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  • : Blog Parousie de Patrick ROBLES (Montbéliard, Franche-Comté, France)
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  • Patrick ROBLES
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 12:16

Première Communion de Thérèse dans la chapelle des Bénédictines de Lisieux le 8 mai 1884

Tableau de Soeur Marie du Saint-Esprit, carmélite de Lisieux (54 cm x 73 cm)

d'après une grisaille à l'huile de Blanchard retouchée par Céline, soeur de Thérèse

Source : Archives du Carmel de Lisieux

 

 

 

Hymnes à Sainte Thérèse

de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

 

 

Hymne 1

Qu’ils chantent le nom et la gloire de la sainte Vierge Thérèse,

ceux qui croient avec amour aux saints dons du divin Enfant.

Sa patronne et mère l’appelle aux sommets du mont Carmel ;

Thérèse s’y élance sur les traces de son Époux.

Animée par l’esprit de Jésus, elle révèle les mystères de la grâce ;

elle enseigne au monde en maîtresse les voies simples des enfants.

Les saints cloîtres eux-mêmes respirent les fleurs de vertu

que la chaste Vierge cultive, comme un Ange descendu du ciel.

Mais un chant n’exprime pas tous les élans de son amour ;

aucune enceinte ne peut contenir la puissance de ses soupirs.

A vous, Jésus, soit la gloire, vous qui vous révélez aux tout-petits,

comme au Père et au Saint-Esprit, dans les siècles éternels.

Amen.

 

 

Hymne 2

La charité immense du Christ la pousse à entreprendre de grandes choses,

cette Vierge ornée de la couronne des Apôtres et des Martyrs.

Souhaitant, victime d’amour, être brûlée d’un feu mystique,

elle prie son Époux d’attiser les flammes suprêmes de l’holocauste.

Messagère d’éternité, voici que vient la mort désirée.

Murmurant : « Je vous aime ! » Thérèse s’envole vers le Christ.

Jouissant maintenant du bonheur céleste, souviens-toi,

du haut du ciel, de répandre largement les roses que tu avais promises.

Et vous, Roi au cœur très doux, qui préparez un royaume aux petits,

accordez-nous d’entrer à sa suite au bienheureux séjour.

A vous, Jésus, soit la gloire, vous qui vous révélez aux tout-petits,

comme au Père et au Saint-Esprit, dans les siècles éternels.

Amen.

 

 

Hymne 3

O vierge, tu trônes au palais éclatant de lumière divine ;

répondant à nos vœux, selon ta promesse, tu réconfortes

ceux qui te prient, par une pluie de roses.

Que ces roses soient pour nous la lumière brillante de la foi céleste,

l’espérance qui soutient dans l’adversité,

et la vertu vivace d’une sainte charité.

Que ces roses soient pour nous ta candeur d’enfant

abandonné au Seigneur, qui, par sa grâce paternelle,

nous rend douces même les amertumes de notre vie.

Que tout cela nous soit accordé par la Déité bienheureuse du Père,

et du Fils, et du Saint-Esprit, dont la gloire éclate dans le monde entier.

Amen.

 

Source : Messe et offices de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, vierge et docteur de l’Eglise sur le site introibo.fr

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 16:23

Grégory Villemin

1980-1984

 

 

 

Puget-Théniers, mercredi 28 juin 2017

 

 

Poème aux enfants martyrs

 

Doux enfants innocents dont on a fait couler le sang, en moi je vous sens,

Belles et blanches brebis envoyées vers l’abattoir, avec vous je descends,

Frêles colombes à qui de viles et veules veuves noires ont volé le sourire, je pleure en dedans,

Embryons broyés dans le placenta de vos mamans, je verse des larmes de sang,

Petits enfants non désirés, non choyés, mal-aimés, maltraités, je vous berce tendrement,

Petits chéris endoctrinés, rejetés, avilis, violés, égorgés, décapités, je souffre vos tourments,

Mes tout petits tétanisés, terrorisés, torturés, martyrisés, assassinés, vous êtes déjà si grands,

Pauvres mères et pères, familles et proches affligés, je partage le supplice de vos hurlements,

Lucioles célestes du salut luisant sans cesse sur les âmes seules, je vous étreins tendrement,

Petits anges de Dieu, saints enfants martyrs, je suis votre papa d’amour éternellement.

 

Poème écrit par Patrick ROBLES le 28 juin 2017

 

Charles-Edouard Turquin

1983-1991

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 11:31

Pensées et Prières

 

 

Manchester, ville martyre

 

 

 

 

Saffie Rose Roussos, 8, from Leyland (Lancashire), youngest victim

Saffie Rose Roussos, 8 ans, de Leyland (Angleterre),
plus jeune victime de l'attentat de Manchester le 22 mai 2017
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 07:45

Venerable-Anne-Madeleine-Remuzat.jpgMadeleine Rémusat

Sœur Anne-Madeleine

née le 29 novembre 1696 à Marseille

morte le 15 février 1730 à Marseille

 

 

 

Gif-drapeau-Marseille--France---parousie.over-blog.fr.gif

 

 

 

La ville et le diocèse de Marseille ont été les premiers au monde, en 1720, à être consacrés au Sacré-Cœur de Jésus, grâce à la Vénérable Anne-Madeleine Rémuzat.

 

Au cours du Carême de 1718, à l’église des Cordeliers, le Visage du Christ apparaît dans l’Hostie. Avertie surnaturellement, Soeur Rémuzat prévient Mgr de Belsunce : "si Marseille ne se convertit pas, un terrible fléau ravagera la ville." Les édiles et le peuple ne tiennent aucun compte des avertissements de l’Évêque.

 

En effet, la peste se déclare à Marseille en juillet 1720 (apportée le 25 mai 1720 par le navire "Grand Saint-Antoine", venant de Sidon (Saïda au Liban) : 45 % de la ville mourra.

En octobre, alors qu’elle est en adoration, le Christ lui fait entendre qu’à la faveur de ce fléau elle verra se réaliser l’institution d’une fête en l’honneur de son Cœur Sacré ; il lui en précise les conditions peu après. Le message est transmis à Mgr de Belsunce qui décide, le 22 octobre 1720, d’établir la fête du Sacré-Cœur dans son diocèse. Le 1er novembre suivant, la ville et son diocèse sont consacrés solennellement par lui au Sacré-Cœur de Jésus.

 

Aussitôt après la consécration de la ville et du diocèse au Sacré-Coeur, il n’y a plus de morts à Marseille à cause de la peste. Mais la dépravation des moeurs et les menées jansénistes reprennent et la peste reapparaît en mai 1722.

Les édiles font "voeu ferme, stable et irrévocable, à perpétuité, à aller toutes les années au jour de la fête du Sacré-Coeur de Jésus, entendre la Sainte Messe dans l’église du premier monastère de la Visitation, y communier et à assister le soir à une procession d’action de grâces."

La peste disparaît dès lors définitivement de Marseille alors que près de là, aux Lazarets, entre 1722 et 1845, on dénombre jusqu'à 22 reprises de l'épidémie.

Soeur Anne-Madeleine Rémuzat fait circuler, pendant cette période, ce qu'on a appelé la Sauvegarde, où figurait cette injonction efficace et surprenante pour arrêter la contagion :

"Arrête ! Le Coeur de Jésus est là !"

 

Sources :

http://marseille.catholique.fr

http://www.salve-regina.com

http://lesalonbeige.blogs.com/

 

 

La Vénérable Anne-Madeleine Rémuzat a été la fondatrice de l’"Association de l’Adoration perpétuelle  du Sacré-Cœur de notre Seigneur Jésus-Christ" en 1717 (après en avoir reçu l'approbation dans un bref du Pape Clément XI le 30 août 1717), élevée au rang d'Archiconfrérie par le pape Léon XIII le 31 août 1880.

 

En 1724, elle reçoit les stigmates de la Passion, mais sur sa demande et par ses prières à Dieu, ils disparaissent. Mère de Nogaret et ses Sœurs ont constaté post mortem une marque sur la poitrine de la Vénérable Anne-Madeleine Rémuzat.

 

De nombreux miracles lui ont été attribués. Malheureusement, les documents qui les relataient ont été brûlés, ce qui aurait pu faire grandement avancer sa cause en béatification introduite le 24 décembre 1891.

 

Anne-Madeleine-Remuzat-1.png

 

 

Anne-Madeleine Rémuzat 2

 

Anne-Madeleine Rémuzat 3

 

 

Anne-Madeleine-Remuzat-4.png

 

 

Sacre-Coeur-de-Jesus--Basilique-du-Sacre-Coeur-de-Marsei.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prières et dévotion au Sacré-Coeur de Jésus

 

 

Paroles de la Vénérable Anne-Madeleine Rémuzat

 

« Les adorateurs, prendront leur tour d’adoration, auprès de l’Eucharistie, du Sacré-Cœur de Jésus, lorsque cela leur sera possible. Ils marqueront, le jour et l’heure de ce temps d’adoration ; ils l’accompliront à l’église ou chez eux. L’important c’est qu’ils s’unissent à Jésus présent dans le Tabernacle. »

 

Dévotion au Sacré-Cœur de Jésus

 

 

Statue-en-bronze-de-Mgr-de-Belsunce-effectuee-par-Joseph-M.jpg

Henri François-Xavier de Belsunce-Castelmoron (1671-1755)

Monseigneur de Belsunce, Évêque de Marseille (1709-1755)

 

 

 

Sacre-Coeur--4-.jpg


 

Acte de consécration au Sacré-Coeur de Jésus

de Monseigneur de Belsunce

 

Ô Coeur Sacré et Adorable du Sauveur de tous les hommes,

je Te consacre de nouveau cette ville et ce diocèse,

mon cœur  et celui de mes diocésains.

 

Nous offrons, sans réserve et sans retour,

tous nos cœurs à Ton service : viens, Ô Dieu de Bonté,

viens en prendre possession, viens y régner seul.

 

Chasses-en tout ce qui Te déplaît,

orne-les de toutes les vertus

qui peuvent rendre nos cœurs selon le Tien :

doux, humbles et patients.

 

Qu'ils n'oublient jamais les saintes résolutions

qu'ils ont formées dans ces jours de deuil et de larmes.

Fortifie leur faiblesse,

sois leur guide, leur consolateur, leur défenseur.

 

Que rien ne soit jamais capable

de les séparer de Toi pendant la vie,

et surtout au moment de la mort.

 

Qu'ils ne vivent plus que pour Toi,

afin que nous T'aimions,nous te bénissions

pendant toute l’Eternité.

Amen.

 

Cette consécration de Mgr de Belsunce est renouvelée chaque année par l'Archevêque de Marseille.

 

 

Mgr-Ellul--Postulateur-officiel-de-la-beatification-de-la-.jpg

Monseigneur Jean-Pierre Ellul

Recteur de la Basilique du Sacré-Cœur de Marseille

Postulateur officiel de la cause en béatification

de la Vénérable Anne-Madeleine Rémuzat

depuis le 9 avril 2009

 

 

Pour toute Grâce reçue, écrire à cette adresse :

 

Mgr Jean-Pierre ELLUL

2 bis, rue St Adrien

13008 MARSEILLE

 

 

Prières au Sacré-Cœur de Jésus

 


 

 

 

Venerable-Anne-Madeleine-Remuzat--Basilique-du-Sacre-Co.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sister Anne Madeleine Remusat

 

Nun in the Monastery of the Visitation, Sister Anne Madeleine Remusat saved the Marseille fever, with the assistance of Bishop Belzunce. She spread the backups, images of the Sacred Heart, with the inscription: Stop The Heart of Jesus is there. His confidence was rewarded: more than

 

Once the scourge seemed to shrink from the holy image. She also requested the consecration effective faithful to the Sacred Heart.

 

Here also his story: "Our mother superior, she said, had asked me to pray to our Lord to deign to let us know by what means He wanted her to honor his Heart for the cessation of the plague which ravaged the city. I asked him just before the communion, out of its lovely inside a virtue that not only heals stains of my soul, but enlighten me on the subject of the application that I was obligated to do. He showed me he wanted to purge the Church of Marseilles errors which it was infected (Jansenism), by opening his heart lovely, source of all truth, he asked a feast day he had himself chosen to honor his heart, and that until him this honor, it was necessary that every believer is dedicated with a prayer the choice of the Bishop, to meet under the plan of God the Most Sacred Heart of her Son; by this means they should be delivered from the contagion, and, finally, all those indulge in this devotion does not help that when they fail in this divine Heart fail power. "

 

We know how Belzunce Bishop consecrated Marseille to the Sacred Heart in 1720 and saves the plague.

 

For us, Our Lord wants to bless us that we do a dedication to His Heart effective, not only with words but with habits of repair, love and sacrifice.

 

Sacre-Coeur.jpg

Ven. Anne-Madeleine Remuzat

 

Born at Marseilles, 29 Nov., 1696; died 15 Feb., 1730. At nine years of age she asked her parents to be allowed to enter the convent of the Visitation; the request was granted. From 1708 she began to experience severe sufferings which, during her whole life, she bore patiently for the salvation of souls. In 1709 her parents withdrew her, but in 1711 she re-entered the convent and on 23 Jan., 1713, made her profession. At this time she applied herself to prayer, and the "Spiritual Retreat" written then is a proof of her progress in the contemplative life. She experienced on 17 Oct., 1713, a "particular and extraordinary" revelation of Jesus "concerning the glory of his Sacred Heart". As the repute of her sanctity became known, Anne-Madeleine was consulted by many, and was thus the means of spreading devotion to the Sacred Heart. Her influence actuated Mgr de Belsunce to establish at Marseilles the Association of Perpetual Adoration of the Sacred Heart, of which she wrote the statutes. As Jansenism and a spirit of moral laxity had then invaded the town Anne-Madeleine suffered keenly, and in reparation inflicted on her body continual mortifications; when her superiors interdicted these austerities, she begged our Lord to mortify her himself; and from that day she went into a painful decline, while her soul was abandoned to temptations. In 1720, during the plague at Marseilles, Our Lord enjoined her to institute a feast in honour of the Sacred Heart, which Mgr de Belsunce established on 22 Oct., 1720. From 1722 the veneration of the Sacred Heart spread throughout Provence, Lyons, Rouen, Constantinople, Cairo, Spain, Louisiana, Persia, Syria, and the Indies by her endeavours. In 1888 her cause was submitted to the Sacred Congregation, whose favourable vote was given on 18 Dec., 1890. Leo XIII signed on 24 Dec., 1891, the introduction of the cause of the Venerable servant of God.

 

Marseille.png

 

Henri François Xavier de Belsunce de Castelmoron

Bishop of Marseilles

 

Bishop of Marseilles, b. 1671 at the Château de la Force, in Périgord; d. 1755 at Marseilles. His father was Armand de Belsunce, Marquis de Castelmoron and his mother Anne de Caumont de Lausun. He studied classics in Paris at the College de Clermont or Louis-le-grand and then entered the Society of Jesus. In 1699 he left the Society to become Vicar-General of Agen. The "Vie de Suzanne de Foix", his aunt, was written by him and published while at Agen, 1709. That same year he was made Bishop of Marseilles. The heroic charity he displayed during the plague of 1720 and 1721 has made his name a household word and won for him the title of "Good Bishop". When the plague broke out a large fleet was taking the Princess of Orléans to Italy where she was to marry the Duke of Modena. The suite of the princess took to flight, and with them all the notables of the city, but Bishop Belsunce remained with a few heroic friends, and together they battled against the plague with heroic self-sacrifice and devotion, till they conquered it. In his address to the Assembly of the Clergy in 1725, Belsunce stated that more than 250 priests and religious perished in their mission of Christian charity. But he was the soul of the rescuers and the praises bestowed on him by Pope and Millevoye ("Essay on Man" and "Belsunce ou la pestede Marseille") are not above his real merits. The King of France offered him, by way of recognition, the See of Laon to which was attached the first ecclesiastical peerage of the realm and afterwards the metropolitan See of Bordeaux. Belsunce refused both and contented himself with accepting the pallium sent him by Clement XII. During his incumbency Belsunce fought against another plague called Jansenism. He attended, 1727, the Synod of Embrun where Soanen was condemned. He opposed with all his power Colbert of Pamiers. In spite of the protest of the Parliament of Provence, he instructed his priests to refuse absolution to the appellants against the Bull "Unigenitus". Nearly all his pastoral instructions are against Jansenism. Belsunce was a writer of no mean power. Besides the "Vie de Suzanne de Foix" (Agen, 1709), and his pastoral instructions, we have from his pen "Le combat chrétien" translated from St. Augustin's "De Agone Christiano" and "L'art de bien mourir" translated from Bellarmine's "De Arte Bene Moriendi", also "Antiquités de l'Eglisede Marseille" (Marseilles, 1747-51). All these writings have been published by Jauffret under the title of "Oeuvresde Belsunce" (Metz, 1822).

 

From The Catholic Encyclopedia

 

 

 

 

 

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 09:33

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 Jeanne-Marie Espérance Thérèse Kegelin

née le 28 juillet 1993 à Strasbourg

enlevée le 18 juin 2004 à Rhinau (Bas-Rhin)

 

 

 

Blason-de-Rhinau--Bas-Rhin---parousie.over-blog.fr.jpg

 

 

 

 

La très pieuse petite Jeanne-Marie, à même pas 11 ans, a été enlevée près de son domicile de Rhinau par Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou", le 18 juin 2004, jour de la solennité du Sacré-Coeur de Jésus.

Elle a probablement été tuée le même jour, et a subi d'atroces sévices, sans doute ante et post mortem. Ce n'est que le 29 juin 2004 qu'elle sera retrouvée morte dans la Kirneck, une rivière de Valff.

Ses obsèques ont eu lieu à Rhinau le 31 juillet 2004.

Les parents de Jeanne-Marie ont pardonné à Pierre Bodein. 

De nombreuses grâces ont été signalées, en priant par l'intercession de Jeanne-Marie, et les témoignages peuvent être envoyés à Monseigneur Jean-Pierre Grallet, Archevêque de Strasbourg :

 

 

Archevêché de Strasbourg

16, rue Brûlée

67000 Strasbourg

 

Tél. : 03 88 21 24 24

Fax : 03 88 21 24 36

 

 

ou :

 

Service de Communication

du diocèse de Strasbourg

27 rue des juifs

67081 Strasbourg Cedex

 

Tél. : 03 88 21 29 92

Fax : 03 88 21 29 93

 

 

 

À ma connaissance, l'auteur (ou les auteurs) de cette prière est (sont) inconnu(s). Qu'il(s) soi(en)t béni(s) ! Il semble également qu'il n'y ait pas encore de postulateur officiel pour la cause en béatification de la petite Jeanne-Marie. Prions pour cette intention aussi.

De plus, selon un faisceau d'indices sérieux, Jeanne-Marie deviendrait, après sa béatification, la Patronne des enfants martyrs de France.

Qu'elle soit pour nous un miracle vivant éternel !

 

Patrick, l'auteur de ce blog

 

 

 

Crux--Ave--Carmeli---Sainte--Therese-de-Lisieux--parousie.jpg

 

 

 

Prière pour la béatification de

Jeanne-Marie Kegelin

 

 

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je me prosterne humblement devant Vous et j'implore de Votre Bonté la béatification de la petite Jeanne-Marie, qui fut durant sa courte vie une de vos enfants très pieuse et très aimante de Jésus et de Marie.

Elle fut ravie à l'Amour de ses parents et de ses frères et sœurs par la méchanceté des hommes, comme Votre Fils a été ravi à l'Amour de la Vierge Marie, Lui aussi par la méchanceté des hommes.

Je demande que Votre Église accepte de béatifier Jeanne-Marie, et je la prie pour obtenir par elle la grâce… qui sera le signe de sa sainteté.

Amen !

 

Notre Père, Je Vous salue Marie, Gloire au Père.

 

 

 

Hommage-a-Jeanne-Marie-Therese-Esperance-Kegelin--parou.jpg 

 

 

Message des parents de Jeanne-Marie

 

 

"Merci de l'immense feu de charité qui embrase la Chrétienté tout entière depuis la France et l'Europe jusqu'en Afrique, Inde, Océanie, Asie et Amériques, nous sortons de notre silence recueilli pour dire notre reconnaissance.

Comment ne pas être touchés par la prière des abbayes et des monastères, des enfants des écoles, par les veillées de prières organisées partout, les Messes célébrées, les messages de soutien, les souffrances offertes pour celle qui, disparue le jour de la fête du Sacré Coeur de Jésus, écrivait dans un petit journal insoupçonné retrouvé après sa disparition :

 

« Jésus, je te remercie parce que tu m'as donné la force d'être bonne et que tu as été crucifié pour nous sauver. Aide-moi à faire beaucoup de sacrifices et que je reste dans la joie. »

 

Du fond du coeur merci à chacun d'entre vous, et qu'en toutes choses la volonté de Dieu soit faite.

 

Les parents de Jeanne-Marie."

 

 Blason-de-Rhinau--67--cree-par-Jean92-dit-le-Comte--parou.png

 

 

 

 

Jeanne-Marie aimait beaucoup cette chanson de Jean-Claude Gianadda :

"Jésus, me voici devant Toi"

 

 

 

Jeanne-Marie-aimait-cette-chanson--Me-voici-devant-toi---Je.jpg

 

 

 

 

"35  Qui nous séparera de l'amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée ?

 

36  selon qu'il est écrit : C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie.

 

37  Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés.

 

38  Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir,

 

39  ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur."

 

 

Romains 8 : 35-39 (Louis Segond)

 

 

 

 

 

 

"La prière des enfants est toute puissante... Plusieurs enfants réunis dans la prière font pour le Ciel des choses merveilleuses.

Le cœur des petits enfants n'a-t-il pas été créé pour prier, pour aimer ? Pourquoi en est-il si peu qui prient ?... Ô mères, faites aimer la prière à vos enfants, et Dieu trouvera sa gloire en vous. Soyez certaines que les anges prient au milieu des enfants et demandent avec eux."

 

Marthe Robin

 

 

 

 

 

 

 

"Homélie pour les funérailles de Jeanne-Marie,

à Rhinau le 31 juillet 2004"

 

 

 

Frères bien aimés dans le Seigneur,

 

Six semaines. Quarante trois jours exactement : depuis l'angoisse de la disparition, en passant par les affres d'une attente insoutenable, jusqu'au crescendo dans l'horreur à la découverte de ce que Jeanne-Marie a subi. Et, pour que rien ne fût épargné à cette famille, des funérailles remisées sine die : le corps de cet enfant, temple du Saint-Esprit, réduit à n'être plus que la pièce à conviction à partir de laquelle se reconstituait par le biais de l'enquête médico-légale le puzzle de la tragédie.

Puisque les mots humains sont impuissants à traduire le drame que traverse la famille éprouvée, essayons de nous en tenir surtout et avant tout à la Parole même de Dieu, en recourant aussi à quelques images.

- La première image, c'est celle d'une petite fille taillée d'un seul bloc, au franc sourire, qui aurait eu 11 ans il y a trois jours. Jeanne-Marie, petite fille pieuse qui priait Marie dans ses prières codifiées, comme le chapelet quotidien, mais ne s'adressait qu'à Jésus dans ses oraisons plus spontanées.

Image de Jeanne-Marie, image de Dieu. Si l'homme est à l'image de Dieu, les enfants sont l'icône de Dieu qui s'est fait lui-même petit enfant et qui nous dit : Laissez venir à moi les petits enfants, ne les empêchez pas ; car le Royaume des Cieux appartient à ceux qui leur ressemblent (Mt 19, 14). Il nous est demandé d'accueillir le Royaume de Dieu en petit enfant (cf. Lc 18, 17), comme Jeanne-Marie. C'est le précepte du Seigneur : En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas et ne redevenez pas comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux (Mt 18, 3).

Jeannette, petite fille innocente, qui ne savait pas que les hommes peuvent être méchants, a vu en instantané déferler sur elle toute l'horreur du monde, toute la malice et la perversité des adultes qui ne sont pas redevenus comme de petits enfants. Et voici la Parole du Seigneur qui se suffit à elle-même : Si quelqu'un doit scandaliser un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui de se voir suspendre autour du cou une des ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer (Mt 18, 6).

- La seconde image est celle de Jésus supplicié, avec en surimpression, l'image de Jeanne-Marie torturée. Il est clair que notre foi est plongée dans un désarroi profond alors que nous esquissons la question : pourquoi Dieu permet-il cela ? Une fois de plus, nos mots sont inaptes et nous devons accepter d'attendre, au dernier jour, l'ultime réponse. Mais il nous est donné de regarder Jésus sur la croix. Il y a d'un côté Jésus qui prend sur lui nos souffrances et il y a d'un autre côté Jésus qui appelle mystérieusement certains à prendre part à ses propres souffrances. Il y a d'une part Jésus qui porte notre croix et il y a d'autre part Jésus qui nous invite à porter sa croix. Il y a Jésus qui nous sauve et il y a Jésus qui nous invite à coopérer au salut du monde.

Ce que vous n'avez pas fait à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait (Mt 25, 45), dit Jésus au sujet du refus de porter assistance aux plus démunis d'entre nos frères, au premier rang desquels se trouvent les enfants. L'Eglise, c'est Jésus-Christ qui continue de souffrir dans ses membres, en Jeanne-Marie. Pourquoi ? A défaut de mot humain, voici la Parole de Dieu : Si le grain de blé tombé en terre ne meurt, il reste seul, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Fruit d'éternité.

Nous croyons qu'après avoir été associée de façon si intime à la Passion du Christ, Jeanne-Marie participe désormais à sa résurrection. Si nous avons une image de la Passion, nous ne pouvons avoir d'image de la résurrection, fait historique mais événement transcendant. Nous n'avons pas d'image mais nous croyons en la parole du Seigneur qui se suffit encore à elle-même : Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais (Jn 11, 25-26). C'est là notre espérance ; c'est là notre consolation. Donne lui, Seigneur, le repos éternel. Le repos éternel, ça n'est pas l'inertie perpétuelle. Au ciel, dans la joie de Dieu, nous serons toujours en acte d'aimer. Et le sourire de Jeanne-Marie à jamais retrouvé.

- La troisième image est celle d'une immense chaîne de prières, avec Jeanne-Marie au cœur de cette ronde mystique. Tout le monde a prié pour Jeanne-Marie et pour votre famille, avec Jeanne-Marie et avec votre famille : les paroissiens de Rhinau et les fidèles de la Communauté traditionnelle Saint-Arbogast, le diocèse de Strasbourg et la Fraternité Saint-Pierre, d'innombrables communautés monastiques et religieuses, des chrétiens de France et de Navarre et même de tous les continents par delà la diversité des expressions légitimes de la même foi chrétienne. C'est l'Eglise de la compassion, la communion des saints.

C'est la grâce mystérieuse de cet événement : l'unanimité dans la prière et la compassion (cf. 1 Pier. 3, 8). Je vous en supplie tous, mes frères, ne gâchons pas cette grâce insigne du calvaire de Jeanne-Marie : grâce de l'unanimité dans la prière et la compassion par-delà la diversité des expressions légitimes de la même foi chrétienne, ne cédons pas un centimètre au démon diviseur qui excelle à réduire la catholicité à des chapelles partisanes.

Nous associons à cette célébration la mémoire des deux " sœurs " de Jeanne-Marie : Julie et Edwige. Et, parce que nous sommes chrétiens, nous demandons aussi la grâce de pouvoir étendre cette compassion jusqu'au persécuteur, quel qu'il soit, de Jeanne-Marie. Que justice soit faite, c'est nécessaire à tous égards. Mais nous devons essayer d'aller plus loin : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est au cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes (Mt 5, 44-45). J'ai reçu hier une lettre du Pérou, d'une jeune alsacienne qui se dévoue dans un bidonville. Concernant le bourreau de Jeanne-Marie, quel qu'il soit, elle m'écrit : " Je veux prier pour cet homme et pour sa conversion, sa repentance et sa demande de pardon et je demande au Seigneur de m'aider à lui pardonner, mais j'ai encore du mal. " Amen.

 

Abbé Christian Gouyaud"

 

N.B. : L'abbé Christian Gouyaud est le Prêtre de l'église Saint-Joseph ; 1, place Saint-Joseph - 67200 Strasbourg, paroisse traditionnelle "La Croix Glorieuse", Diocèse de Strasbourg.

 

 

 

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"L'idée du mal chez Saint Thomas d'Aquin"

Somme Théologique ("Summa Theologiae")

Prima Pars

Question 15 : "Les Idées"

Article 3 : "Y a-t-il des idées de toutes les choses que Dieu connaît ?" 

 

 

 

 

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Le « Mysterium Iniquitatis », par l'Abbé Christian Gouyaud

 

 

 

 

Jesus-Eucharistie--2---parousie.over-blog.fr.png

 

 

 

 

Sources principales de cet article :

 

trinite.1.free.fr

 

Archives de  jeanne-marie.over-blog.fr (blog qui n'existe plus)

 

notredamedesneiges.over-blog.com

 

lamariedesanges.org

 

croix-glorieuse.org 

 

 

 

 

Dépêches lors de la disparition de Jeanne-Marie

 

 

 

 

Note :

 

Blason de Rhinau :

 

"D'azur à la Vierge assise et auréolée d'or, tenant de sa dextre une rose de gueules et de sa senestre l'Enfant Jésus nimbé aussi d'or, accostée de deux tourelles couvertes et pavillonnées d'argent, maçonnées de sable."

 

 

 

 

Lettres et extases de Sainte Gemma Galgani

 

 

 


Agrandir le plan

 

 

 

 

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 08:31
1322-1333
 
 
 
 
 
Neuvaine à la Bienheureuse Imelda Lambertini

 

Seigneur Jésus, nous savons que Vous aimez passer par Vos Saints
pour accomplir Vos merveilles, afin que nous autres, pauvres pécheurs encore sur cette terre, nous ayons la preuve de la gloire de la Sainteté
que Vous leur avez accordée au Ciel !
Vous savez combien la petite Imelda Lambertini Vous aimait !
Elle était une enfant au coeur simple et si amoureuse de Vous !
Elle est devenue un symbole d'amour, de pureté et de foi.
C'est aussi une martyre de l'Eucharistie, invincible par votre puissance. C'est pourquoi elle fait partie de Vos saintes épouses
qui jouissent de Votre présence perpétuelle,
dans Votre demeure, au Royaume des Cieux.
A notre tour, nous appuyant sur son intercession,
nous Vous demandons
un coeur simple,
pur et plein d'amour pour Vous.

Et puisque Vous ne refusez jamais de répondre à une prière
faite dans la Foi et apportée au pied de Votre Trône
par une de Vos saintes épouses, nous osons Vous remettre,
par ses petites mains, cette requête que nous lui confions
dans cette neuvaine (nommer la demande).
Nous avons l'intime conviction que Vous accueillez avec bienveillance
notre demande à cause des mérites de la Bienheureuse petite Imelda,
et nous Vous laissons l'exaucer selon Votre Volonté.
Si il Vous plaît, Seigneur Jésus, de nous exaucer par l'intercession
de la Bienheureuse petite Imelda, nous faisons la promesse
de lui rendre les hommages qui lui sont dus, en témoignant autour de nous des miracles et des faveurs obtenus par sa puissante intercession
et en faisant célébrer une messe en son honneur
dans les plus brefs délais.
Amen.

 
 
La petite Imelda, entrée à l'âge de 10 ans au couvent des Dominicaines de Bologne comme novice, est morte à 11 ans, lors d'une extase eucharistique pendant sa première Communion avec Jésus, le jour de l'Ascension 1333, après un miracle de la Sainte Hostie.

Le petit corps d'Imelda, retrouvé miraculeusement intact, repose dans un beau reliquaire, dans l'église de Santo Sigismondo (Saint-Sigismond), dans la ville de Bologne, en Italie.

 


" Je ne sais pas comment on peut recevoir notre Seigneur sans mourir ! "  (Bienheureuse Imelda Lambertini).

 

 

 

 

 

 

 

 

Preghiera

 

Padre Santo,
che hai accolto in cielo la beata Imelda
nella gioia del primo incontro eucaristico,
per sua intercessione fa' che sperimentiamo nella fede
la presenza del Tuo Figlio
operante nel mirabile Sacramento del suo Amore.
Egli è Dio, e vive e regna con Te,
nell'unità dello Spirito Santo,
Per tutti i secoli dei secoli.
Amen.

 

Da : Messe proprie della Chiesa di Bologna, Bologna 1996.

 

 

Beata Imelda Lambertini, l'innamorata di Gesù Eucaristia :

Nella chiesa di S. Sigismondo a Bologna sono conservate le reliquie della Beata Imelda Lambertini, morta il 12 maggio 1333.

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 15:25

Anne-Lorraine Schmitt

"martyre de la pureté"

assassinée dans le RER D

le 25 novembre 2007

à l'âge de 23 ans

 

Ses parents l'attendaient pour aller à la Messe.

Elle ne viendra jamais !

 

Le dimanche 25 novembre 2007, jour de la Fête du Christ-Roi,"Anne-Lo", étudiante chrétienne en journalisme, est poignardée à 34 reprises par son violeur récidiviste pour s'être débattue dans le RER D, "in defensum castitatis", en défendant sa chasteté.

Comme Sainte Maria Goretti avant elle, poignardée 14 fois par le poinçon de son agresseur ; comme la Bienheureuse Lindalva Justo de Oliveira, poignardée 44 fois le Vendredi Saint 9 avril 1993 par son bourreau, comme Jeanne-Marie Kegelin, enlevée le 18 juin 2004, en la Fête du Sacré-Coeur de Jésus et retrouvée assassinée peu après, comme la Bienheureuse Albertina Berkenbrock, comme Santa Scorese ou comme :

 

 

Prière en l'honneur
d'Anne-Lorraine Schmitt

 

Seigneur, n'oublie pas ce que Tu es pour les tiens :

un Père qui aime à pardonner,
un ami qui ne ferme jamais son coeur.


Écoute-nous quand nous T'implorons pour Anne-Lorraine

que Tu viens de à rappeler Toi.


Tant qu'elle a vécu au milieu de nous,
Tu as été son espérance et sa foi :
maintenant, reçois-la dans Ta maison 
à la place que Tu as préparée ;
ouvre-lui Tes bras,
et donne-lui le bonheur que rien ne peut détruire.

 

Par Jésus-Christ Notre Seigneur.


Amen.

 

 

Prière universelle à la mémoire

d'Anne-Lorraine Schmitt

 

1 « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu. » Nous vous rendons grâce Seigneur, pour l’exemple qu’Anne-Lorraine donne à notre monde. En défendant sa chasteté jusqu’au martyre, elle nous exhorte à vivre nos valeurs sans compromis. A son image, accordez-nous, Fils de l’Immaculée, de toujours préserver notre âme de la souillure du péché.

2 « Tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’Homme va venir. » Nous vous prions Seigneur, pour que le Semper parati de la promesse scoute d’Anne-Lorraine soit nôtre.Venez habiter chacune de nos paroles, chacune de nos pensées et chacune de nos actions pour qu’elles soient autant d’occasions de nous sanctifier. Préparez-nous vous-même à nous recevoir dans votre éternité.

3 « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Nous vous supplions Seigneur, vous qui faites toute chose nouvelle, d’accueillir la peine et la colère qui nous habitent. Déversez en nos cœurs asséchés les flots de votre infinie miséricorde afin que nous puissions pardonner, ce à quoi notre seule humanité ne saurait se résigner.

4 « Amen, je te le déclare, aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis. » Seigneur, nous vous confions tout particulièrement la famille d’Anne-Lorraine. Puisse-t-elle trouver son réconfort dans la certitude que du ciel lui viendra tout secours, par son intercession. Gardez-nous aussi l’espérance que d’auprès de Dieu, elle oeuvrera en faveur de toutes ces intentions qui lui tenaient à cœur : les prêtres, la France et l’unité de l’Eglise, autour de notre pape.

 

"Anne-Lorraine, un dimanche dans le RER D"

Editions CLD (2008), 215 pages

Emmanuelle Dancourt et Frédéric Pons

 

 

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 10:22

Père Jacques Hamel

égorgé en pleine Messe

le 26 juillet 2016

à près de 86 ans

 

 

Jésus, me voici devant Toi

 

Refrain
Jésus, me voici devant toi,
Tout simplement dans le silence ;
Rien n'est plus important pour moi
Que d'habiter en ta présence.
 
1. Avec des larmes dans les yeux
Ou plein de joie sur le visage,
Des rêves fous ou dangereux,
Un coeur qui recherche un rivage.
 
2. Avec l'orage ou le ciel bleu,
Avec ce monde et ses naufrages,
Ceux qui te prient ou bien tous ceux
Qui restent sourds à ton message.
 
3. Quand viendra-t-il ton jour, mon Dieu
Où j'apercevrai ton visage ;
Tu seras là, c'est merveilleux,
Les bras ouverts sur mon passage.
 
 
Auteur-compositeur : Jean-Claude Gianadda (1987).
Cote secli : DEV 173 (ancienne cote : P 510). Editeur : Studio SM
 

 

Jeanne-Marie Kegelin, enfant martyre, aimait beaucoup cette chanson (cf : archives du blog jeanne-marie.over-blog.fr).

 

Les étapes préliminaires de l'enquête diocésaine relatives à la béatification de Jeanne-Marie ont débuté le 28 octobre 2011, mais n'ont pas encore reçu le "nihil obstat" de la CSS.

 

 

Neuvaine à Jeanne-Marie et poème-prière pour le repos de son âme

 

 

Jeanne-Marie Kegelin

née le 28 juillet 1993 à Strasbourg

martyrisée le 18 juin (?) 2004 à Rhinau

 

 

« Jésus, je te remercie parce que tu m'as donné la force d'être bonne et que tu as été crucifié pour nous sauver. Aide-moi à faire beaucoup de sacrifices et que je reste dans la joie ! »

Extraits des notes de Jeanne-Marie retrouvées par sa famille après son assassinat.

 

Hommage du chanteur chrétien Steven RICHE à la petite Jeanne-Marie

 

 

"Jeanne Marie K est un hommage à Jeanne Marie Kegelin. Son histoire m'a bouleversé. J'ai voulu comprendre pourquoi une petite fille si pure avait eu un parcours si tragique. J'étais révolté face à ce destin si terrible. Et puis j'ai regardé le témoignage de ses parents sur KTO.
J'ai rencontré son frère de façon providentiel et j'ai compris que le bon Dieu s'était d'une certaine façon adressé à moi. L’idée de la chanson est venue très vite et s’est même imposée d’elle-même."
 
Source : "La révélation pop louange", dossier de presse sur le chanteur Steven Riche avant la sortie de son album "Vivant", le 2ème en studio, au printemps 2009.

 

 

Site officiel de Steven RICHE

 

 

Prière pour demander la béatification de

Jeanne-Marie Kegelin, enfant martyre

Emission de KTOTV

"Jeanne-Marie : face à l'horreur, la prière"

diffusée le 25 janvier 2006

 
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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 13:38

Margaret Anne Sinclair

Vénérable Marie-Françoise des Cinq Plaies

née le 29 mars 1900 à Édimbourg (Écosse)

morte le 24 novembre 1925 à Warley (Essex, Angleterre)

 

 

Prière pour la béatification de la

Vénérable Margaret Sinclair

 

Seigneur Jésus, qui avez doté Votre humble et toujours souriante vierge Margaret Sinclair, d'une part de Vos souffrances et de Votre zèle pour le Salut des hommes, accordez-nous, par sa glorification, d'avoir part à Votre Gloire, ô Dieu, qui vivez et régnez dans tous les siècles et les siècles. Ainsi soit-il !

Trois "Je Vous salue Marie", suivis de l'invocation : "Margaret Sinclair, priez pour nous".

 

Source : http://imagessaintes.canalblog.com​

 

Margaret (au milieu) avec son prère et sa soeur

 

 

Litanies de la Vénérable Margaret Sinclair

 

Margaret, tu as vécu une vie de Foi ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu t’es abandonnée dans la prière ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu as été généreuse envers ceux qui t’entouraient ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu étais vêtue d’humilité ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu as travaillé pour la justice ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu as montré de la compassion pour les nécessiteux ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu désirais sauver les âmes ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu chérissais l’Eucharistie ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu as honoré notre Très Sainte Mère ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu as offert ta vie pour Dieu ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu as uni tes souffrances à celles du Christ ; inspire-moi, prie pour moi.

Tu languissais après les joies du Ciel ; inspire-moi, prie pour moi.

Margaret, écoute ma prière sincère,

Prie Dieu avec moi et pour moi, de sorte que,

Si c’est la Très Sainte Volonté de Dieu,

Ma prière soit exaucée,

Et que je puisse vivre dans la Grâce de Dieu pour toujours.

Amen.

 

Traduction libre de l’anglais par Patrick ROBLES le vendredi 13 mai 2016.

 

 

"Margaret Sinclair: An Ordinary Girl"

Short Film by White Lyon Films Ltd.

 

 

Prayers

 

 

 

Margaret Sinclair, a diamond in the dump

 

 

Margaret à 16 ans

 

 

Prayers and novenas

 

Margaret Sinclair is a Handmaid of God.

Three Hail Mary's, and the Invocation "Margaret Sinclair, pray for us".

 

 

Prayer For Her Beatification

Let us pray, O Lord Jesus Christ,

Who didst endow Thy lowly and ever cheerful virgin,

Margaret Sinclair, with a share in Thy sufferings

and in Thy zeal for the salvation of men,

grant that through her glorification,

we too may arrive at a share in Thy glory,

who livest and reignest, God, world without end. Amen.

 

Cum licentia Ordinarü. + D. Mackintosh,

Archiepiscopus Glasguensis. Glasguce, 25 Octobris, 1926.

 

 

Novena Prayers for the

Beatification and Canonisation

of Venerable Margaret Sinclair,

Sister Mary Francis of the Five Wounds

For private use at home

 

Opening Hymn

1. Margaret, our kin, our sister and our neighbour,  

One of our own, you walked our streets and closes,

Now at your shrine we celebrate your resting  

At home among us.

 

2. Here in this church you knelt in adoration;  

In the Lord’s presence offering your praises,

Eager to meet your God and be united

In sweet Communion.

 

3. Margaret, we praise your life of quiet witness,

Following Jesus in your daily living,

Bringing His love and presence to the work-place:  

Showing His goodness.

 

4.  In death you shared the Passion of Our Saviour,  

Bearing your pain with cheerfulness and patience.

In His Five Wounds you sought your inspiration

To remain faithful.

 

5.  Almighty Father, Son and Holy Spirit,  

To You we pray that Margaret may be worthy

Soon to be numbered with Your Saints in glory,

Singing Your praises.

 

Sign Of The Cross.

 

Opening Prayer

O God, You called Margaret Sinclair to holiness of life,

that she might love and serve You.

I call out to You in the communion of  Saints

seeking Your mercy and Your help.

Through the prayers of the Venerable Margaret,

grant me Your grace and an answer to my prayer.

Through Christ, Our Lord. Amen.

 

Gospel

Jesus answered them, “The hour has come for the Son of Man to be glorified.

Very truly, I tell you, unless a wheat grain falls into the earth and dies,

it remains just a single grain; but if it dies, it bears much fruit.

Those who love their life lose it,

and those who  hate their life in this world will keep it for eternal life.

Whoever serves Me must follow Me, and where I am, there will My servant  be also.

Whoever serves Me, the Father will honour. (John 12:23-26)

(Pause For Silent Prayer.)

Address To Margaret.

Margaret Sinclair, the Church honours you as Venerable,

for your holiness of life, dedication to prayer and fortitude in suffering.  

You always kept in mind those who were in need:

do not forget me in my need, as I ask for your help.

Intercede for me, hear my prayer:

(Here State Your Intention.)

Pray to God for me, for myself and those whom I love today and always. Amen.

 

Litany

Margaret, you lived a life of faith.

R. Inspire me, pray for me.

You gave yourself in prayer.

You were generous to those around you.

You were clothed in humility.

You worked for justice.

You showed compassion to the needy.

You desired to save souls.

You treasured the Eucharist.

You honoured Our Blessed Lady.

You offered your life to God.

You united your sufferings to Christ.

You longed for the joys of heaven.

Margaret, hear my heartfelt prayer, pray with me and for me to God,

that if it be God’s most Holy Will,

my request may be granted, and that I may live in God’s grace always. Amen.

 

 

Prayer for the Beatification

of Margaret Sinclair

God Our Father, Your image and likeness in each of us is obscured by sin,

and restored by Your Son, Jesus Christ.

In Margaret Sinclair, We see the fruits of the Redemption He won for us,

and are inspired to a life of grace.

Grant that she may be recognised by Your Church as a Saint,

whose life we may imitate, whose devotion to prayer We may emulate

whose union with Your Son we may attain.

We ask this through the same Christ Our Lord. Amen.

 

Closing Prayers.

Our FatherHail MaryGlory be

 

A Child’s Prayer

Margaret Sinclair, God’s cheerful Servant on earth,

help me to imitate the virtues which made you a

great friend of Jesus and His Blessed Mother.  

Please grant a sign that you are a Saint in heaven by

obtaining for me the favour which I now most earnestly request.

(Here tell Margaret your request.)

Margaret Sinclair, hard-working girl - Servant of God, pray for us. Amen.

 

Notification Of Favours And Cures

Details of all favours and cures received through the

intercession of the Venerable Margaret Sinclair should be reported to the

Archbishop's Delegate for the Cause of the Venerable Margaret Sinclair.

 

 

Address:

Reverend Joseph McAuley

Saint Brendan

187 Kelso Street

Yoker

Glasgow

G13 4BH

United Kingdom.

 

Source: http://whitelyonfilms.com

 

Notre Père en écossais gaélique

Lord's Prayer in Scots

 

 

 

 

Margaret Sinclair: The Untold Story

by White Lyon Films

 

 

 

A Humble Violet in the Garden of God
 
Sister Mary Francis of the Five Wounds
(the Venerable Margaret Sinclair)
 

Sister Mary Francis of the Five Wounds (the Venerable Margaret Sinclair) is a humble little violet in the Garden of God.

The Garden of the Church is replete with such a variety, profusion and beauty of flowers, so varied, so manifold, a countless number of saintly souls, who for either a brief, short hour, or for a long desert trek, gave their beauty, their fragrance of virtue, their being to Jesus Christ their Saviour for the Salvation of souls.

Margaret is deserved of the title, a humble violet of God, because she lived a life, for the most part hidden from the world, humbly serving her Poor Clare Community as an extern sister, living out her vows of poverty, chastity and obedience.

The violet is a humble little flower, it is described as humble because it grows close to the ground, its small blooms are almost insignificant, blending into the foliage and dead leaves upon the forest floor.

The violet blooms among the dead leaves and humus, long before the trees come into leaf, the violet is a prelude to Spring ... a sign of hope.

It is a flower that can all too easily be overlooked and trodden upon, it nestles down within the leaves, favours the damp green moss, and it prays its hidden prayer of Praise ... How many violets upon the forest floor, how many hidden souls in the cloister are ever seen by anyone but the eyes of God ? And yet they form a beautiful bouquet of praise for their Maker.

Sister Mary Francis of the Five wounds made her religious vows in the month of February, the month wherein the violet blooms.

Brought up in the slums of Edinburgh, amidst so much that resembled the decaying life that inhabits the Forest floor, Margaret offered herself to Jesus, in simplicity and humility, she bloomed through her acceptance of suffering and the will of God.

The flower of the violet is possessed of five petals, and thus recalls the Wounds of Jesus, it wears its purple gown of mourning, but exudes a sweet perfume.

One ancient tale states that violets were in fact white, until Mary, the Mother of the Lord turned from watching Christ upon the Cross, at which moment all the flowers turned purple to echo her mourning-- one reason why purple remains the colour of mourning.

In Christian symbolism the violet means humility and constancy, and particularly in medieval art, Christ's humility.

The violet also possess healing qualities and has long been used in folk medicine, and who can know, understand, begin to perceive, the healing that Sister Mary Francis's life has brought to so many souls?

We would invite you to enter more deeply into the life of the Venerable Margaret Sinclair by reading and reflecting upon the material on this site, much of its deeper value and beauty is hidden; you will need to gaze long and pray-fully to really appreciate much of its beauty.
Gaze into the life of this beautiful soul, this humble violet of God's garden and ask her to reveal to you the beauty, the wonder of true humility.

After her death, the sweet smell of violets pervaded the air that surrounded Margaret in her coffin ... this little plant of Saint Francis and Saint Clare had bloomed oh, so briefly! ... and yet the odor of her sanctity is still borne on the wind, her seeds are still scattered upon the world to come to fruition in others, that they too may grow ... in the beauty of holiness, upwards and outwards from the off-scouring of this world into the unquenchable Light!


A Poor Clare Colettine Nun

 

 
 
 
 

 

 
 
 
 
"I Humbly Beg ..."

 

Sister Mary Francis of the Five Wounds (Margaret Sinclair) would have been accustomed within the Poor Clare Cloister, when requesting the use of something, or needing a specific permission to say to Mother Abbess, or another sister ... "I humbly beg ..."

'Could I humbly beg to ask Sister M some soap'?

'Dear Sister, could I humbly beg you to help me get that box off the shelf'?

A request is always, courteously, preceded by, "could I humbly beg ..."

Likewise as a sister who' served outside the monastery', that is a sister designated to go out and quest for food and alms for the community, on approaching others, Sister Mary Francis would have said, "Could I humbly beg if you have any unwanted food, or damaged goods for the Community of Poor Clare's that you would be able to give for the love of God?"

A Poor Clare sister is ever mindful that she lives and exists on the Providence of God, that everything is a gift. She is aware that she is always a beggar before God, reaching out her hands in expectation that God will provide, both for all temporal needs and for all the needs of her soul, and those of others. This attitude creates a wonderful, blessed dependence upon God.

We have nothing, we come into this world with nothing and we will leave it with the love carried in our hearts alone...

Saint Francis and Saint Clare of all the brothers and sisters loved and reverenced those who went out upon the quest, as beggars, for they epitomised what Francis and Clare truly believed the Friars Minor and the poor sisters should be, joyful beggars before the Lord.

'I humbly beg ... when approaching another's also shows a respect for the other, and preserves charity ...

The Venerable Margaret Sinclair must of asked this a thousand times over ...

Love and courtesy go hand in hand ...

Place yourself in the presence of the Lord, cup your two hands together, as a beggars bowl and ask the Lord to fill you ...

He knows your needs, and He will provide ....

 

A Poor Clare Colettine Nun

 

Source: Boston Catholic Journal

 

 

 
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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 16:02

Marie Guérin dans la cuisine du Carmel de Lisieux

 

Marie Louise Hélène Guérin

Sœur Marie de l’Eucharistie

née et ondoyée le 22 août 1870 à Lisieux

baptisée le 14 septembre 1870

entrée au Carmel de Lisieux le 15 août 1895

en la Fête de la Glorieuse Assomption de Marie

Profession perpétuelle le jeudi 25 mars 1897

 Prise de Voile le 2 juin 1897

morte le 14 avril 1905 au Carmel de Lisieux

à 34 ans et moins de 8 mois

 

Marie Guérin (à droite) et sa soeur aînée Jeanne bébés

 

« Marie Guérin entra au Carmel de Lisieux, le 15 août 1895, et prononça ses voeux sous le nom de Soeur Marie de l'Eucharistie.

Elle se fit remarquer par son grand esprit de pauvreté et sa patience au milieu de longues souffrances. « Je ne sais pas si j'ai bien souffert, dira-t-elle pendant sa maladie, mais il me semble que THÉRÈSE me communique ses sentiments et que j'ai son même abandon. Oh ! si je pouvais comme elle mourir d'amour ! Ce ne serait pas étonnant, puisque je fais partie de la légion des petites victimes qu'elle a demandées au bon Dieu... Je veux mourir en disant à Jésus que je l'aime. »

Ce désir fut réalisé. Elle mourut le 14 avril 1905, âgée de 34 ans, et ses dernières paroles furent celles-ci : « Je ne crains pas de mourir ! oh ! quelle paix !... Il ne faut pas avoir peur de la souffrance... Il donne toujours la force... Mon JÉSUS, JE VOUS AIME ! »

 

Piété de sa tante et de son oncle,

tuteurs de Marie Guérin

« Du haut du ciel, Thérèse sut lui rendre ses soins maternels. Pendant sa dernière maladie, elle la protégea visiblement. Un matin, on la trouva paisible et radieuse : « Je souffrais beaucoup, dit-elle, mais ma petite Thérèse m'a veillée avec tendresse. Toute la nuit je l'ai sentie près de mon lit. A plusieurs reprises, elle m'a caressée, ce qui m'a donné un courage extraordinaire. » Mme Guérin avait vécu et mourut comme une sainte, à l'âge de 52 ans. Elle répétait, le sourire sur les lèvres : « Que je suis contente de mourir! C'est si bon d'aller voir le bon Dieu ! Mon Jésus, je vous aime. Je vous offre ma vie pour les prêtres, comme ma petite Thérèse de l'Enfant-Jésus. » C'était le 13 février 1900.

M. Guérin, après avoir, pendant bien des années, employé sa plume à la défense de l'Eglise et sa fortune au soutien des bonnes oeuvres, mourut saintement, tertiaire du Carmel, le 28 septembre 1909, dans sa 69e année. »

"Histoire d'une âme", commentaires, chapitre III.

 

Marie Guérin (à droite) et sa soeur Jeanne petites filles

 

 

Poème-prière à Marie Guérin

Sœur Marie de l’Eucharistie

 

Ô Père Tout-Puissant, Dieu de Miséricorde, qui avez daigné, par Votre Fils Bien-Aimé Jésus-Christ, notre Sauveur et notre Seigneur, nous faire la grâce d’une âme sainte de Normandie, Marie Guérin, Sœur Marie de l’Eucharistie, à imiter et à méditer, nous Vous rendons grâce et Vous supplions d’entendre notre prière.

Cette pieuse carmélite, conformément à Votre Adorable et Parfaite Volonté, et à l’instar de sa cousine Thérèse du Carmel de Lisieux, a désiré souffrir et s’offrir comme victime d’holocauste à l’Amour Miséricordieux de Jésus, son Époux éternel, sous le patronage de Saint-Joseph, Père et Protecteur des Vierges Épouses du Christ, en criant jusqu’à son dernier souffle qu’elle aimait son Divin Fiancé trois fois Saint de tout son cœur, et en soupirant après sa patrie céleste.

Avec Isidore et Céline Guérin, ses très chers oncle et tante, plus affectueux avec leur nièce Marie qu’un père et une mère, et par le Cœur Immaculé de Notre-Dame du Mont Carmel, nous Vous prions, Ô Seigneur d’Amour et de Tendresse, de nous accorder, par les mérites et les vertus héroïques de Votre servante Marie Guérin, les grâces que nous implorons de Votre Bonté, et malgré l’abîme de notre indignité que nous Vous demandons de noyer dans l’océan insondable de Votre Miséricorde, nous sommes confiants en la puissante intercession de notre petite Sœur Marie de l’Eucharistie auprès de Vous.

Nous réfugiant sous le manteau maternel de notre Très Sainte Mère Marie, Mère de Toute Grâce et de Toute Joie, nous Vous prions aussi de nous faire le don d’une Foi ferme et constante, confiante et inébranlable, humble et contagieuse, qui nous donne une force prodigieuse et un courage surnaturel pour accomplir des miracles, en vertu des Saintes Écritures*, en particulier pour le bien de nos frères et sœurs souffrants, pour la guérison et le salut de nos semblables, ainsi que pour le repos éternel des âmes du purgatoire.

Enfin, pour l’édification de chacun et pour la Gloire de Votre Très Saint Nom, Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, nous Vous prions de glorifier bientôt sur cette terre Sœur Marie Guérin de l’Eucharistie en lui accordant l’honneur des autels de Votre Sainte Église.

Petite Marie, Carmélite de Lisieux, qui es montée si jeune rejoindre ton petit Jésus au Ciel, daigne nous exaucer promptement et souvent avec notre petite Thérèse dans tous nos besoins et nos supplications, par le Sacré-Cœur Eucharistique de Jésus, notre Rédempteur Éternel, et pour Sa plus grande Gloire. Amen.

 

Poème composé par Patrick ROBLES le vendredi 19 juin 2015 à Puget-Théniers (Alpes-Maritimes).

 

* « C'est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible. »

Matthieu 17 : 20 (Louis Segond)

 

 

« 12 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m'en vais au Père ;

13 et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. »

Jean 14 : 12-13 (Louis Segond)

 

 

« Petite soeur chérie, communie souvent, bien souvent,

voilà le seul remède si tu veux guérir. »

Extrait d'une lettre de Sainte Thérèse à sa cousine Marie Guérin.

 

 

Marie Guérin (avec le chapeau) avec sa soeur Jeanne (à gauche)

et Céline Martin (à droite) dans la pièce de théâtre en photos

"Voyage excentrique aux Cordillères des Andes" (juillet 1894)

 

 

Biographie de Marie Guérin

 

Source : archives du Carmel de Lisieux

 

Extraits de la biographie de Marie Guérin rédigée par le P. Stéphane-Joseph Piat, franciscain (1899-1968). Le livre, épuisé, a été publié par l'Office Central de Lisieux en 1967. Ces extraits sont mis en ligne avec la gracieuse autorisation de l'Office Central de Lisieux. Le Père Piat a longuement rencontré les soeurs de Thérèse au parloir et a en obtenu des informations très précises ; on le consulte encore aujourd'hui en s'appuyant sur la rigueur de ses dates et des évènements mentionnés.

 

A la Pharmacie Guérin
 

A l'ombre des hautes tours de la cathédrale Saint- Pierre, en plein cœur du Lisieux pittoresque et médiéval, la pharmacie Guérin dressait jadis sa silhouette austère, alignant, en position d'angle, sur la Place et la Grande- Rue, sa double façade classique à quatre étages.

Sans égard pour la lignée d'apothicaires qui, depuis 1550, s'étaient succédé en ce lieu, sans considération surtout pour la relique d'histoire thérésienne que cons­tituait cette demeure, les bombardements de 1944 ont jeté bas ce témoin du passé. Les Buissonnets survivent en leur enclos de mystère. De l'altière maison qui leur fut pour un temps fraternellement associée, il ne reste plus pierre sur pierre.

Celui qui la recevait des mains de M. Fournet, à l'été de 1866, Isidore Guérin, était destiné à devenir une des personnalités les plus en vue de sa cité d'adoption. Né le 2 janvier 1841 à la caserne de Saint-Denis-sur-Sarthon, dans l'Orne, transplanté, trois ans plus tard, à Alençon, il avait grandi, espiègle et volage, sous le regard indulgent de ses parents, parmi les caresses de ses deux sœurs, Elise et Zélie, qu'il suivait, en benjamin quelque peu gâté, à près d'une décade d'intervalle.

Au terme de brillantes études à l'école des Frères, puis au lycée public, délaissant la carrière médicale que les siens convoitaient pour lui et qui avait fait l'objet de ses premières aspirations, il s'était laissé tenter par le démon de la chimie. Un bref stage sur place, plusieurs années à l'Ecole de Pharmacie de Paris, un internat au service chirurgical de l'hôpital de Bicêtre, enfin, en mai 1866, le diplôme de pharmacien de première classe emporté de haute lutte, lui avaient permis de briguer la succession de M. Pierre Fournet. Il avait été assez heureux pour s'imposer de surcroît à l'atten­tion de la seconde fille de son prédécesseur Le mariage, conclu le 11 septembre 1866, avait définitivement scellé son entrée en fonctions et son introduction dans la société lexovienne.

C'était un joli gars qu'Isidore Guérin, avec sa figure expressive et mobile, son front vaste que couronnait une opulente chevelure d'artiste, son regard vif et droit, ses moustaches bien taillées, l'allure svelte et martiale d'un officier du second Empire. Par ses mœurs turbulentes, il avait longtemps inquiété la tendresse jalouse de ses proches.

Pierre-Célestin Fournet s'était uni, le 11 novembre 1839, à Elisa Petit. Il en eut quatre enfants, dont deux morts en bas âge. Deux filles survécurent. La plus jeune, Céline, née le 15 mars 1847, épousa Isidore Guérin. L'aînée, Marie-Rosalie, se maria, le 7 juillet 1861, à César Maudelonde, et mit au monde cinq enfants : Ernest, Henry, Marguerite, Céline et Hélène.

équivoques du Quartier Latin, sa foi, sans chavirer, avait subi quelque déclin. Il avait frôlé l'aventure, et l'on chuchotait sous le manteau l'épisode tragique de certaine rixe où il avait échappé de justesse à un coup d'épée. Caractère entier, batailleur et volontiers fron­deur, il bravait les semonces de sa sœur Visitandine Elise, « la sainte Fille du Mans », comme on l'appelait, qui l'accusait avec une amusante indignation, et non sans exagération, de « boire l'iniquité comme l'eau ».

Il est vrai que Sœur Marie-Dosithée le morigène sans ménagement. Elle a beau rappeler à l'occasion le dicton cher à sa mère, qu' « on fait la barbe aux gens comme ils ont le menton », il faut à Isidore, à défaut d'humble docilités une réelle philosophie pour accepter sans broncher certaines algarades. Quelques silences pro­longés soulignent par périodes les limites de sa patience. Il veut bien se faire auditeur du Père Félix à Notre-Dame, réciter en fin de journée trois Ave Maria... mais jeûner pendant le carême et assister à deux Messes en semaine, c'est, pour l'heure, forcer la dose ! La tendresse, d'ail­leurs, reprend toujours le dessus et renoue le fil des missives. N'est-ce pas son aînée qui l'a, de ses prières, sauvé comme par miracle quand le croup, jadis, menaçait de l'emporter ? Et puis, les suffrages d'une moniale exemplaire ne sont pas à dédaigner lorsqu'on affronte un examen ou qu'on songe à s'installer ?

Plus fine et mieux avertie des réalités, Zélie Guérin, la future maman de Thérèse, vouait à son cadet une confiance obstinée. Ses lettres se faisaient insinuantes pour l'engager à visiter chaque jour le sanctuaire de Notre- Dame des Victoires. Elle le mettait en garde contre les promiscuités malsaines, en alléguant les souvenirs du vaillant M. Martin, qui naguère avait su vaillamment se défendre des « odeurs de Paris ». A l'occasion elle le gourmande de courtiser une tête légère, beauté toute en façade sur laquelle on ne peut faire fond.

Elle n'aura de repos que le jour où l'alliance avec Céline Fournet aura donné à Isidore une compagne de choix et, qui plus est, apparentée aux meilleures familles de la haute société lexovienne, comptant dans la galerie des ancêtres Thomas-Jean Monsaint, ancien vicaire d'Orbec-en-Auge, massacré, en haine de la foi, le 2 septembre 1792, à l'Abbaye. Grande et bien faite, encore que de complexion délicate et plutôt maladive, la jeune épouse séduisait avant tout par son exquise douceur. Dans sa petite enfance, ne la punissait-on pas de ses étourderies en l'attachant au pied d'une table avec un fil léger qu'elle n'eût pas brisé pour un empire ? Sa bonté enveloppante contribuera puissam­ment à tempérer ce qu'il y avait de brusque et d'auto­ritaire dans le caractère de son mari.

La pharmacie Guérin est des mieux situées. Les jours de marché, on voit s'arrêter à la porte les calèches des maisons les plus huppées du pays d'Auge. M. Guérin aime son métier et ne ménage pas sa peine. Sa probité est universellement reconnue. Sa compétence le fera

désigner comme expert chimiste par le Tribunal et comme membre du Conseil d'Hygiène. Il aime s'isoler pour des expériences en son appartement du second, qui deviendra légendaire dans la famille et donnera le frisson aux fillettes, en raison des analyses viscérales qu'il dut y pratiquer. Les qualités commerciales ne lui manquant pas, le succès semblait assuré. Le départ sera néanmoins difficile. La trésorerie est souvent à sec. La droguerie, achetée le 16 juin 1870, deviendra une cause de déboires, avant de flamber toute dans un malencontreux incendie, le 27 mars 1873. Restaurée, il faudra la fermer le 1er novembre 1883. Mme Martin soutient le jeune foyer de ses encouragements et de ses prières, M. Martin de ses conseils et le cas échéant, de son crédit, jusqu'à ce que l'affaire ait surmonté les difficultés initiales et atteint un degré de réelle pros­périté. Entre Alençon et Lisieux se noue une correspon­dance régulière, coupée de rares visites qui sont un événement.

C'est sur le plan spirituel surtout que les exemples de la rue Saint-Blaise se révèlent opportuns. Isidore Guérin ne reviendra que progressivement à la foi pleinement vécue. Son épouse, pratiquante certes, d'une étonnante maturité de jugement et d'un bel équilibre moral, n'avait pas reçu au foyer de spéciales leçons de ferveur. Son père ne fréquentait l'église qu'aux mariages et aux enter­rements. Les Fournet, de notoriété publique, étaient plus riches d'écus que de convictions religieuses. Du mot « Fournet », par interversion des lettres, les malins composaient « fortune ». Encore qu'il fît parfois figure de « parent pauvre » dans ce monde grassement nanti d'entreprises de rapport et de gentilhommières, le ménage Guérin sacrifia quelque peu à la tyrannie des relations de salon. Il fallut l'influence exercée par M. et Martin pour que les Lexoviens adoptassent peu à peu, l'épouse d'abord, puis, à son heure, son impétueux et loyal mari, le ton et le rythme joyeux d'une existence exemplairement chrétienne. L'évolution sera assez sensible pour qu'Isidore compte bientôt parmi les notables de la paroisse Saint-Pierre. On le voit, en 1874, participer à la fondation de la Conférence Saint-Vincent de Paul et du Cercle Catholique, puis entrer dans le Conseil de Fabrique de la Cathédrale, dont il sera nommé trésorier. Plus tard, il aidera à constituer la Société Civile de la nouvelle Ecole des Frères et appor­tera pour un temps son concours à la Conférence Saint-Louis de Gonzague.

Plus que toute autre. Soeur Marie-Dosithée applaudira à cette transfiguration. Les lettres de la Visitandine à Isidore sont désormais empreintes d'une sereine allé­gresse. Elle relève sa noble devise : « Je ferai les affaires du Bon Dieu et IL fera les miennes. » Elle admire sa foi ; elle va jusqu'à la comparer à celle d'Abraham. Elle en vient à le féliciter d'avoir, au temps de sa jeunesse, traversé Indemne les orages de la Capitale. Nous voilà loin du ton quelque peu sermonneur dont, jadis, elle reprenait les fredaines, somme toute vénielles, de l'étu­diant gavroche. Elle ne croit pas pour autant sa mission terminée. La Visitation du Mans reste le « haut lieu » d'où l'Esprit souffle sur toute la famille. C'est de là que vient le conseil, aussitôt mais en pratique, d'établir saint Joseph comme intendant de la pharmacie. Une corres­pondance régulière apporte à Lisieux comme à Alençon le parfum de la spiritualité salésienne, avec des formules où l'on pressent déjà certains traits de la « Petite Voie » :

« Moi, écrit la Visitandine, je vais au bon Dieu tout comme je le ferais à mon Père, même avec beaucoup plus de confiance et d'abandon. » — « Dieu aime d'un amour extrêmement tendre ceux qui s'abandonnent à Lui, et la mère n'a pas tant de tendresse pour son petit enfant que le Seigneur en a pour l'âme abandonnée. » — « Il faut avoir la foi et la confiance, faire ce qui dépend de nous, vivre en paix, et Dieu prendra soin de nous immanquablement. » « Notre-Seigneur ne veut point de forçats à son service. »

Pour ponctuer et illustrer ces enseignements, la «Sainte Fille » envoie à son frère l'Introduction à la Vie Dévote et aussi l'Année Sainte de la Visitation, douze volumes hagiographiques de huit cents pages, qu'on se dispute, dit-on — heureux temps ou heureuse illusion de l'épistolière ! — à la bibliothèque paroissiale du Mans.

En 1875, quand M. Guérin, inquiet pour sa santé, se rendra à la Grotte de Lourdes, il recevra cet encoura­geant billet : « Il n'est pas question, pour obtenir un miracle, d'être digne ; les plus indignes sont souvent les mieux exaucés ; et qui donc est digne ici-bas ? Ce sont les plus misérables, mais qui ont le plus de confiance ; à ceux-là, toutes les grâces. Cependant il est sûr qu'il faut soumettre sa volonté à celle de Dieu et ne vouloir que ce qu'il veut, mais aller à cœur large et ouvert recourir à sa bonté ; il faut être enfant à son égard, mais un enfant confiant... Moi, je suis heureuse... je vais à Dieu comme à mon Père, et avec cela je ne m'embarrasse de rien... et crois-tu que j'aurai à me repentir d'agir de la sorte, et que je trouverai mon Dieu moins généreux que je l'ai cru ? »

Le cadet, désormais, répond aux avances de sa grande sœur. En même temps qu'il lui adresse maints médi­caments et force largesses, il lui confie « ses pécheurs », car le voilà qui, à son tour, s'improvise convertisseur d'âmes, notamment au chevet de ses amis malades. Par-dessus tout, il recommande au Mans les intentions du foyer.

Les berceaux n'ont pas tardé à ensoleiller la maison. Le 24 février 1868, était née une petite Jeanne qui se verra toujours l'objet des prédilections paternelles. Le 22 août 1870, Marie-Louise-Hélène, dont le souvenir inspire ces pages, faisait son entrée dans la vie. Elle fut ondoyée le jour même de sa venue. Les cérémonies complémen­taires du baptême eurent lieu le 14 septembre. M. Martin fit fonction de parrain. Il aimera toujours tendrement cette jolie brunette, qu'il appellera « la Grecque », à cause de ses grands yeux de jais expressifs et profonds, et qui sera bientôt la compagne de jeux de sa Thérèse.

Le 16 octobre 1871, un garçon, ardemment attendu, n'apparaîtra que pour mourir dès réception du sacre­ment. Cette cruelle épreuve sera pour Mme Martin l'occasion d'adresser aux parents éplorés une émou­vante lettre de condoléances où, avec l'autorité de ses multiples deuils héroïquement supportés, elle chante l'honneur des mères chrétiennes qui donnent des élus au Ciel. Mme Guérin correspond à ces sentiments, si l'on en juge par le ton abandonné de sa réponse :

« Si Dieu m'a retiré cet enfant, c'est assurément pour son plus grand bien. Il s'est montré un bon Père pour nous puisqu'il a permis qu'il puisse être baptisé. Ce pauvre petit n'a pas connu les souf­frances de la vie. Dieu l'a mis tout de suite dans son beau Ciel. Toutes ces pensées-là me donnent de la résignation, car, vous le savez mieux que moi du reste, c'est là seulement où l'on peut puiser le courage. »

Sœur Marie-Dosithée intervient à son tour pour panser la blessure. Elle continuera d'apaiser l'âme inquiète de sa belle-sœur, elle l'invitera à moins se tourmenter comme aussi à montrer plus de fermeté dans l'éducation de la petite Jeanne. Quand elle sentira la mort approcher, elle encouragera encore les siens dans ce testament où passe par endroits un accent prophétique :

« Dieu, Dieu seul sera votre récompense. Je vous ai remis à ses soins, je suis tranquille sur vous, vous réussirez ; mais alors dans la prospérité, ne vous élevez pas, que vos goûts et votre petit train de maison soient modestes ; faites part de votre abondance aux pauvres, et vous verrez arriver votre dernier jour avec un visage riant. »

C'est jusqu'au bout la ligne du Docteur de Genève : « Filez le fil des petites vertus ».

A peine s'était-on partagé les reliques de la Visitandine qu'un nouveau deuil allait assombrir et, finalement, rapprocher les foyers d'Alençon et de Lisieux. Le 28 août 1877, MME Martin est terrassée par le mal terrible qui la minait depuis longtemps. Avant de partir, elle a, dans un suprême regard, confié à sa belle-sœur les futures orphelines. Déjà, dans la perspective de sa mort, M. Guérin avait proposé le transfert du foyer de M. Martin à Lisieux où le voisinage de leur Tante aiderait à parfaire l'éducation des enfants. L'offre, renouvelée avec insis­tance au lendemain des funérailles, ayant été agréée, il se mit en quête d'une maison et dénicha, en bordure du Parc de l'Etoile, le gracieux cottage des Buissonnets qui, par son initiative, entrerait dans l'histoire. Le mercredi 14 novembre 1877, il amenait lui-même à Lisieux ses cinq nièces que le père rejoindrait peu après, ses affaires entièrement liquidées. Marie, l'aînée, avait dix-sept ans et demi. Pauline en avait seize, Léonie qua­torze, Céline huit et demi. Quant à Thérèse, elle attein­drait cinq ans, le 2 janvier suivant.

Les deux familles, désormais, fusionneront au point de paraître n'en faire qu'une. Il s'en faut toutefois que le climat fût exactement le même de part et d'autre. On sait la simplicité patriarcale qui régissait l'existence solitaire de M. Martin et la formation de ses filles. M. et M™e Guérin n'avaient pas, en matière d'éducation, des principes aussi rigides. Dans la répression de ces défauts initiaux qui requièrent une surveillance de tous les instants et une Inébranlable fermeté, ils firent montre d'une certaine faiblesse. Leur Jeanne était quelque peu adulée. Quant à Marie, c'était un gai bambin, pétillant de malice, qui savait l'art de se faire pardonner ses fredaines par un bon mot. Très petite de taille et bien vite souffreteuse, elle dut aussi connaître les ménagements périlleux qu'exige une santé délicate. Ces nuances transparaissent dans les passages de l'Histoire d'une Ame qui ont trait aux rapports entre cousines.

Les affinités d'âge orientant les préférences, Céline Martin était devenue pour Jeanne une amie d'élection, cependant que Marie s'attachait à Thérèse plus jeune qu'elle de trois ans. Ensemble on fréquentait les cours des Bénédictines. On prenait volontiers rendez-vous place Saint-Pierre, pour gagner de concert l'Abbaye, sous l'œil vigilant des servantes de l'une et l'autre famille, Victoire et Marcelline. Le jeudi, on se retrouvait assez souvent en compagnie des fillettes de Mme Maudelonde, pour une promenade ou des jeux en commun, et, le dimanche, à tour de rôle, les enfants de M. Martin étaient invitées à la pharmacie, où leur père, le soir, à la clarté des étoiles, venait lui-même les chercher. C'est en de telles circonstances que Marie Guérin et Thérèse se muaient en anachorètes, retirées en une pauvre cabane, cultivant un maigre lopin de terre, se relayant à la contemplation. La fiction, un jour, les captiva tellement qu'elles continuèrent sur la rue j'innocente mimique et s'en allèrent, les yeux fermés, heurter violemment l'étalage de quelque marchand.

Aux grandes vacances, une excursion collective em­mène parents et enfants, dans un break loué pour la circonstance, à Saint-Ouen-le-Pin, où la grand-maman Fournet possède une modeste maison de plaisance.

Le séjour à la plage ajoute à ces rencontres l'agrément de la vie commune. En 1878,1885,1886,1887, Mr Guérin loue sur la côte pour un ou deux mois et invite tour à tour ses nièces à venir partager les charmes du chalet Colombe de Deauville, de la villa Marie-Rose ou du chalet des Lilas à Trouville. Thérèse s'y rendra plusieurs fois. Elle a gracieusement conté comment, ayant voulu attirer l'attention en imitant les doléances de Marie en ses migraines chroniques, elle n'avait réussi qu'à renou­veler à ses dépens la fable de l'âne et du petit chien. Se plaindre lui seyait si mal qu'on s'imagina que ses larmes cachaient quelque gros scrupule dont on voulut bien en vain la soulager.

A vrai dire, pendant toute cette période, Thérèse joua auprès de sa cousine un rôle d'ange gardien. Celle que, gentiment, elle appelait « Loulou » porta longtemps le poids d'une croissance prématurée. Elle devait souvent assister impuissante aux ébats de ses compagnes, assise à l'écart, frileusement emmitouflée dans une couverture. De fréquents maux de tête la tenaillaient ; des fluxions lui défiguraient le visage. Cela n'allait pas sans sautes d'humeur ni sans caprices, que Thérèse s'efforçait d'apai­ser avec des soins charmants et une bonne grâce infinie.

 

Au Procès de Béatification de la Carmélite, sa sœur Léonie et l'ancienne servante de la pharmacie, Marcelline, témoignèrent combien elle s'ingénia à distraire et à entourer la malade jusqu'à lui faire oublier ses infirmités.

Marie n'avait pas d'ailleurs que des phases de langueur. D'une intelligence aiguisée, elle s'était placée, en dépit de ses fréquentes absences, aux premiers rangs de sa classe. En ses heures de santé, légère comme un papillon, elle animait la ronde, plaisantait volontiers et courait éperdument sans souci des obstacles, ce qui lui valut maints accidents.

Mme Guérin, imitant ce qu'avait fait jadis Martin pour ses aînées, tint à préparer elle-même sa fille à sa première Communion. Elle composa à son usage de petites prières, simples, concrètes, inspirées des événe­ments liturgiques ou des incidents de la journée, dans lesquelles elle passait en revue les défauts à élaguer, les vertus à acquérir. Tout s'achève en résolutions et en supplication vers Dieu. L'accent est mis sur l'humilité du cœur et la sanctification des devoirs d'état. La morgue à l'égard du personnel domestique est impitoyablement réprimée. Voici un modeste échantillon de cette littérature maternelle :

« O mon Jésus, hier, je vous avais promis d'être bien sage, et voilà qu'il m'est arrivé de répondre mal à la bonne. Ah ! que je suis ingrate ! J'ai donc oublié que cette pauvre fille n'est pas heureuse comme je le suis. Elle est privée de sa mère et de toutes sortes de joies. O mon aimable Jésus, faites que jamais je ne retombe dans cette faute ; aidez-moi à être polie et douce envers les bonnes.

Que je me souvienne qu'elles sont mes égales et qu'un jour, au Ciel, elles auront peut-être une place bien plus élevée que la mienne. Pardonnez-moi, Jésus, oubliez mon ingratitude, et, pour ma pre­mière Communion, ornez mon âme des vertus qui vous plaisent, surtout de l'humilité. »

 

Bien qu'il fut un moment question de la retarder pour son étourderie comme en raison des maladies qui avaient écourté son temps de catéchisme, Marie fit sa première Communion dans la chapelle des Bénédictines, le 2 juin 1881. Cette cérémonie, préparée à coups de sacrifices, l'impressionna vivement, si l'on en juge par ce passage d'une lettre que, du Carmel, elle adressera plus tard à Marcelline, entrée, elle aussi, au cloître :

« Nul mieux que moi ne peut vous dire qu'en ce jour, le plus beau de ma vie, Jésus m'a appelée à la vie religieuse, et nous nous sommes promis fidélité. »

En grandissant, la fillette s'initiera peu à peu au cuite de l'effort. Sa santé s'affermissent progressivement, elle voudra imiter ses cousines dans leurs fréquents exercices de piété, freinée en cela par ses parents soucieux de lui épargner la moindre fatigue et inquiets peut-être en secret de voir s'éveiller en elle des symptômes de vocation. Elle n'aura point licence de lire la biographie de Sainte Thérèse d'Avila que Pauline, entrée au Carmel le 2 octobre 1882, avait envoyée aux Buissonnets.

Marie s'était ouverte précocement à l'attrait de l'humi­lité. Estimant qu'elle n'avait d'aptitudes que pour les

travaux les plus obscurs, elle s'était, toute petite, imposé pendant quelques jours l'apprentissage des tâches domes­tiques. L'essai fut concluant sans doute, car sa jeune imagination s'apaisa, assurée désormais d'une situation. En réalité, elle était brillamment douée des dons de l'esprit et du cœur. Tempérament d'artiste, sa voix avait une limpidité de cristal et des vibrations célestes qui ravissaient M. Martin et lui valaient de la part de son père le surnom de « petit rossignol ». Pianiste exercés, ses doigts couraient sur le clavier avec une agilité de virtuose, cependant que son âme passait toute en son jeu.

Elle était seule à méconnaître ses talents, uniquement soucieuse de s'effacer, paraissant ne tenir à rien. Une de ses cousines, Céline Maudelonde, lui ayant demandé un morceau de musique qui était son triomphe, elle s'en dépouilla sur-le-champ, et il n'en fut plus jamais question. C'est que déjà la grâce la travaillait en profondeur. La terrible épreuve des scrupules qui la poursuivra jusqu'à la fin l'affecta dès l'enfance, contribuant à la dégoûter du monde et de ses vanités. L'exemple de Thérèse l'incitera au suprême détachement.

On sait le rôle actif joué par M. Guérin dans la vo­cation de sa nièce. Résolument hostile d'abord à ce départ d'une enfant de quinze ans, troublé malgré tout par l'éminence de ses vertus, l'Oncle et tuteur s'était finalement incliné sous la motion de l'Esprit Saint. Il i'"a même jusqu'à revoir et corriger de sa main la lettre de supplique adressée par la future postulante à l'Evêque de Bayeux, à son retour d'Italie.

Cette phase de démarches et d'incertitudes ne fut pas sans émouvoir l'âme ardente de Marie Guérin. Elle s'afflige de perdre sa douce confidente ; elle l'aime assez toutefois pour épouser sa cause. Dans une lettre qu'elle lui adresse en la Ville Eternelle, elle insère ces phrases qui prennent à distance des allures de prédic­tion :

« ...Rien de neuf dans notre Lisieux, mais, pour Rome, c'est autre chose ! Il renferme un trésor dont il ne se doute pas et qu'il fera bien de me rendre bientôt, car l'absence de ma petite Thérèse commence à me sembler bien longue. Enfin, pour faire passer le temps, je prie beaucoup pour sa grande intention et le succès de son voyage. »

Auprès de celle qu'elle aime « non pas comme une cousine, mais comme une sœur et une vraie soeur », elle s'acquitte d'une mission qui a une portée historique :

« Pauline m'a chargée de te dire qu'elle désirait fortement que tu parles au Souverain Pontife au sujet de ton entrée au Carmel. S'il ne passe pas auprès de toi, elle voudrait que tu ailles au-devant de lui pour demander la grâce que tu souhaites avec tant d'ardeur. »

Le lundi 9 avril 1888, Marie Guérin, les yeux humides, embrassait sa cousine à la porte de clôture, désireuse déjà, par le meilleur d'elle-même, de la rejoindre un jour sur la Montagne du Carmel.

 

 

 

La victoire sur le monde

 

La pharmacie de la Place Saint-Pierre était en plein essor quand s'ouvrit pour son propriétaire une succes­sion fastueuse. M. Auguste David, ancien notaire à Evreux, demeuré veuf et sans descendance à la tête d'une opu­lente fortune, voulut rectifier les inégalités de certains partages antérieurs en choisissant pour héritiers ses cousins issus de germains, les enfants de Mme Fournet. Il n'avait jamais fait montre de sentiments chrétiens, non plus que sa très mondaine épouse, née Léonie Charvet, décédée subitement en son carrosse, le 29 août 1869. Quand il se sentit mortellement atteint, à soixante- quinze ans, il manda Isidore Guérin à son chevet, en sa somptueuse demeure de la Musse. Celui-ci apporta avec lui le seul objet qui manquât au décor, un Crucifix. Il fut assez heureux pour réconcilier avec Dieu le vieil­lard, qui expira le 22 août 1888, après avoir exprimé sa gratitude en ces mots : « Guérin, je vous dois mon salut. »

 

L'époux de Céline Fournet eut en outre la tâche, à litre de légataire universel, de débrouiller l'écheveau compliqué du testament. Un hôtel princier au chef-lieu de l'Eure, une résidence d'été à deux lieues de distance, un mobilier d'art, des valeurs et des terres formaient un patrimoine imposant que les familles Maudelonde et Guérin se répartirent à l'amiable, à charge de pour­voir à un certain nombre de legs secondaires attribués en viager. L'esprit d'entente fraternelle était si vif, le désintéressement si sincère que nulle ombre de chicane n'altéra jamais la solution parfois délicate de ces épi­neuses questions d'argent. On laissa même à l'état indivis, à l'effet de l'occuper tour à tour à la belle saison, la propriété de la Musse, cet ancien domaine seigneurial qui surplombait de sa coquette villa et de ses quarante et un hectares de jardins, de bois et de parcs, la sinueuse vallée de l'Iton.

Cette acquisition inattendue déchargeant M. Guérin de tout souci d'avenir lui permit de modifier totalement l'axe de ses travaux. Le 8 décembre, il cédait sa phar­macie. Le 20 avril 1889, il acquérait une maison de maître à Lisieux, 19, rue Paul Banaston. 11 l'occupait vers la fin de l'année, après un bref passage rue Condorcet et aux Buissonnets, hélas ! déserts, depuis le départ de M. Martin pour le Bon Sauveur et l'exode momen­tané de ses deux filles à Caen.

L'existence de l'ancien pharmacien sera désormais celle d'un notable, au sens d' « autorité sociale » qui s'attachait alors à ce mot.

Membre, depuis 1869, du Cercle littéraire, il peut enfin satisfaire à loisir sa passion des études scienti­fiques et des choses de l'esprit. Le soir, à la veillée, il aime lire à ses filles, et aussi à ses nièces, quand Léonie et Céline logent sous son toit, des morceaux choisis du théâtre classique : Corneille, Racine, Molière, ou des scènes étincelantes de Shakespeare. Voltaire, on le notera, n'est pas de son répertoire. Il fraye avec de hautes personnalités politiques et compte parmi ses frères d'armes sur le champ de l'apostolat Paul-Louis Target qui fut ministre plénipotentiaire à La Haye, avant de devenir député du Calvados.

Monarchiste invétéré, M. Guérin se range de surcroît parmi les fervents de la « Libre Parole » de Drumont. Conservateur, dans tous les sens du terme, son instinct de bibliothécaire, son flair d'archiviste, le portent à compulser, classer et tenir à jour les papiers où s'inscrit le destin de la famille, ce qui, plus tard, facilitera providentiellement les recherches des historiens que tentera la prestigieuse aventure thérésienne. Son cahier sera le livre de raison où ils puiseront, comme en un document notarié, les précisions généalogiques et chronologiques, cepen­dant que la postérité lui devra maintes lettres, minutieu­sement cataloguées, de M^» Martin et de ses filles.

Par-dessus tout, ce sont les intérêts de la foi qui sollicitent son dévouement. Si, en fait de pratique sacramentaire, il en est resté aux habitudes du temps, ne s'approchant de la Sainte Table qu'aux jours de fête, il a fondé, en 1885,

à l'instigation d'ailleurs du père de Thérèse, le groupe­ment de l'Adoration Nocturne qui, malheureusement, ne lui survivra pas. Aux processions de la Fête-Dieu où il tenait un cordon du dais, le Saint Sacrement s'arrêtait au reposoir qu'il édifiait en sa demeure et qu'il voulait somptueux. C'est ainsi qu'en une année particulièrement néfaste, il fit dresser une croix de verres colorés portant cette inscription : « Plus on l'outrage, plus elle brille. » Il réalise, dans le style bourgeois de l'époque — et l'expression, ici, n'a rien de péjoratif — le type de l'homme d'oeuvres, dont la bourse s'ouvre largement à toutes les détresses et pour toutes les bonnes causes, et qui n'hésite pas davantage à y aller d'une démarche, d'une présidence de réunion, d'un discours ou d'un article, chaque fois que la gloire de Dieu ou le bien des âmes sont en jeu. L'appui qu'il donne aux Missions lui vaudra même de devenir parrain d'un roi noir ; mais ce n'est pas l'honorariat qu'il recherche. Militant, il paie de sa personne, avec ce goût de la protestation et de la riposte qu'éveillaient alors, dans l'élite catho­lique, les approches de la persécution.

Cette fin de siècle sent la poudre. On n'en est pas encore au « régime abject », mais déjà, sur les pas de Jules Ferry, les laïcisateurs sont à l'œuvre ; les mots d'or­dre des Loges s'inscrivent peu à peu dans la législation.

Devant cette vaste offensive stratégique qui trouvera, hélas ! les croyants divisés et désemparés, M. Guérin a vite discerné les deux positions-clés à défendre coûte

que coûte : l'école et la presse. Il fait partie du Comité scolaire lexovien ; il soutient de ses deniers l'effort tenace des fils du Chanoine champenois que Léon XIII portera bientôt sur les autels, Jean-Baptiste de la Salle. Il honore de sa présence, et souvent de sa parole, leurs distributions de prix. Pour loger l'école des filles, il fait personnellement l'achat d'un immeuble à destination commerciale qui gardera dans son nouvel usage le titre du Bon Pasteur. Jusqu'à son dernier souffle, se souve­nant des crises de sa jeunesse, il luttera pour garder au Christ l'âme des générations montantes, ce « blé qui lève » que chantera demain René Bazin.

Pour faire front aux ennemis de l'Eglise et défendre la cause sacrée de ses libertés, le journal lui paraît une arène de choix. L'image, le fait divers et la publi­cité n'ont pas encore envahi les colonnes des périodiques en renom. Les batailles d'idées s'y livrent fiévreusement. M. Guérin, d'une plume incisive et lucide, se fait l'avocat de la vérité. Peu soucieux de porter sa prose aux feuilles dites « républicaines », avec le sens très particulier que le mot revêt à l'époque, il collabore volontiers au Normand qui, depuis 1833, rayonne, deux fois par semaine, le mardi et le samedi, dans la ville et l'arrondissement de Lisieux. Des événements de politique locale vont l'ame­ner, en octobre 1891, à y jouer un rôle de premier plan.

Les âpres débats du Parlement ont peu à peu gagné la province. Le visage calme du plantureux pays normand, ses mœurs paisibles et sages s'en trouvent bientôt bouleversés. Lisieux même s'éveille aux disputes du forum sous l'impulsion d'un folliculaire, alors en mai d'arri­visme, et dont l'âge et le Pouvoir assagiront l'humeur, Henry Chéron. Soit désir d'amuser la galerie, soit besoin de se tailler une clientèle, ce jeune avocat de vingt-quatre ans a lancé un organe avancé : Le Progrès Lexovien, où, comme on dit alors « il mange du curé ». Le 23 octobre 1891, sa verve ordinairement légère se fait soudain hargneuse. A l'occasion d'une Lettre de Léon XIII à Mgr Gouthe-Soulard, il s'en prend à la tourbe des « Vaticanards » et au Papa lui-même, qu'il ose accuser de « dérailler ».

M. Guérin bondit sous l'outrage, il connaît person­nellement l'insulteur. En 1884, celui-ci a passé quelques mois à son service comme élève en pharmacie, ce qui lui a fourni l'occasion de donner des leçons d'accordéon à Marie et de se faire entendre de la petite Thérèse. A l'époque, Henry Chéron ne dédaignait pas de jouer des cantiques ; il avait même amené à faire ses Pâques un collègue retombé dans l'indifférence. Raison de plus pour ne pas tolérer le scandale.

C'est ainsi que, le 3 novembre 1891, le polémiste du Normand se déchaîne pour réprimer l'insolence de son ancien stagiaire mué soudainement en grand-maître ès anticléricalisme. L'article, relevé de formules piquantes, a du souffle, de l'élan, presque de la passion. Il demande ses titres au gamin qui portait hier courte culotte et qui toise aujourd'hui de si haut les autorités morales les

plus indiscutées, li ironise sur ses prétentions. Puis, élevant le débat, il venge noblement le Pape «de génie dont la récente Encyclique Rerum Novarum sur « la con­dition des ouvriers » vient de susciter, à travers le monde, un vaste courant d'admiration :

« Il déraille, celui que des nations hérétiques choisissent comme médiateur.

« Il déraille, celui dont la science immense est consignée dans des écrits lumineux et profonds qui vivront plus longtemps que la prose du Progrès.

« Il déraille, celui qui seul a pu trouver la solution de cet infrangible nœud gordien qu'on appelle la question sociale, que, ni les économistes les plus habiles, ni les philosophes les plus profonds, ni les politiciens les plus perspicaces, n'ont pu encore dénouer.

« Il déraille, celui qui donne à la France les marques d'une sollicitude et d'une affection toute paternelle, qui gémit de ses malheurs, qui se réjouit de ses gloires et qui la déclare sa fille privilégiée.

« Il déraille, celui qui, JAMAIS, entendez-vous bien, n a prononcé que des paroles de paix, de miséricorde et de pardon, celui qui jamais n'a mendié les vains applaudissements de la foule.

« Il déraille, celui qui, seul, sans armée, sans allié, rit, au milieu de son Vatican, de la rage impuissante de la meute révolutionnaire... »

La conclusion jaillit d'elle-même : « De quel côté est l'inconvenance ? Lequel « déraille », du Saint-Père ou du Progrès ? » La signature, droite comme une lame d'épée, est précédée de cette fière protestation : « Un Vaticanard qui demande qu'on respecte sa foi religieuse comme il entend respecter celle des autres. »

La riposte ne se borne pas à cette apostrophe venge­resse. Le Normand, en dépit de ses soixante années d'existence, est alors bien près de sombrer, par défaut de collaborateurs et de crédits, M. Guérin connaît la maison, y ayant plus d'une fois apporté le concours de son talent littéraire. Sollicité de s'engager à fond, après un temps d'hésitation, il vole à son secours, la renfloue financièrement et assume la charge de rédacteur principal, vouant à cet apostolat, pour lui primordial — n'a-t-on pas dit que « saint Paul, s'il revenait, se ferait journaliste ? » — avec un attrait indéniable pour les joutes contradictoires, un culte de la vérité, une dia­lectique serrée, un respect de l'adversaire, en un mot.

Promu aux plus vastes responsabilités municipales, parlementaires et gouvernementales, Henry Chéron dépouillera peu à peu le sectarisme d'antan. Il gardait ou fond du cœur pour M. Guérin une véritable estime. Quand l'étoile de sainte Thérèse montera à l'horizon, il aimera rappeler les heures de sa jeunesse où il la rencontrait avec sa cousine dans la pharmacie de la Place Saint-Pierre. Sa bienveillance pour la famille Martin e! pour le Carmel ne se démentira jamais. Comme Maire de Lisieux, il facilitera les mani­festations grandioses en l'honneur de la Sainte et le développement des pèlerinages. On lui devra la création de l'avenue triomphale qui mène à la Basilique. La religieuse qui ensevelit l'homme d'Etat retrouva sur lui, avec une croix d'or et une médaille de la Sainte Vierge, une image thérésienne. Si la vigilance de l'entourage ne permit pas au prêtre d'approcher du lit du mourant, une absolution donnée à la dérobée rejoignit ce qui restait en lui, vivace, des souvenirs pieux du premier âge et autorise à espérer que celui qui connut Thérèse enfant la connaît maintenant dans sa gloire.

une probité intellectuelle et une droiture de cœur, qui forcèrent l'admiration.

Cette attitude n'est pas sans risques. On cherche à le salir, on le provoque en duel. Il écarte l'insulte avec mépris et refuse de se battre autrement qu'à coups d'arguments, montrant que le vrai courage consiste à rester intraitable dans sa foi, en comptant pour rien le faux honneur du monde. Six années durant, il tiendra le poste, en dépit des attaques de rhumatisme arti­culaire qui, fréquemment, lui torturent le côté droit, ce qui fera dire à Thérèse, avec une légitime fierté :

« N'est-ce pas pour la gloire de Notre-Seigneur que le bras de mon Oncle ne cesse de se fatiguer à écrire des pages admirables qui doivent sauver les âmes et faire trembler les démons.»

A cette tribune du journal, M. Guérin, sans être un professionnel, consacre d'incontestables qualités d'édi­torialiste. Les nombreux articles signés de lui — on en compte, sauf erreur, soixante-quatorze pour la seule année 1893, parfois deux dans le même numéro, et toujours en première page — abordent toute la gamme des problèmes complexes que soulèvent, à l'époque, la situation intérieure française et les événements inter­nationaux. Ils vont de l'alliance russe aux études fiscales, des lois sociales à l'affaire du Panama, en passant par les irritants débats sur les élections locales.

Les questions religieuses tiennent toutefois la vedette. C'est le Concordat dont il faut venger l'esprit contre ceux qui prétendent en faire « un bâillon, un licol, un carcan, avec lequel ils peuvent museler, ligoter et étouffer l'Infâme ». C'est, courageusement dénoncés, l'action de la Franc-maçonnerie, ses rites mystérieux, ses manœu­vres de camouflage ou de pénétration, la corruption organisée de l'administration, l'assaut mené contre la magistrature, le favoritisme s'installant au Pouvoir et déterminant l'avancement à la cote d'amour politicienne. C'est la liberté scolaire surtout, défendue pied à pied contre les assauts du laïcisme, et les intérêts de la foi sans cesse revendiqués, avec l'honneur du Saint-Siège et l'obéissance à l'Eglise.

L'esprit conservateur anime ces écrits, non pas en son concept étroit, têtu et rétrograde, mais avec les élargis­sements mêlés d'impatiences d'un admirateur de Veuillot qui aurait goûté d'Albert de Mun. Manifestement, M. Guérin n'est pas démocrate. Il réédite volontiers le mot historique : « Suffrage universel, mensonge universel ». Il n'en accepte pas moins avec une parfaite soumission les directives du Ralliement. Il résumera en ces mots les enseignements de Léon XIII: « Acceptez franche­ment, loyalement, sans arrière-pensée, la forme de Gouvernement établie, mais combattez par tous les moyens légaux la législation antichrétienne. » Dès le 6 février 1892, Le Normand s'est réorganisé en se situant « sur le plan constitutionnel et religieux».

Même fidélité aux consignes romaines relatives à la question sociale. M. Guérin en a-t-il entrevu toute l'ampleur ? Il était mal placé pour cela, trop éloigné, par sa profession et ses relations, du monde de l'usine. Il n'en affirme pas moins son amour des petits et sa réprobation des excès de l'industrialisme. Dans un leader intitulé « Travail et Capital », il signale — et cela montre qu'il était au courant des thèses de La Tour du Pin et de ses disciples — l'insuffisance des pouvoirs concédés aux Syndicats en vue d'organiser la profession.

« Pour résister au socialisme, dit-il encore, il faudrait... les principes immuables d'une saine philosophie et la connaissance des droits et des devoirs réciproques qui incombent tant au travailleur qu'au patron. Le christia­nisme seul peut lui donner cette connaissance. »

Il n'en est que plus à l'aise pour stigmatiser les ravages de l'extrémisme et l'exploitation hypocrite que certains hommes de gauche font de la misère populaire. « Dans tout Jacobin, écrit-il, il y a un dictateur. »

Pour avoir longtemps fréquenté la prose drue et mordante du Directeur de L'Univers, M. Guérin apporte à soutenir ses idées une plume précise et piquante, maniant volontiers l'image et le mot qui font balle. Son style se dépouille progressivement de l'emphase oratoire où se trahissait l'influence du temps. Il se fait plus nerveux, plus direct, celui d'un excellent débateur, expert à débroussailler une question, à la poser en termes limpides et à saisir le point faible de l'argumen­tation adverse.

 

M. Guérin n'est pas l'homme qui fait un métier et qui rédige un « papier » sur commande. C'est une convic­tion au service d'une cause. Il fait sienne la formule maintes fois répétée : « Le journalisme est un sacerdoce. » « Nous ne reconnaissons, déclare-t-il, d'autre autorité que celle de Dieu, d'autre persuasif que la raison, d'autre guide que notre conscience. » Aux amateurs de compromis, il sert volontiers ce refrain : Ne plaise aux dieux que Je couche Avec vous sous même toit ! Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et le froid !

C'est cette « âme intérieure » qui fait de telle de ses études consacrées à Renan et à Voltaire une véritable page d'anthologie, traversée d'une verve étincelante et d'un sens supérieur de l'ironie.

De ce courage et de ce talent, la maladie aurait promptement raison. Au début de 1896, M. Guérin cède à un nouveau venu la charge de l'éditorial. Son nom paraît encore en première page, au bas de certaines chroniques de politique générale ; puis la signature s'espace pour disparaître après un dernier hommage au Christ ressuscité et une suprême analyse du « Gâchis » où la persécution montante risque de plonger le pays. De sa retraite, le vieux lutteur suivra toujours avec un intérêt passionné les campagnes du Normand; il ne cessera de le soutenir de ses conseils et de ses fonds.

 

A ce mécénat exercé envers toutes les organisations catholiques, l'Oncle de Thérèse joignait la qualité de bienfaiteur éminent du Carmel. Celui-ci, grevé de travaux onéreux, passait alors par une phase d'extrême pau­vreté. L'argent manqua plus d'une fois pour les achats les plus nécessaires. Un renseignement furtif, au besoin une lettre discrète, alertaient la rue Paul Banaston d'où venait aussitôt le secours. La petite Reine soulignait le geste avec effusion, profitant de la fête de sa Tante, le 19 novembre, des anniversaires, des souhaits de l'an ou de quelque événement de famille, pour redire à ses parents d'adoption toute sa reconnaissance. Sans parler des messages adressés a sa cousine Marie, et sur lesquels nous aurons à revenir, les trente et une lettres ainsi conservées brillent par l'enjouement, la simplicité du ton et la sincérité d'une tendresse experte à renouveler sans cesse son registre.

Mère Marie de Gonzague, de son côté, exprimait la gratitude de la Communauté en envoyant quelque photo prise à l'intérieur du cloître. C'est à cette circons­tance que nous devons la profusion, insolite dans la vie religieuse, des clichés thérésiens, et aussi — car il s'agis­sait d'un appareil d'amateur et manié comme tel — leur caractère nécessairement imparfait.

Le parloir offrait de nouvelles occasions de rencontres, ainsi que les cérémonies de Vêture ou de Prise de Voile. Non content de participer aux fêtes dont quelqu'une de ses nièces se trouvait être l'héroïne, M. Guérin accepta le parrainage d'une religieuse converse, qui n'avait plus aucune famille. Sœur Marie-Madeleine du Saint- Sacrement, et, à ce titre, la conduisit à l'autel lors de sa Prise d'Habit. La lettre qu'il lui écrivit pour sa Profes­sion, le 20 novembre 1894, suscita les réflexions émues et enthousiastes de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

La barrière morale de la clôture n'avait pu rompre les liens de famille. L'épreuve qui frappa aux Buissonnets les resserra encore. Pendant l'hospitalisation de M. Mar­tin à Caen, M. Guérin accueillit à son foyer Léonie et Céline et les traita comme ses filles. Le 10 mai 1892, il ramena lui-même à Lisieux son beau-frère, qu'on installa, 7 rue Labbey, à proximité de sa propre demeure. A l'été de 1893 et 1894, il l'emmena au château de la Musse, malgré toutes les difficultés de l'entreprise, car il s'agissait de transporter en chemin de fer jusqu'à La Bonneville, puis, de là, par la route, non seulement le vieillard, mais sa voiture et son lit de paralytique. Touché de ce dévouement aussi délicat qu'empressé — on n'eût pas fait mieux pour un père — le malade remerciait d'un mot qui en disait long : « Au Ciel, je vous revaudrai cela. »

 

En réalité, M. Guérin gardait pour son beau-frère une admiration profonde. Ce qui, aux yeux du monde, pouvait paraître déclin et faillite, cette vieillesse vouée à l'impuissance et à l'humiliation, apparaissait à ses yeux de croyant comme l'auguste couronnement d'une vie d'immolation. Peu après l'entrée de Thérèse au cloître, il avait adressé à l'aînée de ses nièces. Sœur Marie du Sacré-Cœur, cette lettre où l'on sent passer une réminiscence de Montalembert offrant sa fille ou Roi des rois :

« De quelles paroles enivrantes se sert-il donc ce Dieu jaloux pour attirer à Lui tous ces jeunes cœurs affamés d'Idéal et briser ainsi les liens les plus doux ? Je ne suis pas digne d'avoir de telles filles d'adoption et de vouloir toujours faire entendra des conseils de prudence humaine à des oreilles si près des lèvres de la sagesse infinie. Un jour, Dieu me montra un vieil arbre chargé de cinq beaux fruits attendant maturité ; Il m'ordonna de le transplanter dans mon jardin. J'obéis ; les fruits mûrirent successivement ; l'Enfant-Jésus, comme autrefois, lors de la fuite en Egypte, passa trois fois et fit un signe ; le vieil arbre se courba amoureusement et, chaque fois, sans murmurer, laissa tomber un de ses fruits dans la main de l'Enfant-Dieu. Quel admirable spectacle que celui de ce nouvel Abraham ! Quelle simplicité ! Quelle foi ! Quelle grandeur d'âme ! Nous ne sommes que des pygmées à côté de cet homme ! »

En écrivant ces lignes frémissantes, M. Guérin se doutait-il qu'il devrait un jour, lui aussi, sacrifier sa benjamine à l'Epoux des Vierges !

 

Marie ne s'était pas laissé griser par la brusque accession de son père à la fortune et à la notoriété. Si ses parents se virent, plus que par le passé, soumis aux servitudes brillantes de la haute société, elle-même n'y éprouva que déplaisir et répugnance. Elle s'en évadait chaque fois que les convenances le permettaient. Avec l'affermissement de sa santé, son caractère avait pris un réel développement. Primesautière, taquine, elle était le rayon de soleil de la famille. A l'égard des étran­gers, son accueil se teintait de réserve. Nulle envie de paraître, une peur réelle de se produire, un art discret de s'éclipser pour mettre les autres en valeur. Cette timidité, cette défensive un peu sauvage, étaient chez elle parti pris d'humilité, volonté aussi de décourager les avances ou les espoirs qu'eussent justifiés, dans sa situation nouvelle, ses réelles qualités.

Fleur des champs et des bois, c'est dans les allées solitaires de la Musse ou perchée sur un chêne au feuillage propice, que Marie se sentait vivre, qu'elle était pleinement elle-même. Une lettre à Léonie Martin la dépeint tout entière, avec sa verve d'enfant qui s'enchante de la belle nature :

« ici, sur ma branche, pas besoin de papier buvard ; le soleil se charge de cet office... Ma main est un peu chancelante. C'est que je viens d'avoir sur mon perchoir une peur terrible. Un petit écureuil a traversé l'allée à côté de moi, puis, me faisant pendant sur l'arbre voisin, il a positivement l'air de me narguer. Il reconnaît sans doute que je suis de la race des grimpeurs mais non pas des rongeurs.

« Je te dirai qu'ici, à la Musse, tout le monde est sens dessus dessous. Les oiseaux viennent me faire des cui-cui pour me demander : Mais où donc est Léonie ? J'aperçois l'Iton qui coule son eau claire d'un air taciturne, parce qu'elle ne peut y refléter ton visage. Du côté des écuries, même lamentation : je vois la tête de Bichette se hausser vers la lucarne, en quête de son amazone, et ce sont des hennissements à n'en plus finir. Poules, coqs et lapins s'arra­chent crêtes, queues et oreilles ; les lièvres du parc, venus, le pre­mier soir de notre arrivée, au nombre de vingt, ont presque tous disparu, parce qu'ils n'ont plus reconnu ta chère silhouette dans le lointain... Oh ! malheur ! un coup de vent a failli emporter ma lettre ! Comment ne pas courir après un tel chef-d'œuvre ? Pardonne-moi toutes mes malices et ce griffonnage. Dans la position où je suis, je ne puis mieux faire. »

Ce badinage cache une âme en mal d'approfondis­sement et qui s'arrache chaque jour un peu plus à la fascination de la bagatelle. On le vit bien le 1er octobre 1890, où, contrainte de jouer un rôle d'apparat aux noces de sa sœur, la jeune fille revêtit avec une entière indifférence, et sans même un regard sur le miroir, la toilette chatoyante qu'exigeait la cérémonie. Manifes­tement, son cœur était ailleurs.

Ce mariage qui, on s'en souvient, fut l'occasion pour Thérèse de rédiger le faire-part de son union avec l'Epoux Divin, introduisait Jeanne Guérin dans une famille originaire de la Manche, mais fixée alors à Caen. Francis La Néele était né le 18 octobre 1858, à Paris, où ses parents tenaient commerce. Devenu orphe­lin de père, il avait suivi sa mère et sa sœur à Venoix, près du chef-lieu du Calvados, avait fait ses humanités chez les Jésuites, conquis le grade de pharmacien de première classe, puis le doctorat en médecine et s'était enfin installé pharmacien, il avait sur ces entrefaites perdu sa mère.

Ce bon géant aux moeurs graves était un chrétien de race. Il ne craindra pas, en 1901, à Lisieux, de s'improviser orateur pour porter la contradiction en plein meeting au défroqué Charbonnel. L'apostat vomissant contre la confession les pires insanités, il protestera de toute sa foi au milieu des applaudissements. Au cri jeté par le conférencier : « Quel est votre drapeau ? », il ripostera crânement : « Mon idéal est inscrit sur mon front. Je suis catholique. » Le succès sera assez décisif pour faire suspendre en terre normande la tournée du prêtre renégat.

Plus tard, avisé par un tiers que l'ancien domestique de M. David, le fidèle Arsène, est en danger, Francis La Néele se précipitera à son lit d'agonie et lui rappellera la promesse qu'il avait faite jadis, devant la mort pieuse de son vieux maître, de ne pas partir comme un chien. L'affaire n'alla pas toute seule, mais la grâce de Dieu aidant, l'éloquence persuasive du Docteur eut raison du brave homme et de son respect humain.

C'était donc un convaincu, voire un apôtre, qui avait conquis le cœur de Jeanne Guérin. Il ne déparerait pas les traditions de la famille. Ayant par son mariage redoré son blason, il céda son affaire et ouvrit à Caen un cabinet médical. On lui verra bientôt clientèle hono­rable, cheval, voiture et cocher en petite livrée. Person­nellement de goûts très simples, il débutera modeste-

ment. Ce n'est que plus tard, à LIsieux, quand il se fixera chez M. Guérin devenu veuf, qu'il se prêtera davantage aux relations de société. L'ambiance plus mondaine, l'épreuve aussi du foyer, l'enfant si ardem­ment désiré et qui jamais ne vient, inclineront dans le sens de l'extériorisation, ce qui, à certains jours, modi­fiera quelque peu l'atmosphère de la rue Paul Banaston.

Marie Guérin suivait une évolution tout opposée. En son âme écartelée par les scrupules, la nostalgie du cloître se faisait lancinante, contrebalancée, il est vrai, par le sentiment douloureux de son indignité. Chaque année, choisissant à cette fin une période creuse, où les réceptions chômaient, elle s'adonnait aux exercices spiri­tuels, s'enfonçant dans les bois de la Musse pour y faire, quatre fois le jour, une demi-heure d'oraison. Elle n'au­rait pas manqué pour rien au monde à sa retraite du mois, insistant notamment sur la préparation à la mort.

Elle servait aussi Dieu dans les pauvres, imitant en cela son père qui avait jadis souhaité la richesse pour pouvoir se montrer plus généreux, et qui, l'ayant acquise, s'im­posait de surcroît des sacrifices personnels pour venir en aide à un plus grand nombre d'indigents. De concert avec sa cousine Céline et quelques amies de Lisieux, la jeune fille participa à des rencontres hebdomadaires où l'on confectionnait de quoi remonter le vestiaire des familles les plus misérables.

Tous les quinze jours, elle s'acheminait vers le Carmel et passait une demi-heure au parloir. Mère Marie de Gonzague l'avait prise en affection. C'était une maîtresse femme que cette Prieure, et qui jouissait dans Lisieux d'une réputation méritée en fait de direc­tion spirituelle.

Elle avait fait preuve d'une réelle largeur d'esprit en admettant Thérèse comme postulante dès ses quinze ans. Elle ne se montrera pas moins favorable à l'admis­sion de Céline, puis de sa cousine Guérin. L'histoire lui doit cette justice qu'elle n'a pas empêché, qu'elle a même facilité — quitte à en prendre par la suite quelque ombrage — ce rassemblement, somme toute insolite, de cinq membres d'une même famille dans une com­munauté qui ne pouvait en principe dépasser vingt et une religieuses et, par autorisation spéciale, en comptait à l'époque vingt-sept. C'est auprès de cette moniale, alors au faîte de son crédit, que Marie cherchait appui dans ses angoisses intérieures. Elle s'épanchait aussi dans le cœur de Sœur Agnès de Jésus et jouissait de quelques minutes de conversation avec celle qui restait pour elle « la petite Reine ».

Les lettres complétaient heureusement ces commu­nications intimes. Il lui fallait souvent les écrire en cachette, car ses parents, sans manifester d'hostilité déclarée à ses aspirations — ils étaient trop chrétiens pour entraver les desseins de Dieu — se méfiaient de l'impulsivité de leur benjamine et n'entendaient point favoriser sa tendance au mysticisme.

La Prise d'Habit de Thérèse, le 10 janvier 1889, impres­sionna profondément la jeune fille. Entre la novice et son amie d'enfance une correspondance va s'échanger, qui débutera par d'affectueuses banalités, pour s'achever en un dialogue haletant où s'affirmera de plus en plus la maîtrise incomparable de la Sainte dans l'art de gouverner les âmes. Les quatre premiers messages du Carmel se déroulent sur le mode mi-plaisant mi-tendre, coupés de remerciements pour les cadeaux reçus et de gracieusetés prodiguées à toute la maisonnée. La note émue surgit dans la missive du 24 avril 1889, à l'occasion de la croix qui afflige M. Martin :

« C'est incroyable, écrit Thérèse, comme maintenant nos liens se sont resserrés ; il me semble qu'après notre terrible épreuve nous sommes encore plus sœurs qu'avant... Si tu savais comme je t'aime, comme je pense à vous tous. Oh ! cela fait tant de bien, quand on souffre, d'avoir des cœurs amis dont l'écho répond à notre douleur !... Comme je remercie Jésus de nous avoir donné de si bons parents, des petites sœurs si gentilles... J'ai vu que le cœur de ma petite Marie avait touché le cœur de ma Céline, et cela a fait une grande joie à mon pauvre cœur... »

Un S.O.S. de sa cousine va permettre à la Sainte de hausser le ton et de se révéler déjà la parfaite maîtresse des novices qu'elle sera un jour. Au mois de mai 1889, la famille Guérin, accompagnée de Léonie et de Céline, visite l'Exposition Internationale organisée dans la Capi­tale pour le centenaire de la Révolution Française. Marie se trouve comme perdue dans ce brouhaha de mondanités. Son imagination affolée par tant de frivolités lui fait voir du mal partout. C'est une véritable obsession. Dans sa détresse, elle se tourne vers Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus en qui elle pressent déjà des trésors d'expérience. Après lui avoir conté ses tourments, elle avoue qu'elle n'ose en tel état s'approcher de la Sainte Table :

« C'est la plus grande épreuve, souligne-t-elle. Jamais je n'avais ressenti autant d'amour pour la Communion ; je sens que je serais inondée de consolations, je me sentirais fortifiée si je pouvais avoir le bon Dieu dans mon cœur. Autrement, il est si vide, mon pauvre cœur ; il est rempli de tristesse ; rien ne peut me distraire. Oh ! quelle ville que ce Paris ! On est bien plus heureux dans la petite maison de la rue Condorcet. Sais-tu où je ressens le plus de bonheur ? C'est lorsque je suis à l'église ; au moins, là, je puis reposer mes yeux sur le tabernacle ; je sens que je suis dans mon centre. Tout le reste n'est pas fait pour moi ; je ne sais comment on peut vivre ici. Pour moi, c'est un véritable enfer. »

La réponse arrive, apaisante, par retour du courrier, cette lettre du 30 mai 1889, d'une doctrine eucharistique si sûre et, pour l'époque, si audacieuse, que le Pape Pie X en dira plus tard son émerveillement, et que cela l'incitera à hâter l'introduction de la Cause de la servante de Dieu.

Rappelant qu'elle a passé, elle aussi, par « le martyre du scrupule », la Sainte écarte d'emblée le principal obstacle : « Tu n'as pas fait l'ombre du mal... Il faut mépriser toutes ces tentations, n'y faire aucune attention. »

Elle dévoile ensuite le piège infernal : « Quand le diable a réussi à éloigner une âme de la sainte Com­munion, il a tout gagné... et Jésus pleure !... O ma chérie, pense donc que Jésus est là dans le tabernacle exprès pour toi, pour toi seule, Il brûle du désir d'entrer dans ton cœur... »

Prévoyant des résistances, elle pulvérise d'un mot l'objection d'indignité. « Il est impossible qu'un cœur qui ne se repose que dans la vue du tabernacle offense Jésus au point de ne pouvoir le recevoir. Ce qui offense Jésus, ce qui le blesse au cœur, c'est le manque de confiance. »

La consigne finale à l'âme qui se débat depuis trop longtemps dans le lacis inextricable de ses chutes imagi­naires, c'est l'invitation, alors bien originale, et qui anticipe sur les vues des moralistes, à voir dans l'Hostie non pas la récompense mais le tonique, le pain de la route : « Communie souvent, bien souvent... Voilà le seul remède si tu veux guérir »

Ces conseils, et la sage direction de l'abbé Domin, chapelain de l'Abbaye, valent à la jeune fille une brève accalmie. Mais l'insidieuse pensée se réveille soudain, s'infiltre dons les détails les plus innocents et sème à nouveau le désarroi. Une lettre du 10 juillet 1889 avoue ces débats intérieurs où s'émousse tout mordant. Elle confesse aussi cette hypersensibilité dont Marie souffrira toute sa vie et qui constitue un trait attachant, mais combien périlleux, de sa physionomie morale :

«J'ai un cœur que je ne sens que trop; il a trop d'ardeur. Quand il aime, son amour n'a plus de bornes ; par moments, je sens que mon corps est trop étroit pour le contenir. Il y a entre nous une affection qui n'est pas de la terre ; c'est par les liens de l'âme que nous sommes unies. Que cette affection-là est douce ! Rien ne peut la dépeindre. Le mot sœur, qui est pourtant un des plus doux noms, n'est pas l'expression qu'il faut employer.

« Eh bien ! oui, ma petite Thérèse, le bon Dieu se plaît à briser mon pauvre cœur. Quand 11 veut me faire souffrir, c'est toujours de ce côté qu'il se tourne. Mon partage, ce sont les souffrances intérieures. Par moments, je me sens comme abandonnée à moi- même, je ressens un mortel ennui. 11 ne faut pas croire que j'aime la vie. Non, on n'y rencontre que des déceptions. Il y a des personnes qui seraient à leur bonheur si elles étaient dans un château et qu'elles avalent tout à souhait. Qu'elles viennent donc à ma place ! je la leur cède volontiers. Pour moi, il n'y a pas de lieu où je sois plus heureuse qu'aux Buissonnets.

« Je voudrais bien que tu recommandes au bon Dieu ma vocation. Prie surtout pour cela. Je vois que je ne suis pas au bout de mes souffrances. Si le bon Dieu veut me prendre dans ses filets, comme tu me l'as déjà dit, oh ! je m'y jette avec amour. Je n'ai qu'une peur, c'est de me tromper. »

Thérèse reprend point par point cet inventaire psycho­logique. Pour calmer la conscience inquiète, elle en appelle au jugement de Mère Marie de Gonzague qu'elle a préalablement consultée, et dont elle note au passage « la profonde connaissance des âmes et de toutes leurs misères ». Avec beaucoup de finesse, elle détourne de tout repliement sur elle-même et de toute recherche égoïste cette affectivité qui serait vite morbide si elle ne s'épurait au feu de l'Esprit : «Oh ! Marie, que tu es heureuse d'avoir un cœur qui sait ainsi aimer... Remercie Jésus de t'avoir fait un don si précieux et donne-lui ton cœur tout entier. Les créatures sont trop petites pour remplir le vide immense que Jésus a creusé en toi, ne leur donne pas de place dans ton âme.»

On reconnaît là l'optimisme thérésien qui fait flèche de tout bols pour conduire droit au Christ. Dans les paragraphes qui suivent, l'horizon s'élargit encore. C'est par l'apostolat co-rédempteur que la Sainte entend arracher sa trop craintive correspondante à ses excès d'introspection. Elle l'invite en même temps au dépouil­lement de la foi nue :

« Ne te fais pas de peine de ne sentir aucune consolation dans tes Communions, c'est une épreuve qu'il faut supporter avec amour, ne perds aucune des épines que tu rencontres tous les jours ; avec une d'elles, tu peux sauver une âme !... Ah ! si tu savais combien le bon Dieu est offensé ! Ton âme est si bien faite pour le consoler... Aime-le à la folie pour tous ceux qui ne l'aiment pas.»

Cette provocation aux cimes ravit Marie Guérin et, tout ensemble, lui donne le vertige. L'enjeu du terrible combat qui, chaque jour, se livre en elle, et qui, maintes fois, la laisse épuisée et pantelante, c'est le don d'elle- même au Seigneur. Elle le note d'une plume brûlante à l'adresse de sa cousine, le 23 juillet: « Comment veux-tu que le bon Dieu appelle à Lui une enfant qui ne cherche pas à procurer sa gloire? Si j'avais plus de volonté, est-ce que cette seule pensée ne me donnerait pas plus d'ardeur à me vaincre ? Il faut donc que je sois une âme tout à fait tiède et lâche ! Si tu savais ce que cette pensée me fait de peine, parce que je sens que je suis cette âme si faible ! »

Elle avoue néanmoins que la méditation est pour elle « un moment de délices », qu'elle passerait ses journées dans cet exercice, qu'elle s'y sent « embrasée d'amour ». Au château de la Musse, elle s'est taillé une façon de « retiro », une cellule quasi monacale où elle vit « seule avec le Seul ». Elle a déjà adopté un nom de religion : « Marie du Saint-Sacrement ». La pensée de Dieu la suit partout. Quand elle s'égare dans la campagne, c'est pour déplorer le délabrement et la saleté repoussante de telle église de village où le Christ demeure en captif solitaire. C'est aussi — se souvenait-elle d'une leçon analogue dont Tamerlan fit son profit ? — pour puiser un exemple de courage et de ténacité dans la contempla­tion d'une fourmilière au travail.

Voilà un terrain propice pour un directeur d'âme, et qui offre à Thérèse le thème d'une réplique où éclatent déjà la sûreté de principes et la précision de touches du « Docteur de la Voie d'Enfance ».

« Marie, si tu n'es rien, il ne faut pas oublier que Jésus est tout ; aussi il faut perdre ton petit rien dans son infini tout et ne plus penser qu'à ce tout uniquement aimable... Il ne faut pas désirer non plus voir le fruit de tes efforts, Jésus se plaît à garder pour Lui seul ces petits riens qui le consolent... »

Tel est, radicalement redressé dans une perspective christocentrique, l'axe de l'existence. Mois comment s'y maintenir ? Comment y progresser ? La réponse vient aussitôt, qui évoque un propos salésien, ou mieux, qui préfigure les fulgurantes élévations de la lettre du 15 septembre 1896 à Sœur Marie du Sacré-Cœur :

« Pour moi, je ne connais pas d'autre moyen pour arriver à la perfection que l'amour... Aimer, comme notre cœur est bien fait pour cela !... Parfois, je cherche un autre mot pour exprimer l'amour, mais sur la terre d'exil les paroles sont impuissantes à rendre toutes les vibrations de l'âme, aussi il faut s'en tenir à ce mot unique : Aimer !... »

C'est à la Prise de Voile de Sœur Thérèse de l'Enfant- Jésus, le 24 septembre 1890, que se dénoua ce drame intérieur. Tandis que la Sainte était étendue sur !e sol, pour la grande prostration, dans le chœur des moniales, Marie Guérin sentit ses derniers doutes s'évanouir. La grâce divine, cette fois, l'attirait invinciblement. Elle serait Carmélite.

Céline fut la première à recevoir cet aveu. Elle-même se destinait à la vie religieuse, retenue seulement dans le monde par la maladie de son père. Entre elle et sa cousine, à la faveur de la vie commune ou de la proximité d'habitation, des relations étroites s'étaient créées.

Sur la pressante invitation de Thérèse, sur le conseil aussi du Père Pichon, ce Jésuite qui fut le directeur attitré de la famille Martin, Marie avait choisi Céline pour confidente.

« Je lui ai découvert toute mon âme, écrit-elle. Il n'y a pas une ombre qui lui soit cachée. J'ai tout jeté dans son cœur. Pour elle maintenant, mon âme est un livre ouvert. Quel baume pour mon pauvre cœur ! Je me sens comprise, aimée et consolée. »

Entre les deux jeunes filles, une amitié profonde se noua, scellée par le même idéal. La piété de Marie y gagna en accroissement. Avec ce quelque chose de passionné qui était dans son caractère, elle cultiva cette union spirituelle au point de souffrir jusqu'au déchire­ment des moindres séparations. Cela lui valut même une plaisante leçon de sa sainte cousine. Certain jour qu'elle lui avouait son chagrin d'être privée momen­tanément de Céline, laquelle pérégrinait à Paray-le- Monial, Thérèse lui reprocha gentiment de manquer d'esprit de détachement. La jeune fille proteste, se défend et finit, dans le feu du dialogue, par lancer le mot de « sans-cœur » à son interlocutrice. Celle-ci, qui mimait à ravir, prend sa mine la plus offensée et lui ferme la grille au nez... pour la rouvrir peu après en riant aux éclats de l'air pantois de sa visiteuse.

Au fil des années d'ailleurs, le tempérament de Marie se mûrissait. La solidité de sa vocation ne pouvait être mise en doute. M. et M™e Guérin acceptèrent courageu­sement l'éventualité de la séparation. Le 23 juin 1893, Léonie avait tenté un troisième essai claustral à la Visi­tation de Caen où elle prendrait l'Habit — pour peu de temps, il est vrai — le 6 avril suivant. L'entrée de Marie au Carmel de Lisieux fut alors envisagée, mais une attaque d'influenza qui débilita sa santé fit reporter l'échéance à 1895.

Entre temps, M. Martin était mort à la Musse le 29 juil­let 1894. Jusqu'au bout, les attentions les plus délicates l'y avaient entouré. Il demeurait sensible aux charmes du paysage. Les roulades du rossignol au fond des bois gardaient pour lui des attraits, et aussi la voix enjôleuse de sa filleule, ou ses doigts de fée interprétant au piano son morceau préféré, « Rêverie » de Rosellen. Cette fin, bercée par l'affection de toute une famille, prenait, au sortir de péripéties déchirantes, la sérénité d'un beau soir. Le 10 août 1893, Thérèse en exprimait sa gratitude à M^e Guérin :

« Je ne puis vous dire, chère Tante, le bonheur que j'éprouve en pensant que mon cher petit Père est au milieu de vous, comblé de tendresse et de soins. Le bon Dieu a fait pour lui la même chose que pour son serviteur Job : Après l'avoir humilié, il le comble de ses faveurs et c'est par vous que tous ces biens et cette affection lui sont donnés. »

Peu après le trépas de l'auguste vieillard dont elle avait été l'ange protecteur, Céline, délivrée de tous liens, gagna le cloître de ses rêves. Le vendredi 14 septembre 1894, en la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, Marie Guérin, toute en larmes, escorta sa sœur d'âme à la porte du monastère de la rue de Livarot. Les lettres suppléant à la présence, en attendant de la rejoindre, elle lui narre par le menu les moindres incidents de sa vie, elle communie à ses premières Impressions, elle lui parle du cher défunt dont l'image hante le sou­venir de ses filles carmélites.

Le 17 mai 1895, retournant seule, cette fois, en sa rési­dence printanière, elle écrit aussitôt : «Que tu me manques, si tu savais !... et que je souffre d'être à la Musse sans ta douce société. » Elle relate ses visites à la chambre où mourut M. Martin et la consigne d'exquise charité qui semble gravée sur ces murs : « Ne Jugez pas et vous ne serez pas jugés. »

« J'ai revu aussi, continue-t-elle, les moindres incidents de ses derniers jours, nos conversations ensemble, tandis que nous restions toutes deux près de mon oncle, et sa belle figure que je me représente là, encore mieux que partout ailleurs, et dont la vision m'est si présente. Je me rappelle aussi avec un brisement de cœur la douleur de ma Céline que je ne pouvais consoler ; je revois la scène du dernier baiser, et dors, malgré moi, les larmes jaillissent de mes yeux.

« Ainsi mon séjour est-il mélangé de tristesse et de joie ; il me semble entendre, tous les soirs, le bruit, devant le perron, de la petite voiture où l'on emmenait mon bon Oncle, et je suis tout étonnée, quand je me penche par la fenêtre, de ne pas l'apercevoir. »

Bientôt sonne l'anniversaire de cette mort de prédes­tiné : c'est un nouveau message consolateur qui port pour Lisieux :

« Je veux que tu reçoives aujourd'hui un mot de moi, te prouvant que je pense beaucoup à toi, ces jours-ci. Je n'oublie pas, je t'assure, tout ce qui s'est passé, il y a un an, et mes pèlerinages à la chambre de mon Oncle vont devenir plus fréquents que jamais. Comme je te le disais au mois de mai, je ne puis passer devant cet appartement sans être, malgré moi, saisie d'un sentiment sérieux, calme, qui parle de l'autre monde et qui, en un mot, me remplit l'âme. Cela m'arrive bien souvent et sans aucune préméditation, je suis saisie tout entière.

« Je ne sais pourquoi, mais cet anniversaire, qui est triste par lui-même, ne me fait pas du tout cet effet-là, il est tellement certain que mon Oncle est entré au Ciel ce jour-là, que j'éprouve plutôt un sentiment de bonheur en pensant à sa délivrance. Qu'il est heureux maintenant, mais qu'il l'a bien mérité !... Oh ! demain, je me- promets de lui demander bien des grâces. Quand on a, gravée dans l'esprit, sa belle figure céleste et exprimant un tel bonheur, il est impossible que cela ne remplisse pas l'âme et ne la porte pas à aimer le bon Dieu. »

L'heure viendrait bientôt où ces effusions épistolaires feraient place au plus émouvant des dialogues. Marie rejoindrait au Carmel celles qu'elle aimait comme des sœurs. Son entrée fut décidée pour le 15 août 1895, le jour même de sa fête patronymique et du triomphe de la Vierge en sa glorieuse Assomption.

Peu auparavant, la jeune fille recevait ce billet qui voulait être un suprême réconfort pour l'élue du Sei­gneur et pour tous les siens.

« A ma petite sœur chérie, de la part de sa petite Thérèse qui pense beaucoup à elle !... Et qui surtout espère (en tremblant) que sa chère Marie tient ses promesses, restant aussi tranquille qu'un petit enfant entre les bras de sa Mère...

« Je prie beaucoup pour toi, ma petite sœur chérie, et pour tous les chers habitants de la Musse qui doivent faire en ce moment de rapides progrès dans la perfection puisqu'ils acceptent si géné­reusement le sacrifice de la séparation. »

C'était, écrite de main de Sainte, l'antienne de l'espé­rance avant la cérémonie des adieux.

 

 

 

 A l'école de Thérèse

 

L'entrée de Marie au Carmel fut toute ensoleillée de la grâce de l'Assomption. M. Guérin ne vit plus que l'hon­neur qui lui était fait de donner une fille au Seigneur : « Nous pouvons maintenant mourir, écrivait-il, puisque nous laissons après nous une lampe ardente qui ne cessera jamais de brûler devant la divine Eucharistie. »

La maman partage sa foi : « Quelle belle vie sera la tienne, mande-t-elle à la postu­lante, si tu veux rester obéissante et humble !... Je suis bien persuadée que le bon Dieu te veut foute à Lui. Mais que Lui avons- nous fait pour mériter une telle faveur ? Rien, absolument rien ! C'est Lui qui a fait les premières avances et tout est venu de Lui. Qu'il est bon de m'avoir ouvert les yeux en me faisant comprendre la beauté de la vocation religieuse ! »

Il n'est pas jusqu'à Jeanne La Néele, longtemps réti­cente, sinon hostile, aux aspirations de sa sœur, qui ne cède à la contagion de l'offrande. Elle en fait part à sa cadette, quelques jours après les adieux :

« Nous avions si bien la conviction que c'était Notre-Seigneur qui t'appelait que, pour ma part, j'ai été délicieusement consolée comme jamais je ne l'avais été de ma vie. Je sentais le bon Dieu présent au milieu de nous et nous regardant joie, »

L'enthousiasme n'est pas moindre chez la postulante. Elle est fière de son titre nouveau de Marie de l'Eucha­ristie qui lui a été jadis décerné au parloir, par Pauline, et qui correspond si bien à son attrait pour l'Hostie. Avec quelle émotion, entrant dans sa pauvre cellule, ne découvre-t-elle pas sur le lit, entourée de fleurs, la poésie Vivre d'Amour, récemment composée par Thérèse. Elle savoure aussi le morceau de circonstance écrit pour elle par la Sainte. Elle le chante, selon la coutume, devant la Communauté, à la récréation du soir. La mélodie évoque un air profane alors en vogue : Mignon, connais-tu le pays ? mais le thème de fond est emprunté au psaume cent quinzième : Dirupisti, Domine, vincula mea ! Le titre vaut tout un programme : Cantique d'une âme ayant trouvé le lieu de son repos. La première strophe magnifie les liens brisés, le monde quitté pour le cloître, et les faveurs célestes qui sanctionnent cet admirable échange. La seconde, jouant sur le nom nou­veau que portera la future religieuse, lui trace la ligne du don total.

Marie apprécie à sa juste valeur sa condition nouvelle. A l'ancienne bonne de ses parents, Marcelline Husé, qui, entrée en religion chez les Bénédictines de Bayeux, s'est avisée, pour la féliciter, d'arguer de l'appellation familière de servante, elle répond avec émotion : « Je me permets de vous gronder, ma bien chère Sœur ; il faut changer votre signature ; le mot servante blesse mon coeur, car vous êtes pour moi une petite sœur bien-aimée. Ne recommencez plus jamais ; nous sommes toutes deux les épouses de Jésus. »

Cette noblesse nouvelle l'enchante. Elle en fait confi­dence à son père sur une pauvre feuille blanche, « misé­rable chiffon de papier », mais qui aura plus de prix pour le cœur paternel que «les belles missives des grandes dames, toutes parfumées et marquées d'un blason » : « Mon blason à moi, il est trop beau, trop céleste pour être vu sur la terre ; et cependant, je le mets au coin de chacune de mes lettres, mais beaucoup ne le comprennent pas ou le regardent avec indifférence. Une croix et le nom de Jésus, voilà mon blason ! voilà ce qui ravit mon cœur et celui de mon cher petit père. »

Ce n'est pas qu'elle cède à je ne sais quelle tentation d'angélisme, tellement éprise de surnaturel qu'elle en renierait la parenté suivant le sang. Elle demeurera toujours l'ardente créature au cœur hypersensible, qui voue à sa famille une tendresse exquise : « Il faut venir au Carmel, écrit-elle, pour savoir ce que c'est qu'aimer véritablement. Se donner à Dieu, c'est, disent les gens du siècle, abandonner ses parents. Qu'ils viennent me trouver, ceux qui parlent ainsi. Je leur ferai voir que moi, pauvre Carmélite, je n'ai pas partagé mon cœur avec la créature, je l'ai donné à Jésus tout seul, et Lui me le rend au centuple pour chérir mes bien-aimés parents. »

Si la réfection des parloirs la prive pour un temps des visites des siens, ses missives leur exposent sans fard ses impressions de débutante. C'est elle désormais qui se fera auprès de son père « la petite mendiante du bon Dieu », chaque fois — et ce sera fréquent à l'époque — que le monastère connaîtra la plus complète pénurie. A son appel, sans miracle mais non sans sacrifice, le geste de Cana et celui de la multiplication des pains se renouvellent autant que de besoin.

Par-dessus tout, l'aimable épistolière conte sa nouvelle existence, qui se déroule, régulière et dense, au rythme pieux des exercices conventuels scandant désormais tous ses actes.

Mère Agnès de Jésus fait montre, à la tête de la Com­munauté, d'une autorité douce et égale. L'ancienne Prieure, Mère Marie de Gonzague, continue de s'occuper des reli­gieuses en formation. Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus lui a été adjointe à titre de « sous-maîtresse». Marie Guérin demeurera donc au contact immédiat de sa sainte cousine. Avec elle, elle s'initiera à la récitation de l'Office, aux usages de la vie monas­tique, cependant que la Maîtresse nommée présidera les réunions où la Règle, les Constitutions, le Cérémonial, les Livres d'usages, dépouillent leurs secrets aux néophy­tes du Carmel. Entre temps, elle aide au réfectoire ou à la sacristie. Plus tard, elle assumera la fonction de « Proviseuse », qui comporte certaines responsabilités dans l'approvisionnement du monastère, l'entretien du jardin, les relations avec les Sœurs du voile blanc. Les récréations la voient rieuse et boute-en-train, presque gamine à ses heures, ce qui ne messied pas pour détendre les nerfs et reposer les esprits dans un climat de vie contemplative. Thérèse elle-même souligne ce trait dans une lettre du 14 octobre 1895 à sa cousine Jeanne :

« C'est une grande consolation pour moi, la vieille doyenne du noviciat, de voir tant de gaieté entourer mes derniers jours ; cela me rajeunit, et, malgré mes sept ans et demi de vie religieuse, la gravité me fait souvent défaut, en présence du charmant lutin qui réjouit toute la Communauté... Toutes les Carmélites sont bien contentes d'avoir une si gentille postulante. Sa belle voix fait notre bonheur et le charme de nos récréations, mais surtout, ce qui réjouit mon cœur, bien plus que tous les talents et les qualités extérieures de notre cher Ange, ce sont ses dispositions à la vertu. »

Marie était entrée de plein-pied dans la vie carmélitaine. Le faste du monde avait glissé sur elle. Ses sortilèges s'étaient brisés contre une volonté très nette d'abais­sement. Plus que les splendeurs de La Musse, elle apprécie les murs dépouillés de sa cellule : « La pauvreté a pour moi un attrait spécial, avoue-t-elle à son Père. J'aime à la pratiquer en tout, et le bon Dieu vient me servir lui-même quand je manque de quelque chose... J'use de petits moyens pour me rendre agréable à Jésus. La pensée de devenir sainte ne me quitte pas. »

C'est dans cet esprit qu'elle évite de demander les objets dont elle manque, qu'elle marque une sorte de prédilection pour le matériel usé ou démodé, qu'elle accueille avec le sourire les fréquents changements de cellule et, partout et en tout, veille à ne pas « s'ins­taller ». Dans le style classique des litanies de l'humilité, elle s'est composé une prière qui, chaque jour, l'invite à l'oubli de soi.

M. Guérin qui reçoit ces confidences est capable de les comprendre. Au moment de gagner sa résidence estivale, il épreuve un pincement au cœur en évoquant celle qu'il ne verrait plus comme par le passé papillonner avec Céline par les grandes allées ombreuses. Il domine toutefois la première impression et se ressaisit dans la prière :

« Dieu a cautérisé la blessure. Ce n'est pas du regret, c'est plutôt un bonheur calme et suave et une sorte d'orgueil qui accompagnent ton image toujours présente à mes yeux... J'ai pensé que ton divin Epoux te promène avec amour dans un parc bien plus beau, bien plus captivant que le nôtre, que, chaque jour, il te découvre des horizons nouveaux, des fleurs enchanteresses qu'il faut sans doute cueillir au milieu des épines, mais qui te rendent mille fois plus heureuse que les fleurs éphémères d'ici-bas... Quand je songe à tout cela, je comprends la souffrance extrême des parents qui, n'ayant pas la foi, voient leurs enfants bien-aimés s'ensevelir dans les cloîtres. Il me semble que leur affection doit s'émousser et même s'éteindre, tandis que la nôtre s'est accrus en devenant plus pure. Elle s'est doublée de reconnaissance pour Celui qui a choisi notre enfant, et pour cette enfant elle-même, maintenant l'avocate et la protectrice de toute sa famille. »

Dieu répondant royalement à la générosité de la postu­lante, c'est dans uns sorte d'euphorie qu'elle achève son temps de probation. Elle a d'ailleurs été aidée par les événements spirituels qui coupent de temps à autre la monotonie de l'itinéraire conventuel. En octobre 1895, elle a participé à la retraite de Communauté prêchée par le Père Lemonnier, des Missionnaires de la Délivrande. Le 24 février 1896, sa compagne de La Musse, Sœur Geneviève de la Sainte-Face, a fait Profession en la fête de l'Agonie de Notre-Seigneur.

Le 17 mars suivant, une même journée réunit les deux cousines au pied de l'autel. Le matin, Céline prend le Voile en une touchante cérémonie que préside Mgr Hugonin et où l'abbé Ducellier, doyen de Trévières, témoi­gne de son éloquence coutumière. L'après-midi, Marie Guérin, en toilette d'épousée, s'avance au bras de son père, à la porte de clôture. Le sermon de circonstance est prononcé par M. Levasseur, curé de Navarre, près d'Evreux, le directeur spirituel qui a guidé sa vie dans le monde et dont les visites contribueront encore à mettra l'apaisement dans son âme si vite troublée.

 

Elle reçoit l'Habit de la Vierge des mains de Mère Agnès de Jésus. Celle-ci n'a pas manqué, en agréant en Commu­nauté la demande officielle de sa jeune parente, d'ache­ver son allocution par la plus austère des consignes : « Je vous donne le conseil de vous considérer toujours comme la dernière de la maison, la petite servante de toutes, que chacune a le droit de commander et de reprendre à tout propos. C'est en agissant ainsi que vous serez heureuse et que vous trouverez la paix au Carmel. » C'est vraiment une fête de famille qui regroupe sous l'œil de Dieu, comme jadis aux Buissonnets ou à la pharmacie de la Place Saint-Pierre, ceux que les liens de la grâce, doublant les liens du sang, ont unis si inti­mement pour l'allégresse comme pour l'épreuve.

Un refrain monte, ce soir-là, de l'âme musicale de Sœur Marie de l'Eucharistie, celui qu'elle exprimait en ce passage d'une lettre à sa mère : « Depuis que je suis ici, je n'ai jamais eu l'ombre d'un regret, je suis toujours dans une joie parfaite. Je me demande souvent comment il se fait que nous puissions nous trouver si heureuses dans une vie de mort continuelle. Malgré tous les plaisirs entrevus que je pouvais me procurer dans le monde, j'aime beaucoup mieux, sans hésiter, ma vie de privations et de souffrances. »

Quatre jours après la Prise d'Habit de Marie, le samedi 21 mars 1896, le premier mandat de 3 ans de Mère Agnès de Jésus arrivait à expiration. Le Chapitre se réunit. Il ne fallut pas moins de sept tours de scrutin pour dégager une majorité sur Mère Marie de Gonzague. Celle-ci sortit quelque peu ulcérée de cette élection mouvementée. Elle garda la charge du noviciat pour elle-même, et confirma dans son rôle de sous-maîtresse Sœur Thérèse de l'Enfant- Jésus, dont la vertu l'impressionnait.

La Sainte est entrée dans la phase décisive qui mettra le sceau à sa mission. Le 9 juin précédent, en la fête de la Trinité, elle s'est offerte en victime à l'Amour Miséri­cordieux. Cinq jours après, au cours d'un chemin de croix, le trait de feu au cœur lui apportait la réponse du Ciel. Au début de l'année, elle a remis à sa « Petite Mère » les souvenirs qui constitueront les huit premiers chapitres de l'Histoire d'une Ame. Dans quelques jours, le 3 avril 1896, une crise d'hémoptysie sonnera pour elle comme un prélude d'éternité. Elle est dans le plein épanouissement de sa grâce, et, si l'on ose hasarder une telle expression pour celle qui fut toujours souple et mouvante comme la vie, en pleine possession de sa spiritualité.

Après sa chère Céline et Sœur Marie de la Trinité, Sœur Marie de l'Eucharistie lui offrira une suprême et providentielle occasion d'inculquer aux âmes sa « petite voie ». Non qu'il faille imaginer un enseignement métho­dique procédant ex professa. La sous-maîtresse des novices n'avait à faire ni conférences ni causeries. Considérée comme la grande sœur toujours accessible, qui répond aux questions qu'on lui pose, qui aide de ses conseils à franchir les premiers obstacles de la vie religieuse, à s'adapter à ses coutumes, à ses travaux, elle avait une façon si naturelle d'élever le débat, de souligner ; la portée sanctificatrice des gestes les plus humbles, que sa doctrine passait imperceptiblement à travers, une remarque, une explication, un trait aimable, au besoin, un rappel à l'ordre. Pas d'exposé systématique : ce n'était pas dans sa manière ; mais, à propos de tout et de rien, elle livrait ses pensées profondes. La majesté de son exemple faisait le reste. C'était comme un envelop­pement, une imprégnation lente qui touchait et marquait pour toujours.

« Je n'ai rien à apprendre à qui ne veut pas m'aimer », disait Socrate. Thérèse ne cherchait pas à s'attacher les cœurs. Il y avait en elle un mélange de simplicité et d'auto­rité, de familiarité et de grandeur qui inspirait à la fois attrait et crainte révérentielle. Les âmes encore fragiles se sentaient portées vers elle et, par certains points, la redoutaient, comme on fait des exigences divines.

Sœur Marie de l'Eucharistie éprouvera à son égard ce complexe d'élan et d'Intimidation : « Je ne suis, moi, que votre cousine », lui disait-elle parfois, en guise de taquinerie. La Sainte, alors, l'embrassant affectueu­sement, la reprenait d'un air affligé : « Oh ! ne dites pas cela, vous êtes ma vraie petite Sœur. Si vous saviez comme je vous aime ! » Elle n'en était que plus vigilante à prévenir ou à rectifier chez la novice toute erreur d'orientation. Ce n'était plus alors la parente volontiers indulgente, c'était la grande Maîtresse dont un halo de sainteté auréolait les moindres paroles, celle en qui r la théorie et la vie étaient si étroitement fondues qu'elle désarmait toute objection et interdisait toute critique. On se cabrait bien un peu contre la hauteur de l'idéal qu'elle assignait à ses disciples, on arguait de l'impos­sibilité d'y atteindre, on plaidait, en cas d'infidélité, la faiblesse de l'homme moyen, mais on finissait toujours par rendre les armes et lui donner raison.

A pédagogie de cette qualité. Sœur Marie de l'Eucha­ristie offrait une vraie bonne besogne. Il y avait en elle un certain fond de légèreté qui induisait Mme Guérin à douter de la persévérance de sa fille dans une vocation aussi austère. Il y avait surtout une âme trop repliée, trop tremblante, trop préoccupée d'elle-même. La complexion maladive développe volontiers, si l'on n'y prend garde, ce penchant à l'introspection. De là, avec une violente propension au scrupule, une défiance de soi qui risquait de tourner à la pusillanimité. De là aussi un excès de sentimentalité qui, dans l'ambiance calfeutrée du cloître, cherchera son exutoire en des attachements passionnés à telle ou telle Supérieure. Au demeurant, une nature très droite, d'une entière bonne volonté, voire d'une générosité incontestable.

L'intuitive Thérèse a saisi d'emblée ce complexe psycho­logique où la sensibilité domine. Elle va en jouer à mer­veille pour le tourner tout entier vers Celui-là qui est seul digne qu'on l'aime sans mesure, seul capable d'assouvir les désirs brûlants d'un cœur humain. C'est l'objet d'une poésie qu'elle remet à sa novice, pour son anniversaire d'entrée en religion, le 15 août 1896. Le titre en est : Jésus seul. Empruntant la voix de Sœur Marie de l'Eucharistie, et sur le mode familier d'une prière personnelle, la Sainte marque le retournement radical, la conversion intérieure qu'exige tout travail de perfection. Accepter paisiblement son impuissance, croire éperdument à l'excessive charité de « Papa le bon Dieu », s'efforcer en toutes choses de lui faire plaisir et de lui gagner des âmes : on reconnaît là les démarches essen­tielles de la « petite voie ». Aux troubles qui tourmen­tent Soeur Marie de l'Eucharistie, comme aux lacunes de sa première formation, il n'est pas de remède plus spécifique.

Avec une diligente affection de grande soeur, Thérèse s'applique à faire pénétrer ces principes dans l'esprit de sa cousine. Elle use de la méthode active. « Tout est grâce », dit-elle volontiers. C'est par les faits les plus menus que les exigences de la Sagesse éternelle entrent peu à peu dans la trame de l'existence quotidienne. Jusqu'en ses poésies les plus ailées c'est la prose héroïque de la Règle et du devoir d'état qu'enseigne notre Sainte. Les Souvenirs recueillis par Marie Guérin nous la montrent dans cet « art des arts » qu'est la direc­tion d'une âme. Combien de fois ne redit-elle pas à sa novice, venue lui confier quelque inquiétude secrète :

« Je vous en prie, occupez-vous un peu moins de vous, occupez-vous à aimer !e bon Dieu et laissez-vous vous-même. Tous vos scrupules, ce sont autant de recherches de vous-même. Vos chagrins, vos peines, tout cela roule sur vous-même, cela tourne toujours autour du même pivot. Ah ! je vous en prie, oubliez-vous, pensez à sauver des âmes. »

La jeune religieuse se débat. Ella s'épouvante, à cer­taines heures, des sommations de sainteté qui lui sont faites en-nom-Dieu. Avec une grâce mutine, elle cherche un alibi : « Je vous promets d'être sainte quand vous serez partie au Ciel ; à ce moment-là, je m'y mettrai de tout mon cœur. » La réplique éclate aussitôt, toute chargée d'une pathétique expérience personnelle :

« Oh ! n'attendez pas cela. Commencez dès maintenant. Le mois qui précéda mon entrée au Carmel est resté pour moi comme un doux souvenir. Au commencement, je me

disais comme vous : Je serai sainte quand je serai au Carmel. En attendant, je ne vais pas me gêner... Mais le bon Dieu m'a montré le prix du temps. J'ai fait tout le contraire de ce que je pensais ; j'ai voulu me préparer à mon entrée en étant très fidèle, et c'est un des plus beaux mois de ma vie. Croyez-moi, n'attendez jamais au lendemain pour commencer à devenir sainte. »

Les relations conventuelles offrent aux débutantes mille occasions de s'exercer. Les tempéraments se heur­tent, les caractères se frottent. C'est le « cilice de la vie commune » avec ses aspérités aussi fatales qu'involon­taires, auxquelles il faut à tout prix s'adapter en cette période de « rodage » qu'est le noviciat. Cueillons sous la plume de Sœur Marie de l'Eucharistie quelques épisodes de ce combat dirigé de main de maître.

« C'est si joli, me disait Sœur Thérèse, une petite novice qui est humble, qui respire en tout l'humilité, qui s'humilie toujours au lieu de se révolter, qui convient de ses torts, qui est humble dans ses manières, dans le ton de sa voix !

« Un jour que j'avais eu une petite dispute avec une de nos Sœurs, je n'avais eu aucunement tort, elle en convenait, mais elle me conseillait de demander pardon quand même. Je me révoltais et ne le voulais pas ; alors elle me dit : Ne demander pardon que lorsqu'on a eu tort, mais ce n'est pas là qu'est le mérite; c'est de le demander quand on n'a vraiment eu aucun tort.

« Une autre fois, toujours avec la même Sœur, j'avais eu tous les torts et je dis à Sœur Thérèse de l'Enfant- Jésus, d'un air un peu léger : Eh bien ! je vais aller deman­der pardon. — Ah oui, reprit-elle, vous allez encore aller lui demander pardon en riant. Quand on va demander pardon, il faut toujours le faire humblement, d'une manière sérieuse et non pas en riant.

« Avec une autre Sœur avec laquelle je n'avais pas eu de vrais torts, elle me conseilla d'aller m'humilier près d'elle et de répondre : C'est vrai à toutes les petites remontrances qu'elle me ferait. »

Les choses n'allaient pas toujours toutes seules chez la jeune disciple qui n'avait point atteint à la sereine indifférence de sa sainte cousine. Celle-ci l'orientait alors vers le livre qui avait nourri sa jeunesse au point qu'elle était capable de le réciter tout entier de mémoire : « Je vous conseille, quand vous aurez des combats contre la charité, de lire ce chapitre de l'Imitation : Qu'il faut supporter les défauts d'autrui. Vous verrez que vos combats tomberont ; il m'a toujours fait beaucoup de bien. Il est très bon et très vrai. »

Dans ces conflits irritants qui mettent aux prises, pour un même travail, des âmes inégalement douées et aux méthodes diamétralement opposées, la Sainte prêchait le renoncement: « C'est là qu'est la vertu », soulignait-elle ; et repre­nant l'exemple des Pères du Désert, elle ajoutait : « Vous n'avez qu'à faire ce que l'on vous commande. Quand votre première d'emploi vous commanderait de planter des choux la tête en bas, vous n'auriez qu'à obéir. C'est en agissant ainsi que vous aurez la paix, je sais bien que c'est très agaçant, mais aussi c'est là que se trouve le mérite. » Parfois, abrégeant la leçon, elle arrêtait plaintes et protestations d'un « Oh ! Oui, mais... » qui en disait long.

Le gouvernement de Mère Marie de Gonzague pouvait prêter à la critique, sous les yeux aiguisés de la jeune novice. C'était l'heure pour sa Maîtresse de lui suggé­rer les vues de la foi en matière d'obéissance : « Ça fait toujours un tout petit peu de peine au bon Dieu quand on raisonne un tout petit peu sur ce que dit la Mère Prieure ; et ça lui en fait beaucoup quand on raisonne beaucoup, même en son cœur. »

A cela s'ajoutaient les invitations répétées au recueil­lement, au silence. Assise auprès de sa cousine au réfec­toire, la Sainte, dont nul incident ne troublait la modestie du regard, rappelait à l'ordre sa voisine « par une petite chiquenaude habilement et doucement donnée », au besoin, par un soupir... — « Vous n'arriverez jamais à tenir les yeux baissés, lui disait-elle, si vous ne marquez pas sur votre chapelet de pratiques chaque fois que vous y manquez. C'est le seul moyen... Par amour pour le bon Dieu, vous ne voulez donc pas baisser les yeux ? Pensez que vous faites un acte d'amour chaque fois que vous ne les levez pas... que vous sauvez une âme. »

Aux récréations, il n'était point question de silence ni de paupières baissées, mais de cette délicatesse de la bonté qui fait qu'on refoule sa tristesse pour égayer les autres, qu'on ne se recherche pas soi-même, qu'on s'empresse auprès des plus déshéritées, des plus âgées, voire des moins sympathiques. Là aussi, la règle d'or, c'est « Messire Dieu premier servi ! » La Maîtresse livre le secret de sa propre conduite :

« Pourquoi donc allez-vous aux récréations ? Pour vous satisfaire et y trouver de l'agrément ? Il faut y aller comme à un autre exercice de Communauté, par fidélité, sans jamais vous arrêter en y allant. En sortant du réfectoire, vous devez vous rendre immédiatement à la récréation ; vous n'avez pas permission de vous arrêter à autre chose, même pas une seule minute pour parler à une Sœur... Puis, en récréation, pratiquez la vertu, soyez aimable avec toutes, n'importe près de qui vous soyez ; soyez gaie par vertu et non par caprice. Quand vous êtes triste, oubliez-vous vous-même et montrez de la gaieté. Il semblerait qu'aux récréations il faut chercher uniquement du plaisir sans penser à pratiquer la vertu, sans s'occuper du bon Dieu. Mais c'est un exercice de Communauté comme un autre ; prenez du plaisir, mais surtout par charité pour les autres. Ne sortez jamais de vous-même, restez vertueuse au milieu même du plaisir. Vous devriez faire le sacrifice de ne pas vous mettre à coté de celles que vous aimez. »

L'élève se récrie : « Faut-il toujours se contraindre ainsi ? »

— « Oui, toujours vous devriez vous en priver. Puis, c'est bien d'être gaie en récréation, mais il y a une certaine manière religieuse d'être gaie, de distraire les autres. Vous êtes quelquefois d'une gaieté folle, vous croyez que cela plaît aux Sœurs. Elles rient de vos folies, c'est vrai, mais cela ne les édifie pas... Soyez charitable, prévenante... Aux récréations, obligez les anciennes en allant leur cher­cher des chaises, puis, en toute occasion, soyez obligeante : une petite novice devrait toujours en faire trop. Ce serait si joli ! »

La Maîtresse tendrement impitoyable qui n'hésite pas à rappeler les exigences divines a l'art d'adoucir le sacrifice en élevant sans cesse la perspective. Si elle recommande « de ne jamais perdre son temps, pas une seule minute », c'est qu'elle vit déjà et fait vivre dans l'éternité. Son œil exercé observe les moindres défail­lances qui feront, au moment opportun, l'objet d'une surnaturelle mise au point.

Il n'est pas toujours commode d'être à l'école de la sainteté. La nature regimbe parfois et préférerait à ces cimes qui donnent le frisson une vertu à flanc de coteau. Si Marie Guérin n'atteignit pas aux sommets, elle profita néanmoins de ce traitement vigoureux. Elle lui dut d'échapper à la médiocrité et de compter parmi les reli­gieuses ferventes dont s'honore un Monastère. Les témoignages que Thérèse lui rend dans sa correspon­dance avec la famille Guérin, encore que, d'aventure, par complaisance filiale, ils forcent un peu la note, sont cependant probants à cet égard.

Après une année d'efforts, que coupa heureusement la retraite de Communauté prêchée en octobre 1896, par le Père Godefroy Madeleine, Prieur Prémontré de Mondaye, notre novice fut admise à faire Profession le jeudi 25 mars 1897.

Cette cérémonie toute d'intimité se déroula, suivant le rite ordinaire, dans la Salle du Chapitre, sans que la famille y fût associée. Le Cantique de circonstance, celui qui se chante en l'honneur de la professe, au soir de ce beau jour, fut rédigé par Thérèse elle-même. La Sainte rima à cette occasion les sentiments qu'elle eût voulu exprimer à sa Céline si Sœur Marie des Anges ne lui eût écrit son chant de Profession. Il s'agit là d'un mor­ceau de bravoure qui emprunte le rythme entraînant du Chant du Départ des Missionnaires, composé par Gounod pour la Société de la rue du Bac. Sous le titre Mes Armes, c'est une sorte de revue de l'équipement spirituel que constituent à l'épouse du Christ la pauvreté, la chasteté, l'obéissance.

L'héroïne de la cérémonie, pour associer d'autres âmes à sa joie, avait prié son père d'offrir à l'Œuvre Antiesclavagiste de Monseigneur de la Passardière, la somme nécessaire au rachat de deux enfants noirs, un petit garçon qui recevrait le nom de Joseph-Marie-Isidore, une fille qui serait baptisée Marie-Céline.

La Prise de Voile, précédée d'un sermon de l'abbé Levasseur, eut lieu le 2 juin 1897. Il y avait seize ans, jour pour jour, qu'en la chapelle des Bénédictines, Marie Guérin avait reçu Jésus pour la première fois. Sa sainte Maîtresse lui remit, au cours de la fête, une Image de l'Enfant-Dieu qu'elle avait gardée assez longtemps dans son bréviaire. Elle portait au verso une charmante dédicace et s'accompagnait d'un billet qui, rapprochant symboliquement la toilette blanche de la communiante et l'habit de la Carmélite, s'achevait par ces mots :

« Ce n'est plus le gracieux voile aux longs plis neigeux qui doit envelopper Marie de l'Eucharistie, c'est un sombre voile qui rappelle à l'épouse de Jésus qu'elle est exilée, que son Epoux n'est point un Epoux qui doit la conduire dans les fêtes, mais sur la montagne du Calvaire. Désormais, Marie ne doit plus rien regarder ici-bas, rien que le Dieu miséricordieux, le Jésus de l'Eucharistie !... » Sous la plume de Thérèse, c'était presque un testa­ment. Déjà le sceau de la mort se lisait sur ses traits.

Les rencontres de famille qui réjouirent cette journée ne firent qu'aviver au coeur de tous ses proches ce funèbre pressentiment. Mère Agnès de Jésus, sachant quel trésor elle perdrait en sa jeune sœur, souhaita recueillir ses suprêmes pensées sur la vie religieuse. Le soir même du 2 juin, elle demanda à Mère Marie de Gonzague de donner à la Sainte l'ordre de continuer la rédaction de ses souvenirs. La démarche fut faite le lendemain. Un mois plus tard, le 2 juillet, Thérèse remettait à sa Prieure le cahier [qui correspondra plus tard au manuscrit C].

 

Marie Guérin

 
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