époques et dans certains lieux, n'arrivent présentement qu'à cause des progrès du christianisme qui se répand partout avec un éclat et une réputation incroyables, au détriment du culte des dieux. Qu'ils se souviennent donc avec nous de combien de calamités Rome a été accablée avant que Jésus-Christ ne se fût incarné, avant que son nom n'eût brillé parmi les peuples de cette gloire dont ils sont vainement jaloux. Comment justifieront-ils leurs dieux sur ce point, puisque, de leur propre aveu, ils ne les servent que pour se mettre à couvert de ces calamités qu'il leur plaît maintenant de nous imputer ? Je les prie de me dire pourquoi ces dieux ont permis que de si grands désastres arrivassent à leurs adorateurs avant que le nom de Jésus-Christ, partout proclamé, ne vînt offenser leur orgueil et mettre un terme à leurs sacrifices.
CHAPITRE IV.
LES IDOLÂTRES N'ONT JAMAIS REÇU DE LEURS DIEUX AUCUN PRÉCEPTE DE VERTU, ET LEUR CULTE A ÉTÉ SOUILLÉ DE TOUTES SORTES D'INFAMIES.
Et d'abord pourquoi ces dieux ne se sont-ils point mis en peine d'empêcher le dérèglement des moeurs? Que le Dieu véritable se soit détourné des peuples qui ne le servaient pas, ç'a été justice ; mais d'où vient que les dieux, dont on regrette que le culte soit aujourd'hui interdit, n'ont établi aucune loi pour porter leurs adorateurs à la vertu? La justice aurait voulu qu'ils eussent des soins pour les actions des hommes, en échange de ceux que les hommes rendaient à leurs autels. On dira que nul n'est méchant que par le fait de sa volonté propre. Qui le nie ? mais ce n'en était pas moins l'office des dieux de ne pas laisser ignorer à leurs adorateurs les préceptes d'une vie honnête, de les promulguer au contraire avec le plus grand éclat, de dénoncer les pécheurs par la bouche des devins et des oracles, (27) d'accuser, de menacer hautement les méchants et de promettre des récompenses aux bons. Or, a-t-on jamais entendu rien prêcher de semblable dans leurs temples? Quand j'étais jeune, je me souviens d'y être allé plus d'une fois ; j'assistais à ces spectacles et à ces jeux sacriléges ; je contemplais les prêtres en proie à leur délire démoniaque, j'écoutais les musiciens, je prenais plaisir à ces jeux honteux qu'on célébrait en l'honneur des dieux, des déesses, de la vierge Célestis 1, de Cybèle, mère de tous les dieux. Le jour où on lavait solennellement dans un fleuve cette dernière divinité 2, de misérables bouffons chantaient devant son char des vers tellement infâmes qu'il n'eût pas été convenable, je ne dis pas à la mère des dieux, mais à la mère d'un sénateur, d'un, honnête homme, d'un de ces bouffons même, de prêter l'oreille à ces turpitudes. Car enfin tout homme a un sentiment de respect pour ses parents que la vie la plus dégradante ne saurait étouffer. Ainsi ces baladins auraient rougi de répéter chez eux et devant leurs mères, ne fût-ce que pour s'exercer, ces paroles et ces gestes obscènes dont ils honoraient la mère des dieux, en présence d'une multitude immense où les deux sexes étaient confondus. Et je ne doute pas que ces spectateurs qui s'empressaient à la fête, attirés par la curiosité, ne rentrassent à la maison, révoltés par l'infamie. Si ce sont là des choses sacrées , qu'appellerons-nous choses sacriléges? et qu'est-ce qu'une souillure, si c'est là une purification ? Ne donnait-on pas à ces fêtes le nom de Services (Fercula), comme si on eût célébré un festin où les démons pussent venir se repaître de leurs mets favoris? Chacun sait, en effet, combien ces esprits immondes sont avides de telles obscénités ; il faudrait, pour en douter, ignorer l'existence de ces démons qui trompent les hommes eu se faisant passer pour des dieux, ou bien vivre de telle sorte que leur protection parût plus à désirer que éelle du vrai Dieu, et leur colère plus à craindre.
1. Cette déesse-vierge Célestis était principalement adorée en Afrique, au témoignage de Tertullien (Apolog. Cap. 24). Saint Augustin en parle encore au chap. 23 de ce même livre II, et ailleurs (Enarr.. in Pssl. LXLI, n. 7, et in Psal. XCVIII, n. 14, et Serm. CV, n. 12).- Nous ne savons pas sur quel fondement le docte Vivès a confondu la vierge Célestis avec Cybèle, mère des dieux.
2. Chaque année, la veille des ides d'avril, 14 statue de Cybèle était conduite en grande pompe par les prêtres de la déesse au fleuve Almon, qui se jette dans le Tibre, près de Noms, et là, su confluent des deux eaux, se faisait l'ablution sacrée, souvenir de celle qui eut lieu le jour où la statue arriva d'Asie pour la première foi,. Voyez Onde, Fastes, lib. IV, v. 337 et sq., et Lucain, lib. s, V. 600.
CHAPITRE V.
DES CÉRÉMONIES OBSCÈNES QU'ON CÉLÉBRAIT EN L'HONNEUR DE LA MÈRE DES DIEUX.
Je voudrais avoir ici pour juges, non ces hommes corrompus qui aiment mieux prendre du plaisir à des coutumes infâmes, que se donner de la peine pour les combattre, mais cet illustre Scipion Nasica, autrefois choisi par le sénat, comme le meilleur citoyen de Rome, pour aller recevoir Cybèle, et promener solennellement dans la ville la statue de ce démon. Je lui demanderais s'il ne souhaiterait pas que sa mère eût assez bien mérité de la république pour qu'on lui décernât les honneurs divins, comme à ces mortels privilégiés, devenus immortels et rangés au nombre des dieux par l'admiration et la reconnaissance des Grecs, des Romains et d'autres peuples°. Sans aucun doute, il souhaiterait un pareil bonheur à sa mère, si la chose était possible; mais supposons qu'on lui demande après cela s'il voudrait que parmi ces honneurs divins on mêlât les chants obscènes de Cybèle. Ne s'écriera-t-il pas qu'il aimerait mieux pour sa mère qu'elle fût morte et privée de tout sentiment que d'être déesse pour se complaire .à ces infamies? Quelle apparence, en effet, qu'un sénateur romain, assez sévère de moeurs pour avoir empêché qu'on ne bâtît un théâtre dans une ville qu'il voulait peuplée d'hommes forts, souhaitât pour sa mère un culte qui fait accueillir avec faveur par une déesse des paroles dont une matrone se regarderait comme offensée? Assurément il ne croirait point qu'une femme d'honneur, en devenant déesse, eût perdu à ce point la modestie, ni qu'elle pût écouter avec plaisir, de la bouche de ses adorateurs, des mots tellement impurs que si elle en eût entendu de pareils de son vivant, sans -se boucher les oreilles et se retirer, ses proches, son mari et ses enfants eussent été obligés d'en rougir pour elle. Ainsi , cette mère des dieux, que le dernier des hommes refuserait d'avouer pour sa mère, voulant capter l'esprit des Romains, désigna pour venir au-devant d'elle le premier des citoyens, non pour le confirmer dans sa vertu par ses conseils et son assistance, mais pour le tromper par ses artifices, semblable à cette femme dont
1. Saint Augustin s'appuie peut-être ici mentalement sur l'explication que donne Cicéron des apothéoses : De Nat. deor, lib. II, cap. 2, et lib. III, cap. 14.
(28)
il est écrit: « Elle s'efforce de dérober aux « hommes leur bien le plus précieux, qui est « leur âme 1 ». Que désirait-elle autre chose, en effet, en désignant Scipion, si ce n'est que ce grand homme, exalté par le témoignage d'une déesse, et se croyant arrivé au comble de la perfection, vînt à négliger désormais la vraie piété et la vraie religion, sans lesquelles pourtant le plus noble caractère tombe dans l'orgueil et se perd? Et comment ne pas attribuer le choix fait par cette déesse à un dessein insidieux, quand on la voit se complaire dans ses fêtes à des obscénités que les honnêtes gens auraient horreur de supporter dans leurs festins?
CHAPITRE VI.
LES DIEUX DES PAÏENS NE LEUR ONT JAMAIS ENSEIGNÉ LES PRÉCEPTES D'UNE VIE HONNÊTE.
C'est pour cela que ces divinités n'ont pris aucun soin pour régler les moeurs des cités et des peuples qui les adoraient, ni pour les préserver par de terribles et salutaires défenses de ces maux effroyables qui ont leur siége, non dans les champs et les vignes, non dans les maisons et les trésors, non dans le corps, qui est soumis à l'esprit; mais dans l'esprit même qui gouverne le corps. Dira-t-on que les dieux défendaient de mal vivre? Qu'on le montre, qu'on le prouve. Et il ne s'agit pas ici de nous vanter je ne sais quelles traditions secrètes murmurées à l'oreille d'un petit nombre d'initiés par une religion mystérieuse, amie prétendue de la chasteté et de la vertu; qu'on nous cite, qu'on désigne les lieux, les assemblées, ou, à la place de ces fêtes impudiques, de ces chants et de ces postures d'histrions obscènes, à la place de ces Fugalies 2 honteuses (vraiment faites pour mettre en fuite la pudeur et l'honnêteté), en un mot, à la place de toutes ces turpitudes, on ait enseigné au peuple, au nom des dieux, à réprimer l'avarice, à contenir l'ambition, à brider l'impudicité, à suivre enfin tous les préceptes que rappelle Perse en ces vers énergiques :
« Instruisez-vous, misérables mortels, et apprenez les raisons des choses, ce que nous sommes, le but de la vie et sa loi, la pente glissante qui nous entraîne au mal, la modération dans l'amour des richesses, les désirs légitimes, l'usage
1. Prov. VI, 26
2. Que faut-il penser de ces Fugalia ? Sont-ce les fêtes instituées en souvenir de l'expulsion des rois, comme le conjecture un commentateur, ou bien faut-il croire à quelque méprise de Saint Augustin ?
utile de l'argent, la générosité qui sied à l'honnête homme envers la patrie et ses proches, enfin ce que chacun doit être dans le poste où Dieu l'a placé 1 ».
Qu'on nous dise en quels lieux on faisait entendre ces préceptes comme émanés de la bouche des dieux, en quels lieux on habituait le peuple à les écouter, comme cela se fait dans nos églises partout où la religion chrétienne a pénétré.
CHAPITRE VII.
LES MAXIMES INVENTÉES PAR LES PHILOSOPHES NE POUVAIENT SERVIR A RIEN, ÉTANT DÉPOURVUES D'AUTORITÉ DIVINE ET S'ADRESSANT A UN PEUPLE PLUS PORTÉ À SUIVRE LES EXEMPLES DES DIEUX QUE LES MAXIMES DES RAISONNEURS.
On nous alléguera peut-être les systèmes et les controverses des philosophes. Je répondrai d'abord que ce n'est point Rome, mais la Grèce qui leur a donné naissance; et si l'on persiste à vouloir en faire honneur à Rome, sous prétexte que la Grèce a été réduite en province romaine; je dirai alors que les systèmes philosophiques ne sont point l'ouvrage des dieux, mais de quelques hommes doués d'un esprit rare et pénétrant, qui ont entrepris de découvrir par la raison la nature des choses, la règle des moeurs, enfin les conditions de l'usage régulier de la raison elle-même, tantôt fidèle et tantôt infidèle à ses propres lois. Aussi bien, parmi ces philosophes, quelques-uns ont découvert de grandes choses, soutenus qu'ils étaient par l'appui divin; mais, arrêtés dans leur essor par la faiblesse humaine, ils sont tombés dans l'erreur; juste répression de la divine Providence, qui a voulu surtout punir leur orgueil, et montrer, par l'exemple de ces esprits puissants, que la véritable voie pour monter aux régions supérieures, c'est l'humilité. Mais le moment viendra plus tard, s'il plaît au vrai Dieu notre Seigneur, de traiter cette matière et de la discuter à fond 2. Quoi qu'il en soit, s'il est vrai que, les philosophes aient découvert des vérités capables de donner à l'homme la vertu et le bonheur, n'est-ce point à eux qu'il eût fallu, pour être plus juste, décerner les honneurs divins? Combien serait-il plus convenable et plus honnête de lire les livrés de Platon, dans un temple consacré à
1. Satires, III, V. 66-72..
2. Voyez plus bas les livres VIII, IX et X, particulièrement destinés à combattre les philosophes.
(29)
ce philosophe, que de voir des prêtres de Cybèle se mutiler dans le temple des démons, des efféminés s'y faire consacrer, des insensés s'y inciser le corps, cérémonies cruelles, honteuses, cruellement honteuses, honteusement cruelles, qui sont chaque jour célébrées en l'honneur des dieux? Combien aussi serait-il plus utile, pour former la jeunesse à la vertu, de lire publiquement de bonnes lois, au nom des dieux, que de louer vainement celles des ancêtres! En effet, tous les adorateurs de dieux pareils, lorsque le poison brûlant de la passion, comme dit Perse 2, s'est insinué dans leur âme, peu leur importe ce qu'enseignait Platon ou ce que Platon censurait, ils regardent ce que faisait Jupiter. De là ce jeune débauché de Térence qui, jetant les yeux sur le mur de la salle, et y voyant une peinture où Jupiter fait couler une pluie d'or dans le sein de Danaé, se sert d'un si grand exemple pour autoriser ses désordres, et se vanter d'imiter Dieu
« Et quel Dieu? Celui qui ébranle de son tonnerre les temples du ciel. Certes, je n'en ferais pas autant, moi, chétif mortel, mais, pour le reste, je l'ai fait, et de grand coeur 3 ».
CHAPITRE VIII.
LES JEUX SCÉNIQUES, OU SONT ÉTALÉES TOUTES LES TURPITUDES DES DIEUX, LOIN DE LEUR DÉPLAiRE, SERVENT A LES APAISER.
Mais, dira-t-on, ce sont là des inventions de poules, et non les enseignements de la religion. Je ne veux pas répondre que ces enseignements sont encore plus scandaleux; je me contente de prouver, l'histoire à la main, que ces jeux solennels, où l'on représente les fictions des poëtes, n'ont pas été introduits dans les fêtes des dieux par l'ignorance et la superstition des Romains, mais que ce sont les dieux eux-mêmes, comme je l'ai indiqué au livre précédent, qui ont prescrit de les célébrer, et les ont pour ainsi dire violemment imposés par la menace. C'est, en effet, au milieu des ravages croissants d'une peste que les jeux scéniques furent institués à Rome pour la première fois par l'autorité des pontifes. Or, quel est celui qui, pour la conduite de sa vie, ne se conformera pas de préférence aux exemples donnés par les dieux dans les cérémonies
1. Sur ces prêtres nommé Galles, voyez plus loin, liv. VI, ch. 7, et liv. VII, ch. 25 et 26.
2. Perse, Satires, III, v. 37.
3. Térence, Eunuque, act. III, sc. 5, V. 36 et 37, 42 et 43.
consacrées par la religion, qu'aux préceptes inscrits dans les lois par une sagesse toute profane? Si les poules ont menti, quand ils ont représenté Jupiter adultère, des dieux vraiment chastes auraient dû se courroucer et se venger d'un pareil scandale, au lieu de l'encourager et de le prescrire. Et cependant, ce qu'il y a de plus supportable dans ces jeux scéniques, ce sont les comédies et les tragédies, c'est-à-dire ces pièces imaginées par les poètes, où l'immoralité des actions n'est pas du moins aggravée par l'obscénité des paroles 1, ce qui fait comprendre qu'on leur donne place dans l'étude des belles-lettres, et que des personnes d'âge en imposent la lecture aux enfants.
CHAPITRE IX.
LES ANCIENS ROMAINS JUGEAIENT NÉCESSAIRE DE RÉPRIMER LA LICENCE DES POETES, A LA DIFFÉRENCE DES GRECS QUL NE LEUR IMPOSAIENT AUCUNE LIMITE, SE CONFORMANT EN CE POINT A LA VOLONTÉ DES DIEUX.
Si l'on veut savoir ce que pensaient à cet égard les anciens Romains, il faut consulter Cicéron qui, dans son traité De la République 2, fait parler Scipion en ces termes : « Jamais la comédie, si l'habitude des moeurs publiques ne l'avait autorisée, n'aurait pu faire goûter les infamies qu'elle étalait sur le théâtre 4 » . Les Grecs du moins étaient conséquents dans
leur extrême licence, puisque leurs lois permettaient à la comédie de tout dire sur tout
citoyen et en l'appelant par son nom. Aussi, comme dit encore Scipion dans le même ouvrage: « Qui n'a-t-elle pas atteint? Ou plutôt, qui n'a-t-elle pas déchiré? A qui fit-elle grâce? Qu'elle ait blessé des flatteurs populaires, des citoyens malfaisants, séditieux, Cléon, Cléophon, Hyperbolus 5, à la bonne heure; bien que, pour de tels hommes, la censure du magistrat vaille mieux que celle du poète. Mais que Périclès, gouvernant la république depuis tant d'années avec le plus absolu crédit, dans la paix ou dans la guerre, soit outragé par des vers, et qu'on les récite sur la scène,
1. Comme par exemple dans les Atellanes, pièces populaires et bouffonnes dont les anciens eux-mêmes ont blâmé l'obscénité.
2. On sait que ce grand ouvrage est perdu aux trois quarts, même après les découvertes d'Angelo Maio. Le quatrième livre, cité ici par saint Augustin, est un de ceux dont il noua reste le moins de débris.
3. Le Scipion de la République est Scipion Emilien, le destructeur de Numance et de Carthage.
4. Cicéron, De la République, livre IV, trad. de M. Villemain.
5. Voyez les comédies d'Aristophane.
cela n'est pas moins étrange que si, parmi nous, Plaute et Névius se fussent avisés de médire de Publius et de Cnéus Scipion, ou Cécilius de Caton». Et il ajoute un peu après « Nos lois des douze Tables, au contraire, si attentives à ne porter la peine de mort que pour un bien petit nombre de faits, ont compris dans cette classe le délit d'avoir récité publiquement ou d'avoir composé des vers qui attireraient sur autrui le déshonneur et l'infamie; et elles ont sagement décidé; car notre vie doit être soumise à la sentence des tribunaux, à l'examen légitime des magistrats, et non pas aux fantaisies des poètes; et nous ne devons être exposés à entendre une injure qu'avec le droit d'y répondre et de nous défendre devant la justice ». Il est aisé de voir combien tout ce passage du quatrième livre de la République de Cicéron, que je viens de citer textuellement (sauf quelques mots omis ou modifiés), se rattache étroitement à la question que je veux éclaircir. Cicéron ajoute beaucoup d'autres réflexions, et conclut en montrant fort bien que les anciens Romains ne pouvaient souffrir qu'on louât ou qu'on blâmât sur la scène un citoyen vivant. Quant aux Grecs, qui autorisèrent cette licence, je répète, tout en la flétrissant, qu'on y trouve une sorte d'excuse, quand on considère qu'ils voyaient leurs dieux prendre plaisir au spectacle de l'infamie des hommes et de leur propre infamie, soit que les actions qu'on leur attribuait fussent de l'invention des poètes, soit qu'elles fussent véritables ; et plût à Dieu que les spectateurs n'eussent fait qu'en rire, au lieu de les imiter! Au fait, c'eût été un peu trop superbe d'épargner la réputation des principaux de la ville et des simples citoyens, pendant que les dieux sacrifiaient la leur de si bonne grâce.
CHAPITRE X.
C'EST UN TRAIT DE LA PROFONDE MALICE DES DÉMONS, DE VOULOIR QU'ON LEUR ATTRIBUE DES CRIMES, SOIT VÉRITABLES, SOIT SUPPOSÉS.
On allègue pour excuse que ces actions attribuées aux dieux ne sont pas véritables, mais supposées. Le crime alors n'en serait que plus énorme, si l'on consulte les notions de la vraie piété et de la vraie religion; et si l'on considère la malice des démons, quel art profond pour tromper les hommes ! Quand on diffame un des premiers de l'Etat qui sert honorablement son pays, cette attaque n'est-elle pas d'autant plus inexcusable qu'elle est plus éloignée de la vérité? Quel supplice ne méritent donc pas ceux qui font à Dieu une injure si atroce et si éclatante! Au reste, ces esprits du mal, que les païens prennent pour des dieux, n'ont d'autre but, en se laissant attribuer de faux crimes, que de prendre les âmes dans ces fictions comme dans des filets, et de les entraîner avec eux dans le supplice où ils sont prédestinés; soit que des hommes qu'ils se plaisent à faire passer pour des dieux, afin de recevoir à leur place par mille artifices les adorations des mortels, aient en effet commis ces crimes, soit qu'aucun homme n'en étant coupable, ils prennent plaisir à les voir imputer aux dieux, pour donner ainsi aux actions les plus méchantes elles plus honteuses l'autorité du ciel. C'est ainsi que les Grecs, esclaves de ces fausses divinités, n'ont pas cru que les poètes dussent les épargner eux-mêmes sur la scène, ou par le désir de se rendre en cela semblables à leurs dieux, ou par la crainte de les offenser, s'ils se montraient jaloux d'avoir une renommée meilleure que la leur.
CHAPITRE XI.
LES GRECS ADMETTAIENT LES COMÉDIENS A L'EXERCICE DES FONCTIONS PUBLIQUES, CONVAINCUS QU'IL Y AVAIT DE L'INJUSTICE A MÉPRISER DES HOMMIES DONT L'ART APAISAIT LA COLÈRE DES DIEUX.
Les Grecs furent encore très-conséquents avec eux-mêmes quand ils jugèrent les comédiens dignes des plus hautes charges de l'Etat. Nous apprenons, en effet, par Cicéron, dans ce même traité De la République, que l'athénien Eschine, homme très-éloquent, .après avoir joué la tragédie dans sa jeunesse, brigua la suprême magistrature, et que les Athéniens envoyèrent souvent le comédien Aristodème en ambassade vers Philippe, pour traiter les affaires les plus importantes de la paix et de la guerre. Voyant leurs dieux accueillir avec complaisance les pièces de théâtre, il ne leur paraissait pas raisonnable de mettre au rang des personnes infâmes ceux qui servaient à les représenter. Nul doute que tous ces usages des Grecs ne fussent très-scandaleux, mais nul doute aussi qu'ils ne fussent en harmonie avec le caractère de leurs dieux; car comment auraient-ils empêché les poètes et les acteurs (31) de déchirer les citoyens, quand ils les entendaient diffamer leurs dieux avec l'approbation de ces dieux mêmes? Et comment auraient-ils méprisé , ou plutôt comment n'auraient-ils pas élevé aux premiers emplois ceux qui représentaient sur le théâtre des pièces qu'ils savaient agréables aux dieux? Eût-il été raisonnable, tandis qu'on avait les prêtres en honneur, parce qu'ils attirent sur les hommes la protection des dieux en leur immolant des victimes, de noter d'infamie les comédiens qui, en jouant des pièces de théâtre, ne faisaient autre chose que satisfaire au désir des dieux et prévenir l'effet de leurs menaces, d'après la déclaration expresse des prêtres eux-mêmes? Car nous savons que Labéon 1, dont l'érudition fait autorité en cette matière, distingue les bonnes divinités d'avec les mauvaises, et veut qu'on leur rende un culte différent, conseillant d'apaiser les mauvaises par des sacrifices sanglants et par des prières funèbres, et de se concilier les bonnes par des offrandes joyeuses et agréables, comme les jeux, les festins et les lectisternes 2. Nous discuterons plus tard, s'il plaît à Dieu, cette distinction de Labéon; mais, pour n'en dire en ce moment que ce qui touche à notre sujet, soit que l'on offre indifféremment toutes choses à tous les dieux comme étant tous bons (car des dieux ne sauraient être mauvais, et ceux des païens ne sont tels que parce qu'ils sont tous des esprits immondes), soit que l'on mette quelque différence , comme le veut Labéon, dans les offrandes qu'on présente aux différents dieux, c'est toujours avec raison que les Grecs honorent les comédiens qui célèbrent les jeux, à l'égal des prêtres qui offrent des victimes, de peur de faire injure à tous les dieux, si tous aiment les jeux du théâtre, ou, ce qui serait plus grave encore, aux dieux réputés bons, s'il n'y a que ceux-là qui les voient avec plaisir.
CHAPITRE XII.
LES ROMAINS, EN INTERDISANT AUX POËTES D'USER CONTRE LES HOMMES D'UNE LIBERTÉ QU'ILS LEUR DONNAIENT CONTRE LES DIEUX, ONT EU MOINS BONNE OPINION DES DIEUX QUE D'EUX-MÊMES.
Les Romains ont tenu à cet égard une
1.On connaît trois Labéons, tous célèbres par leur science en droit civil. Celui que cite ici saint Augustin est le plus célèbre de tous, Antiettus Labéon, qui vivait du temps d'Auguste. Voyez Suétone, ch. 54; et Aulu-Gelle, liv. I, ch. 12, et liv. XIII, ch. 10 et 12.
2. Lectisternia. Cette cérémonie consistait à dresser dans les temples de petits lits, sur lesquels on plaçait toutes sortes de viandes, avec les images des dieux.
conduite toute différente, comme s'en glorifie Scipion dans le dialogue déjà cité De la République. Loin de consentir à ce que leur vie et leur réputation fussent exposées aux injures et aux médisances des poètes, ils prononcèrent la peine capitale contre ceux qui oseraient composer des vers diffamatoires. C'était pourvoir à merveille au soin de leur honneur, mais c'était aussi se conduire envers les dieux d'une façon bien superbe et bien impie ; car enfin ils voyaient ces dieux supporter avec patience et même écouter volontiers les injures et les sarcasmes que leur adressaient les poètes, et, malgré cet exempte, ils ne crurent pas de leur dignité de supporter des insultes toutes pareilles ; de sorte qu'ils établirent des lois pour s'en garantir au moment même où ils permettaient que l'outrage fît partie des solennités religieuses. O Scipion ! comment pouvez-vous louer les Romains d'avoir défendu aux poètes d'offenser aucun citoyen, quand vous voyez que ces mêmes poètes n'ont épargné aucun de vos dieux ! Avez-vous estimé si haut la gloire du sénat comparée à celle du dieu du Capitole , que dis-je? la gloire de Rome seule mise en balance avec celle de tout le ciel, que vous ayez lié par une loi expresse la langue médisante des poètes, si elle était dirigé contre un de vos concitoyens, tandis que vous la laissiez libre de lancer l'insulte à son gré contre tous vos dieux, sans que personne, ni sénateur, ni censeur, ni prince du sénat, ni pontife, eût le droit de s'y opposer? Quoi il vous a paru scandaleux que Plaute ou Névius pussent attaquer les Scipions, ou que Caton fût insulté par Cécilius, et vous avez trouvé bon que votre Térence 1 excitât les jeunes gens au libertinage par l'exemple du grand Jupiter!
CHAPITRE XIII.
LES ROMAINS AURAIENT DU COMPRENDRE QUE DES DIEUX CAPABLES DE SE COMPLAIRE A DES JEUX INFÂMES N'ÉTAIENT PAS DIGNES DES HONNEURS DIVINS.
Scipion, s'il vivait, me répondrait peut-être: Comment ne laisserions-nous pas impunies des injures que les dieux eux-mêmes ont
1. Bien que Térence fût Africain par sa naissance, saint Augustin le considère ici comme tout Romain par son éducation et ses amitiés, comme par ses ouvrages.
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consacrées, puisque ces jeux scéniques, où on les fait agir et parler d'une manière si honteuse, ont été institués en leur honneur et sont entrés dans les moeurs de Rome par leur commandement formel? - A quoi je réplique en demandant à mon tour comment cette conduite des dieux n'a pas fait comprendre aux Romains qu'ils n'avaient point affaire à des dieux véritables, mais à des démons indignes de recevoir d'une telle république les honneurs divins? Assurément, il n'eût point été convenable, ni le moins du monde obligatoire de leur rendre un culte, s'ils eussent exigé des cérémonies injurieuses à la gloire des Romains ; comment dès lors, je vous prie, a-t-on pu juger dignes d'adoration ces esprits de mensonge dont la méprisable impudence allait jusqu'à demander que le tableau de leurs crimes fit partie de leurs honneurs ? Aussi, quoique assez aveuglés par la superstition pour adorer ces divinités étranges qui prétendaient donner un caractère sacré aux infamies du théâtre, les Romains, par un sentiment de pudeur et de dignité, refusèrent aux comédiens les honneurs que leur accordaient les Grecs. C'est ce que déclare Cicéron par la bouche de Scipion: « Regardant, dit-il, l'art des comédiens et le théâtre en général comme infâmes, les Romains ont interdit aux gens de cette espèce l'honneur des emplois publics ; bien plus, ils les ont fait exclure de leur tribu par une note du censeur 1 ».Voilà, certes, un règlement d'une de la sagesse des Romains; mais j'aurais voulu que tout le reste y eût répondu et qu'ils eussent été conséquents avec eux-mêmes. Qu'un citoyen romain, quel qu'il fût, du moment qu'il se faisait comédien, fût exclu de tout honneur public, que le censeur ne souffrît même pas qu'il demeurât dans sa tribu, cela est admirable, cela est digne d'un peuple dont la grande âme adorait la gloire, cela est vraiment romain! Mais qu'on me dise s'il y avait quelque raison et quelque conséquence à exclure les comédiens de tout honneur, tandis que les comédies faisaient partie des honneurs des dieux. Longtemps la vertu romaine n'avait pas connu ces jeux du théâtre 2, et s'ils eussent été recherchés par goût du plaisir, on aurait pu en expliquer l'usage par le relâchement des moeurs ; mais
1. Comparez Tite-Live, lib. XIV, cap. 15, et Tertullien De Spectac. , cap. 22.
2. Ils ne furent, en effet, institués que l'an de Rome 392. Voyez Tite-Live, lib. VII cap. 2.
non, ce sont les dieux qui ont ordonné de les célébrer. Comment donc flétrir le comédien par qui l'on honore le dieu ? et de quel droit noter d'infamie l'acteur d'une scène honteuse si l'on en adore le promoteur? Voilà donc la dispute engagée entre les Grecs et les Romains. Les Grecs croient qu'ils ont raison d'honorer les comédiens, puisqu'ils adorent des dieux avides de comédies; les Romains, au contraire, pensent que la présence d'un comédien serait une injure pour une tribu de plébéiens, et à plus forte raison pour le sénat. La question ainsi posée, voici un syllogisme qui termine tout. Les Grecs en fournissent la majeure : si l'on doit adorer de tels dieux, il faut honorer de tels hommes. La mineure est posée par les Romains : or, il ne faut point honorer de tels hommes. Les chrétiens tirent la conclusion: donc, il ne faut point adorer de tels dieux.
CHAPITRE XIV.
PLATON, EN EXCLUANT LES POÈTES D'UNE CITÉ BIEN GOUVERNÉE, S'EST MONTRÉ SUPÉRIEUR A CES DIEUX QUI VEULENT ÊTRE HONORÉS PAR DES JEUX SCÉNIQUES.
Je demandé encore pourquoi les auteurs de pièces de théâtre, à qui la loi des douze Tables défend de porter atteinte à la réputation des citoyens et qui se permettent de lancer l'outrage aux dieux, ne partagent point l'infamie des comédiens. Quelle raison et quelle justice y a-t-il, quand on couvre d'opprobre les acteurs de ces pièces honteuses et impies, à en honorer les auteurs ? C'est ici qu'il faut donner la palme à un Grec, à Platon, qui, traçant le modèle idéal d'une république parfaite, en a chassé les poètes 1, comme des ennemis de la vérité. Ce philosophe ne pouvait souffrir ni les injures qu'ils osent prodiguer aux dieux, ni le dommage que leurs fictions causent aux moeurs. Comparez maintenant Platon, qui n'était qu'on homme, chassant les poètes de sa république pour la préserver de l'erreur, avec ces dieux, dont la divinité menteuse voulait être- honorée par des jeux scéniques. Celui-là s'efforce, quoique inutilement, de détourner
1. Voyez la République de Platon, livres II et, III, et les Lois, livres II et VII. - Platon s'y élève en effet avec une fouie admirable contre les travestissements que les poètes font subir à la divinité, mais il ne bannit expressément de la république idéale que la poésie dramatique, et dans la république réelle des Lois, il se contente de la soumettre à la censure.
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les Grecs légers et voluptueux de la composition de ces honteux ouvrages; ceux-là en extorquent la représentation à la pudeur des graves Romains. Et il n'a pas suffi aux dieux du paganisme que les pièces du théâtre fussent représentées, il a fallu les leur dédier, les leur consacrer, les célébrer solennellement en leur honneur. A qui donc, je vous prie, serait-il plus convenable de décerner les honneurs divins : à Platon, qui s'est opposé au scandale, ou aux démons qui l'ont voulu, abusant ainsi les hommes que Platon s'efforça vainement de détromper?
Labéon a cru devoir inscrire ce philosophe au rang des demi-dieux, avec Hercule et Romulus. Or, les demi-dieux sont supérieurs aux héros, bien que les uns et les autres soient au nombre des divinités. Pour moi, je n'hésite pas à placer celui qu'il appelle un demi-dieu non-seulement au-dessus des héros, mais au-dessus des dieux mêmes. Quoi qu'il en soit, les lois romaines approchent assez des sentiments de Platon ; si, en effet, Platon condamne les poètes et toutes leurs fictions, les Romains leur ôtent du moins la liberté de médire des hommes; si celui-là les bannit de la cité, ceux-ci excluent du nombre des citoyens ceux qui représentent leurs pièces, et les chasseraient probablement tout à fait s'ils ne craignaient la colère de leurs dieux. Je conclus de là que les Romains ne peuvent recevoir de pareilles divinités ni même en espérer des lois propres à former les bonnes moeurs et à corriger les mauvaises, puisque les institutions qu'ils ont établies par une sagesse tout humaine surpassent et accusent celle des dieux. Les dieux, en effet, demandent des représentations théâtrales: les Romains excluent de tout honneur civil les hommes de théâtre. Ceux-là commandent qu'on étale sur la scène leur propre infamie : ceux-ci défendent de porter atteinte à la réputation des citoyens. Quant à Platon, il paraît ici comme un vrai demi-dieu, puisqu'il s'oppose au caprice insensé des divinités païennes et fait Voir en même temps aux Romains ce qui manquait à leurs lois; convaincu, en effet, que les poètes ne pouvaient être que dangereux, soit en défigurant la vérité dans leurs fictions, soit en proposant à l'imitation des faibles humains les plus détestables exemples donnés par les dieux, il déclara qu'il fallait les bannir sans exception d'un Etat réglé selon la sagesse. S'il faut dire ici le fond de notre pensée, nous ne croyons pas que Platon soit un dieu ni un demi-dieu; nous ne le comparons à aucun des saints anges ou des vrais prophètes de Dieu, ni à aucun apôtre ou martyr de Jésus-Christ, ni même à aucun chrétien; et nous dirons ailleurs, avec la grâce de Dieu, sur quoi se fonde notre sentiment; mais puisqu'on en veut faire un demi-dieu 1, nous déclarons volontiers que nous le croyons supérieur, sinon à Hercule et à Romulus (bien qu'il n'ait pas tué son frère et qu'aucun poète ou historien ne lui impute aucun autre crime), du moins à Priape, ou à quelque Cynocéphale 2, ou enfin à la Fièvre 3, divinités ridicules que les Romains ont reçues des étrangers ou dont le culte est leur propre ouvrage. Comment donc de pareils dieux seraient-ils capables de détourner ou de guérir les maux qui souillent les âmes et corrompent les moeurs, eux qui prennent soin de répandre et de cultiver la semence de tous les désordres en ordonnant de représenter sur la scène leurs crimes véritables ou supposés, comme pour enflammer à plaisir les passions mauvaises et les autoriser de l'exemple du ciel ! C'est ce qui fait dire à Cicéron, déplorant vainement la licence des poètes: « Ajoutez à l'exemple des dieux les cris d'approbation du peuple, ce grand maître de vertu et de sagesse, quelles ténèbres vont se répandre dans les âmes! quelles frayeurs les agiter ! quelles passions s'y allumer 4 »
CHAPITRE XV.
LES ROMAINS SE SONT DONNÉ CERTAINS DIEUX, NON PAR RAISON, MAIS PAR VANITÉ.
Mais n'est-il pas évident que c'est la vanité plutôt que la raison qui les a guidés dans le choix de leurs fausses divinités? Ce grand Platon, dont ils font un demi-dieu, qui a consacré de si importants ouvrages à combattre les maux les plus funestes, ceux de l'âme qui corrompent les moeurs, Platon n'a pas été jugé digne d'une simple chapelle; mais pour leur Romulus, ils n'ont pas manqué de le mieux traiter que les dieux, bien
1. Selon Varron, les demi-dieux, nés d'une divinité et d'un être mortel, tiennent un rang intermédiaire entre les dieux immortels et les héros.
2.Les Cynocéphales sont des dieux égyptiens, représentés avec une tête de chien.
3. La Fièvre avait à Rome trois temples. Voyez Cicécon, De Nat deor., lib. III, cap. 25; et Valère Maxime, lib. II, cap. 5, § 6.
4. Cicéron, De repupl., lib. V. - Comp. Tusculanes, s. II, 2.
(35)
que leur doctrine secrète le place au simple rang de demi-dieu. Ils sont allés jusqu'à lui donner un flamme, c'est-à-dire un de ces prêtres tellement considérés chez les Romains, comme le marquait le signe particulier de leur coiffure 1, que trois divinités seulement en avaient le privilége, savoir : Jupiter, Mars et Romulus ou Quirinus, car ce fut le nom que donnèrent à Romulus ses concitoyens quand ils lui ouvrirent en quelque façon la porte du ciel. Ainsi, ce fondateur de Rome a été préféré à Neptune et à Pluton, frères de Jupiter, et même à Saturne, père de ces trois dieux; on lui a décerné le même honneur qu'à Jupiter; et si cet honneur a été étendu à Mars, c'est probablement parce qu'il était père de Romulus.
CHAPITRE XVI.
SI LES DIEUX AVAIENT EU LE MOINDRE SOUCI DE FAIRE RÉGNER LA JUSTICE, ILS AURAIENT DONNÉ AUX ROMAINS DES PRÉCEPTES ET DES LOIS, AU LIEU DE LES LEUR LAISSER EMPRUNTER AUX NATIONS ÉTRANGÈRES.
Si les Romains avaient pu recevoir des lois de leurs dieux, auraient-ils emprunté aux Athéniens celles de Solon, quelques années 2 après la fondation de Rome? Et encore ne les observèrent-ils pas telles qu'ils les avaient reçues, mais ils s'efforcèrent de les rendre meilleures. Je sais que Lycurgue avait feint d'avoir reçu les siennes d'Apollon, pour leur donner plus d'autorité sur l'esprit des Spartiates 3; mais les Romains eurent la sagesse de n'en rien croire et de ne point puiser à cette source. On rapporte à Numa Pompilius, successeur de Romulus, l'établissement de plusieurs lois, parmi lesquelles un certain nombre qui réglaient beaucoup de choses religieuses; mais ces lois étaient loin de suffire à la conduite de l'Etat, et d'ailleurs on ne dit pas que Numa les eût reçues des dieux. Ainsi donc, pour ce qui regarde les maux de l'âme, les maux de la conduite humaine, les maux qui corrompent les moeurs, maux si graves que les plus éclairés parmi les païens
1. Ce signe était l'apex, baguette environnée de laine que les flamines portaient à l'extrémité de leur bonnet. Voyez Servius, ad Aeneid., lib. II, V. 683, et lib. VIII, V 654. - Valère Maxime raconte ( lib. I, cap. 1, § 4), que le flamine Sulpicius perdit sa dignité pour avoir laissé l'apex tomber de sa tête pendant le sacrifice.
2. Ce ne fut que trois cents ans après la fondation de Borne, selon Tite-Live, lib. III, cap. 33, 34.
3. Voyez Xénophon, De republ. Laced., cap. 8.
ne croient pas qu'un Etat y puisse résister, même quand les villes restent debout 1, pour tous les maux de ce genre, les dieux n'ont pris aucun souci d'en préserver leurs adorateurs ; bien au contraire , comme nous l'avons établi plus haut, ils ont tout fait pour les aggraver.
CHAPITRE XVII.
DE L'ENLÈVEMENT DES SABINES, ET DES AUTRES INIQUITÉS COMMISES PAR LES ROMAINS AUX TEMPS LES PLUS VANTÉS DE LA RÉPUBLIQUE.
On dira peut-être que si les dieux n'ont pas donné de lois aux Romains, c'est que « le caractère de ce peuple, autant que ses lois, comme dit Salluste, le rendait bon et équitable 1 ». Un trait de ce caractère, ce fut, j'imagine, l'enlèvement des Sabines. Qu'y a-t-il, en effet, de plus équitable et de meilleur que de ravir par force, au gré de chacun, des filles étrangères, après les avoir attirées par l'appât trompeur d'un spectacle? Parlons sérieusement : si les Sabins étaient injustes en refusant leurs filles, combien les Romains étaient-ils plus injustes en les prenant sans qu'on les leur accordât? Il eût été plus juste de faire la guerre au peuple voisin pour avoir refusé d'accorder ses filles, que pour avoir redemandé ses filles ravies. Mieux eût donc valu que Romulus se fût conduit de la sorte; car il n'est pas douteux que Mars n'eût aidé son fils à venger un refus injurieux et à parvenir ainsi à ses fins. La guerre lui eût donné une sorte de droit de s'emparer des filles qu'on lui refusait injustement, au lieu que la paix ne lui en laissait aucun de mettre la main sur des filles qu'on ne lui accordait pas; et ce fut une injustice de faire la guerre à des parents justement irrités. Heureusement pour eux, les Romains, tout en consacrant par les jeux du cirque le souvenir de l'enlèvement des Sabines, ne pensèrent pas que ce fût un bon exemple à proposer à la république. Ils firent, à la vérité, la faute d'élever au rang des dieux Romulus, l'auteur de cette grande iniquité; mais on ne peut leur reprocher de l'avoir autorisée par leurs lois ou par leurs moeurs.
1. Saint Augustin fait peut-être allusion au beau passage de Plante (Persa, act. w, se. 4, y. 11-14).
2. Salluste, Catilina, ch. 9.
3. Ces jeux annuels, consacrés à Neptune, s'appelaient Consualia, de Consus, nom de Neptune équestre. Voyez Tite-Live, lib. I, cap. 9, et Varron, De ling. lat., lib. VI, § 20.
(35)
Quant à l'équité et à la bonté naturelles de leur caractère, je demanderai s'ils en donnèrent une preuve après l'exil de Tarquin. Ce roi, dont le fils avait violé Lucrèce, ayant été chassé de Rome avec ses enfants, le consul Junius Brutus força le mari de Lucrèce, Tarquin Collatin, qui était son collègue et l'homme le plus excellent et le plus innocent du monde, à se démettre de sa charge et même à quitter la ville, par cela seul qu'il était parent des Tarquins et en portait le nom. Et le peuple favorisa ou souffrit cette injustice, quoique ce fût lui qui eût fait Collatin consul aussi bien que Brutus 1 Je demanderai encore si les Romains montrèrent cette équité et cette bonté tant vantées dans leur conduite à l'égard de Camille. Après avoir vaincu les Véïens, les plus redoutables ennemis de Rome, ce héros qui termina, après dix ans, par la prise de la capitale ennemie, une guerre sanglante où Rome avait été mise à deux doigts de sa perte, fut appelé en justice par la haine de ses envieux et par l'insolence des tribuns du peuple, et trouva tant d'ingratitude chez ses concitoyens qu'il s'en alla volontairement en exil, et fut même condamné en son absence à dix mille as d'amende, lui qui allait devenir bientôt pour la seconde fois, en chassant les Gaulois, le vengeur de son ingrate patrie 2. Mais il serait trop long de rapporter ici toutes les injustices et toutes les bassesses dont Rome fut le théâtre, à cette époque de discorde, où les patriciens s'efforçant de dominer sur le peuple, et le peuple s'agitant pour secouer le joug, les chefs des deux partis étaient assurément beaucoup plus animés par le désir de vaincre que par l'amour du bien et de l'équité.

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 08:23
Abbé Sopocko

Ce qui me coûtait beaucoup, c'était d'embrasser les enfants. Des femmes de ma connaissance venaient avec leurs enfants et me priaient de les prendre dans mes bras ne serais-ce que pour un instant, et les embrasser. Elles considéraient cela comme une grande grâce. Pour moi c'était une occasion de m'exercer à la vertu, car plus d'un enfant était assez sale. Mais pour me vaincre et ne montrer aucune répugnance, je baisai deux fois un enfant sale. L'une d'elle apporta son enfant, qui avait les yeux malades et purulents, et me dit « Prenez-le un instant dans vos bras, ma Sœur. » Ma nature ressentait du dégoût, mais sans y prêter attention, je pris l'enfant dans mes bras, et je le baisai deux fois, juste à l'endroit purulent de l'œil, en demandant à Dieu une amélioration. J'avais ainsi beaucoup d'occasions de m'exercer à la vertu.

En les écoutant tous exprimer leurs griefs, j'ai remarqué qu'il n'y avait pas de cœur joyeux, car il n'y avait pas de cœurs aimant sincèrement Dieu et cela ne m'a pas du tout étonnée. Je fus très peinée de ne pas voir deux de mes sœurs. Je sentis intérieurement que leur âme était en grand danger. Lorsque je pensais à elles, la douleur me serrait le cœur. Un jour, me sentant très près de Dieu, je priais ardemment le Seigneur de leur accorder Sa grâce. Le Seigneur me répondit : « Je leur accorde non seulement les grâces nécessaires, mais aussi des grâces particulières. » J'ai compris que le Seigneur les appellerait à une plus grande union avec Lui et je me réjouis profondément qu'un si grand amour règne dans notre famille.

401. Quand vint le moment de dire adieu à mes parents, je les priai de me bénir : j'ai senti la puissance de la grâce divine qui se déversa dans mon âme. Mon père, ma mère et ma marraine en me bénissant, les larmes aux yeux, me souhaitèrent la plus grande fidélité à la grâce divine. Ils me priaient de ne jamais oublier combien de grâces Dieu m'avait accordées en m'appelant à la vie religieuse et me demandaient de prier pour eux.
Tous pleuraient, mais moi, je ‘ai pas versé une seule larme. Je tâchais d'être courageuse et je les consolais tous de mon mieux, leur rappelant qu'au ciel il n'y aura plus de séparation. Stasio m'a reconduite jusqu'à la voiture. Je lui dis que Dieu aime beaucoup les âmes pures et l'assurai qu'il était content de lui Lorsque je lui parlai de la bonté divine et à quel point Dieu pense à nous, il se mit à pleurer comme un petit enfant. Je n'en fut pas étonnée, car c'était une âme pure, capable de reconnaître Dieu facilement.

402. Une fois installée dans la voiture, j'ai soulagé mon cœur et j'ai pleuré aussi comme une enfant, mais de joie parce que Dieu accordait tant de grâces à notre famille. Puis je me suis plongée dans l'action de grâces. . Le soir j'étais à Varsovie. J'ai d'abord salué le Maître de la maison, puis toute la communauté

403. Avant d'aller dormir, je suis venue dire bonsoir au Seigneur lui demandant pardon d'avoir si peu parlé avec Lui pendant mon séjour à la maison. J'entendis une voix dans mon âme : « Je suis très content que tu n'aies pas parlé avec Moi, car tu as fait connaître Ma bonté aux âmes, et tu les as éveillées à Mon amour. »

404. La Mère Supérieure me dit que, le lendemain, nous irions toutes deux à Jozefinek et que nous aurions l'occasion de parler avec la Mère Générale. J'en étais très contente. La Mère Générale est toujours la même, pleine de bonté, de paix et remplie de l' Esprit Divin. J'ai longuement parlé' avec elle. Nous avons assisté à la bénédiction de l'après-midi.
404. On a chanté les litanies du Très Doux Coeur de Jésus. Le Seigneur était exposé dans l'ostensoir, et au bout d'un moment, je vis le Petit Jésus sortir de l' Hostie , et venir Lui-même reposer dans mes bras. Cela dura un court instant. Une grande joie inonda mon âme. L'enfant Jésus avait la même apparence qu'au moment où nous sommes entrées dans la petite chapelle : la Mère Supérieure, mon ancienne Maîtresse, Mère Marie Josèphe, et moi-même.

406. Le lendemain, je me trouvais déjà à mon cher Wilno . Oh ! Comme je me sentais heureuse d'être de retour dans notre couvent. Il me semblait que j'y entrais pour la deuxième fois. Je ne pouvais assez jouir du calme et du silence où l'âme se plonge si facilement en Dieu. Tout y aide et personne ne la dérange.

Le Carême

407. Quand je me plonge dans la Passion du Seigneur, je vois souvent, pendant mon adoration, Jésus se présenter tel qu' Il était après la flagellation, lorsque les bourreaux l'emmenèrent et Lui ôtèrent Son vêtement, qui déjà collait à Ses Plaies. Celles-ci se rouvrirent pendant qu'ils ôtaient le vêtement. Alors on jeta sur les épaules du Seigneur et sur ses Plaies ouvertes un manteau rouge, sale et déchiré. Le manteau atteignait à peine les genoux .. On fit asseoir le Seigneur sur une poutre, puis on tressa une couronne d'épines, qu'on Lui posa sur la tête. On Lui mit en main un roseau et tous se moquaient de Lui et Lui rendaient hommage comme à un roi. Ils Lui crachaient au Visage d'autres prenaient le roseau et Le frappaient à la Tête, d'autres encore Lui voilaient la Face et le frappaient à coups de poings. Jésus supportait tout avec douceur. Qui le comprendra, qui comprendra Sa douleur ? Jésus avait le regard baissé à terre. J'ai ressenti ce qui se passait alors dans Son Coeur très doux. Que chaque âme considère ce que Jésus souffrait à cet instant. Ils s'acharnaient à insulter Jésus et je me demandais d'où venait une telle méchanceté dans l'homme. C'est le péché qui agit ainsi : l' Amour et le péché se sont rencontrés.

408. Un jour où je me trouvais dans une certaine église avec une Sœur, pendant la Sainte Messe, j'ai éprouvé la grandeur et la Majesté de Dieu. Je sentais que cette église était imprégnée de Dieu... Sa Majesté m'enveloppait, elle m'effrayait et cependant, me remplissait de paix et de joie. J'ai vu que rien ne pouvait s'opposer à Sa Volonté. Oh ! i toutes les âmes savaient Qui demeure dans nos sanctuaires ! Il n'y aurait pas tant d'outrages ni de manque de respect dans les endroits sacrés.

409. O Eternel et inconcevable Amour, je vous prie de m'accorder une grâce, éclairez ma raison de la lumière d'en haut, faites-moi connaître et apprécier toutes les choses d'après leur valeur. La plus grande joie de mon âme est de connaître la vérité.

410. 21.III.35. Souvent, pendant la Sainte Messe, je vois le Seigneur en mon âme, je sens sa présence qui me transperce. Je sens Son divin regard, je converse avec Lui, sans dire un mot. Je sais ce que désire Son Divin Cœur, et j'accomplis toujours ce qui Lui plait le plus. Je L'aime à la folie et je sens que je suis aimée de Dieu. Dans les moments où je Le rencontre dans les profondeurs de mon âme, je me sens si heureuse que je ne peut l'exprimer. Ce sont de courts instants car l'âme ne pourrait les supporter plus longtemps : la séparation d'avec le corps devrait suivre un si grand bonheur. Ces moments sont très courts, mais leur puissance se communique à l'âme et s'y prolonge longtemps. Sans le moindre effort je sens qu'un profond recueillement s'empare alors de moi qui ne diminue pas, même si je parle avec des gens. Il ne me dérange pas non plus dans l'accomplissement de mes devoirs. . Je sens la continuelle présence de Dieu, sans aucun effort, je sais que je Lui suis unie aussi étroitement que la goutte d'eau à l'insondable océan.

Jeudi dernier, vers la fin des prières, j'ai senti cette grâce qui a duré, exceptionnellement, pendant toute la Sainte Messe. Je pensais qu j'allais mourir de joie. Dans ces moments-là, j'apprends à mieux connaître Dieu et Ses attributs, ainsi que moi-même et ma misère, et je m'étonne de l'immense abaissement de Dieu envers une âme aussi misérable que la mienne. Après la Sainte Messe, je me sentais toute plongée en Dieu et chacun de ses regards dans le fond de mon être reste présent à mon esprit.

411. Vers midi, j'ai passé un instant à la chapelle et de nouveau la puissance de la grâce frappa mon cœur. Alors que je persévérais dans le recueillement, Satan pris un pot de fleurs et le jeta ç terre de toutes ses forces avec colère. Je vis tout son acharnement et sa jalousie ! Il n'y avait personne à la chapelle, je me suis donc levée, j'ai ramassé le pot brisé, j'ai replanté la fleur et je voulais la remettre à sa place, avant que quelqu'un ne vienne à la chapelle. Je n'y suis pas arrivée : car aussitôt la Mère Supérieure, la Sœur sacristine et plusieurs autres Sœurs entrèrent.
La Mère Supérieure s'étonna que je touche à quelque chose sur le petit autel, et que le pot de fleurs soit tombé. La Sœur sacristine montra du mécontentement, mais je tâchai de ne pas m'expliquer, ni me justifier.
Cependant le soir, me sentant tout-à-fait épuisée et incapable de faire mon Heure Sainte, j'ai prié la Mère Supérieure de me permettre d'aller me coucher plus tôt .. Je m'endormi aussitôt. Cependant vers onze heures, Satan secoua mon lit. Je me suis tout de suite réveillée, et j'ai commencé tranquillement à prier mon Ange Gardien. Soudain je vis des âmes du Purgatoire, qui faisaient pénitence. Leur aspect était celui d'une ombre et parmi elles, j'ai vu beaucoup de démons. L'un d'eux tâchait de me vexer sous l'aspect d'un chat. Il se lançait sur mon lit et sur mes pieds, et pesait très lourd .. Je priais pendant tout ce temps, récitant le rosaire. Vers le matin, ces êtres disparurent et j'ai pu m'endormir.

En arrivant le matin à la chapelle, j'ai entendu une voix : « Tu es à Moi, n'aie peur de rien. Sache cependant, Mon enfant que Satan te hait ; il hait chaque âme, mais envers toi il brûle d'une haine particulière, parce que tu as arraché tant d'âmes à son règne. »

Jeudi Saint 18.IV

412. Ce matin, j'ai entendu ces paroles : « Jusqu'à la cérémonie de la Résurrection, tu n'éprouvera plus Ma présence, mais ton âme sera emplie d'une grande nostalgie. » Et aussitôt une immense nostalgie inonda mon âme. Je sentais la séparation d'avec mon Bien-Aimé Jésus. Et quand approche le moment de la Sainte Communion, je vis dans le calice, sur chaque Hostie, la Face douloureuse de Jésus. Depuis ce moment, j'éprouvai, en mon cœur, une nostalgie plus grande encore.

413. Vendredi Saint à trois heures de l'après-midi, quand je suis entrée à la chapelle, j'ai entendu ces paroles :
« Je désire que cette image soit honorée publiquement. »

Tout d'un coup j'aperçus Jésus agonisant sur la Croix dans de grandes douleurs, de Son Cœur sortirent ces deux rayons qui sont représentés sur l'image.

414. Samedi. Pendant les Vêpres, j'aperçu Jésus resplendissant de lumière comme le soleil, dans un vêtement clair, qui me dit : « Que ton cœur se réjouisse. » - Une grande joie m'inonda et la présence de Dieu me pénétra toute entière : c'est un trésor inéffable pour l'âme.

415. Quand l'image fut exposée, j'ai vu le vif mouvement de la main de Jésus, qui traça un grand signe de croix. Le soir du même jour, quand je fus couchée dans mon lit, je vis cette image survoler la ville qui était elle-même tendue de réseaux et de filets. En passant, Jésus coupait tous les filets et à la fin, Il traça un grand signe de croix et dispatut . Je me vis entourée d'un grand nombre d'êtres méchants, brulants d'une immense haine contre moi .. Leur bouche proférait toutes sortes de menaces, cependant aucun ne m'a touchée. Après un moment, cette apparition disparut, mais je mis longtemps à m'endormir.

416. 26.IV. Vendredi, alors que j'étais à Ostra Brama, pour les cérémonies au cours desquelles l'image a été exposée, j'assistai au sermon de mon confesseur. Ce sermon sur la Miséricorde divine était le premier de ceux que Jésus exigeait depuis si longtemps. Quand il commença à parler de cette grande miséricorde du Seigneur, l'image prit un aspect vivant et Ses rayons pénétraient dans les cœurs des personnes rassemblées, mais pas dans la même mesure. Les uns en recevaient plus et d'autres moins. Mon âme fut inondée d'une grande joie à la vue de la grâce de Dieu ..

Soudain j'entendis ces paroles : « Tu es le témoin de Ma miséricorde. Tu vas te tenir, pour l'éternité, devant Mon trône comme un vivant témoin de Ma miséricorde. »

417. Le sermon fini, je n'attendis pas la fin des cérémonies, car j'étais pressée de revenir à la maison. Je fis quelques pas, mais un grand nombre de démons me barrèrent la route. Ils me menaçaient de terribles supplices et des voix se firent entendre : « Elle nous a ravi tout ce pourquoi nous avons travaillé pendant tant d'années. » Lorsque je les ai questionnés : « Qui êtes-vous en si grand nombre ? - Les maudits me répondirent : « Des cœurs humains ; ne nous tourmente pas. » Voyant leur terrible haine contre moi, j'ai 418. appelé tout de suite mon Ange Gardien au secours : et immédiatement sa claire et rayonnante apparence se tint près de moi. Et il me dit : « N'aie pas peur, épouse de Mon Seigneur. Sans Sa permission, ces esprits ne te feront aucun mal. » Immédiatement les mauvais esprits disparurent, et le fidèle Ange Gardien m'a accompagné de manière visible, jusqu'au seuil de la maison. Son regard était modeste et paisible ; un rayon de feu jaillissait de son front. O Jésus, je désirerais peiner, me tourmenter et souffrir pendant toute ma vie, pour ce seul moment où je vis, Seigneur, Votre gloire et le salut des âmes.

Dimanche, 28.IV.1935.

419. Dimanche de Quasimodo ou Fête de la Miséricorde du Seigneur, et clôture du Jubilé de la rédemption. Nous sommes allées assister à ces cérémonies et mon cœur battait de joie, parce que ces deux fêtes sont si étroitement unies. J'ai prié Dieu d'être miséricordieux pour les âmes des pécheurs. A la fin de la cérémonie, le prêtre prit le Saint Sacrement pour donner la bénédiction, alors je vis Jésus exactement comme il est représenté sur l'image. Le Seigneur accorda Sa bénédiction, et les rayons se répandirent sur le monde entier.
Soudain je vis une clarté inexprimable, qui avait la forme d'une demeure en cristal, tissée de vagues, une clarté inaccessible à toute créature, à tout esprit. Trois portes y mènent. A ce moment Jésus tel qu'il est sur l'image, entra dans cette clarté par la seconde porte. Il entra dans l'intérieur de l'unité. C'est une unité triple, qui est inconcevable, c'est l'infini. J'entendis une voix : « Cette Fête est issue des entrailles de Ma Miséricorde et elle est confirmée dans les profondeurs de Mon amour infini, toute âme qui croit et à confiance en Ma Miséricorde, l'obtiendra. » Je me duis profondément réjouie de la bonté et de la grandeur de mon Dieu.

420. 29.IV.35. Le jour précédant l'exposition de cette image, je suis allée avec notre Mère Supérieure chez notre confesseur. Quand on parla de l'image, il demanda qu'une des Sœurs vienne l'aider à tresser des couronnes de verdure. La Mère Supérieure répondit que je l'aiderais. Ce qui me causa beaucoup de joie. Lorsque nous rentrâmes à la maison, je me suis tout de suite occupée à préparer la verdure ; avec une des élèves, nous l'avons transportée. Une personne qui est employée à l'église nous a aussi aidée. A sept heures du soir, tout était prêt et l'image était exposée. Cependant certaines dames avaient observé que je rôdais là-bas, car je dérangeais plutôt que je n'aidais.

Le lendemain donc, elles ont demandé aux Sœurs quelle était cette belle image et ce qu'elle signifiait. « Les Sœurs doivent le savoir, car, hier, l'une d'elles ornait l'image. » Les Sœurs en furent fort étonnées, car elles n'en savaient rien. Chacune voulait voir l'image et tout de suite elles m'ont soupçonnée. Elles disaient : « Sœur Faustine le sait bien, naturellement. » Quand on a commencé à me questionner, je gardai le silence, car je ne pouvais dire la vérité. Mais mon silence augmenta leur curiosité et je redoublais de vigilance pour ne pas mentir tout en taisant la vérité, car je n'en avais pas la permission. Alors on commença à me témoigner du mécontentement. On me reprochait ouvertement le fait que des personnes étrangères étaient au courant et pas la Communauté On commença à porter sur moi divers jugements. J'ai beaucoup souffert pendant trois jours, mais une singulière force m'animait. Je me suis réjouie de pouvoir souffrir pour Dieu, et pour les âmes, qui ont obtenu Sa miséricorde ces jours-ci. En voyant que tant d'âmes avaient obtenu la miséricorde divine ces jours-ci, je considère comme rien, les peines et les souffrances les plus grandes que j'ai éprouvées, même si elles durer jusqu'à la fin du monde, car elles ont une fin tandis que des âmes ont été à des maux sans fin. Ce fut une grande joie pour moi de voir des personnes revenant à la source du bonheur, au sein de la miséricorde divine.

421. En voyant le dévouement et les fatigues de l'abbé Sopocko dans cette œuvre, j'admirait sa patience et son humilité. Tout cela à coûté non seulement beaucoup de peines et de contrariétés diverses, mais aussi beaucoup d'argent et l'abbé Sopocko subvenait à toutes les dépenses. Je vois que la providence l'a préparé à accomplir cette œuvre de miséricorde avant que je n'aie prié Dieu pour cela. Oh ! que Vos Voies sont surprenantes mon Dieu heureuses les âmes qui suivent l'appel de la grâce divine..

422. Mon âme glorifie le Seigneur pour tout et loue Sa bonté infinie. Tout passera, mais Sa miséricorde n'a ni bornes, ni limites. La méchanceté atteindra sa mesure, la Miséricorde est sans mesure
O mon Dieu, je vois l'abîme de Votre miséricorde même dans les punitions, dont Vous affectez la terre. Car en nous punissant ici, sur terre, Vous nous délivrez des peines éternelles .. Réjouis-toi, créature, car tu es plus proche de Dieu, dans son infinie Miséricorde, que le bébé du cœur de sa mère. O Dieu, Vous êtes la pitié même, pour les plus grands pécheurs repentants. Plus le pécheur est grand, plus il a droit à la miséricorde divine.

423. Le 12.V.1935. Une fois, le soir, dès que je fus dans mon lit, je me suis immédiatement endormie. Mais je fus réveillée encore plus vite. Un petit enfant est venu et m'a réveillée. C'était un enfant d'un an peut-être, et je m'étonnais qu' Il parle si bien, car à cet âge, les enfants ne parlent pas ou indistinctement. Il était indiciblement beau et ressemblait à l' Enfant Jésus. Il me dit ces mots : « Regarde le ciel. » Lorsque j'ai regardé le ciel, j'ai aperçu les étoiles et la lune qui brillaient. Alors l'enfant m'a demandé : « Vois-tu cette lune et ces étoiles ? » J'ai répondu «oui. » - « Ces étoiles, reprit-Il, sont les âmes des fidèles chrétiens et la lune et la lune ce sont les âmes religieuses. Tu vois la grande différence de lumière entre la lune et les étoiles. Telle est au ciel la différence entre l'âme religieuse et l'âme d'un fidèle chrétien. » Et Il me dit que la véritable grandeur réside dans l'amour de Dieu et dans l'humilité.

424. Puis je vis une âme, qui se séparait du corps dans de terribles supplices. O Jésus, lorsque je dois écrire ceci, je frémis à la vue de ces atrocités, qui témoigne contre lui... Je voyais des âmes de petits enfants et de plus grands, vers les neuf ans, qui sortaient d'une sorte de gouffre boueux. Ces âmes étaient répugnantes et dégoûtantes, semblables aux plus horribles monstres et à des cadavres décharnés. Mais ces cadavres étaient vivants et rendaient hautement témoignage contre cette âme agonisante. Et l'âme que je voyais en agonie était une âme qui avait reçu de grands honneurs et des applaudissements mondains, et qui finissait dans le vide et le péché. Enfin une femme est sortie elle tenait des larmes, comme dans un tablier, et elle témoignait avec force contre lui.

425. Oh ! L'heure terrible où il faut voir toutes ses actions dans leur nudité et leur misère ! Aucune d'elles ne périra. Elles vont nous accompagner fidèlement jusqu'au jugement de Dieu. Je n'ai pas de mots ni de comparaisons pour exprimer des choses aussi terribles. Et bien que je croie que cette âme n'est pas damnée, cependant ses supplices ne diffèrent en rien des supplices de l'enfer, il y a seulement cette différence qu'ils finiront un jour.

426. Après un moment, j'aperçus à nouveau ce même Enfant qui m'avait réveillée. Il était d'une délicieuse beauté. Il m'a répété : « La véritable grandeur de l'âme réside dans l'amour de Dieu et dans l'humilité. » Je Lui demandai « D'où sais-tu que la véritable grandeur de l'âme réside dans l'amour de Dieu et dans l'humilité ? Les théologiens seuls peuvent savoir ces choses et toi, tu n'as même pas encore appris le catéchisme. Comment le sais-tu ? » Il me répondit : « Je le sais. Je sais tout. »- Et au même moment il disparut.

427. Cependant je ne pus me rendormir. Mon esprit était fatigué, paece que j'avais commencé à réfléchir à ce que j'avais vu. O âmes humaines, comme vous reconnaissez tard la vérité. O immensité de la miséricorde de Dieu, déversez-vous au plus vite sur le monde entier, comme vous-même me l'avez dit.

428. V.1935. Lorsque j'ai compris les grands desseins de Dieu sur moi, je fus effrayée de leur grandeur .. Et me sentant tout à fait incapable de les accomplir, j'ai commencé à éviter intérieurement les conversations avec Dieu et je remplaçais ce temps par des prières vocales. Je le faisais par humilité, mais je m'aperçus bientôt, que ce n'était pas la véritable humilité, mais une grande tentation du démon.
Quand, un jour au lieu de l'oraison, je pris un livre de lecture spirituelle, j'ai entendu distinctement et fortement ces paroles : « Tu prépareras le monde à Ma venue dernière. »

Ces paroles m'ont profondément impressionnée et quoique faisant semblant de ne pas les avoir entendues, je les comprenais bien et je n'avais aucun doute. Un autre jour, fatiguée de ce combat entre mon amour pour Dieu et mon refus continuel, à cause de mon incapacité à accomplir cette œuvre, je voulus quitter la chapelle, mais une singulière puissance m'en empêcha. Je me sentais impuissante, et j'entendis soudain ces paroles : « Tu veux sortir de la chapelle, mais tu ne t'éloigneras pas de Moi, car je suis partout. Par toi-même, tu ne feras rien. Mais avec Moi tu peux tout. »

429. Quand au cours de la semaine, le suis allée chez mon confesseur, je lui ai dévoilé l'état de mon âme, et en particulier le fait que j'évitais la conversation intérieure avec Dieu. Il me répondit qu'il ne m'était pas permis d'éviter la conversation intérieure avec Dieu, mais que je devais au contraire bien écouter les paroles qu' Il me dit. J'ai agi d'après les indications du confesseur et à la première rencontre avec le Seigneur je suis tombée à Ses pieds et, le cœur brisé, je Lui ai demandé pardon pour tout.

430. Alors Jésus me souleva de terre, me fit asseoir près de Lui et Il me permit de poser ma tête sur Sa poitrine, pour que je puisse comprendre et mieux ressentir les désirs de Son Très Doux Cœur. Alors Jésus me dit : « Ma fille, n'aies peur de rien. Je suis toujours avec toi. Tous tes adversaires ne te nuiront que dans la mesure où Je le leur permettrai. Tu es Ma demeure et Mon continuel repos. Pour toi Je vais arrêter la main qui punit. Pour toi Je bénis la terre. »
431. Au même moment j'ai senti comme un feu dans mon cœur, mes sens dépérissaient, je ne savais plus ce qui se passait autour de moi. Je sentais le regard u Seigneur qui me transperçait. Je reconnus bien Sa grandeur et ma misère. Une singulière douleur envahit mon âme et une telle joie, que je ne puis comparer la comparer à quoi que ce soit. Je me sens impuissante dans les bras de Dieu. Je sens que je suis en Lui et que jz me fond en Lui, comme une goutte d'eau dans l'océan. Je ne sais pas exprimer ce qui se passe en moi. Après une telle oraison intérieure, je sens en moi la force et la puissance de pratiquer les vertus les plus difficiles, ainsi qu'une aversion pour toutes les vanités que le monde a en estime. De toute mon âme, je désire la solitude et le silence.

432. V.1935. Pendant l' Office des quarante heures, j'ai vu la face de Jésus dans la Sainte Hostie exposée dans l'ostensoir. Jésus regardait tout le monde avec bienveillance.

433. Je vois souvent l' Enfant Jésus pendant la Sainte Messe. Il est extrêmement beau et paraît avoir à peu près un an. Un jour dans notre chapelle, quand je vis ce même Enfant pendant la Sainte Messe, un désir fou et une envie irrésistible me prirent de m'approcher de l'autel et de Le prendre dans mes bras. Or à ce moment, l' Enfant Jésus vint près de moi, près de mon prie-Dieu. Il appuya Des deux petites Mains sur mon épaule, gracieux et joyeux, le regard profond et pénétrant. Cependant, quand le prêtre rompit l' Hostie , Jésus revint sur l'autel et Il fut rompu et consommé par ce prêtre.
Après la Sainte Communion, j'ai vu ce même Jésus dans mon cœur, et pendant tute la journée je Le sentais physiquement vraiment dans mon cœur. Un très profond recueillement m'enveloppa à mon insu, et je ne parlai à personne. J'évitais autant que possible, la présence des gens. Je répondais toujours au questions concernant mon travail, en dehors de cela ,, pas un mot.

434. 9.VI.1935. La Pentecôte.
Le soir, passant par le jardin, j'ai entendu ces paroles : « Avec tes compagnes tu vas tâcher par la prière d'obtenir la miséricorde pour toi-même et pour le monde. » J'ai compris que je ne resterai pas dans la Congrégation où je suis maintenant. Je vois clairement qu'il a pour moi un autre projet divin. Cependant je m'excuse sans cesse devant Dieu, Lui disant que je suis incapable d'accomplir cette œuvre. Jésus, Vous savez bien ce que je suis, puis j'ai commencé à énumérer mes faiblesses devant le Seigneur. Je me cachais derrière elles pour qu' Il reconnaisse que mon refus était fondé, et que je suis incapable d'accomplir Ses desseins. Alors j'entendis ces paroles : « N'aies pas peur. Moi-même Je complèterez tout ce qui te manque. » Ces mots me pénétrèrent entièrement et je compris mieux encore ma misère. Je compris que la parole du Seigneur est vivante et qu'elle pénètre jusqu'à l'âme. J'ai compris que Dieu exigeait de moi un genre de vie plus parfait. Cependant, je continuai à m'excuser à cause de mon incapacité.

435.29 .VI.1935.Lorsque je fis part à mon directeur spirituel des divers points que le Seigneur exigeait de moi, je pensais qu'il me répondrait que j'étais incapable d'accomplir ces choses, que Jésus n'emploie pas des âmes aussi misérables, que je ne convenais pour aucune des œuvres. Pourtant j'ai entendu que Dieu choisit justement le plus souvent ces âmes là pour réaliser Ses desseins. Ce prêtre, guidé par l' Esprit de Dieu, a pénétré les secrets de mon âme, les secrets les plus cachés qui existaient entre Dieu et Moi dont je ne lui avais encore jamais parlé. Et je n'en avais pas parlé, car je ne les connaissais pas moi-même, et que le Seigneur ne m'avait pas donné formellement l'ordre d'en parler.

436. Voilà ce secret : Dieu exige qu'il y ait une Congrégation qui annoncera sa Miséricorde au monde et qui par ses prières l'obtiendra pour le monde. Quand le prêtre me demanda si je n'avais pas de telles inspirations, j'ai répondu que je n'avais pas d'ordres précis. Cependant en un instant, une lumière pénétra mon âme et je compris que le Seigneur parlait par sa bouche. Je me défendis en vain disant que je n'avais pas d'ordre formel. Vers la fin de la conversation, j'aperçus Jésus sur le seuil ainsi qu' Il est peint sur l'image. « Je désire qu'une telle congrégation existe », me dit-Il. Cela n'a duré qu'un instant.

Pourtant, je n'en ai pas parlé tout de suite, mais j'étais pressée de rentrer à la maison et j répétais constamment au Seigneur : « Je ne suis pas capable d'accomplir Vos desseins, Ô mon Dieu ! » Cependant, chose curieuse, Jésus ne faisait pas attention à mes appels, mais il me fit comprendre combien j'aurais de difficultés à surmonter. Et moi, Sa pauvre créature, je ne savais rien dire d'autre que : « Je suis incapable, ô mon Dieu ! »

437. 30.VI.1935. Le lendemain pendant la sainte Messe, tout au commencement, j'ai aperçu Jésus indescriptible ment beau. Il me dit qu' Il exigeait qu'une telle Congrégation soit fondée au plus tôt : « Tu vas y vivre avec tes compagnes. Mon esprit sera la règle de votre vie, qui doit Me prendre pour modèle, depuis la crèche jusqu'à l'agonie sur la Croix. Pénètre Mes mystères et tu découvriras l'abîme de Ma Miséricorde envers les créatures et Mon insondable bonté et tu les feras connaître au monde. Par tes prières, tu vas être l'intermédiaire entre la terre et le Ciel. » Alors vint le moment de communier Jésus disparut.
J'ai vu une grande clarté. Soudain j'ai entendu ces paroles :
438. « Nous te donnons Notre bénédiction. » A cet instant, un rayon lumineux sortit de cette clarté et transperça mon cœur. Un feu singulier s'alluma dans mon âme. Je pensais que j'allais mourir de joie et de bonheur. Je sentais que mon âme se détachait de mon corps, je sentais que j'étais complètement plongée en Dieu, et que le Tout-Puissant m'emportait comme un grain de poussière dans des espaces inconnus. Frémissante de bonheur dans les bras du Créateur, je sentais qu' Il me soutenait Lui-même pour que je puisse supporter l'immensité de ce bonheur et contempler Sa Majesté.
Je savais maintenant que s' Il ne m'avait pas fortifiée d'avance par Sa grâce, mon âme n'aurait pu supporter ce bonheur et que la mort aurait suivi un instant après. La Sainte Messe finit je ne sais quand, car il n'était pas en mon pouvoir de faire attention à ce qui se passait dans la chapelle. Cependant, quand je repris mes sens, je sentis que j'avais la force et le courage d'accomplir la volonté divine. Rien ne me semblait difficile et, tandis qu'auparavant je m'excusais devant le Seigneur, maintenant, ressentant en moi le courage et la force du Seigneur qui vit en moi, je lui ai dit, je suis prête, quel qu soit le signe de Votre Volonté! » Intérieurement j'avais déjà vécu tout ce que l'avenir me réservais.

439. O mon Créateur et mon Seigneur, voilà tout mon être ! Disposez de moi selon Votre divin plaisir, d'après Vos éternels desseins et Votre insondable Miséricorde. Que toute âme sache comme est bon le Seigneur. Que personne n'ait peur de vivre dans Son intimité ni ne s'excuse de son indignité ni ne remette jamais à plus tard les invitations divines, car cela ne plait pas au Seigneur. Il n'y à pas d'âme plus misérable que la mienne. Je me connais véritablement et je m'étonne que la Majesté Divine ne soit ainsi abaissée. O éternité, il me semble que tu seras trop courte pour exprimer l'infinie miséricorde du Seigneur.

440. Une fois, pendant la procession de la Fête-Dieu , cette image était exposée sur l'autel. Quand le prêtre y déposa le Saint Sacrement et que le chœur commença à chanter, les rayons de l'image traversèrent la Sainte Hostie et se répandirent dans le monde entier. Alors j'entendis ces paroles : « Ces rayons te traverseront, comme ils ont traversé cette Hostie et ils passeront dans le monde entier. » A ces mots ,une grande joie envahit mon âme.

441. Une autre fois, alors que mon confesseur disait la Sainte Messe, je vis comme toujours, l' Enfant Jésus sur l' Autel , à partir de l'offertoire. Puis, un moment avant l'élévation, le prêtre disparut à mes yeux et seul Jésus resta. Quand le moment de l'élévation approcha, Jésus prit dans Ses petites mains l' Hostie et le calice ,et Il les souleva ensemble, en regardant le ciel. Peu après, je vis de nouveau mon confesseur. J'ai demandé à l'enfant Jésus où était le prêtre quand je ne le voyais pas. Il me répondit : « Dans mon Cœur. »

442. Une autre fois, j'ai entendu ces mots : « Je désire que tu vive de Ma volonté dans les plus secrètes profondeurs de ton âme. » - Je réfléchissais à ces mots qui m'allaient droit au cœur. C'était un jour de confession de la Communauté. Or pendant ma confession, lorsque je me suis accusée de mes péchés, le prêtre me répéta mot pour mot ce que Jésus m'avait dit avant lui.

Puis il me dit ces paroles profondes :
443. « Il y a trois degrés dans l'accomplissement de la volonté divine :
Le premier, quand l'âme accomplit tout ce qui est contenu extérieurement dans les ordres et les statuts.
Le second, quand l'âme suit les inspirations intérieures et y est fidèle.
Le troisième, quand l'âme abandonnée à la volonté de Dieu, Lui laisse la liberté de disposer d'elle et que Dieu fait d'elle ce qui Lui plaît : elle est un instrument docile dans Sa main. »

Le prêtre me dit que j'en étais au deuxième degré de l'accomplissement de la volonté divine, que je n'avais pas encore atteint le troisième. Mais que je devais cependant m'efforcer d'y arriver. Ces paroles pénétrèrent jusqu'au fond de mon âme. Je vois clairement que Dieu donne à ce prêtre la connaissance de ce qui se passe au fond de mon âme. cela ne m'étonne pas. Je remercie Dieu qu' Il ait de tels élus

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 08:19

350. O mon Dieu, qu'il est doux de souffrir pour vous dans les recoins les plus secrets du cœur, dans la plus grande solitude; de brûler comme une offrande que personne ne remarque, pure comme le cristal, sans consolation ni compassion. Mon esprit brûle en proie à un amour actif. Je ne perds pas de temps en rêveries. Je prends chaque instant séparément, car cela est en mon pouvoir. Le passé ne m'appartient plus, l'avenir n'est pas encore à moi. De toute mon âme, je tâche de profiter du temps présent.

4.I.1935. Le premier chapitre de Mère Borgia.
351. Pendant ce chapitre, la Mère mit l'accent sur la vie de foi et la fidélité dans les petites choses. Vers la moitié du chapitre, j'ai entendu ces paroles : « Je désire qu'il y ait plus de foi en vous au moment présent. Quelle grande joie Me cause la fidélité de mon épouse dans les petites choses. » - Alors j'a regardé la croix et j'ai vu que Jésus avait la tête tournée vers le réfectoire, Ses lèvres remuaient.
Quand j'en ai parlé à la Mère Supérieure, elle me répondit : « Vous voyez, ma Sœur combien Jésus exige que notre vie soit une vie de foi. »
352. Puis la Mère se rendit à la chapelle, et moi, je restais pour mettre la pièce en ordre et j'entendis soudain ces mots : « Dis à toutes les Sœurs que j'exige qu'au temps présent, elles vivent leurs rapports avec les Supérieures, dans un esprit de foi. » J'ai prié mon confesseur de me dispenser de ce devoir.

353. Un jour que je parlais avec une personne, qui devait peindre cette image,, mais qui pour certaines raisons ne le faisait pas, j'entendis cette voix dans mon âme : « Je désire qu'elle soit plus obéissante. » J'ai compris que les plus grands efforts, s'ils n'ont pas le cachet de l'obéissance, ne sont pas agréables à Dieu. Je parle ici pour une âme religieuse. O Dieu, qu'il est facile de connaître Votre Volonté dans un ordre religieux. Pour nous, les âmes consacrées, la volonté de Dieu est clairement tracée du matin au soir. Et dans les moments d'incertitude, nous avons nos Supérieurs, par lesquels Dieu nous parle.

354. 1934.I.1935 ; Veille du Nouvel An.
J'ai obtenu la permission de ne pas aller dormir, mais de prier à la chapelle. Une des Sœurs me demanda d'offrir une heure d'adoration pour elle, ce que j'ai accepté et j'ai prié pour elle pendant une heure. Pendant cette prière, Dieu me révéla que cette âme Lui était très agréable.
J'ai offert la deuxième heure d'adoration pour la conversion des pécheurs, tâchant particulièrement d'expier les outrages de l'heure présente, ceux qui offensent le plus le Seigneur.
J'ai offert la troisième heure à l'intention de mon père spirituel. J'ai instamment demandé pour lui la lumière pour certaine affaire.

Enfin, minuit sonne. La dernière heure de l'année. Je l'ai finie au nom de la Sainte Trinité. De même en son Saint Nom, j'ai commencé la première heure du Nouvel An. J'ai prié chacune des Trois Personnes de me bénir, et, avec grande confiance, j'ai dirigé mon regard vers la nouvelle année qui ne sera certainement pas exempte de souffrances.

355. Hostie Sainte, en Vous est contenu le testament de la Miséricorde divine pour nous, et spécialement pour les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en Vous sont contenus le Corps et le Sang de Jésus, preuves de l'infinie Miséricorde envers nous et spécialement envers les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en Vous sont contenues la vie éternelle et l'infinie Miséricorde, qui nous sont abondamment accordées, particulièrement aux pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en Vous est contenue la Miséricorde du Père, du Fils et du Saint Esprit envers nous et particulièrement envers les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en vous est contenu le prix infini de la Miséricorde, qui paye toutes nos dettes et particulièrement celles des pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en vous est contenue la Source de l'eau vive, jaillissante de l'infinie Miséricorde pour nous et particulièrement pour les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en vous est contenu le feu du plus pur amour, qui flambe au sein de Père Eternel comme d'un volcan d'infinie Miséricorde pour nous et particulièrement pour les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en Vous est contenu le remède à toutes nos faiblesses, découlant de l'infinie Miséricorde comme d'une source, pour nous et particulièrement pour les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en vous est contenu le lien entre Dieu et nous, don de l'infinie Miséricorde envers nous et particulièrement envers les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, en vous sont contenus tous les sentiments du Très doux Cœur de Jésus envers nous et particulièrement envers les pauvres pécheurs.

Hostie Sainte, notre unique espoir, dans toutes les souffrances et les contrariétés de la vie.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des ténèbres et des orages intérieurs et extérieurs.

Hostie Sainte, notre unique espoir, dans la vie et à l'heure de notre mort.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des insuccès et dans l'abîme des désespoirs.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu de la fausseté et des trahisons.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des ténèbres et de l'impiété qui submergent la terre.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu de la nostalgie et de la douleur résultant de l'incompréhension de tous.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu du travail pénible et de la monotonie de la vie quotidienne.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu de la destruction de nos espoirs et de nos efforts.

Hostie Sainte, notre unique espoir, au milieu des ravages de l'ennemi et des efforts de l'enfer.

Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque les fardeaux dépasseront mes forces et quand je verrai l'inutilité de mes efforts.

Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous lorsque les orages secouent mon cœur et que l'esprit effrayé penche vers le doute.

Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous lorsque mon cœur va frémir et quand la sueur mortelle mouillera mon front.

Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous lorsque tout sera conjuré contre moi et que le sombre désespoir envahira mon âme.

Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous lorsque mon regard va se détourner des choses temporelles et que mon esprit verra pour la première fois des mondes inconnus.

Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque les travaux vont surpasser mes forces et que l'insuccès sera mon constant partage.

Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque l'accomplissement des vertus me semblera difficile et que la nature se révoltera.

Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque les coups de l'ennemi serons dirigés contre moi.

Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque mes fatigues et mes efforts seront méconnus des hommes.

Hostie Sainte, j'ai confiance en Vous, lorsque Vos jugements retentiront sur moi, alors j'aurai confiance en votre Miséricorde sans limites.

356. Très Sainte Trinité, j'ai confiance en votre infinie Miséricorde. Dieu est mon Père. Donc moi, Son enfant, j'ai tous les droits sur Son divin Cœur. Et plus les ténèbres son grandes, plus totale doit être notre confiance.

357. Je ne comprends pas comment on peut ne pas avoir confiance en Celui qui peut tout. Tout est par Lui et rien sans Lui. Lui, le Seigneur, ne permettra ni n'admettra la confusion de ceux qui ont mis toute leur confiance en Lui.

358. 10.1.1935. Jeudi soir pendant la bénédiction certaines pensées commencèrent à me tourmenter : Est-ce que, par hasard, tout ce que je dis au sujet de cette grande Miséricorde de Dieu ne serait pas mensonge ou illusion ?... Je voulais réfléchir un moment là-dessus, quand, soudain, j'entendis une voix intérieure forte et distincte : « Tout ce que tu dis de Ma bonté est la vérité et il n'y a pas d'expression suffisante pour la louer. » - Ces paroles étaient si pleine de puissance et si claires, que je donnerais ma vie pour elles : elles viennent de Dieu. Je Le reconnais à la paix profonde qui m'envahit alors et continue de m'accompagner.
358 morceau
Cette paix me donne une puissance et une force si grande, que toutes les difficultés, les contrariétés, les souffrances et la mort même ne sont rien. Cette lumière souleva un coin du voile et je vis que tous mes efforts pour que les âmes connaissent la Miséricorde du Seigneur, sont très agréables à Dieu. Cela fit naître une si grande joie dans mon âme, que je ne sais si, au Ciel, elle peut être plus grande. Oh !si les âmes voulaient écouter, au moins un peu, la voix de leur conscience et la voix, ou plutôt les inspirations de l'Esprit Saint ! Je dis : « au moins un peu », car lorsque nous nous livrons à l'influence de l'Esprit Saint divin, Il complète Lui-même ce qui nous manque.

359. Nouvel An 1935.
Jésus aime entrer dans les menus détails de notre vie. Bien des fois, Il réalise mes secrets désirs que je Lui cache parfois, bien que je sache que rien ne peut être caché devant Lui.
Il est en usage chez nous, le jour de l'An, de tirer au sort des Patrons particuliers pour toute l'année. Le matin, pendant la méditation, un secret désir s'éveilla en moi que Jésus Eucharistie soit mon Patron particulier pour cette année comme avant. Cependant, cachant ce désir à mon Bien-aimé, je Lui parlai de tout, sauf de cela. Quand nous sommes arrivées au réfectoire pour déjeuner, après le signe de croix, nous commençâmes à tirer au sort. Lorsque je me suis approchée des petites images où sont inscrits les Patrons j'en ai pris une sans réfléchir. Cependant pour me mortifier pendant quelques minutes, je ne l'ai pas lue tout de suite.

Soudain j'entendis une voix dans mon âme : « Je suis ton Patron, lis. » A ce moment, j'ai regardé l'inscription et j'ai lu : Patron pour l'année1935, la Sainte Eucharistie ». Mon cœur frémit de joie. Je me suis éloignée discrètement du cercle des Sœurs et je suis allée, pendant un court instant, devant le Saint Sacrement et là j'ai soulagé les sentiments de mon cœur. Cependant Jésus me fit doucement remarquer qu'en ce moment, je devais être en communauté avec les Sœurs, j'y suis immédiatement retournée, conformément à la règle.

360. Sainte Trinité, Dieu unique, inconcevable dans la grandeur de Votre Miséricorde envers les créatures et particulièrement envers les pauvres pécheurs. Vous avez révélé l'abîme de Votre Miséricorde inconcevable dont aucune intelligence humaine, ni angélique ne sondera jamais les limites. Notre néant et notre misère s'anéantissent dans Votre grandeur. O Bonté infinie, qui vous louera dignement ? Se trouvera-t-il une âme, qui Vous comprenne dans Votre amour ? O Jésus, de telles âmes existent, mais il n'y en a pas beaucoup.

361. Un jour, pendant la méditation matinale, j'ai entendu cette voix : « Je suis Moi-même ton directeur, Je l'étais, Je le suis et Je le serai. Quand tu M'as prié de te donner une aide visible, Je te l'ai accordée, l'ayant choisie Moi-même avant même que tu Me l'aies demandé, car ainsi l'exigeait Mon œuvre. Sache que les fautes que tu commets envers lui, blessent Mon Cœur. Surtout garde-toi d'être indépendante, que chacun des plus petits détails portent le cachet de l'obéissance. »
Le cœur humilié et anéanti, j'ai demandé pardon à Jésus pour ces fautes. J'ai également demandé pardon à mon Père spirituel et j'ai pris la résolution de ne rien faire plutôt que d'agir à tort et à travers.
362. O Bon Jésus, je vous remercie pour cette grande grâce de me faire comprendre que je suis en moi-même misère et péché, rien de plus. Par moi-même je ne puis qu'une chose : Vous offenser, Ô mon Dieu. Car la misère ne peut rien faire d'autre par elle-même que Vous offenser, ô Bonté infinie !

363. Un jour on m'a demandé de prier pour une âme, j'ai résolu tout de suite de faire une neuvaine à la Miséricorde du Seigneur, en y joignant une mortification, celle de porter des chaînettes aux deux pieds pendant la Sainte Messe. Au bout de trois jours de pratique de cette mortification, je suis allée me confesser et j'ai fait part à mon Père spirituel de la mortification que j'avais entreprise, présument qu'il n'aurait rien contre. Mais j'entendis le contraire, à savoir que je ne devais rien faire seule, sans permission.
O mon Jésus, voilà que de nouveau j'ai été indépendante. Mais je ne me décourage pas de ces chutes, je sais bien que suis misère. Ma santé m'interdit les mortifications et mon Père spirituel s'étonnait que je fasse de plus grandes mortifications, sans autorisation. J'ai demandé pardon pour avoir agi de ma propre volonté, ou plutôt, pour avoir présumé la permission. Je lui ai demandé une autre mortification à la place.

364. Il me proposa une mortification intérieure, notamment ; je devais considérer, pendant la Sainte Messe, pourquoi Jésus a consenti à être baptisé. Cette méditation n'était pas une mortification pour moi, car ce m'est un délice de penser à Dieu. Mais il y avait là une mortification de la volonté, puisque je faisais, non pas ce qui me plaisait, mais ce qui m'était indiqué. C'est en cela que consiste la mortification intérieure.
Lorsque je me suis éloignée du confessionnal et que j'ai commencé à réciter ma pénitence, j'entendis ces mots : « J'ai accordé la grâce que tu M'avais demandée pour cette âme, cependant je ne l'ai pas fait à cause de la mortification que tu t'étais toi-même choisie. C'est pour ton acte d'obéissance absolue envers celui qui Me représente, que J'ai accordé à cette âme la grâce pour laquelle tu as intercédé auprès de Moi, et pour laquelle tu as imploré Ma Miséricorde. Sache que lorsque tu détruis ta volonté propre, la mienne règne en toi. »

365. O mon Jésus, soyez patient avec moi, je serai plus attentive à l'avenir. Je ne m'appuierai plus sur moi-même, mais sur Votre grâce et sur Votre bonté, qui sont si grandes pour moi qui suis si misérable.

Une fois, Jésus me fît connaître que lorsque je Le priais aux intentions qu'on me confiait, Il était toujours prêt à accorder Ses grâces, mais que les âmes ne voulaient pas toujours les accepter. « Mon Cœur déborde d'une grande miséricorde pour les âmes et particulièrement pour celles des pauvres pécheurs. Si elles pouvaient comprendre que Je suis le meilleur des Pères, que c'est pour elles que le Sang et l'Eau ont jailli de Mon Cœur comme d'une source pleine de miséricorde. Pour elles Je demeure au tabernacle comme Roi de Miséricorde. Je désire combler les âmes de grâces, mais elles ne veulent pas les accepter. Toi au moins, viens vers Moi le plus souvent possible et prends ces grâces qu'elles ne veulent pas. Ainsi tu consoleras Mon Cœur. Oh ! Que l'indifférence des âmes pour tant de bonté, tant de preuves d'amour est grande! Mon Cœur n'est abreuvé que d'ingratitude et d'oubli de la part des âmes qui vivent dans le monde. Elles ont du temps pour tout, mais elles n'ont pas de temps pour venir vers Moi, ni pour chercher des grâces.

Je me tourne donc vers vous, âmes choisies, est-ce que, vous aussi resterez aveugles à l'amour de Mon Cœur ? Et ici aussi, Mon Cœur éprouve une déception. Je ne trouve pas en vous un abandon total à Mon amour, mais tant de réserves, tant de méfiance, tant de précautions !
Pour te consoler, Je te dirai qu'il y a des âmes vivant dans le monde, qui M'aiment sincèrement. Je séjourne avec délices en elles. Mais elles sont peu nombreuses. Dans les couvents aussi il y a des âmes qui remplissent Mon Cœur de joie : Mes traits sont gravés en elles et c'est pour cela que le Père Céleste les regarde avec une prédilection particulière. Elles seront un spectacle pour les Anges et les hommes. Mais leur nombre est très petit. Ce sont elles qui protègent le monde de la justice du Père Céleste et qui lui obtiennent miséricorde, par leur prières. L'amour de ces âmes et leurs sacrifices soutiennent l'existence du monde.
C'est l'infidélité d'une âme, spécialement élue par Moi, qui blesse le plus douloureusement Mon Cœur : ces infidélités sont des larmes qui Me transpercent le Cœur. »

367. 29.1.1935. Ce mardi matin, pendant la méditation, j'ai aperçu intérieurement, le Saint-Père qui célébrait la Sainte Messe. Après le Pater Noster il causait avec Jésus de cette affaire que Jésus m'a ordonné de lui dire. Bien que je n'en aie jamais parlé au Saint-Père personnellement, mais que ces affaires soient arrangées par quelqu'un d'autre, à cet instant, j'ai su, par connaissance intérieure, qu'il y réfléchissait et que dans peu de temps, l'affaire serait conclue selon les désirs de Jésus.

368. Avant la retraite de huit jours, je suis allée chez mon directeur spirituel et je l'ai prié de me désigner certaines mortifications pour le temps de la retraite. Il ne m'en a permis que quelques unes seulement, et non toutes celles que je désirais. J'ai reçu la permission de faire une heure de méditation sur la Passion de Jésus et de m'imposer certaines humiliations. J'étais un peu mécontente de ne pas avoir reçu la permission pour tout ce que je lui avais demandé. Quand nous sommes rentrées à la maison, j'ai passé un moment à la chapelle et j'entendis dans mon âme une voix « Une heure de méditation sur Ma douloureuse Passion a un plus grand mérite, que toute une année de flagellation jusqu'au sang. La considération de Mes Plaies douloureuses est d'un grand profit pour toi et Me procure une grande joie. Je suis étonné que tu n'aies pas encore renoncé complètement à ta propre volonté, mais Je me réjouis, car ce changement surviendra pendant la retraite. »
369. Le même jour, alors que j'étais à l'église, pour me confesser, j'ai aperçu ces mêmes rayons sortant de l'ostensoir. Ils se répandaient dans toute l'église. Cela dura pendant tout l'office. Après la bénédiction, ils se répandirent des deux côtés, puis revinrent à l'ostensoir. Leur aspect était clair et transparent comme du cristal. J'ai prié Jésus qu'il daigne allumer le feu de son amour dans toutes les âmes froides. Sous ces rayons, leur cœur se réchaufferait, même s'il était froid comme de la glace, et il serait réduit en poussière, même s'il était dur comme le roc.

370. J.M.J. Wilno, 4,11.1935

Retraite de huit jours.

Jésus, Roi de Miséricorde, voici revenu le moment où je reste en tête avec Vous, c'est pourquoi je Vous supplie par tout l'amour dont brûle Votre divin Cœur, détruisez en moi, tout amour propre et, par contre, enflammez mon cœur du feu de Votre très pur amour.

371. Le soir, la conférence finie, j'ai entendu ces mots : « Je suis avec toi. Pendant cette retraite, je t'affermirai dans la paix et le courage, pour que les forces ne te manquent pas dans l'accomplissement de Mes desseins. C'est pourquoi tu vas absolument renoncer à ta propre volonté pendant cette retraite et ainsi toute Ma volonté s'accomplira en toi. Sache que cela va te coûter beaucoup, c'est pourquoi écris sur une carte blanche ces mots : « A partir d'aujourd'hui ma volonté propre n'existe plus. » Et raye la carte.
De l'autre côté, écrit ces mots : « A partir d'aujourd'hui j'accomplis la volonté de Dieu, partout, toujours, en tout. » Ne t'effraie de rien. L'amour t'en donnera la force et en facilitera l'accomplissement. »

372. Méditation fondamentale sur le but c'est-à-dire sur les choix de l'Amour. L'âme doit aimer, elle a besoin d'aimer. L'âme doit déverser son amour, non pas dans la boue, ni dans le vide, mais en Dieu. Comme je me réjouis quand je réfléchis là-dessus, car je sens réellement que Lui seul est dans mon cœur. Jésus, Seul, Unique. J'aime les créatures en tant qu'elles m'aident à m'unir à Dieu. J'aime tous les hommes parce que je vois en eux l'image divine.

373. J.M.J. Wilno, 4.11.1935

A partir d'aujourd'hui ma volonté propre n'existe plus

Au moment où je m'agenouillais pour rayer ma volonté propre, comme le Seigneur m'a dit de le faire, j'ai entendu dans mon âme cette voix : « A partir d'aujourd'hui, n'aie pas peur des jugements de Dieu, car tu ne seras pas jugée. »

J.M.J. Wilno, 4.11 1935

A partir d'aujourd'hui j'accomplis la volonté de Dieu, partout, toujours, en tout.

J.M.J. Wilno, 8.11.1935

Le travail intérieur, personnel, ou examen de conscience. Du renoncement de soi et de sa volonté propre.
I Le renoncement de la raison : c'est-à-dire soumettre ma raison à celle de ceux qui remplacent Dieu sur terre auprès de moi.

II Le renoncement de la volonté : c'est-à-dire, accomplir la volonté de Dieu qui se manifeste à moi dans la volonté de ceux qui tiennent la place de Dieu auprès de moi, ainsi que dans le règlement de notre ordre religieux.

III Le renoncement du jugement : c'est-à-dire accepter immédiatement, sans réfléchir, sans analyser, ni raisonner chaque ordre, qui m'est donné par ceux qui tiennent la place de Dieu auprès de moi.

IV Le renoncement de ma langue. Je ne lui donnerai aucune liberté. En un seul cas, elle sera totalement libre : pour la proclamation de la gloire de Dieu. A chaque fois que je communie, je prie Jésus qu'il daigne fortifier et purifier ma langue, pour que je ne blesse pas mon prochain. C'est pour cela que j'ai le plus grand respect pour la règle qui parle du silence.

375. Mon Jésus, j'ai confiance que Votre grâce m'aidera à tenir ces résolutions. Bien que ces articles soient contenus dans le vœu d'obéissance, je veux pourtant m'y exercer d'une manière particulière, car c'est l'essence de la vie religieuse. Miséricordieux Jésus, je Vous en prie ardemment, éclairez mon esprit pour que je puisse mieux Vous connaître, Vous qui êtes l'Être infini, et pour que je puisse mieux me connaître, moi qui suis le néant même.

376. De la Sainte confession. Nous devrions tirer deux profits de la Sainte Confession. Nous allons nous confesser :
1. Pour la guérison.

2. Pour l'éducation. Notre âme a besoin, comme un petit enfant, d'une éducation continuelle. O mon Jésus, je comprends ces mots à fond et je sais, par expérience, que lâme n'arrivera pas loin par ses propres forces. Elle peinera beaucoup rt ne fera rien pour la gloire de Dieu. Elle va s'égarer constamment, car mon esprit est obscur et ne sait pas discerner en ce qui le concerne. Je vais appliquer mon attention spécialement sur deux points :
1. Choisir en me confessant, ce qui m'humilie le plus, serais-ce une chose minime, pourvu que cela me coûte beaucoup et voilà pourquoi je le dirai.

2. Je vais m'exercer à la contrition, non seulement pendant la confession, mais à chaque examen de conscience. Je vais éveiller en moi la contrition parfaite, surtout au moment d'aller me coucher.

Encore un mot : l'âme, qui désire sincèrement avancer dans la perfection, doit s'en tenir strictement aux conseils que lui donne son conseiller spirituel. Autant de sainteté que de dépendance.

377. Un jour où je causais avec mon directeur, j'aperçus intérieurement, et dans un éclair, son âme en proie à une grande souffrance, à un supplice tel que rares sont les âmes que Dieu touche d'un pareil feu. Cette œuvre en était la cause. Un jour viendra où cette œuvre tant recommandée par Dieu paraissant presque réduite à néant, resurgira soudain sous l'action de Dieu avec une grande force qui témoignera de sa vérité. Et bien qu'elle existât depuis longtemps déjà, elle donnera une nouvelle splendeur à l'Eglise. Personne ne peut nier que Dieu est infiniment miséricordieux. Il désire que tout le monde le sache, avant qu'il ne revienne comme Juge. Il veut que les âmes Le connaissent d'abord comme Roi de Miséricorde. Quand viendra ce triomphe, nous serons déjà dans cette vie nouvelle où il n'y a plus de souffrance. Mais, avant cela, « votre âme sera abreuvée d'amertume devant l'anéantissement de vos efforts. » Cependant cet anéantissement ne sera qu'apparent, car Dieu ne change pas ce qu'Il a une fois décidé. Mais bien que l'anéantissement ne soit qu'apparent, pourtant la souffrance sera bien réelle.
Quand cela arrivera-t-il ? Je ne le sais pas. Combien de temps cela durera-t-il ? Je l'ignore. Mais Dieu m'a promis une grande grâce particulière ainsi qu'à tout ceux qui proclameront la grandeur de Sa Miséricorde. Il les défendra à l'heure de la mort. Lorsqu'un pécheur se tourne vers Sa Miséricorde, même si ses péchés étaient noirs comme la nuit, il Lui rend la plus grande gloire et fait honneur à Sa Passion. Lorsqu'une âme glorifie Sa bonté, alors le démon tremble à cette vue et s'enfuit au fond de l'enfer.
Au cours d'une adoration, Jésus m'a promis : « J'agirai, à l'heure de leur mort, selon Mon infinie Miséricorde, envers les âmes qui auront recours à Ma Miséricorde, et envers celle qui la glorifieront et en parleront aux autres. »
« Mon Cœur souffre, dit Jésus, à cause des âmes choisies, qui ne comprennent pas elles-mêmes l'immensité de Ma Miséricorde. Leur relation envers Moi, d'une certaine manière, comporte de la méfiance. Oh ! Comme cela blesse Mon Cœur ! Souvenez-vous de Ma Passion et si vous ne croyez pas à Mes paroles, croyez au moins à mes plaies. »

379. Je ne ferai aucune démarche, aucun geste, selon ma propre inclination, car je suis liée par la grâce. Je suis constamment attentive à ce qui est le plus agréable à Jésus.

380. Pendant§ une méditation sur l'obéissance, j'ai entendu ces paroles : « Le prêtre parle, ici, exceptionnellement pour toi, sache que J'emprunte sa bouche. » Je m'efforçais d'écouter avec la plus grande attention, et j'appliquais tout à mon cœur comme pour chaque méditation. Lorsque le prêtre a dit que l'âme obéissante se remplit de la force de Dieu - « Oui quand tu es obéissante, Je t'enlève ta faiblesse et en échange Je te donne Ma force. Cela m'étonne que les âmes ne veuillent pas faire cet échange avec Moi. » J'ai dit : « Jésus, éclairez mon âme, sinon, moi non plus, je ne comprendrai pas bien ces paroles. »

381. « Je sais que je ne vis pas pour moi, mais pour un grand nombre d'âmes. Je sais que les grâces, qui me sont accordées, ne sont pas seulement pour moi, mais aussi pour les autres. O Jésus, l'immensité de Votre Miséricorde se déverse en mon âme qui est le gouffre même de la misère. Je Vous remercie Jésus, pour les grâces et les parcelles de la Croix que Vous me donnez à chaque instant de ma vie. »

382. Au commencement de la retraite, j'ai aperçu Jésus cloué à la Croix, sur le plafond de la chapelle. Il regardait les Sœurs avec un grand amour, mais pas toutes. Il y a trois Sœurs sur lesquelles Jésus jetait un regard sévère, je ne sais pour quelle raison. Je sais seulement qu'il est terrible de rencontrer un tel regard qui est celui d'un Juge sévère. Ce regard ne me concernait pas et cependant je fus saisie de crainte et de frayeur. J'en frémis encore tout en écrivant ces mots. Je n'ai pas osé en dire le moindre mot à Jésus. Mes forces s'en allaient et je craignis ne plus pouvoir rester jusqu'à la fin de la conférence.
Le lendemain, j'ai vu de nouveau la même chose que la première fois. Et j'ai osé dire : « Jésus, comme Votre Miséricorde est grande. »
Le troisième jour, le regard bienveillant sur toutes les Sœurs, excepté ces trois, se reproduisit encore. Alors je pris mon courage à deux mains, et mue par l'amour du prochain je dis au Seigneur : « Vous qui êtes la Miséricorde même, comme Vous me l'avez affirmé, je Vous supplie, par la puissance de Votre Miséricorde, posez aussi Votre regard bienveillant sur ces trois Sœurs. Si cela ne s'accorde pas avec Votre Sagesse, je Vous en prie, faisons un échange : que le regard bienveillant que Vous portez sur mon âme soit pour elles, et que le regard sévère que Vous portez sur leur âme, soit pour moi. » Alors Jésus me dit : « Ma fille, pour ton amour sincère et magnanime, Je leur accorde beaucoup de grâces, bien qu'elles ne Me prient pas. Mais c'est à cause de la promesse que Je t'ai faite. » Et, au même instant Il embrassa aussi du regard ces trois Sœurs. Une grande joie me fit battre le cœur, à la vue de la Bonté divine.

383. Je suis restée en adoration de 9 heures à 10 heures, ainsi que quatre autres Sœurs. M'approchant de l'autel, j'ai commencé à méditer la Passion de Jésus. Au même instant une terrible douleur inonda mon âme à cause de l'ingratitude d'un si grand nombre d'âmes qui vivent dans le monde. Et plus encore à cause de celle des âmes spécialement choisies par Dieu. On ne peut s'en faire une idée ni tenter de comparaison. A la vue de cette ingratitude des plus noires, je sentis comme si mon cœur se déchirait. Mes forces physiques m'abandonnaient complètement. Je me suis prosternée et sans me cacher, je pleurais tout haut. Chaque fois que je pensais à la grande Miséricorde de Dieu et à l'ingratitude des âmes, la douleur transperçait mon cœur. J'ai compris aussi combien le Doux Cœur de Jésus en est douloureusement blessé. J'ai renouvelé d'un cœur ardent mon acte d'offrande pour les pécheurs.

384. Avec joie et envie j'ai pressé mes lèvres à l'amertume du calice que je prend chaque jour pendant la Sainte Messe.. Je ne la donnerai à personne, la goutte que Jésus me réserve à chaque moment. Je vais consoler le très doux Cœur Eucharistique de Jésus. Je jouerai de belles mélodies sur les cordes de mon cœur, la souffrance est la plus douce musique. Je vais assidûment rechercher ce qui peut aujourd'hui réjouir Son Cœur.
Les jours de la vie ne sont pas monotones. Quand les nuages noirs me cacheront le soleil, je fendrai les nuées comme un aigle et je signalerai à tos que le soleil ne s'éteint pas.

385. Je sens que Dieu me permettra de soulever le voile pour que la terre ne doute pas de Sa bonté. Dieu n'est sujet ni à éclipse, ni à changement, Il est pour tous les siècles Un et Le Même. Rien ne peut s'opposer à Sa volonté. Je sens en moi une force plus grande que la force humaine : un courage et une force issus de la grâce qui demeure en moi. Je comprends les âmes qui souffrent du manque d'espoir, j'ai moi-même expérimenté ce feu. Mais Dieu, n'impose rien au delà de nos forces. J'ai longtemps vécu dans l'espérance contre toute espérance et j'ai ainsi fait naître l'espérance jusqu'à la confiance totale en Dieu. Qu'il m'arrive ce qu'Il a décidé depuis tous les siècles.

Le principe général.

386. Il serait bien laid pour une religieuse de chercher du soulagement dans la souffrance.

387. Voici ce qu'on fait la grâce et la méditation, d'un très grand criminel. Celui qui meurt a beaucoup d'amour. « Souvenez-Vous de moi lorsque Vous serez dans Votre Royaume. » La vraie contrition change l'âme immédiatement. Il faut diriger la vie spirituelle sérieusement et sincèrement.

388. L'amour doit être réciproque. Si Jésus a bu pour moi toute l'amertume, moi, Son épouse, j'accepterai toutes les amertumes pour Lui prouver mon amour.

389. Celui qui sait pardonner se prépare de nombreuses grâces divines. Je pardonnerai sincèrement chaque fois que je regarderai le crucifix

390. L'union avec les âmes nous a été donnée au Sacrement du Saint-Baptème. La mort resserre l'amour. Je devrai toujours être une aide pour les autres. Si je suis une bonne religieuse, je serai utile non seulement à notre Ordre, mais aussi à ma Patrie.

391. Dieu donne Ses grâces de deux façons : par l'inspiration et par l'illumination. Si nous prions pour obtenir la grâce, Dieu nous la donnera. Il suffit de l'accepter, mais pour cela, i !l faut de l »abnégation. L'amour ne réside ni dans les mots, ni dans les sentiments, mais dans les actes. C'est un acte de volonté, c'est un don, c'est-à-dire une donation.

Raison, volonté, cœur : nous devons exercer ces trois facultés dans la prière. Je ressusciterai en Jésus, mais d'abord je dois vivre en Lui. Si je ne me sépare pas de la croix, alors l'Evangile fera son chemin en moi. Jésus efface en moi toutes mes imperfections. Sa grâce agit sans cesse. La Sainte Trinité m'accorde Sa vie en plénitude par le don de l'Esprit Saint. Les Trois Personnes Divines demeurent en moi. Lorsque Dieu aime, Il le fait de tout Son Etre, de toute la puissance de Son Etre. Si Dieu m'a tant aimée, que dois-je faire, moi, Son épouse ?

392. Pendant une des conférences, Jésus me dit : « Dans la petite grappe élue, tu est une douce baie, Je désire que la sève, qui circule en toi, se communique aux autres âmes. »

393. Pendant le renouvellement des vœux, j'aperçus Jésus du côté de l'Epître, dans un vêtement blanc, ceint d'une ceinture dorée, Il tenait à la main un terrible glaive. Cela dura jusqu'au moment où les Sœurs commencèrent à renouveler leurs vœux
Soudain je vis une clarté insoutenable, et en avant de cette clarté, un plateau de nuage blanc en forme de balance. Jésus s'approcha et mis le glaive sur un plateau de la balance, qui tomba sous son poids, vers la terre, et faillit la toucher complètement. A ce moment les Sœurs finissaient le renouvellement de leurs vœux. Et je vis des Anges prendre à chaque Sœur quelque chose qu'ils mettaient dans un vase d'or, qui avait la forme d'un encensoir. Lorsqu'ils eurent fait le tour de toutes les Sœurs, ils déposèrent sur le second plateau de la balance le vase dont le poids l'emporta tout de suite sur celui du plateau avec le glaive. Alors une flamme jaillit de l'encensoir et monta jusqu'à la clarté. Et soudain j'entendis une voix venant de cette clarté : « Remettez le glaive à sa place, il a moins de poids que le sacrifice. » A ce moment Jésus nous accorda Sa bénédiction, et tout ce que j'avais vu, disparut.
Les Sœurs avaient déjà commencé à communier. Quand j'ai reçu la Sainte Communion, la joie inonda mon âme, une joie si grande que je ne pourrais la décrire.

394. Départ pour quelques jours à la maison paternelle chez ma mère qui se mourait.. J'ai appris que ma mère est très gravement malade, q'elle est mourante, et qu'elle me prie de venir, car elle veut me voir avant de mourir. Alors ce réveillèrent tous les sentiments de mon cœur. Comme une enfant aimant sincèrement sa mère, je désirais exaucer son désir . Mais j'ai laissé à Dieu la liberté d'agir et je me suis livrée complètement à Sa volonté. Sans faire attention à la douleur de mon cœur, je suivais la volonté divine.

Le jour de ma fête, le 15 février au matin, la Mère Supérieure me remit une seconde lettre de ma famille et m'accorda la permission de retourner à la maison pour exaucer le désir et les prières de ma mère mourante. Tout de suite, j'ai fait les préparatifs nécessaires et le soir j'ai quitté Wilno. J'ai offert toute cette nuit pour ma mère gravement malade, afin que Dieu lui accorde la grâce de ne rien perdre des mérites de ses souffrances.

395. Mes compagnes de voyage étaient bien gentilles; plusieurs dames de la Congrégation mariale se trouvaient dans le même compartiment ; j'ai senti que l'une d'elle souffrait beaucoup et qu'un combat acharné se livrait dans son âme. J'ai prié pour cette âme. A onze heures, ces dames passèrent dans un autre compartiment pour causer et en attendant nous sommes restées toutes les deux seules, dans le wagon. Je sentis que ma prière augmentait encore le combat de cette âme. Je ne la consolais pas, aussi je priais encore plus ardemment. Enfin cette personne s'adressant à moi me pria de lui dire si elle devait accomplir une certaine promesse faite à Dieu. A ce moment, j'ai eu intérieurement connaissance de cette promesse et lui ai répondu : « Vous êtes obligée, Madame, d'accomplir cette promesse, car autrement, vous serez malheureuse toute votre vie. Cette pensée ne vous laissera pas en paix. » Etonnée de cette réponse, elle le dévoila toute son âme.
C'était une maîtresse d'école qui, lorsqu'elle devait passer un examen, promit à Dieu de se consacrer à Son service, c'est-à-dire entrer au couvent si elle était reçue à cet examen. Elle réussit très bien l'examen. Mais, dit-elle, « Je suis entrée dans le tourbillon du monde et je ne veux plus entrer au couvent. Cependant ma conscience ne me laisse pas en paix et malgré les distractions, je suis toujours mécontente. »
Après une assez longue conversation cette personne changea du tout au tout et me dit qu'elle allait tout de suite faire des démarches pour se faire religieuse. Elle me demanda de prier pour elle. Je sentais que Dieu ne lui épargnait pas ses grâces.

396. Le matin, j'arrivais à Varsovie et le soir à 8 heures, j'étais à la maison. Il est difficile de décrire quelle joie ce fut pour mes parents et pour toute la famille.
Ma mère se trouvait un peu mieux, cependant le médecin ne laissait aucun espoir quant à la guérison complète. Après nous être salués, nous sommes tous tombés à genoux pour remercier Dieu de la grâce de pouvoir nous rencontrer tous encore une fois dans cette vie.

397. En voyant prier mon père, j'étais bien honteuse, après tant d'années passées au couvent, de ne pas savoir prier avec autant de sincérité et de ferveur. Je ne cesse de rendre grâces à Dieu pour de tels parents.

398. Oh ! Comme tout avait changé en dix ans ! Impossible de rien reconnaître. Le jardin était si petit maintenant que je ne pouvais le reconnaître. Mes frères et sœurs que j'avais quittés encore enfants, étaient maintenant tous adultes... Je m'étonnais de ne pas les retrouver tels que lors de notre séparation.

399. Stasio m'accompagnait chaque jour à l'église. Je sentais que cette âme était très agréable à Dieu. Le dernier jour, quand il n'y avais plus personne à l'église, je suis allée devant le Saint Sacrement, et nous avons récité ensemble le Te Deum. Après un moment de silence j'ai offert cette âme au Très Doux Cœur de Jésus. Comme il m'était bon de prier dans cette petite église ! Je me suis souvenue de touts les grâces que j'y avais reçues, grâces que je ne comprenais pas alors et dont j'avais si souvent abusé, et je m'étonnais moi-même d'avoir pu être aussi aveugle. Je regrettais vivement mon aveuglement et, soudain j'ai vu Jésus, éclatant d'une beauté indicible. Il me dit gracieusement : « Mon élue, Je t'accorderai de plus grâces encore, pour que tu sois pendant toute l'éternité témoin de Mon Infinie Miséricorde. »

400. Ces jours à la maison passaient pour moi en grande compagnie, car chacun voulait me voir et causer un peu. Souvent je comptais jusqu'à vingt-cinq personnes. Elles écoutaient avec curiosité mes récits de la vie des saints. Je m'imaginais que notre maison était vraiment la maison de Dieu, car jusqu'au soir on ne parlait que de Lui. Lorsque, fatiguée par ces récits et soupirant après la solitude et le silence, je m'échappais le soir au jardin afin de pouvoir parler avec Dieu en tête-à-tête, cela non plus ne me réussissait pas. Mes frères et sœurs venaient tout de suite et me reconduisaient à la maison où, de nouveau, il me fallait parler avec tant d'yeux fixés sur moi !

Mais je parvins à trouver un peu de répit, et je priais mes frères, qui avaient de très belles voix, de chanter. De plus, l'un d'entre eux jouait du violon, le second de la mandoline.. Ce qui me permettait de prier spirituellement sans fuir leur société.

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 08:09

318.
9.8.1934. L'adoration nocturne du jeudi. J'ai fait mon heure d'adoration de onze heures à minuit. J'ai offert cette adoration pour la conversion des pécheurs endurcis, et particulièrement pour ceux qui ont perdu confiance en la miséricorde divine. J'ai considéré combien

J'ai demandé au ciel entier d'offrir avec moi réparation au Seigneur pour l'ingratitude de certaines âmes. Jésus m'a fait connaître combien l'oraison d'expiation Lui est agréable. Il m'a dit : « La prière d'une âme humble et aimante désarme la colère de Mon Père et libère des torrents de bénédictions. »

319. L'adoration finie, à mi-chemin de ma cellule, un grand nombre de grands chiens noirs m'environnèrent ; sautant et hurlant, ils voulaient me lacérer. J'ai compris que ce n'était pas des chiens mes des démons. L'un d'eux parla avec colère : « C'est parce que, cette nuit, tu nous as enlevé tant d'âmes que nous te mettrons en pièce. » Je lui ai répondu : « Si telle est la volonté du dieu de Miséricorde, faites-le à juste titre. Je l'ai mérité, car je suis la plus misérable des pécheresses, et Dieu est toujours Saint, Juste et infiniment Miséricordieux. » A ces mots, tous les démons répondirent ensemble :Fuyons , car elle n'est pas seule, le Tout-Puissant est avec elle. » - Et ils disparurent comme la poussière et le bruit de la route. Et tout en achevant un Te Deum, j'allai tranquillement jusqu'à ma cellule en considérant l'infinie et insondable Miséricorde de Dieu.

320.

12.8.1934. Un malaise soudain, une souffrance mortelle. Ce n'était pas la mort en tant que passage à la vraie vie, mais un avant-goût de ses souffrances. La mort est terrible bien qu'elle nous donne la vie éternelle. Brusquement, je me sentis mal : la respiration me manqua, ma vue s'obscurcit, je sentis le dépérissement de mes membres. Cette suffocation est effrayante. Un seul moment d'une telle suffocation paraît extrêmement long.... S'y ajoute une singulière peur malgré la confiance.
Je désirais recevoir les Derniers Sacrements. Mais la Sainte Confession me causa bien des difficultés, malgré mon désir de me confesser. On ne sait ce que l'on dit on commence une chose et on finit par une autre. Oh ! que

321. O Ordre religieux, ma mère, comme il est doux de vivre en toi, mais plus doux encore d'y mourir !

322. Après avoir reçu les Derniers Sacrements j'éprouvai une complète amélioration. Je suis restée seule pendant une demi-heure, puis l'attaque revint, mais déjà moins forte grâce aux soins médicaux. J'unissais mes souffrances aux souffrances de Jésus et je les offrais pour moi et pour la conversion des âmes qui ne croient pas à la bonté divine. Soudain ma cellule se remplit d'êtres noirs pleins de colère et de haine contre moi. L'un d'eux dit : « Soi maudite comme Celui qui est en toi, car tu nous tourmentes déjà en enfer. » J'ai dit : « Et le Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous. Et ces êtres disparurent bruyamment sur le champ.

323. Le lendemain, je me sentais très faible, mais je ne souffrais plus. Après la Sainte Communion, j'aperçu Jésus sous le même aspect qu'Il avait lors d'une adoration. Le regard du Seigneur transperça mon âme : pas un grain de poussière n'échappait à Son attention. Et j'ai dit à Jésus : « Jésus, je pensais que Vous me prendriez. »

Et Jésus me répondit : « Ma volonté ne s'est pas encore totalement accomplie en toi, tu restera encore sur terre, mais pas longtemps .Ta confiance Me plait beaucoup, mais il faut que ton amour soit plus ardent!.
Le pur amour donne à l'âme de la force, même au moment de l'agonie. Quand J'agonisais sur la Crois, Je ne pensais pas à Moi, mais aux pauvres pécheurs et Je priais Mon Père pour eux. Je veux que tes derniers instants aussi soient semblables aux Miens sur la croix. Il n'y a qu'un prix, par lequel on rachète les âmes : c'est la souffrance, unie à Ma souffrance sur la Croix. L'amour pur comprend ces paroles, mais l'amour charnel ne les comprendra jamais. »

324. L'année 1934. Le jour de l'Assomption de Notre-Dame, je n'assistai pas à la Sainte Messe. La Doctoresse me l'avait défendu; je priais avec ferveur dans ma cellule. Bientôt, j'aperçus la Sainte Vierge, d'une beauté indicible. Elle me dit : « Ma fille, j'exige de toi des prières, des prières, des prières et encore des prières pour le monde, et en particulier pour ta Patrie. Pendant neuf jours, unis-toi étroitement au Sacrifice de la Messe, et reçois la Sainte Communion en expiation. Pendant ces neuf jours tu te tiendras devant Dieu, comme une offrande, partout, toujours, en tout endroit et à tout moment, nuit et jour. A chaque réveil, prie en esprit. En esprit on peut toujours rester en prière. »

325. Un jour, Jésus me dit : « Mon regard sur cette image est le même que celui que J'avais sur la Croix. »

326. Une fois, mon confesseur me demanda comment devait être placée l'inscription sur cette image, car il n'y avait pas assez de place pour tout y mettre. J'ai répondu que je prierai et qu je répondrai la semaine suivante. En quittant le confessionnal, je passai près du Saint Sacrement et je reçus la connaissance intérieure sur la façon de placer cette inscription. Jésus me rappela, comme Il me l'avait dit la première fois, que ces mots « Jésus, j'ai confiance en vous » devait être mis en évidence. J'ai compris que Jésus désire que toute la formule : « Je présente aux hommes un moyen, avec lequel ils doivent venir puiser la grâce à la source de la Miséricorde. Ce moyen, c'est cette image, avec l'inscription : « Jésus, j'ai confiance en Vous! » soit placée, mais Il n'en donne pas un ordre aussi formel que pour cette invocation.

327. O Amour le plus pur, régnez dans toute votre plénitude dans mon cœur et aidez-moi à remplir très fidèlement votre sainte volonté.

328. A la fin de la retraite de trois jours, je me vis marchant sur un chemin inégal, trébuchant à chaque pas. Et je voyais qu'une personne me suivait et me soutenait continuellement. Mais j'en fus mécontente et la priai de s'éloigner de moi, car je voulais aller seule. Or, cette personne que je ne pouvais reconnaître, ne m'abandonnait pas un seul instant. Cela m'impatienta. Me retournant, je l'ai repoussée. A cet instant, je reconnu la Mère Supérieure. Et au même moment, je vis que ce n'était pas la Mère Supérieure, mais Jésus qui me regarda profondément et me fit comprendre combien cela Lui faisait mal, lorsque dans les plus petites choses, je n'accomplissais pas la volonté de la Supérieure, « qui est Ma volonté » dit Il. J'ai demandé pardon au Seigneur et je pris cet avertissement profondément à cœur.

329. Une fois mon confesseur me demanda de prier à son intention. J'ai donc commencé une neuvaine à la Mère de Dieu qui consistait en la récitation de neuf Salve Regina.
Vers la fin de cette neuvaine, je vis la Mère de Dieu avec l'enfant Jésus dans ses bras et je vis aussi mon confesseur qui était agenouillé à ses pieds et lui parlait. . . Je ne comprenais pas de quoi il parlait avec la Sainte Vierge, car je conversais avec l'Enfant Jésus qui était descendu des bras de sa Mère et s'était rapproché de moi. Je ne revenais pas de mon étonnement à la vue de Sa beauté. J'entendis quelques-unes des paroles que la Mère de Dieu adressait au prêtre, mais pas toutes. Ces paroles sont les suivantes : « Je suis non seulement la Reine du Ciel, mais aussi la Mère de Miséricorde et ta Mère. » Puis, Elle tendit sa main droite dans laquelle Elle tenait son manteau et en couvrit ce prêtre. A ce moment la vision disparut.

330. Oh ! qu'elle est grande la grâce d'avoir un directeur spirituel ! On progresse plus vite dans la vertu, on connaît plus clairement la volonté divine et on l'accomplit plus fidèlement, on marche dans une voie sûre et sans danger. Le directeur permet d'éviter les rochers sur lesquels l'âme pourrait se briser. Dieu m'a donné cette grâce, tard, il est vrai, mais je m'en réjouis beaucoup quand je vois comment Dieu s'incline devant les désirs de mon directeur.

Je mentionnerai un fait entre mille. Comme d'habitude, le soir , j'avais prié Jésus de me donner des points pour la méditation du lendemain. J'ai reçu cette réponse. : « Médite sur le prophète Jonas et sa mission. »
J'ai remercié le Seigneur, mais j'ai commencé à penser que cette méditation était différente des autres. Cependant je tâchai de toutes les forces de mon âme de méditer et je me suis reconnue dans ce prophète en ce sens, que moi aussi, je donne souvent un refus à Dieu, pensant que quelqu'un d'autre remplirait mieux Sa Sainte Volonté - ne comprenant pas que Dieu peut tout, que Sa Toute Puissance se manifestera d'autant mieux que l'outil sera inexistant. Dieu m'éclaira ainsi.
Dans l'après-midi eut lieu la confession de la Communauté. Quand j'ai exposé à mon directeur spirituel quelle peur me prend devant cette mission pour laquelle Dieu se sert de moi comme instrument, un instrument inapte, mon Père spirituel répondit que, bon gré mal gré, nous devions accomplir la Volonté divine et il m'a donné l'exemple du Prophète Jonas. Après la confession, je me demandais comment le confesseur savait que Dieu m'avait fait méditer sur Jonas ; je ne lui avait pas parlé de cela. Soudain j'entendis ces paroles : « Quand le prêtre Me remplace, ce n'est pas lui qui agit, mais Moi par lui. Ses souhaits sont les miens.» Je vois comment Jésus défend ses remplaçants. Il se place Lui-même dans leur action.

331. Jeudi. Lorsque j'ai commencé l'Heure Sainte, je voulais me plonger dans l'agonie de Jésus au Jardin des Oliviers. Soudain, j'entendis intérieurement une voix dans mon âme : « Médite le mystère de l'Incarnation : » et tout d'un coup, devant moi apparut l'Enfant Jésus, rayonnant de beauté. Il me dit combien la simplicité d'âme Lui plaisait : « Bien que Ma grandeur soit inconcevable, Je demeure seulement avec les petits. J'exige de toi l'esprit d'enfance. »

332. Maintenant je vois clairement comment Dieu agit par le confesseur et combien Il est fidèle à Ses promesses. Il y a deux semaines mon confesseur m'a invitée à réfléchir sur cette enfance spirituelle. Cela me fut assez difficile au début. Mais mon confesseur me fit continuer ces réflexions, sans faire attention à mes difficultés. Dans la pratique, cet esprit d'enfance doit se manifester ainsi : l'enfant ne s'occupe ni du passé, ni de l'avenir. Il profite du moment présent. « Je veux accentuer cet esprit d'enfance en vous, ma Sœur et j'insiste beaucoup là-dessus ». Je vois ainsi combien Dieu confirme les désirs de mon confesseur, puisqu'au même moment, Il ne m'apparaît pas comme un Maître dans la plénitude de Ses forces et dans Son humanité adulte, mais bien plutôt comme un petit Enfant. Le Dieu inaccessible s'abaisse ainsi jusqu'à moi sous l'aspect d'un petit Enfant Cependant le regard de mon âme ne s'arrête pas à cette apparence.

333. Bien que Vous assumiez la taille d'un petit enfant, je vois en Vous le Seigneur des Seigneurs, Immortel et Infini, que les purs esprits louent nuit et jour, pour Lequel les choeurs des Séraphins flambent du feu du plus pur amour. O Christ, Ô Jésus, je souhaiterais les surpasser dans mon amour pour Vous. Je vous demande pardon, Ô Esprits célestes, pour oser me comparer à vous, moi cet abîme, ce gouffre de misère. Mais vous, Ô, Dieu, qui êtes un abîme insondable de miséricorde, absorbez-moi, comme l'ardeur du soleil absorbe une goutte de rosée. Votre regard rempli d'amour comble tout abîme. La grandeur de Dieu fait mon bonheur. Il me suffira pleinement pour être heureuse pendant toute l'éternité, de contempler la grandeur de Dieu.

334. Un jour en voyant Jésus sous l'apparence d'un petit Enfant, je Lui ai demandé : « Jésus, pourquoi Vous manifestez-Vous ainsi à moi sous l'apparence d'un petit Enfant ? Malgré tout, je vois en Vous le Dieu infini, mon Créateur et mon Seigneur. » Jésus me répondit que tant que je n'aurais pas appris la simplicité et l'humilité, Il se manifesterait à moi sous la forme d'un petit enfant.

335. 1934. Pendant la Sainte Messe, quand Jésus était exposé dans le Saint Sacrement, avant la Sainte Communion, j'aperçus deux rayons sortant de la Très Sainte Hostie, les mêmes que ceux qui sont peints sur cette image, l'un rouge, le second pâle. Et ils se reflétaient sur chacune des Sœurs et des élèves, mais pas de la même manière. Sur quelques unes ils se dessinaient à peine. C'était le jour où finissait la retraite des enfants.

336. 22.11.1934. Une autre fois, Mon Père spirituel m'ordonna de bien réfléchir sur moi-même et de bien m'examiner pour voir si je n'avais pas d'attachements pour quelque chose ou quelque créature, ou bien pour moi-même, et s'il n'y avait pas en moi de bavardages inutiles : « car tout cela empêche Jésus d'agir librement dans votre âme. Dieu est jaloux de nos cœurs et il veut que nous n'aimions que Lui. » Lorsque j'ai commencé à réfléchir ainsi profondément sur moi-même, je n'ai remarqué aucun attachement pour quoi que ce soit. Cependant, comme en tout ce qui me concerne, j'avais peur et je me défiais de moi-même.

337. Fatiguée par cet examen minutieux, je suis allée devant le Saint Sacrement et de toute la force de mon âme, j'ai prié Jésus.
« Jésus mon Epoux, Trésor de mon cœur, Vous savez que je ne connais que Vous et que je n'ai pas d'autre amour que Vous. Mais si je devais m'attacher à quoi que ce soit qui ne serais pas Vous, je Vous prie et Vous supplie, Jésus, par la force de Votre miséricorde, faites descendre immédiatement la mort sur moi, car j'aime mieux mourir mille fois que commettre la moindre infidélité envers Vous, fût-elle minime. »

338. A ce moment Jésus se tint soudain devant moi, venant je ne sais d'où, rayonnant d'une beauté indescriptible, dans un vêtement blanc, les Mains levées. Il me dit ces paroles : « Ma fille, ton coeur est Mon repos, il est Mon plaisir, Je trouve en lui tout ce qu'un si grand nombre d'âmes Me refusent. Dis le à celui qui Me remplace. » Et à l'instant je ne vis plus rien. Un océan de consolations inonda mon âme.

339. Jésus, je comprends maintenant que rien ne peux faire obstacle à mon amour pour Vous : ni la souffrance, ni les contrariétés, ni le feu, ni le glaive, ni la mort elle-même. Je me sens plus forte que tout. Rien ne peut égaler l'amour. Je vois que les choses les plus minimes accomplies par une âme qui aime sincèrement Dieu, prennent une valeur inouïe aux yeux de Ses Saints.

340. 5.11.1934. Un matin après avoir ouvert la porte pour laisser passer nos gens, qui distribuent le pain, je passai un instant à la petite chapelle, pour rendre visite à Jésus et renouveler l'intention du jour. « Voilà Jésus, je vous offre aujourd'hui toutes mes souffrances, mes mortifications, mes prières à l'intention du Saint-Père, pour qu'il approuve cette fête de la Miséricorde. Mais, Jésus, j'ai encore un mot à vous dire. Cela m'étonne beaucoup que Vous me fassiez parler de cette fête de la Miséricorde, on me dit qu'elle est déjà approuvée, pourquoi dois-je en parler ? »
Jésus me répondit : « Qui en sait quelque chose ? Personne! Et même ceux qui ont à la publier et à enseigner les gens en leur parlant de cette Miséricorde, souvent, ne le savent pas eux-mêmes. C'est pourquoi, Je désire que cette image soit solennellement bénie, le premier dimanche après Pâques, et qu'elle reçoive les honneurs publics, afin que chaque âme en soit informée. Fais une neuvaine à l'intention de Saint-Père. Celle-ci doit se composer de 33 actes, c'est-à-dire que tu répéteras 33 fois cette petite prière à la Miséricorde que Je t'ai apprise. »

341. La souffrance est le plus grand trésor sur cette terre, elle purifie l'âme. C'est dans la souffrance que nous reconnaissons qui est notre véritable ami.

342. L'amour authentique se mesure avec le thermomètre des souffrances. Jésus, je Vous remercie pour les petites croix quotidiennes, pour les contrariétés dans mes desseins, pour les peines de la vie commune, pour la mauvaise interprétation de mes intentions, pour les humiliations infligées par autrui, pour la manière revêche de nous traiter, pour les faux soupçons, pour ma faible santé, pour l'épuisement de mes forces, pour le sacrifice de ma propre volonté, pour l'anéantissement de moi-même, pour la désapprobation en tout, pour le dérangement de tous mes plans.

Je Vous remercie, Jésus, pour les souffrances intérieures, pour les sécheresses de l'esprit, pour les frayeurs, pour les peurs et les incertitudes, pour les ténèbres et la profonde nuit intérieure, pour les tentations et les diverses épreuves, pour les tourments qu'il m'est difficile d'exprimer, surtout pour ceux que personne ne peut comprendre, pour l'heure de la mort, pour son dur combat, pour toute son amertume.

Je Vous remercie, Jésus, Vous qui avez d'abord bu ce calice d'amertume avant de me le tendre. Voila que j'ai appliqué mes lèvres à ce calice de Votre sainte volonté. Qu'il soit fait selon Votre bon plaisir, et qu'il advienne de moi selon ce que Votre Sagesse a prévu de toute éternité. Je désire vider ce calice jusqu'à la dernière goutte. Dans l'amertume je trouve ma joie, dans ma désespérance, ma confiance. En Vous, Seigneur, tout est bon, tout est donné par Votre Cœur paternel. Je ne préfère pas les consolations aux amertumes, ni les amertumes aux consolations, mais merci pour tout, Jésus ! C'est mon délice de fixer mes regards sur Vous, Dieu infini. Mon esprit séjourne dans ces mystérieuses réalités, et là je sens que je suis chez moi. Je connais bien la demeure de mon Epoux. Je sens qu'il n'y a pas en moi une seule goutte de sang, qui ne se consumerait d'amour pour Vous. O Beauté incroyable, celui qui a fait votre connaissance ne peux rien aimer d'autre. Je sens que mon âme est un gouffre sans fond et que rien ne le comblera, sinon Dieu seul. Je sens que je me perd en Lui, comme un grain de sable dans un océan sans bornes.

343.

20.XII.1934. Un soir en entrant dans ma cellule, je vis Jésus exposé dans l'ostensoir. Il m'a semblé que c'était en plein air. Aux pieds de Jésus, je voyais mon confesseur et derrière lui un grand nombre de hauts dignitaires de l'Eglise, dont je n'avais jamais vu les ornements sacerdotaux, sauf en vision. Derrière eux, des membres du clergé, plus loin encore je vis de grandes foules, que je ne pouvais embrasser d'un coup d'œil. Je voyais les deux rayons sortant de l'Hostie, les mêmes qui sont sur l'image. Ils étaient étroitement unis, mais ne se confondaient pas. Ils passèrent par les mains de mon confesseur, puis par les mains de ce clergé et, de leurs mains, à la foule, puis revinrent à l'Hostie...et à ce moment je me suis vue dans ma cellule comme j'y étais entrée.

344.

22.XII.1934. Pendant un certain temps je fus obligée d'aller me confesser durant la semaine. Je suis arrivée quand mon confesseur célébrait la Sainte Messe. Pendant la troisième partie de la Sainte Messe, j'aperçus l'Enfant Jésus un peu plus petit que de coutume. Il avait une écharpe de couleur violette alors que d'habitude Il en porte une blanche.

345.

24.XII.1934. Vigile de Noël.
Pendant la Sainte Messe du matin je sentis la proximité de Dieu et mon esprit, sans le vouloir, s'abîma en Lui. Soudain j'entendis ces mots : « Tu m'est une demeure agréable, Mon Esprit repose en toi. » Puis j'ai senti le regard du Seigneur sondant la profondeur de mon cœur. A la vue de ma misère, je m'humiliai en esprit admirant l'immense miséricorde divine, qui permet que le Très-Haut s'approche d'une telle misère.

Pendant la Sainte Communion, la joie inonda mon âme, je me sentais étroitement unie à la Divinité. Sa Toute Puissance absorba tout mon être. Pendant la journée, je sentis d'une manière singulière la proximité de Dieu. Bien que mes devoirs ne me permissent pas d'aller à la chapelle un seul instant de toute la journée, il n'y eut pas un moment où je ne fusse unie à Dieu.

Je Le sentais en moi, d'une manière plus sensible qu'autrefois. Je saluais sans cesse la Mère de Dieu pénétrant son esprit. Je la priai de m'apprendre le véritable amour de Dieu. Tout-à-coup j'ai entendu ces mots : « Cette nuit, pendant la Sainte Messe, Je partagerai avec toi le mystère de mon bonheur. »

Le dîner eut lieu avant six heures. Malgré la joie et le bruit extérieur qui accompagne toujours la cérémonie pendant laquelle on partage le pain azyme et l'on échange des vœux, je ne perdis pas un seul instant le sentiment de la présence divine. Après le souper nous nous sommes hâtées de finir notre travail, et à neuf heures je pus aller à la chapelle pour l'adoration.

J'ai reçu la permission de ne pas aller dormir, mais d'attendre la Messe de minuit. Je me réjouissais d'avoir du temps libre de neuf heures à minuit. De neuf heures à dix heures, j'ai offert mon adoration à l'intention de mes parents et de toute ma famille, de dix heures à onze heures à l'intention à l'intention de mon directeur spirituel. J'ai d'abord remercié Dieu de m'avoir donné, comme il me l'avait promis, cette grande aide visible sur terre. Je l'ai aussi prié de lui donner la lumière nécessaire pour connaître mon âme et me guider d'après le bon plaisir de Dieu. De onze heures à minuit j'ai prié pour la Sainte Eglise et pour le clergé, pour les pécheurs, pour les missions et pour nos maisons. J'offrais les indulgences pour les âmes du Purgatoire.

346. Minuit, 25.XII.1934. La Messe de Minuit.

Dès le commencement de la Sainte Messe, j'ai éprouvé un grand recueillement intérieur, la joie inonda mon âme. Pendant l'Offertoire, j'ai vu Jésus sur l'autel, d'une beauté incomparable. Cet Enfant ne cessait de regarder tout le monde, tendant Ses petites mains. Pendant l'Elévation, l'Enfant ne regardait plus la chapelle, mais vers le ciel. Après l'Elévation, Il nous regarda de nouveau, mais cela dura peu car, comme d'habitude, Il fut rompu par le prêtre et mangé. Mais Il avait déjà une écharpe blanche. Le lendemain je vis la même chose, et le surlendemain aussi. Il m'est difficile d'exprimer ma joie. Cette vision se répéta pendant les trois Saintes Messes, comme à la première.

1934. Le premier jeudi après Noël. J'avais complètement oublié que c'était aujourd'hui jeudi, je n'ai pas fait mon adoration et je suis allée avec les Sœurs tout de suite au dortoir à neuf heures.

Par extraordinaire je ne pouvais pas m'endormir. Il me semblait que j'avais encore quelque chose à faire. Mentalement je repassais mes devoirs en revue, mais je ne pus rien me rappeler. Cela dura jusqu'à dix heures. Je vis alors la Face de Jésus supplicié. Et soudain Jésus me dit : « Je t'attendais pour partager Mes souffrances, car qui les comprendra mieux que Mon épouse ? » J'ai demandé pardon à Jésus pour ma froideur, et, 348. honteuse, n'osant pas le regarder mais le cœur contrit, je L'ai prié de daigner me donner une épine de Sa couronne. Jésus me répondit qu'il m'accorderait cette grâce, mais le lendemain, et la vision disparut sur le champ.
Le matin suivant, à la méditation, je sentis comme une douloureuse épine dans ma tête, du côté gauche. Cette douleur dura toute la journée et je ne cessais de me demander comment Jésus avait pu supporter la douleur de toutes les épines qui formaient Sa couronne. J'ai uni mes souffrances à celles de Jésus et je les ai offertes pour les pécheurs.

A quatre heures, quand je suis venue pour l'adoration, je vis une de nos élèves, qui offensais Dieu terriblement par des péchés d'impureté. Je voyais aussi la personne avec qui l'élève péchait. La peur s'empara de mon âme et je priais Dieu, par les douleurs de Jésus, de daigner l'arracher à cette affreuse misère.

349. Jésus me répondit qu'Il lui accorderait cette grâce, non pour elle, mais à cause de ma prière. Alors j'ai compris combien noudevions prier pour les pécheurs et particulièrement pour nos élèves.

Notre vie est vraiment apostolique. Je veux imaginer une religieuse qui virait dans nos maisons, c'est-à-dire dans notre communauté, et qui ne serait pas animée de l'esprit apostolique. La ferveur pour le salut des âmes devrait brûler dans nos cœurs.

 

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 08:08

301. O Amour éternel, je désire que toutes les âmes, que Vous avez créées, vous connaissent. Je désirerais devenir prêtre, je parlerais sans cesse de Votre Miséricorde aux âmes pécheresses plongées dans le désespoir. Je désirerais être missionnaire et porter la lumière de la foi dans les pays sauvages, pour Vous faire connaître des âmes et m'immoler entièrement pour elles, mourir martyre comme Vous êtes mort pour moi et pour elles. O Jésus, je sais parfaitement que, en m'anéantissant totalement et en me renonçant complètement à moi-même, pour l'amour de Vous, Jésus, et pour celui des âmes immortelles, je peux être prêtre, missionnaire, prédicateur, et mourir martyre.

302. Un grand amour peut transformer les petites choses en grandes. Ce n'est que l'amour qui donne de la valeur à nos actions. Plus notre amour deviendra pur, plus le feu de la souffrance se consumera en nous, et plus la souffrance cessera d'être pour nous une souffrance : elle deviendra un délice ! Par la grâce de Dieu, j'ai maintenant reçu cette disposition du cœur qui fait que jamais je ne suis aussi heureuse que lorsque je souffre pour Jésus, que j'aime par chaque battement de mon cœur.

Un jour, éprouvant une grande souffrance, j'ai abandonné mon emploi pour aller chez Jésus et Le prier de me donner Sa force. Après une très courte prière, je suis revenue à mon travail, pleine d'ardeur et de joie.

Une des Sœurs me dit : " Vous devez avoir aujourd'hui beaucoup de consolations, ma Sœur, car vous êtes si radieuse. Dieu ne vous envoie sûrement aucune souffrance, mais seulement des consolations. " - " Vous vous trompez bien, ma Sœur, répondis-je, car c'est justement quand je souffre beaucoup, que ma joie est la plus grande, et quand je souffre moins, ma joie est moindre aussi. " Cependant cette âme me laissa entendre qu'elle ne me comprenait pas.

J'ai taché de lui expliquer que, quand nous souffrons beaucoup nous avons une merveilleuse occasion de témoigner notre amour à Dieu. Tandis que quand nous souffrons peu, nous n'avons qu'une petite occasion de Lui témoigner notre amour. Et quand nous ne souffrons pas du tout, alors . . . c'est que notre amour n'est ni grand, ni pur. Nous pouvons, par la grâce de Dieu parvenir à ce que la souffrance se change en nous en délice, car l'amour est capable d'accomplir de telles choses dans les âmes pures.

303. O mon Jésus, mon seul espoir, je Vous remercie pour ce livre que Vous avez ouvert aux yeux de mon âme. Ce livre, c'est Votre Passion que Vous avez endurée par amour pour moi. C'est là que j'ai appris comment aimer Dieu et les âmes. Ce récit renferme, pour nous des trésors inépuisables. O Jésus, peu d'âmes Vous comprennent dans Votre martyre d'amour. Oh ! qu'il est grand le feu du plus pur amour qui brûle dans Votre Sacré Cœur ! Heureuse l'âme qui a compris l'amour du Cœur de Jésus !

304. C'est mon plus grand désir que les âmes sachent que Vous êtes leur bonheur éternel, qu'elles croient en Votre bonté et glorifient Votre infinie miséricorde.

305. J'ai prié Dieu de m'accorder la grâce d'être résistante et forte contre les influences qui veulent parfois me détourner de l'esprit de la règle et des menues observances, car ce sont des petits vers rongeurs, qui peuvent détruire la vie intérieure. Et ils la détruiront si l'âme est consciente de ces fautes légères et les méprise parce que ce sont de petites choses. Pour moi, je ne vois rien de petit dans la vie religieuse. Peu importe si parfois je m'expose à des ennuis, et à des allusions malicieuses, pourvu que mon esprit soit en harmonie avec l'esprit des règles, de vœux et des statuts religieux.

O Jésus, délice de mon cœur, Vous connaissez mes désirs, je voudrais me cacher aux regards humains pour que vivante, je sois comme si je ne vivais pas. Je veux vivre pure, comme une fleur des champs. Je veux que mon amour soit toujours une fleur des champs. Je veux que mon amour soit toujours tourné vers Vous, comme une fleur qui se tourne toujours vers le soleil. Je désire que le parfum et la fraîcheur de la fleur de mon cœur Vous soient toujours exclusivement réservés. Je veux vivre sous Votre divin regard, car Vous seul me suffisez. Je n'ai peur de rien, quand je suis avec Vous, Ô Jésus, car rien ne peux me nuire.

306. 1934. Une fois, pendant le carême, je vis au dessus de notre chapelle une grande clarté et une profonde obscurité. J'ai vu le combat de ces deux puissances. . .

307. 1934. Jeudi Saint, Jésus me dit : " Je désire que tu fasses une offrande de toi-même pour les pécheurs et en particulier pour les âmes qui ont perdu confiance en la Miséricorde divine. "

308. Dieu et l'âme - Acte d'offrande

En présence du ciel et de la terre, en présence de tous les chœurs angéliques, en présence de la Très Sainte Vierge Marie, en présence de toutes les Puissances célestes, je déclare au Dieu Unique en la Sainte Trinité, qu'aujourd'hui, en union avec Jésus Christ, Sauveur des âmes, je m'offre volontairement pour la conversion des pécheurs et en particulier, pour ceux qui ont perdu espoir en la Miséricorde divine.

Cette offrande consiste à accepter avec une entière soumission à la volonté divine toutes les souffrances, les peurs, les frayeurs dont les pécheurs sont remplis. En revanche, je leur donne toutes mes consolations, qui découlent de mon intimité avec Dieu. En un mot, j'offre tout pour eux : les Saintes Messes, les Saintes communions, les pénitences, les mortifications, les prières. Je n'ai pas peur des coups - des coups de la justice divine, car je suis unie à Jésus.

O mon Dieu, je désire de cette manière, faire réparation pour les âmes qui ne croient pas à Votre bonté. J'ai confiance contre tout espoir en l'immensité de votre Miséricorde. Mon Seigneur et mon Dieu, ma part - ma part pour l'éternité, je fais cet acte d'offrande en comptant non pas sur mes forces, mais sur la puissance qui découle des mérites de Jésus-Christ.

Je vais répéter chaque jour cet acte d'offrande, en récitant la prière suivante que Vous-Même , Jésus, m'avez apprise : " O Sang et Eau, qui avez jailli du Cœur de Jésus comme Source de Miséricorde pour nous, j'ai confiance en vous ! "

Sœur Marie Faustine du Très Saint Sacrement

Jeudi Saint pendant la Sainte Messe, 29.3.1934.

309. " Je te donne part à la Rédemption du genre humain. Tu es Mon soulagement au moment de Mon agonie. "

310. Quand j'ai reçu de mon confesseur la permission de faire cet acte d'offrande, j'ai vite compris qu'il était agréable à Dieu, car j'ai commencé tout de suite à en expérimenter les effets. En un instant mon âme devint comme un rocher : sèche, pleine de tourments et d'inquiétudes. Toutes sortes de blasphèmes et de malédictions se pressèrent à mes oreilles. La méfiance et le désespoir s'installèrent dans mon cœur. Voilà l'état des pauvres que j'ai pris sur moi .. Au premier moment j'ai eu peur de ces horreurs. Mais à la première confession j'ai été tranquillisée.

311. Un jour que j'étais sortie pour me confesser, mon confesseur était justement en train de célébrer la Sainte Messe. J'aperçu l' Enfant Jésus sur l'autel. Il tendait tendrement et joyeusement Ses petites mains vers lui. Alors, ce prêtre prit ce bel Enfant, Le cassa et Le mangea tout vivant. Au premier instant, je pris ce prêtre en aversion pour avoir agi de la sorte envers Jésus. Mais je fus aussitôt éclairée et je compris que ce prêtre était très agréable à Dieu.

312. Une fois j'étais chez le peintre, chargé de peindre cette image. Comme j'ai été peinée en voyant qu'elle n'est pas aussi belle que l'est Jésus. Mais j'ai caché ma déception profondément dans mon cœur. En sortant de chez le peintre, la Mère Supérieure resta en ville, pour diverses affaires, et moi je suis revenue seule à la maison. Je suis allée aussitôt à la chapelle où j'ai beaucoup pleuré. J'ai dit au Seigneur " Qui Vous peindra aussi beau que Vous l'êtes ? " Soudain j'ai entendu ces paroles : " Ce n'est ni dans la beauté des couleurs, ni dans celle du coup de pinceau, que réside la grandeur de cette image, mais dans ma grâce. "

313. Un après midi, je me rendis au jardin, mon Ange gardien me dit : " Prie pour les agonisants. " Alors j'ai tout de suite commencé à réciter le rosaire avec les jardinières. Après le rosaire nous avons récité diverses petites prières pour les agonisants. Les prières terminées, les élèves commencèrent à causer gaiement.

Malgré le bruit qu'elles faisaient, j'entendis en mon âme ces mots " Prie pour moi ! " Mais je ne pouvais pas bien comprendre ces mots. Je me suis éloignée de quelques pas de mes élèves, en me demandant qui pouvait bien me demander des prières. Soudain j'entendis ces mots : " Je suis Sœur . . . " Cette Sœur était à Varsovie, et moi à Wilno maintenant. " Prie pour moi jusqu'à ce que je te dise de cesser. Je suis en agonie ! " Sur le champs, je recommençai à prier ardemment pour elle et sans relâche, je priai ainsi de trois heures à cinq heures.

A cinq heures j'entendis le mot : " Merci " - J'ai compris qu'elle avait expiré. Cependant le lendemain à la Sainte Messe j'ai prié pour son âme avec ferveur. Dans l'après midi est arrivée une carte postale annonçant que Sœur . . . était morte à telle heure. C'était l'heure où elle me disait " Prie pour moi. "

314. " Mère de Dieu, votre âme était plongée dans une mer d'amertume, regardez votre enfant et enseignez-lui à souffrir et à aimer en souffrant. Fortifiez mon âme pour que la douleur ne la brise pas. Mère de grâce, apprenez-moi à vivre de Dieu. "

Un jour, Notre-Dame m'a rendu visite. Elle était triste et tenait les yeux baissés. Elle me fit comprendre qu' Elle avait quelque chose à me dire et, d'un autre côté, il me semblait qu'elle ne voulait pas me le dire. Lorsque je l'ai compris, j'ai commencé à la prier de me parler et de me regarder.

315. Un moment après, Marie me regarda avec un affectueux sourire et me dit : " Tu vas éprouver certaines souffrances du fait de la maladie et des médecins. Beaucoup de souffrances te viendront aussi à cause de cette image, mais ne crains rien. "

Le lendemain, je tombai malade, et je souffris beaucoup, ainsi que me l'avais dit la Mère de Dieu. Mais mon âme était prête à endurer des souffrances. La souffrance est la fidèle compagne de ma vie.

316. O mon Dieu, mon unique espoir, j'ai mis toute ma confiance en Vous et je sais que je ne serai pas déçue.

317. Je sens maintenant, après la Sainte Communion, d'une manière singulière et sensible, la présence de Dieu. Je sais que Dieu est dans mon cœur. Et cela ne me dérange pas dans l'accomplissement de mes devoirs.

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 07:56
Abbé Sopocko



247. Jésus, ami du cœur solitaire, Vous êtes mon port, Vous êtes ma paix, Vous êtes mon seul secours. Vous êtes le calme dans mes combats et dans mes doutes. Vous êtes le lumineux rayon qui éclaire la route de ma vie. Vous êtes tout pour l'âme solitaire. Vous comprenez l'âme, même quand elle se tait. Vous connaissez nos faiblesses comme un bon médecin. Vous consolez et soignez, ménageant les souffrances, parce que Vous nous connaissez bien.

248. Les paroles que Monseigneur l' Evêque, prononça pendant la cérémonie des vœux perpétuels : « Acceptez ce cierge en signe de la lumière céleste et de l'amour enflammé. » Donnant l'anneau : « Je vous unis à Jésus-Christ, le Fils du Père, du Très Haut, qu'Il vous garde sans tache ! Recevez cet anneau en signe de l'éternelle alliance que vous contractez avec le Christ, Epoux des Vierges. Qu'Il soit pour vous l' Anneau de la foi, le signe de l' Esprit- Saint , pour que vous vous appeliez épouse du Christ, et que vous soyez couronnée pour l'éternité, si vous Le servez fidèlement ! »

249. Ô Jésus, j'ai confiance en Vous, j'ai confiance en Votre inépuisable Miséricorde, Vous êtes ma Maman !

250. Cette année 1933 est particulièrement solennelle pour moi, car en cette année du Jubilé de la Passion du Seigneur, j'ai prononcé mes vœux perpétuels. J'ai déposé mon offrande, tout particulièrement avec l' Offrande de Jésus Crucifié, pour être par là-même plus agréable à Dieu. Je réalise toutes mes actions avec Jésus, par Jésus, en Jésus.

251. Après les vœux perpétuels, je restai encore tout le mois de mai à Cracovie. Je devais aller soit à Rabka, soit à Wilno. Un jour la Mère Générale me demanda : « Eh bien ! ma Sœur, Vous restez tranquille et Vous ne Vous disposez à partir nulle part » ? Je répondis : « Je veux la volonté de Dieu à l'état pur. Où Vous m'ordonnerez d'aller, petite Mère, là je saurai que c'est la pure volonté de Dieu, sans aucune addition de ma part. » « Très bien ! » me répondit-elle.
Le lendemain, la Mère Générale m'appela et me dit : « Vous vouliez, ma Sœur, avoir la volonté de Dieu à l'état pur. Eh bien, vous partirez pour Wilno. » J'ai remercié et j'attendis le jour de mon départ. Cependant une certaine joie mêlée de peur remplit mon âme. Je sentais que Dieu me préparait là bas de grandes grâces, mais aussi de grandes souffrances. Mais je suis restée à Cracovie jusqu'au 27 mai. Je n'avais pas d'emploi stable, j'allais seulement aider au jardin et, comme je travaillais seule, j'ai pu, pendant tout un mois, faire les exercices de Saint Ignace, bien qu'assistant à la récréation commune. J'ai obtenu pendant ce temps beaucoup de lumières divines.

252 .Quatre jours ont passé depuis mes vœux perpétuels. Je tâchais de faire l' Heure Sainte. C'était le premier jeudi du mois. Dès que je suis rentrée dans la chapelle, je fus envahie jusqu'au plus profond de moi-même par la présence de Dieu. Je sentais nettement que le Seigneur était près de moi. Après un moment je vis le Seigneur, tout couvert de plaies. Il me dit : « Vois, Celui que tu as épousé. » J'ai compris la signification de ces mots, et je répondis à Jésus : « Je vous aime plus, en vous voyant ainsi blessé et anéanti, que si je Vous voyais dans Votre Majesté. » Jésus demanda « Pourquoi ? » Je répondis : « Une grande Majesté me fait peur, à moi, le petit néant que je suis tandis que Vos Plaies m'attirent vers Votre Cœur et me parlent de Votre grand amour pour moi. »
Un silence régna après cette conversation. Je fixais mes yeux sur Ses Saintes Plaies, et je me sentais heureuse de souffrir avec Lui. Souffrant ainsi, je ne souffrais pas, car je me sentais heureuse en reconnaissant la profondeur de Son amour, et cette heure passa comme une minute.

253. Ne jamais juger personne, avoir un regard indulgent pour les autres et, pour soi-même, un regard sévère. Tout rapporter à Dieu et, me montrer à mes propres yeux, telle que je suis, c'est-à-dire la plus grande misère et le néant. Garder la patience et la tranquillité dans les souffrances, sachant que tout passe avec le temps.

254. Il ne faut pas parler des moments que j'ai vécus pendant les vœux perpétuels.
Je suis en Lui, et Lui en moi. Au moment où Monseigneur l' Evêque mettait l'anneau à mon doigt, Dieu envahit tout mon être. Je ne sais l'exprimer, je passe donc ce moment sous silence. Mes rapports avec Dieu sont, depuis ces vœux perpétuels, si étroits que je n'en ai jamais connus de tels auparavant. Je sens que j'aime Dieu et que Lui m'aime. Mon âme ayant goûté Dieu, ne saurais plus vivre sans Lui. Une heure passée au pied de l'autel, dans la plus grande sécheresse de l'âme, m'est plus agréable que cent ans de délices mondains. J'aime mieux être au couvent un souffre-douleur insignifiant, que reine dans le monde.

255. Je vais cacher aux yeux des hommes ce que je pourrais faire de bien, pour que Dieu seul soit ma récompense. Comme la petite violette cachée dans l'herbe ne blesse pas le pied qui la foule, mais exhale son parfum, ainsi, m'oubliant moi-même, je tâcherai de faire plaisir à la personne qui m'a foulée aux pieds. C'est très dur pour la nature, mais la grâce de Dieu me vient en aide.

256. Merci, Jésus, pour cette grande grâce de m'avoir permis de mesurer tout l'abîme de ma misère. Je sais que je suis un gouffre de néant et, si Votre grâce ne me soutenait pas, je retournerais en un instant au néant. C'est donc par chaque battement de mon cœur que je Vous remercie, mon Dieu, pour Votre grande miséricorde envers moi.

257. Demain je dois partir pour Wilno. Je suis allée me confesser au Père Andrasz , ce prêtre qui est tellement habité par l'esprit de Dieu. Il a délié mes ailes pour me permettre de voler sur les hauteurs les plus élevées. Il m'a tranquillisée en toutes choses et m'ordonne de croire en la Providence. « Ayez confiance, avancez courageusement. » Une singulière puissance divine fut mon partage après cette confession.
Le Père a insisté pour que je sois fidèle à la grâce divine. Et il m'a dit : « Rien ne vous arrivera de mal si, à l'avenir, vous gardez la même simplicité et la même obéissance. Ayez confiance en Dieu, vous êtes dans la bonne voie et en bonnes mains : dans les Mains de Dieu. »

258. Le soir, je suis restée un peu plus longtemps à la chapelle. Je causais avec Jésus à propos de... Encouragée par sa bonté, j'ai dit : « Jésus, Vous m'avez donné ce Père qui m'a comprise dans mes inspirations ; et de nouveau, Vous me prenez. Que ferai-je à Wilno ? Je n'y connais personne, même le langage de là-bas m'est étranger. » Et le Seigneur m'a dit : « N'aie pas peur, je ne te laisserai pas seule. » Mon âme s'abîma alors dans la louange, pour toutes les grâces que Dieu m'a accordées par l'intermédiaire du Père Andrasz.
Tout à coup, je me suis rappelée cette vision, dans laquelle j'avais vu un prêtre entre le confessionnal et l'autel. J'ai confiance que je ferai un jour sa connaissance, et les mots que j'avais entendus alors résonnèrent vivement à mes oreilles : « Il t'aidera à faire Ma volonté sur terre. »

259. Aujourd'hui, le 27 mai 1933, je pars pour Wilno. Quand je suis sortie de la maison, j'ai regardé le jardin, la maison, et lorsque mon regard s'arrêta, les larmes jaillirent soudain de mes yeux. Je me suis souvenue de tous les bienfaits et grâces que le Seigneur m'avait accordés. Subitement, d'une manière inattendue, j'aperçus, près de la plate-bande, le Seigneur qui me dit : « Ne pleure pas, Je suis toujours avec toi ! » La présence de Dieu, qui m'enveloppa quand Jésus parlait, dura pendant tout le voyage.

260. J'avais la permission d'entrer dans le sanctuaire, en passant à Czestochowa. C'était la première fois que je voyais l'icône de la Mère de Dieu. A mon arrivée, à cinq heures, on dévoilait l'image. Je priai sans interruption jusqu'à onze heures, et il me semblait que je venais d'entrer. La Mère Supérieure de là-bas envoya une Sœur me chercher pour que j'aille déjeuner.
Elle s'affligeait de ce que j'allais manquer mon train. La Mère de Dieu m'a beaucoup parlé. Je lui ai renouvelé mes vœux perpétuels, je sentais que j'étais son enfant et qu'elle était ma Mère. Elle ne m'a rien refusé de ce que je lui ai demandé.

261. Je suis arrivée à Wilno. Le couvent est constitué de petites cabanes dispersées. Cela semble étrange en comparaison des grands bâtiments de Jozefow. Il n'y a que dix-huit Sœurs. La maison est petite, mais la vie commune est admirable. Toutes les Sœurs m'accueillirent très affectueusement. Ce fut pour moi un grand encouragement pour endurer les fatigues qui m'attendaient. Sœur Justyna a même nettoyé le plancher pour mon arrivée.

262. Quand je suis allée à la Bénédiction, Jésus m'éclaira sur la façon dont je devais me comporter avec certaines personnes.
Je me suis serrée de toutes mes forces contre le Très Doux Cœur de Jésus, lorsque je vis combien je serais exposée extérieurement à la dissipation puisque l'emploi que je vais avoir ici, au jardin, me forcera à avoir des relations avec des personnes laïques.

263. La semaine de la confession arriva et, à ma grande joie, j'aperçus ce prêtre que je connaissais déjà avant de venir à Wilno . Je le connaissais pour l'avoir vu en vision. J'entendis à ce moment ces paroles dans mon âme : « Voila Mon fidèle serviteur, il t'aidera à accomplir Ma Volonté sur terre. » Mais je ne me fis pas connaître à lui, comme le Seigneur le désirait. Pendant quelques temps, je résistai à la grâce. A chaque confession, la grâce divine me pénétrait singulièrement. Cependant je ne dévoilais pas mon âme à ce prêtre et me proposai de ne plus me confesser à lui. Dès que j'eus pris cette décision, mon âme fut en proie à une terrible inquiétude. Dieu me réprimandait bien fort.
Quand, enfin, j'ai dévoilé toute mon âme à ce prêtre, Jésus y versa une surabondance de grâces. Je comprends maintenant, ce qu'est la fidélité à une grâce particulière : elle attire toute une série d'autres grâces.

264. Ô mon Jésus, gardez-moi près de Vous, voyez comme je suis faible. Seule je ne puis faire un seul pas en avant ! Vous donc, Jésus, devez être constamment avec moi, comme une mère auprès d'un faible enfant, et plus encore.

265. Les jours de travail, de combat et de souffrances ont commencé. La vie religieuse va son train. On est toujours novice, on doit apprendre beaucoup de choses et les connaître. La règle est la même. Malgré cela chaque maison à ses habitudes, donc chaque changement est un tout petit noviciat.

266.

5.VIII.1933. La fête de Notre-Dame de la Miséricorde.
Aujourd'hui j'ai reçu une grande grâce, purement intérieure, pour laquelle je suis reconnaissante à Dieu dans cette vie et pour l'éternité...

267. Jésus m'a dit que je Lui serai le plus agréable lorsque je méditerai Sa Douloureuse Passion, et que cette méditation ferait descendre sur mon âme de nombreuses lumières. Que celui qui veut apprendre la véritable humilité considère la Passion de Jésus. J'ai une claire conception de beaucoup de choses que je ne pouvais comprendre d'abord. Je veux être semblable à Vous, Jésus, à Vous crucifié et humilié. Jésus, que Votre humilité se reflète dans mon âme et dans mon Cœur ! Je Vous aime, Jésus, à la folie, Vous, anéanti, tel que le prophète Vous montre, lorsqu'il dit ne plus pouvoir discerner en Vous l'être humain, si grandes étaient Vos douleurs. C'est dans cet état que je vous aime, Jésus, à la folie. Qu'a fait de vous l'amour, Dieu éternel et infini ?...

268.

11.X.1933. Jeudi je tâchais de faire l' Heure Sainte, mais j'ai eu beaucoup de peine à la commencer. Une certaine langueur commença à me pénétrer le cœur. Mon esprit s'assombrit tellement que je ne pouvais comprendre les plus simples formules de prière. Ainsi passa une heure d'oraison ou plutôt de combat.
Je résolus de prier une seconde heure, mais les souffrances intérieures grandissaient; grande sécheresse et découragement.
Je résolus de prier une troisième heure. Pendant cette troisième heure, que j'ai décidé de faire à genoux, sans aucun appui, mon corps commença à réclamer un peu de relâche... Mais je ne lui ai rien accordé. J'ai étendu les bras et, sans un mot, je persistai par un acte de volonté. Après un moment, j'ai ôté l'anneau de mon doigt et j'ai demandé à Jésus de regarder ce signe de notre éternelle union. J'ai offert à Jésus les sentiments que j'avais le jour des vœux perpétuels. Après un moment j'ai senti qu'une vague d'amour commençait à envahir mon cœur.
Puis l'esprit soudain recueilli, les sens silencieux, la présence de Dieu m'enveloppa. Je sais seulement que Jésus est là. Je Le vis à nouveau tel que je L'avais vu, immédiatement après mes vœux perpétuels, pendant l' Heure Sainte. Là aussi, Jésus se tint soudain devant moi, dépouillé de ses vêtements, le Corps couvert de plaies, les yeux noyés de sang et de larmes, le Visage défiguré et couvert de crachats. Alors le Seigneur me dit : « L'épouse doit être semblable à son époux. » J'ai compris ces paroles à fond. Il n'y a pas l'ombre d'un doute ici. Ma ressemblance avec Jésus doit passer par la souffrance et par l'humilité. « Vois ce qu'a fait de Moi Mon amour, Ma fille. Dans ton cœur Je trouve tout ce que Me refuse un grand nombre d'âmes. Ton cœur est un repos pour Moi, Je te réserve souvent de grandes grâces pour la fin de l'oraison. »
Une fois, ayant fini une neuvaine au Saint-Esprit à l'intention de mon confesseur, le Seigneur me répondit ainsi : « Je te l'ai dit bien avant que tes Supérieures ne t'envoient ici : J'agirai envers toi comme tu agiras envers ton confesseur. Si tu lui caches quelque chose, serait-ce même la plus petite grâce, Moi aussi, Je me cacherai de toi et tu resteras seule. » Je me conformai donc au désir de Dieu et une profonde paix régna dans mon âme. Je comprends maintenant comment Dieu défend les confesseurs et comment il prend leur parti.

270. Conseil de l' Abbé Sopocko
« Sans humilité, nous ne pouvons plaire à Dieu. Exercez-vous au troisième degré d'humilité. C'est-à-dire que, non seulement il ne faut pas s'expliquer ni se justifier quand on nous reproche quelque chose, mais se réjouir de l'humiliation. Si ces choses dont vous me parlez viennent vraiment de Dieu, alors préparez votre âme à de grandes souffrances. Vous rencontrerez la désapprobation, la persécution ; vous passerez pour une hystérique, une toquée, mais Dieu vous comblera de Ses grâces. Les véritables œuvres de Dieu rencontrent toujours des difficultés, et sont marquées du sceau de la souffrance. Si Dieu veut mener quelque chose à bonne fin, tôt ou tard, Il y arrivera malgré les difficultés. Et vous, en attendant, armez-vous d'une grande patience. »

271. Lorsque l'abbé Sopocko partit pour la Terre Sainte, le Père Dabrowski, S.J., confessa la Communauté. Pendant une des confessions, il me demanda si j'étais consciente de la grandeur de la vie de mon âme. J'ai répondu que j'en étais consciente et que je savais ce qui se passait en moi. A quoi le Père répondit : « Il ne vous est pas permis, ma Sœur, de détruire ni de changer quoi que ce soit dans votre âme, de vous-même. Le bonheur et la grâce d'une vie intérieure de grande élévation ne sont pas visibles dans chaque âme, comme ils le sont chez vous, ma Sœur. Faites attention de ne pas gaspiller de si grandes grâces divines, une grande... »-ici, Sœur Faustine a interrompu sa pensée.
272. Cependant, ce Père m'a d'abord exposée à beaucoup d'épreuves. Quand je lui avais dit que ce que le Seigneur exigeait de moi, il s'était moqué de moi et il m'avait dit de venir me confesser à huit heures du soir. Quand je suis venue à huit heures, un Frère fermait déjà l'église. Lorsque je lui ai dit qu'il fasse savoir au Père que j'étais là, ainsi qu'il me l'avait ordonné, le brave Frère y est allé.
Le Père me fit répondre que les Pères ne confessaient plus à cette heure là. Je suis rentrée à la maison, les mains vides et j'ai cessé de me confesser à lui. Mais j'ai fait une heure d'adoration et certaines mortifications pour lui obtenir la lumière de Dieu, afin qu'il connaisse les âmes. Lorsque l'abbé Sopocko, partit et qu'il le remplaça, je fus forcée de me confesser à lui. Et bien qu'auparavant il n'ait pas voulu me croire, maintenant, il m'engageait à une grande fidélité envers ces inspirations intérieures. Dieu permet parfois cela ; qu'Il soit loué en tout ! Il faut cependant une grande grâce pour ne pas chanceler.

273. Retraite annuelle 10.1.1934.
Mon Jésus, de nouveau approche le moment où je resterai en tête-à-tête avec Vous. Jésus, de tout mon cœur je Vous prie de me faire connaître ce qui ne Vous plait pas en moi. Et, en même temps, faites-moi connaître ce que je dois faire pour Vous être plus agréable. Ne me refusez pas cette grâce et restez avec moi. Je sais que sans Vous, mes efforts ne conduiraient pas à grand-chose. Oh ! Comme je me réjouis de Votre grandeur, Seigneur. Plus je Vous connais et plus je Vous désire ardemment et soupire après Vous.

274. Jésus m'a accordé la grâce de me connaître moi-même. Dans cette lumière divine j'ai vu mon défaut dominant : c'est l'orgueil qui a pris la forme du repliement sur moi-même, et du manque de simplicité envers la Mère Supérieure.
La seconde lumière concerne la parole : Il m'arrive de trop parler. Je passe trop de temps à régler des affaires pour lesquelles deux ou trois mots suffiraient. Et Jésus voudrait que je passe ce temps à réciter de petites prières pour les âmes souffrantes du Purgatoire. Et le Seigneur dit que chaque mot sera pesé au jour du jugement.
La troisième lumière concerne notre règlement. J'évite trop peu les occasions qui mènent à l'enfreindre, surtout la règle du silence. Désormais, j'agirai comme si la règle n'était écrite que pour moi. La façon dont les autres agissent ne me regarde pas, pourvu que moi j'agisse comme Dieu le désire.
Résolution. Quand il s'agit de choses extérieures, j'irai immédiatement dire aux Supérieures tout ce que Jésus exige de moi. Et dans mes relations avec la Supérieure, je tâcherai d'être franche et sincère comme un enfant.

275. Jésus aime les âmes cachées. La fleur cachée renferme le plus de parfum. M'efforcer de créer à l'intérieur de mon âme un endroit retiré pour le Cœur de Jésus. Dans les moments pénibles et douloureux, je fredonnerai pour Vous Ô mon Créateur, un hymne de confiance. Car le gouffre de ma confiance envers Vous, envers Votre Miséricorde, est sans bornes.

276. Depuis que je me suis mise à aimer la souffrance, elle a cessé d'être souffrance. C'est la nourriture quotidienne de mon âme.

277. Je n'irai pas parler avec telle personne, car je sais que cela déplait à Jésus, et elle n'en tire aucun profit.

278. Aux pieds du Seigneur. Jésus caché, Amour éternel, notre vie, Vous oubliant Vous-même, Vous ne voyez que nous. Avant de créer le ciel et la terre, Vous nous portiez déjà dans Votre Cœur. Ô Amour, ô profondeur de votre abaissement, ô mystère du bonheur, pourquoi si peu d'âmes Vous connaissent-elles ? Pourquoi ne trouvez-Vous pas de réciprocité ? Ô Divin Amour, pourquoi cachez-Vous Votre
beauté ? Ô Inconcevable et Infini, plus je Vous connais, moins je Vous comprends. Mais parce que je ne puis Vous comprendre, je conçois mieux Votre grandeur. Je n'envie pas leur feu aux Séraphins, car un don plus grand est déposé en mon coeur.
En extase, eux Vous admirent, mais Votre Sang s'unit au mien. L'Amour , c'est le ciel qui nous est déjà donné ici sur la terre. Oh ! pourquoi Vous cachez-Vous dans la foi ? L'Amour déchire le voile. Il n'y a pas de voile. Il n'y a pas de voile devant le regard de mon âme. Car Vous-même, Vous m'avez attirée au sein du mystérieux amour, pour l'éternité. Gloire et louange à Vous, ô Indivisible Trinité, Dieu unique pour tous les siècles !

Jésus m'a accordé la grâce de me connaître moi-même. Dans cette lumière divine j'ai vu mon défaut dominant : c'est l'orgueil qui a pris la forme du repliement sur moi-même, et du manque de simplicité envers la Mère Supérieure.

La seconde lumière concerne la parole. Il m'arrive de trop parler. Je passe trop de temps à régler des affaires pour lesquelles deux ou trois mots suffiraient. Et Jésus voudrait que je passe ce temps à réciter de petites prières pour les âmes souffrantes du purgatoire. Et le Seigneur dit que chaque mot sera pesé au jour du jugement.

La troisième lumière concerne notre règlement. J'évite trop peu les occasions qui mènent à l'enfreindre, surtout la règle du silence. Désormais, j'agirai comme si la règle n'était écrire que pour moi. La façon dont les autres agissent ne me regarde pas, pourvu que moi j'agisse comme Dieu le désire.

Résolution . Quand il s'agit de choses extérieures, j'irai immédiatement dire aux Supérieures tout ce que Jésus exige de moi. Et dans mes relations avec ka Supérieure, je tacherai d'être franche et sincère comme un enfant.

275. Jésus aime les âmes cachées. La fleur cachée renferme le plus de parfum. M'efforcer de créer à l'intérieur de mon âme un endroit retiré pour le cœur de Jésus. Dans les moments pénibles et douloureux, je fredonnerai pour Vous, ô mon Créateur, un hymne de confiance. Car le gouffre de ma confiance envers Vous, envers Votre Miséricorde, est sans borne.

276. Depuis que je me suis mise à aimer la souffrance, elle a cessé d'être souffrance. C'est la nourriture quotidienne de mon âme.

277. Je n'irai pas parler avec telle personne, car je sais que cela déplaît à Jésus, et elle n'en tire aucun profit.

278. Aux pieds du Seigneur. Jésus caché, Amour éternel, notre vie, Vous oubliant Vous-même, Vous ne voyez que nous. Avant de créer le ciel et la terre, Vous nous portiez déjà dans Votre Cœur. O Amour, ô profondeur de Votre abaissement, ô mystère du bonheur, pourquoi si peu d'âmes Vous connaissent-elles ? Pourquoi ne trouvez-Vous pas de réciprocité ? O Divin Amour, pourquoi cachez-Vous votre
beauté ? O Inconcevable et Infini, plus je Vous connais, moins je Vous comprends. Mais parce que je ne puis Vous comprendre, je conçois mieux Votre grandeur. Je n'envie pas leur feu aux Séraphins, car un don plus grand est déposé en mon cœur. En extase, eux Vous admirent, mais Votre Sang s'unit au mien. L'amour c'est le ciel qui nous est déjà donné ici sur la terre. Oh ! pourquoi Vous cachez-Vous dans la foi ? L' Amour déchire le voile. Il n'y a pas de voile devant le regard de mon âme. Car Vous-même m'avez attirée au sein du mystérieux amour pour l'éternité. Gloire et louange à Vous, ô indivisible Trinité, Dieu unique pour tous les siècles !

279. Dieu m'a fait comprendre en quoi consiste l'amour et Il m'a accordé la lumière pour que je sache comment je dois Lui témoigner en pratique.

Le véritable amour de Dieu consiste à accomplir la volonté divine. Pour manifester l'amour de Dieu dans nos actions, il faut que toutes, même les plus petites, découlent de notre amour pour Dieu. Et le Seigneur me dit : " Mon enfant, tu Me plais davantage par la souffrance. Dans les souffrances physiques, comme dans les souffrances morales. Ne cherche pas, Ma fille, de compassion auprès des créatures. Je veux que le parfum de tes souffrances soit pur et sans mélange. J'exige que tu te détaches, non seulement des créatures, mais aussi de toi-même. Ma fille, Je veux Me désaltérer à l'amour de ton cœur, un amour pur, virginal, immaculé et sans aucune éclipse. Plus tu aimeras la souffrance, Ma fille, plus pur sera ton amour envers Moi. "

280.

Jésus me donne l'ordre de célébrer la fête de la Miséricorde Divine, le premier dimanche après Pâques. Avec un grand recueillement intérieur, portant la ceinture pendant, en guise de mortification extérieure, je n'ai cessé de prier pour les pécheurs, et pour obtenir la miséricorde divine dans le monde entier. Alors Jésus me dit : " Mon regard repose aujourd'hui avec plaisir sur cette maison. "

281.

Je sens bien que ma mission ne finira pas à ma mort, mais qu'elle commencera alors. O vous, âmes qui doutez, j'écarterai pour vous le voile qui vous cache le Ciel, afin de vous convaincre de la bonté de Dieu, pour que votre incrédulité ne blesse plus le doux Cœur de Jésus. Dieu est Amour et Miséricorde.

282.

Une fois le Seigneur me dit : " Mon Cœur s'est ému d'une grande miséricorde envers toi, Mon enfant très chère, quand Je t'ai vu réduite en lambeaux à cause de la grande douleur que tu as endurée, en te repentant de tes péchés. Je vois ton amour si pur et si sincère que Je te donne la primauté entre les vierges. Tu es l'honneur et la gloire de Ma Passion. Je vois chaque abaissement de ton âme, et rien n'échappe à Mon attention. J'élève les humbles jusqu'à Mon trône, car Je le veux ainsi. "

283.

Dieu unique en la sainte Trinité


Je désire vous aimer plus que personne ne vous a jamais aimé. Et malgré ma misère et ma petitesse, j'ai ancré ma confiance à une grande profondeur dans le gouffre de Votre miséricorde, mon Dieu et mon Créateur ! Malgré ma grande misère, je n'ai peur de rien, mais je garde l'espoir de chanter éternellement mon chant de louange. Que nulle âme ne doute, même si elle est la plus misérable, et tant qu'elle est en vie, de pouvoir devenir une grande sainte. Car grande est la puissance de la grâce divine. C'est à nous de ne pas résister à l'action divine.

284.

O Jésus, si je pouvais devenir un brouillard devant Vous pour couvrir la terre, afin que Votre regard n'en voit pas les horribles crimes ! Jésus, lorsque je regarde le monde et son indifférence envers Vous, cela fait jaillir les larmes de mes yeux, mais quand je vois la froideur chez une âme religieuse, alors mon cœur saigne.

285.

1934. Un jour en arrivant dans ma cellule, j'étais si fatiguée que j'ai du me reposer un instant avant de me déshabiller. Lorsque je fus déshabillée, une des Sœurs vint me demander de lui apporter de l'eau chaude. Malgré ma fatigue, je m'habillai rapidement et lui apportai l'eau quelle désirait, bien qu'il y eu une bonne distance entre la cuisine, et qu'on eût de la boue jusqu'au chevilles.


En rentrant dans ma cellule, j'aperçus le ciboire avec le Saint sacrement et j'entendis : " Prends ce ciboire et transporte-le au Tabernacle. " J'hésitai un moment, mais lorsque je me suis approchée et que j'ai touché le ciboire, j'entendis ces mots : " Approche-toi de chacune des Sœurs, avec le même amour que tu as pour Moi, et tout ce que tu leur fais, fais-le pour Moi. " Après un instant je m'aperçus que j'étais seule.

286.

Un jour, après une adoration faite à l'intention de notre Patrie, une douleur m'enserra l'âme, et je me mis à prier ainsi : " Très Miséricordieux Jésus, je vous supplie de bénir ma Patrie. Je vous le demande par l'intercession de Vos Saints, et surtout de Votre Très Aimable Mère, qui Vous a élevé depuis Votre Enfance. Jésus, ne regardez pas nos péchés, mais les larmes des petits enfants, la faim et le froid dont ils souffrent. Jésus, à cause de ces êtres innocents, accordez-moi la grâce que je vous demande pour ma Patrie. " A ce moment, je vis Jésus, les yeux pleins de larmes, qui me dit : " Vois, Ma fille, comme j'ai pitié d'eux. Sache que ce sont eux qui maintiennent le monde. "

287.

Mon Jésus, lorsque j'observe la vie des âmes, je vois que beaucoup Vous servent avec défiance. Et à certains moments surtout, lorsqu'elles en ont l'occasion de montrer leur amour envers Dieu, comme elles quittent alors le champ de bataille ! Et Jésus me dit à ce moment ; " Veux-tu toi aussi, mon enfant, agir ainsi ? " - J'ai répondu : " Oh ! non, non Jésus, je ne déserterai pas le champ de bataille. Quand même une sueur mortelle inonderait mon front, ma main ne lâchera pas le glaive, jusqu'à ce que je repose aux pieds de la Sainte Trinité. " Quoi que je fasse, je ne compte pas sur mes forces, mais sur la grâce de Dieu. Avec la grâce de Dieu l'âme peut triompher des plus grandes difficultés.

288.

Une fois je parlai très longtemps avec Jésus de nos élèves ; encouragée par Sa bonté, j'ai demandé : " Avez-Vous parmi nos élèves parmi nos élèves des âmes qui pourraient être une consolation pour Votre Cœur ? " - Le Seigneur me répondit : " Il y en a mais leur amour est faible, c'est pourquoi Je les mets sous ta protection particulière, prie pour elles. "


O grand Dieu, j'admire Votre bonté. Vous ^tes le seigneur des armées célestes, et Vous Vous abaissez jusqu'à la plus misérable créature. Oh ! comme je désire Vous aimer ardemment par chaque battement de mon cœur. L'étendue de la terre ne me suffit pas, le ciel est trop petit, les espaces ne sont rien, Vous seul me suffisez, Dieu Eternel ! Vous seul pouvez remplir la profondeur de mon âme.

289.

Mes heures les plus heureuses sont celles où je reste en tête-à-tête avec mon Seigneur. Pendant ces moments je découvre la grandeur de Dieu et ma propre misère.


Une autre fois, Jésus me dit : " Ne t'étonne pas d'être plus d'une fois injustement soupçonnée. C'est Moi qui le premier ai bu ce calice des souffrances injustes, par amour pour toi. "

290.

Un jour que j'étais impressionnée par l'éternité et ses mystères, mon âme commença à se troubler. Comme je continuais ma méditation pendant un moment, diverses incertitudes commencèrent à me tourmenter. Soudain Jésus me dit : " Mon enfant, n'aie pas peur de la maison de ton Père. Laisse les vaines recherches aux sages de ce monde. Je veux te voir toujours petit enfant. Demande tout avec simplicité à ton confesseur, Je te répondrai par sa bouche. "

291.

Une fois, je fis la connaissance d'une personne qui avait l'intention de commettre un péché mortel. J'ai alors prié le Seigneur de m'envoyer les plus grands tourments pour que cette âme soit sauvée.


Tout à coup je sentis les cruelles douleurs de la couronne d'épine sur ma tête. Cela dura assez longtemps, mais cette personne conserva la grâce de Dieu.

O mon Jésus, comme il est facile de se sanctifier, il faut seulement un petit peu de bonne volonté. Et si Jésus découvre ce minimum de bonne volonté dans l'âme, Il se hâte de Se donner à elle. Et rien ne peut L'arrêter, ni les fautes, ni les chutes, absolument rien. Jésus est pressé d'aider cette âme et si l'âme est fidèle à cette grâce de Dieu, elle pourra en peu de temps, parvenir à la plus haute sainteté qu'une créature puisse atteindre ici bas. Dieu est très généreux et ne refuse Sa grâce à personne. Il donne même plus que nous ne demandons. La voie la plus courte, c'est la fidélité aux inspirations de l' Esprit-Saint .

292.

Quand l'âme aime sincèrement Dieu, elle ne doit avoir peur de rien dans sa vie spirituelle. Qu'elle se laisse influencer par la grâce et qu'elle ne réduise pas son union avec le Seigneur.

293.

Lorsque Jésus m'a ravie par Sa beauté et m'a attirée à Lui, j'ai vu, alors ce qui Lui déplaisait en mon âme et j'ai résolu de l'écarter coûte que coûte. Et, avec la grâce de Dieu, je l'ai fait. Cette détermination a plu au Seigneur et depuis ce temps, Il a commencé à m'accorder de plus grandes grâces. Je ne raisonne pas dans ma vie intérieure et je n'analyse pas par quelles voies l' Esprit de Dieu me conduit. Il me suffit de savoir que je suis aimée et que j'aime. L'amour pur me fait connaître Dieu et comprendre beaucoup de mystères. Mon confesseur est un oracle pour moi, sa parole est sainte à mes yeux. Je parle ici de mon directeur de conscience.

294.

Une fois le Seigneur me dit : " Agis comme un mendiant qui ne refuse pas d'accepter une plus grande aumône, il remercie seulement plus affectueusement. Ainsi ne refuse pas d'accepter, à cause de ton indignité, de plus grandes grâces lorsque Je te les donne. Je sais que tu en es indigne. Mais réjouis-toi plutôt et prends autant de trésors de Mon Cœur que tu peux en porter.


C'est ainsi que tu Me plais davantage. J'ajouterai encore quelque chose : Prends ces grâces, non seulement pour toi, mais aussi pour les autres. C'est-à-dire, encourage les âmes avec lesquelles tu es en contact, à la confiance en mon infinie Miséricorde. Oh ! comme j'aime les âmes qui ont une entière confiance en Moi. Je ferai tout pour elles. "

295.

A ce moment Jésus m'a demandé : " Mon enfant, comment vas ta retraite ? " - J'ai répondu : " Jésus, Vous le savez. " -" Oui, Je le sais, mais Je veux l'entendre de ta bouche et de ton cœur. " - " O mon Maître, lorsque Vous me conduisez, tout va facilement. Je Vous en prie, Seigneur, ne me quittez jamais. "

Jésus me dit : " Oui, Je serai toujours près de toi si tu restes toujours un petit enfant sans crainte. Comme Je suis ici ton commencement, Je serai aussi ta fin. Ne te fie pas aux créatures, même dans les plus petites choses, car cela ne me plaît pas. Je veux être Seul dans ton âme. Je fortifierai ton âme et Je t'éclairerai par la bouche de mon remplaçant. Tu apprendras que Je suis en toi, et ton inquiétude se dissipera comme le brouillard devant les rayons du soleil. "

296 . Mon Bien suprême, je désire Vous aimer comme personne ne Vous a encore aimé sur terre. Je désire Vous louer à chaque moment de ma vie et conformer étroitement ma volonté à Votre Sainte Volonté. Ma vie n'est ni monotone, ni grise, mais elle aussi variée qu'un jardin de fleurs parfumées. Je ne sais quelle fleur cueillir : le lys des souffrances, les roses de l'amour du prochain, ou la violette de l'humilité. Je ne vais pas énumérer ces trésors, j'en ai en abondance pour chaque jour. C'est une grande chose que de savoir tirer profit du moment présent.

297. Jésus, Lumière Eternelle, accordez-moi la grâce de Vous connaître, pénétrez de Votre lumière mon âme assombrie et remplissez de Vous-même le gouffre de mon âme car seul vous-même. . .

298. O mon Jésus, Vie, Voie et Vérité, je Vous en prie, gardez-moi près de Vous, comme une mère tient son enfant tout contre elle, car je ne suis pas seulement un enfant impuissant, mais un amas de misère et de néant.

299. Le secret de l'âme Wilno , 1934

Mon confesseur m'ayant dit, un jour de demander à Jésus ce que signifiait ces deux rayons, qui sont sur cette image, je répondis : " Bien, je vais le demander au Seigneur. "

Pendant l'oraison j'entendis intérieurement ces paroles : " Ces deux rayons indiquent le Sang et l' Eau : le rayon pâle signifie l' Eau , qui purifie les âmes ; le rayon rouge signifie le Sang, qui est la vie des âmes. . .

Ces deux rayons jaillirent des entrailles de ma Miséricorde, alors que Mon Cœur, agonisant sur la croix, fut ouvert par la lance.

Ces rayons protègent les âmes de la colère de Mon Père. Heureux est celui qui vivra dans leur lumière, car la Main du Dieu Juste ne l'atteindra pas. Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde.

300. Demande à Mon fidèle serviteur, de proclamer en ce jour, Ma grande miséricorde au monde entier. Qui s'approchera, ce jour-là, de la Source de vie obtiendra la rémission de ses fautes et de leurs châtiments.

L'humanité ne trouvera pas la paix tant qu'elle ne se tournera pas avec confiance vers Ma miséricorde.

Oh ! comme l'incrédulité de l'âme Me blesse. Cette âme confesse que Je suis Saint et juste, et ne croit pas que Je suis la Miséricorde ! Mais elle se méfie de Mon amour. Les démons aussi croient en Ma justice, mais ne croient pas en Ma bonté. Mon cœur se réjouit de ce titre de Miséricordieux. Proclame que la Miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. Toutes les œuvres de mes Mains sont couronnées de Miséricorde. "

 

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 07:53


201. Je désire si bien me cacher, qu'aucune créature ne connaisse mon cœur. Jésus, Vous Seul le connaissez et le possédez tout entier. Personne ne connaît notre secret. Nous nous comprenons mutuellement d'un regard. Depuis ce moment où nous avons fait connaissance, je suis heureuse. Votre grandeur est ma plénitude. Jésus, quand je suis la dernière, plus bas que les postulantes, même les plus jeunes, c'est alors que je me sens à ma place. Je ne savais pas que dans ces petits coins sans éclats le Seigneur avait placé tant de bonheur. Je comprends maintenant que, même en prison, peut jaillir d'une poitrine pure vers Vous, Seigneur, la plénitude de l'amour. Les choses extérieures n'ont pas d'importance pour le pur amour, il pénètre tout. Ni les portes de la prison, ni les portes du Ciel n'ont de force contre lui. Il atteint Dieu Seul et rien ne peut le faire mourir. Il n'y a pas d'obstacle pour Lui, il est libre comme un roi, et peut passer librement partout. La mort même doit baisser la tête devant Lui...

202. Aujourd'hui, ma sœur est venue me voir. Quand elle me fit part de ses épreuves, la peur me saisit. Etait-ce possible ? Une petite âme, si belle devant Dieu, et cependant environnée de telles ténèbres qu'elle ne savait pas comment se tirer d'affaire. Elle voyait tout en noir. Le Bon Dieu me l'a confiée et pendant deux semaines je pouvais m'occuper d'elle. Mais combien cette âme m'a coûté de sacrifices, Dieu seul le sait. Pour personne d'autre je n'ai porté devant le trône de Dieu autant de sacrifices, de souffrances et de prières. Je sentais que j'avais forcé Dieu à lui accorder Sa grâce. Je considère ceci comme un vrai miracle. Je vois maintenant quelle force a, devant Dieu, la prière d'intercession.

203. En ce moment, au cours de ce carême, je ressens souvent la Passion de Jésus dans mon corps et j'endure profondément dans mon cœur ce qu'Il a souffert. Cependant rien ne trahit extérieurement mes souffrances, seul mon confesseur les connaît.

204. Une courte conversation avec la Mère Maîtresse. Je lui ai demandé quelques conseils de conduite dans la vie intérieure. Cette sainte Mère me répondit à tout avec une grande clarté. Elle me dit : « Si vous continuez à collaborer ainsi avec la grâce de Dieu, vous serez, ma Sœur, bien près de l'intime union avec Dieu. Vous comprenez, ma Sœur, ce que je veux dire. Que votre trait caractéristique soit la fidélité à la grâce du Seigneur ! Dieu ne mène pas toutes les âmes par cette voie. »

205. La Résurrection. Aujourd'hui, pendant la célébration de la Résurrection, je vis Jésus dans une grande clarté. Il s'approcha de moi et dit : « Que la paix soit avec vous, Mes enfants ! » Il leva la main et nous bénit. Les plaies de Ses Mains, de Ses Pieds et de Son Côté n'étaient pas effacées, mais lumineuses. Il me regarda avec une telle bonté et un tel amour que mon âme entière se fondit en Lui. Il me dit : « Tu as pris une grande part à Ma Passion, c'est pour cela que Je te donne cette grande part à Ma gloire et à Ma joie. » Tout le temps de la Résurrection me sembla durer une minute à peine. Un singulier recueillement envahit mon âme et y demeura pendant toute la durée des fêtes. La grâce de Jésus est si grande que je ne puis l'exprimer.

206. Le lendemain, après la Sainte Communion, j'entendis une voix qui disait ; « Ma fille, regarde l'abîme de Ma Miséricorde. Honore-la et glorifie-la de la façon suivante: rassemble tous les pécheurs du monde entier et plonge-les dans le gouffre de Ma Miséricorde. Je désire Me communiquer aux âmes. Je désire les âmes, Ma fille. Pendant Ma fête, la Fête de la Miséricorde, tu vas parcourir le monde entier et amener les âmes défaillantes à la source de Ma Miséricorde. Je les guérirai et les fortifierai. »

207. Aujourd'hui, j'ai prié pour une agonisante, qui mourait sans les Saints Sacrements qu'elle désirait pourtant ardemment. Mais il était trop tard. C'est une parente, la femme de mon oncle. Cette âme était agréable à Dieu. A ce moment là, l'espace n'existait pas entre nous.

208. Ô vous, menues offrandes, vous êtes pour moi comme les fleurs des champs dont je jonche les pieds de mon Bien-Aimé Jésus. Je compare ces petites choses aux vertus héroïques, car pour les renouveler constamment, il faut de l'héroïsme.

209. Dans les souffrances, je ne cherche pas l'aide des créatures, mais Dieu est tout pour moi. Cependant, plus d'une fois il m'a semblé que même le Seigneur ne m'entendait pas. Je m'arme de patience et de silence comme un pigeon qui ne se plaint pas et n'a pas de rancune quand on lui prend ses petits. Je veux planer sans cesse dans l'air embrasé du soleil, et ne veux pas m'arrêter dans les brumes. Je ne faiblirai pas, car de Vous je reçois tout, ô Vous, ma force.

210. Je prie le Seigneur qu'Il daigne fortifier ma foi, pour que je ne me conduise pas dans la grisaille de la vie quotidienne selon des dispositions humaines, mais selon celles de l'esprit. Oh ! Comme tout retient l'homme à terre, mais la foi vive attire l'âme vers les régions supérieures, et remet l'amour propre à la place qui lui est due, c'est-à-dire la dernière.

211. De nouveau les ténèbres commencent à descendre sur mon âme. Il me semble que je suis sous l'influence de l'illusion. Quand je suis allée me confesser pour puiser de la lumière et de la paix, je ne les ai pas trouvées. Le confesseur m'a créé encore plus de doutes que je n'en avais d'abord. Il m'a dit : « Je ne puis discerner quelle force agit sur vous, ma Sœur, peut-être Dieu, ou peut-être le mauvais esprit ? » En m'éloignant du confessionnal, j'ai reconsidéré ses paroles. Plus je les méditais, plus mon âme se plongeait dans les ténèbres. Jésus, que faire ? Quand Jésus s'approchait gracieusement de moi, j'avais peur. Etes-vous vraiment Jésus ? D'un côté l'amour m'attire, de l'autre la peur me retient. Quel supplice, je ne sais le décrire !

212. Lorsque je suis allée me confesser à nouveau, je reçus cette réponse : « Je ne vous comprends pas, ma Sœur, il vaudrait mieux que vous ne confessiez pas à moi. » Mon Dieu, je dois me faire violence avant de dire quoi que ce soit de ma vie intérieure. Et voilà que je reçois comme réponse : « Je ne vous comprends pas, ma sœur ! »

213. Quand j'ai quitté le confessionnal, une multitude de tourments s'abattirent sur moi. Je suis allée devant le Saint Sacrement et j'ai dit : « Jésus, sauvez-moi ! Vous voyez combien je suis faible. » Soudain j'entendis ces paroles : « Pendant la retraite avant les vœux, Je te donnerai de l'aide. »
Réconfortée par ces mots, j'ai commencé à progresser, ne demandant plus conseil à personne. Mais j'éprouvais une telle méfiance envers moi-même que je résolus d'en finir une fois pour toutes avec ces doutes. J'attendais donc spécialement cette retraite qui devait précéder les vœux perpétuels. Plusieurs jours auparavant déjà, je ne cessais de demander à Dieu la lumière pour le prêtre qui allait me confesser, afin qu'il décide une bonne fois nettement ce qui en était. Et je pensais que je serais tranquillisée une fois pour toutes. Mais je continuais à m'affliger à l'idée que personne ne voudrait m'écouter dans toutes ces affaires. Je me résolus à ne plus penser à tout cela et à faire confiance au Seigneur. Ses paroles à propos de la retraite résonnaient à mes oreilles.

214. Tout est prêt. Demain matin nous partons en retraite à Cracovie. Aujourd'hui je suis entrée à la chapelle pour remercier Dieu des innombrables grâces qu'Il m'avait accordées pendant ces cinq mois. Mon cœur était tout attendri à la vue de tant de grâces et de la protection des Supérieures.

215. « Ma fille, soit tranquille, Je prends sur Moi toutes tes affaires. Je vais Seul arranger les choses avec tes Supérieures et avec le confesseur. Parle au Père Andrasz comme tu me parles, avec la même simplicité et la même confiance. »

216. 18.4.1933. Nous sommes arrivées aujourd'hui à Cracovie. Quelle joie de me trouver de nouveau ici où j'ai appris à faire mes premiers pas dans la vie spirituelle ! La chère Mère Maîtresse est toujours la même, gaie et pleine d'amour du prochain. Je suis entrée à la chapelle pou y passer un moment. En un éclair je me suis rappelée les flots de grâce qui me furent accordés ici, étant encore novice.

217. Et aujourd'hui nous nous rassemblons pour passer une heure au noviciat. Mère Marie-Josèphe nous dit quelques mots et prépare le programme de la retraite. Pendant qu'elle nous parlait, se présenta mes yeux tout ce que cette chère Mère avait fait de bon pour nous et j'en ressentis en mon âme une grande reconnaissance. A la pensée que c'était la dernière fois que j'étais au noviciat, une douleur serra mon cœur. Je dois déjà combattre avec Jésus, travailler avec Jésus et souffrir avec Jésus. En un mot : vivre et mourir avec Jésus. Désormais la Maîtresse ne va plus marcher pas à pas derrière moi, pour m'instruire ici, m'avertir là ou m'adresser des reproches, des encouragements ou encore des blâmes. J'ai singulièrement peur de rester seule. Jésus, veuillez arranger les choses. J'aurai toujours une Supérieure, pourtant je me sentirai très seule.
Cracovie, le 21. 4.1933

218. A la plus grande Gloire de Dieu
La retraite de huit jours avant les vœux perpétuels.
Je commence aujourd'hui la retraite. Jésus, mon Maître, dirigez-moi ! Gouvernez-moi selon votre volonté, purifiez mon amour pour qu'il soit digne de Vous, faites de moi ce que désire Votre Cœur très miséricordieux ! Jésus, nous resterons pendant ces jours en tête à tête jusqu'au moment de notre union. Gardez-moi ô Jésus dans le recueillement de l'esprit !

219. Le soir le Seigneur me dit : « Ma fille, que rien ne t'effraye ni ne te trouble. Garde une paix profonde ! Tout est dans Ma main. Je te ferai tout comprendre par la bouche du Père Andrasz . Sois comme un enfant envers lui !»

220. Un moment devant le Saint Sacrement
Ô mon Seigneur et mon Créateur éternel, comment dois-je vous remercier pour cette grande grâce d'avoir daigné me choisir pour Votre épouse, moi misérable, et de m'unir à Vous par un vœu perpétuel. Ô bien-aimé Trésor de mon cœur, je dépose devant Vous toute les adorations et les actions de grâce des âmes saintes, de tous les cœurs angéliques, en m'unissant tout spécialement à Votre Mère. Ô Marie, Mère chérie, je vous le demande humblement, couvrez mon âme de votre manteau virginal en ce moment si important pour moi, afin que je devienne plus agréable à votre Fils et que je puisse dignement glorifier Sa miséricorde à la face du monde entier et pour toute l'éternité.

221. Aujourd'hui je n'ai pu comprendre la méditation. Mon esprit était singulièrement noyé en Dieu. Je n'arrivais pas à me forcer à penser à ce que le Père disait pendant la retraite. Il m'est souvent difficile de méditer selon les points donnés. Mon esprit est avec le Seigneur et c'est là ma méditation.

222. Quelques mots de mon entretien avec la Mère Maîtresse Marie-Josèphe . Elle m'a éclairée et tranquillisée en beaucoup de choses quant à ma vie intérieure, disant que je suis dans la bonne voie. J'ai remercié Jésus pour cette grande grâce, car c'est la première des Supérieures à ne pas avoir de doutes à ce sujet. Oh ! que la bonté de Jésus est infinie !

223. Vivante Hostie, ma seule force, Source d'amour et de miséricorde, emparez-vous du monde entier, fortifiez les âmes défaillantes ! Oh ! béni soit l'instant et le moment où Jésus nous laissa Son Coeur Très Miséricordieux !

224. Souffrir sans se plaindre, consoler autrui et noyer ses propres souffrances dans le Cœur très saint de Jésus. Je passerai toutes mes heures libres auprès du Saint Sacrement. Aux pieds de Jésus je vais chercher lumière, consolation et force. Je vais témoigner au Seigneur une incessante reconnaissance pour sa grande miséricorde envers moi. Je n'oublierai jamais les bienfaits que le Seigneur m'a accordés, et surtout la grâce de la vocation...
Je me cacherai parmi les Sœurs comme une petite violette entre les lis... Je veux fleurir pour mon Créateur et mon Seigneur, m'oublier moi-même, m'anéantir complètement au profit des âmes immortelles, voila ce qui fait mon délice.

225. Certains de mes avis
Quant à la Sainte Confession : je vais choisir ce qui m'humilie et me coûte le plus. Parfois un rien coûte davantage qu'une chose plus importante. A chaque confession, je me rappellerai la Passion de Jésus et je veux ainsi susciter le repentir dans mon cœur. Autant que possible, avec la grâce de Dieu, m'exercer toujours à la contrition parfaite. J'y consacrerai davantage de temps. Avant de m'approcher de confessionnal, j'entrerai d'abord dans le Cœur ouvert et très miséricordieux de Jésus. Après la confession, j'éveillerai dans mon âme ma profonde reconnaissance envers la Sainte Trinité, pour ce merveilleux et inconcevable miracle de Miséricorde, qui s'opère en elle. Et plus mon âme est misérable, plus je sens que l'océan de la Miséricorde divine me pénètre et me donne force et vigueur.

226. Les règles contre lesquelles je suis le plus souvent fautive : rompre le silence, ne pas obéir au signal de la cloche, me mêler des affaires d'autrui. Je ferai mon possible pour m'en corriger.
Je vais éviter les Sœurs qui murmurent et, si je ne peux pas les éviter, au moins je me tairai devant elles, pour montrer ainsi combien il est pénible de les écouter.
Ne pas faire attention à l'opinion des autres, mais écouter sa propre conscience, pour savoir quel témoignage elle nous donne. Avoir Dieu pour témoin de toutes nos actions. Je vais me conduire ainsi maintenant et régler toutes mes affaires comme je voudrais me conduire et les régler au moment de la mort. C'est pourquoi je dois vivre constamment sous le regard de Dieu.
Eviter les permissions présumées. Expliquer aux Supérieures les choses mineures, et si possible, en détail. Fidélité aux exercices, ne pas recourir facilement aux dispenses. En dehors du temps de la récréation, me taire. Eviter les plaisanteries et les bons mots qui provoquent le rire et rompent le silence. Accorder une grande importance aux plus minimes prescriptions :
Ne pas me laisser absorber par le tourbillon du travail, mais savoir l'interrompre un instant pour regarder vers le ciel. Parler peu avec les gens - mais beaucoup avec Dieu. Eviter la familiarité.
Ne pas tenir compte de ce qui est pour moi et qui est contre moi. Ne pas faire de confidence sur ce que j'ai enduré.
Eviter de parler avec quelqu'un à haute voix pendant le travail.
Garder la paix et l'équilibre dans les souffrances.
Aux moments difficiles recourir aux Plaies de Jésus ; chercher en elles la consolation, le soulagement, la lumière et la force.

227. Dans les épreuves, je vais tâcher de voir la main aimante de Dieu. Il n'y a rien d'aussi durable que la souffrance : elle tient toujours fidèlement compagnie à l'âme. Ô Jésus, je ne permettrai à personne de me devancer dans mon amour pour Vous.

228. Jésus, caché dans le Saint Sacrement
Jésus, caché dans le Saint Sacrement, Vous voyez qu'en prononçant mes vœux perpétuels, je sors aujourd'hui du noviciat. Vous connaissez ma faiblesse et ma petitesse. Eh bien ! Dès aujourd'hui je passe d'une manière toute particulière dans Votre noviciat. Je continue à être novice, mais Votre novice, Jésus, et Vous serez mon Maître jusqu'au dernier jour. Me tenant à Vos pieds, je vais chaque jour me mettre à Votre école. Je ne ferai pas la plus petite chose de moi-même, sans Vous avoir d'abord consulté comme mon Maître.
Jésus, je suis si heureuse que Vous m'ayez attirée et agréée à Votre noviciat, c'est-à-dire au tabernacle. En prononçant mes vœux, je ne suis pas une parfaite religieuse - non, non ! Je continue à être une toute petite et faible novice de Jésus et je vais tâcher d'acquérir la perfection, comme pendant les premiers jours du noviciat. Et je vais m'efforcer d'avoir la même disposition d'âme que le premier jour, quand la porte du cloître s'ouvrit pour moi. Avec la confiance et la simplicité d'un petit enfant, je me rends aujourd'hui à Vous, Jésus mon Maître. Je vous laisse la liberté complète de diriger mon âme. Conduisez-moi par les voies que Vous voulez, je ne vais pas chercher à pénétrer Vos raisons ! Confiante, je vous suivrai ! Votre Cœur Miséricordieux peut tout ! La petite novice de Jésus - Sœur Faustine.

229. Au commencement de la retraite Jésus me dit : « Pendant cette retraite Je vais, Moi-même, diriger ton âme. Je veux t'affermir dans la paix et l'amour. » Et ainsi passèrent les premiers jours. Le quatrième jour, des doutes commencèrent à me tourmenter. Ne suis-je pas dans une fausse paix. Soudain j'entendis ces paroles : « Ma fille, figure-toi que tu es la souveraine de toute la terre et que tu as le pouvoir de disposer de tout selon ton bon plaisir. Tu as tout pouvoir pour faire le bien. Quand soudain, un petit enfant frappe à ta porte. Il est tout tremblant, les larmes aux yeux, mais avec une grande confiance en ta bonté, il demande un morceau de pain pour ne pas mourir de faim. Comment agiras-tu envers cet enfant ? Réponds-Moi, ma fille !»
Et j'ai dit : « Jésus, je lui donnerais tout ce qu'il demande et encore mille fois plus » Et le Seigneur me dit : « J'agis de la même manière envers ton âme. Au cours de cette retraite, Je t'accorde non seulement la paix, mais aussi une telle disposition d'âme que, même si tu voulais t'inquiéter, tu ne le pourrais pas. Mon amour s'est emparé de ton âme et Je veux que tu t'affermisses dans cet amour. Approche ton oreille de Mon Cœur oublie tout et contemple Mon inconcevable Miséricorde ! Ton amour te donnera la force et le courage, qui te sont nécessaires dans ces affaires. »

230. Jésus, Vivante Hostie, Vous êtes une Mère pour moi, Vous êtes mon tout ! C'est avec simplicité et amour, avec foi et confiance que je viens à Vous, Jésus ! Je vais tout partager avec Vous, comme un enfant avec sa mère aimée, mes joies et mes souffrances, en un mot, tout.

231. Quand je pense que Dieu s'unit à moi par les voeux, c'est-à-dire moi à Lui, personne n'est en état de concevoir ce que ressent mon âme. Déjà maintenant Dieu me donne la connaissance de toute l'immensité de l'amour dont Il m'aimait bien avant les siècles ; et moi je viens de commencer à L'aimer dans le temps. Son amour était grand, pur et désintéressé, et mon amour pour Lui provient de ce que je commence à Le connaître.
Plus je Le connais, plus je L'aime et de plus en plus ardemment et fortement, et mes actes deviennent de plus parfaits. Cependant quand je me souviens que, dans quelques jours, je dis devenir un avec le Seigneur par les vœux perpétuels, mon âme est inondée d'une joie inouïe, que je ne peux décrire. Depuis le premier instant où je fis la connaissance du Seigneur, le regard de mon âme se perdit en Lui pour l'éternité. A chaque fois que le Seigneur S'approche de moi et que je Le connais plus profondément, un amour plus parfait grandit dans mon âme.

232. Avant de me confesser j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, dis-lui tout et dévoile ton âme comme tu le fait avec Moi. N'aie peur de rien, c'est pour te tranquilliser que Je place ce prêtre entre toi et Moi, et les paroles par lesquelles il te répondra seront Mes paroles. Dévoile les choses les plus secrètes de ton âme ! Je lui accorderai la lumière qui lui fera connaître ton âme. »

233. Quand je me suis approchée du confessionnal, j'ai ressenti dans mon âme une si grande facilité pour lui parler de tout, que plus tard, j'en fus moi-même très surprise. Ses réponses établirent une paix profonde dans mon âme. Ses paroles étaient, sont et resterons toujours des colonnes flamboyantes, qui ne cesseront d'éclairer mon âme dans son élan vers la plus haute sainteté.
J'ai noté sur une autre page de ce cahier les indications que j'ai reçues du Père Andrasz.

234. Après avoir fini cette confession, mon esprit s'anéantit en Dieu. Je restai en oraison pendant trois heures mais il me sembla que ce n'était que quelques minutes. Depuis lors je ne fais plus obstacle à la grâce qui agit dans mon âme. Jésus savais pourquoi j'avais peur des rapports intimes avec Lui, et cela ne L'a pas du tout offensé. Depuis que le confesseur m'a assuré que ce n'était pas une illusion mais la grâce de Dieu, je tâche d'être en tout fidèle à Dieu. Je vois maintenant qu'il y a peu de prêtres qui comprennent toute la profondeur de l'action divine dans l'âme. Depuis ce temps j'ai les ailes déployées pour voler et je désire planer dans le brasier même du soleil. Mon vol ne s'arrêtera que lorsque je reposerai en Dieu pour l'éternité.
Si nous planons très haut, toutes les vapeurs, les brumes, les nuages se trouvent sous nos pieds : c'est ainsi que tout notre être sensible doit être soumis à l'esprit.

235. Ô Jésus, je désire le salut des âmes, des âmes immortelles. C'est dans le sacrifice que je donnerai libre cours à mon cœur, un sacrifice dont personne ne se doutera. Et je vais m'anéantir et me consumer invisiblement dans les saintes flammes de l'amour de Dieu. La présence divine m'aidera pour que mon sacrifice soit parfait et pur.

236. Que les apparences sont trompeuses et les jugements injustes ! Que la vertu souffre souvent seulement parce qu'elle est silencieuse ! Il faut beaucoup d'abnégation pour avoir des relations sincères avec ceux qui vous piquent incessamment. On sent que le sang diminue, mais on ne voit pas les blessures. Ô Jésus, que de choses ne seront dévoilées qu'au dernier jour ! Quelle joie ! Rien ne périra de nos efforts.

237. L'Heure Sainte. Pendant cette heure d'adoration j'ai perçu tout le gouffre de ma misère. Ce que j'ai de bon en moi est tout à Vous, Seigneur. Mais parce que je suis petite et misérable, j'ai le droit de compter sur Votre infinie Miséricorde.

238. Le soir. Jésus, demain matin, je vais prononcer mes vœux perpétuels. J'ai prié tout le ciel et toute la terre et tous les êtres. Je les ai appelés pour qu'ils glorifient Dieu de cette grâce immense, inconcevable. Soudain, j'entendis ces paroles : « Ma fille, ton cœur est mon ciel. »
Encore un moment de prière et puis il faut fuir. On nous chasse de partout, car pour demain on arrange la chapelle, le réfectoire, la salle et la cuisine et nous devons aller dormir.
La joie m'a ôté le sommeil. Je pensais : « Qu'est ce qu'il y aura au Ciel, si déjà ici, dans cet exil, Dieu comble mon âme de cette façon ? »

239. Prière, pendant la Sainte Messe, le jour des vœux perpétuels : je dépose aujourd'hui mon coeur sur cette patène où repose votre cœur, et je m'offre aujourd'hui, avec Vous à Dieu, Votre Père et le mien, en oblation d'amour et de louanges. Père de Miséricorde, jetez un regard sur le sacrifice de mon cœur, offert par la Plaie du Cœur de Jésus !

1933 année, V . Première journée.
L'union avec Jésus, le jour de mes vœux perpétuels. Jésus, Votre Cœur est ma propriété depuis aujourd'hui comme mon cœur est exclusivement Vôtre. La seule évocation de Votre Nom, Jésus, fait le délice de mon cœur. En vérité, je ne saurai vivre un seul moment sans Vous, Jésus. Aujourd'hui mon âme s'est fondue en Vous qui êtes mon unique trésor. Aucun obstacle n'empêchera mon amour d'en donner des preuves à mon Bien-Aimé.
Les paroles de Jésus pendant les vœux perpétuels : « Mon épousée, nos cœurs sont unis pour tous les siècles. Rappelle-toi à Qui tu as fait tes vœux.... » Tout ne se peut dire. Ma demande. Pendant que nous étions étendues sous le drap noir. J'ai demandé au Seigneur qu'il m'accorde la grâce de ne jamais L'offenser, volontairement et sciemment par aucun péché, même le plus minime, par aucune imperfection. Jésus, je Vous aime de tout mon cœur ! Dans les moments les plus difficiles, Vous êtes ma Maman.
Je meurs aujourd'hui complètement à moi-même par amour pour Vous, Jésus, et je commence à vivre pour la plus grande gloire de Votre Saint nom !

L'amour. C'est par amour que je m'offre à Vous, Très Sainte Trinité, comme une offrande de louange, un holocauste de complet anéantissement de soi. Par cet anéantissement de moi-même, je désire que votre nom soit sanctifié, Seigneur. Je me jette à Vos pieds, Seigneur, comme un tout petit bouton de rose. Que le parfum de cette fleur ne soit connu que de Vous, Seigneur !


240. Trois demandes au jour des vœux perpétuels. Je sais, Jésus, qu'aujourd'hui Vous ne me refuserez rien.
La première demande. Jésus, mon Epoux Bien-Aimé , je prie pour le triomphe de l' Eglise , surtout en Russie et en Espagne. Bénissez le Saint Père Pie XI et tout le clergé. Je demande la grâce de la conversion pour tous les pécheurs endurcis, et une bénédiction particulière, et la lumière, pour tous les prêtres auxquels je vais me confesser durant ma vie.
La deuxième demande. Je demande Votre bénédiction pour notre congrégation ; dotez-la d'un grand zèle ! Bénissez, Jésus, la Mère Générale, la Mère Maîtresse et tout le noviciat et toutes les Supérieure ! Bénissez mes parents bien-aimés ! Accordez, Jésus, Votre grâce à nos élèves ! Fortifiez-les puissamment dans Votre grâce, pour que celles qui quittent nos maisons ne Vous offensent plus par aucun péché ! Jésus, je prie pour ma Patrie, défendez-la contre les assauts de l'ennemi !
La troisième demande. Jésus, je Vous prie pour les âmes qui ont le plus besoin de prières. Je Vous prie pour les agonisants, Soyez miséricordieux envers eux ! Je Vous prie aussi pour la libération de toutes les âmes du Purgatoire ! Jésus, je Vous recommande particulièrement mes confesseurs, les personnes qui se sont recommandées à mes prières, une certaine personne..., le Père Andrasz , l'abbé Czaputa et ce prêtre dont j'ai fait la connaissance à Wilno, et qui doit être mon confesseur.
Ensuite, telle âme..., tel prêtre, tel religieux, à qui, Vous le savez, Jésus, je dois tant. Jésus, en ce jour, Vous pouvez tout faire pour ceux pour lesquels je vous prie. Pour moi, Seigneur, je Vous le demande, transfigurez-moi complètement en Vous, maintenez-moi constamment dans un saint zèle pour Votre gloire, donnez-moi la grâce et la force d'esprit pour accomplir en tout Votre Sainte Volonté !
Je Vous remercie, mon Epoux bien-aimé, pour la dignité que Vous m'avez accordée. Et spécialement pour les armoiries royales que je reçois dès aujourd'hui, et que les Anges mêmes ne possèdent pas : la croix, le glaive et la couronne d'épines. Mais, ô mon Jésus, par-dessus tout, je Vous remercie pour Votre Cœur : Il va me suffire en tout.
Marie, Très Sainte Mère de Dieu, ma Mère, Vous l'êtes maintenant, tout particulièrement, puisque Votre Fils bien-aimé est mon Epoux, nous sommes donc tous deux Vos enfants. Par égard pour Votre Fils, Vous devez m'aimer, Marie, ma Mère bien aimée, dirigez ma vie intérieure pour qu'elle soit agréable à Votre Fils !
Dieu Saint et Tout-Puissant, en ce moment où Vous me faites la grande grâce de m'unir à Vous pour l'éternité, moi, tout petit néant, je me jette à Vos pieds avec la plus profonde gratitude, comme une petite fleur inconnue ; et le parfum de cette fleur d'amour va s'élever chaque jour jusqu'à Votre trône.
Dans les moments de combat et de souffrances, de ténèbres et d'orages, de nostalgie et de tristesse, dans les moments de dure épreuve, dans les moments où je ne serai comprise par aucune créature, et où je serai même condamnée et dédaignée, je me souviendrai de ce jour de mes vœux perpétuels, jour d'inconcevable grâce divine.

241 J.M.J.
Résolutions particulières de la retraite 1933. V. I.
L'amour du prochain.
Premièrement : empressement envers les sœurs.
Secondement : ne pas parler des absents et défendre la réputation du prochain.
Troisièmement : se réjouir des réussites du prochain.

242. Ô Dieu, comme je désire être une petite enfant. Vous êtes mon père. Vous savez comme je suis petite et faible, je Vous supplie donc, gardez-moi près de Vous, dans tous les moments de ma vie et particulièrement à l'heure de la mort. Jésus, je sais que Votre bonté surpasse la bonté de la plus tendre mère.
Je remercierai Jésus pour chaque humiliation, je prierai particulièrement pour la personne qui me donne l'occasion de m'humilier. Je vais m'anéantir au profit des âmes. Ne compter aucun sacrifice, m'étendant sous les pieds des Sœurs comme un tapis sur lequel elles peuvent, non seulement marcher, mais aussi s'essuyer les pieds. Ma place est sous les pieds des Sœurs. Je tâcherai de mettre ceci en pratique de façon imperceptible pour l'œil humain. Il suffit que Dieu le voie.
Le jour gris et quotidien a déjà recommencé. Les instants solennels des vœux perpétuels sont passés, mais cette grande grâce de Dieu demeure en mon âme. Je sens que je suis toute à Dieu, je sais que je suis Son enfant. Je sens que je suis toute entière propriété de Dieu. J'expérimente ceci même de façon physique et sensible. Je suis parfaitement tranquille en tout, car je sais que c'est l'affaire de l' Epoux de penser à moi. Je ne me soucie plus du tout de moi-même. Ma confiance dans son Cœur très Miséricordieux est sans bornes. Je Lui suis continuellement unie. Il me semble que Jésus ne pourrait pas être heureux sans moi, ni moi sans Lui. Je comprends bien cependant qu'étant Dieu Il est heureux en Lui-même et qu'Il n'a besoin d'absolument aucune créature. Mais sa bonté le contraint à Se communiquer à Sa créature, et cela avec une inconcevable générosité.

245. Mon Jésus, je vais faire des efforts maintenant, pour l'honneur et la gloire de Votre Nom, combattant jusqu'au jour où Vous Seul me direz : Assez ! Je vais tâcher de secourir chacune des âmes que Vous m'avez confiée, je vais tâcher de les secourir par la prière et le sacrifice, pour que votre grâce puisse agir en elles. Ô grand amant des âmes, mon Jésus, je vous remercie pour cette grande confiance avec laquelle Vous avez daigné confier ces âmes à notre protection !
Jours de travail et de routine, vous n'êtes pas du tout monotones, car chaque moment m'apporte de nouvelles grâces et la possibilité de bien faire.

246. 25.III.1933. Les permissions mensuelles
En passant, entrer à la chapelle.
Prier aux moments libres.
Accepter peu de choses, donner, prêter.
Pour le deuxième petit déjeuner et goûter.
Parfois je ne pourrai participer à la récréation.
Je ne pourrai pas toujours assister aux exercices communs.
Je ne pourrai pas toujours réciter en commun les prières du soir et du matin.
Parfois rester un moment à mes devoirs après neuf heures.
Parfois faire les exercices après neuf heures.
Ecrire ou noter quelque chose quand j'aurai un moment.
Téléphoner.
Sortir de la maison.
Entrer à l'église lorsque je suis en ville.
Rendre visite aux Sœurs malades.
Entrer dans la cellule d'une autre Sœur en cas de besoin.
Boire parfois un peu d'eau, en dehors du temps prescrit.

Petites mortifications
Réciter le chapelet à la Miséricorde Divine les bras en croix.
Le samedi, une partie du rosaire, les bras en croix.
Parfois réciter une prière, prosternée.
Jeudi, l'Heure Sainte.
Vendredi quelques plus grandes mortifications pour les pécheurs agonisants.


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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 18:39

161. O Marie, Vierge Immaculée,
Pur cristal pour mon cœur,
Vous êtes ma force, ô ancre puissante.
Vous êtes le boulier et la défense du cœur pauvre.

O Marie, vous êtes pure, incomparable,
Vierge et Mère en même temps,
Vous êtes belle comme le soleil, sans tache.
Incomparable est votre âme !

Votre beauté a charmé le regard du Trois fois Saint,
Quittant le Trône éternel, Il descendit du Ciel,
Et Il a reçu Son Corps et Son Sang de Votre Cœur,
Pendant neuf mois se cachant dans le cœur d'une Vierge.

O Vierge Mère, personne ne concevra ceci :
Dieu infini devint homme.
Par Son amour et Son insondable Miséricorde.
Par vous, Mère, Il nous est donné de vivre éternellement avec Lui.

O Marie, Vierge, Mère et Porte du Ciel
Par vous le salut nous est venu.
De vos mains jaillit chaque grâce pour nous,
Une fidèle imitation de vous peut seule me sanctifier.

O Vierge Marie, le plus beau des Lys,
Votre Cœur était pour Jésus le premier tabernacle sur terre.
C'est parce que votre humilité était la plus profonde
Que vous êtes élevée au dessus des Chœurs angéliques et des Saints.

O Marie, ma douce mère,
Je vous rends mon âme, mon corps et mon pauvre cœur,
Soyez gardienne de ma vie,
Et particulièrement à l'heure de la mort, dans le combat suprême.

162. J.M.J. 1er janvier 1937

Jésus, j'ai confiance en vous.
La carte du contrôle intérieur de l'âme. L'examen particulier.
S'unir au Christ Miséricordieux.
Pratique : le silence intérieur, garder strictement le silence.

La conscience
Janvier :
Dieu et l'âme, le silence. Victoires: 41; chutes 4.
Court acte de piété : « Et Jésus gardais le silence. »
Février
Dieu et l'âme, le silence. Victoires 36 ; chutes 3
Mars :
Dieu et l'âme, le silence. Chutes :3.
Court acte de piété : « Jésus, enflammez mon cœur d'amour.»
Avril :
Dieu et l'âme, le silence. Victoires : 61 ; chutes : 4.
Court acte de piété : « Avec Dieu, je peux tout. »
Mai :
Dieu et l'âme, le silence. Victoire : 92 ; chutes : 3.
Court acte de piété : « Dans Son Nom est ma force. »
Juin :
Dieu et l'âme, le silence. Victoires : 64, chutes : 1.
Court acte de piété : « Tout pour Jésus. »
Juillet
Dieu et l'âme, le silence. Victoires : 62 ; chutes : 8.
Court acte de piété : « Reposez-Vous, Jésus, dans mon cœur. »
Août
Dieu et l'âme, le silence. Victoires :88 ; chutes : 7.
Court acte de piété : « Jésus, Vous savez... »
Septembre
Dieu et l'âme, le silence. Victoires : 99 ; chutes 1.
Court acte de piété : « Jésus, cachez-moi dans Votre Cœur. »
Octobre :
Dieu et l'âme, le silence. Victoires : 41 ; chutes : 3.
Court acte de piété : « Marie, unissez-moi à Jésus. »
(Ici c'est une nouvelle page. Retraite.)
Novembre :
Dieu et l'âme, le silence. Victoires, chutes
Court acte de piété : « O mon Jésus, miséricorde ! »
Décembre :
Dieu et l'âme, le silence. Victoires, chutes.
Court acte de piété : « Salut, vivante Hostie ! »

163. J.M.J. Année 1937

Exercices généraux

O très Sainte Trinité,je désire adorer Votre Miséricorde par chaque souffle de mon être, chaque battement de mon cœur, chacune de mes pulsations.

Je désire être toute transformée en Votre Miséricorde et être ainsi un vivant reflet de Vous, Seigneur. Que le plus grand des attributs divins Votre insondable Miséricorde, se déverse par mon âme et mon cœur sur le prochain.

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne jamais ni ne juge d'après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l'âme de mon prochain et que je lui vienne en aide.

Aidez-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes.

Aidez-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais du mal de mon prochain, mais que j'aie pour chacun un mot de consolation et de pardon.

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes œuvres, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est de rendre service à mon prochain.

Aidez-moi, Seigneur, pour que mon cœur soit miséricordieux afin que je ressente toutes les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon cœur à personne. Je fréquenterai sincèrement m^me ceux qui, je le sais, vont abuser de ma bonté ; et moi, je m'enfermerai dans le Coeur Très Miséricordieux de Jésus. Je tairai mes propres souffrances. Que Votre miséricorde repose en moi, Seigneur.

Vous m'ordonnez Vous-même de m'exercer aux trois degrés de la miséricorde. Le premier : l'acte de charité quel qu'il soit ; le second : la parole miséricordieuse : si je ne puis aider par l'action, j'aiderai par la parole ; le troisième : la prière. Si je ne peux témoigner la miséricorde ni par l'action, ni par la parole, je le pourrai toujours par la prière. J'envoie ma prière même là où je ne puis aller physiquement. O Jésus, transformez-moi en Vous, car Vous pouvez tout. (Ici quatre pages sont restées libres).

164. J.M.J. Varsovie, 1933

Probation avant les vœux perpétuels

Lorsque j'appris que je devais partir pour la probation, mon cœur fut empli de joie à la perspective d'une telle joie : mes vœux perpétuels ! Je suis allée devant le Saint Sacrement et je me suis plongée dans l'action de grâce. J'ai entendu : « Mon enfant, tu es mon délice, tu es le soulagement de Mon Cœur. Je t'accorde autant de grâces que tu es capable d'en supporter. Parle au monde entier de Ma grande et insondable Miséricorde, si tu veux Me faire plaisir. »

165. Quelques semaines avant l'annonce de mon entrée en probation, je suis allée passer un moment à la chapelle, et Jésus me dit : « A cet instant les Supérieures annoncent quelles Sœurs prononceront leurs vœux perpétuels. Elles ne recevront pas toutes cette grâce, mais c'est leur faute. Qui ne profite pas des petites grâces n'en reçoit pas de grandes. Mais à toi, mon enfant, cette grâce est donnée. »
Un joyeux étonnement envahit mon âme, parce que, quelques jours auparavant, une des Sœurs m'avait dit : « Vous ne ferez pas la troisième probation, ma Sœur. Je vais déconseiller moi-même de vous laisser faire vos vœux ; » Je n'ai rien répondu à cette Sœur, mais j'en ai grandement souffert ; pourtant je tâchais de cacher ma douleur. O Jésus, comme vos actions sont singulières. Je vois maintenant que les gens ne peuvent grand'chose par eux mêmes, car je vas en probation comme l'a dit Jésus.

166 Je trouve toujours lumière et force de l'âme dans la prière. Bien qu'à certains moments particulièrement lourds et pénibles il me soit difficile d'imaginer que ces choses puissent avoir lieu dans un couvent. Dieu le permet parfois étrangement ainsi, mais toujours pour que la vertu se manifeste dans l'âme ou s'y développe. Voilà la raison d'être des ennuis.

167. Novembre, 1932. Je suis arrivée aujourd'hui à Varsovie pour ma troisième probation. Après avoir salué affectueusement les chères Mères, je suis entrée dans la petite chapelle. Soudain la présence divine inonda mon âme et j'entendis ces paroles : « Ma fille, je désire que ton cœur soit semblable à Mon Cœur miséricordieux. Tu dois être toute imprégnée de Ma miséricorde. »

Ma chère Mère Maîtresse me demanda tout de suite si j'avais fait une retraite cette année ; je répondis que non. « Eh bien ma Sœur, il faut que vous fassiez une retraite de trois jours au moins. » Dieu merci il y avait à Valendov une retraite de huit jours, je pouvais donc en profiter. Mais des difficultés survinrent quant au départ pour cette retraite. Une certaine personne y était opposée et il était déjà décidé que je ne partirais pas. Après dîner, j'entrai à la chapelle pour une adoration de cinq minutes. Tout à coup je vis Jésus, qui me dit : « Ma fille, je te prépare beaucoup de grâces. Tu les recevras pendant la retraite que tu commenceras demain. » Je répondis : « Jésus, cette retraite est commencée et je ne dois pas partir. » Et Il me dit : « Prépares toi à commencer demain la retraite. Et c'est moi qui arrangerai ton départ avec les Supérieures. » Et soudain Jésus disparut. Je me suis demandée comment cela allait arriver. Mais tout de suite j'ai rejeté toute réflexion, et j'ai consacré tout mon temps à la prière, demandant au Saint-Esprit la lumière pour connaître toute la misère que je suis. Et après un moment, je sortis de la chapelle pour aller à mon devoir. Bientôt la Mère Générale m'appela et me dit : « Ma Sœur, vous partirez aujourd'hui avec Mère Valéria à Valendov. Vous pourrez ainsi commencer votre retraite demain. Mère Valéria est là, vous partirez avec elle. » Pres de deux heures après, j'étais à Valendov. Je rentrai un instant en moi-même, et je reconnus que seul Jésus peut arranger des affaires de la sorte.

168. Dès que la personne qui était si fortement opposée à ce que je fasse cette retraite me vit, elle manifesta son étonnement et son mécontentement. Sans y prêter attention, je l'ai saluée affectueusement, et je suis allée chez le Seigneur pour savoir comment me conduire pendant la retraite.

169. Dans une conversation avec Lui, avant la retraite, Jésus m'apprit que cette retraite serait un peu différente des autres : « Tu vas tâcher d'avoir une grande paix dans tes rapports avec Moi. J'éloignerai tous tes doutes à cet égard. Je sais que maintenant, quand je te parle, tu es tranquille. Mais, dans un moment, quand J'aurai cessé, tu recommenceras à chercher des raisons de douter. Sache cependant que J'affermirai si bien ton âme que même si tu voulais t'inquiéter, ce ne sera pas en ton pouvoir. Et, comme preuve que c'est Moi qui te parle, tu iras le deuxième jour de la retraite te confesser au prêtre qui la prêche. Tu iras à lui dès qu'il aura fini sa conférence. Tu lui exposeras tes craintes envers Moi, et je te répondrai par sa bouche. Alors tes craintes se dissiperont. Pendant cette retraite, garde un silence complet, comme si rien n'existait autour de toi. Tu ne parleras qu'avec Moi et ton confesseur ; à tes Supérieures tu ne demanderas que des pénitences. » J'éprouvai un immense bonheur de voir le Seigneur Jésus me montrer tant de bienveillance et S'abaisser ainsi jusqu'à moi.

170. Le premier jour de la retraite, j'ai tâché d'être la première le matin à la chapelle. Avant la méditation, j'avais un moment pour prier le Saint Sacrement et la Sainte Vierge. Je demandais ardemment à la Mère de Dieu qu'Elle m'obtienne la grâce de la fidélité aux inspirations intérieures et à la volonté divine, quelque qu'elle soit. J'ai commencé cette retraite avec un singulier courage.

171. Combat pour garder le silence. Comme il est de coutume, des Sœurs de toutes les maisons se réunissent pour la retraite. Une Sœur,que je n'avais pas vue depuis longtemps, vint dans ma cellule et me dit qu'elle voulait me parler. Ne lui ayant rien répondu, elle s' aperçut que je ne voulais pas rompre le silence et me dit : « Je ne savais pas que vous étiez si étrange. » Et elle s'en alla. J'ai compris que cette personne n'avait d'autre souci que de rassurer sa propre curiosité. O mon Dieu, maintenez-moi dans la fidélité.

172. Le Père qui prêchait la retraite arrivait d'Amérique. Il était venu faire un court séjour en Pologne et les circonstances avaient fait qu'il nous prêchait la retraite. Une profonde vie intérieure l'animait, c'était visible. Son aspect respirait l'intelligence ; l'esprit de mortification et de recueillement caractérisait ce prêtre. Mais malgré ses hautes vertus, j'éprouvais d'immenses difficultés à lui dévoiler entièrement mon âme. Pour ce qui est des péchés, c'est toujours facile ; mais quand au grâces reçues, je devais vraiment faire un grand effort, et encore je ne disais pas tout.

Les tentations du démon pendant la méditation

Une singulière peur me prit que le prêtre ne me comprenne pas ou qu'il n'aie pas assez de temps pour me laisser m'exprimer jusqu'au bout. Comment lui parler de tout cela ? Si encore il s'agissait du Père Bukowski, je l'aurais fait plus facilement. Mais c'était la première fois que je voyais ce Jésuite. Ici, je me suis rappelée un conseil du Père Bukowski, qui m'avait dit que, lorsque je faisais une retraite, je devais prendre au moins quelques notes au sujet des lumières que Dieu m'envoyait, et lui en faire un bref compte rendu.
Mon Dieu, pendant une journée et demie tout allait si bien ; et voilà que commençait. un combat à mort. Dans une demi heure il y aurait la conférence, et ensuite la confession. Le démon me persuada que, si les Supérieures avaient dit que ma vie intérieure était une illusion, à quoi on questionner et fatiguer encore le confesseur ? Mère X t'a dit que Jésus ne vivait pas en intimité avec des âmes aussi misérables. Ce confesseur te répondra de même. Pourquoi en parler ? Ce ne sont pas des péchés, et Mère X t'a dit bien précisément que toute cette intimité avec Jésus n'est que rêverie ou pure hystérie. Pourquoi en parler au confesseur ? Tu ferais mieux de rejeter toutes ces illusions. Vois, tu as souffert tant d'humiliations déjà, et beaucoup d'autres t'attendent encore. Et les Sœurs savent que tu es hystérique. J'ai appelé de toutes les forces de mon âme : « Jésus ! » - A ce moment, le Père commença la conférence.

174. Il a parlé peu de temps, comme s'il se dépêchait. Après la conférence il alla au confessionnal. Voyant qu'aucune des Sœurs ne s'y rendait, je me suis élancée de mon prie-Dieu et m'agenouillai dans le confessionnal. Je n'avais pas le temps de réfléchir. Au lieu de dire au Père tous les doutes qu'on avait formulé à l'égard de mes rapports avec Jésus, j'ai commencé à parler de toutes ces tentations que j'ai décrites plus haut. Mais le confesseur comprit tout de suite ma situation, et il dit : « Vous vous méfiez, ma Sœur, de Jésus, parce qu'il est si bienveillant envers vous. N'est-ce pas ? Soyez donc complètement tranquille. Jésus est votre Maître, et vos rapports avec Jésus ne sont ni hystérie, ni rêverie, ni illusion. Sachez que vous êtes dans la bonne voie. Tâchez d'être fidèle à ces grâces ; il vous est défendu de vous en écarter. Vous n'avez pas du tout besoin d'en parler à vos Supérieures, sauf quand Jésus vous donne un ordre précis et dans ce cas, il faut d'abord vous entendre avec votre confesseur. Mais si Jésus exige quelque chose d'extérieur, alors, après vous être entendue avec votre confesseur, vous devez accomplir ce qu'exige le Seigneur, même si cela doit vous coûter énormément. D'un autre côté, vous devez tout dire à votre confesseur. Il n'y a absolument pas d'autre voie pour vous, ma Sœur.
Priez pour avoir un directeur spirituel, car autrement vous gaspillerez ces grands dons de Dieu. Je le répète encore une fois : soyez tranquille. Vous êtes dans la bonne voie. Ne faites attention à rien de ce que l'on dit de vous. C'est justement avec de telles âmes misérables que Jésus est en intimité et plus vous vous abaisserez, plus Jésus s'unira à vous. »

175. Quand j'ai quitté le confessionnal, une joie inconcevable inonda mon âme, de sorte que je m'écartais dans un endroit solitaire du jardin, pour me cacher des Sœurs et permettre à mon cœur de s'épancher intérieurement en Dieu. La présence divine me submergea et, en un instant, mon être s'anéantit totalement en Dieu et je sentis, je discernai alors les Trois Personnes Divines qui demeuraient en moi. Et j'éprouvais une si grande paix dans mon âme que je m'étonnais d'avoir pu tellement m'inquiéter.

176. Résolution : fidélité aux inspirations intérieures, quoi qu il pût m'en coûter. Ne rien faire de moi-même sans m'être entendue avec mon confesseur.

177. La rénovation des vœux. Dès le matin, lorsque je m'éveillai, mon esprit fut tout entier immergé en Dieu, cet océan d'amour. Je sentais que j'étais toute plongée en Lui ! Pendant la Sainte Messe, mon amour pour Lui arriva à une grande puissance. Après la rénovation des vœux et la Sainte Communion, je vis soudain Jésus, qui me dit avec bienveillance : « Ma fille, regarde Mon Cœur miséricordieux. ». Fixant mon regard sur ce Cœur Très Saint

176. Résolution : fidélité aux inspirations intérieures, quoi qu il pût m'en coûter. Ne rien faire de moi-même sans m'être entendue avec mon confesseur.

177. La rénovation des vœux. Dès le matin, lorsque je m'éveillai, mon esprit fut tout entier immergé en Dieu, cet océan d'amour. Je sentais que j'étais toute plongée en Lui ! Pendant la Sainte Messe, mon amour pour Lui arriva à une grande puissance. Après la rénovation des vœux et la Sainte Communion, je vis soudain Jésus, qui me dit avec bienveillance : « Ma fille, regarde Mon Cœur miséricordieux. ». Fixant mon regard sur ce Cœur Très Saint je vis en sortir des rayons comme du Sang et de l'Eau, les mêmes que sur le tableau, et je compris combien la miséricorde du Seigneur est grande. Et de nouveau, Jésus me dit gracieusement : « Ma fille, parles aux prêtres de mon inconcevable Miséricorde. Les flammes de Ma Miséricorde Me brûlent, Je veux les déverser sur les âmes, mais les âmes ne veulent pas croire en ma bonté. » Et tout à coup Jésus disparut. Mais mon esprit resta toute la journée plongé en Dieu, dans sa présence divine, sensible malgré le bruit et les conversations qui suivent habituellement une retraite. Cela ne me dérangeais pas. Mon esprit était en Dieu, tout en prenant part aux conversations. Je suis même allée visiter Derdy.

178. Aujourd'hui nous commençons la troisième probation. Nous nous sommes rassemblées, toutes les trois, chez Mère Marguerite, car les autres Sœurs avaient leur troisième probation au noviciat. Mère Marguerite commença par une prière, elle nous expliqua en quoi consiste la troisième probation, et rappela combien la grâce des vœux perpétuels était grande. Soudain j'ai commencé à pleurer à haute voix. En un instant, toutes les grâces de Dieu parurent devant le regard de mon âme. Et je me voyais tellement misérable et ingrate envers Lui. Les Sœurs commencèrent à me réprimander disant : « Pourquoi éclate-t-elle en sanglots ? » Cependant Mère Marguerite pris ma défense et dit qu'elle ne s'en étonnait pas.
L'heure finie, je suis allée devant le Saint Sacrement et, consciente de mon immense misère, Je Lui demandai miséricorde afin qu'il daigne purifier et guérir ma pauvre âme. Alors j'entendis ces paroles : « Ma fille toutes tes misères sont brûlées dans le feu de Mon amour, comme un brin d'herbe jeté dans un brasier dévorant. Par cet abaissement, tu attires sur toi et sur d'autres âmes toute l'immensité de Ma Miséricorde. » Je répondis : « Jésus, façonnez mon pauvre cœur à votre gré. »

179. Pendant tout le temps de la troisième probation, j'avais le devoir d'aider la Sœur au vestiaire. Ce devoir me donna de nombreuses occasions de m'exercer à la pratique des vertus. Parfois il fallait aller par trois fois chez certaines Sœurs avec le linge, et encore on ne pouvait les satisfaire. Mais j'ai découvert aussi les grandes vertus de certaines sœurs, qui demandaient toujours de leur donner ce qu'il y avait de pire dans tout le vestiaire. J'admirais cet esprit d'humilité et de mortification.

180. Pendant l'Avent, une grande nostalgie de Dieu s'éveilla dans mon âme. Mon esprit, de toutes les forces de son être, s'élançait vers Dieu. Et le Seigneur m'accorda de nombreuses lumières dans la connaissance de Ses attributs. Le premier attribut que le Seigneur me fit connaître, ce fut Sa Sainteté. Cette Sainteté, est si grande que toutes les Puissances, les Vertus, tremblent devant Lui. Les purs esprits voilent leur face et s'abîment dans une incessante adoration. La Sainteté de Dieu se répand sur l'Église de Dieu et sur chaque âme vivant en elle - à des degrés divers. Il y a des âmes toutes pénétrées de Dieu, et il y en a qui vivent à peine.
La seconde connaissance que Dieu m'accorda, ce fut celle de Sa Justice. Elle est si grande et si pénétrante qu'elle atteint les choses dans leur essence. Tout se présente à Lui dans sa vérité, mi à nu, et rien ne pourrait Lui résister.
Le troisième attribut fut l'Amour et la Miséricorde. Et j'ai compris que c'est là le plus grand, celui qui unit la créature au Créateur. Le suprême Amour et l'infini de la Miséricorde se manifestent dans l'Incarnation du Verbe et dans la Rédemption. Et c'est ainsi que j'ai découvert que cette qualité était première en Dieu.

181. Aujourd'hui je mettais de l'ordre dans la chambre d'une des Sœurs. Je tâchais de nettoyer avec le plus grand soin ; cependant cette personne me suivait partout en disant : « Ici il reste une poussière. Et là une petite tâche sur le plancher. » A chacune de ses remarques, je corrigeais un détail, refaisant jusqu'à dix fois la même chose dans le but de la satisfaire. J'étais moins fatiguée par le travail que par ces bavardages et exigences immodérées. Mon martyre de toute la journée ne lui ayant pas suffi, elle est encore allée se plaindre chez la Maîtresse : « Ma Mère, quelle est cette Sœur qui ne sais pas se dépêcher ? » Le lendemain je suis allée faire la même besogne sans protester. Lorsqu'elle s'en prit à moi, j'ai pensé : « Jésus, on peut être une martyre silencieuse ; ce n'est pas le travail qui m'affaiblit mais ce martyre... »
Je me suis aperçue que certaines personnes ont l'art de vexer les autres. Elles s'y emploient de leur mieux et la pauvre âme qu'elles ont sous la main n'y pourra rien : les meilleures choses seront critiquées avec malice.

182. Veille de Noël. Aujourd'hui je me suis unie étroitement à la Mère de Dieu et j'ai vécu ses sentiments intérieurs. Le soir, avant la cérémonie pendant laquelle on rompt le pain azyme, je suis allée à la chapelle pour le rompre, par la pensée avec les êtres qui me sont cher, et j'ai demandé à Notre Dame des grâces pour eux. Mon esprit était entièrement plongé en Dieu. Pendant la Messe de minuit, j'ai vu l'enfant Jésus qans l'Hostie et mon esprit s'est aimé en Lui. C'est un petit Enfant, mais sa Majesté submergeait mon âme. J'ai pénétré ce mystère très profondément : ce grand abaissement de Dieu et Son inconcevable anéantissement. Ce sentiment resta vivant dans mon âme pendant la durée des fêtes. Oh ! nous ne comprendrons jamais ce grand abaissement de Dieu - plus je le considère...(ici la pensée est interrompue).

183. Un matin, après la Sainte Communion, j'entendis cette voix : « Je désire que tu M'accompagnes quand J e vais chez les malades. ». Je répondis que j'étais d'accord. Après un moment de réflexion je me suis demandée comment je pourrai le faire : Les Sœurs du second chœur n'accompagnent pas le Saint Sacrement, ce sont les Sœurs directrices qui y vont toujours. J'ai pensé que Jésus y remédierait.
Peu après, Mère Raphaële m'envoya chercher : « Ma Sœur, vous allez accompagner Jésus quand le prêtre ira chez les malades. » Et pendant tout le temps de ma probation, j'ai pu porter le flambeau en accompagnant le Seigneur. Et comme chevalier de Jésus, je tâchai toujours de me ceindre d'une ceinture de fer, cela me paraissait s'imposer pour avancer devant le Roi. Et j'offrais chaque fois cette mortification pour les malades.

184. L'Heure Sainte. Pendant cette heure je tâchais de méditer la Passion du Seigneur. Cependant la joie inonda mon âme et, soudain je vis le petit Enfant Jésus. Mais Sa Majesté me pénétra tellement que je dis : « Jésus, Vous êtes si petit, mais je sais que Vous êtes mon Créateur et mon Seigneur. » Jésus me répondit : « Oui, Je le suis et c'est pour t'apprendre l'humilité et la simplicité, que je suis avec toi sous l'aspect d'un enfant. »
Je déposais comme un bouquet pour Jésus toutes mes souffrances et mes difficultés, le jour de nos épousailles perpétuelles. Rien ne m'était difficile lorsque je me souvenais que c'était pour mon Epoux, comme preuve de mon amour pour Lui.

185. Mon silence pour Jésus. Je tachais de garder un grand silence pour Jésus. Au milieu du plus grand bruit, Jésus trouvait toujours le silence dans mon cœur, bien que cela me coûtât parfois beaucoup. Qu'est-ce qui serait trop grand pour Jésus, pour Celui que j'aime de toute la force de mon cœur ?

186. Aujourd'hui Jésus me dit : « Je désire que tu connaisses plus profondément l'amour dont brûle mon cœur. Tu le comprendras en méditant Ma Passion. Appelle Ma Miséricorde sur les pécheurs, Je désire leur salut.
Quand tu réciteras cette prière pour un pécheur d'un cœur contrit et avec foi, Je lui donnerai la grâce de la conversion. Voici cette petite prière :

187. « O Sang et Eau, qui avez jailli du Cœur de Jésus comme source de Miséricorde pour nous, j'ai confiance en Vous! »

188. Pendant les derniers jours du carnaval, alors que je faisais mon heure sainte, je vis comment Jésus avait souffert pendant la flagellation. C'est un supplice inconcevable. Quelles terribles douleurs Jésus a endurées lorsqu'Il a été flagellé ! Pauvres pécheurs, comment ferez-vous pou rencontrer, au Jour du Jugement, Jésus que vous torturez tellement aujourd'hui ? Son sang a coulé à terre, et la chair commençait à se détacher en certains endroits. Et j'ai vu dans Son dos quelques os à nu... Jésus gémissait et soupirais en silence.

189. Un jour, Jésus me fit comprendre combien Lui est agréable une âme qui observe fidèlement la règle. L'âme reçoit une plus grande récompense pour l'observance de la règle que pour des pénitences et de grandes mortifications. Si elles sont entreprises en plus de la règle, elles recevront aussi leur récompense, mais elles ne surpasseront pas la règle.

190. Au cours d'une adoration, Jésus exigea de moi que je m'offre à Lui comme oblation, pour endurer certaines souffrances, en expiation, non seulement pour les péchés du monde en général, mais en particulier pour les fautes commises dans cette maison. J'ai dit à l'instant : « Très bien, je suis prête. » Cependant Jésus me fit connaître ce que j'allais souffrir ; et instantanément, je vis défiler devant mes yeux toutes les parties successives de ce supplice. Premièrement, mes intentions seraient mal interprétées ; puis viendraient nombre de soupçons et méfiances, humiliations et contrariétés de toutes sortes - et j'en passe.
Tout cela se présenta à mes yeux comme un sombre orage, dont la foudre allait tomber ; elle n'attendait que mon consentement. Un moment, ma nature s'effraya. Soudain la cloche sonna pour le dîner. Je sortis de la chapelle tremblante et indécise..
Mais ce sacrifice restait toujours présent à mon esprit, car sans le refuser au Seigneur, je ne me décidais pas à l'accepter. Je voulais me rendre à Sa volonté. Si Jésus Seul me l'imposait, j'y étais prête. Mais Jésus me fit connaître que je devais moi-même y consentir volontiers, sinon il n'aurait pas de valeur. Toute sa force devant le Seigneur résidait dans mon acte volontaire. En même temps il me fit comprendre que tout était en mon pouvoir : Je pouvais le faire, mais je pouvais aussi ne pas le faire. Je répondis donc aussitôt : « Jésus, j'accepte tout ce que Vous voudrez m'envoyer, j'ai confiance en Votre bonté. » Et au même instant, je ressentis que j'avais ainsi rendu grande gloire à Dieu. Cependant je m'armai de patience. Dès que je sortis de la chapelle, je rencontrai la réalité. Je ne veux pas la décrire en détail, mais il y en avait autant que je pouvais en supporter. Je n'aurais pu en venir à bout, si il y avait eu une goutte de plus.

191. Un certain matin, j'entendis ces paroles dans mon âme : « Vas chez la mère Générale, et dis que cette chose ne Me plaît pas dans telle et telle maison. » Quelle chose et dans quelle maison ? Je l'ignore, mais je l'ai dit à la Mère Générale, bien que cela m'ait bien coûté.

192. Un jour je me suis engagée à prendre sur moi une terrible tentation dont souffrait une de nos élèves dans la maison de Varsovie : la tentation du suicide. J'ai souffert pendant sept jours, au bout desquels Jésus lui donna la grâce demandée, et moi aussi j'ai cessé de souffrir. C'était une grande souffrance. Je prends souvent sur moi les tourments de nos élèves. Jésus me le permet, mon confesseur aussi.

193. Mon cœur est la demeure permanente de Jésus. Personne n'y a accès qu Lui. C'est en Jésus que je puise la force de combattre les difficultés et les contrariétés. Je désire passer en Jésus pour pouvoir me donner complètement aux âmes. Sans Lui, je ne pourrai m'approcher d'elles. Car je sais ce que je suis. J'absorbe Dieu en moi pour le donner aux âmes.

194. Je désire de toutes mes forces, travailler, m'anéantir pour notre œuvre de salut des âmes immortelles. Peu importe si ces efforts doivent raccourcir ma vie. Elle ne m'appartient plus, mais elle est la propriété de la Congrégation. Je désire être utile à toute l'Eglise par ma fidélité à notre Congrégation.

195. O Jésus, mon âme est comme assombrie par la souffrance. Pas un seul rayon de lumière. La tempête fait rage, et Jésus dort. O mon Maître, je ne Vous réveillerai pas, je n'interromprai pas Votre doux sommeil. Je crois que Vous me donnez la force sans que je le sache. Pendant des heures entières, je Vous adore, ô Pain vivant, dans une grande sécheresse d'âme. O Jésus, pur amour, je n'ai pas besoin de consolations, je me nourris de Votre volonté. O Puissant ! Votre volonté est le but de mon existence. Il me semble que le monde entier me sert et qu'il dépend de moi. Seigneur, Vous comprenez mon âme dans toutes ses aspirations.
Jésus, lorsque je ne puis moi-même Vous chanter l'hymne de l'amour, j'admire alors le chant des Séraphins, eux que Vous aimez tant. Je désire m'abîmer en Vous de la même manière. Rien ne fera obstacle à un tel amour, et aucune puissance, et aucune puissance n'a la force de le détruire. Il est semblable à l'Eclair, qui illumine les ténèbres, mais n'y reste pas.
O mon Maître, formez mon âme selon Votre volonté et Vos desseins éternels

196. Une certaine personne s'est fait comme un devoir de m'exercer de toute façon dans la vertu. Un jour elle m'arrêta dans le corridor et, pour commencer, elle me dit qu'elle n'avait aucun motif de me faire des remarques, mais qu'elle m'ordonnait de rester debout pendant une demi-heure, en face de la petite chapelle et d'attendre la Mère Supérieure, qui devait passer là après la récréation. Je m'accuserai alors de différentes choses qu'elle m'ordonna de dire. Mon âme était totalement étrangère à ces choses, mais je fus obéissante et j'ai attendu pendant toute la demi-heure la Supérieure. Chaque Sœur qui passait me regardais avec un sourire. Quand je me suis accusée à la Mère Supérieure, elle me renvoya à mon confesseur. Quand je me suis confessée, ce prêtre remarqua aussitôt que c'était quelque chose qui ne venait pas de mon âme, que je n'avais aucune idée de ce dont il s'agissait. Et il était très étonné que cette personne ait pu se décider à donner de tels ordres.

197. O Divine Église, vous êtes la meilleure des mères. Vous seule savez élever et faire grandir l'âme. Oh quel grand amour et quelle déférence j'éprouve pour l'Église, cette Mère incomparable.

198. Une autre fois, le Seigneur me dit : « Ma fille, ta confiance et ton amour retiennent Ma Justice. Et Je ne puis punir, car tu M'en empêches. » Oh quelle grande force possède l'âme pleine de confiance.

199. Quand je pense aux vœux perpétuels, et qui est Celui qui désire s'unir à moi, cette pensée m'absorbe pendant des heures entières, pendant lesquelles je médite sur Lui. Comment cela arrivera-t-il ? Vous êtes Dieu et moi Votre créature. Vous le Roi immortel, et moi une mendiante et la misère même. Mais maintenant tout est clair pour moi. Votre grâce et votre amour, Seigneur vont combler cet abîme qui existe entre Vous, Jésus, et moi.

200. O Jésus, comme l'âme est profondément blessée lorsqu'elle tâche d'être sincère, et qu'on la soupçonne d'hypocrisie et qu'on la traite avec méfiance. O Jésus, vous avez souffert tout cela pour donner satisfaction à Votre Père.

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 18:38

145. Oh ! que mon âme est misérable, elle a gaspillé' tant de grâces ! Je fuyais Dieu et il me poursuivait de Ses grâces. Le plus souvent je recevais des faveurs de Dieu lorsque je ne m'y attendais pas. Depuis que le Seigneur m'a donné un directeur, je suis plus fidèle à la grâce. C'est avec ce directeur, et en vertu de sa vigilance pour mon âme que j'ai expérimenté ce qu'est la direction spirituelle, et comment Jésus la conçoit. Jésus m'avertissait de la plus petite faute. Il insistait sur le fait que c'est Lui qui décide dans toutes les affaires que je soumettais à mon directeur et que tous les manquements envers celui-ci L'atteignaient Lui-même.

Quand mon âme commença à goûter un profond recueillement et la paix, sous cette direction, j'entendis souvent ces mots, plus d'une fois répétés : « Fortifie-toi pour le combat. »

Jésus m'a souvent révélé que ce qui lui déplait en moi, et plus d'une fois, Il m'a réprimandée pour des choses minimes en apparence, mais qui, à vrai dire, avaient une grande signification. Il m'avertissait et m'exerçait comme un Maître. Pendant de nombreuses années c'est Lui-même qui m'a élevée, jusqu'au moment où Il me donna un directeur de conscience. Auparavant, il m'expliquait Lui-même ce que je ne comprenais pas ; maintenant il m'ordonne de questionner en toutes choses mon confesseur. Il m'a souvent dit : « Je te répondrai par sa bouche, sois tranquille. »

Il ne m'est jamais arrivé de recevoir une réponse contraire à ce que le Seigneur exigeais de moi, dans le cadre de ce que j'avais soumis à mon directeur. Parfois Jésus me recommandait certaines choses, ignorées de tous, et quand je m'adressais à mon confesseur, celui-ci me recommandait la même chose. Cela n'arrivais pas souvent.

Lorsqu'une âme a longtemps reçu lumière et inspiration en abondance et que ses confesseurs ont confirmé sa paix et la provenance divine de ces inspirations, si son amour est grand, Jésus lui indique qu'il est temps d'utiliser ce qu'elle a reçu et de passer à l'action. L'âme réalise que le Seigneur compte sur elle et cette connaissance augmente ses forces. Elle sait que, pour rester fidèle, elle devra, plus d'une fois s'exposer à des difficultés, mais elle a confiance en Dieu et, grâce à cette confiance, elle arrive là où Dieu l'appelle. Les difficultés ne l'effrayent pas, elles sont pour elle comme le pain quotidien. Elles ne l'effrayent ni ne l'épouvantent, de même que le fracas des canons ne terrifie pas le chevalier qui est constamment au cœur du combat. Loin d'avoir peur elle écoute, afin de remporter la victoire, de quel côté l'ennemi attaque. Elle ne fait rien aveuglément, mais elle scrute, elle réfléchit profondément et, ne comptant pas sur elle-même, elle prie avec ferveur et consulte des chevaliers expérimentés et sages. Lorsqu'elle agit de la sorte, elle remporte presque toujours la victoire

Il y a des attaques où l'âme n'a le temps ni de réfléchir ni de consulter, alors il faut combattre à la vie, à la mort Il est bon parfois de se réfugier dans la Blessure du Cœur de Jésus, sans répondre un seul mot, par cela même l'ennemi est déjà vaincu.
En temps de paix l'âme doit aussi s'imposer des efforts comme au moment du combat, Elle doit s'exercer et bien s'exercer, sinon elle n'a aucune chance de victoire. J'estime le temps de paix comme un temps de préparation à la victoire. Elle doit veiller sans cesse ; vigilance et encore vigilance. L'âme qui réfléchit reçoit beaucoup de lumière. L'âme dissipée s'expose à la chute ; qu'elle ne s'étonne pas si elle tombe. O Esprit divin, Directeur de l'âme, sage est celui que vous avez exercé. Mais pour que l'Esprit divin puisse agir dans une âme, la paix et le recueillement sont nécessaires.

146. L'oraison : Par l'oraison, l'âme s'arme pour le combat ; en quelque état qu'elle soit, elle doit prier. L'âme pure et belle doit prier, sous peine de perdre sa beauté. L'âme qui tend vers cette pureté, sinon elle n'y arriverait pas. L'âme qui vient de se convertir doit prier, pour persévérer. L'âme pécheresse, plongée dans le péché, doit prier pour pouvoir se relever. Ainsi il n'y a pas d'âme qui ne soit obligée de prier, car s'est par la prière que la grâce descend sur elle.

147. Je me rappelle que j'ai reçu beaucoup de lumière pendant les adorations que je faisais pendant une demi-heure chaque jour, pendant le Carême, prosternée devant le Saint-Sacrement. C'est alors que j'approfondis la connaissance que j'avais de moi-même, ainsi que celle de Dieu. Bien qu'ayant la permission des Supérieures, j'eus beaucoup de difficulté à faire ainsi oraison. Que l'âme sache que pour prier et persévérer dans l'oraison, il faut s'armer de patience et surmonter courageusement toutes les difficultés intérieures t extérieures. Les difficultés intérieures : les découragements, les sécheresses, les lourdeurs, les tentations. Les difficultés extérieures: c'est l'opinion humaine. Il faut savoir sauvegarder les moments destinés à l'oraison. J'en ai fait moi-même l'expérience, car si je ne faisais pas mon oraison au moment fixé, je la négligeais parce que, plus tard, mes devoirs m'en empêchaient ; et m^me si j'avais la chance de la faire, c'était à grande peine, car ma pensée fuyais vers mes devoirs.

J'avais aussi une autre difficulté: quand l'âme a bien fait son oraison, elle reste ensuite profondément recueillie intérieurement; et si d'autres personnes contrarient, alors, son recueillement, elle doit être patiente pour persévérer dans l'union à Dieu. Plus d'une fois il m'est arrivé que lorsque mon âme était très profondément abîmée en Dieu elle retirât un plus grand profit de l'oraison. Et Dieu m'accompagnait de sa présence durant la journée Et; je restais recueillie pendant mon travail et je réalisais avec plus de soins et de précision. Et c'est justement alors qu'il m'est arrivé de recevoir le plus de reproches : sur mon manque de fidélité à mon devoir, sur mon indifférence à tout. Car les âmes moins recueillies veulent que les autres, qui sont pour elles un remord incessant, leur ressemblent.

148. L'âme noble et sensible qui peut même être très simple, mais qui a des sentiments délicats, voit Dieu en tout et Le rencontre partout, elle sait trouver Dieu même dans les choses les plus secrètes. Tout a de l'importance pour elle. Elle apprécie tout, elle remercie Dieu pour tout, elle tire un profit spirituel de tout, et tout lui est une occasion de louer Dieu. Elle a confiance en Lui et ne de trouble pas quand vient le temps des épreuves. Elle sait que Dieu est toujours le meilleur des Pères,et elle fait peu de cas de l'opinion humaine. Attentive au moindre souffle de l'Esprit Saint elle jouit de cet hôte spirituel et se tient près de Lui comme un enfant près de sa mère.
Là, où d'autres âmes s'arrêtent et ont peur, elle passe sans crainte et sans difficulté.

149. Quand le Seigneur veut être Seul près de l'âme et la conduire, Il éloignera d'elle tout ce qui est extérieur. Lorsque je tombai malade et qu'on me transporta à l'infirmerie, cela me causa des ennuis. Nous étions deux malades à l'infirmerie. Les Sœurs venaient voir Sœur N., personne ne venait me voir. Il est vrai que c'est une infirmerie, mais chacune a sa cellule.
Sœur N., personne ne venait me voir. Il est vrai que c'est une infirmerie, mais chacune a sa cellule. Les soirées d'hiver étaient longues, Sœur N. avait de la lumière, un récepteur de radio, moi je ne pouvais même pas préparer ma méditation, faute de lumière.
Près de deux semaines plus tard, un soir, je me plaignis au Seigneur de beaucoup souffrir et de ne même pas pouvoir préparer ma méditation, faute de lumière. Et le Seigneur me répondit que chaque soir Il viendrait et m'indiquerait les points à méditer le lendemain.. Ces points concernaient toujours Sa douloureuse Passion. Il me disait : « Considère Ma Passion devant Pilate ». - Et ainsi, pendant toute la semaine, je considérais, un par un, les différents moments de Sa douloureuse Passion. A partir de ce moment, une grande joie pénétra dans mon âme, et je ne désirais plus ni visites ni lumière : Jésus me suffisait en tout. La sollicitude des Supérieures pour les malades était bien grande, pourtant le Seigneur en avait disposé ainsi : je me sentais délaissée. Pour pouvoir agir Seul, ce Maître incomparable éloigne tout ce qui est crée.
Parfois j'éprouvais de telles persécutions et souffrances que, même Mère Marguerite me dit : sur votre voie, ma Soeur, les souffrances surgissent comme d'elles-mêmes sous vos pas. Je vous vois, ma Sœur, comme une crucifiée. Cependant j'ai remarqué que Jésus y est pour quelque chose. Soyez fidèle au Seigneur.

150. Je désire noter un rêve que j'ai eu : j'ai rêvé de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. J'étais encore novice et j'avais certaines difficultés que je ne pouvais surmonter. Ces difficultés étaient intérieures et des difficultés extérieures s'y mêlaient. Je faisais des neuvaines à divers Saints. Mais l'épreuve devenait de plus en plus lourde. Mes souffrances étaient si grandes que je ne savais plus comment vivre et soudain l'idée me vint de prier Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. J'ai commencé une neuvaine à cette Sainte. Avant mon entrée au couvent, j'avais une grande dévotion envers elle. Je l'avais un peu négligée depuis. Mais dans la nécessité où je me trouvais, j'ai recommencé à la prier avec une grande ferveur.

Le cinquième jour de la neuvaine, Sainte Thérèse m'apparut en rêve, mais elle me semblait être encore sur la terre. Elle m'avait caché qu'elle était Sainte et elle me consolait, disant que je ne devais pas tellement m'attrister de cette affaire, mais être plus confiante envers Dieu. Elle me disait « Moi aussi, j'ai beaucoup souffert ». Je ne croyais pas trop qu'elle avait tant souffert, et je lui dis : « Il me semble que vous ne souffrez pas du tout. » Cependant Sainte Thérèse me répondit d'une manière convaincante. Elle: ajouta, « Sachez ma Soeur que dans trois jours cette affaire arrivera à bonne fin. » Comme je ne voulais pas trop la croire, elle me révéla qu'elle était Sainte. A ce moment une grande joie emplit mon âme et je lui dis : « Vous êtes Sainte ? » Elle me répondit : « Oui, je suis Sainte. Ayez confiance, cette affaire sera réglée en trois jours. » Et je lui dit : « Sainte Thérèse, dites-moi, est ce que j'irai au ciel ? » Elle répondit: « Oui, vous irai au Ciel, ma Sœur. » « Et serais-je Sainte ? » - « Oui, vous serez sainte » répondit-elle. - « Mais, Thérèse, serais-je sainte comme Vous, sur les autels ? » Et elle répondit : « Oui, vous serez Sainte comme moi.. Mais vous devez avoir une grande confiance en Jésus. »
Et je lui demandai alors si mon père et ma mère iraient au Ciel, si...( ici Sœur Faustine a interrompu la phrase). Elle me répondit qu'ils iraient au Ciel. - « Et mes frères et mes sœurs iront-ils au Ciel ? » Elle ne me donna pas une réponse sûre, mais elle me dit que je devais beaucoup prier pour eux. Je compris qu'ils avaient besoin de beaucoup de prières.

C'était comme un rêve et, comme dit le proverbe : « Dieu est foi, songe est mensonge. Cependant le troisième jour, je réglai cette difficulté très facilement. Tout s'accomplit exactement comme elle me l'avait dit. C'est un rêve, mais il avait sa signification.

151. Une fois, alors que j'étais à la cuisine avec Sœur N., elle s'est un peu fâchée contre moi ; et comme pénitence elle me fit asseoir sur la table. Elle-même s'activait, elle nettoyait, frottait ; et moi je restais assise sur la table. Les sœurs venaient et s'étonnaient de me voir ainsi. Chacune disait son mot ; - Elle est désoeuvrée... - Quelle extravagante ! - Quelle Sœur fera-t-elle ? (Je n'étais alors que postulante).
Néanmoins, au nom de l'obéissance, je ne pouvais descendre, puisque la sœur m'avait ordonné, au nom de l'obéissance de rester assise jusqu'à ce qu'elle me dise de descendre. Vraiment, Dieu sait combien d'actes d'abnégations je fis alors. Il me semblait brûler de honte. Plus d'une fois, Dieu m'éprouva de la sorte pour me tremper intérieurement, mais il me récompensa de cette humiliation par une grande consolation. Pendant la Bénédiction, je le vis très beau. Jésus me regarda avec bienveillance et dit : « Ma fille, n'aie pas peur des souffrances, Je suis avec toi. »

152. Une autre fois j'étais de service pendant la nuit, et la peinture de ce tableau me faisait beaucoup souffrir. Je ne savais plus à quoi m'en tenir tant on m'avais persuadé que c'était une illusion. Par ailleurs, un prêtre m'avait dit que peut-être justement, Dieu voulait être honoré par ce tableau et qu'il fallait donc tâcher de le faire peindre. Cependant mon âme était très fatiguée. Quand je suis entrée dans la petite chapelle, j'ai approché ma tête du tabernacle, j'ai frappé à la porte et j'ai dit : « Jésus, voyez quelles grandes difficultés me cause ce tableau. » J'entendis alors une voix venant du Tabernacle : « Ma fille, tes souffrances ne vont plus durer longtemps. »

153. Un jour je vis deux routes : l'une large, sablonneuse et semée de fleurs, pleine de joie, de musique et de toutes sortes de plaisirs. Les hommes passaient sur cette route dansant et s'amusant. Ils arrivaient au terme sans s'en apercevoir. Or à la fin de cette route il y avait un horrible gouffre, l'abîme infernal. Les âmes y tombaient aveuglément et en si grand nombre qu'on ne pouvait les compter ;

La deuxième était plutôt un sentier, car elle était étroite, semée de ronces et de pierres. Et ceux qui avançaient sur cette route étaient en larmes, la souffrance était leur part. Les uns tombaient sur les pierres, mais ils se relevaient aussitôt et continuaient à avancer. Au bout de la route, il y avait un magnifique jardin rempli de toutes sortes de bonheurs. Toutes les âmes y entraient et dès qu'elles en avaient franchi le seuil, elles en oubliaient leurs souffrances.

154. Une fois il y avait l'adoration chez les Sœurs de la Sainte Famille, j'y suis allée le soir, avec une de nos Sœurs. Dès que je suis entrée dans la petite chapelle, la présence de Dieu envahit mon âme. Je priais comme en de tels moments, sans prononcer de paroles. Soudain je vis le Seigneur qui me dit : « Sache que si tu néglige la peinture de ce tableau et toute l'œuvre de la miséricorde, tu devras rendre compte au Jour du Jugement, d'un grand nombre d'âmes. » A ces paroles du Seigneur, la frayeur s'empara de moi. Je n'arrivais pas à me tranquilliser. Ces mots sonnaient à mes oreilles. Ainsi je ne devrai pas répondre seulement pour moi-même au Jour du Jugement de Dieu, mais aussi pour d'autres. Ces mots se gravèrent profondément dans mon cœur.

Rentrée à ma maison je suis allée chez le Petit Jésus, je me suis prosternée devant le Saint Sacrement et j'ai dit au Seigneur : « Je ferai tout mon possible, mais je Vous en supplie, soyez toujours avec moi et donnez-moi la force d'accomplir votre Sainte Volonté. Car Vous pouvez tout, et moi je ne peut rien de moi-même. »

155. Il m'arrive depuis quelque temps que mon âme sente aussitôt quand quelqu'un prie pour moi ; et de même si une âme désire (même sans me le dire) que je prie pour elle, je le ressens aussi dans mon âme, au point que j'éprouve une certaine inquiétude, comme si quelqu'un m'appelait. Et, quand je prie, je recouvre la paix.

156. A un certain moment je désirais beaucoup communier. Mais j'avais un doute, et je ne suis pas allé à la Sainte Table. J'en souffrais terriblement. Tandis que j'étais occupée à mon travail ; il me semblait que mon cœur éclatait de douleur. Tandis que j'étais occupée à mon travail, le cœur plein d'amertume, Jésus se trouva soudain près de moi et me dit : « Ma fille, n'omets pas la Sainte Communion, à moins que tu sache que tu es tombée gravement. De plus qu'aucun doute ne t'arrête pour t'unir à Moi dans Mon mystère d'amour. Tes menues fautes disparaîtront dans mon amour, comme un brin de paille jeté dans une grande fournaise. Sache que tu M'attristes beaucoup quand tu Me délaisses dans la Sainte Communion. »

157. Le soir, quand je suis entrée dans la petite chapelle, j'entendis : « Ma fille, médite ces paroles : Étant tombé en agonie, Il priait plus instamment. » - Lorsque j'ai commencé à réfléchir plus profondément, mon âme fut envahie par une grande lumière. J'ai reconnu qu'il nous faut beaucoup de persévérance dans l'oraison et que notre salut dépend souvent d'une prière bien difficile.

158. J'étais à Kiekrz pour peu de temps, pour remplacer une de mes Sœurs. Or un après midi, passant par le jardin, je me suis arrêtée au bord du lac. Pendant un long moment je restais là, pensive. Soudain, je vis Jésus près de moi. Il me dit avec bonté : « J'ai crée tout ceci pour toi, Mon épouse. Mais sache que toutes ces beautés ne sont rien comparées à ce que Je t'ai préparé dans l'éternité. » Mon âme fut inondée d'une si grande consolation que je restai là jusqu'au soir. Et il me sembla que ce n'était qu'un moment bien court. C'était mon jour libre destiné à la retraite d'un jour, j'avais donc liberté complète de tester en oraison. Oh ! que la bonté de Dieu est infinie ! Il nous poursuit de Sa bonté. Il arrive le plus souvent que le Seigneur me donne les plus grandes grâces alors que je m'y attends le moins.

159. O Sainte Eucharistie ! Pour loi,
Vous êtes enfermé dans le ciboire d'or,
Pour que, dans le grand désert de l'exil je puisse passer immaculée, intacte
Par la puissance de Votre amour.

O Sainte Eucharistie ! Pour moi,
Vous êtes enfermé dans le ciboire d'or,
Pour que, dans le grand désert de l'exil, je puisse passer immaculée, intacte,
Par la puissance de votre amour.

O Sainte Eucharistie ! Hôte de mon âme,
Le plus pur amour de mon cœur,
Que votre clarté dissipe les ténèbres.
Vous ne refusez pas vos faveurs au cœur plein d'humilité
.O Sainte Eucharistie ! Enchantement du ciel,
Bien que vous cachiez Votre beauté,
Et que Vous Vous présentiez à moi dans une parcelle de pain,
La force de la foi déchire ce voile.

160. Le jour de la croisade, qui est le cinquième jour du mois, tombait le premier vendredi du mois. Aujourd'hui c'est mon jour pour monter la garde d'honneur devant Jésus. Mon devoir était de réparer tous les outrages et les manques de respect envers le Seigneur, de prier qu'en ce jour aucun sacrilège ne soit commis. Mon esprit était ce jour là d'un singulier amour pour l'Eucharistie. Il me semblait être changée en brasier. Quand je m'approchai de la Sainte Communion et que le prêtre me donna Jésus, une seconde hostie s'accrocha à sa manche et je ne savais pas laquelle des deux je devais recevoir. Alors que je réfléchissais un instant, le prêtre impatient me fit de la main le signe de recevoir l'hostie qu'il me présentait. Dès que je l'eus reçue, l'autre tomba sur mes mains. Le prêtre continua à donner la Sainte Communion jusqu'au bout de la table de Communion, cependant que moi je tenais Jésus sur mes mains pendant tout ce temps. Quand le prêtre revint, je lui présentai l'hostie pour qu'il la remette dans le ciboire. Car, après avoir reçu Jésus, je ne pouvais, avant de L'avoir consommé, dire que l'autre hostie était tombée...
Mais pendant tout le temps où j'ai eu l'hostie en main, je ressentais une telle puissance d'amour que, de toute la journée, je ne pus ni manger ni reprendre connaissance. J'ai entendu ces paroles venant de l'hostie : « Je désirais reposer sur tes mains et pas seulement dans ton cœur. » Et soudain, au même instant, je vis Jésus. Mais quand le prêtre s'approcha, je ne vis plus que l'hostie à nouveau.

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 18:31


101. Jésus, vous seul savez comment l'âme, enveloppée de ténèbres, gémit dans ces supplices et que, malgré cela, elle a faim et soif de Dieu comme une bouche brûlée a soif d'eau. Elle meurt et se dessèche, elle meurt d'une mort sans mort, c'est-à-dire qu'elle ne peut pas mourir. Ses efforts sont inutiles, une main puissante est posée sur elle.

Désormais elle est au pouvoir du Juste. Toutes les tentations extérieures cessent, tout ce
Qui l'entoure se tait. Comme l'agonisant, l'âme perd de vue tout ce qui est extérieur :
Elle est toute entière recueillie sous la puissance du Dieu Juste et Trois fois Saint.
« Rejetée pour l'éternité » : c'est le moment suprême, et Dieu seul peut éprouver l'âme de cette façon, car lui seul sait qu'elle est capable de le supporter. Quand l'âme a été entièrement consumée par ce feu infernal, elle est prise de désespoir.

Mon âme a vécu ce moment, alors que j'étais seule dans ma cellule. Quand elle commença à s'enfoncer dans le désespoir, j'entrais en agonie ; je saisis ma petite croix et la serrait convulsivement dans la main. Je sentis qu'en moi, le corps se détachait de l'âme, si bien que, désirant aller voir mes Supérieures, je n'en avais plus la force. J'ai alors prononcé les derniers mots : « Miséricorde de Dieu, j'ai confiance en vous ! » et il m'a semblé que j'avais augmenté la colère de Dieu.

Je sombrais dans le désespoir et seul, de temps en temps, un gémissement douloureux,
un gémissement inexprimable s'exhalait de mon âme, à l'agonie. Il me semblait que je resterais dans cet état, car je me sentais incapable d'en sortir par mes propres forces. Chaque souvenir de Dieu me plonge dans un océan d'indicibles souffrances ; et malgré cela, il y a quelque chose dans l'âme qui est attiré vers Lui, mais il lui semble que ce n'est que pour qu'elle souffre davantage. Le souvenir de l'amour dont Dieu l'entourait autrefois lui est un surcroît de tourment. Son regard la transperce, et sous ce regard, tout est brûlé dans l'âme.

102. Après un certain temps, une des Sœurs entra dans la cellule et me trouva presque morte. Effrayée, elle alla trouver la Mère Maîtresse, qui, en vertu de l'obéissance, m'ordonna de me lever. Aussitôt, je sentis des forces me revenir et je me relevai de terre, toute tremblante. La Maîtresse identifia d'emblée mon état, elle me parla de l'inconcevable miséricorde divine : « Ne vous affligez de rien, ma sœur, je vous l'ordonne en vertu de l'obéissance. » Elle ajouta : « Maintenant je sais que Dieu vous appelle à une haute sainteté, le Seigneur veut vous avoir bien près de Lui, puisque Il permet de telles choses si tôt. Soyez fidèle à Dieu, ma Sœur, car c'est le signe qu'Il veut vous avoir haut dans le ciel. » Mais je ne comprenais rien à ces paroles.

Quand je suis entrée à la chapelle, je sentis comme si tout se détachait de mon âme, comme si je venais de sortir de la Main de Dieu. Je sentis l'inviolabilité de mon âme. Je sentis que j »étais un tout petit enfant.

103. Soudain je vis intérieurement le Seigneur qui me dit : « N'aie pas peur, ma fille, Je suis avec toi. » A ce moment tous les tourments et les ténèbres prirent fin, mes sens furent pénétrés d'une joie indicible et les puissances de mon âme inondées de lumière.

104. Je veux encore mentionner que, bien que mon âme fut déjà sous les rayons de Son amour, les traces du tourment passé restèrent sur mon corps : pendant deux jours j'eus la figure mortellement pâle et les yeux injectés de sang. Jésus seul sait ce que j'ai souffert.

Ce que j'ai écrit est bien faible en comparaison de la réalité. Je ne sais comment l'exprimer, il me semble que je suis revenue de l'au-delà. Je sens un dégoût pour ce qui est crée. Je me blottis contre le Cœur de Dieu comme un nourrisson contre la poitrine de sa mère. Je vois tout avec un autre regard. Je suis consciente de ce que le Seigneur a achevé, d'un mot, en mon âme : je vis de cela. Au souvenir du supplice passé, un frisson me saisit. Je n'aurais pas cru qu'on pût tant souffrir si je n'étais pas moi-même passée par là. C'est une souffrance purement spirituelle.

105. Cependant au milieu de toutes ces souffrances et ces combats, je n'ai jamais omis la Sainte Communion. Quand il me semblait que je ne devais pas communier, j'allais avant la Messe chez la Maîtresse pour lui dire que je ne pouvais communier, car il me semblait que je ne le devais pas. Mais elle ne me permettait pas d'y manquer et je reconnais que l'obéissance seule m'a sauvée.
La Maîtresse me confia plus tard que ces épreuves avaient rapidement pris fin, parce que: « Vous étiez obéissante, ma Sœur. C'est par la force de l'obéissance que vous avez passé ceci, avec tant de courage. » C'est vrai, que, Seul le Seigneur fait sortir de ce tourment. Mais la fidélité à l'obéissance Lui plaît. Bien que ce soit là des supplices affreux, l'âme ne doit pas s'en effrayer ; car Dieu n'éprouve pas au-delà de ce que nous pouvons supporter. D'un autre côté, Il pourrait ne jamais nous donner de telles souffrances.

106. J'écris ceci, car s'il plait au Seigneur de faire passer une âme par de pareils tourments, qu'elle n'ait pas peur ; mais qu'elle soit, autant que cela dépend d'elle, fidèle à Dieu qui ne lui fera pas de tort. Car il est tout amour. Il l'a créée en vertu de cet amour inconcevable. Quand j'étais ainsi tourmentée, je ne comprenais pas.

107. O mon Dieu, je reconnais que je ne suis pas de cette terre :le Seigneur a fortement imprégné mon âme de ce sentiment. Je me trouve davantage en contact avec le Ciel qu'avec la terre, mais je ne néglige rien de mes devoirs.

108. A ce moment-là, je n'avais pas de directeur spirituel et je ne recevais aucune direction. Je demandai un directeur au Seigneur, mais il ne m'en donnait pas. C'est Jésus, Lui-même, qui est mon maître depuis l'enfance jusqu'à maintenant. Il m'a menée à travers tous les déserts et tous les dangers ; et je vois clairement que seul Dieu pouvait me faire traverser de tels dangers, sans qu'il n'en résultat aucun dégât, ni aucun dommage pour mon âme qui resta intacte. Je remportais la victoire sur toutes les difficultés, qui étaient inconcevables, et j'en sortais... Le Seigneur ne me donna un directeur que plus tard.

109. Après ces souffrances, l'âme connaît une grande pureté spirituelle et se trouve très proche de Dieu ; je dois cependant remarquer qu'au milieu de ces tourments spirituels, , elle est proche de Dieu, mais elle est aveugle. Le regard de l'âme est plongé dans les ténèbres ; Dieu est tout proche de l'âme qui souffre, seulement tout le secret est qu'elle n'en sait rien. Elle affirme que non seulement Dieu l'a délaissée, mais qu'elle l'objet de Sa haine. Quelle grave maladie que cet aveuglement de l'âme ! Frappée de la lumière divine, l'âme affirme que cette lumière n'existe pas, alors que justement elle est si forte qu'elle l'aveugle. Malgré tout, j'ai reconnu plus tard que Dieu est plus proche de l'âme dans ces moments qu'à d'autres, car elle ne pourrait pas endurer ces épreuves à l'aide d'une simple grâce. La toute -puissance de Dieu agit ici à l'aide d'une grâce extraordinaire, car autrement l'âme succomberait au premier choc.

110. O Divin Maître, Vous seul êtes à l'œuvre dans mon âme. O Seigneur, Vous ne craignez pas de placer une âme au bord d'un précipice où elle ressent peur et angoisse, et de nouveau vous la rappelez vers Vous. Voilà Vos inconcevables mystères.

111. Lorsque pendant ces tourments de l'âme, je tâchais de m'accuser dans la confession de toutes les plus petites choses, le prêtre s'étonnait que je ne commette pas de faute plus grave et il me dit « Si vous êtes aussi fidèle à Dieu pendant ces tourments, ceci, seul, est la preuve que Dieu vous soutient, ma Sœur, d'une grâce particulière ; et c'est aussi bien que vous ne le compreniez pas. » Mais c'est chose étonnante que dans cette matière, les confesseurs n'aies pu me comprendre, ni m'apaiser, jusqu'à ce que je rencontre le père Andrasz Sopocko.

112. Quelques mots sur la confession et les confesseurs. C'est seulement le souvenir de ce que j'ai éprouvé dans mon âme. Il y a trois choses qui empêchent l'âme de tirer profit de la confession dans ces moments exceptionnels :
a) Quand le confesseur connaît peu les voies extraordinaires et qu'il manifeste de l'étonnement lorsque l'âme lui dévoile les grands mystères que Dieu opère en elle. Cet étonnement effraye une âme sensible. Elle se rend compte que le confesseur hésite à donner son avis, elle ne s'apaise pas. Et elle éprouvera encore plus de doutes après la confession qu'avant, car elle sent que le confesseur s'efforce de la tranquilliser sans conviction.

Ou bien, ce qui m'arriva, le confesseur, ne pouvant pénétrer quelques uns des secrets de l'âme, refuse d'entendre sa confession et manifeste une certaine peur quand cette personne s'approche du confessionnal. Comment peut-on, dans ces conditions, puiser de l'apaisement au confessionnal ?

A mon avis dans ces moments d'épreuves divines peu ordinaires pour l'âme, il devrait lui indiquer un confesseur expérimenté et instruit, ou bien chercher lui-même la lumière pour donner à l'âme ce dont elle a besoin, mais non pas lui refuser la confession. Car en agissant ainsi, il expose le pénitent à u grand danger et plus d'une âme peut s'écarter de la voie où Dieu voulait la voir s'engager. C'est une chose très grave, je l'ai moi-même expérimentée. Je commençais déjà à vaciller malgré les dons tout particuliers de Dieu ; et bien que Dieu, Seul, m'apaisât, j'ai toujours désiré y ajouter le sceau de l'Eglise.

b) Quand le confesseur ne permet pas de s'exprimer en toute sincérité et qu'il montre son impatience. Alors l'âme se tait et ne dit pas tout. Et elle retirera moins encore si le confesseur commence à éprouver cette âme, sans la connaître ; car alors au lieu de l'aider, il lui fait du tort. Car elle sait que le confesseur ne la connaît pas, puisqu'il ne lui à pas permis de dévoiler complètement ses grâces et sa misère. L'épreuve n'est donc pas conforme. J'ai subi quelques épreuves qui m'ont fait rire.

J'exprimerai mieux ceci par une comparaison : le confesseur est le médecin de l'âme. Mais comment le médecin peut-il donner le remède qui convient s'il ne connaît pas la maladie ? Ou bien, le remède ne produit pas l'effet désirable, ou bien le remède sera trop fort et augmentera encore la maladie, ou provoquera même, parfois, la mort. Je dis cela, car j'ai éprouvé qu'en certain cas, le Seigneur, Seul, me soutenait directement.

c) Le troisième cas. Il arrive aussi que le confesseur méprise parfois les petites choses. Or, il n'y a rien de petit dans la vie spirituelle. Parfois un détail, en apparence insignifiant, permettra de découvrir une chose plus grave, et sera pour le confesseur le faisceau lumineux qui lui permettra de connaître l'âme. Les choses infimes recèlent beaucoup de nuances spirituelles. Si nous rejetons les petites briques, le magnifique édifice ne s'élèvera jamais. Si Dieu exige de telle âme une grande pureté,il lui donnera une connaissance plus profonde de sa misère. Et éclairée par la lumière d'en haut, elle découvrira mieux ce qui plait à Dieu et ce qui lui déplait. Le péché est selon la connaissance et la lumière de l'âme, le même mal que les imperfections, bien qu'elle sache que le péché est strictement la matière du sacrement.

Mais pour l'âme qui tend à la sainteté, ces petites choses sont d'une grande importance, et le confesseur ne peut les mépriser. La patience et la douceur du confesseur ouvrent la voie aux plus profonds secrets de l'âme. Elle dévoile à son insu, ce qui est au plus profond d'elle-même, et elle se sent plus forte et plus résistante. Elle combat plus courageusement, elle tâche de mieux faire, car elle sait qu'elle doit en rendre compte.
Je mentionnerai encore une chose, à propos du confesseur. Il doit mettre l'âme à l'épreuve, la sonder, l'exercer pour savoir s'il a affaire à de la paille, à de fer ou à de l'or pur. Ces trois catégories d'âmes ont besoin d'exercices différents. Il doit - et ceci absolument - se former un jugement clair sur chacune d'elles pour savoir ce qu'elles peuvent supporter dans de tels moments, telles circonstances, tel cas. Quant à moi, plus tard, après beaucoup d'épreuves, lorsque je voyais que je n'étais pas comprise, je ne dévoilais plus mon âme et je ne troublais plus sa paix. Mais je ne le fit qu'à partir du moment où toutes ces grâces étaient soumises au jugement d'un confesseur sage, instruit et expérimenté. Maintenant je sais comment je dois me conduire dans certains cas.

113. Et à nouveau je voudrais ajouter quelques mots pour les âmes qui désirent tendre à la sainteté et porter du fruit grâce à la confession.
Premièrement : entière sincérité, franchise absolue. Le plus saint et le plus sage des confesseurs ne peut faire violence à l'âme pour y infuser de force ce qu'il veut pour elle, si celle-ci n'est ni sincère ni franche. L'âme qui n'est pas sincère et qui dissimule, s'expose à de grands dangers dans sa vie spirituelle. Et Jésus, Lui-même ne se donnera pas d'une manière plus profonde à cette âme, car Il sait qu'elle ne profitera pas de ces grâces particulières.
Deuxièmement : humilité. L'âme ne profite pas comme il faut du sacrement de la confession, si elle n'est pas humble. L'orgueil la tient dans l'obscurité. Elle ne sait pas et ne veut pas rentrer avec précision au fond de sa misère. Elle se masque et évite tout ce qui pourrait la guérir.
Troisièmement : obéissance. L'âme désobéissante ne remportera aucune victoire, même si Jésus Lui-même la confesserait directement. Le plus expérimenté des confesseurs n'aidera en rien cette âme. L'âme désobéissante s'expose à de grands dangers. Elle ne progressera pas dans la perfection. Dieu comble très généreusement l'âme de Ses grâces, mais seulement l'âme obéissante.

114. Oh ! qu'ils sont beaux les hymnes que chante une âme souffrante. Elle enchante le ciel entier quand elle se répand en en lancinantes élégies, surtout quand Dieu l'éprouve. Sa beauté est grande, car elle vient de Dieu. Cette âme passe par le désert de la vie, blessée par l'amour divin. Elle ne touche pas terre, elle l'effleure.

115. Quand l'âme est sortie de ces tourments, elle est profondément humble. Sa pureté est grande. Sans réfléchir, elle sent mieux ce qu'elle doit faire à tel moment et ce à quoi elle doit renoncer. Elle ressent la plus légère touche de la grâce et elle est très fidèle à Dieu. Elle reconnaît Dieu de loin et se réjouit continuellement en Lui. Elle découvre très rapidement Sa Présence dans les âmes des autres, et en général dans son entourage. Elle est purifiée par Dieu seul. Dieu étant pur esprit, introduit l'âme dans une vie purement spirituelle. Dieu, Seul, l'a tout d'abord préparée et purifiée, c'est-à-dire, qu'Il l'a rendue capable d'une étroite intimité avec Lui. Reposant dans l'amour, d'une manière toute spirituelle, elle demeure avec le Seigneur. Elle parle à Dieu, sans s'exprimer avec les sens. Dieu remplit l'âme de Sa lumière. Son intelligence voit clairement et distingue les degrés de la vie spirituelle. Elle voit qu'elle était unie à Dieu de façon imparfaite : ses sens prenaient part à cette union, et le spirituel se trouvait mêlé au sensoriel d'une manière déjà supérieure et particulière, il est vrai, mais encore imparfaite. Il existe une union à Dieu plus haute et plus parfaite : c'est l'union spirituelle. L'âme y est davantage à l'abri des illusions. Sa spiritualité est plus profonde et plus pure. Dans la vie,où les sens jouent un rôle, on est plus exposé aux illusions. La prudence de l'âme elle-même, et des confesseurs, devrait être plus grande. Il y a des moments où Dieu introduit l'âme dans un état purement spirituel. Les sens s'éteignent et sont quasi morts. L'âme est unie à Dieu de la façon la plus étroite : elle est plongée dans la Divinité. Sa connaissance est complète et parfaite, non plus sporadique - comme auparavant, mais totale et entière. Elle en éprouve de la joie.

Mais je veux encore parler des moments d'épreuves : il faut alors que les confesseurs soient patients envers l'âme. Mais l'âme doit aussi avoir la plus grande patience avec elle-même.

116. Mon Jésus, vous savez ce que ressent mon âme au souvenir de ces souffrances. Plus d'une fois je m'étonnais que les anges et les Saints puissent se taire devant de telles souffrances de l'âme. Mais ils nous aiment particulièrement dans ces moments là. A maintes reprises, mon âme a crié vers Dieu, comme un petit enfant, quand sa mère se voile le visage et qu'il ne peut la reconnaître ; il crie alors de toutes ses forces. O mon Jésus, honneur et gloire Vous soient rendus pour ces épreuves d'amour. Votre miséricorde est grande et inconcevable. Toutes vos intentions envers mon âme sont imprégnées de votre miséricorde.

117. Je noterai ici que l'entourage ne devrait pas ajouter aux souffrances extérieures, car vraiment, lorsque le calice de l'âme est plein jusqu'au bord, c'est parfois justement cette petite goutte que nous ajoutons qui sera de trop, et la coupe d'amertume débordera. Et qui en sera responsable ?
Prenons garde de ne pas ajouter aux souffrances des autres, car cela ne plait pas au Seigneur. Si les Sœurs ou les Supérieures savaient ou soupçonnaient seulement qu'une âme est soumise à de telles épreuves, et lui ajoutaient des souffrances supplémentaires, elles pécheraient gravement et Dieu Lui-même revendiquerait Ses droits. Je ne parle pas des cas qui de par leur nature sont péché ; je parle de ce qui ne l'est pas d'habitude. Gardons-nous d'avoir de telles âmes sur la conscience. C'est grande faute dans la vie religieuse, d'ajouter des souffrances à une âme souffrante. Je ne parle pas pour tous, mais cela arrive. Ne nous permettons pas d'émettre des jugements de toutes sortes et de parler quand il vaudrait mieux se taire.

118. La langue n'est qu'un petit membre, mais elle fait de grandes choses. Une religieuse, qui n'est pas silencieuse n'arrivera jamais à la sainteté, c'est-à-dire qu'elle ne deviendra jamais sainte. Qu'elle ne s'illusionne pas. A moins que ce soit l'Esprit Divin qui parle par sa bouche ; il lui est alors défendu de se taire. Cependant pour entendre la voix divine, il faut garder le silence intérieur, et être silencieuse, non d'un silence morne, mais d'un silence de l'âme qui est recueillement en Dieu. On peut beaucoup parler sans rompre le silence, et par contre, parler peu et toujours rompre le silence.
Oh ! quel dommage irréparable cause le manque de silence ! On fait beaucoup de tort au prochain, mais plus encore à soi-même. A mon avis, et d'après mon expérience la règle concernant le silence devrait figurer à la première place. Dieu ne se donne pas à une âme bavarde qui bourdonne comme un faux-bourdon dans la ruche, mais n fait pas de miel : l'âme bavarde est vide à l'intérieur. Il n'y a en elle ni vertu fondamentale, ni intimité avec Dieu. Il n'est pas question pour elle, d'une vie plus profonde, d'une douce paix, ni du silence où demeure le Seigneur. Celui qui n'a jamais goûté à la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet qui trouble le silence d'autrui. J'ai vu beaucoup d'âmes qui étaient dans les gouffres de l'enfer pour n'avoir pas su garder le silence. Elles me l'ont dit elle mêmes, lorsque je les questionnais pour savoir ce qui avait causé leur perte. C'était des âmes religieuses. Mon Dieu, quelle douleur de penser qu'elles pourraient non seulement être au Ciel, mais même être Saintes.

119. O Jésus-Miséricorde, je tremble à la pensée de devoir rendre compte de ma langue. Elle peut engendrer la vie, mais aussi causer la mort et nous tuons plus d'une fois avec notre langue. Nous commettons de véritables meurtres. Et cela aussi nous devrions le considérer comme choses de peu d'importance ? Vraiment je ne comprends pas ceux qui ont la conscience ainsi faite. J'ai connu une personne, qui ayant appris d'une autre qu'on avait dit telle et telle chose sur son compte,...tomba gravement malade. Elle perdit beaucoup de sang, versa beaucoup de larmes et ainsi jusqu'au dénouement fatal... qui fut ainsi l'effet, non du glaive, mais de la langue.
O mon Jésus silencieux, miséricorde pour nous !

120. Je me surprends à parler du silence et ce n'est pas de cela que je voulais parler, mais de la vie de l'âme avec Dieu et comment elle répond à la grâce. Quand l'âme est purifiée, que le Seigneur à établi avec elle une relation d'intimité, elle commence à tendre vers Dieu de toute sa force. Mais elle ne peut rien par elle-même. Dieu seul fait tout, l'âme le sait et elle en a conscience. Elle vit encore en exil et elle sait bien qu'il peut y avoir encore des jours gris et pluvieux ; mais elle le voit d'une autre manière. Loin de s'endormir dans une fausse paix, elle tend au combat. Elle sait qu'elle appartient à une génération chevaleresque. Elle se rend mieux compte de tout maintenant. Elle sait qu'elle est de race royale et que tout ce qui est grand et saint la concerne.

121. De nombreuses grâces que Dieu accorde à l'âme après cette épreuve du feu, lui permettent de jouir d'une étroite union avec Dieu. Elle a un grand nombre de visions sensibles et spirituelles. Elle entend un grand nombre de paroles surnaturelles et plus d'une fois des ordres précis ; mais malgré ces grâces, elle ne se suffit pas à elle-même. D'autant que, comme Dieu la visite de Ses grâces, elle s'expose à toutes sortes de dangers et peut facilement tomber dans l'illusion. Elle devrait prier pour avoir un guide spirituel ; car il faut s'efforcer d'en trouver un qui s'y connaisse, tel un chef dont le devoir est de connaître les chemins par lesquels il doit mener ses troupes au combat. Il faut préparer l'âme unie à Dieu à soutenir de grandes batailles, des combats acharnés.
Après ces purifications et ces épreuves, Dieu demeure dans l'âme d'une façon singulière ; mais l'âme ne collabore pas toujours avec ces grâces. Non qu'elle se refuse d'elle-même œuvrer, mais elle rencontre de si grandes difficultés extérieures et intérieures que vraiment il faut un miracle pour qu'elle se maintienne sur ces hauteurs. Ici, elle a absolument besoin d'un directeur averti.

Faustine 5
Souvent, on emplissait mon âme de doute, quand ce n'était pas moi qui m'alarmais moi-même, en me disant qu'après tout, je n'étais qu'une ignorante, qui connaissait si peu, et en particulier aux choses spirituelles. Cependant, quand les doutes augmentaient, j'allais chercher de la lumière auprès de mon confesseur ou des Supérieures. Mais je n'obtenais pas ce que j'aurais désiré.

122. Quand j'ai dévoilé mon âme aux Supérieures, l'une d'elles reconnut mon âme et la voie où Dieu voulait me conduire. En mettant en pratique ses indications, j'ai commencé à progresser sur la voie de la perfection. Mais cela n'a pas duré longtemps. Quand je lui ai dévoilé mon âme plus à fond, je n'ai pas reçu ce que je désirais. Ces grâces semblaient invraisemblables à la Supérieure, je ne pouvais donc plus trouver aucune aide auprès d'elle. Elle me disait qu'il était impossible que Dieu ait de tels rapports avec une créature. « J'ai peur pour vous, ma Sœur, n'est-ce pas une illusion ? Consultez un prêtre. » Mais le confesseur, lui non plus ne m'a pas comprise, il me dit : « Il vaudrait mieux, ma Sœur, parler de ces choses avec vos Supérieures. » Et je passais ainsi des Supérieures au confesseur et du confesseur aux Supérieures, sans trouver aucun apaisement.
Les grâces divines devinrent, pour moi, de grandes souffrances. Plus d'une fois il m'arriva de dire carrément au Seigneur : « Jésus, j'ai peur de Vous. N'êtes-Vous pas quelque fantôme ?» Il me tranquillisait toujours mais je restais incrédule. Chose étonnante : plus j'étais, plus Jésus me donnait de preuves qu'il était l'auteur de ces choses.

123. Quand je me rendis compte que je ne recevais aucun apaisement de la part des Supérieures, je pris la résolution de ne plus leur parler de ces choses purement intérieures. A l'extérieur je tâchais, comme doit le faire une bonne religieuse, de tout dire aux Supérieures ; mais je ne parlais qu'au confessionnal des besoins de mon âme. Je reconnus pour maintes raisons très justes, que la femme n'avait pas été appelée à discerner de tels mystères. Je m'étais exposée à beaucoup de souffrances inutiles.
Pendant longtemps, je fus considérée comme une possédée du démon et on me regardait avec pitié. La Supérieure pris certaines précautions à mon égard. Il m'arrivait d'entendre que les Sœurs aussi me considéraient comme telle. Et l'horizon s'assombrit autour de moi. Je tentais d'éviter ces grâces divines, mais ce n'était pas en mon pouvoir. Soudain, un tel recueillement s'empara de moi que, contre ma volonté, je me plongeai en Dieu et le Seigneur me garda auprès de Lui.

124. Mon âme toujours un peu alarmée au début, connut ensuite une paix ineffable et une force envahissante.

125. Tout était encore à supporter car, lorsque le Seigneur exigea que je peigne ce tableau, on se mit à parler de moi et à me regarder vraiment comme une hystérique, une illuminée, et on commença à en parler un peu ouvertement. Une Sœur vint me parler cœur à cœur. Elle commença à s'apitoyer sur moi : « J'entends dire de vous, ma Sœur, que vous êtes illuminée, que vous avez des visions. Ma pauvre Sœur, défendez-vous de cela. » Elle était sincère et me rapportait fidèlement qu'elle avait entendu. Mais c'est chaque jour que je devais écouter de semblables choses : Dieu seul sait combien cela me fatiguait.
126. Je résolus, malgré tout, de tout supporter en silence et de ne pas m'expliquer quand on me questionnait. Les uns étaient irrités de mon silence, surtout les plus curieux ; d'autres, qui réfléchissaient plus profondément disaient : « Pourtant Sœur Faustine doit être très près de Dieu puisqu'elle a la force de tant souffrir. » Et je voyais devant moi comme deux groupes de juges. Je tâchais d'être silencieuse intérieurement et extérieurement. Je ne parlais pas de ce qui concernait ma personne, malgré les questions directes de certaines Sœurs. Ma bouche devint muette. Je souffrais sans me plaindre comme une colombe. Mais certaines Sœurs trouvaient, semble-t-il, du plaisir à me vexer d'une manière ou d'une autre. Ma patience les irritait, mais Dieu me donnait tant de force intérieure que je supportais cela paisiblement.

127. J'ai compris qu'en de tels moments, personne ne m'aiderait, et j'ai commencé à prier et à demander au Seigneur de me donner un confesseur. Je désiras qu'un prêtre me dise seulement : « Soyez tranquille, vous êtes en bonne voie » ; ou bien : « Rejetez tout ceci, car cela ne vient pas de Dieu. » Mais je ne trouvais aucun prêtre aussi résolu, qui m'aurait ainsi parlé clairement au nom du Seigneur. L'incertitude se prolongeait donc. O Jésus, si c'est Votre volonté que je vive dans une telle incertitude, que Votre nom soit béni. Je Vous prie, Seigneur, dirigez Vous-même mon âme et soyez avec moi, car de moi-même, je ne suis rien.

128. Voilà que je suis jugée de tous côtés. Il n'y a plus rien en moi, qui n'ait échappé aux jugements de mes Sœurs. Mais bientôt tout se tassa en quelque sorte, et on commença à me laisser en paix. Mon âme exténuée se reposa un peu. Mais j'ai reconnu que le Seigneur était plus proche de moi au temps de ces persécutions. Cela ne dura pas longtemps. Un violent orage éclata à nouveau. Les soupçons d'autrefois étaient devenus désormais une sorte de certitude. Et il me fallut, à nouveau, écouter les mêmes chansons. C'est ainsi qu'il plut au Seigneur. Mais, chose singulière, même à l'extérieur je rencontrais des insuccès.

Cela me causa beaucoup de souffrances de toutes sortes, connues de Dieu seul. Je faisais tout mon possible pour tout faire avec la plus grande pureté d'intention. Je voyais désormais que j'étais partout surveillée, comme un voleur, comme un voleur : à la chapelle, pendant mon travail, dans ma cellule. Je sais que maintenant, outre la présence de Dieu, une présence humaine était sans cesse près de moi. Cette présence humaine me fatiguait beaucoup. A certains moments je me demandai si je devais oui ou nom me déshabiller pour me laver. Mon pauvre lit était décidément souvent contrôlé. Le rire me prit quand je vis qu'on ne laissait même pas mon lit en paix. Une Sœur me dit elle-même, que chaque soir, elle venait voir dans ma cellule comment je me comportais.
Mais malgré tout, les Supérieures sont toujours des Supérieures, et en dépit des humiliations personnelles que j'en reçus plus d'une fois et des doutes de toutes sortes dont elles me remplirent, elles me permettaient toujours ce que le Seigneur exigeait de moi, Non comme je le demandais, mais d'une autre façon, elles satisfaisaient les exigences du Seigneur, et me donnaient la permission de ces pénitences et de ces rigueurs

Un jour, une de ces Mères se fâcha si fort contre moi, et m'humilia tellement que je crus que je ne pourrais pas le supporter. Elle me dit : « Extravagante, hystérique, visionnaire allez-vous-en de cette chambre, que je ne vous voie plus. » Elle déversa sur moi tout ce qui lui passait par la tête. Arrivée dans ma cellule, je suis tombée devant la croix et je regardais Jésus, ne pouvant plus prononcer un mot. Pourtant je gardai ceci secret devant les autres et je fis comme si rien ne s'était passé entre nous.

129. Satan profite toujours de tels moments; des pensées de découragement commencèrent à me venir à l'esprit ; « Voila la récompense de ta fidélité et de ta sincérité. Comment peut-on être sincère lorsqu'on est si incomprise ? » Jésus, Jésus, je n'en puis plus. Et je tombais de nouveau à terre sous le poids de ce fardeau. La sueur commença à m'inonder, et je fus saisie de frayeur. Je n'avais personne sur qui m'appuyer intérieurement. Tout à coup, j'entendis une voix dans mon âme : « N'aie pas peur, Je suis avec toi ». Une singulière lumière éclaira mon esprit et je compris que je ne devais pas me laisser aller à une telle tristesse. Une force me remplit et je sortis de la cellule avec un nouveau courage pour souffrir.

130. Cependant j'ai commencé à me négliger un peu. Je ne prêtais plus attention à ces inspirations intérieures et m'appliquais à me dissiper. Mais malgré le bruit et la dissipation, je voyais ce qui se passait en mon âme. La parole de Dieu est éloquente et rien ne peut l'assourdir. J'ai commencé à éviter les rencontres du Seigneur dans mon âme, car je ne voulais pas être victime d'illusions. Mais Lui me poursuivait pour ainsi dire de Ses dons. Et vraiment je ressentais tour à tour tourments et joie. Je ne mentionne pas ici les diverses visions et grâces que Dieu m'accorda dans ces moments, j'en ai parlé ailleurs. Je noterai seulement ici que ces souffrances, ayant déjà atteint un sommet, je pris la résolution d'en finir avec mes doutes avant mes vœux perpétuels.

131. Pendant tout ce temps d'épreuve, je priais pour que Dieu éclaire le prêtre auquel je devais dévoiler mon âme à fond. Je demandais à Dieu, de m'aider Lui-même et de me donner la grâce de pouvoir exprimer les choses les plus cachées qui ont lieu entre le Seigneur et moi, et de me disposer à accepter toutes les décisions de ce prêtre comme venant de Jésus Seul. Sa décision m'importait peu. Je ne désire que la vérité, et une réponse décisive, à certaines questions. Je m'en remets complètement à Dieu, et mon âme désire la vérité. Je ne puis rester plus longtemps dans le doute, tout en ayant dans mon âme une si grande certitude que ces choses proviennent de Dieu, que je donnerai ma vie pour cela. J'ai cependant placé l'avis du confesseur au-dessus de tout. Et j'ai décidé de faire ce qu'i déciderait, et d'agir d'après les indications qu'il me donnera. Je regarde ce moment comme étant décisif pour le progrès de toute ma vie. Je sais que de cela dépendra tout. Peu importe, si ce qu'il me dira, sera en accord avec mes inspirations, ou tout à fait contraire, cela ne me trouble pas. Je désire connaître la vérité et la suivre.
« Jésus, vous pouvez m'aider ! » Et depuis ce moment j'ai pris une nouvelle voie. Gardant secrètes toutes les grâces reçues, j'attends ce que le Seigneur m'enverra. Ne doutant de rien, dans mon cœur, je priais le Seigneur qu'il daigne m'aider dans ces moments, et un certain courage entra dans mon âme.

132. Je dois encore mentionner que certains confesseurs aident l'âme et sont comme des pères spirituels quand tout va bien. Mais quand l'âme se trouve dans de plus grands besoins, alors ils sont perplexes et ne peuvent ou ne veulent pas comprendre l'âme. Ils tâchent de se débarrasser d'elle au plus vite ; mais si l'âme est humble, elle peut en retirer au moins un peu de profit. Dieu seul jettera parfois un faisceau de lumière au fond de cette âme, à cause de son humilité et de sa foi. Quelquefois le confesseur dit des choses qu'il n'avait pas du tout l'intention de dire, sans s'en rendre compte lui-même. Oh ! que l'âme croie bien que ce sont les paroles mêmes du Seigneur. Certes nous devons croire que chaque mot entendu dans le confessionnal a un caractère divin, mais les paroles dont je viens de parler proviennent, elles, directement de Dieu. Et l'âme sent que le prêtre ne parle pas de lui-même, il dit des choses qu'il n'avait pas l'intention de dire. Voilà comment Dieu récompense la foi.

J'ai éprouvé cela moi-même à maintes reprises. Il y avait un prêtre très savant et fort estimé - il m'arrivait parfois d'aller me confesser à lui - qui était toujours très sévère. Et il s'opposait à ces choses. Mais une fois il me répondit « Sachez, ma Sœur que si Dieu exige que vous acheviez ceci, il ne faut pas vous y opposer. Dieu veut parfois être loué justement de cette façon. Soyez tranquille, ce que Dieu a commencé, Dieu le finira. Mais je vous le dis : fidélité envers Dieu et humilité. Une fois encore : humilité. Rappelez-vous bien ce que je vous ai dit aujourd'hui. » Je me suis réjouie et j'ai pensé que peut-être, ce prêtre m'avais comprise. Mais les circonstances changèrent de telle sorte que je ne me suis plus jamais confessée à lui.
133. Une fois, une des Mères plus âgées m'appela et ce fut sur ma tête comme un coup de foudre dans un ciel qui semblait serein, à tel point que je ne savais pas ce dont il s'agissait. Je compris assez vite que c'était pour des choses qui ne dépendaient pas de moi. Elle me dit : « Ôtez-vous de la tête, ma Sœur, que Jésus soit si intime avec vous. Une telle misère, une telle imperfection ! Rappelez-vous que Jésus n'est en rapport si intime qu'avec les Saints. » J'ai avoué qu'elle avait raison, que j'étais misérable, mais néanmoins confiante en la Miséricorde divine. Quand j'ai rencontré le Seigneur, je me suis humiliée et j'ai dit : « Jésus Vous n'êtes pas, à ce qu'il parait , en rapport intime avec des misérables comme moi ? »-« Sois tranquille, ma fille, c'est justement par une telle misère, que je veux montrer la puissance de Ma Miséricorde. » J'ai compris que cette Mère voulait seulement m'humilier.

134. O mon Jésus, Vous m'avez bien éprouvée pendant cette courte vie, j'ai compris beaucoup de choses, tellement même que cela m'étonne maintenant. Oh ! Comme il est bon de se livrer totalement à Dieu et de lui permettre d'agir pleinement dans l'âme !

135. Pendant la troisième probation, le Seigneur me fit comprendre que je devais me sacrifier pour Lui, afin qu'il puisse faire de moi tout ce qu'il Lui plairait. Je dois me placer devant Lui en attitude d'oblation. Au premier moment, j'étais toute effrayée, sentant que j'étais un abîme de misère, moi qui me connaissais bien. J'ai répondu encore une fois au Seigneur : « Je suis la misère même, comment puis-je être un otage ? » -« Tu ne le comprendra pas aujourd'hui. Demain, pendant ton adoration, je te le ferai connaître. » Mon cœur frémit autant que mon âme. Ces mots s'enfoncèrent profondément dans mon âme. La parole de Dieu est vivante.

Lorsque je suis venue pour l'adoration, j'ai senti intérieurement que j'étais entrée dans le temple du Dieu vivant dont la Majesté est grande et inconcevable. Et Il me fit connaître ce que sont vis-à-vis de Lui les esprits les plus purs. Bien que ne voyant rien, la présence divine me pénétra jusqu'au fond de moi-même. Dans le moment même, mon esprit fut singulièrement éclairé. Devant les yeux de mon âme passa une vision, comme la vision de Jésus au Jardin des Oliviers. D'abord les souffrances physiques et toutes les circonstances qui augmenteront, puis les souffrances spirituelles dans toute leur étendue et celles aussi dont personne ne saura jamais rien. Tout entra dans cette vision : les soupçons injustes, la perte de la bonne renommée. Je l'ai écrit en résumé, mais cette connaissance était déjà si nette, que tout ce par quoi je suis passée plus tard, n'a rien changé au moment où je l'ai connu. Mon nom doit être : »sacrifice ».

Quand la vision fut finie, une sueur froide baignait mon front. Jésus me fit savoir que m^me si je n'y consentais pas, je pouvais me sauver. Il ne me donnerais pas moins de grâces, et Il continuerait a avoir avec moi les mêmes rapports intimes. Donc, même si je ne consentais pas à ce sacrifice, la largesse de Dieu ne diminuerait pas en ma faveur. Et le Seigneur me fit savoir que tout le mystère dépendait de moi, de mon consentement volontaire au sacrifice avec la pleine connaissance de mon esprit. C'est cet acte volontaire et conscient qui fait toute sa puissance et sa valeur aux yeux de Sa Majesté. Même si rien de ces choses pour lesquelles je me suis offerte n'arrivait, tout était déjà comme consommé pour le Seigneur.

136. A ce moment je connus que j'entrais directement en communication avec la Majesté inconcevable. Je sentis que Dieu attendait ma réponse, mon consentement. Alors mon esprit se plongea dans le Seigneur et je dis : « Faites ce qu'il Vous plaira de moi, Seigneur. Je me livre à Votre volonté qui sera désormais ma nourriture. Je serai fidèle à Vos exigences, avec l'aide de Votre grâce. Faites de moi ce qu'il Vous plaira. Mais je vous en supplie, Seigneur, soyez avec moi à chaque instant de ma vie. »

137. Au moment où j'ai consenti au sacrifice avec ma volonté et mon cœur, la Présence divine me pénétra. Mon âme fut plongée en Dieu et inondée d'un tel bonheur, que je ne puis le décrire, même en partie. Je sentais que la Majesté divine m'entourait. J'étais singulièrement unie à Dieu. Je voyais à quel point je plaisais à Dieu et réciproquement, mon esprit s'abîmait en Lui. Consciente de cette union avec Dieu, je sens que je suis particulièrement aimée, et, en retour, je L'aime de toute la force de mon âme. Un grand mystère eut lieu pendant cette adoration. Un mystère entre le Seigneur et moi. Il me semblait en voyant l'amour dans Son regard que j'allais expirer. J'eu une longue causerie avec le Seigneur, sans prononcer un mot. Et il me dit : « Tu es le délice de mon Cœur. A partir d'aujourd'hui, le moindre de tes actes, est un plaisir à Mes yeux, quoi que tu fasses. » De ce moment je me sentis consacrée. L'enveloppe du corps reste la même, mais l'âme est autre. Dieu demeure en elle et se complait en elle. Ce n'est pas un sentiment, mais une réalité consciente que rien ne peut assombrir. Un grand mystère s'est accompli entre Dieu et moi. Mon âme en fut affermie et fortifiée.

138. L'adoration finie, je sortis, regardant paisiblement en face tout ce dont j'avais tellement peur avant. Quand j'arrivai dans le corridor, une grande souffrance et une humiliation m'attendaient infligées par une certaine personne. Je les acceptais en soumission à une volonté plus haute et je me suis fortement serrée contre le Sacré-Cœur de Jésus montrant, de cette façon, que je suis prête à ce à quoi je me suis offerte. La souffrance semblait surgir sous mes pas, même Mère Marguerite Gimbutt en fut étonnée. Beaucoup de choses échappaient aux autres, car vraiment il n'y avait pas de quoi y faire attention. Mais à moi rien n'échappait, chaque mot était analysé, chaque pas observé.

Une Sœur me dit : « Préparez-vous, ma Sœur à recevoir une petite croix, que vous réserve la Mère Supérieure, j'ai pitié de vous, ma Sœur. » Et mon âme se réjouit, car j'y étais prête depuis longtemps ; quand elle perçut mon courage elle fut étonnée. Je vois maintenant que l'âme seule ne peut grand-chose par elle-même, mais avec Dieu elle peut tout. Telle est la puissance de la grâce de Dieu. Peu d'âmes restent toujours attentives aux inspirations de Dieu; et encore moins, suivent ces inspirations divines.

139. Cependant l'âme fidèle à Dieu ne peut pas décider seule de ses inspirations, elle doit les soumettre au contrôle d'un prêtre prudent et avisé et tant qu'elle n'a pas acquit la certitude, il faut qu'elle reste incrédule. Quelle ne se fie pas, seule, à ces inspirations et à toutes ces grâces reçues d'en haut ; car elle peut s'exposes à de grands désastres.
Bien que l'âme discerne les fausses inspirations de celles de Dieu, qu'elle soit cependant prudente. Car il y a beaucoup de choses incertaines. Dieu aime et apprécie quand l'âme ne croit pas en Lui, par amour pour Lui, quand elle demeure prudente, qu'elle demande et cherche de l'aide pour se prouver à elle-même que c'est vraiment Dieu, qui agit en elle. Et si un confesseur éclairé le lui affirme, quelle soit tranquille et se rende à Dieu suivant les indications du confesseur.

140. L'amour pur est capable de grandes actions et ni les difficultés ni les contrariétés ne peuvent le briser. Quand l'amour surmonte de grandes difficultés, il est aussi persévérant dans la vie monotone et ennuyeuse de chaque jour. Il sait qu'une seule chose plaît à Dieu : tout faire, même les moindres choses avec un grand amour - l'amour et l'amour seul.

L'amour pur ne s'égare pas et ne fait rien qui pourrait déplaire à Dieu. Il est ingénieux pour faire ce qui est le plus agréable à Dieu et personne ne l'égalera ; son bonheur est de s'anéantir et de brûler comme une offrande pure. Plus il se donne, plus il est heureux. De plus, personne ne sait deviner les dangers d'aussi loin que lui. Il sait démasquer et il sait aussi à qui il a affaire.

141. Mais mes tourments arrivaient à leur fin. Le Seigneur me donna l'aide promise. Je la vis en la personne de deux prêtres : le Père Andrasz et l'abbé Sopocko. Pendant la retraite, avant mes vœux perpétuels, je fus, pour la première fois, tranquillisée à fond. Et plus tard, je fus guidée dans la même direction par l'Abbé Sopocko. Ainsi s'accompli la promesse du Seigneur.

142. Lorsque je fus tranquillisée et instruite de la façon dont je devais avancer dans les voies divines, mon esprit s'est réjoui dans le Seigneur, et il me semblait que je ne marchais pas, mais que je courrais. Les ailes déployées pour le vol, j'ai commencé à planer en plein soleil, et je ne descendrai pas jusqu'à ce que je repose en Celui en qui mon âme s'est perdue pour l'éternité. Et je me suis totalement soumise à l'influence de la grâce ; les abaissements de Dieu envers mon âme sont bien grands. Je ne m'écarte ni ne me refuse; mais je me noie en lui, comme mon seul trésor. Je suis un avec le Seigneur. Le gouffre qui nous sépare : le Créateur et sa créature, semble avoir disparu.

Pendant quelques jours, mon âme vécut comme en une incessante extase. La présence de Dieu ne me quittait pas un instant. Et je restais en continuelle union amoureuse avec le Seigneur. Cependant cela ne m'empêchait pas d'accomplir mes devoirs. Je sentais que j'étais transformée en amour, je brûlais toute mais sans me consumer. Je m'anéantissais continuellement en Dieu. Dieu m'attirait à Lui avec une telle force et une telle puissance que par moment je ne me rendais plus compte que j'étais sur terre.
Si longtemps j'avais gêné et craint la grâce ! et maintenant Dieu, par l'intermédiaire du Père Andrasz éloignait toutes les difficultés. Mon esprit fut tourné vers le soleil et s'épanouit dans sa lumière pour Lui seul, je ne comprends plus...(ici la phrase s'interrompt et Sœur Faustine commence une toute autre pensée à la ligne suivante

143. J'ai gaspillé bien des grâces divines, car j'avais toujours peur d'être dans l'illusion. Dieu m'attirait à Lui avec une telle puissance que souvent il n'était pas en mon pouvoir de résister à Sa grâce lorsque j'étais soudain plongée en Lui. Dans ces moments, Il me remplissait d'une telle paix que, même quand je voulais, par la suite, m'inquiéter, je ne le pouvais pas.. Et, un jour, j'entendis dans mon âme ces paroles : « Pour que tu sois assurée que c'est Moi qui suis l'auteur de toutes ces exigences, Je t'accorderai une paix si profonde que, même si tu voulais t'inquiéter et t'effrayer, aujourd'hui ce ne sera pas en ton pouvoir ; l'amour va inonder ton âme jusqu'à l'oubli de toi. »

144. Plus tard, Jésus me donna un autre prêtre, devant lequel il m'ordonna de dévoiler mon âme. Je le fis au premier moment avec un peu d'hésitation ce qui me valut une sévère réprimande de Jésus, à la suite de laquelle mon âme fut envahie par une profonde humilité. Sous sa direction cependant, mon âme progressait rapidement dans l'amour de Dieu, et de nombreuses demandes du Seigneur furent extérieurement accomplies. Plus d'une fois, son courage et sa profonde humilité retinrent mon attention.


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