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  • : Blog Parousie de Patrick ROBLES (Montbéliard, Franche-Comté, France)
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  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)
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12 août 2013 1 12 /08 /août /2013 07:11

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L'Assomption par Maria de Agreda

 

"À peine l'âme auguste, et qui n'a pas d'égale, de la sainte Vierge fut séparée du corps, Jésus-Christ la reçut à sa droite sur son trône royal, et l'immense procession des anges et des saints se dirigea vers le ciel. Le rédempteur, entra avec sa mère entourée de gloire, sans qu'il lui fût demandé compte dans un jugement particulier, des dons et des faveurs qui lui avaient été accordés, ni de rien autre chose, selon la promesse qui lui fut faite, lorsqu'elle fut exemptée du péché originel, comme élue pour reine, comme privilégiée, et n'ayant pas part à toutes les misères des enfants d'Adam. Dès le premier instant de sa conception, elle fut une aurore claire et resplendissante, environnée des rayons du soleil divin, elle surpassa la clarté des plus ardents séraphins, ensuite elle fut élevée jusqu'à toucher la divinité dans l'union du Verbe avec la sainte humanité ; il fut dès lors convenable et nécessaire, que pendant toute l'éternité elle fût sa compagne, et qu'il y eût la plus grande ressemblance possible entre le fils et la mère. Le divin rédempteur la présenta sous ce titre auguste devant le trône divin, et il dit : 

mon Père éternel, ma chère mère, votre fille bien-aimée, et l'épouse chérie de l'Esprit-Saint, vient recevoir la possession éternelle de la couronne, et de la gloire que nous lui avons préparée en récompense de ses mérites. C'est celle qui est née parmi les enfants d'Adam comme une rose entre les épines, sans tâche, pure et belle, digne d'être reçue dans nos mains ; c'est notre élue, notre unique et singulière, à qui nous avons donné la grâce et la participation de nos perfections, au-dessus des règles ordinaires des autres créatures, en elle nous avons déposé le trésor de notre divinité ; c'est celle qui a trouvé grâce à nos yeux et en qui nous avons pris nos complaisances. Il est donc juste que ma mère reçoive la récompense comme mère, et si pendant tout le cours de sa vie, elle a été semblable à moi au degré possible à une pure créature, elle doit encore aussi me ressembler dans la gloire et être sur le trône de notre majesté, afin que là où est la sainteté par essence, soit aussi celle qui en a reçu la plus grande participation.

 

Le Père et le Saint-Esprit approuvèrent aussitôt ce décret du Verbe incarné, et l'âme très-sainte de Marie fut élevée à la droite de son fils sur le trône royal de l'auguste Trinité. C'est la plus sublime excellence de notre grande reine d'être placée sur le trône nième des personnes divines, et d'y avoir le rang et le titre de souveraine Impératrice, lorsque tous les autres habitants du ciel sont les ministres et les serviteurs du roi Tout-Puissant. Il n'est pas possible d'exprimer l'intensité de la nouvelle joie que reçurent dans ce jour solennel tous les bienheureux ; ils entonnèrent de nouveaux cantiques de louanges au Très-Haut, pour la gloire incompréhensible de sa fille, mère et épouse, dans laquelle ils glorifiaient l'œuvre de sa main toute-puissante ; et quoique le Seigneur ne puisse pas recevoir une nouvelle gloire intérieure, puisqu'elle est infinie de toute éternité ; néanmoins, les manifestations extérieures de ses complaisances, pour l'heureux accomplissement de ses décrets éternels, furent plus grandes dans ce jour, car il sortit une voix du trône divin qui dit : Tous nos désirs et notre divine volonté se sont accomplis dans la gloire de notre bien-aimée, et tout s'est fait à l'entière satisfaction de notre complaisance.

 

Le troisième jour dans lequel l'âme très-sainte de la divine mère Vierge jouissait de la gloire, le Seigneur manifesta à toute la cour céleste que c'était sa volonté que cette grande âme revînt au monde, et reprît son corps, afin d'être de nouveau élevée en corps et en âme au trône divin, sans attendre la résurrection générale des morts. Tous applaudirent au décret divin, le rédempteur lui-même descendit du ciel avec l'âme glorieuse de sa mère à ses côtés, accompagné des saints et des esprits bienheureux ; après être arrivés au sépulcre à la vue du temple virginal du Très-Haut, le Seigneur parla ainsi aux saints : ma mère a été conçue sans aucune tâche de péché, afin que de sa très-pure substance virginale et immaculée, je me revêtisse de l'humanité avec laquelle je suis venu au monde, racheté déjà de l'esclavage auquel il était assujetti, ma chair est la chair de ma mère, elle a encore coopéré avec moi dans l'œuvre de la rédemption ; ainsi je dois la ressusciter comme je me suis ressuscité, et que ce soit au même moment où je ressuscitai moi-même, car je veux la rendre en tout semblable à moi. Tandis que tous les saints applaudissaient par des cantiques de louanges à ce nouveau bienfait, l'âme très-pure de la reine entra aussitôt, par le commandement de son divin fils, dans son corps très-pur, et le ressuscita en le prenant ; elle lui communiqua les quatre qualités glorieuses, savoir : la clarté, l'impassibilité, l'agilité et la subtilité, qui correspondent toutes à la gloire de l'âme dont elles tirent leur origine. La sainte Vierge sortit avec ces qualités du sépulcre en corps et en âme, sans remuer la pierre, et ses habits et le linceul restèrent dans le tombeau.

 

Il est impossible ici de décrire la clarté, la splendeur et l'admirable beauté de sa gloire ; il nous suffit de considérer que de même que la divine mère donna à son très-saint fils la forme humaine dans son sein virginal, et la lui donna très-pure et sans tache pour racheter le monde ; ainsi, en retour de ce don, le Seigneur lui donna dans cette résurrection et nouvelle génération, une autre gloire et beauté semblable à la sienne ; et dans cette correspondance toute mystérieuse et divine, chacun fit ce qui lui fut possible, car la Vierge mère engendra Jésus-Christ semblable à elle-même autant qu'il fut possible, et Jésus-Christ la ressuscita en lui communiquant sa gloire, autant qu'elle fut capable d'en recevoir dans sa sphère de pure créature. La magnifique procession partit du sépulcre avec une musique céleste, et s'avança à travers la région de l'air vers le ciel empyrée, au même moment où le Christ ressuscita, le jour du dimanche qui suivit immédiatement la mort, après minuit ; c'est pourquoi tous les apôtres ne purent connaître le miracle, excepté ceux qui étaient présents et veillaient auprès du saint sépulcre. Les saints et les anges entrèrent dans le ciel dans le même ordre qu'ils étaient venus de la terre ; après eux venait le glorieux Rédempteur et à sa droite la reine mère avec une parure enrichie d'or et embellie de divers ornements : elle était si admirablement belle que tous les bienheureux en étaient dans l'admiration et l'étonnement, ils se tournaient pour l'admirer et la bénir avec une nouvelle joie et de nouveaux cantiques de louanges. Alors on entendit ces éloges mystérieux que Salomon a écrits : sortez, fils de Sion, pour voir votre reine que louent les étoiles du matin et que bénissent les enfants du Très-Haut. Qu'elle est celle-ci qui s'élève du désert comme une colonne de fumée, formée de tous les parfums ! Qu'elle est celle-ci qui parait comme l'aurore, plus belle que la lune, élue comme le soleil, et terrible comme une armée rangée en bataille ! Qu'elle est celle-ci qui vient du désert, appuyée sur son bien-aimé, abondante en délices ! Qu'elle est celle-ci dans qui la Divinité même a trouvé plus de complaisances que dans tout le reste des créatures, et qu'il élève au-dessus de toutes, jusqu'au trône de sa lumière inaccessible et de sa Majesté ! O merveille qu'on n'avait jamais vue dans les cieux ! O prodige de la toute-puissance, qui la glorifie et l'exalte ainsi ! La très-sainte Vierge arriva dans cette gloire en corps et en âme au trône royal de la très-sainte Trinité, et les trois personnes divines la reçurent avec un embrassement éternellement indissoluble, elle fut comme absorbée entre les personnes divines et comme submergée dans cette mer infinie de l'abîme de la Divinité, et tous les saints remplis d'admiration et d'une nouvelle joie extraordinaire, entendirent ces paroles du Père éternel : Notre fille Marie a été élue et choisie par notre éternelle volonté, comme unique et singulière parmi toutes les créatures, et elle est aussi la première pour nos délices ; jamais elle n'a dégénéré de son titre de fille, qui lui a été donné dès l'éternité dans notre entendement divin ; c'est pourquoi elle a droit sur notre royaume éternel, dont elle doit être reconnue et couronnée la légitime Souveraine et Reine. Le Verbe incarné dit aussi : À ma mère véritable et naturelle appartiennent toutes les créatures que j'ai créées et rachetées, et tout ce dont je suis roi, elle doit en être aussi la souveraine reine légitime. Et l'Esprit-Saint dit : Par le titre de mon épouse unique et élue, auquel elle a correspondu avec une parfaite fidélité, la couronne de reine lui est due aussi pour toute l'éternité.

 

Après ces paroles, les trois personnes divines placèrent sur la tête auguste de la très-sainte Vierge une couronne de gloire, d'une splendeur si belle qu'il ne s'en était jamais vue auparavant, et qu'il ne s'en verra donner à l'avenir à une pure créature. Dans le même instant, il sortit une voix du trône, qui dit : Notre amie et élue entre toutes les créatures, notre royaume vous appartient, vous êtes souveraine, reine, maîtresse de tous les Séraphins et de tous les anges nos ministres, et de l'universalité de toutes nos créatures ; veillez donc, commandez et régnez heureusement sur elles ; dans notre suprême Consistoire, nous vous donnons l'empire, la majesté et le domaine, parce que, quoique remplie de grâce au-dessus de toutes les créatures, vous vous êtes humiliée dans votre esprit, et vous vous êtes toujours mise au dernier rang ; recevez maintenant le rang sublime qui vous est dû, et participez au souverain domaine que notre divinité possède sur tout ce que notre toute-puissance a créé. De votre trône royal, vous commanderez jusqu'au centre de la terre, et par le pouvoir que nous vous donnons, vous tiendrez l'enfer assujetti ; tous vous craindront et vous obéiront jusque dans les cavernes infernales ; vous régnerez sur la terre, et sur tous les éléments ; nous mettons dans vos mains les vertus et les effets de toutes les causes naturelles, et leur conservation, afin que vous disposiez des influences du ciel et des fruits de la terre, de tout ce qui existe et existera ; distribuez-le selon votre bon plaisir, et notre volonté sera toujours prompte à accomplir la vôtre. Vous êtes impératrice et reine de l'Église militante, sa protectrice, son avocate, sa mère et sa maîtresse. Vous serez l'amie, la patronne, la protectrice de tous les justes nos amis, vous les consolerez, les fortifierez et les remplirez de biens, selon qu'ils s'en rendront dignes par leur dévotion. Vous êtes la Dépositaire de toutes nos richesses divines, la Trésorière de nos biens. Nous laissons dans vos mains les secours et les faveurs de notre grâce, afin que vous les dispensiez ; car nous ne voulons rien accorder au monde qui ne passe par vos mains, et nous ne voulons rien refuser de ce que vous accorderez. La grâce sera répandue sur vos livres, pour tout ce que vous voudrez et ordonnerez dans le ciel et sur la terre ; les anges et les hommes vous obéiront en tout lieu, parce que tout ce qui est à nous vous appartient, de même que vous nous avez toujours appartenue, et vous régnerez avec nous pour l'éternité.

 

Pour l'exécution de ce décret éternel, le Tout-Puissant ordonna à tous les courtisans du ciel de lui prêter tous obéissance et hommage, en la reconnaissant pour leur reine, et tous promptement obéissants se reconnurent ses serviteurs et ses vassaux, et la vénérèrent de la même manière, avec le culte, la crainte filiale, et la respectueuse vénération avec 1aquelle ils adorent le Seigneur ; ainsi, ils donnèrent relativement les mêmes devoirs à la divine mère ; et ce petit nombre de saints qui étaient au ciel en corps et en âme, se prosternèrent et vénérèrent leur Reine par des hommages corporels. L'Impératrice des cieux fut ainsi glorifiée et couronnée au milieu de ces magnifiques démonstrations, qui furent une grande gloire pour elle et une nouvelle joie pour les bienheureux et un sujet de complaisance pour la très-sainte Trinité ; elle donna une nouvelle gloire à toute la céleste Jérusalem, principalement à saint Joseph, son chaste époux, à ses saints parents et tous ceux qui lui étaient unis ; mais, par-dessus tout, à ses mille anges gardiens. Les saints virent dans son coeur très-pur comme un petit globe d'une splendeur et d'une beauté singulière, qui leur causa et leur causera sans cesse une admiration et une joie spéciale ; c'est la récompense et le témoignage de ce qu'elle avait gardé d'une manière digne dans son sein, le Verbe incarné sous les espèces sacramentelles et l'avait reçu dignement avec pureté et sainteté, sans aucune faute, ni une ombre même d'imperfection, mais avec une grande dévotion, amour et culte. Pour les autres récompenses correspondantes à ses héroïques et singulières vertus, il est impossible d'en dire quelque chose qui puisse les faire connaître d'une manière convenable. Nous dirons seulement que cette résurrection eut lieu le quinze août ; son corps très-pur demeura pendant trente-six heures dans le sépulcre, comme celui de son très-saint fils.

 

Les apôtres et les disciples sans pouvoir essuyer leurs larmes, assistaient jour et nuit au sépulcre, en particulier saint Pierre et saint Jean, et remarquant que la musique céleste avait cessé et qu'ils ne l'entendaient plus, ils comprirent que la divine mère était ressuscitée et était transportée au ciel en corps et en âme, comme son divin fils ; alors ils se rassemblèrent tous avec les disciples et les autres fidèles, ils ouvrirent le sépulcre et le trouvèrent vide : saint Pierre prit la tunique et le linceul et les vénéra, ce que firent aussi tous les autres ; ils furent ainsi pleinement assurés de la résurrection et de l'assomption de la sainte Vierge au ciel ; ils célébrèrent cette merveille avec des larmes de joie et de douleur, en chantant des psaumes et des hymnes de louanges et de gloire au Seigneur et sa divine mère, mais suspendus entre l'étonnement et la tendresse, ils regardaient le sépulcre sans pouvoir s'en éloigner, lorsqu'un ange du Seigneur descendit du ciel, et leur apparut en leur disant : hommes de Galilée, de quoi êtes-vous étonnés ? Votre reine et la nôtre vit déjà en corps et en âme dans le ciel, où elle règne pour toujours avec le Christ ; elle m'envoie afin que je vous confirme cette vérité et que je vous dise de sa part qu'elle vous recommande de nouveau l'Église, la conversion des âmes, et la propagation de l'évangile de Jésus-Christ au ministère duquel elle veut que vous reveniez aussitôt, comme il vous a été ordonné, et elle prendra soin de vous du haut du ciel. Les apôtres furent ranimés par cet avis, et dans leurs courses apostoliques, ils reconnurent ensuite très souvent sa toute-puissante protection, en particulier à l'heure de leur martyre, car elle leur apparut à tous, les assista comme une mère miséricordieuse, et ensuite elle présenta leurs âmes au Seigneur, comme elle le fera aussi fidèlement pour tous ceux qui la serviront avec une véritable ferveur dans la vie et l'invoqueront à la mort."

 

Source : "Vie divine de la Très-Sainte Vierge Marie" par Marie d'Agréda, chapitre XLVIII : "Entrée triomphante de l'âme auguste de la Très-Sainte Vierge dans le Ciel, Assomption de Son Corps et Son Couronnement" ; livre traduit de l'Italien par l'Abbé Joseph-Antoine Boullan, Missionnaire du Précieux Sang et Docteur en Théologie. Paris, 1853.

 

 

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L'Assomption par Maria Valtorta

 

« 283> Combien de jours sont-ils passés ? Il est difficile de l’établir sûrement. Si on en juge par les fleurs qui font une couronne autour du corps inanimé, on devrait dire qu’il est passé quelques heures. Mais si on en juge d’après le feuillage d’olivier sur lequel sont posées les fleurs fraîches, et dont les feuilles sont déjà fanées, et d’après les autres fleurs flétries, mises comme autant de reliques sur le couvercle du coffre, on doit conclure qu’il est passé déjà des journées.

Mais le corps de Marie est tel qu’il était quand elle venait d’expirer. Il n’y a aucun signe de mort sur son visage, sur ses petites mains. Il n’y a dans la pièce aucune odeur désagréable. Au contraire, il y flotte un parfum indéfinissable qui rappelle l’encens, les lys, les roses, le muguet, les plantes de montagne, mélangés.

Jean, qui sait depuis combien de jours il veille, s’est endormi, vaincu par la lassitude. Il est toujours assis sur le tabouret, le dos appuyé au mur, près de la porte ouverte qui donne sur la terrasse. La lumière de la lanterne, posée sur le sol, l’éclaire par en dessous et permet de voir son visage, fatigué, très pâle, sauf autour des yeux rougis par les pleurs.

L’aube doit maintenant être commencée car sa faible clarté permet de voir la terrasse et les oliviers qui entourent la maison. Cette clarté se fait toujours plus forte et, pénétrant par la porte, elle rend plus distincts les objets mêmes de la chambre, ceux qui, étant éloignés de la lampe, pouvaient à peine être entrevus.

Tout d’un coup, une grande lumière remplit la pièce, une lumière argentée, nuancée d’azur, presque phosphorique, et qui croît de plus en plus, qui fait disparaître celle de l’aube et de la lampe. C’est une lumière pareille à celle qui inonda la Grotte de Bethléem au moment de la Nativité divine. Puis, dans cette lumière paradisiaque, deviennent visibles des créatures angéliques, lumière encore plus splendide dans la lumière déjà si puissante apparue d’abord. Comme il était déjà arrivé quand les anges apparurent aux bergers, une danse d’étincelles de toutes couleurs se dégage de leurs ailes doucement mises en mouvement d’où il vient une sorte de murmure harmonieux, arpégé, très doux.

 

284>Les créatures angéliques forment une couronne autour du petit lit, se penchent sur lui, soulèvent le corps immobile et, en agitant plus fortement leurs ailes, ce qui augmente le son qui existait d’abord, par un vide qui s’est par prodige ouvert dans le toit, comme par prodige s’était ouvert le Tombeau de Jésus, elles s’en vont, emportant avec eux le corps de leur Reine, son corps très Saint, c’est vrai, mais pas encore glorifié et encore soumis aux lois de la matière, soumission à laquelle n’était plus soumis le Christ parce qu’il était déjà glorifié quand il ressuscita.

Le son produit par les ailes angéliques est maintenant puissant comme celui d’un orgue. Jean, qui tout en restant endormi, s’était déjà remué deux ou trois fois sur son tabouret, comme s’il était troublé par la grande lumière et par le son des voix angéliques, est complètement réveillé par ce son puissant et par un fort courant d’air qui, descendant par le toit découvert et sortant par la porte ouverte, forme une sorte de tourbillon qui agite les couvertures du lit désormais vide et les vêtements de Jean, et qui éteint la lampe et ferme violemment la porte ouverte.

L’apôtre regarde autour de lui, encore à moitié endormi, pour se rendre compte de ce qui arrive. Il s’aperçoit que le lit est vide et que le toit est découvert. Il se rend compte qu’il est arrivé un prodige. Il court dehors sur la terrasse et, comme par un instinct spirituel, ou un appel céleste, il lève la tête, en protégeant ses yeux avec sa main pour regarder, sans avoir la vue gênée par le soleil qui se lève.

Et il voit. Il voit le corps de Marie, encore privé de vie et qui est en tout pareil à celui d’une personne qui dort, qui monte de plus en plus haut, soutenu par une troupe angélique. Comme pour un dernier adieu, un pan du manteau et du voile s’agitent, peut-être par l’action du vent produit par l’assomption rapide et le mouvement des ailes angéliques. Des fleurs, celles que Jean avait disposées et renouvelées autour du corps de Marie, et certainement restées dans les plis des vêtements, pleuvent sur la terrasse et sur le domaine du Gethsémani, pendant que l’hosanna puissant de la troupe angélique se fait toujours plus lointain et donc plus léger.

Jean continue à fixer ce corps qui monte vers le Ciel et, certainement par un prodige qui lui est accordé par Dieu, pour le consoler et le récompenser de son amour pour sa Mère adoptive, il voit distinctement que Marie, enveloppée maintenant par les rayons du soleil qui s’est levé, sort de l’extase qui a séparé son âme de son corps, redevient vivante, se dresse debout, car maintenant, elle aussi jouit des dons propres aux corps déjà glorifiés.

 

285> Jean regarde, regarde. Le miracle que Dieu lui accorde lui donne de pouvoir, contre toutes les lois naturelles, voir Marie qui maintenant qu’elle monte rapidement vers le Ciel est entourée, sans qu’on l’aide à monter, par les anges qui chantent des hosannas. Jean est ravi par cette vision de beauté qu’aucune plume d’homme, qu’aucune parole humaine, qu’aucune œuvre d’artiste ne pourra jamais décrire ou reproduire, car c’est d’une beauté indescriptible.

Jean, en restant toujours appuyé au muret de la terrasse, continue de fixer cette splendide et resplendissante forme de Dieu - car réellement on peut parler ainsi de Marie, formée d’une manière unique par Dieu, qui l’a voulue immaculée, pour qu’elle fût une forme pour le Verbe Incarné — qui monte toujours plus haut. Et c’est un dernier et suprême prodige que Dieu-Amour accorde à celui qui est son parfait aimant : celui de voir la rencontre de la Mère très Sainte avec son Fils très Saint qui, Lui aussi splendide et resplendissant, beau d’une beauté indescriptible, descend rapidement du Ciel, rejoint sa Mère et la serre sur son cœur et ensemble, plus brillants que deux astres, s’en vont là d’où Lui est venu. La vision de Jean est finie.

Il baisse la tête. Sur son visage fatigué on peut voir à la fois la douleur de la perte de Marie et la joie de son glorieux sort. Mais désormais la joie dépasse la douleur. Il dit : "Merci, mon Dieu ! Merci ! J’avais pressenti que cela serait arrivé. Et je voulais veiller pour ne perdre aucun détail de son Assomption. Mais cela faisait trois jours que je ne dormais pas ! Le sommeil, la lassitude, joints à la peine, m’ont abattu et vaincu justement quand l’Assomption était imminente... Mais peut-être c’est Toi qui l’as voulu, ô mon Dieu, pour ne pas troubler ce moment et pour que je n’en souffre pas trop... Oui. Certainement c’est Toi qui l’as voulu, comme maintenant tu voulais que je voie ce que sans un miracle je n’aurais pu voir. Tu m’as accordé de la voir encore, bien que déjà si loin, déjà glorifiée et glorieuse, comme si elle avait été tout près. Et de revoir Jésus ! Oh ! vision bienheureuse, inespérée, inespérable ! Oh ! don des dons de Jésus-Dieu à son Jean ! Grâce suprême ! Revoir mon Maître et Seigneur ! Le voir Lui près de sa Mère ! Lui semblable au soleil et elle à la lune, tous les deux d’une splendeur inouïe, à la fois parce que glorieux et pour leur bonheur d’être réunis pour toujours ! Que sera le Paradis maintenant que vous y resplendissez, Vous, astres majeurs de la Jérusalem céleste ? Quelle est la joie des chœurs angéliques et des saints ? Elle est telle la joie que m’a donnée la vision de la Mère avec le Fils, une chose qui fait disparaître toute sa peine, toute leur peine, même, que la mienne aussi disparaît, et en moi la paix la remplace.

 

286> Des trois miracles que j’avais demandés à Dieu, deux se sont accomplis. J’ai vu la vie revenir en Marie, et je sens que la paix est revenue en moi. Toute mon angoisse cesse car je vous ai vus réunis dans la gloire. Merci pour cela, ô Dieu. Et merci pour m’avoir donné manière, même pour une créature très sainte, mais toujours humaine, de voir quel est le sort des saints, quelle sera après le jugement dernier, et la résurrection de la chair et leur réunion, leur fusion avec l’esprit, monté au Ciel à l’heure de la mort. Je n’avais pas besoin de voir pour croire, car j’ai toujours cru fermement à toutes les paroles du Maître. Mais beaucoup douteront qu’après des siècles et des millénaires, la chair, devenue poussière, puisse redevenir un corps vivant. À ceux-là je pourrai dire, en le jurant sur les choses les plus élevées, que non seulement le Christ est redevenu vivant par sa propre puissance divine, mais que sa Mère aussi, trois jours après sa mort, si on peut appeler mort une telle mort, a repris vie et avec sa chair réunie à son corps, elle a pris son éternelle demeure au Ciel à côté de son Fils. Je pourrai dire : “Croyez, vous tous chrétiens, à la résurrection de la chair à la fin des siècles, et à la vie éternelle des âmes et des corps, vie bienheureuse pour les saints, horrible pour les coupables impénitents. Croyez et vivez en saints, comme ont vécu en saints Jésus et Marie, pour avoir le même sort. J’ai vu leurs corps monter au Ciel. Je puis vous en rendre témoignage. Vivez en justes pour pouvoir un jour être dans le nouveau monde éternel, en âme et en corps, près de Jésus-Soleil et près de Marie, Étoile de toutes les étoiles”. Merci encore, ô Dieu ! Et maintenant recueillons ce qui reste d’elle. Les fleurs tombées de ses vêtements, les feuillages des oliviers restés sur le lit, et conservons-les. Tout servira... Oui, tout servira pour aider et consoler mes frères que j’ai en vain attendus. Tôt ou tard, je les retrouverai..."

Il ramasse aussi les pétales des fleurs qui se sont effeuillées en tombant, et rentre dans la pièce en les gardant dans un pli de son vêtement. Il remarque alors avec plus d’attention l’ouverture du toit et s’écrie : "Un autre prodige ! Et une autre admirable proportion dans les prodiges de la vie de Jésus et de Marie ! Lui, Dieu, est ressuscité par Lui-même, et par sa seule volonté il a renversé la pierre du Tombeau, et par sa seule puissance il est monté au Ciel. Par Lui-même. Marie, toute Sainte, mais fille d’homme, c’est par l’aide des anges que lui fut ouvert le passage pour son Assomption au Ciel, et c’est toujours avec l’aide des anges qu’elle est montée là-haut. Pour le Christ, l’esprit revint animer son Corps pendant qu’il était sur la Terre, car il devait en être ainsi pour faire taire ses ennemis et pour confirmer dans la foi tous ses fidèles. Pour Marie, son esprit est revenu quand son corps très saint était déjà sur le seuil du Paradis, parce que pour elle il ne fallait pas autre chose. Puissance parfaite de l’Infinie Sagesse de Dieu !..."

 

287> Jean ramasse maintenant dans un linge les fleurs et les feuillages restés sur le lit, y met ceux qu’il a ramassés dehors, et il les dépose tous sur le couvercle du coffre. Puis il l’ouvre et y place le coussinet de Marie, la couverture du lit. Il descend dans la cuisine, rassemble les autres objets dont elle se servait : le fuseau et la quenouille, sa vaisselle, et les met avec les autres choses. Il ferme le coffre et s’assoit sur le tabouret en s’écriant :

"Maintenant tout est accompli aussi pour moi ! Maintenant je puis m’en aller, librement, là où l’Esprit de Dieu me conduira. Aller ! Semer la divine Parole que le Maître m’a donnée pour que je la donne aux hommes. Enseigner l’Amour. L’enseigner pour qu’ils croient dans l’Amour et sa puissance. Leur faire connaître ce qu’a fait le Dieu-Amour pour les hommes. Son Sacrifice et son Sacrement et Rite perpétuels, par lesquels, jusqu’à la fin des siècles, nous pourrons être unis à Jésus-Christ par l’Eucharistie et renouveler le Rite et le Sacrifice comme Lui a commandé de le faire. Tous dons de l’Amour parfait ! Faire aimer l’Amour pour qu’ils croient en Lui, comme nous y avons cru et y croyons. Semer l’Amour pour que soit abondante la moisson et la pêche pour le Seigneur. L’amour obtient tout. Marie me l’a dit dans ses dernières paroles, à moi, qu’elle a justement défini, dans le Collège Apostolique, celui qui aime, l’aimant par excellence, l’opposé de l’Iscariote qui été la haine, comme Pierre l’impétuosité, et André la douceur, les fils d’Alphée la sainteté et la sagesse unies à la noblesse des manières, et ainsi de suite. Moi, l’aimant, maintenant que je n’ai plus le Maître et sa Mère à aimer sur la Terre, j’irai répandre l’amour parmi les nations. L’amour sera mon arme et ma doctrine. Et avec lui, je vaincrai le démon, le paganisme et je conquerrai beaucoup d’âmes. Je continuerai ainsi Jésus et Marie, qui ont été l’amour parfait sur la Terre." »

 

Source : "L'Évangile tel qu'il m'a été révélé" par Maria Valtorta, © Centro Editoriale Valtortiano, édition 2006 ; "La Glorification (Tome 10) - du dimanche 7 avril 30 et au-delà", "10.36. L’Assomption de Marie", 283-287.

 

 

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L'Assomption par Anne-Catherine Emmerick

 

"Le 14 août 182l, dans l'après-midi, la sœur dit à l'écrivain : "Je veux maintenant raconter quelque chose de la mort de la sainte Vierge ; mais il ne faut pas que je sois dérangée. Dites à ma petite nièce de ne pas m'interrompre, et d'attendre un peu dans l'autre pièce". Quand l'écrivain eut fait ce qu'elle disait et fut revenu près d'elle, il lui dit : "Racontez maintenant" ; mais, regardant fixement devant elle, elle s'écria : "Où suis-je donc, est-ce le matin ou le soir ? - Vous voulez, dit-il, parler de la mort de la sainte Vierge. - Les apôtres sont là, répondit-elle, interrogez-les ; vous êtes plus savant que moi, vous les questionnerez mieux ; ils suivent le Chemin de la Croix et travaillent au tombeau de la Mère de Dieu. Elle les vit se livrer à ce travail aussitôt après la mort de Marie, à ce qu'elle assura. Après une pause, elle continua, en marquant des nombres avec ses doigts : "Voyez ce chiffre, dit-elle, une barre comme un I, puis un V ; cela ne fait-il pas quatre ? puis encore un V et trois I, cela ne fait-il pas huit ? Ce n'est pas écrit correctement en lettres marquant les nombres ; mais je les vois ainsi, parce que je ne sais pas lire les nombres élevés écrits en lettres. Cela doit signifier que l'année 48 après Jésus-Christ est celle de la mort de la sainte Vierge. Je vois ensuite un X et trois 1, puis deux fois le signe de la pleine lune, comme il est dans l'almanach : cela veut dire que la sainte Vierge mourut treize ans et deux mois après l'ascension de Notre Seigneur. Ce n'est pas à présent le mois de sa mort. Je crois qu'il est passé depuis deux mois ; car, il y a deux mois, j'ai encore vu cette scène. Ah ! sa mort fut pleine de tristesse et pleine de joies ! Toujours dans cet état d'absorption intérieure, elle raconta ce qui suit :

Je vis hier à midi beaucoup de tristesse et d'inquiétude dans la maison de la sainte Vierge. La servante était extrêmement affligée ; elle s'agenouillait sans cesse, tantôt dans divers coins de la maison, tantôt devant la maison, et priait les bras étendus en versant des larmes. La sainte Vierge reposait tranquillement dans sa cellule ; elle semblait au moment de mourir. Elle était enveloppée tout entière, y compris les bras, dans cette espèce de vêtement de nuit que j'ai décrit en racontant sa visite chez Élisabeth. Son voile était relevé carrément sur son front, elle l'abaissait sur son visage quand elle parlait à des hommes. Ses mains elles-mêmes ne restaient découvertes que quand elle était seule. Dans les derniers jours, je ne la vis rien prendre, si ce n'est de temps en temps une cuillerée d'un breuvage que la servante exprimait de certaines baies jaunes, disposées en grappes. Vers le soir, quand la sainte Vierge connut que son heure approchait, elle voulut, conformément à la volonté de Jésus, bénir ceux qui se trouvaient présents et leur faire ses adieux. Sa chambre à coucher était ouverte de tous les côtés. Elle se mit sur son séant ; son visage était d'une blancheur éclatante et comme illuminé. Tous les assistants se tenaient dans la partie antérieure de la maison ; les apôtres entrèrent les premiers dans l'autre pièce, s'approchèrent l'un après l'autre de sa cellule ouverte, et s'agenouillèrent près de sa couche. La sainte Vierge les bénit tour à tour en croisant les mains au-dessus de leur tête et en touchant légèrement leur front. Elle parla à tous, et fit tout ce que Jésus lui avait enjoint à Béthanie.

Quand Pierre vint à elle, je vis qu'il avait à la main un rouleau écrit. Elle parla à Jean des dispositions à prendre pour sa sépulture, et le chargea de donner ses vêtements à sa servante et à une autre vierge pauvre qui venait quelquefois la servir. Elle montra du doigt le réduit qui était en face de sa cellule, et je vis sa servante y aller, l'ouvrir et le refermer. Je vis alors tous les vêtements de la sainte Vierge ; j'en parlerai plus tard. Après les apôtres, les disciples présents s'approchèrent de la couche de la sainte Vierge et furent aussi bénis par elle. Les hommes se rendirent alors de nouveau dans la pièce antérieure de la maison, pendant que les femmes s'approchaient de la couche de Marie, s'agenouillaient et recevaient sa bénédiction. Je vis l'une d'entre elles se pencher sur la sainte Vierge, qui l'embrassa.

Pendant ce temps, l'autel fut préparé, et les apôtres se revêtirent, pour le service divin, de leurs longs vêtements blancs, avec des ceintures sur lesquelles étaient des lettres. Cinq d'entre eux figurèrent dans la cérémonie solennelle, qui fut semblable à celle que j'avais vu célébrer pour la première fois par Pierre dans la nouvelle église voisine de la piscine de Bethesda ; ils se revêtirent de leurs beaux ornements sacerdotaux. Le manteau pontifical de Pierre, qui était le célébrant, était très long par derrière ; cependant, il n'avait pas de queue.

Ils étaient encore occupés à s'habiller, lorsque Jacques le Majeur arriva avec trois compagnons. Il venait d'Espagne par Rome avec le diacre Timon, et au delà de cette dernière ville, il avait rencontré Erémenzéar et un troisième disciple. Les assistants, qui étaient au moment d'aller à l'autel, lui souhaitèrent la bienvenue avec une gravité solennelle, et lui dirent en peu de mots de se rendre près de la sainte Vierge. On leur lava les pieds, ils rangèrent leurs vêtements ; puis, sans quitter leurs habits de voyage, ils allèrent près de Marie et reçurent comme les autres sa bénédiction. Jacques alla seul le premier ; puis ses trois compagnons y allèrent ensemble après quoi ils revinrent pour assister au service divin. Là cérémonie était déjà assez avancée lorsque Philippe arriva d'Égypte avec un compagnon. Il se rendit aussitôt près de la Mère du Seigneur, reçut sa bénédiction et pleura abondamment.

Pierre, pendant ce temps, avait terminé le saint sacrifice, il avait consacré et reçu le corps du Sauveur, puis il l'avait donné aux apôtres et aux disciples présents. La sainte Vierge ne pouvait pas voir l'autel ; mais pendant la sainte cérémonie, elle était assise sur sa couche, dans un profond recueillement. Quand Pierre eut communié et donné la communion aux autres apôtres, il porta à la sainte Vierge le saint sacrement et l'extrême onction.

Tous les apôtres l'accompagnèrent en procession solennelle. Thaddée marchait en avant avec un encensoir. Pierre portait la sainte Eucharistie devant lui, dans la pyxide en forme de croix dont j'ai parlé précédemment. Jean le suivait, portant un petit plat, sur lequel était le calice avec le sang précieux et quelques boîtes. Le calice était petit, massif et de couleur blanche. Le pied en était si court qu'on ne pouvait le prendre qu'avec deux doigts. Il avait du reste la forme de celui de la sainte Cène. Dans l'oratoire, qui était près du lit de la sainte Vierge, un petit autel avait été dressé par les apôtres. La servante avait apporté une table avec une couverture rouge et blanche. Dessus étaient des flambeaux allumés : je crois que c'étaient des cierges et des lampes. La sainte Vierge, pâle et silencieuse, était couchée sur le dos. Elle regardait fixement le ciel, ne parlait à personne, et semblait ravie en extase. Elle était comme illuminée par le désir ; je pouvais ressentir ce désir qui l'emportait hors d'elle-même. Ah ! mon coeur voulait aller à Dieu avec le sien.

Pierre s'approcha d'elle et lui administra l'extrême-onction, à peu près de la même manière qu'on le fait aujourd'hui. Il l'oignit avec les saintes huiles prises dans les boîtes que tenait Jean, sur le visage, sur les mains, sur les pieds et sur le côté, où son vêtement avait une ouverture ; en sorte qu'on ne la découvrit pas le moins du monde. Pendant ce temps, les apôtres récitaient des prières, comme on le fait au chœur. Ensuite, Pierre lui présenta le saint sacrement. Elle se redressa, sans s'appuyer, pour le recevoir ; puis elle retomba. Les apôtres prièrent pendant quelque temps, et, s'étant un peu soulevée, elle reçut le calice de la main de Jean. Je vis, lors de la réception de la sainte Eucharistie, une lumière éclatante entrer dans Marie ; après, elle retomba comme ravie en extase, et ne dit plus rien. Les apôtres portant les vases sacrés retournèrent en procession à l'autel où ils continuèrent le service divin, et alors Philippe reçut aussi la sainte communion. Il n'était resté que deux femmes près de la sainte Vierge.

Plus tard, je vis de nouveau les apôtres et les disciples en prière autour de la couche de la sainte Vierge. Le visage de Marie était épanoui et souriant comme dans sa jeunesse. Ses yeux, pleins d'une sainte joie, étaient tournés vers le ciel. Je vis alors un tableau merveilleusement touchant. Le toit de la cellule de Marie avait disparu ; la lampe était suspendue en plein air ; je vis à travers le ciel ouvert l'intérieur de la Jérusalem céleste. Il en descendit comme deux nuées éclatantes, où se montraient d'innombrables figures d'anges, et entre lesquelles une voie lumineuse se dirigea vers la sainte Vierge. Je vis, à partir de Marie, comme une montagne lumineuse s'élever jusque dans la Jérusalem céleste. Elle étendit les bras de ce côté avec un désir infini, et je vis son corps soulevé en l'air et planant au-dessus de sa couche, de manière qu'on pouvait voir par-dessous. Je vis son âme, comme une petite figure lumineuse infiniment pure, sortir de son corps, les bras étendus, et s'élever sur la voie lumineuse qui montait jusqu'au ciel. Les deux chœurs d'anges qui étaient dans les nuées se réunirent au-dessous de son âme et la séparèrent du corps, qui, au moment de cette séparation, retomba sur la couche, les bras croisés sur la poitrine. Mon regard, suivant l'âme de Marie, la vit entrer dans la Jérusalem céleste, et arriver jusqu'au trône de la très sainte Trinité. Je vis un grand nombre d'âmes, parmi lesquelles je reconnus plusieurs patriarches, ainsi que Joachim, Anne, Joseph, Élisabeth, Zacharie et Jean-Baptiste, aller à sa rencontre avec une joie respectueuse. Elle prit son essor à travers eux tous jusqu'au trône de Dieu et de son Fils, qui, faisant éclater au-dessus de tout le reste la lumière qui sortait de ses blessures, la reçut avec un amour tout divin, lui présenta comme un sceptre et lui montra la terre au-dessous d'elle comme s'il lui conférait un pouvoir particulier. Je la vis ainsi entrer dans la gloire, et j'oubliai tout ce qui se montrait autour d'elle sur la terre. Quelques-uns des apôtres, notamment Jean et Pierre, durent voir tout cela, car ils avaient les yeux levés au ciel. Les autres étaient pour la plupart prosternés vers la terre. Tout était plein de lumière et de splendeur. C'était comme lors de l'ascension de Jésus-Christ.

Je vis, ce qui me réjouit beaucoup, un grand nombre d'âmes délivrées du purgatoire suivre l'âme de Marie quand elle entra dans le ciel. Aujourd'hui aussi, au jour de la commémoration qu'en fait l'Église, je vis entrer au ciel beaucoup de ces pauvres âmes, parmi lesquelles plusieurs que je connaissais. Je reçus l'assurance consolante que, tous les ans, le jour anniversaire de la mort de Marie, beaucoup d'âmes de ceux qui lui ont rendu un culte particulier participent aux effets de cette grâce.

Quand je regardai de nouveau sur la terre, je vis le corps de la sainte Vierge resplendissant. Il reposait sur sa couche, je visage rayonnant, les yeux fermés, les bras croisés sur la poitrine Les apôtres, les disciples et les saintes femmes étaient agenouillés autour et priaient. Pendant que je regardais tout cela, il y avait dans toute la nature un concert harmonieux et une émotion semblable à celle que j'avais aperçue pendant la nuit de Noël. Je connus que l'heure de sa mort avait été la neuvième heure, comme celle de la mort du Sauveur."

 

Source : "Vie de la Sainte Vierge" d'après les visions d'Anna Katharina Emmerick ; écrit par Clément Brentano, traduit par M. L'Abbé de Cazalès, "Mort de la Sainte Vierge", chapitre XII : "Mort de la Sainte Vierge - Elle reçoit le saint Viatique et l'extrême Onction - Vision sur l'entrée de son âme dans le ciel" ; Ambroise Bray, Libraire Éditeur, Rue des Saints Pères, 66. Paris, 1854.

 

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 08:49

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I dece Cumandamenti

Décalogue en langue corse

Traduit par © Christian Dubois

cristianu.free.fr

Exode 20 : 2-17

 

 

20 Allora Diu prununziò tutte ste parolle, dicendu:

2 Sò l’Eternu, u to Diu, chì t’aghju fattu esce da u paese d’Egittu, da a casa di servitù.

3 Ùn avarè altri dii voltu à a mio fàccia.

4 Ùn ti farè micca figura zuccata, nè qualunque raprisintazione di e cose chì sò insù in li celi, chì sò inghjò nantu à a terra, è chì sò in l’acque più bassu ca a terra.

5 Ùn ti prustirnarè micca davanti ad elle, è ùn le sirvarè micca ; chì èiu, l’Eternu, u to Diu, sò un Diu ghjilosu, chì puniscu l’iniquità di i babbi nantu à i figlioli finu à a terza è à a quarta generazione di quelli chì mi pòrtanu òdiu,

6 è chì fàcciu misericòrdia finu à mille generazioni à quelli chì mi àmanu è chì ossèrvanu i mo cumandamenti.

7 Ùn pigliarè micca u nome di l’Eternu, u to Diu, indarnu; chì l’Eternu ùn lasciarà senza punizione quellu chì pigliarà indarnu u so nome.

8 Arricòrdati di u ghjornu di u riposu, per santificallu.

9 Travagliarè sei ghjorni, è farè tutte e to faccende.

10 Ma u sèttimu ghjornu hè u ghjornu di u riposu di l’Eternu, u to Diu: ùn farè nisun travàgliu, nè tù, nè u to figliolu, nè a to figliola, nè u to servitore, nè a to serva, nè u to bistiame, nè u stranieru chì si trova in le to porte.

11 Chì in sei ghjorni l’Eternu hà fattu i celi, a terra è u mare, è tuttu ciò ch’elli cuntènenu, è s’hè ripusatu u sèttimu ghjornu: hè per quessa chì l’Eternu hà benedettu u ghjornu di u riposu è l’hà santificatu.

12 Onureghja u to babbu è a to mamma, affinchì i to ghjorni si prulunghèghjinu in lu paese chì l’Eternu, u to Diu, ti dà.

13 Ùn tumbarè micca.

14 Ùn cummitarè micca adultèriu.

15 Ùn arrubarè micca.

16 Ùn purtarè micca falza tistimunianza contru à u to pròssimu.

17 Ùn bramarè micca a casa di u to pròssimu; ùn bramarè micca a mòglia di u to pròssimu, nè u so servitore, nè a so serva, nè u so bòie, nè u so sumere, nè nisun altra cosa chì appartenghi à u to pròssimu.

 

 

Liber Exodus 20

 

 

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Prières corses

 

 

 

 

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 11:51

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"Quiconque a eu l’occasion d’approcher et d’établir un lien d’amitié avec le Cardinal Jorge Mario Bergoglio sait qu’il avait l’habitude d’ajouter à son courrier, aussi court soit-il, … une image de la sainte carmélite, Thérèse de Lisieux. Il voulait ainsi souligner son choix personnel, plein de signification, du lien spirituel qui les unissait.

Nous avons vu, en ce début de pontificat, le Pape François offrir à la Présidente argentine Cristina Kirchner une rose blanche, en signe de la « Petite Thérèse » qu’il prie tout spécialement.

Mais pourquoi et d’où lui vient cette prédilection pour Thérèse de Lisieux ?

Je me l’étais justement demandé à Aparecida en 2007. J’avais alors rencontré brièvement le Cardinal Bergoglio devant le sanctuaire marial brésilien entre une réunion et une autre de la Commission préparatoire du document final…

Il me dit alors : « Il ne faut pas avoir peur de dépendre uniquement de la tendresse de Dieu, comme l’a fait Thérèse de Lisieux qui, pour cette raison, est une fille bien-aimée de la Vierge Marie et une grande sainte missionnaire ».

C’était percevoir l’Eglise et sa mission sur la route de la « petite voie » donnée par la maîtresse de l’Enfance spirituelle, voie sur laquelle le Pape François est en train de commencer son Pontificat.

J’avais su un peu plus tard que lorsqu’il venait à Rome, entre une affaire et une autre, le Père allait prier devant une statue de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus dans une petite église à Borgo, près du Tibre, tenue par des franciscains.

A Buenos-Aires aussi, sa vénération envers la Patronne des missions était bien connue de ses prêtres, et elle s’était diffusée en particulier dans les « villas miserias » de la capitale argentine.

Mais venons-en maintenant aux roses. Le Père Bergoglio était retourné à Rome à la fin de l’année 2007 pour le Consistoire. Et avec lui, était réapparue également la figure de la petite Thérèse : « Quand j’ai un problème - nous dit-il - je le lui confie. Je ne lui demande pas de le résoudre, mais de le prendre en main et de m’aider ; presque toujours, je reçois comme signe une rose ».

Il raconta qu’une fois, ayant à prendre une décision importante à propos d’une question difficile, il remit tout entre ses mains. Quelques temps après, sur le seuil de la sacristie, une femme inconnue lui avait remis trois roses blanches.

Il expliqua que ce fut un jésuite, le P. Pubingan*, qui en 1925 répandit cette prière d’intercession. Il récita alors un passage de la prière : « Petite fleur de Jésus, demande à Dieu de m’accorder la grâce que je remets avec confiance entre tes mains. »

Dans sa façon de parler, on sentait une pudeur unie à une grande simplicité, une sincère confiance, si bien que moi aussi, je me sentis poussée à l’imiter. Dans une circonstance particulière, suivant son exemple, j’avais donc invoqué la Sainte, mais à ma grande déception, je ne reçus aucune rose. A la première occasion, je lui dis par téléphone : « Mon Père, vous vous souvenez de l’histoire des roses… Eh bien ! rien… aucune rose n’est arrivée pour moi. Bien sûr, cela ne m’étonne pas, je comprends… ces choses n’arrivent qu’à ceux qui ont déjà atteint un certain niveau comme vous, ceux qui sont en règle ; on ne peut pas dire que je sois un modèle de vertu… ». Silence… Puis d’une voix tout à fait tranquille, il reprit : « Cela signifie qu’elle te répondra en t’accordant une grâce plus grande que celle que tu lui as demandée… ». Et il en fut réellement ainsi."

 

* L'article original mentionnait "le P. Putigan", comportant une erreur dans le nom.

 

Source : Article de Stefania Falasca, extrait d'"Avvenire" ("L’Avenir", quotidien italien d'inspiration catholique), publié en mai 2013 sous le titre "Le Pape François et sainte Thérèse" sur le site officiel du Sanctuaire de Lisieux.

 

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 11:50

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Jérôme Cahuzac

 

 

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"Deux mains jointes font plus d'ouvrage sur la terre

Que tout le roulement des machines de guerre."

 

Victor Hugo, "La Légende des siècles" (1859-1883)

VII "Welf, castellan d’Osbor"

Réplique de Sylvestre, vers 2 et 3, Scène deuxième

 

 

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1 Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés.

2 Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez.

3 Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'oeil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ?

4 Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ?

5 Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'œil de ton frère.

 

Matthieu 7 : 1-5 (Louis Segond)

 

 

 

1 Nolite judicare, ut non judicemini.

2 In quo enim judicio judicaveritis, judicabimini: et in qua mensura mensi fueritis, remetietur vobis.

3 Quid autem vides festucam in oculo fratris tui, et trabem in oculo tuo non vides?

4 aut quomodo dicis fratri tuo: Sine ejiciam festucam de oculo tuo, et ecce trabs est in oculo tuo?

5 Hypocrita, ejice primum trabem de oculo tuo, et tunc videbis ejicere festucam de oculo fratris tui.

 

Evangelium secundum Matthaeum 7:1-5 (Vulgata)

 

 

 

1 Judge not, that ye be not judged.

2 For with what judgment ye judge, ye shall be judged: and with what measure ye mete, it shall be measured to you again.

3 And why beholdest thou the mote that is in thy brother's eye, but considerest not the beam that is in thine own eye?

4 Or how wilt thou say to thy brother, Let me pull out the mote out of thine eye; and, behold, a beam is in thine own eye?

5 Thou hypocrite, first cast out the beam out of thine own eye; and then shalt thou see clearly to cast out the mote out of thy brother's eye.

 

Matthew 7:1-5 (King James Version)

 

 

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Thierry Costamédecin de l'émission Koh-Lanta sur TF1,

s'est suicidé au Cambodge le lundi 1er avril 2013,

 après la mort accidentelle de Gérald Babin sur le tournage

et l'acharnement médiatique insidieux et accusateur

 

 

 

Lettre de Thierry Costa - Recto by redacweb6352

 

 

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Lettre de Thierry Costa - Verso by redacweb6352

 

 

 

"Comme ils continuaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !"

 

Jean 8 : 7, "La Nouvelle Bible Segond" (NBS)

 

 

 

"Cum ergo perseverarent interrogantes eum, erexit se, et dixit eis: Qui sine peccato est vestrum, primus in illam lapidem mittat."

 

Evangelium secundum Ioannem 8:7 (Vulgata)

 

 

 

"So when they continued asking him, he lifted up himself, and said unto them, He that is without sin among you, let him first cast a stone at her."

 

John 8:7 (King James Version)

 

 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 09:32

Giotto-Sogno-di-Innocenzo-III-Dream-of-Innocent-III-parousi.jpg

Le Songe d'Innocent III Sogno di Innocenzo III

1295-1299

Giotto di Bondone

Basilique Saint François d'Assise (Ombrie - Italie)

Basilica superiore di San Francesco d'Assisi

 


 

Lettre du Pape Innocent III

à ses Successeurs

 

"Et sur ces pierres...

Moi, Lotario di Seni, Innocent III, pape de l’Église catholique et romaine, écris cette lettre à l’attention de mon successeur, et des successeurs de mon successeur.

En ce moment, je dors mal. Depuis que j’ai vu en rêve François d’Assise soutenant la basilique Saint-Jean de Latran qui menaçait de s’effondrer. Moi qui ai pourtant reçu mission, comme successeur de Pierre, d’être le socle sur lequel le Christ bâtit son Église, j’ai vu ma cathédrale en ruine et celui qui la « sauvait », c’était lui, François Bernardone, le pauvre d’Assise.

Il faut dire qu’il avait lui-même entendu l’appel de Jésus : « Va reconstruire mon Église ». Il avait d’ailleurs commencé son travail en prenant cet appel au pied de la truelle, comme maçon. Mais il comprit assez vite que cette invitation devait s’offrir les dimensions du monde et de l’histoire.

Frappé par ce songe, j’ai validé du bout des lèvres la première règle rédigée par François, régissant sa fraternité naissante.

Moi, dont les historiens retiendront une papauté forte et centralisée, une curie puissante, les états pontificaux, mon travail pour l’unité des Églises d’Orient et d’Occident, mais aussi la quatrième croisade et le sac de Constantinople, le quatrième Concile de Latran, moi, je veux te dire que tout cela, non, tout cela n’est rien sans l’Évangile.

Tu es pape ? N’oublie pas le message de François : La paix. L’imitation de la pauvreté du Christ. L’amour des pauvres. La fraternité universelle. L’amour de la création. Le dialogue interreligieux. La louange. La confiance. La joie parfaite !

Oui, je veux te le redire, cher ami qui viendra après moi s’installer sur le même siège que moi : des soucis tu en auras. Mais souviens toi qu’un jour, François d’Assise a rencontré le pape. Depuis, je me suis dit que c’est lui, François, qui pourrait être à ma place. Un jour, peut-être, un pape se réclamera de François d’Assise

Alors, il cheminera, comme François, l’itinérant. Il édifiera, comme François, le re-bâtisseur. Il confessera Jésus, et Jésus Crucifié, comme François, le stigmatisé.

Le poverello m’a demandé la permission d’aller sur les chemins. N’oublie pas de mettre tes pas dans les siens."

 

Source : Article publié par Pierre Durieux dans l'Éditorial d’"Église à Lyon", avril 2013, n° 4, page 3, Diocèse de Lyon.

 

 

Scènes Franciscaines de Giotto

 

 

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"Légende de Saint François"

Saint-Bonaventure

Extrait

 

"Le vicaire du Sauveur avait écouté avec l'attention la plus vive la parabole et son explication. Il fut transporté d'admiration et ne douta plus que le Seigneur lui-même n'eût parlé par la bouche de François. Il jugea aussi, par l'inspiration divine, qu'une autre vision dont il avait été favorisé trouverait son accomplissement en cet homme. Il voyait en songe, comme il le rapporta lui-même, l'église de Latran près de tomber en ruines, quand un homme pauvre, sans apparence et méprisable, la soutenant de son dos, l'empêchait de s'écrouler. « Ce pauvre, dit-il, est vraiment celui qui soutiendra l'Église de Jésus-Christ par ses oeuvres et sa doctrine. » Alors plein d'une sainte ferveur, le pape accorda au serviteur de Dieu toute sa demande, et il eut toujours pour lui dans la suite une tendresse spéciale. Non seulement il satisfit à ses désirs, mais il lui promit de faire encore plus pour lui dans la suite. Il approuva sa règle, lui donna le commandement de prêcher la pénitence, et voulut que ses compagnons portassent de petites couronnes, afin de pouvoir répandre en toute liberté la divine parole."

 

Source : "Légende de Saint François", Saint Bonaventure de Bagnorea (de Bagnoregio), chapitre III "De l'institution de l'ordre des Frères mineurs, et de l'approbation de la règle".

Saint-Bonaventure a écrit la "Légende majeure" et la "Légende mineure" de Saint-François.

 

 

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Saint François d'Assise

Vittorio Crivelli (~ 1490)

 

 

 

Vie de Saint-François dans "La Légende Dorée"

de Jacques de Voragine

 

 

 

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Audience du Pape François

16 mars 2013

Extrait

 

"Certains ne savaient pas pourquoi l’Évêque de Rome a voulu s’appeler François. Certains pensaient à François Xavier, à François de Sales, et aussi à François d’Assise. Je vais vous raconter l’histoire. À l’élection, j’avais à côté de moi l’Archevêque émérite de Sao Paulo et aussi le Préfet émérite de la Congrégation pour le Clergé, le Cardinal Claudio Hummes : un grand ami, un grand ami ! Quand la chose devenait un peu dangereuse, lui me réconfortait. Et quand les votes sont montés aux deux tiers, l’applaudissement habituel a eu lieu, parce que le Pape a été élu. Et lui m’a serré dans ses bras, il m’a embrassé et m’a dit : « N’oublie pas les pauvres ! » Et cette parole est entrée en moi : les pauvres, les pauvres. Ensuite, aussitôt, en relation aux pauvres j’ai pensé à François d’Assise. Ensuite j’ai pensé aux guerres, alors que le scrutin se poursuivait, jusqu’à la fin des votes. Et François est l’homme de la paix. Et ainsi est venu le nom, dans mon cœur : François d’Assise. C’est pour moi l’homme de la pauvreté, l’homme de la paix, l’homme qui aime et préserve la création ; en ce moment nous avons aussi avec la création une relation qui n’est pas très bonne, non ? C’est l’homme qui nous donne cet esprit de paix, l’homme pauvre… Ah, comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres ! Après, certains ont fait diverses plaisanteries : « Mais, tu devrais t’appeler Adrien, parce que Adrien VI a été le réformateur, il y a besoin de réformer… ». Et un autre m’a dit : « Non, non : ton nom devrait être Clément ». « Mais pourquoi ? ». « Clément XV : ainsi tu te venges de Clément XIV qui a supprimé la Compagnie de Jésus ! » Ce sont des plaisanteries… Je vous aime beaucoup, je vous remercie pour tout ce que vous avez fait. Et je pense à votre travail : je vous souhaite de travailler avec sérénité et avec fruit, et de connaître toujours mieux l’Évangile de Jésus Christ et la réalité de l’Église. Je vous confie à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Étoile de l’évangélisation. Et je vous souhaite ce qu’il y a de meilleur à vous et à vos familles, à chacune de vos familles. Et de grand cœur je vous adresse à tous ma Bénédiction. Merci."

 

Source : Discours du Pape François, Audience aux représentants des moyens de communication, Salle Paul VI, Rome, le samedi 16 mars 2013.

 

 

 

 

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Vidéo intégrale officielle du Vatican en italien

 

 

 

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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 17:03

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Le Pape François

 

 

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"Nous ne devons pas avoir peur de la bonté,

et même pas non plus de la tendresse !"

 

Homélie du Pape François, Messe solennelle d'inauguration du Pontificat du Pape François, Place Saint-Pierre, le mardi 19 mars 2013, en la Solennité de la Fête de Saint-Joseph.

 

 

Non dobbiamo avere timore delle bonta,parousie.over-blog.fr

"Non dobbiamo avere paura della bontà, anzi neanche della tenerezza!"

"We must not be afraid of goodness or even tenderness!"

"Não devemos ter medo da bondade, da ternura!"

"Wir dürfen uns nicht fürchten vor Güte, vor Zärtlichkeit!"

"¡No debemos tener miedo de la bondad, de la ternura!"

 

 

 


Résumé de la Messe d'Installation du Pape François par KTOTV

 

 

 

Premier angélus du Pape François

 

"En ce cinquième dimanche de carême, l’Évangile nous présente l’épisode de la femme adultère (cf. Jn 8,1-11), que Jésus sauve de la condamnation à mort. L’attitude de Jésus touche : nous n’entendons pas des paroles de mépris, nous n’entendons pas des paroles de condamnation, mais seulement des paroles d’amour, de miséricorde, qui invitent à la conversion. "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus !" (v. 11). Eh !, frères et soeurs, le visage de Dieu est celui d’un père miséricordieux, qui prend toujours patience.

Avez-vous pensé à la patience de Dieu, la patience qu’il a avec chacun de nous ? C’est sa miséricorde. Il prend toujours patience, patience avec nous, nous comprend, s’occupe de nous, il ne se lasse pas de nous pardonner si nous savons revenir à lui avec le cœur contrit. "Grande est la miséricorde du Seigneur !", dit le psaume.

Ces jours-ci, j’ai pu lire un livre d’un cardinal – le cardinal Kasper, un théologien très bien, un bon théologien – sur la miséricorde. Ce livre m’a fait tant de bien, mais ne croyez pas que je fais de la publicité pour les livres de mes cardinaux ! Ce n’est pas cela ! Il m’a fait tant de bien, tant de bien … Le cardinal Kasper disait que faire l’expérience de la miséricorde change tout. C’est la plus belle parole que nous puissions entendre : elle change le monde. Un peu de miséricorde rend le monde moins froid et plus juste. Il nous faut bien comprendre cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui a tant de patience… Rappelons-nous du prophète Isaïe, qui affirmait que même si nos péchés étaient rouges comme l’écarlate, l’amour de Dieu les rendrait blancs comme la neige. C’est beau, la miséricorde !

Je me souviens qu’à peine nommé évêque, en 1992, la Vierge de Fatima est arrivée à Buenos Aires et l’on a fait une grande messe pour les malades. Je suis allé confesser, durant cette messe. Et presqu’à la fin de la messe, je me suis levé parce que je devais administrer une confirmation. Une dame âgée est venue vers moi, humble, très humble, à plus de 80 ans. Je l’ai regardée et je lui ai dit : "Grand-mère – parce que chez nous on s’adresse ainsi aux personnes âgées : grand-mère – vous voulez vous confesser ?". "Oui", m’a-t-elle dit. "Mais si vous n’avez pas péché…". Et elle m’a dit : "Nous faisons tous des péchés…". "Mais peut-être que le Seigneur ne les pardonne pas…". "Le Seigneur pardonne tout", m’a-t-elle dit, assurée. "Mais comment le savez-vous, madame ?". "Si le Seigneur ne pardonnait pas tout, le monde n’existerait pas". J’ai eu envie de lui demander : "Mais dites-moi, madame, vous avez étudié à la Grégorienne ?" (l’université pontificale confiée aux jésuites, à Rome, ndlr), parce que c’est la sagesse que donne l’Esprit-Saint : la sagesse intérieure sur la miséricorde de Dieu.

N’oublions pas cette parole : Dieu ne se lasse jamais de pardonner, jamais ! "Eh, père, quel est le problème ?". Eh, le problème est que nous, nous nous lassons, nous ne voulons pas, nous nous lassons de demander pardon. Il ne se lasse jamais de pardonner, mais nous, parfois, nous nous lassons de demander pardon. Ne nous lassons jamais, ne nous lassons jamais ! Il est le Père amoureux qui toujours pardonne, qui a un cœur de miséricorde pour nous tous. Et nous aussi, apprenons à être miséricordieux avec tous. Invoquons l’intercession de la Vierge qui a eu entre ses bras la Miséricorde de Dieu fait homme.

À présent, prions tous ensemble l’Angélus.

...Que le Seigneur vous bénisse, que la Madone vous protège ! N’oubliez pas : le Seigneur ne se lasse jamais de pardonner ! C’est nous qui nous lassons de demander le pardon..."

 

Source : Article de zenit.org "La miséricorde change le monde - Premier angélus du pape François", 17 mars 2013. Traduction de Zenit, Anne Kurian ; © Innovative Media Inc.


 

Extrait en italien :

"...Eh!, fratelli e sorelle, il volto di Dio è quello di un padre misericordioso, che sempre ha pazienza. Avete pensato voi alla pazienza di Dio, la pazienza che lui ha con ciascuno di noi? Quella è la sua misericordia. Sempre ha pazienza, pazienza con noi, ci comprende, ci attende, non si stanca di perdonarci se sappiamo tornare a lui con il cuore contrito. “Grande è la misericordia del Signore”, dice il Salmo..."

 

Papa Francesco, Angelus, Piazza San Pietro, Domenica, 17 marzo 2013.

 

 

 

 

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"4 C'est lui qui délivre ta vie de la fosse, qui te couronne de bonté et de miséricorde ;"

 

"17 Mais la bonté de l'Éternel dure à jamais pour ceux qui le craignent, et sa miséricorde pour les enfants de leurs enfants,"

 

Psaume 103, 4 et 17 (Louis Segond) ; Psalms, 103.

(Vulgate et Septante, Ps. 102).

 

 

Dimanche de la Divine Miséricorde

institué par le Pape Jean-Paul II, le 30 avril 2000

 

 

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« Nos fautes sont un grain de sable à côté de la grande montagne des Miséricordes de Dieu. »

 

Saint Curé d’Ars

 

 

« La Bonté de Dieu est plus grande que tout le mal que nous pouvons faire. Jamais nous ne pourrons, tant que nous serons de ce monde, épuiser la source de Ses Miséricordes. »

 

Sainte Thérèse de Lisieux

 

 

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Marie-Céline Martin sur son lit de mort

Sœur Geneviève de la Sainte-Face

 

 

Extraits du Petit Journal

de Sainte-Faustine

 

« 1520. Aujourd’hui, le Seigneur m’a dit : J’ai ouvert mon cœur, en tant que source vivante de miséricorde, que toutes les âmes y puisent la vie, qu’elles s’approchent de cet océan de miséricorde avec une très grande confiance. Les pécheurs obtiendront justification et les justes seront affermis dans le bien. Celui qui a mis sa confiance en ma miséricorde, à l’heure de la mort, j’emplirai son âme de ma divine paix. »

 

 

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Notre Père en Polonais - Polish Lord's Prayer

 

 

« 1521. Le Seigneur m’a dit : Ma fille, ne cesse pas de proclamer ma miséricorde, tu soulageras ainsi mon cœur brûlé par les flammes de la pitié envers les pécheurs. Dis à mes prêtres que les pécheurs endurcis se repentiront à leurs paroles, lorsqu’ils parleront de mon insondable miséricorde, de la pitié que j’ai pour eux en mon cœur. Aux prêtres qui proclameront et glorifieront ma miséricorde, je donnerai une force extraordinaire, je bénirai leurs paroles et je toucherai les cœurs auxquels ils s’adresseront. »

 

 

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Je Vous salue Marie en Polonais - Polish Hail Mary

 

 

« 1523. Amour éternel, flamme pure, brûle sans cesse en mon cœur et divinise tout mon être selon ton éternelle prédilection par laquelle Tu m’as appelée à l’existence et invitée à prendre part à Ton bonheur éternel. Ô Seigneur miséricordieux, Tu m’as comblée de Tes dons uniquement par miséricorde ; voyant que tout ce qui est en moi m’est donné gratuitement, avec la plus profonde humilité j’adore Ton inconcevable bonté. Seigneur, l’étonnement inonde mon cœur, que Toi Seigneur absolu, Tu n’aies besoin de personne, et pourtant Tu t’abaisses ainsi jusqu’à nous par pur amour. Je ne peux jamais sortir de l’étonnement quand le Seigneur entre en si étroite intimité avec Sa créature ; c’est à nouveau Son infinie bonté. Je commence toujours cette méditation, mais je ne la finis jamais, car mon esprit s’abîme entièrement en Lui. Quel délice d’aimer de toute la force de son âme et d’être aimée encore plus en retour, de sentir cela et de le vivre avec pleine conscience de tout son être – il n’y a pas de mots pour exprimer cela. »

 

Source : « Petit Journal », "Jésus, j’ai confiance en Toi", Sœur M. Faustine KOWALSKA, éditions Parole et Dialogue, 3ème édition (2004).

© Copyright pour toutes les éditions en français : Société de l’Apostolat Catholique (Pères Pallottins) ; 25, rue Surcouf – 75007 Paris.

(Tél. : 01 40 62 69 00).

 

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"Mon Jésus, miséricorde !"

 

Indulgence : 300 jours, plénière aux conditions ordinaires pour récitation quotidienne pendant un mois (Bref, 20 mai 1911 ; S. Pénit. Ap., 17 déc. 1932).

 

 

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Blason du Pape François

"Miserando atque eligendo"

"Qui prend pitié et qui choisit"

"Choisi parce que pardonné"

 

 

Armoiries et devise du Pape François

 

"Le blason du Pape François ressemble à celui qu'il avait choisi lorsqu'il était archevêque de Buenos Aires et il est "d'une simplicité linéaire", a indiqué lundi le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi.

Le blason prend la forme d'un bouclier bleu sur la partie supérieure duquel est figuré le symbole de l'ordre des jésuites auquel appartient le pape : un soleil symbolisant Jésus, sur lequel se trouvent une croix et trois lettres en rouge, IHS -monogramme de Jésus -- ainsi que trois clous rappelant sa passion sur la croix.

Au-dessus du bouclier se trouvent les symboles de la papauté déjà utilisés par Benoît XVI : une mitre posée entre deux clefs, l'une d'or et l'autre d'argent, reliées par un cordon rouge, représentant symboliquement les clefs de Saint-Pierre.

Une différence : la mitre de cardinal est devenue pontificale

Une différence entre le blason d'archevêque et le blason de pape de François : celui de Jorge Bergoglio, avant son élection, avait la mitre simple de cardinal sur ses armoiries, et désormais il a la mitre pontificale.

Dans la partie basse du blason se trouve à gauche une étoile, symbole de la Vierge Marie, et à droite une fleur de nard, symbole de Saint Joseph, patron de l'Eglise catholique.

La devise du pape François, "miserando atque eligendo", est inscrite en-dessous du blason. Ces mots, tirés d'une homélie de Saint Bède le Vénérable en hommage à la miséricorde divine, signifient "Choisi parce que pardonné".

Cette devise se réfère précisément à la conversion de Saint Matthieu. Elle fait allusion au moment où Jésus, selon la tradition évangélique, choisit comme un des douze apôtres Matthieu, qui est un collecteur d'impôt, mal vu de la population mais repentant. Il deviendra un des quatre évangélistes."

 

Source : Article "Le blason de François est d'une simplicité linéaire", Radio Vatican, le 18 mars 2013, sur le site news.va

 

 

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"Le blason choisi par le pape François est celui de l’archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio.

Le blason est surmonté des symboles pontificaux choisis par Benoît XVI (mitre, clefs or et argent, cordon rouge).

En haut, se trouve le symbole de la Compagnie de Jésus: le soleil d’or du Christ, les trois lettres IHS - Iesus Hominum Salvator : Jésus Sauveur de l’Homme ou bien seulement le nom de Jésus, en grec IH-SOUS - (en rouge) surmonté de la Croix également rouge, et en dessous du H, les trois clous noirs de la Passion du Christ, qui peuvent représenter les vœux religieux de pauvreté, chasteté et obéissance.

En bas, à gauche, l’étoile d’or de Marie, et à droite, la fleur de nard, non encore éclose, et qui pour cela ressemble à une grappe dorée de raisin. En Espagne saint Joseph, patron de l'Eglise universelle, est souvent représenté portant une fleur de nard.

Le pape a justement choisi d’inaugurer son pontificat le 19 mars, en la solennité de saint Joseph, "Redemptoris Custos" (Jean-Paul II), qui est aussi le saint patron de son prédécesseur."

 

Source : Article d'Anita Bourdin "Le blason du pape François : le Christ, Marie et Joseph", Rome, le 18 mars 2013, sur le site zenit.org

 

 

Image pieuse,parousie.over-blog.fr

 

 

Explication originale en italien

sur le site du Vatican

 

"SPIEGAZIONE DELLO STEMMA

“miserando atque eligendo”

 

"LO SCUDO"

"Nei tratti, essenziali, il Papa Francesco ha deciso di conservare il suo stemma anteriore, scelto fin dalla sua consacrazione episcopale e caratterizzato da una lineare semplicità.

Lo scudo blu è sormontato dai simboli della dignità pontificia, uguali a quelli voluti dal predecessore Benedetto XVI (mitra collocata tra chiavi decussate d’oro e d’argento, rilegate da un cordone rosso). In alto, campeggia l’emblema dell’ordine di provenienza del Papa, la Compagnia di Gesù: un sole raggiante e fiammeggiante caricato dalle lettere, in rosso, IHS, monogramma di Cristo. La lettera H è sormontata da una croce; in punta, i tre chiodi in nero.

In basso, si trovano la stella e il fiore di nardo. La stella, secondo l’antica tradizione araldica, simboleggia la Vergine Maria, madre di Cristo e della Chiesa; mentre il fiore di nardo indica San Giuseppe, patrono della Chiesa universale. Nella tradizione iconografica ispanica, infatti, San Giuseppe è raffigurato con un ramo di nardo in mano. Ponendo nel suo scudo tali immagini, il Papa ha inteso esprimere la propria particolare devozione verso la Vergine Santissima e San Giuseppe.

 

 

"IL MOTTO"

Il motto del Santo Padre Francesco è tratto dalle Omelie di San Beda il Venerabile, sacerdote (Om. 21; CCL 122, 149-151), il quale, commentando l’episodio evangelico della vocazione di San Matteo, scrive: “Vidit ergo lesus publicanum et quia miserando atque eligendo vidit, ait illi Sequere me” (Vide Gesù un pubblicano e siccome lo guardò con sentimento di amore e lo scelse, gli disse: Seguimi).

Questa omelia è un omaggio alla misericordia divina ed è riprodotta nella Liturgia delle Ore della festa di San Matteo. Essa riveste un significato particolare nella vita e nell'itinerario spirituale del Papa. Infatti, nella festa di San Matteo dell'anno 1953, il giovane Jorge Bergoglio sperimentò, all’età di 17 anni, in un modo del tutto particolare, la presenza amorosa di Dio nella sua vita. In seguito ad una confessione, si sentì toccare il cuore ed avvertì la discesa della misericordia di Dio, che con sguardo di tenero amore, lo chiamava alla vita religiosa, sull'esempio di Sant'Ignazio di Loyola.

Una volta eletto Vescovo, S.E. Mons. Bergoglio, in ricordo di tale avvenimento che segnò gli inizi della sua totale consacrazione a Dio nella Sua Chiesa, decise di scegliere, come motto e programma di vita, l'espressione di San Beda miserando atque eligendo, che ha inteso riprodurre anche nel proprio stemma pontificio."

 

Copyright © L'Osservatore Romano

 

 

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Le Petit Journal de Sainte-Faustine

 

 

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Blason Cardinalice et devise de Jorge Mario Bergoglio

quand il était Archevêque de Buenos Aires et Cardinal

 

 

 

Homélie de Saint Bède le Vénérable

Homélie 21 ; CCL 122, 149-151

  

"Matthieu se leva et suivit Jésus."

"« Jésus vit un homme assis au bureau de la douane ; son nom était Matthieu. "Suis-moi", lui dit-il » (Mt 9, 9). Il le vit non pas tant avec les yeux du corps qu’avec le regard intérieur de sa Miséricorde. Il vit le publicain, et parce qu’il le vit d’un regard qui prend pitié et qui choisit, il lui dit : « Suis-moi », c'est-à-dire imite-moi. En lui demandant de le suivre, il invitait moins à marcher derrière lui qu’à vivre comme lui ; car « celui qui déclare demeurer dans le Christ doit marcher dans la voie où lui, Jésus, a marché. » (1 Jn 2, 6).

« Matthieu se leva et le suivit » (Mt 9, 9). Rien d’étonnant que le publicain, au premier appel impérieux du Seigneur, ait abandonné sa recherche de profits terrestres et que, négligeant les biens temporels, il ait adhéré à celui qu’il voyait dépourvu de toute richesse. C’est que le Seigneur qui l’appelait de l’extérieur par sa parole le touchait au plus intime de son âme en y répandant la lumière de la grâce spirituelle. Cette lumière devait faire comprendre à Matthieu que celui qui l’appelait à quitter les biens temporels sur la terre était en mesure de lui donner dans le ciel un trésor incorruptible.

« Comme Jésus était à table à la maison, voilà que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent s’attabler avec lui et ses disciples » (Mt 9, 10). La conversion d’un seul publicain ouvrit la voie de la pénitence et du pardon à beaucoup de publicains et de pécheurs. Beau présage en vérité : celui qui devait être plus tard Apôtre et docteur parmi les païens entraîne à sa suite, lors de sa conversion, tout un groupe de pécheurs sur le chemin du salut ; et ce ministère de l’Évangile qu’il allait accomplir après avoir progressé dans la vertu, il l’entreprend dès les premiers débuts de sa foi. Essayons de comprendre plus profondément l’événement relaté ici. Matthieu n’a pas seulement offert au Seigneur un repas corporel dans sa demeure terrestre, mais il lui a bien davantage préparé un festin dans la maison de son coeur par sa foi et son amour; comme en témoigne celui qui a dit : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3, 20).

Nous ouvrons notre porte pour le recevoir à l’appel de sa voix lorsque nous donnons notre libre assentiment à ses avertissements intérieurs ou extérieurs et quand nous mettons à exécution ce que nous avons compris que nous devions faire. Et il entre pour manger, lui avec nous et nous avec lui, parce qu’il habite dans le cœur de ses élus, par la grâce de son amour ; ainsi il les nourrit sans cesse par la lumière de sa présence afin qu’ils élèvent progressivement leurs désirs, et lui-même se nourrit de leur zèle pour le ciel comme de la plus délicieuse nourriture."

 

Cf : The Venerable Bede, St. Bede

N.B. : Voir l'homélie dans le livre en latin ci-dessous, "The Complete Works of Venerable Bede in the original Latin...", Vol. V "Homilies" (London MDCCCXLIII - 1843), Homilia XXX (in "Homiliæ"), pages 219-227.

Note : La devise du Pape François se retrouve dans l'image ci-dessous, p. 221, 6ème ligne.

 

 

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The Venerable Bede, his life and writings, by George Forrest Browne (1919)

 

 

 

 

 

 

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Le Pape François priant aux pieds de

l'icône miraculeuse de Marie

Basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome

Jeudi 14 mars 2013

 

 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 12:57

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Constitution Apostolique

"Munificentissimus Deus"

("Dieu Très Munificent")

définissant le Dogme de l'Assomption au Ciel

de la Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu

 

Pie XII, le 1er novembre 1950

 

41. Alors, puisque l'Église universelle, en laquelle vit l'Esprit de Vérité, cet Esprit qui la dirige infailliblement pour parfaire la connaissance des vérités révélées, a manifesté de multiples façons sa foi au cours des siècles, et puisque les Évêques du monde entier, d'un sentiment presque unanime, demandent que soit définie, comme dogme de foi divine et catholique, la vérité de l'Assomption au Ciel de la Bienheureuse Vierge Marie - vérité qui s'appuie sur les Saintes Lettres et ancrée profondément dans l'âme des fidèles, approuvée depuis la plus haute antiquité par le culte de l'Église, en parfait accord avec les autres vérités révélées, démontrée et expliquée par l'étude, la science et la sagesse des théologiens - nous pensons que le moment, fixé par le dessein de Dieu dans sa Providence, est maintenant arrivé où nous devons déclarer solennellement cet insigne privilège de la Vierge Marie.

 

42. Nous, qui avons confié Notre Pontificat au patronage particulier de la Très Sainte Vierge, vers qui Nous Nous réfugions en tant de vicissitudes des plus tristes réalités, Nous qui avons consacré à son Cœur Immaculé le genre humain tout entier en une cérémonie publique, et qui avons éprouvé souvent sa très puissante assistance, Nous avons une entière confiance que cette proclamation et définition solennelle de son Assomption apportera un profit non négligeable à la société humaine, car elle tournera à la gloire de la Très Sainte Trinité à laquelle la Vierge Mère de Dieu est unie par des liens tout particuliers. Il faut, en effet, espérer que tous les fidèles seront portés à une piété plus grande envers leur céleste Mère ; que les âmes de tous ceux qui se glorifient du nom de chrétiens, seront poussées au désir de participer à l'unité du Corps Mystique de Jésus-Christ et d'augmenter leur amour envers Celle qui, à l'égard de tous les membres de cet auguste Corps, garde un coeur maternel. Et il faut également espérer que ceux qui méditent les glorieux exemples de Marie se persuaderont de plus en plus de quelle grande valeur est la vie humaine si elle est entièrement vouée à l'accomplissement de la volonté du Père Céleste et au bien à procurer au prochain ; que, alors que les inventions du "matérialisme" et la corruption des moeurs qui en découle menacent de submerger l'existence de la vertu et, en excitant les guerres, de perdre les vies humaines, sera manifesté le plus clairement possible, en pleine lumière, aux yeux de tous, à quel but sublime sont destinés notre âme et notre corps ; et enfin que la foi de l'Assomption au Ciel de Marie dans son corps rendra plus ferme notre foi en notre propre résurrection, et la rendra plus active.

 

43. Ce Nous est une très grande joie que cet événement solennel arrive, par un dessein de la Providence de Dieu, alors que l'Année Sainte suit son cours, car ainsi Nous pouvons, pendant la célébration du Grand Jubilé, orner le front de la Vierge Mère de Dieu de ce brillant joyau et laisser un souvenir plus durable que l'airain de Notre piété très ardente envers la Mère de Dieu.

 

44. C'est pourquoi, après avoir adressé à Dieu d'incessantes et suppliantes prières, et invoqué les lumières de l'Esprit de Vérité, pour la Gloire du Dieu Tout-Puissant, qui prodigua sa particulière bienveillance à la vierge Marie, pour l'honneur de son Fils, Roi immortel des siècles et vainqueur de la mort et du péché, pour accroître la gloire de son auguste Mère et pour la joie et l'exultation de l'Église tout entière, par l'autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et par la Nôtre, Nous proclamons, déclarons et définissons que c'est un dogme divinement révélé que Marie, l'Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste.

 

45. C'est pourquoi, si quelqu'un - ce qu'à Dieu ne plaise - osait volontairement nier ou mettre en doute ce que Nous avons défini, qu'il sache qu'il a fait complètement défection dans la foi divine et catholique.

 

46. Et pour que Notre définition de l'Assomption au Ciel de la Vierge Marie dans son corps parvienne à la connaissance de l'Église universelle, Nous voulons que Nos Lettres apostoliques présentes demeurent pour en perpétuer la mémoire, ordonnant que les copies qui en seront faites, ou même les exemplaires qui en seront imprimés, contresignés de la main d'un notaire public, et munis du sceau d'une personne constituée en dignité ecclésiastique, obtiennent foi absolument auprès de tous, comme le feraient les présentes Lettres elles-mêmes si elles étaient exhibées ou montrées.

 

47. Qu'il ne soit permis à qui que ce soit de détruire ou d'attaquer ou contredire, par une audacieuse témérité, cet écrit de Notre déclaration, décision et définition. Si quelqu'un avait la présomption d'y attenter, qu'il sache qu'il encourrait l'indignation du Dieu Tout-Puissant et des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul.

 

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, en l'année du Grand Jubilé mil neuf cent cinquante, le premier jour du mois de Novembre, en la fête de tous les Saints, la douzième année de Notre Pontificat.

 

Je, soussigné, Pie, Évêque de l'Église Catholique, définissant ainsi.

 

"Ego PIUS, Catholicæ Ecclesiæ Episcopus, ita definiendo subscripsi"

 

N. B. : Extrait de la Constitution Apostolique "Munificentissimus Deus", § 41 à 47 (sur 47 §).

 

 

L'"Infaillibilité Pontificale", telle que définie

par le Pape Pie IX lors du Concile Vatican I

 

 

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"Papal Infallibility" defined by Pope Pius IX,

First Vatican Council

 

 

Munificentissimus Deus, Pius PP. XII, 1950 (English-Italiano-Latin-Português)

 

 

 

 

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 11:10

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Edmond Eugène Joseph Alexis Rostand

né le 1er avril 1868 à Marseille (Bouches-du-Rhône)

mort le 2 décembre 1918 à Paris 7ème

 

 

 

"La Samaritaine, Évangile en trois tableaux, en vers"

Pièce d'Edmond Rostand (1897)

 

1er tableau

« Le Puits de Jacob »

 

PIERRE

Que nous demandes-tu, Rabbi ?

 

JÉSUS

                                                  D'être parfaits.

On se sent allégé quand on porte mon faix.

Portez-le. Chérissez le prochain.

 

Scène IV

 

 

…Les vrais adorateurs n'adoreront le Père

Qu'en esprit et qu'en vérité ; car la prière

Ne peut pas à l'Esprit plaire selon le lieu.

Car le Père est Esprit, car il n'est qu'Esprit, Dieu !

Et c'est donc dans l'Esprit, et dans l'Esprit encore

Et dans l'Esprit toujours, qu'il faudra qu'on l'adore.

 

Scène V

 

 

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2ème tableau

« La Porte de Sichem »

 

…« Soyez doux. Comprenez. Admettez. Souriez.

Ayez le regard bon. Ce que vous voudriez

Qu'on vous fît, que ce soit ce qu'aux autres vous faites :

Voilà toute la loi, voilà tous les prophètes !

Envoyez votre coeur souffrir dans tous les maux !... »

Enfin, que sais-je, moi ! Des mots nouveaux ! Des mots

Parmi lesquels un mot revient, toujours le même :

Amour… amour… aimer ! Le ciel, c'est quand on aime.

Pour être aimés du Père, aimez votre prochain.

Donnez tout par amour. Partagez votre pain

Avec l'ami qui vient la nuit, et le demande.

Si vous vous souvenez, en faisant votre offrande,

Que votre frère a quelque chose contre vous,

Sortez, et ne venez vous remettre à genoux

Qu'ayant, la paix conclue, embrassé votre frère…

D'ailleurs, un tel amour, c'est encor la misère.

Aimer son frère est bien, mais un païen le peut.

Si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, c'est peu :

Aimez qui vous opprime et qui vous fait insulte !

Septante fois sept fois pardonnez ! C'est mon culte

D'aimer celui qui veut décourager l'amour.

S'il vous bat, ne criez pas contre, priez pour.

S'il vous prend un manteau, donnez-lui deux tuniques.

Aimez tous les ingrats comme des fils uniques.

Aimez vos ennemis, vous serez mes amis.

Aimez beaucoup, pour qu'il vous soit beaucoup remis.

Aimez encore. Aimez toujours. Aimez quand même.

Aimez-vous bien les uns les autres. Quand on aime,

Il faut sacrifier sa vie à son amour.

Moi je vous montrerai comment on aime, un jour…

Amour ! N'ayez que de l'amour dans la poitrine !

Aimez-vous ! »

 

Un homme citant Jésus, en s’adressant à Photine (scène III)

 

 

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Sarah Bernhardt, jouant Photine dans la pièce

 

 

 

3ème tableau

« Salvator Mundi »

 

Il faudra que pourtant vous vous accoutumiez

À ce que les derniers, pour moi, soient les premiers !

 

Jésus à Ses disciples (scène première)

 

 

 

UN AUTRE

Nous sommes les moutons maigres, méchants, maudits,

Du troupeau triste et noir !

 

JÉSUS

                                           Vous êtes mes brebis.

- Une ouaille ne peut pas m'être moins chérie

Parce qu'elle est de telle ou telle bergerie.

J'irai dans tous les prés faire entendre ma voix ;

J'abattrai doucement les clôtures de bois ;

Dans l'herbe tomberont les piquets et les planches,

Jusqu'à ce qu'il n'y ait, brebis noires et blanches

Se rassemblant sous ma houlette au poids léger,

Plus qu'une bergerie au monde, et qu'un berger.

 

Scène II

 

 

La-Samaritaine-Edmond-Rostand-2-parousie.over-blog.fr.jpg

 

 

Source : 

« La Samaritaine, évangile en trois tableaux, en vers », par Edmond Rostand.

« Représenté pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de la Renaissance, le Mercredi Saint (14 Avril 1897) ».

Éditions Eugène Fasquelle ; 11, rue de Grenelle, Paris, 1901.

 

 

"La Samaritaine, Évangile en trois tableaux, en vers", d'Edmond Rostand (1897)

 

 

 

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Edmond Rostand en 1898

 

 

 

Célèbre réplique dans

"L'Aiglon" d'Edmond Rostand

Acte II, scène IX, pages 91-92

"Le Duc, Marmont, Flambeau"

 

"Le Laquais (descendant peu à peu vers Marmont)."

« Et nous, les petits, les obscurs, les sans-grades,

Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades,

Sans espoir de duchés ni de dotations ;

Nous qui marchions toujours et jamais n'avancions ;

Trop simples et trop gueux pour que l'espoir nous berne

De ce fameux bâton qu'on a dans sa giberne ;

Nous qui par tous les temps n'avons cessé d'aller,

Suant sans avoir peur, grelottant sans trembler,

Ne nous soutenant plus qu'à force de trompette,

De fièvre, et de chansons qu'en marchant on répète ;

Nous sur lesquels pendant dix-sept ans, songez-y,

Sac, sabre, tourne-vis, pierres à feu, fusil,

- Ne parlons pas du poids toujours absent des vivres ! -

Ont fait le doux total de cinquante-huit livres ;

Nous qui coiffés d'oursons sous les ciels tropicaux,

Sous les neiges n'avions même plus de shakos ;

Qui d'Espagne en Autriche exécutions des trottes ;

Nous qui pour arracher ainsi que des carottes

Nos jambes à la boue énorme des chemins,

Devions les empoigner quelque fois à deux mains ;

Nous qui pour notre toux n'ayant pas de jujube,

Prenions des bains de pied d'un jour dans le Danube ;

Nous qui n'avions le temps quand un bel officier

Arrivait, au galop de chasse, nous crier :

« L'ennemi nous attaque, il faut qu'on le repousse ! »

Que de manger un blanc de corbeau sur le pouce,

Ou vivement, avec un peu de neige, encor,

De nous faire un sorbet au sang de cheval mort ;

Nous… »

 

Source :

« L’Aiglon, Drame en six Actes, en vers », par Edmond Rostand.

« Représenté pour la première fois au Théâtre Sarah-Bernhardt, le 15 mars 1900. »

Éditions Eugène Fasquelle ; 11, rue de Grenelle, Paris, 1922.

 

 

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François Charles Joseph Bonaparte

Napoléon II, "l'Aiglon" (1811-1832)

 Prince impérial, roi de Rome, prince de Parme, duc de Reichstadt

fils de Napoléon et de Marie-Louise d'Autriche

Peinture de 1853 par Étienne Billet (1821-1888)

 

 

 

"L'Aiglon, Drame en 6 Actes, en vers" d'Edmond Rostand (1900)

 

 

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 15:37

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Blaise Pascal

né le 19 juin 1623 à Clairmontancienne Clermont

(Auvergne, avant fusion avec Montferrand)

mort le 19 août 1662 à Paris Vème

Sculpture d'Augustin Pajou (1785)

Musée du Louvre

 

 

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« Puisse Dieu ne jamais m'abandonner ! »

 

Derniers mots de Blaise Pascal avant sa mort

 

 

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Prière pour demander à Dieu

le bon usage des maladies

"Pensées" de Blaise PASCAL

 

I. Seigneur, dont l’esprit est si bon et si doux en toutes choses, et qui êtes tellement miséricordieux, que non seulement les prospérités, mais les disgrâces mêmes qui arrivent à vos élus sont les effets de votre miséricorde, faites-moi la grâce de n’agir pas en païen dans l’état où votre justice m’a réduit ; que, comme un vrai chrétien, je vous reconnaisse pour mon Père et pour mon Dieu, en quelque état que je me trouve, puisque le changement de ma condition n’en apporte pas à la vôtre, que vous êtes le même, quoique je sois sujet au changement, et que vous n’êtes pas moins Dieu quand vous affligez et quand vous punissez, que quand vous consolez, et que vous usez d’indulgence.

 

II. Vous m’avez donné la santé pour vous servir, et j’en ai fait un usage tout profane. Vous m’envoyez maintenant la maladie pour me corriger : ne permettez pas que j’en use pour vous irriter par mon impatience. J’ai mal usé de ma santé, et vous m’en avez justement puni. Ne souffrez pas que j’use mal de votre punition. Et puisque la corruption de ma nature est telle, qu’elle me rend vos faveurs pernicieuses, faites, ô mon Dieu, que votre grâce toute-puissante me rende vos châtiments salutaires. Si j’ai eu le coeur plein de l’affection du monde, pendant qu’il a eu quelque vigueur, anéantissez cette vigueur pour mon salut, et rendez-moi incapable de jouir du monde, soit par faiblesse de corps, soit par zèle de charité, pour ne jouir que de vous seul.

 

III. Ô Dieu, devant qui je dois rendre un compte exact de ma vie à la fin de ma vie, et à la fin du monde ! Ô Dieu, qui ne laissez subsister le monde et toutes les choses du monde, que pour exercer vos élus, ou pour punir les pécheurs ! Ô Dieu, qui laissez les pécheurs endurcis dans l’usage délicieux et criminel du monde ! Ô Dieu, qui faites mourir nos corps, et qui à l’heure de la mort détachez notre âme de tout ce qu’elle aimait au monde ! Ô Dieu, qui m’arrachez à ce dernier moment de ma vie, de toutes les choses auxquelles je me suis attaché, et où j’ai mis mon coeur ! Ô Dieu, qui devez consumer au dernier jour le ciel et la terre, et toutes les créatures qu’ils contiennent, pour montrer à tous les hommes que rien ne subsiste que vous, et qu’ainsi rien n’est digne d’amour que vous, puisque rien n’est durable que vous ! Ô Dieu, qui devez détruire toutes ces vaines idoles, et tous ces funestes objets de nos passions ! Je vous loue, mon Dieu, et je vous bénirai tous les jours de ma vie, de ce qu’il vous a plu prévenir en ma faveur ce jour épouvantable, en détruisant à mon égard toutes choses, dans l’affaiblissement où vous m’avez réduit. Je vous loue, mon Dieu, et je vous bénirai tous les jours de ma vie, de ce qu’il vous a plu me réduire dans l’incapacité de jouir des douceurs de la santé, et des plaisirs du monde ; et de ce que vous avez anéanti en quelque sorte, pour mon avantage, les idoles trompeuses que vous anéantirez effectivement pour la confusion des méchants, au jour de votre colère. Faites, Seigneur, que je me juge moi-même ensuite de cette destruction que vous avez faite à mon égard, afin que vous ne me jugiez pas vous-même ensuite de l’entière destruction que vous ferez de ma vie et du monde. Car, Seigneur, comme à l’instant de ma mort je me trouverai séparé du monde, dénué de toutes choses, seul en votre présence, pour répondre à votre justice de tous les mouvements de mon coeur, faites que je me considère en cette maladie comme en une espèce de mort, séparé du monde, dénué de tous les objets de mes attachements, seul en votre présence pour implorer de votre miséricorde la conversion de mon coeur ; et qu’ainsi j’aie une extrême consolation de ce que vous m’envoyez maintenant une espèce de mort pour exercer votre miséricorde, avant que vous m’envoyiez effectivement la mort pour exercer votre jugement. Faites donc, ô mon Dieu, que comme vous avez prévenu ma mort, je prévienne la rigueur de votre sentence ; et que je m’examine moi-même avant votre jugement, pour trouver miséricorde en votre présence.

 

IV. Faites, ô mon Dieu, que j’adore en silence l’ordre de votre Providence sur la conduite de ma vie ; que votre fléau me console ; et qu’ayant vécu dans l’amertume de mes péchés pendant la paix, je goûte les douceurs célestes de votre grâce durant les maux salutaires dont vous m’affligez. Mais je reconnais, mon Dieu, que mon coeur est tellement endurci et plein des idées, des soins, des inquiétudes et des attachements du monde, que la maladie non plus que la santé, ni les discours, ni les livres, ni vos Écritures sacrées, ni votre Évangile, ni vos Mystères les plus saints, ni les aumônes, ni les jeûnes, ni les mortifications, ni les miracles, ni l’usage des Sacrements, ni le sacrifice de votre Corps, ni tous mes efforts, ni ceux de tout le monde ensemble, ne peuvent rien du tout pour commencer ma conversion, si vous n’accompagnez toutes ces choses d’une assistance tout extraordinaire de votre grâce. C’est pourquoi, mon Dieu, je m’adresse à vous, Dieu Tout-Puissant, pour vous demander un don que toutes les créatures ensemble ne peuvent m’accorder. Je n’aurais pas la hardiesse de vous adresser mes cris, si quelque autre les pouvait exaucer. Mais, mon Dieu, comme la conversion de mon coeur que je vous demande, est un ouvrage qui passe tous les efforts de la nature, je ne puis m’adresser qu’à l’auteur et au maître tout-puissant de la nature et de mon coeur. À qui crierai-je, Seigneur, à qui aurai-je recours, si ce n’est à vous ? Tout ce qui n’est pas Dieu ne peut pas remplir mon attente. C’est Dieu même que je demande et que je cherche ; c’est à vous seul que je m’adresse pour vous obtenir. Ouvrez mon coeur, Seigneur ; entrez dans cette place rebelle que les vices ont occupée. Ils la tiennent sujette ; entrez-y comme dans la maison du fort ; mais liez auparavant le fort et puissant ennemi qui la maîtrise, et prenez ensuite les trésors qui y sont. Seigneur, prenez mes affections que le monde avait volées ; volez vous-même ce trésor, ou plutôt reprenez-le, puisque c’est à vous qu’il appartient, comme un tribut que je vous dois, puisque votre image y est empreinte. Vous l’y aviez formée, Seigneur, au moment de mon baptême qui est ma seconde naissance ; mais elle est tout effacée. L’idée du monde y est tellement gravée, que la vôtre n’est plus connaissable. Vous seul avez pu créer mon âme : vous seul pouvez la créer de nouveau. Vous seul y avez pu former votre image : vous seul pouvez la reformer, et y réimprimer votre portrait effacé, c’est-à-dire Jésus-Christ mon Sauveur, qui est votre image et le caractère de votre substance.

 

V. Ô mon Dieu, qu’un coeur est heureux, qui peut aimer un objet si charmant, qui ne le déshonore point et dont l’attachement lui est si salutaire ! Je sens que je ne puis aimer le monde sans vous déplaire, sans me nuire et sans me déshonorer ; et néanmoins le monde est encore l’objet de mes délices. Ô mon Dieu, qu’une âme est heureuse dont vous êtes les délices, puisqu’elle peut s’abandonner à vous aimer, non seulement sans scrupule, mais encore avec mérite ! Que son bonheur est ferme et durable, puisque son attente ne sera point frustrée, parce que vous ne serez jamais détruit, et que ni la vie ni la mort ne la sépareront jamais de l’objet de ses désirs ; et le même moment, qui entraînera les méchants avec leurs idoles dans une ruine commune, unira les justes avec vous dans une gloire commune ; et que, comme les uns périront avec les objets périssables auxquelles ils sont attachés, les autres subsisteront éternellement dans l’objet éternel et subsistant par soi-même auquel ils se sont étroitement unis. Oh ! qu’heureux sont ceux qui avec une liberté entière et une pente invincible de leur volonté aiment parfaitement et librement ce qu’ils sont obligés d’aimer nécessairement !

 

VI. Achevez, ô mon Dieu, les bons mouvements que vous me donnez. Soyez-en la fin comme vous en êtes le principe. Couronnez vos propres dons ; car je reconnais que ce sont vos dons. Oui, mon Dieu ; et bien loin de prétendre que mes prières aient du mérite qui vous oblige de les accorder de nécessité, je reconnais très humblement qu’ayant donné aux créatures mon coeur, que vous n’aviez formé que pour vous, et non pas pour le monde, ni pour moi-même, je ne puis attendre aucune grâce que de votre miséricorde, puisque je n’ai rien en moi qui vous y puisse engager, et que tous les mouvements naturels de mon coeur, se portant tous vers les créatures ou vers moi-même, ne peuvent que vous irriter. Je vous rends donc grâces, mon Dieu, des bons mouvements que vous me donnez, et de celui même que vous me donnez de vous en rendre grâces.

 

VII. Touchez mon coeur du repentir de mes fautes, puisque, sans cette douleur intérieure, les maux extérieurs dont vous touchez mon corps me seraient une nouvelle occasion de péché. Faites-moi bien connaître que les maux du corps ne sont autre chose que la punition et la figure tout ensemble des maux de l’âme. Mais, Seigneur, faites aussi qu’ils en soient le remède, en me faisant considérer, dans les douleurs que je sens, celle que je ne sentais pas dans mon âme, quoique toute malade et couverte d’ulcères. Car, Seigneur, la plus grande de ses maladies est cette insensibilité, et cette extrême faiblesse qui lui avait ôté tout sentiment de ses propres misères. Faites-les moi sentir vivement, et que ce qui me reste de vie soit une pénitence continuelle pour laver les offenses que j’ai commises.

 

VIII. Seigneur, bien que ma vie passée ait été exempte de grands crimes, dont vous avez éloigné de moi les occasions, elle vous a été néanmoins très odieuse par sa négligence continuelle, par le mauvais usage de vos plus augustes sacrements, par le mépris de votre parole et de vos inspirations, par l’oisiveté et l’inutilité totale de mes actions et de mes pensées, par la perte entière du temps que vous ne m’aviez donné que pour vous adorer, pour rechercher en toutes mes occupations les moyens de vous plaire, et pour faire pénitence des fautes qui se commettent tous les jours, et qui même sont ordinaires aux plus justes, de sorte que leur vie doit être une pénitence continuelle sans laquelle ils sont en danger de déchoir de leur justice. Ainsi, mon Dieu, je vous ai toujours été contraire.

 

 

Jesus-parousie.over-blog.fr.jpg

 

 

IX. Oui, Seigneur, jusqu’ici j’ai toujours été sourd à vos inspirations : j’ai méprisé tous vos oracles ; j’ai jugé au contraire de ce que vous jugez ; j’ai contredit aux saintes maximes que vous avez apportées au monde du sein de votre Père Éternel, et suivant lesquelles vous jugerez le monde. Vous dites : « Bien-heureux sont ceux qui pleurent, et malheur à ceux qui sont consolés. »Et moi j’ai dit : « Malheureux ceux qui gémissent, et très heureux ceux qui sont consolés. » J’ai dit : « Heureux ceux qui jouissent d’une fortune avantageuse, d’une réputation glorieuse et d’une santé robuste. » Et pourquoi les ai-je réputés heureux, sinon parce que tous ces avantages leur fournissaient une facilité très ample de jouir des créatures, c’est-à-dire de vous offenser ? Oui, Seigneur, je confesse que j’ai estimé la santé un bien ; non pas parce qu’elle est un moyen facile pour vous servir avec utilité, pour consommer plus de soins et de veilles à votre service, et pour l’assistance du prochain ; mais parce qu’à sa faveur je pouvais m’abandonner avec moins de retenue dans l’abondance des délices de la vie, et en mieux goûter les funestes plaisirs. Faites-moi la grâce, Seigneur, de réformer ma raison corrompue, et de conformer mes sentiments aux vôtres. Que je m’estime heureux dans l’affliction, et que, dans l’impuissance d’agir au dehors, vous purifiiez tellement mes sentiments qu’ils ne répugnent plus aux vôtres ; et qu’ainsi je vous trouve au-dedans de moi-même, puisque je ne puis vous chercher au-dehors à cause de ma faiblesse. Car, Seigneur, votre Royaume est dans vos fidèles ; et je le trouverai dans moi-même si j’y trouve votre Esprit et vos sentiments.

 

X. Mais, Seigneur, que ferai-je pour vous obliger à répandre votre Esprit sur cette misérable terre ? Tout ce que je suis vous est odieux, et je ne trouve rien en moi qui vous puisse agréer. Je n’y vois rien, Seigneur, que mes seules douleurs qui ont quelque ressemblance avec les vôtres. Considérez donc les maux que je souffre et ceux qui me menacent. Voyez d’un oeil de miséricorde les plaies que votre main m’a faites, ô mon Sauveur, qui avez aimé vos souffrances en la mort ! Ô Dieu, qui ne vous êtes fait homme que pour souffrir plus qu’aucun homme pour le salut des hommes ! Ô Dieu, qui ne vous êtes incarné après le péché des hommes et qui n’avez pris un corps que pour y souffrir tous les maux que nos péchés ont mérité ! Ô Dieu, qui aimez tant les corps qui souffrent, que vous avez choisi pour vous le corps le plus accablé de souffrances qui ait jamais été au monde ! Ayez agréable mon corps, non pas pour lui-même, ni pour tout ce qu’il contient, car tout y est digne de votre colère, mais pour les maux qu’il endure, qui seuls peuvent être dignes de votre amour. Aimez mes souffrances, Seigneur, et que mes maux vous invitent à me visiter. Mais pour achever la préparation de votre demeure, faites, ô mon Sauveur, que si mon corps a cela de commun avec le vôtre, qu’il souffre pour mes offenses, mon âme ait aussi cela de commun avec la vôtre, qu’elle soit dans la tristesse pour les mêmes offenses ; et qu’ainsi je souffre avec vous, et comme vous, et dans mon corps, et dans mon âme, pour les péchés que j’ai commis.

 

XI. Faites-moi la grâce, Seigneur, de joindre vos consolations à mes souffrances, afin que je souffre en Chrétien. Je ne demande pas d’être exempt des douleurs ; car c’est la récompense des saints : mais je demande de n’être pas abandonné aux douleurs de la nature sans les consolations de votre Esprit ; car c’est la malédiction des Juifs et des Païens. Je ne demande pas d’avoir une plénitude de consolation sans aucune souffrance ; car c’est la vie de la gloire. Je ne demande pas aussi d’être dans une plénitude de maux sans consolation ; car c’est un état de Judaïsme ; mais je demande, Seigneur, de ressentir tout ensemble et les douleurs de la nature pour mes péchés, et les consolations de votre Esprit par votre grâce ; car c’est le véritable état du Christianisme. Que je ne sente pas des douleurs sans consolation ; mais que je sente des douleurs et de la consolation tout ensemble, pour arriver enfin à ne sentir plus que vos consolations sans aucune douleur. Car, Seigneur, vous avez laissé languir le monde dans les souffrances naturelles sans consolation, avant la venue de votre Fils unique : vous consolez maintenant et vous adoucissez les souffrances de vos fidèles par la grâce de votre Fils unique ; et vous comblez d’une béatitude toute pure vos Saints dans la gloire de votre Fils unique. Ce sont les admirables degrés par lesquels vous conduisez vos ouvrages. Vous m’avez tiré du premier : faites-moi passer par le second, pour arriver au troisième. Seigneur, c’est la grâce que je vous demande.

 

XII. Ne permettez pas que je sois dans un tel éloignement de vous, que je puisse considérer votre âme triste jusqu’à la mort, et votre corps abattu par la mort pour mes propres péchés, sans me réjouir de souffrir et dans mon corps et dans mon âme. Car, qu’y a-t-il de plus honteux et néanmoins de plus ordinaire dans les chrétiens et dans moi-même, que tandis que vous suez le sang pour l’expiation de nos offenses, nous vivons dans les délices ; et que des Chrétiens qui font profession d’être à vous, que ceux qui par le baptême ont renoncé au monde pour vous suivre, que ceux qui ont juré solennellement à la face de l’Église de vivre et de mourir avec vous, que ceux qui font profession de croire que le monde vous a persécuté et crucifié, que ceux qui croient que vous êtes exposé à la colère de Dieu et à la cruauté des hommes pour les racheter de leurs crimes ; que ceux, dis-je, qui croient toutes ces vérités, qui considèrent votre corps comme l’hostie qui s’est livrée pour leur salut, qui considèrent leurs plaisirs et les péchés du monde, comme l’unique objet de vos souffrances, et le monde même comme votre bourreau, recherchent à flatter leurs corps par ces mêmes plaisirs, parmi ce même monde ; et que ceux qui ne pourraient, sans frémir d’horreur, voir un homme caresser et chérir le meurtrier de son père qui se serait livré pour lui donner la vie, puissent vivre comme j’ai fait, avec une pleine joie, parmi le monde que je sais véritablement avoir été le meurtrier de celui que je reconnais pour mon Dieu et mon Père, qui s’est livré pour mon propre salut, et qui a porté en sa personne la peine de nos iniquités ? Il est juste, Seigneur, que vous ayez interrompu une joie aussi criminelle que celle dans laquelle je me reposais à l’ombre de la mort.

 

XIII. Ôtez donc de moi, Seigneur, la tristesse que l’amour de moi-même me pourrait donner de mes propres souffrances, et des choses du monde qui ne réussissent pas au gré des inclinations de mon coeur, qui ne regardent pas votre gloire. Mais mettez en moi une tristesse conforme à la vôtre ; que mes douleurs servent à apaiser votre colère. Faites-en une occasion de mon salut et de ma conversion. Que je ne souhaite désormais de santé et de vie qu’afin de l’employer et la finir pour vous, avec vous et en vous. Je ne vous demande ni santé, ni maladie, ni vie, ni mort ; mais que vous disposiez de ma santé et de ma maladie, de ma vie et de ma mort, pour votre gloire, pour mon salut, et pour l’utilité de l’Église et de vos Saints, dont j’espère par votre grâce faire une portion. Vous seul savez ce qui m’est expédient : vous êtes le souverain maître, faites ce que vous voudrez. Donnez-moi, ôtez-moi ; mais conformez ma volonté à la vôtre ; et que, dans une soumission humble et parfaite et dans une sainte confiance, je me dispose à recevoir les ordres de votre providence éternelle, et que j’adore également tout ce qui me vient de vous.

 

XIV. Faites, mon Dieu, que dans une uniformité d’esprit toujours égale je reçoive toute sorte d’événements, puisque nous ne savons ce que nous devons demander, et que je n’en puis souhaiter l’un plutôt que l’autre sans présomption, et sans me rendre juge et responsable des suites que votre sagesse a voulu justement me cacher. Seigneur, je sais que je ne sais qu’une chose : c’est qu’il est bon de vous suivre, et qu’il est mauvais de vous offenser. Après cela je ne sais lequel est ou le meilleur ou le pire en toutes choses. Je ne sais lequel m’est profitable de la santé ou de la maladie, des biens ou de la pauvreté, ni de toutes les choses du monde. C’est un discernement qui passe la force des hommes et des anges, et qui est caché dans les secrets de votre providence que j’adore et que je ne veux pas approfondir.

 

XV. Faites donc, Seigneur, que tel que je sois je me conforme à votre volonté ; et qu’étant malade comme je suis, je vous glorifie dans mes souffrances. Sans elles je ne puis arriver à la gloire ; et vous-même, mon Sauveur, n’y avez voulu parvenir que par elles. C’est par les marques de vos souffrances que vous avez été reconnu de vos disciples ; et c’est par les souffrances que vous reconnaissez aussi ceux qui sont vos disciples. Reconnaissez-moi donc pour votre disciple dans les maux que j’endure et dans mon corps et dans mon esprit pour les offenses que j’ai commises. Et, parce que rien n’est agréable à Dieu s’il ne lui est offert par vous, unissez ma volonté à la vôtre, et mes douleurs à celles que vous avez souffertes. Faites que les miennes deviennent les vôtres. Unissez-moi à vous ; remplissez-moi de vous et de votre Esprit-Saint. Entrez dans mon coeur et dans mon âme, pour y souffrir mes souffrances, et pour continuer d’endurer en moi ce qui vous reste à souffrir de votre Passion, que vous achevez dans vos membres jusqu’à la consommation parfaite de votre Corps ; afin qu’étant plein de vous ce ne soit plus moi qui vive et qui souffre, mais que ce soit vous qui viviez et souffriez en moi, ô mon Sauveur ; et qu’ainsi, ayant quelque petite part à vos souffrances, vous me remplissiez entièrement de la gloire qu’elles vous ont acquise, dans laquelle vous vivez avec le Père et le Saint-Esprit, par tous les siècles de siècles. Ainsi soit-il.

 

Source : "Pensées" de Blaise Pascal, seconde partie, article XIX "Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies" (voir livre ci-dessous, pages 322 à 334).

 

Saint Sacrement,parousie.over-blog.fr

bougie cierge animé,parousie.over-blog.fr

 

 

« La maladie est l'état naturel du chrétien. »

 

Blaise Pascal

 

 

Pensees-de-Pascal-1846-parousie.over-blog.fr.jpg

 

 

"Pensées" de Pascal (1846)

 

 

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 11:24

La-Virgen-de-las-Cuevas-Zurbaran-parousie.over-blog.fr.jpg

"La Vierge des Grottes"

"La Virgen de las Cuevas"

Francisco de Zurbarán (1655)

Musée des Beaux-Arts de Séville

Museo de Bellas Artes de Sevilla

 

 

 

Armoiries et devise de l'Ordre des Chartreux

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"Stat Crux dum volvitur orbis."

"La Croix demeure tandis que le monde tourne."

 

 

Ordre des Chartreux

 

 

Profession de Foi de Saint-Bruno

à l'heure de sa mort

Confessio fidei magistri Brunonis

 

"Je crois fermement au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : le Père non engendré, le Fils seul engendré, le Saint-Esprit procédant de l'un et de l'autre ; et je crois que ces trois Personnes sont un seul Dieu.

Je crois que ce même Fils de Dieu a été conçu du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie.

Je crois que la Vierge était très chaste avant l'enfantement, qu'elle est demeurée vierge dans l'enfantement et l´est restée éternellement par la suite.

Je crois que ce même Fils de Dieu a été conçu parmi les hommes comme un homme véritable, sans péché.

Je crois que ce même Fils de Dieu a été victime de la haine des Juifs, et qu´après avoir été injustement fait prisonnier, íl a été couvert de crachats et d´insultes et flagellé ; qu'il est mort, a été enseveli et qu'il est descendu aux enfers pour en libérer les siens qui s'y trouvaient captifs; qu'il est descendu (des Cieux) pour notre rédemption, est ressuscité et est remonté aux Cieux d'où il viendra juger les vivants et les morts.

Je crois aux Sacrements en lesquels croit l'Église catholique et qu´elle vénère ; je crois particulièrement que ce qui est consacré sur l'autel est le vrai Corps, la vraie Chair et le vrai Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, que nous recevons pour la rémission de nos péchés, dans l´espérance du salut éternel.

Je crois à la résurrection de la chair et à la vie éternelle. Amen.

Je confesse et je crois en la sainte et ineffable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, qui es un seul Dieu par nature, d'une seule substance, d'une seule nature, d'une seule majesté et puissance.

Nous professons que le Père n'a été ni engendré ni créé, mais qu'il est inengendré. Le Père lui-même ne tire son origine de personne.

De Lui, le Fils reçoit la naissance et le Saint-Esprit la procession.

Il est donc la source et l´origine de toute la Divinité.

Et le Père, ineffable par essence, a, de sa substance, engendré le Fils ineffablement ; sans engendrer autre chose que ce qu'il est lui-même : Dieu a engendré Dieu, la Lumière a engendré la Lumière.

C'est donc de Lui que découle toute Paternité, au Ciel et sur la terre.

Amen."

 

Profesión de fe de San Bruno a la hora de su muerte

 

 

Profissão de fé de São Bruno à hora da sua morte

 

 

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"La Grande Chartreuse"

Saint-Pierre-de-Chartreuse

Isère (Rhône-Alpes)

 

 

L'Ordre des Chartreux, extraits des statuts

 

 

Lettre de Guigues Ier le Chartreux

à un ami sur la vie solitaire

 

"1. Au Révérend N…, Guigues, le moindre des serviteurs de la Croix qui sont en Chartreuse. « Vivre et mourir pour le Christ » (cf. Phil 1,21).

2. Chacun peut estimer tel autre heureux; pour moi, celui qui l'est vraiment, n'est point l'ambitieux en quête des honneurs du palais, mais celui qui choisit de vivre humble et pauvre dans un ermitage, qui aime s'appliquer à méditer sagement en paix, dans le repos, qui désire ardemment demeurer assis solitaire dans le silence (cf. Lam 3,28).

3. De fait, briller dans les honneurs, être élevé en dignité, est chose à mon avis peu tranquille, exposée aux périls, sujette aux soucis, dangereuse pour beaucoup, sûre pour personne. Joyeuse en ses débuts, trouble en son cours, triste en son terme. Favorisant les indignes, s'indignant contre les bons, elle se joue généralement des uns et des autres et, tout en faisant nombre de malheureux, elle ne donne à personne satisfaction ou bonheur.

4. À l´inverse, la vie pauvre et solitaire, austère au début, facile en cours de route, devient, à la fin, céleste. Elle donne d´être ferme dans les épreuves, confiant dans les incertitudes, modeste dans le succès; sobre dans le vivre, simple dans le vêtement, réservée dans le langage, chaste dans ses mœurs; digne des plus grands désirs, car ne désirant rien. Donnant de ressentir souvent l'aiguillon du repentir pour les fautes passées, elle permet de les éviter dans le présent et les prévient pour l'avenir. Elle espère en la miséricorde, ne comptant pas sur ses mérites ; aspirant ardemment aux biens célestes, elle dédaigne ceux d'ici-bas ; elle s'efforce d'acquérir des habitudes toutes de vertu, de s'y tenir avec persévérance, de les garder pour toujours. Elle s'adonne aux jeûnes par fidélité à la Croix, tout en consentant aux repas par nécessité corporelle, réglant les uns et les autres avec la plus parfaite mesure, car elle maîtrise la gourmandise quand elle doit se nourrir, et l'orgueil quand elle désire jeûner. Elle s'applique à la lecture, de préférence celle des livres religieux, d'autorité reconnue, bien plus attentive à la moelle du sens qu'à l'écume des mots. Plus étonnant et plus admirable encore: elle persévère dans le repos tout en n'étant jamais oisive. Elle s'assigne en effet des tâches assez nombreuses pour se trouver plus fréquemment à court de temps que d'occupations variées, pour se plaindre plus souvent de l'heure qui la trompe que de l'ennui du travail.

5. Pourquoi insister ? Exhorter au repos est certes un beau sujet. Mais pareille invitation requiert un esprit maître de soi qui, attentif à son propre bien, dédaigne de se mêler des affaires publiques ou de celles des autres ; un esprit qui, servant sous le Christ dans la paix, ne saurait être à la fois soldat de Dieu et du monde, et tient pour assuré qu'on ne peut jouir de ce siècle et régner, dans l'autre, avec le Seigneur.

6. Mais ces renoncements et d'autres semblables sont bien peu de chose, si tu te souviens quel calice a bu sur le gibet Celui qui t'invite à partager sa royauté. Bon gré mal gré, il te faut suivre l'exemple du Christ pauvre, si tu veux avoir part à ses richesses. « Si nous partageons ses souffrances, dit l'Apôtre, nous régnerons nous aussi avec lui ; si nous mourons avec le Christ, nous vivrons nous aussi avec lui » (2 Tim 2,11-12). Notre Médiateur lui-même répondit aux disciples qui lui demandaient d'être admis à siéger, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche : « Pouvez-vous boire le calice que je vais boire ? » (Mt 20, 21-22). Il nous montrait par là que, pour obtenir, selon la promesse, de partager le festin des Patriarches et de goûter au nectar des Coupes célestes, il faut boire le calice des amertumes terrestres.

7. Et puisque l'amitié nourrit en elle-même la confiance, et que toi, mon ami de prédilection dans le Christ, tu m'as toujours été cher depuis le jour où je t'ai connu, je t'exhorte, je t'engage, je te supplie : écoute ta prudence, ton jugement, ta science et ta grande intelligence. Soustrais au monde ce peu de vie qui n'est pas encore consumé; ne tarde pas à l'offrir à Dieu en sacrifice du soir (Ps 140,2), consumé par le feu de la charité (cf. Lev 1,17), afin qu'à l'exemple du Christ, tu sois toi-même prêtre et « Hostie, (sacrifice d´) agréable odeur au Seigneur » (cf. Eph 5,2) et aux hommes.

8. Mais pour que tu comprennes mieux encore où tend l'ardeur de ce discours, je propose en peu de mots à la prudence de ton jugement ce qui est, de ma part, un désir et un conseil: en homme au cœur grand et généreux, pense au salut éternel; embrasse notre genre de vie et, nouvelle recrue du Christ, tu monteras une garde sainte et vigilante dans le camp de la milice céleste, armé de ton épée au côté (Ps 44,4), pour parer aux surprises de la nuit (Cant 3,8).

9. Je te sollicite donc pour une entreprise bonne, facile à réaliser et dont l'accomplissement te rendra heureux: efforce-toi, je t'en prie, avec tout ton zèle, autant que la grâce divine te le donnera, de mener à bien une affaire aussi juste. Je laisse à ta sagesse le soin d´en déterminer le lieu et le moment. Mais je crois que tout retard ou délai te seraient très désavantageux.

10. Je ne m'étendrai pas davantage sur ce sujet, de crainte de te heurter par mes discours rudes et sans élégance, toi l'habitué du Palais et de la cour. Que cette lettre ait donc un terme et une mesure, ce que n'aura jamais mon affection pour toi."

 

 

Entrer dans le silence : Denys le Chartreux

 

 

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La profession

Livre 1 "Les moines du cloître", chapitre 10 des statuts

 

"Mort au péché et consacré à Dieu par le baptême, le moine, par la profession, est voué plus totalement au Père céleste ; affranchi des liens du monde, il pourra désormais tendre à la plénitude de la charité par un chemin plus direct. Le pacte ferme et stable qui le lie au Seigneur lui donne part au mystère de l'union indissoluble du Christ et de l'Église ; devant le monde, il rend témoignage de la vie nouvelle que le Christ nous a acquise par son sacrifice rédempteur.

Vers la fin de la seconde année de noviciat, le novice, s'il paraît apte, sera présenté à la communauté ; celle-ci, après examen sérieux, portera quelques jours plus tard un jugement sur son admission à la profession temporaire. Il importe que le novice ne s'engage qu'après mûre réflexion et en pleine liberté.

La première profession est émise pour trois ans. Au terme de cette période, il revient au prieur, après un vote de la communauté, d'admettre le jeune profès à une probation de deux ans parmi les profès de vœux solennels. Alors le jeune moine renouvelle sa profession temporaire pour deux ans. Pendant l'une de ces deux années, la seconde en principe, il sera exempt d'études canoniques, afin de se préparer avec plus de réflexion aux vœux solennels.

Au disciple qui suit le Christ il est demandé de renoncer à tout et à soi-même : avant les vœux solennels, le futur profès doit donc se dépouiller de tous ses biens actuels. Il peut aussi disposer alors des biens futurs auxquels il a droit. Personne dans l'Ordre ne doit rien lui demander de ce qu'il a, pas même à l'intention d'œuvres pieuses ou d'aumônes destinées à qui que ce soit. Au contraire. il faut laisser le jeune profès disposer de tout librement et à son gré.

Le futur profès écrira lui-même sa profession sous la forme suivante. Moi, frère N., je promets … stabilité, obéissance et conversion de mes mœurs devant Dieu et ses saints, et les reliques de cet ermitage, édifié à la gloire de Dieu et à l'honneur de la bienheureuse Marie toujours Vierge et de saint Jean Baptiste, en présence de Dom N., prieur.

Après je promets, s'il s'agit de la première profession temporaire, on ajoute pour trois ans ; et quand cette profession est prorogée, on indique la durée de la prorogation ; s'il s'agit de la profession solennelle, on dit pour toujours.

Il est à noter que tous nos ermitages sont en premier lieu dédiés à la bienheureuse Vierge Marie et à saint Jean Baptiste, nos principaux patrons au ciel.

La cédule de toute profession doit être signée par le profès et le prieur qui a reçu les vœux, et porter l'indication du jour et de l'année. On la conserve dans les archives de la maison.

La profession faite, celui qui vient d'être reçu se sait désormais tellement étranger à toute chose du monde qu'il n'a plus pouvoir sur rien, pas même sur sa personne, sans la permission de son prieur. Tous ceux qui ont décidé de vivre sous une règle ont à garder l'obéissance avec grande application ; mais nous devons y mettre d'autant plus de piété et de soin que nous nous sommes soumis à un propos plus rigoureux et plus austère : si en effet, par malheur, l'obéissance venait à manquer, tous ces efforts demeureraient sans fruit. D'où la parole de Samuel : Mieux vaut l'obéissance que les victimes ; se soumettre a plus de prix qu'offrir la graisse des béliers.

À l'exemple du Christ Jésus, qui est venu pour faire la volonté du Père et qui, prenant la forme de serviteur, a appris, par ce qu'il souffrit, l'obéissance, le moine par la profession se soumet au prieur qui représente Dieu, et s'efforce ainsi de laisser le Christ atteindre en lui sa pleine stature."

 

Chartreuse de Sélignac

 

 

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Le silence

Livre 2 "Les moines laïcs", chapitre 14 des statuts

 

"Dieu a mené son serviteur au désert pour parler à son cœur ; mais seul qui se tient à l'écoute dans le silence perçoit le souffle de la brise légère où le Seigneur se manifeste. Au commencement il faut un effort pour se taire ; mais si nous y sommes fidèles, peu à peu, de notre silence même naît quelque chose en nous qui nous attire à plus de silence.

Il n'est donc pas permis à chacun de parler à sa guise de ce qui lui plaît, à qui lui plaît, ni tant qu'il veut. Les frères peuvent parler de ce qui est utile à leur travail, mais en quelques mots brefs et sans hausser la voix. Hors ces cas, il faut une permission pour parler aux autres moines ou aux étrangers.

La garde du silence étant d'une importance primordiale dans la vie des frères, ils doivent observer ces règles avec grand soin. Cependant, dans les cas douteux, non prévus par les Statuts, chacun jugera avec sagesse, selon sa conscience et selon les besoins, s'il lui est permis de parler et dans quelle mesure.

Les frères, quand ils seront autorisés à parler, modéreront le nombre et l'étendue de leurs paroles, par respect pour le Saint Esprit qui habite en eux et par charité pour leurs compagnons. On peut croire en effet qu'une conversation prolongée inutilement contriste davantage l'Esprit et cause plus de dissipation que peu de mots, dits sans permission mais vite interrompus. Souvent une conversation utile en ses débuts devient rapidement inutile et finit par être coupable.

Les dimanches, solennités et jours de retraite, ils observent un silence plus strict, et gardent davantage la cellule. Tous les jours, entre l'Angélus du soir et Prime, un silence absolu doit régner dans toute la maison et nous ne pouvons le rompre que pour une nécessité vraiment urgente. Car la nuit, d'après les exemples de l'Écriture et le sentiment des anciens moines, est spécialement favorable au recueillement et à la rencontre de Dieu.

Les frères ne se permettront pas non plus de parler ou bavarder sans permission avec les séculiers : si quelqu'un les croise ou les aborde, ils lui rendront son salut, répondront brièvement à ses questions, et s'excuseront de ne pas avoir permission de lui parler davantage.

La garde du silence et le recueillement spirituel demandent une vigilance particulière aux frères qui ont maintes occasions de parler. Ils ne seront parfaits sur ce point que s'ils s'efforcent de vivre en présence de Dieu."

 

Prières de Saint-Bruno le Chartreux

 

 

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Vierge de Miséricorde ("Vierge au manteau")

Virgin of Mercy - Schutzmantelmadonna

Virgen de la Merced, "Nuestra Señora de las Mercedes"

(Virgen de la Misericordia)

Onze-Lieve-Vrouw van de Genade

Madonna della Misericordia (Madonna della Mercede)

Sano di Pietro (~ 1440)

 

 

"Le Grand Silence" (Die Große Stille)

Film de Philip Gröning (2005)

 

 

Rite cartusien

 

 

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"Saint-Hugues (Évêque de Grenoble) au réfectoire des Chartreux"

"San Hugo en el refectorio de los Cartujos"

Francisco de Zurbarán (1630-1635)

Museo de Bellas Artes de Sevilla

Musée des Beaux-Arts de Séville

 

 

Ordo Missae Carthussiensis

 

 

 

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Monastère de la Grande Chartreuse

Saint-Pierre-de-Chartreuse (Isère - France)

 

 

"Les quatre degrés des exercices spirituels"

 

"L'échelle du cloître" de Guigues II le Chartreux

Extrait

 

"Un jour, durant le travail des mains, tandis que je songeais aux exercices de l'homme spirituel, voilà que tout à coup j'aperçois quatre degrés : lecture, méditation, prière, contemplation.

C'est l'échelle des cloistriers, qui les fait monter de la terre au ciel.

Elle a peu d'échelons : elle est très haute cependant, d'incroyable longueur. La base repose sur la terre ; le sommet dépasse les nuées et pénètre les profondeurs des cieux. De ces échelons les nom, nombre, ordre et usage sont distincts. Si avec soin on étudie leurs propriétés, fonctions et hiérarchie, bientôt cette étude attentive paraîtra courte et facile, tant elle recèle d'utilité et de douceur.

 

La lecture est l'étude attentive, faite par un esprit appliqué, des Saintes Écritures.

La méditation est l'investigation soigneuse à l'aide de la raison, d'une vérité cachée.

La prière est l'élévation du cœur vers Dieu pour éloigner le mal et obtenir le bien.

La contemplation est l'élévation en Dieu de l'âme ravie dans le savourement des joies éternelles.

 

Ayant défini les quatre échelons, voyons l'office propre à chacun d'eux.

L'ineffable douceur de la vie bienheureuse, la lecture la recherche, la méditation la trouve, la prière la demande, la contemplation la savoure. C'est la parole même du Seigneur. Cherchez et vous trouverez. Frappez et l'on vous ouvrira. Cherchez en lisant, vous trouverez en méditant. Frappez en priant, vous entrerez en contemplant.

J'aimerais dire que la lecture porte la nourriture substantielle à la bouche, la méditation la triture et la mâche, la prière la goûte, et que la contemplation est la douceur même qui réjouit et refait. La lecture s'arrête à l'écorce, la méditation dans la moelle, la prière exprime le désir, mais la contemplation se délecte dans le savourement de la douceur obtenue.

Pour le mieux saisir, voici un exemple entre bien d'autres. Je lis l'Évangile : Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Courte maxime, mais pleine de sens, douce infiniment. À l'âme altérée elle s'offre comme une grappe de raisin. L'âme la considère et se prend à dire : cette parole me sera bienfaisante. Recueille-toi, mon cœur, tâche de comprendre et surtout de trouver cette pureté. Oh ! que précieuse et désirable elle doit être, puisqu'elle purifie ceux qu'elle habite et qu'elle a la promesse de la vision divine, la vie éternelle, puisque les Saintes Écritures ne cessent de la louer !

Alors le désir de mieux comprendre envahit l'âme : et elle saisit la grappe mystique, elle la dépèce, elle l'écrase, elle la met au pressoir, et elle dit à la raison : regarde et cherche ce qu'elle est, dis-moi comment on acquiert cette si précieuse et tant désirable pureté de cœur."

 

Source : "L'échelle du paradis", "Dédicace à son bien-aimé frère Gervais, frère Guigues", "I. Les quatre degrés des exercices spirituels", chartreux.org

 

 

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Note : "Vers 1150, Guigues II le Chartreux, un moine chartreux, a écrit un livre intitulé « l’échelle du moine » (Scala Claustralium) dans lequel il a établi la méthode des quatre étapes : lecture, méditation, prière et contemplation. La lecture cherche la vie bienheureuse, la méditation la trouve, la prière la demande, la contemplation la goûte (cf. Sources Chrétiennes no 163)." (Wikipédia)

 

Source des textes de cet article : http://www.chartreux.org

 

 

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Amore e Silenzio - Introduzione Alla Vita Interiore, Jean-Baptiste Porion

 

 

 

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Ancien Monastère cartusien de Sainte Marie des Grottes

"Monastère de la Chartreuse"

actuellement "Centre andalou d'art contemporain"

Monasterio de Santa María de las Cuevas

"Monasterio de la Cartuja"

"Centro Andaluz de Arte Contemporáneo"

Séville (Andalousie, Espagne)


 

 

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