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  • : In hoc signo vinces. Parousie by ROBLES Patrick
  • : Blog Parousie de Patrick ROBLES (Montbéliard, Franche-Comté, France)
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  • Patrick ROBLES
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)
  • Dominus pascit me, et nihil mihi deerit. Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. The Lord is my shepherd; I shall not want. El Señor es mi pastor, nada me falta. L'Eterno è il mio pastore, nulla mi mancherà. O Senhor é o meu pastor; de nada terei falta. Der Herr ist mein Hirte; mir wird nichts mangeln. Господь - Пастырь мой; я ни в чем не буду нуждаться. اللهُ راعِيَّ، فلَنْ يَنقُصَنِي شَيءٌ (Ps 23,1)

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 14:42

Prière de Sainte-Mechtilde de Hackeborn
"En toute souffrance"

" Ô Amour, je Vous offre toutes mes peines dans l'intention que Vous avez eue en me les apportant du Cœur de Dieu. Je Vous les confie, Vous priant de les Lui retourner, perfectionnées par ma pleine gratitude. Seigneur Jésus, je désire louer Dieu, mais la souffrance m'en rend incapable.
Daignez, je Vous prie, offrir à Dieu, en mon nom, cette même louange que, dans Vos souffrances sur la Croix, Vous offriez à Dieu le Père ; veuillez lui offrir aussi cette même gratitude qui Vous faisait Le remercier quand Il a voulu Vous voir supporter ces douleurs pour le salut du monde ; Lui offrir enfin ce même Amour qui Vous fit accepter toutes ces peines en Votre libre Volonté. Daignez aussi Le louer pour mes propres souffrances. Seigneur, revêtez-Vous de mes souffrances, attirez à Vous toutes mes douleurs, unies à Votre Passion.
Soyez avec moi jusqu'à mon dernier soupir ; que celui-ci même, à l'heure de mon repos éternel, ne s'exhale,
Ô Jésus, que dans Votre Cœur. "

 

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 18:10
Marguerite-Marie Alacoque
1647-1690
Le Sacré-Coeur et Sainte Marguerite-Marie Alacoque
Église du "Gesù' Nuovo", Naples.



Paroles du Christ à
Sainte Marguerite-Marie Alacoque
sur la Confession


« Pourquoi te tourmentes-tu ? Fais ce qui est en ton pouvoir ; je suppléerai à ce qui manquera au reste. Car je ne demande rien tant dans ce sacrement qu'un cœur contrit et humilié qui, d'une volonté sincère de ne plus me déplaire, s'accuse sans déguisement. Et pour lors je pardonne sans retardement, et de là il s'ensuit un parfait amendement. »


 

Acte d'offrande au Sacré-Cœur de Jésus

par Sainte Marguerite-Marie Alacoque


Ô très Amoureux Cœur de mon unique amour, ne pouvant Vous aimer et glorifier selon l'étendue du désir que Vous m'en donnez, j'invite le Ciel et la terre à le faire pour moi, et je m'unis à ces ardents séraphins pour Vous aimer. Ô Cœur tout brûlant d'Amour ! Que n'enflammez-Vous le Ciel et la terre de Vos pures flammes, pour consumer tout ce qu'ils renferment, afin que toutes les créatures ne respirent que Votre Amour ! Ou faites-moi souffrir ou mourir, ou du moins changez-moi tout en cœur, pour Vous aimer en me consumant dans Vos plus vives ardeurs. Ô Feu Divin, Ô flammes toutes pures du Cœur de mon unique amour, brûlez-moi sans pitié, consumez-moi sans résistance. Hélas ! Pourquoi m'épargnez-Vous, puisque je ne suis propre qu'à brûler, et que je ne mérite que le feu ? Ô Amour, Ô amours du ciel et de la terre, venez tous dans mon cœur pour me réduire en cendre. Ô Feu dévorant de la Divinité, venez fondre sur moi : brûlez-moi, consumez-moi au milieu de Vos pures flammes, qui font vivre ceux qui y meurent.

 



Poèmes de Sainte Marguerite-Marie Alacoque

 

« Rien de souillé dans l'innocence ;
Rien ne se perd dans la puissance ;
Rien ne passe en ce beau séjour :
Tout s'y consomme dans l'amour. »


« C'est en vain que ton cœur soupire
Pour y entrer comme tu crois ;
Il ne faut pas qu'on y aspire,
Que par le chemin de la croix. »


Source : « Sainte Marguerite-Marie, Sa vie par elle-même », éditions Saint-Paul, janvier 1993, pages 92-93. »


Châsse de Sainte Marguerite-Marie Alacoque


Ce document autobiographique de Sainte Marguerite-Marie Alacoque était appelé jadis « Mémoire ». C'est un cahier inachevé de 32 feuillets que la Sainte a rédigé lors du second séjour à Paray-le-Monial de l'un de ses guides spirituels, le jésuite P. François-Ignace Rolin qui avait ordonné à Sainte Marguerite-Marie de le rédiger au nom de la Sainte Obéissance.



Paroles du Christ à Sainte-Faustine

sur la Confession


« 1601. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : Ma fille, quand tu t'approches de la sainte confession, de cette source de ma miséricorde, le sang et l'eau qui sont sortis de mon cœur se déversent sur ton âme et l'ennoblissent. Chaque fois que tu te confesses, plonge-toi entièrement dans ma miséricorde avec grande confiance, pour que je puisse déverser en ton âme toutes les largesses de ma grâce. Quand tu vas te confesser, sache que c'est moi-même qui t'attends dans le confessionnal, je me dissimule seulement derrière le prêtre, mais c'est moi seul qui agis dans l'âme. Ici la misère de l'âme rencontre le Dieu de miséricorde. Dis aux âmes, qu'à cette source de miséricorde, les âmes ne puisent qu'avec le vase de la confiance. Lorsque leur confiance sera grande, il n'y aura pas de bornes à mes largesses. Les torrents de ma grâce inondent les âmes humbles. Les orgueilleux sont toujours dans la misère et la pauvreté car ma grâce se détourne d'eux pour aller vers les âmes humbles. »


Source : "Petit Journal" de Sainte-Faustine Kowalska.

 

 

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 08:25


Jeanne Jugan
1792-1879

 

 



Prière à Sainte-Jeanne Jugan

Jésus, Toi qui as tressailli de joie et Béni ton Père
d'avoir révélé aux tout-petits les mystères du Royaume des Cieux,
nous Te remercions des Grâces accordées
à Ton humble Servante Jeanne Jugan
à qui nous confions nos demandes et nos besoins
(exprimer sa requête).

Père des Pauvres, Toi qui n'as jamais repoussé
la prière des petits, entends, nous T'en supplions,
l'appel qu'elle T'adresse pour nous.
Nous Te le demandons, Jésus, par Marie,
Ta Mère et la nôtre,
Toi qui règnes avec le Père et le Saint-Esprit,
maintenant et pour les siècles des siècles.
Amen.


Les personnes qui reçoivent des grâces par l'intercession de la Bienheureuse Jeanne Jugan voudront bien en informer la maison-mère des :
Petites Sœurs des Pauvres
La Tour Saint-Joseph
35190 Saint-Pern
France.


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JEANNE JUGAN (MARIE OF THE CROSS)
Founder, Little Sisters of the Poor
Born: 25 October 1792 in Les Petites-Croix, Cancale, Ille-et-Vilaine (France)
Competent diocese: Rennes
CCS protocol number: 343
Type of cause: heroic virtues
Opening of informative process: 1939
Introduction of cause: 10 July 1970
Session of historical consultors: 31 March 1976
Commission of CCS officials and consultors: 19 December 1978
Plenary session of cardinals: 27 February 1979
Papal confirmation of plenary session sentence: 01 June 1979
Promulgation of decree on heroic virtues: 13 July 1979
Beatification: 03 October 1982
Decree on validity of diocesan inquiry on miracle: 05 May 2006
Promulgation of decree on miracle: 06 December 2008
Canonization: 11 October 2009.

 

 
Quatre autres Saints canonisés le 11 octobre 2009 :

 

Jozef Damien de Veuster (1840-1899), prêtre belge de la Congrégation de PICPUS. « L'apôtre des lépreux », figure très connue en Belgique, a vécu à Paris. Dans un manuscrit, Soeur Emmanuelle dit lui devoir sa vocation.


Zygmunt Szczesny Felinski (1822-1895), né dans l'actuelle Ukraine), évêque polonais fondateur des Franciscaines de la Famille de Marie.


Francisco Coll y Guitart (1812-1875), prêtre et dominicain espagnol, fondateur des Dominicaines de l'Annonciation.


Rafael Arnáiz Barón (1911-1938), moine cistercien espagnol.

 

 


 



Prayer to Saint Jeanne Jugan,
foundress of the Little Sisters of the Poor

 

Jesus, you rejoiced and praised Your Father for having revealed to little ones the mysteries of the Kingdom of Heaven. We thank You for the graces granted to Your humble servant, Jeanne Jugan, to whom we confide our petitions and needs.

Father of the Poor, You have never refused the prayer of the lowly. We ask You, therefore, to hear the petitions she presents to You on our behalf.

Jesus, through Mary, Your Mother and ours, we ask this of You, who live and reign with the Father and the Holy Spirit now and forever.

Amen.

 

The Little Sisters ask that anyone recieving favors through her intercession to inform their local community of Little Sisters, or write to:

Little Sisters of the Poor
601 Maiden Choice Lane
Baltimore, MD 21228-3698

 








Santa Juana Jugán, Sor María de la Cruz,
Fundadora de las Hermanitas de los Pobres

« He sido bendecida, porque siempre se lo he agradecido

a la Providencia. »







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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 13:54
Antoine-Frédéric Ozanam
1813-1853


Prière pour la canonisation
du Bienheureux Frédéric Ozanam


Dieu fidèle, nous Te remercions d'avoir inspiré
au Bienheureux Frédéric Ozanam et à ses compagnons
la création de la Société de Saint-Vincent-de-Paul.
Dieu d'Amour, nous T'implorons de nous aider à sauvegarder
et perpétuer, dans leur authenticité originelle,
l'esprit et la vision du Bienheureux Frédéric,
afin de nous guider dans la poursuite de son rêve
"d'enserrer le monde entier dans un réseau de charité".
Dieu de Lumière, éclaire notre cheminement terrestre
et emplis-nous d'un sens profond de gratitude
pour toutes les Grâces reçues
du fait de notre appartenance à la Société.
Dieu de Grâce, nous Te demandons
de Bénir la cause de canonisation du Bienheureux Frédéric
et nous prions Frédéric d'intercéder
auprès de Toi pour la guérison de nos frères souffrants.
Père, Fils et Esprit Saint, emplissez nos coeurs d'Espérance
et puisse le Don de Votre présence
nous habiter en qualité de Vincentiens
dans tous les multiples aspects de nos existences.
Amen.

 

Prière des célibataires
du Bienheureux Frédéric Ozanam

"Je sens en moi se faire un grand vide que ne remplissent ni l'amitié ni l'étude. J'ignore qui viendra le combler. Sera-ce Dieu, sera-ce une créature ? Si c'est une créature, je prie qu'elle ne se présente que quand je m'en serai rendu digne.
Je prie qu'elle apporte avec elle ce qu'il faudra de charme extérieur pour qu'elle ne laisse place à aucun regret ; mais je prie surtout qu'elle vienne avec une âme excellente, qu'elle apporte une grande vertu, qu'elle vaille beaucoup mieux que moi, qu'elle m'attire en haut, qu'elle ne me fasse pas descendre, qu'elle soit généreuse parce que souvent je suis pusillanime, qu'elle soit fervente parce que je suis tiède dans les choses de Dieu, qu'elle soit compatissante enfin, pour que je n'aie pas à rougir devant elle de mon infériorité.
Ne m'abandonnez pas, Seigneur, faites que je sois aimé ; Vous le savez, ce n'est pas seulement de la douceur que je cherche dans l'Amour, c'est le mépris de toute bassesse, c'est la force de combattre pour le Bien, pour le Vrai."


Prière de la messe de béatification
du Bienheureux Frédéric Ozanam


Prions :
Dieu, qui as suscité le Bienheureux Frédéric Ozanam,
brûlant de Ton Esprit de Charité,
pour promouvoir des associations de laïcs
en vue d'assister les pauvres,
accorde-nous de suivre, à son exemple,
Ton Commandement d'Amour
pour être un ferment dans le monde où nous vivons.

Par Jésus-Christ, Ton Fils,
notre Seigneur et notre Dieu,
qui vit et règne avec Toi et le Saint-Esprit,
maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.


Prière d'ouverture de la messe de béatification de Frédéric Ozanam, Notre-Dame de Paris, 22 août 1997.




Lettre d'adieu du Bienheureux Frédéric Ozanam

"Hymne au Seigneur"

"C'est le commencement du cantique d'Ezéchias : je ne sais si Dieu permettra que je puisse m'en appliquer la fin. Je sais que j'accomplis aujourd'hui ma quarantième année, plus que la moitié du chemin de la vie. Je sais que j'ai une femme jeune et bien aimée, une charmante enfant, d'excellents frères, une seconde mère, beaucoup d'amis, une carrière honorable, des travaux conduits précisément au point où ils pourraient servir de fondement à un ouvrage longtemps rêvé. Voilà cependant que je suis pris d'un mal grave, opiniâtre et d'autant plus dangereux qu'il cache probablement un épuisement complet. Faut-il donc quitter tous ces biens que vous-même, mon Dieu, vous m'aviez donnés ? Ne voulez-vous pas Seigneur, vous contenter d'une partie du sacrifice ? Laquelle faut-il que je vous immole de mes affections déréglées ? N'accepterez-vous point l'holocauste de mon amour-propre littéraire, de mes ambitions académiques, de mes projets même d'étude où se mélait peut-être plus d'orgueil que de zèle pour la vérité ? Si je vendais la moitié de mes livres pour en donner le prix aux pauvres et, me bornant à remplir les devoirs de mon état, je consacrais le reste de ma vie à visiter les indigents, à instruire les apprentis et les soldats, Seigneur, seriez-vous satisfait et me laisseriez-vous la douceur de vieillir auprès de ma femme et achever l'éducation de mon enfant. Peut-être, mon Dieu ne le voulez-vous point ? Vous n'acceptez pas ces offrandes intéressées ; vous rejetez mes holocaustes et mes sacrifices. C'est moi que vous demandez. Il est écrit au commencement du livre que je dois faire votre volonté et j'ai dit : Je viens Seigneur. Je viens si vous m'appelez et je n'ai pas le droit de me plaindre. Vous m'avez donné quarante ans de vie... Si je repasse devant vous mes années avec amertume, c'est à cause des péchés dont je les ai souillées ; mais quand je considère les grâces dont vous les avez enrichies, je repasse mes années devant vous, Seigneur, avec reconnaissance. Quand vous m'enchaîneriez sur un lit pour les jours qui me restent à vivre, ils ne suffiraient pas à vous remercier des jours que j'ai vécus. Ah ! si ces pages sont les dernières que j'écris, qu'elles soient un hymne à votre bonté !" 


Pise, 23 avril 1853 (le jour de ses 40 ans).











Prayer to Blessed Frederic Ozanam

Lord, we thank You for inspiring Blessed Frederic Ozanam
to establish the Society of St. Vincent de Paul.
Help us to follow his dream of
'embracing the whole world in a network of love'
by bringing support and friendship to those we visit,
by helping them achieve self sufficiency
and in solidarity to advocate and work
for the changes required to create
a more just and caring society.
We ask this through Christ our Lord.
Amen.



Pdf Prayers :

Blessing prayers

Prayer for deceased Members

Tombeau du Bienheureux Frédéric Ozanam

Prayer for homeless persons

Prayer of Blessed Frederic Ozanam


Prayer "Open my eyes"

St Vincent De Paul Society Prayers Booklet

Saint Paul's prayers


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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 08:09
Antoine Chevrier
1826-1879


Prière « Viens Esprit Saint » du Père Chevrier

« Viens Esprit Saint, en nos cœurs
et envoie du haut du Ciel
un rayon de Ta Lumière.
Viens en nous, Père des pauvres,
viens dispensateur des Dons,
viens, Lumière de nos cœurs.
Dans le labeur, le repos,
dans la fièvre, la fraîcheur,
dans les pleurs, le réconfort.

Ô Lumière bienheureuse,
viens remplir jusqu'à l'intime,
le cœur de tous les fidèles.
Sans Ta Puissance Divine,
il n'est rien en aucun homme,
rien qui ne soit perverti.
Lave ce qui est souillé,
baigne ce qui est aride,
guéris ce qui est blessé,
assouplis ce qui est raide,
réchauffe ce qui est froid,
rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la Foi
et qui, en Toi, se confient,
donne Tes sept Dons Sacrés.

Donne mérite et vertu,
donne le Salut final,
donne la Joie éternelle.
Amen.»

 

Le Père Chevrier, fondateur du Prado à Lyon



Prière « Ô Verbe, Ô Christ » du Père Chevrier


« Ô Verbe ! Ô Christ !
Que Tu es Beau !
Que Tu es Grand !
Qui saura Te connaître ?
Qui pourra Te comprendre ?
Fais, Ô Christ,
que je Te connaisse
et que je T'aime !
Puisque Tu es la Lumière,
laisse venir un rayon
de cette Divine Lumière
sur ma pauvre âme,
afin que je puisse Te voir
et Te comprendre.
Mets en moi une grande Foi en Toi,
afin que toutes Tes Paroles
soient pour moi autant de lumières
qui m'éclairent
et me fassent aller à Toi et Te suivre
dans toutes les voies
de la justice et de la vérité.
Ô Christ ! Ô Verbe !
Tu es mon Seigneur et
mon seul et unique Maître.
Parle, je veux T'écouter
et mettre Ta Parole en pratique.
Je veux écouter Ta Divine Parole
parce que je sais qu'Elle vient du Ciel.
Je veux l'écouter, la méditer,
la mettre en pratique,
parce que, dans Ta Parole,
il y a la Vie, la Paix et le Bonheur.
Parle Seigneur,
Tu es mon Seigneur et mon Maître,
et je ne veux écouter que Toi. »


Béatifié à Lyon le 4 octobre 1986

par le Saint-Père Jean-Paul II



Prière « Au Fils » du Père Chevrier


« Ô Bon et très Doux Jésus,
je me prosterne à Tes pieds en Ta présence.
Je Te prie et conjure, avec toute la ferveur de mon âme,
de daigner graver dans mon coeur
de vifs sentiments de Foi, d'Espérance et de Charité,
un vrai repentir de mes fautes
et une volonté très ferme de m'en corriger,
pendant que je considère en moi-même
et contemple en esprit Tes cinq Plaies,
avec une grande affliction et une grande douleur,
ayant devant les yeux ces Paroles
que le prophète David mettait déjà sur Tes lèvres,
Ô Bon et très Doux Jésus :
"Ils ont percé mes mains et mes pieds ;
je puis compter tous mes os !"
Jésus ! Que rien ne me trouble,
que rien ne m'arrête en chemin.
Tu es le seul but de ma vie,
le reste n'est rien ;
pourvu que je T'aime et que j'aille vers Toi,
peu importe le reste.
Que je sache bien Te sacrifier, Seigneur,
toutes mes peines d'esprit et de coeur.
La terre n'est rien, le monde n'est rien ;
Toi, Jésus, Tu es tout pour moi
qui suis tout à Toi. »


 

 

 

 




 


Oración « ¡Oh Verbo! ¡Oh Cristo! »

del Padre Antonio Chevrier


« ¡Oh Verbo! ¡Oh Cristo!
¡Qué bello y qué grande eres!
¡Quién acertara a conocerte!
¡Quién pudiera comprenderte!
Haz, oh Cristo, que yo Te conozca y Te ame.
Tú, que eres la Luz,
manda un rayo de esa Divina Luz sobre mi pobre alma,
para que yo pueda verte y comprenderte.
Dame una Fe en Ti tan grande,
que todas Tus Palabras sean luces que me iluminen,
me atraigan hacia Ti y me hagan seguirte
en todos los caminos de la justicia y de la verdad.
¡Oh Cristo! ¡Oh Verbo!
Mi Señor y mi único Maestro!
Habla, que quiero escucharte y
poner en práctica Tu Palabra.
Quiero escuchar Tu Divina Palabra,
que sé que viene del Cielo.
Quiero escucharla, meditarla, practicarla,
porque en Tu Palabra está la vida,
la alegría, la paz y la felicidad.
Habla, Señor. Tu eres mi Señor y mi Maestro.
Quiero escucharte sólo a Ti. »

 

 

 

 

 

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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 14:28
Lydwine de Schiedam
1380-1433



Prière de sainte Lydwine de Schiedam
à son Ange gardien


Ange de Dieu et bien-aimé Frère, je me confie en votre bénéficence (1) et vous supplie humblement d'intercéder pour moi auprès de mon Époux, afin qu'Il me remette mes péchés, qu'Il m'affermisse dans la pratique du bien, qu'Il m'aide par Sa Grâce à me corriger de mes défauts et qu'Il me conduise au Paradis pour y goûter la fruition (2) de sa présence et de Son Amour et y posséder la vie éternelle. Ainsi soit-il.

Pater, Ave (X 5) en l'honneur de la Sainte Trinité.

(1) : (s. f.) Synonyme peu usité de bienfaisance.
(2) : (désuet) Action de jouir de quelque chose.



Hymne à Sainte-Lydwine de Schiedam

Comme toujours, Dieu opère des merveilles dans les siens ! C'est au plus profond de la boue du monde qu'Il va chercher ce qui doit abaisser la superbe !
Longuement exercée par les maladies, Lydwine reconnaît enfin la main qui se dissimulait de Dieu ; elle prend sa croix et se renonce.
Ô divin changement, ce calice qui lui donnait des nausées, elle le vide de tout coeur, maintenant que c'est cette main qui le lui présente et elle s'enivre de l'Amour de Jésus.
Seigneur, qui as uni à Tes peines celles de cette vierge, fais que nous supportions, pour Ton amour, nos douleurs.
Père, qui as livré pour nous Ton Fils au supplice de la Croix, permets à l'Esprit-Saint de pacifier les souffrances de notre chair. Amen.


Oraison :

Seigneur, notre Dieu, qui préservas des vanités du siècle la Bienheureuse Lydwine et lui appris à leur préférer l'amoureuse étreinte de Ta Croix, accorde-nous, par son exemple et ses mérites, d'apprendre, nous aussi, à fouler aux pieds les délices périssables de ce monde et à surmonter, par l'amour de Ta Croix, toutes nos adversités. Toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint-Esprit, aujourd'hui et pour les siècles des siècles. Amen.



Séquence de la Bienheureuse vierge Lydwine


C'est le joyeux Alléluia
qu'appelle le temps Pascal,
de voix et de coeur, réjouissons-nous.
Plein de bénédictions
  a brillé un soleil pur,
chassant l'ombre nocturne,
et, couronné de Gloire,
le Christ a triomphé.
Vainqueur de l'Enfer vaincu,
Il se lève, Il est Dieu, croyons !
Il a repris l'honneur de Son Trône,
Il fait régner la Paix dans le coeur,
et cesser l'attente de Sa Mère
qu'Il console avec Amour.
Et les archanges se réjouissent,
et les anges en choeur
disent à la vierge Lydie :
est-ce donc là Lydie ?
Elle est blanche comme les lys
de Sainte-Cécile !
Cécile en sa demeure
fit sentir à Tiburce
le parfum de la rose
Et le remplit de stupeur.
Cécile, au jour où naquit au Ciel
la vierge Catherine,
recueillit le fruit
que sema la Grâce de Dieu.
L'humble Lydwine,
que le Christ fit naître pour Lui,
est semblable à Ses Saints
et règne à jamais.
Exemple étonnant de patience,
elle a vécu en nos jours,
portant dans son corps
d'intolérables souffrances,
on n'entendit ni murmure
ni plainte aucune ;
on n'entendit que les chants
de la pieuse Lydwine

Adieu, Bienheureuse Lydwine,
toi que la mort n'a pas retenue captive ;
veuille nous obtenir qu'avec Marie,
nous chantions : Dieu soit loué !
Alléluia ! Amen !


(Dom Pitra, Hollande Catholique, p. 136).



Litanies de Sainte-Lydwine de Schiedam


Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.
Christe, eleison. Christe, eleison.
Kyrie, eleison. Kyrie, eleison.
Christe, audi nos. Christe, audi nos.
Christe, exaudi nos. Christe, exaudi nos.


Pater de cælis, Deus, miserere nobis.
Fili, Redemptor mundi, Deus, miserere nobis.
Spiritus Sancte, Deus, miserere nobis.
Sancta Trinitas, unus Deus, miserere nobis.


Notre-Dame de Liesse, Source et Cause de notre joie, priez pour nous.
Notre-Dame de Liesse, fidèle protectrice de Sainte-Lydwine, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, dont le nom signifie "grande souffrance", priez pour nous.


Sainte-Lydwine, admirable dès l'enfance, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, à qui la Sainte-Vierge a souri, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, désireuse de la solitude, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, épouse de Jésus, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, modèle des vierges, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, exemple d'amabilité, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, miroir d'obéissance, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, invincible dans la patience, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, temple de l'humilité la plus parfaite, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, victime pour l'amour de Jésus, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, héroïque dans le sacrifice, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, généreuse dans le pardon, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, martyre de pénitence, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, recours contre les incendies, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, adoratrice de la Sainte-Trinité, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, imitatrice de Job, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, magnifique pour les pauvres, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, discrète auxiliaire du Clergé, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, miracle de mortification, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, jardin choisi de toutes les vertus, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, pleine d'amour pour le Crucifié, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, parfaite dans la simplicité, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, si remarquablement confiante en Dieu, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, jamais invoquée sans quelque réponse, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, assistée par votre ange gardien, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, exhalant de divins parfums, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, astre bienfaisant des égarés, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, sûr réconfort des éprouvés, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, protectrice des fugitifs, priez pour nous.


Sainte-Lydwine, secours dans les dangers, priez pour nous.


Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous, Seigneur.


Comme la cinnamone et le baume aromatique, dans les places publiques, j'ai répandu une senteur de parfum, et comme la myrrhe la plus excellente, j'ai exhalé une odeur suave.


V/ Priez pour nous, Sainte-Lydwine.
R/ Afin que nous soyons dignes des promesses du Christ.


Prions : Ô Dieu, qui fîtes de la bienheureuse vierge Lydwine une victime admirable de patience et de charité, permettez, nous Vous en prions, que par son exemple et son intercession, nous soyons trouvés dignes de parvenir aux joies éternelles, après avoir supporté, pour Votre Volonté, les misères de cette vie et secouru notre prochain ici-bas. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.


 

 

 

 



Gebet zu heilige Lidwina die Dulderin


Heilige Lidwina,

bitte für alle,

die ebenso unschuldig

leiden wie du,

damit sie bald

erlöst werden.

Durch Jesus Christus,

unsern Herrn.

Amen.

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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 10:58


Promesses de Jésus en faveur des personnes
dévouées à son Divin Coeur


* Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires dans leur état.
* Je mettrai la paix dans leurs familles.
* Je les consolerai dans toutes leurs peines.
* Je serai leur refuge assuré pendant la vie, et surtout à la mort.
* Je répandrai d'abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.
* Les pécheurs trouveront dans mon Coeur la source et l'océan infini de la Miséricorde.
* Les âmes tièdes deviendront ferventes.
* les âmes ferventes s'élèveront rapidement à une grande perfection.
* Je bénirai les maisons où l'image de mon Sacré-Coeur sera exposée et honorée.
* Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les coeurs les plus endurcis.
* Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom inscrit dans mon Coeur et il n'en sera jamais effacé.
* Je te promets dans l'excessive Miséricorde de mon Coeur, que son Amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront neuf premiers vendredis du mois de suite la grâce de la pénitence finale, ne mourant point dans ma disgrâce et sans recevoir leurs Sacrements, mon Divin Coeur se rendant leur asile assuré au dernier moment.


(Vie et Oeuvres, t. II, p. 397)


Imprimatur: Augustoduni, die 11° martii 1945 - L. Mury, v.g.


Secrétariat des Oeuvres du Sacré-Coeur, 9, rue Chervier,
71600 Paray-le-Monial


Basilique du Sacré-Coeur
Paray-le-Monial


Première Consécration au Sacré-Coeur de Jésus
composée par Sainte Marguerite-Marie


Je N... N... me donne et consacre au Sacré-Cœur de notre Seigneur Jésus-Christ, en ma personne et ma vie, mes actions, peines et souffrances, pour ne plus vouloir me servir d'aucune partie de mon être que pour l'honorer, aimer et le glorifier.

C'est ici ma volonté irrévocable que d'être tout à lui et de faire tout pour son Amour, en renonçant de tout mon cœur à tout ce qui lui pourrait déplaire. Je vous prends donc, Ô Sacré-Cœur, pour l'unique objet de mon amour, le protecteur de ma vie, l'assurance de mon salut, le remède de ma fragilité et de mon inconstance, le réparateur de tous les défauts de ma vie, et mon asile assuré à l'heure de ma mort.

Soyez donc, Ô Cœur de Bonté, ma justification envers Dieu Votre Père, et détournez de moi les traits de sa juste colère. Ô Cœur d'Amour, je mets toute ma confiance en Vous, car je crains tout de ma malice et de ma faiblesse, mais j'espère tout de Votre Bonté. Consommez donc en moi tout ce qui Vous peut déplaire ou résister, que Votre pur amour Vous imprime si avant dans mon cœur que jamais je ne Vous puisse oublier, ni être séparé de Vous, que je conjure, par toutes Vos bontés, que mon nom soit écrit en Vous, puisque je veux faire consister tout mon bonheur et toute ma gloire à vivre et à mourir en qualité de Votre esclave.




(300 jours d'indulgence applicable aux âmes du Purgatoire), Léon XIII, 1er avril 1897.
Indulgence plénière applicable aux âmes du Purgatoire, à gagner une fois par mois par tous ceux qui réciteront cette consécration tous les jours). Pie X, 21 avril 1908.


Fresque du Sanctuaire

1. L'apôtre Saint-Jean 2. Saint-François d'Assise 3. Charles de Foucault 4. Saint-Claude la Colombière 5. Saint-Jean Eudes 6. La Vierge Marie 7. Saint-Paul 8. Saint-François de Sales 9. Le Père Matéo 10. Sainte-Jeanne de Chantal 11. Sainte Marguerite-Marie

Sainte Marguerite-Marie Alacoque
1647-1690

PRIÈRE DE CONSÉCRATION PERSONNELLE

Seigneur Jésus, Toi qui es venu allumer un feu sur la terre, Je m'abandonne aujourd'hui à la Volonté du Père dans le souffle de l'Esprit Saint. Purifie mon coeur, embrase-le d'amour et de charité. Fais grandir en moi le désir de la sainteté. Par le Coeur Immaculé de Marie, moi, ..., Je me consacre tout entier à Ton Coeur pour T'aimer et Te servir. Amen.









PRIÈRE DE CONSÉCRATION FAMILIALE


Coeur de Jésus, Toi qui T'es consacré au Père par Amour pour nous, Nous voulons, dans le souffle de Ton Esprit Saint, Te rendre amour pour amour en nous consacrant à Toi. Nous voulons Te consacrer la vie de notre famille dans la situation où elle se trouve aujourd'hui. Nous Te consacrons notre passé, notre présent et notre avenir, notre maison, notre travail et nos gestes les plus simples. Nous Te consacrons nos joies comme nos épreuves pour que l'Amour dont Tu nous as aimés nous garde en Toi et demeure en nous à jamais et pour que le feu de Ton Amour embrase le monde entier, Amen !



Site officiel de Paray-le-Monial



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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 14:18

Approbation de la prédication apostolique

(Innocent III donne mandat à son légat Raoul de Fontfroide de constituer des prédicateurs apostoliques. Au Latran, 17 novembre 1206.)


Le bruit est parvenu à nos oreilles qu'une telle quantité d'apostats s'est multipliée dans la province de Narbonnaise que, par la défaillance du glaive matériel, on méprise le spirituel, et que la corruption des vignes à verjus [cf. Is. V, 4] s'insinue jusqu'aux plants [Nahum, ii, 2] catholiques, parce que, pour protéger ceux qui n'ont pas encore coulé comme du plomb [Ex. xv, 10] dans la mer pestilentielle, pour relever s'il est possible ceux qui gisent déjà dans les cachots de l'aveuglement, on ne trouve personne qui se dresse comme une muraille pour la maison du Seigneur et ose monter sur les brèches [Ez. xiu, 5].

Il est vrai que la nouvelle de la folie de ces figuiers stériles est parvenue jusqu'à l'oreille de quelques religieux et les a animés dans leur courage à détourner contre les hérétiques les sources de leur science et à distribuer leurs eaux avec la ferveur de l'esprit sur les places publiques [Prov. v, 16]; mais parce qu'ils n'ont personne qui leur donne mission [Rom. x, 15] et qu'ils n'osent assumer de leur propre autorité l'office de prêcheurs, pour ne pas partager l'héritage de Dathan et d'Abiron que la terre engloutit vivants [Num. xvi, 32 et Deut. xi, 6], il ne se trouve finalement personne qui présente la cause de Dieu au peuple qui dérive.

Parce que le zèle de sa maison nous dévore [Ps. LXVIII, 10], nous, auquel il a concédé sans que nous l'ayons mérité de siéger dans la plus haute guette [Is. xxi, 8] et qui voulons être faible avec les faibles [I Cor. ix, 22] et donner des conseils paternels qui apportent le remède aux blessures et soignent autant qu'il est en notre pouvoir la plaie tuméfiée [Is. I, 6], nous ordonnons et prescrivons à ta discrétion, par cet écrit apostolique, de t'occuper d'enjoindre - en rémission de leurs péchés - à des hommes éprouvés que tu verras propres à remplir cet office, qui n'hésiteront pas, en imitant la pauvreté du Christ pauvre, à aborder les gens méprisés dans une tenue méprisée mais avec un esprit plein d'ardeur, de leur enjoindre d'aller sans retard aux hérétiques et de les rappeler si bien de leur erreur, si le Seigneur veut bien le concéder, par l'exemple de leur agir et l'enseignement de leur dire, que (si la fréquence de leur faute n'a pas durci leur front dans l'impudence au point qu'on puisse avec raison redire à leur sujet : « Vous avez acquis un front de courtisane et n'avez pas voulu rougir » [Jér. III, 3]) ils aient la joie de posséder un jour, ce dont le mot de l'Evangile leur donne l'espérance : « N'aie pas de crainte petit troupeau, car il a plu à mon Père [de te donner le royaume] » [Luc XII, 32]. Alors ces mêmes religieux verront s'accomplir en eux la sentence de Salomon : celui qui reprend les actions mauvaises de l'homme recevra davantage de grâce que celui qui dit d'agréables paroles [Prov. xxiv, 24-25] et reviendront remplis de joie en rapportant les gerbes issues de la semence qu'ils auront répandue [Ps. Cxxv, 6].

Donné au Latran, le XV des calendes de décembre, la IX° année.


Confirmation du nom et de l'office de prêcheurs


[Honorius III loue le zèle du prieur et des frères de SaintRomain, prêcheurs au pays de Toulouse, les exhorte à persévérer avec courage, leur accorde le privilège de « fils spéciaux » du Saint-Siège et leur enjoint leurs labeurs en rémission de leurs péchés.] [Au Latran, le 21 janvier 1217.]

Honorius, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à ses chers fils le prieur et les frères de Saint-Romain, prêcheurs au pays de Toulouse : salut et bénédiction apostolique.

Nous rendons de dignes actions de grâces au dispensateur de toutes grâces pour la grâce de Dieu qui vous est donnée [i Cor. I, 4], dans laquelle vous restez [I Petr. v, 15] et resterez établis, nous l'espérons, jusqu'à la fin. En effet, brûlant à l'intérieur de la flamme de la charité, vous répandez au-dehors le parfum d'une réputation qui réjouit les âmes saines et rétablit les malades. A celles-ci, vous présentez en médecins zélés les mandragores spirituelles pour qu'elles ne demeurent pas stériles, vous les fécondez par la semence de la parole de Dieu par votre éloquence salutaire. Ainsi, comme de fidèles serviteurs, vous placez les talents qu'on vous a confiés, pour en rapporter le double au Seigneur [Match. xxv, 20]. Ainsi, comme des athlètes invaincus du Christ, armés du bouclier de la foi et du casque du salut [Eph. vi, 16], sans craindre ceux qui peuvent tuer le corps [Matth. X, 28], vous tirez avec magnanimité contre les ennemis de la foi la parole de Dieu, plus pénétrante qu'un glaive à deux tranchants [Hebr. iv, 12]. Ainsi, vous haïssez vos âmes en ce monde, afin de les garder pour la vie éternelle [Joh. xii, 25].

Du reste, parce que c'est le succès et non pas le combat qui obtient la couronne et que seule la persévérance, parmi toutes les vertus qui concourent dans le stade, remporte le prix proposé [I Cor. ix, 24], nous adressons à votre charité cette demande et cette exhortation pressante, vous en faisant commandement par ces lettres apostoliques et vous l'imposant en rémission de vos péchés : que confirmés de plus en plus dans le Seigneur, vous vous appliquiez à annoncer la parole de Dieu [Act. VIII, 4], en insistant à temps et à contre-temps, pour accomplir pleinement et de manière digne d'éloge votre tâche de prédicateur de l'Evangile [II Tim, iv, 2-5]. Si vous avez à souffrir des tribulations pour cette cause, ne vous contentez pas de les supporter avec une âme égale : tirez-en gloire, avec l'apôtre [Rom. V, 3] et réjouissez-vous en elles de ce qu'on vous a jugés dignes d'endurer des outrages pour le nom de Jésus [Act. v, 41]; car cette affliction légère et temporaire produit un immense poids de gloire [II Cor. Iv, 17] auquel on ne peut comparer les souffrances du temps présent [Rom. viii, 18].

Nous aussi, qui désirons vous réchauffer de notre faveur comme des fils spéciaux, nous vous demandons d'offrir au Seigneur à notre intention le sacrifice de vos lèvres [Hébr. xiii, 15], pour obtenir peut-être par vos suffrages ce que nous ne pouvons par nos mérites.

Donné au Latran, le XII des calendes de février, l'an premier de notre pontificat.


Lettre d'approbation de l'Ordre


(Foulques, évêque de Toulouse, approuve, institue et dote comme prédicateurs évangéliques dans son diocèse Dominique et ses compagnons. Toulouse 1215.)

Au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous portons à la connaissance de tous, présents et à venir, que nous Foulques, par la grâce de Dieu humble ministre du siège de Toulouse, nous instituons comme prédicateurs dans notre diocèse frère Dominique et ses compagnons, afin d'extirper la corruption de l'hérésie, de chasser les vices, d'enseigner la règle de la foi et d'inculquer aux hommes des moeurs saines. Leur programme régulier est de se comporter en religieux, d'aller à pieds, dans la pauvreté évangélique, en prêchant la parole de vérité évangélique.

Mais parce que l'ouvrier mérite sa nourriture [Matth. x, 10] et qu'on ne saurait museler le boeuf qui foule le grain [1 Cor. Ix, 9], à plus forte raison celui qui prêche l'Evangile doit-il vivre de l'Evangile [I Cor. Ix, 14]. Nous voulons donc que ces ouvriers, lorsqu'ils iront prêcher, reçoivent du diocèse la nourriture et tout le nécessaire. Avec le consentement du chapitre de l'église du Bx Etienne et du clergé diocésain de Toulouse, nous assignons à perpétuité aux susdits prédicateurs et à ceux que le zèle du Seigneur et l'amour du salut des âmes armeraient pour accomplir de la même manière le même office de prédication, la moitié de cette troisième partie de la dîme qui est affectée à l'ameublement et à la fabrique de toutes les églises paroissiales qui dépendent de nous. Ainsi pourront-ils se vêtir, se procurer ce dont ils ont besoin durant leurs maladies et se reposer quand ils le voudront. A la fin de l'année, s'il reste quelque superflu, nous voulons et statuons que celui-ci soit réservé pour l'embellissement des mêmes églises paroissiales ou pour l'usage des pauvres, selon que l'évêque le jugera opportun.

Puisque le droit prévoit qu'une partie notable des dîmes doit toujours être assignée et distribuée aux pauvres, il est évident que nous sommes tenus d'assigner de préférence une partie des dîmes à ceux qui, pour le Christ, ont choisi la pauvreté évangélique et s'efforcent ainsi, non sans labeur, d'enrichir tous et chacun des dons célestes, tant par leur exemple que par leur doctrine. Ainsi les fidèles dont nous moissonnons les biens temporels nous mettront-ils en mesure de semer, par nousmêmes et par d'autres, les biens spirituels en toute convenance et opportunité.


Donné en l'an de l'Incarnation 1215, sous le règne de Philippe, roi des Français, le comte de Montfort tenant la principauté de Toulouse et le même Foulques y étant évêque.

 

Angelino Medoro (1576-1631)
La Vierge à l'enfant avec Saint Jean-Baptiste,
Saint-Joseph endormi et Saint-Dominique


Privilège de confirmation


[Honorius III prend sous sa protection, confirme et enrichit de privilèges la communauté canoniale de Saint-Romain de Toulouse.] [A Saint-Pierre, 22 décembre 1216.]

Honorius, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à ses fils Dominique, prieur de Saint-Romain de Toulouse, et à ses frères présents et à venir, profès dans la vie régulière. A perpétuité.

A ceux qui choisissent la vie religieuse, il convient qu'on assure la protection apostolique, pour éviter que d'éventuelles et téméraires attaques ne les détournent de leur propos, ni, ce qu'à Dieu ne plaise, ne brisent la vigueur de la sainte institution religieuse.

C'est pourquoi, chers fils dans le Seigneur, nous accédons avec bienveillance à vos justes requêtes; nous plaçons sous la protection du bienheureux Pierre et la nôtre l'église de Saint-Romain de Toulouse, dans laquelle vous vous êtes consacrés au culte divin, et nous la fortifions par le privilège du présent rescrit.

Tout d'abord nous statuons que la régularité canoniale qui est notoirement instituée dans cette église, selon Dieu et la règle de saint
Augustin, y soit pour toujours et inviolablement observée.

De plus, que toute espèce de biens-fonds, toutes les formes de valeurs dont cette église possède actuellement la jouissance, selon la justice et le droit canonique, ou qu'elle pourra acquérir à l'avenir, si le Seigneur l'accorde, par concession des pontifes, par la libéralité des rois ou des princes, par l'offrande des fidèles ou de toutes les autres manières équitables, demeurent votre propriété et celle de vos successeurs de façon stable et inviolée.

Parmi ces biens, nous jugeons bon d'exprimer en propres termes
- le lieu même où se trouve la susdite église avec toutes ses dépendances,
- l'église de Prouille avec toutes ses dépendances,
- le domaine de Casseneuil avec toutes ses dépendances,
- l'église de Sainte-Marie de Lescure avec toutes ses dépendances,
- l'hospice de Toulouse, dit d'Arnaud Bernard, avec toutes ses dépendances,
- l'église de la Sainte-Trinité de Loubens avec toutes ses dépendances,
- et les dîmes que, dans sa bonne et prévoyante libéralité, notre vénérable frère Foulques, évêque de Toulouse, vous a concédées avec le consentement de son chapitre, comme il est dit plus explicitement dans ses lettres.

Que personne n'ait la prétention d'exiger de vous ou de vous extorquer des dîmes sur les terres nouvellement défrichées que vous culyivez de vos propres mains, ou à vos frais, ni sur les fourrages de vos bêtes.

Il vous est également permis de recevoir et de conserver, sans qu'on puisse y faire aucune opposition, les clercs et laïcs de condition libre, déliés de tout empêchement qui fuient le siècle pour entrer en religion.

En outre, nous dénions le droit à qui que ce soit parmi vos frères, après qu'il ait fait profession dans votre église, de s'en aller de ce lieu religieux sans permission de son supérieur, à moins qu'il n'ait pour motif l'entrée dans une religion plus austère. S'il s'en va, que personne n'ait l'audace de le recevoir sans la garantie d'une lettre émanée de votre communauté.

Pour les églises paroissiales dont vous êtes possesseurs, vous avez le droit de choisir les prêtres et de les présenter à l'évêque du diocèse. Celui-ci, s'ils sont aptes, leur confiera la charge d'âme, en sorte qu'ils devront répondre devant lui du spirituel, et devant vous du temporel.

Nous statuons encore que personne n'ait le droit de charger votre église d'impositions nouvelles et indues, de promulguer contre vous et ou contre votre église, sans cause évidente et raisonnable, des sentences d'excommunication et d'interdit.

En cas d'interdit général sur le pays, vous pourrez célébrer l'office divin, les portes closes, étant exclus les excommuniés et les interdits, sans sonnerie de cloches et à voix basse.

Vous recevrez de l'évêque du diocèse, à condition qu'il soit catholique, en grâce et communion avec le très saint Siège romain et veuille vous les procurer sans irrégularité, le saint chrême, l'huile sainte, les consécrations d'autels ou de basiliques, les ordinations des clercs qu'il faudra promouvoir aux ordres sacrés. Sinon, vous pourrez vous adresser à un évêque catholique que vous préférerez, en grâce et communion avec le Siège Apostolique, qui fort de notre autorité, vous procurera ce que vous demandez.

Nous décrétons aussi pour ce lieu religieux la liberté de sépulture. Que personne donc ne mette obstacle à la dévotion et à la dernière volonté de ceux qui choisiront d'y être ensevelis, à moins qu'ils ne soient excommuniés ou frappés d'interdit. Néanmoins sera sauf le juste droit des églises d'où l'on amènera chez vous le corps des défunts.

Lorsque vous viendrez à disparaître, vous, l'actuel prieur de ce lieu, ou vos successeurs, quels qu'ils soient, nul ne sera mis à la tête de la communauté par habileté clandestine ou violence. Celui-là seul occupera ce poste dont on aura procuré l'élection par l'unanimité, ou tout au moins par la partie la plus nombreuse et de plus sain conseil des frères, selon Dieu et la règle du bienheureux Augustin.

Nous ratifions aussi les libertés, les immu nités anciennes et les coutumes raisonnables concédées à votre église qui sont toujours en vigueur ; et nous les confirmons pour qu'elles demeurent à perpétuité dans leur intégrité.

Nous décrétons que nul être humain, sans exception, ne doit avoir la latitude de troubler à la légère la susdite église, de lui arracher ses possessions et, une fois arrachées, de les conserver, les diminuer ou les affaiblir par quelque mauvais traitement que ce soit; que tous ces biens, au contraire, soient conservés intégralement au profit et usage multiple de ceux auxquels ils ont été concédés, pour leur activité et leur subsistance, étant saufs l'autorité du Siège Apostolique et les justes droits canoniques de l'évêque diocésain.

Par conséquent si, à l'avenir, une personne ecclésiastique ou séculière, ayant connaissance de ce document de notre décision, tentait dans son audace d'y contrevenir et si, après le deuxième ou le troisième avertissement, elle ne corrigeait pas son attitude coupable par une digne réparation, qu'elle soit privée du pouvoir et de l'honneur dus à sa dignité; qu'elle se sache mise en accusation devant le tribunal divin, pour l'iniquité qu'elle a perpétrée ; qu'elle soit exclue de la communion au Très Saint Corps et Sang de Dieu et Seigneur notre Rédempteur Jésus-Christ et qu'au jugement dernier, elle soit livrée à son châtiment rigoureux. Par contre, paix de Notre-Seigneur Jésus-Christ à tous ceux qui respecteront les droits de ce lieu religieux ; que dès ici-bas ils reçoivent le fruit de leur bonne action et qu'ils trouvent, auprès du juge rigoureux, la récompense de l'éternelle paix. Amen, amen, amen.

Affermis mes pas dans tes sentiers.
« Bene valete »

Moi Honorius, évêque de l'Eglise catholique.
Moi Nicolas, évêque de Tusculum, ss.
Moi Guy, évêque de Préneste, ss.
Moi Hugolin, évêque d'Ostie et Velletri, ss.
Moi Pélage, évêque d'Albano, ss.
Moi Cinthius, du titre de Saint Laurent in Lucina, cardinal prêtre, ss.
Moi Léon, du titre de Sainte-Croix de Jéru salem, cardinal prêtre, ss.
Moi Robert, du titre de Saint-Pierre-de-Celius, cardinal prêtre, ss.
Moi Etienne, du titre de la basilique des Douze Apôtres, cardinal prêtre, ss.
Moi Grégoire, du titre de Sainte-Anastasie, cardinal prêtre, ss.
Moi Pierre, du titre de Saint-Laurent in Da maso, cardinal prêtre, ss.
Moi Thomas, du titre de Sainte-Sabine, car dinal prêtre, ss.
Moi Guy, de Saint-Nicolas in carcere Tulliano, cardinal diacre, ss.
Moi Octavien, des saints Serge et Bacchus, cardinal diacre, ss.
Moi jean, des saints Côme et Damien, cardinal diacre, ss.
Moi Grégoire, de Saint-Théodore, cardinal diacre, ss.
Moi Renier, de Sainte-Marie in Cosmedin, cardinal diacre, ss.
Moi Romain, de Saint-Ange, cardinal diacre, ss. Moi Etienne, de Saint-Adrien, cardinal dia cre, ss.

Donné à Rome, auprès de Saint-Pierre, par la main de Renier, prieur de Saint-Fridien de Lucques, vice-chancelier de la sainte Eglise romaine, le XI des calendes de janvier, V° indiction, l'année de l'Incarnation du Seigneur 1216 ; du pontificat du Seigneur pape Honorius III, l'an premier.

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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 19:58
RÈGLE DE SAINT-AUGUSTIN POUR LES SERVITEURS DE DIEU (1).

Traduction de M. l'abbé RAULX.

 

In Œuvres Complètes de Saint-Augustin, tome III, pp 587-591. Éd. L. Guérin, Bar-le-Duc 1864

 

DE L'AMOUR DE DIEU ET DU PROCHAIN, DE L'UNION DES CŒURS ET DE LA COMMUNAUTÉ DES BIENS.

DE L'HUMILITÉ.

DE LA PRIÈRE ET DE L'OFFICE DIVIN.

DU JEUNE ET DU REPAS.

DE L'INDULGENCE ENVERS LES INFIRMES.

DE L'EXTÉRIEUR.

CORRECTION FRATERNELLE.

N'AVOIR RIEN EN PROPRE.

BAINS ET AUTRES SOINS.

EXCUSE ET PARDON.

DE L'OBÉISSANCE AU SUPÉRIEUR.

OBSERVER LA RÈGLE ET LA LIRE SOUVENT.


DE L'AMOUR DE DIEU ET DU PROCHAIN, DE L'UNION DES CŒURS ET DE LA COMMUNAUTÉ DES BIENS.


1. Avant tout, mes très-chers frères, aimez Dieu, puis le prochain; car c'est à nous principalement que sont donnés ces deux préceptes. Voici donc ce que nous vous ordonnons d'observer dans le monastère où vous êtes établis: d'abord , et c'est le motif qui vous a réunis, c'est que vous viviez en paix dans la maison, et que vous n'ayez qu'un coeur et qu'une âme dans le Seigneur. Ne témoignez jamais posséder rien en propre; que tout soit commun parmi vous. Votre Supérieur distribuera à chacun la nourriture et le vêtement; il ne donnera pas également à tous, parce que tous vous n'avez pas des forces égales, mais plutôt à chacun selon ses besoins. Voici, en effet, ce que vous lisez dans les actes des Apôtres : « Tout entre eux était commun, et on donnait à chacun selon que chacun avait besoin (2). »

Ceux qui possédaient quelque chose dans le siècle, lorsqu'ils sont entrés dans le monastère, le mettront volontiers en commun; et ceux qui n'avaient rien, ne chercheront point dans le

1. Saint Augustin a adressé cette règle aux religieux d'Hippone, comme on l'a vu dans la lettre CCXIe (ci-dessus pag. 23.) Etait-elle alors suivie par les religieux que dirigeait le grand évêque? En tout cas nous avons cru devoir, comme tous les éditeurs de saint Augustin, la donner ici dans la forme qui s'approprie aux hommes.

2. Act. IV, 32, 35.

monastère ce qu'ils n'ont pu se procurer même dans le monde. Cependant on subviendra à leur faiblesse, selon le besoin, encore que dans le siècle leur pauvreté ne pût se pourvoir même du nécessaire; seulement qu'ils ne s'estiment pas heureux de trouver ici la nourriture et le vêtement, qu'ils ne pouvaient trouver ailleurs.


DE L'HUMILITÉ.


2. Qu'ils ne s'élèvent pas non plus de ce qu'ils vivent avec ceux dont ils n'osaient approcher autrefois; qu'au contraire ils portent leur coeur vers le ciel, sans chercher ici des biens terrestres et vains, de peur que les monastères ne commencent â être salutaires aux riches, s'ils s'y humilient, et non aux pauvres, s'ils s'y enflent d'orgueil. D'un autre côté, ceux qui paraissaient être quelque chose dans le siècle, ne dédaigneront pas ceux de leurs frères qui, du sein de l'indigence, sont venus en religion; qu'ils s'attachent plutôt à se glorifier, non d'appartenir à des parents dans l'opulence, mais d'être admis dans la société de frères pauvres. Si de leurs biens ils ont donné quelque chose à la communauté, qu'ils ne s'élèvent pas: qu'ils ne s'enorgueillissent pas plus de leurs richesses en les donnant au monastère, qu'ils ne le feraient s'ils en jouissaient dans le monde. Hélas ! tous les autres vices s'appliquent aux mauvaises actions pour les produire, mais l'orgueil (588) s'attache même aux bonnes pour les faire périr; et qu'importe de distribuer ses biens aux pauvres et de se faire pauvre soi-même, quand l'âme est assez misérable pour devenir plus orgueilleuse en les méprisant, qu'elle ne l'était en les possédant ? Vivez donc tous dans l'union et la concorde, et honorez mutuellement en vous le Dieu qui vous a faits ses temples.


DE LA PRIÈRE ET DE L'OFFICE DIVIN.


3. Soyez assidus à la prière, aux heures et aux moments prescrits. Que personne ne fasse dans l'oratoire que ce pourquoi il a été construit et d'où il tire son nom; afin que si d'autres avaient le temps et la volonté d'y prier, même en dehors des heures ordinaires, ils n'en soient pas empêchés par ceux qui voudraient y faire quelque autre chose. Pendant les psaumes et les hymnes, lorsque vous priez Dieu, que votre coeur s'occupe de ce que profère votre bouche : ne chantez que ce que vous lisez devoir être chanté ; ce qui n'est point marqué pour l'être, ne le chantez pas.


DU JEUNE ET DU REPAS.


4. Domptez votre chair par les jeûnes et l'abstinence du boire et du manger, autant que votre santé le permet. Si quelqu'un ne peut jeûner, il ne doit rien prendre, cependant, entre l'heure de repas, à moins qu'il ne soit malade. Depuis le moment où vous vous mettez à table jusqu'à ce que vous en sortiez, écoutez sans bruit et sans dispute ce qu'on vous lit selon la coutume; votre corps ne doit pas seul prendre sa nourriture, votre esprit doit aussi avoir faim de la parole de Dieu.


DE L'INDULGENCE ENVERS LES INFIRMES.


5. Si à table, on traite différemment ceux qui sont infirmes par suite d'anciennes habitudes, que cette indulgence ne paraisse ni odieuse ni injuste à ceux qu'une autre manière de vivre a rendus plus robustes. Qu'ils ne les estiment pas plus heureux s'ils prennent ce qu'eux-mêmes ne prennent pas ; qu'ils se félicitent plutôt de pouvoir ce que leurs frères ne peuvent. Et si l'on accorde à ceux qui ont vécu plus délicatement avant d'entrer au monastère, en fait d'aliments, de vêtements et de couvertures, ce qui n'est point accordé aux autres qui sont plus forts et par conséquent plus heureux, ceux-ci doivent penser combien les premiers ont quitté de la vie qu'ils menaient dans le monde, quoiqu'ils ne soient point encore parvenus à l'austérité des autres qui sont d'une santé plus forte ; et tous ne doivent pas réclamer ce qu'on accorde à quelques-uns pour les soutenir et non pour les distinguer; de peur que, par un renversement détestable, les pauvres ne s'habituent à la délicatesse, dans un monastère où, selon leurs forces, les riches s'accoutument au travail. De même que les malades doivent prendre moins pour n'être pas accablés, les convalescents doivent être traités de manière à être au plus tôt rétablis, fussent-ils sortis de la dernière indigence : comme si la maladie venait de leur causer la faiblesse laissée aux riches par leurs habitudes premières. Mais après avoir réparé leurs forces, qu'ils reviennent à leur ancien genre de vie, plus heureux et d'autant plus convenable aux serviteurs de Dieu, qu'ils y éprouvent moins de besoins; que la sensualité ne les retienne pas, après leur rétablissement, à ce qu'avait exigé d'eux la faiblesse. Qu'on regarde comme plus riches ceux qui sont plus capables de soutenir une vie austère; mieux vaut avoir moins de besoins que de posséder davantage.


DE L'EXTÉRIEUR.


6. Que votre extérieur n'ait rien de singulier; ne cherchez point à plaire par vos vêtements, mais par vos vertus. Quand vous sortez, marchez ensemble; quand vous êtes arrivés, demeurez ensemble. Que dans votre démarche, votre contenance, votre air et tous vos gestes il n'y ait rien qui blesse la vue de personne, mais que tout convienne à la sainteté de votre état. Si vos yeux se jettent sur quelque femme, qu'ils ne se fixent sur aucune; il ne vous est pas défendu, quand vous sortez, d'apercevoir des femmes, mais il est mal de les rechercher ou de vouloir en être recherchés. Par les regards aussi bien que par l'attachement et l'affection secrètes , l'amour impur provoque comme il est provoqué. Ne dites pas que vos âmes sont chastes lorsque vos regards ne le sont pas: un oeil sans pudeur annonce un coeur souillé. Quand des coeurs passionnés se parlent non-seulement de la langue, mais du seul regard; quand ils se plaisent dans une ardeur réciproque et charnelle, le corps peut (589) demeurer intact, mais l'âme a perdu sa chasteté. Celui qui fixe le regard sur une femme et qui provoque le sien, ne doit pas croire qu'alors il n'est vu de personne ; il est vu certainement et de ceux mêmes qu'il ne soupçonne pas. Mais fût-il dans l'ombre , et inaperçu d'aucun homme, oublie-t-il au-dessus de lui cet oeil vigilant à qui rien ne peut échapper? Peut-il croire qu'il ne voit point, parce que sa patience qui tolère est infinie comme sa sagesse qui découvre ? Qu'un homme consacré à Dieu craigne donc de lui déplaire, plutôt que de vouloir plaire criminellement à une femme. Qu'il se rappelle que Dieu voit tout, plutôt que de chercher à voir criminellement une femme. Ici particulièrement la crainte de Dieu nous est recommandée, car il est écrit: « Celui qui fixe ses regards est une abomination au Seigneur (1). » Quand donc vous êtes réunis à l'église et partout où sont des femmes, gardez mutuellement votre pudeur, car Dieu qui habite en vous vous préservera ainsi de vous-mêmes.


CORRECTION FRATERNELLE.


7. Et si dans quelqu'un de vos frères vous remarquez ce regard immodeste dont je parle, avertissez-le de suite, afin que sa faute ne se prolonge point, mais qu'il s'en corrige au plus tôt. Si, après votre avis, et en quelque jour que ce soit, vous le voyez retomber, celui qui aura pu l'observer doit le découvrir comme un blessé qu'il faut guérir. Auparavant néanmoins, on doit le faire remarquer à un autre , et même à un troisième, afin qu'il puisse être convaincu par la déposition de deux ou trois témoins (2) et retenu par une crainte salutaire. Mais ne croyez pas être malveillants en le faisant connaître; vous êtes coupables au contraire quand vous laissez périr par votre silence des frères que vous pouvez corriger en parlant.

Si votre frère avait au corps une blessure qu'il voulût cacher dans la crainte qu'on n'y portât le fer, ne serait-ce pas cruauté de vous taire, et bonté de parler ? Combien plus encore ne devez-vous pas le découvrir pour empêcher dans son coeur des ravages plus redoutables ! Toutefois si, après avoir été averti, il néglige de se corriger, on doit, avant de le faire comparaître

1. Prov. XXVII, 20, selon les Septante.

2. Matth. XVIII, 16.

devant ceux qui doivent le convaincre s'il nie, le signaler au supérieur, dans la crainte qu'une correction trop secrète ne lui permette de dissimuler devant les autres. S'il nie alors, appelez avec vous d'autres témoins, afin que devant tous il puisse non pas être accusé par un seul, mais être convaincu par deux ou trois. Convaincu, il subira pour son salut une pénitence imposée par le supérieur ou même par le prêtre qui en est chargé. S'il la refuse, encore que de lui-même il ne sorte pas, qu'il soit chassé du milieu de vous. Agir ainsi n'est pas cruauté, c'est charité ; c'est empêcher la contagion de se répandre et de faire de nombreuses victimes. Or ce que j'ai dit du regard immodeste, vous l'observerez, lorsqu'il s'agira de toute autre faute à découvrir, à empêcher, à révéler, à prouver et à punir, avec soin et fidélité, avec affection pour l'homme et haine contre le vice. Celui qui serait perverti au point de recevoir secrètement des lettres ou des présents d'une femme, qu'on lui pardonne et qu'on prie pour lui, s'il confesse Spontanément sa faute ; mais s'il est surpris et convaincu, qu'il soit corrigé plus sévèrement parle prêtre ou le supérieur.


N'AVOIR RIEN EN PROPRE.


8. Que vos vêtements soient en commun, gardés par un ou deux, ou autant d'entre vous qu'il sera besoin, pour les secouer et les préserver de la teigne ; comme un même cellier vous donne la nourriture, qu'un même vestiaire conserve vos vêtements, s'il est possible. Ne vous inquiétez point aux diverses saisons de savoir quel vêtement on vous donne, si vous recevez celui que vous avez déposé ou celui qui a été porté par un autre, pourvu toutefois qu'on accorde à chacun ce qui lui est nécessaire. Mais si à ce sujet, il s'élève entre vous des disputes et des murmures, si l'un se plaint de recevoir moins qu'il n'avait porté et d'être mis au-dessous d'un autre frère mieux vêtu, jugez par là combien vous manquent les ornements intérieurs de la sainteté , puisque votre coeur dispute pour les vêtements du corps. Si cependant on tolère votre faiblesse au point de vous rendre ce que vous aviez quitté, déposez toutefois vos vêtements dans un même lieu et sous une garde commune. De même, que personne ne fasse rien pour soi ; en tout travaillez pour la communauté avec un zèle plus ardent et une joie plus vive, que si (590) chacun travaillait pour soi. Il est écrit de la charité qu'elle ne cherche pas ses intérêts (1) ; c'est qu'en effet sa nature est de préférer le bien public au bien propre et non le bien propre au bien public. Sachez donc que vous avez progressé d'autant plus que vous soignez mieux l'intérêt commun que le vôtre. Ayez soin qu'en tout ce qui sert à la nécessité qui passe prévale la charité qui demeuré ; par conséquent lors même que quelqu'un apporte à ses enfants ou à d'autres personnes du monastère, avec qui il est uni de quelque manière, des vêtements ou d'autres objets nécessaires, on ne doit pas les recevoir en secret ; il faut que le supérieur puisse les mettre en commun et les distribuer à qui en a besoin ; et si quelqu'un cache ce qui lui a été donné, qu'il soit condamné comme coupable de larcin.


BAINS ET AUTRES SOINS.


9. Vos vêtements seront lavés selon la volonté du supérieur, ou par vous ou par des foulons ; il ne faut pas que par une recherche excessive de la propreté extérieure, votre âme contracte des souillures intérieures. Qu'on ne refuse pas le bain à celui qu'y oblige l'exigence de la maladie. Mais sur l'avis du médecin qu'on l'accorde sans murmure, et même, si le malade le refuse, que par ordre du supérieur, il fasse ce qu'exige sa santé ; s'il venait à le demander sans qu'il lui fût utile, qu'on ne suive pas ses désirs, car ce qui fait plaisir, quelquefois on le croit salutaire, quoiqu'il soit nuisible. Quand un serviteur de Dieu dit qu'il souffre intérieurement, qu'on le croie sur parole; mais si l'on doute que ce qu'il demande puisse le guérir, on doit consulter le médecin. Qu'on n'aille pas au bain ni partout où il est nécessaire, moins de deux ou trois ensemble; et celui qui a besoin d'aller quelque part n'ira qu'avec ceux que le supérieur lui a donnés pour l'accompagner. Le soin des malades ou des convalescents ou même de ceux qui, sans fièvre, souffrent de quelque infirmité, doit être confié à quelqu'un, qui demandera au cellérier ce qu'il croira nécessaire à chacun. Ceux qui sont chargés du cellier, du vestiaire ou de la bibliothèque serviront tous les frères sans murmure. Il y aura chaque jour une heure fixée pour demander les livres en dehors de cette heure on n'en donnera point. Pour les

1. I Cor. XIII, 5.

vêtements et les chaussures, qu'ils soient donnés sans délai à ceux qui en ont besoin par ceux qui en ont la garde.


EXCUSE ET PARDON.


10. N'ayez point de disputes ou terminez-les au plus tôt ; que la colère ne devienne pas de la haine, le simple fétu, une poutre énorme et l'âme homicide; car il est écrit. « Celui qui hait son frère est homicide (1). » Quiconque en outrageant, en maudissant ou même en imputant un crime, a blessé quelqu'un, doit s'empresser de réparer au plus tôt le mal qu'il a fait, et celui qui a été blessé pardonner sans discussion. S'ils se sont blessés mutuellement, mutuellement ils doivent se pardonner, comme vous y obligent ces prières que vous devez faire d'autant plus saintement que vous les répétez plus souvent. Mieux vaut celui qui souvent tenté de colère, s'empresse de demander pardon à celui qu'il reconnaît avoir offensé, que cet autre qui plus lent à se fâcher, est aussi plus lent à s'excuser. Celui qui ne veut point pardonner à son frère ne doit pas espérer d'être exaucé dans sa prière, et celui qui ne veut jamais demander pardon ou qui ne le demande pas sincèrement, n'a aucune raison de demeurer dans le monastère, quoiqu'on ne l'en chasse pas. Evitez donc entre vous les paroles amères, et s'il en échappe à votre bouche, que votre bouche s'empresse de guérir la blessure qu'elle a faite. Quand, pour la correction des mœurs, la nécessité de la règle vous pousse à dire des paroles dures, eussiez-vous excédé dans le mode, on n'exige pas que vous demandiez pardon à ceux qui vous sont soumis, dans la crainte qu'en donnant trop à l'humilité, vous ne rompiez auprès d'eux le lien de l'autorité. Vous devez néanmoins demander pardon à votre commun Maître : il sait avec quelle tendresse vous chérissez ceux que vous avez repris trop sévèrement peut-être. L'amour parmi vous ne doit pas être charnel, mais spirituel.


DE L'OBÉISSANCE AU SUPÉRIEUR.


11. Obéissez à votre supérieur comme à votre père, obéissez surtout au prêtre qui a soin de vous tous. Faire observer exactement tous ces points, ne rien laisser passer négligemment,

1. I Jean, III, 16 (591)

mais pourvoir à l'amendement et à la correction, tel doit être le soin principal du supérieur, et dans les cas qui surpassent son pouvoir ou ses forces, il s'adressera au prêtre, dont l'autorité est plus grande parmi vous. Que celui qui est à votre tète ne mette pas son bonheur à dominer par l'autorité, mais à servir par la charité. Que les honneurs l'élèvent devant vous ; mais que la crainte le tienne devant Dieu abaissé sous vos pieds ; qu'il se montre envers tous un modèle de vertus ; qu'il corrige les indociles, console les pusillanimes, soutienne les infirmes, soit patient envers tous ; qu'il se soumette volontiers à la règle et la fasse observer avec crainte. L'un et l'autre est nécessaire ; néanmoins, il cherchera plus à se faire aimer que craindre, toujours occupé de la pensée qu'il doit rendre à Dieu compte de chacun de vous. C'est pourquoi, en vous empressant de lui obéir, ayez pitié non-seulement de vous mais de lui; car, plus il

1. Tit. II, 7. - 2. I Thess. V, 14.

est élevé au milieu de vous, plus est grand le danger où il est exposé.

 

OBSERVER LA RÈGLE ET LA LIRE SOUVENT.


12. Que le Seigneur vous accorde d'observer tous ces points, comme des hommes qui, remplis d'amour pour la beauté spirituelle, répandent, parla sainteté de leur vie, la bonne odeur de Jésus-Christ ; non point comme des esclaves sous le joug de la loi, mais comme des hommes libres sous l'influence de la grâce. Or, afin que vous puissiez vous regarder dans ce petit livre comme dans un miroir, et que, par oubli, vous n'en négligiez rien, on vous le lira une fois par semaine. Quand vous vous trouverez fidèles à pratiquer ce qui est écrit, rendez grâces au Seigneur, le dispensateur de tous biens; quand, au contraire, vous observerez des manquements, gémissez du passé, prenez vos précautions pour l'avenir, demandez pardon de vos fautes et la grâce de ne plus succomber à la tentation. Ainsi soit-il.

 

Traduction de M. l'abbé RAULX.




FIN DU TROISIÈME VOLUME.

 

Vers 397 naît sa « Regula », qui devient, par là même, la première règle monastique occidentale. Courte, sage, très souple et d'une universalité exceptionnelle, elle a été adoptée par près de 300 Ordres et Congrégations, dont tous les Chanoines Réguliers. Elle peut inspirer et sanctifier non seulement les religieuses et les religieux mais aussi les chrétiens laïcs. D'ailleurs, des laïcs comme La Bruyère au XVIe siècle ou le Bienheureux Frédéric Ozanam au XIXe siècle, débordent d'admiration pour le saint évêque. Le Pape Benoît XVI lui a consacré une thèse de Doctorat et le cite très souvent.

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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 15:04
Notre-Dame de Pompéi, Reine du Rosaire
Saint-Dominique et Sainte-Catherine de Sienne





Constitutions primitives de l'Ordre des Prêcheurs (1216-1236).
Suite

XXIV. 1. On lancera l'excommunication contre tout frère apostat qui ne reviendra pas dans les quarante jours. S'il revient par pitié pour lui-même, il quittera ses vêtements sous le cloître; puis nu, portant les verges, il viendra au chapitre et prosterné dira sa faute en demandant, pardon. Il restera soumis à la peine de la coulpe plus grave aussi longtemps qu'il plaira au supérieur. Tous les dimanches il se présentera nu au chapitre. Durant ce temps de pénitence il sera partout le dernier dans la communauté et pendant une année jeûnera au pain et à l'eau deux jours par semaine. Quand la pénitence sera terminée il ne reprendra jamais son rang, mais un rang inférieur selon que le jugera le supérieur. S'il fuit une seconde fois et revient de nouveau, il fera pénitence de la même façon et l'on ajoutera une seconde année à la première. Une troisième, s'il part une troisième fois. Une quatrième pour un quatrième départ. En constatant le repentir des frères qui font pénitence pour cette raison, le supérieur pourra cependant se montrer indulgent, ou remettre une partie du temps, selon que sa discrétion le croira ou le jugera bon, envers tous ceux qui l'imploreront au chapitre avec humilité. Mais si l'un d'eux s'est fait ordonner au cours de son apostasie ou s'est permis de célébrer les divins mystères pendant ce temps, après l'excommunication, il sera privé de l'exercice de son office à perpétuité, à moins que, dans la suite, peut-être, il ne se conduise si religieusement qu'il en reçoive dispense par l'autorité du Siège apostolique. 2. De même, celui qui a apostasié, dès la première fois, ou celui qu'on a convaincu de péché de la chair ne prêcheront plus désormais et n'entendront plus les confessions, à moins que le chapitre général ou provincial ne les restitue dans leurs droits.


XXV.
La coulpe suprême est l'incorrigibilité de celui qui ne craint pas d'accepter froidement le péché et refuse d'en porter la peine. C'est à son sujet, que notre père Augustin nous prescrit « de le rejeter de [notre] société, même s'il ne se retire pas de lui-même », comme le veut l'Apôtre [Ad Tir. 111, 10], qui nous commande « de nous écarter de celui qui fomente des divisions, après un premier et un second avertissement », lorsqu'il est manifeste qu'il est, incorrigible, « et s'obstine dans un péché qui conduit à la mort » [I Joh. v, 16] « sachant qu'un tel homme est totalement plongé" dans les ténèbres ». Dépouillé de notre habit, revêtu de vêtements séculiers, qu'on le contraigne à sortir, s'il peut encore à cette heure conserver intégralement sa tête et ses facultés. On n'accordera jamais à aucun autre, en quelque occasion que ce soit, la permission de s'en aller, s'il a l'indignité de le désirer, craignant que l'ordre et la discipline canoniale ne deviennent objets de mépris, si l'habit de la religion canoniale se faisait mépriser dans la personne de quelques indignes. De la même façon qu'ils ont rejeté leur profession de leur coeur, qu'ils soient contraints de déposer les insignes de leur profession. Qu'à personne, quelle que soit son importunité, de quelque manière que ce soit, on n'accorde licence de s'en aller d'autre façon.


SECONDE DISTINCTION

Du chapitre provincial.


I.
1. Nous statuons que chaque année, dans chacun des chapitres provinciaux d'Espagne, de Provence, de France, de Lombardie, de la province Romaine, de Hongrie, de Teutonie, d'Angleterre, quatre frères des plus prudents et des plus capables soient élus par le chapitre provincial. On procédera par voie d'enquête du prieur provincial, du prieur et du sousprieur du lieu où se célèbre le chapitre, ou s'il en manquait un par enquête de deux seulement, de la façon suivante : les trois personnes susdites, ou les deux s'il en manquait une, s'en querront de la volonté de , chacun, un par un, en se tenant légèrement à l'écart dans la même chambre et sous les yeux de tous; ils l'écriront fidèlement et, sur-le-champ, au même lieu, avant que les frères ne s'en aillent ou ne parlent entre eux, ils publieront leur procès-verbal au sein de l'assemblée. L'on tiendra pour définiteurs ceux sur le nom desquels s'est réuni la majorité numérique du chapitre provincial. Si les voix se divisent en parties égales, alors le chapitre élira quelqu'un par le même système d'enquête sur les volontés, et la partie pour laquelle celui-ci se décidera sera tenue pour définiteurs. Si le désaccord persiste, on élira quelqu'un d'autre, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on obtienne une majorité en faveur de l'une des parties.

1a. Nous appelons chapitre provincial les prieurs conventuels, chacun doublé d'un frère élu par son chapitre, et les prédicateurs généraux. Les prédicateurs généraux sont ceux qui ont été approuvés par le chapitre général, ou le prieur provincial avec les définiteurs du chapitre provincial. 2. Les profès pourront assister aux accusations et aux corrections trois ans 16 après leur entrée dans l'ordre.

3. Item : les couvents qui envoient des accusations au chapitre provincial ou général doivent écrire à propos de chacun des articles le nombre et le nom des accusateurs et s'ils accusent sur des faits qu'ils ont vus, ou seulement entendu dire; et que nul n'accuse par ouï-dire, sans dire de qui il le tient; mais que partout on se garde de rapporter aucun mal sur le compte d'autrui, sans dire de qui on le tient.

II. Les définiteurs susdits traiteront toutes les affaires et définiront avec leur prieur provincial. Si dans leur ceuvre de définition ils se divisent en parties égales, la décision de la partie à laquelle s'accorde le prieur provincial prévaut ; autrement, la décision de la majorité prévaut.

III. Ces quatre définiteurs entendront et corrigeront au chapitre provincial les transgressions confessées ou proclamées du prieur provincial, lui infligeant une pénitence. S'il se montrait incorrigible - à Dieu ne plaise - qu'ils le suspendent de son office de prieur iusqu'au chapitre général, en mettant à sa place le prieur du lieu où se célèbre le chapitre provincial, et fassent connaître ses transgressions au chapitre général dans un écrit qu'ils scelleront en commun.


Du chapitre général

V. 1. Nous statuons aussi que, durant deux années, le chapitre des huit susdites provinces élise quelqu'un des plus capables comme définiteur du chapitre général. Le prieur provincial et ces définiteurs assigneront un socius convenable à cet élu, afin que s'il venait entre-temps à décéder ou à se trouver empêché en quelque façon de venir au chapitre général, son socius soit de plein droit considéré comme définiteur à sa place. 2. Nous statuons que les quatre provinces de Jérusalem, de Grèce, de Pologne, de Dacie, aient chaque année des définiteurs en chacun des chapitres généraux. La troisième année les prieurs provinciaux des douze provinces célébreront le chapitre général. 3. Item : nous statuons que les définiteurs du chapitre provincial donnent un socius au prieur provincial en route pour le chapitre général.

VI. 1. Nous statuons et dans la puissance de l'Esprit-Saint et de l'obéissance, sous la menace de l'anathème, nous défendons formellement aux prieurs provinciaux comme aux frères définiteurs de se permettre de causer aux frères définiteurs comme aux provinciaux quelque préjudice que ce soit par leurs définitions. Que s'ils tentaient de le faire, nous défendons à qui que ce soit avec la même rigueur d'oser leur obéir en cela.

2. Et pour éviter la multiplication des constitutions, nous défendons à l'avenir de rien statuer sans le faire approuver par deux chapitres successifs; au troisième chapitre, c'est-à-dire à celui qui suit immédiatement, on pourra confirmer ou annuler cette disposition, qu'il s'agisse de prieurs provinciaux ou d'autres définiteurs et en quelque lieu que se tienne ce troisième chapitre.

VII. 1. Les douze définiteurs, pour les deux premières années, et douze prieurs provinciaux, pour la troisième, s'associeront au maître de l'ordre pour définir, constituer et traiter toutes les affaires. 2. S'il arrivait par occasion au maître d'être absent, les susdits définiteurs procéderaient néanmoins à leur ceuvre de définition. S'ils se divisent en parties égales, la décision prévaut de la partie à laquelle se rallie le maître général. Si les parties sont inégales, la décision de la majorité l'emporte. Si l'adjonction du maître égalise les parties, on élit quelqu'un selon le mode institué pour l'élection des définiteurs provinciaux. 3. Si quelques-uns de ces derniers, empêchés par quelque accident, n'ont pu venir au chapitre, ceux d'entre eux qui ont pu venir traiteront toutes les affaires avec le maître de l'ordre. S'ils ne s'accordent pas tous pour une décision unanime, on observera la forme exposée plus haut.

VIII. 1. Ces définiteurs ont pleins pouvoirs pour corriger les transgressions du maître de l'ordre et même pour l'écarter radicalement. Et l'on doit observer inviolablement leur décision, en cette affaire comme dans les autres, de telle sorte qu'il ne soit permis à personne d'en appeler. Et si l'on fait appel on doit considérer cet appel comme nul et frivole. 2. Nous interdisons en effet radicalement et sous menace de l'anathème que l'on fasse un appel dans notre ordre, car nous ne sommes pas venus chicaner mais corriger des défaillances.

IX. 1. Les susdits définiteurs corrigeront et redresseront, entre eux et à part, les transgressions du maître.

1a. Si ses transgressions, cependant, sont si grandes qu'il faille l'écarter, ils ne procéderont pas en désordre et sans précision, mais avec la plus grande précaution et par une enquête très attentive. On ne le déposera que pour un crime ou pour tout autre péché criminel qu'on ne pourrait tolérer sans risquer pour l'ordre un grand scandale - à condition également qu'il en soit légitimement convaincu, ou qu'il l'ait confessé - ou s'il est à ce point négligent, inefficace ou relâché qu'il conduise l'ordre à sa ruine et à l'abolition. En ce cas, avant de le déposer, les définiteurs tâcheront de l'amener à abandonner de lui-même sa magistrature et à se choisir un lieu où il pourrait vivre honorablement. 2. Après la mort du maître, ou après son éloignement, les prieurs desdites provinces reçoivent pleinement son pouvoir en toutes choses, jusqu'à l'élection de son successeur, et tous sont tenus de leur obéir comme au maître. Si dans l'intervalle ils se trouvent en désaccord, la décision de la majorité l'emporte. Si les parties sont égales, ils prennent avec eux quelqu'un des frères qui ont voix à l'élection du maître, et la partie avec laquelle le frère s'accorde obtient pouvoir exécutif. Si le désaccord dure encore, on en élit un autre de nouveau, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on rencontre une majorité en faveur d'une des parties.

3. Nous faisons précepte, dans la puissance de l'Esprit-Saint, que nul n'ait l'audace de rien changer à la constitution de l'ordre avant l'élection du maître.

X. 1. Les susdits prieurs provinciaux des susdites huit provinces, chacun d'entre eux accompagné de deux frères élus par le chapitre provincial, à qui les autres ont remis leur mandat pour l'élection du maître, 1° et les prieurs provinciaux des susdites quatres provinces : c'est-à-dire de Jérusalem, de Grèce, de Pologne, de Dacie, chacun d'entre eux, accompagné du frère qui a été élu pour cette même affaire, viennent au chapitre général. Lorsqu'ils se sont rassemblés, le lundi après la Pentecôte, les prieurs conventuels de la province et les frères présents au lieu où va se faire l'élection les enferment solidement dans une chambre fermant à clef, de telle façon qu'ils n'en puissent aucunement sortir et qu'on ne leur serve aucun aliment, de quelque manière que ce soit, jusqu'à ce que le maître de l'ordre soit élu selon la forme canonique".

2. Et nous faisons ferme précepte d'observer cette règle autant aux électeurs qu'aux gardiens du conclave, en sorte que si quelqu'un avait la présomption d'aller contre, il serait par le fait même excommunié et devrait endurer la peine de la coulpe plus grave.

XI. 1. Voici la forme de l'élection. L'élection se fait par enquête ou scrutin. Après que les électeurs aient été enfermés de la façon susdite, les trois prieurs provinciaux les plus anciens par leur prise d'habit s'enquerront de la volonté de chacun, un à un et légèrement à part, dans la même chambre cependant et sous les yeux de tous. Si tous s'accordent sur quelqu'un à l'unanimité sous l'inspiration de la grâce, on le tiendra pour véritable maître de l'ordre. Si les parties se divisent inégalement, celui qui recueillera plus de la moitié des suffrages de tous ceux qui doivent élire sera le maître en vertu d'une telle élection et de cette constitution. 2. S'il arrivait que l'un ou l'autre des électeurs ne venait pas, néanmoins ceux qui sont présents procéderaient à l'élection. Tout cela se fera de telle manière que le mercredi de la Pentecôte le chapitre ait toujours un maître, ancien ou nouveau, présent ou absent, car sa célébration solennelle commence seulement alors et il ne faut pas qu'on puisse l'accuser d'être privé de tête.

3. Et nous voulons, et nous faisons ferme précepte d'observer sans contradiction toutes les constitutions relatives à l'élection du maître. Quiconque oserait y contredire avec pertinacité ou même se rebeller contre elles, qu'on le tienne pour excommunié, schismatique, ou destructeur de notre ordre. Aussi longtemps qu'il n'aura pas satisfait pour sa faute, qu'il soit radicalement séparé de la communion de tous et soumis à la peine de la coulpe plus grave.

4. Nous statuons que si l'on procède à l'élection du maître dans une année où les prieurs provinciaux font fonction de définiteurs, on admette avec eux, comme définiteur, par chaque province, un des frères électeurs élu à cet effet dans son chapitre provincial 71. 5. Si l'on y procède dans une année de définiteurs, les provinciaux s'associeront aux définiteurs et leur travail de définition se fera en commun. XII. Nous statuons, en outre, que tous les prieurs conventuels avec leur socius, et les prédicateurs généraux de ia province où le chapitre se célèbre viennent cette année-là au chapitre général et ne soient pas tenus, dans cette année-là, à célébrer un autre chapitre.

XII. 1. S'il arrive que le maître meure avant la fête de saint Michel, le prieur conventuel ou provincial qui se trouve le plus rapproché du lieu de décès du maître annonce l'événement avec célérité au couvent de Paris ou de Bologne, à savoir au plus proche d'entre eux. Et le premier de ces deux couvents qui reçoit la nouvelle est tenu de l'annoncer aux autres. Le couvent de Paris aux provinces d'Espagne, de Provence, d'Angleterre, de Teutonie. Le couvent de Bologne est tenu de le signifier au plus vite à la province de Hongrie, et à la province Romaine et, parmi les autres, à celles qu'il peut. Si le maître décède après la fête susdite, on annonce néanmoins son obit afin qu'on puisse cette année-là surseoir au chapitre général. L'année suivante, cependant, le chapitre sera célébré là où l'on devait précédemment le faire.

2. On célèbre le chapitre général une année à Paris, et l'année suivante à Bologne.

XN. Dans la puissance de l'Esprit-Saint et de l'obéissance, nous faisons ferme précepte d'observer ce qui suit : que nul n'ait l'audace de rendre consciemment public devant des étrangers la cause de la déposition du maître ou du prieur provincial, ses transgressions, sa correction, le secret du chapitre, ou les dissensions des définiteurs ou des frères, ce qui pourrait amener des troubles dans l'ordre ou nuire à sa réputation. Si quelqu'un cependant allait délibérément contre cette défense, qu'on le tienne pour excommunié, schismatique et destructeur de notre ordre. Aussi longtemps qu'il n'aura pas satisfait pour sa faute, qu'il soit radicalement séparé de la communion de tous et soumis à la peine de la coulpe plus grave. Nous faisons précepte avec la même rigueur que nul n'ait l'audace de travailler de quelque façon à diviser notre ordre par la parole ou par l'action. S'il le faisait, qu'il soit soumis à la peine susdite.

XV. 1. Nous statuons que les prieurs des provinces ou royaumes, après un examen attentif, soient confirmés ou écartés par le maître de l'ordre et les définiteurs au cours du chapitre général. Quant à leur élection, elle appartient au chapitre provincial. 2. Nous statuons que le maître, agissant tout seul, peut également confirmer le prieur provincial. 3. A la mort ou à la destitution du prieur provincial, on élit deux frères dans chacun des couvents de cette province. Ces frères, unis à leurs prieurs conventuels, procèdent à l'élection du prieur provincial selon la forme exposée plus haut, avec cette exception cependant, qu'il n'y a pas lieu de les enfermer comme on le fait dans l'élection du maître.

4. Item : lorsque le prieur provincial meurt ou se trouve écarté, le prieur qui le remplace est tenu de convoquer les électeurs le plus vite qu'il le peut sans inconvénient pour que l'on élise le prieur provincial et célèbre le chapitre provincial, à moins que ce dernier point ne soit déjà rempli. Si ceux qui doivent élire ne le font pas à ce moment, le droit de pourvoir est transféré au maître. 5. Item : nous statuons que l'élection du prieur provincial concerne seulement les prieurs conventuels et les deux frères élus dans chaque couvent, après convocation de tous les frères appartenant à ces couvents, si cela peut commodément se faire.

XVI. 1. Le prieur provincial jouit du même pouvoir dans sa province ou royaume que le maître de l'ordre, et ceux de la province lui manifestent les mêmes honneurs qu'ils font au maître de l'ordre, à moins que le maître ne se trouve présent.

2. Item : les prieurs provinciaux doivent veiller à visiter avec grand soin la province qui leur est confiée. D'ailleurs, s'ils n'ont pas la force suffisante pour le faire convenablement, ils peuvent se faire remplacer.

3. Le prieur d'une province ou royaume qui aurait quelques fils aptes à l'enseignement et capables en peu de temps de devenir maîtres régents, aura soin de les envoyer dans un centre d'études. Ceux auxquels il les envoie ne se permettront pas de les employer à autre chose ni de les renvoyer à leur province tant qu'on ne les rappellera pas. 4. Le chapitre provincial se célèbre à la fête de saint Michel au lieu convenu dans la province ou royaume et choisi par le prieur de la province ou royaume sur le conseil des définiteurs. 5. Nul religieux d'un autre ordre ou profession, nul séculier quels que soient sa classe, sa dignité, sa profession ou son mode de vie ne peut être admis de quelque façon que ce soit à participer aux secrets et aux délibérations du chapitre.

6. Or tout ce qu'on a dit du chapitre général doit être inauguré le lundi après la Pentecôte.

XVII. Le mercredi, lorsque les frères sont arrivés au chapitre, on commence avant toute chose par invoquer dévotement l'Esprit-Saint qui dirige les enfants de Dieu. On dit le verset ' Emitte spiritum tuum et creabuntur ' avec l'oraison du Saint-Esprit. Puis lorsque les frères se sont assis et que tous se sont mis à leur place, pour les affermir par la parole du Dieu du ciel on adresse à la communauté la parole divine. Tous ceux qui veulent s'édifier peuvent assister au sermon. Quand il est achevé, comme il convient de venir au plus vite au secours de ceux qui sont dans le besoin, on récite en commun l'obit des frères décédés dans l'année, on leur donne en commun l'absoute et l'on dit pour eux le psaume ' De profundis '. S'il y a des lettres à présenter, qu'on les donne et qu'on les reçoive on y répondra en son temps, après réflexion. Alors sortent tous ceux qui n'appartiennent pas au chapitre. Quand ils sont sortis, les frères chargés d'excuser les absents disent ce qu'ils sont venus faire. Ensuite commence l'audition des coulpes.

XVIII. Après cela les visiteurs doivent rendre compte, de vive voix s'ils sont présents et par écrit s'ils sont absents, des frères qu'ils ont visités : vivent-ils dans une paix continue, assidus à l'étude, fervents dans la prédication ? Quelle est leur réputation, le fruit de leurs efforts ? Respecte-t-on les observances selon la teneur des Institutions quant au vivre et aux autres points ? S'ils ont trouvé quelque part une défaillance, celui que l'affaire concerne doit se lever spontanément en l'entendant, demander pardon et attendre avec humilité la pénitence correspondante.

XIX. 1. Nous statuons qu'au chapitre provincial quatre frères soient désignés pour visiter la province de la façon susdite. Ils connaîtront des transgressions du prieur conventuel et des frères et les corrigeront sans rien changer à la constitution et à l'état de la maison. Ils siégeront partout à leur place habituelle, sauf au chapitre où ils exerceront leur office de correction, qui doit s'achever en trois jours continus. S'ils rencontrent cependant quelques affaires graves et dangereuses, bien que déjà corrigées, ils veilleront à les dénoncer néanmoins au chapitre général avec l'attestation de la majorité du chapitre local. On ne doit jamais élire comme visiteur un prieur et un lecteur [doctor].

3. Ceux qui devaient faire la visite dans la présente année et ne l'ont pas exécutée comme il le convenait disent leur coulpe et se soumettent à un châtiment mérité. Alors on envoie par écrit une pénitence aux absents qui devaient être là et à ceux qui ont fait une faute et n'ont pas satisfait.

XX. Après cela, on présente au chapitre les frères que d'aucuns estiment capables de prêcher et ceux qui n'ont pas encore reçu le ministère de la prédication par licence d'un supérieur ou d'un chapitre majeurs, quoiqu'ils en aient licence et mandat de leur propre prieur. Tous ces frères sont examinés à part par des personnalités compétentes instituées pour cette tâche et pour d'autres questions soulevées au chapitre. On interroge soigneusement les frères avec lesquels ils vivent sur la grâce que Dieu leur a donnée pour la prédication 24, sur leurs études, leur religion, la chaleur, la résolution et l'intensité de leur charité. S'ils rendent bon témoignage à leur sujet, on prend, de l'aveu et sur le conseil du supérieur majeur, la décision qu'on estime la plus utile : soit qu'on les laisse encore aux études, soit qu'on les fasse s'exercer avec des frères plus avancés dans la prédication, soit qu'on les estime capables d'exercer fructueusement par eux-mêmes le ministère de la prédication.

XXI. 1. Alors, les frères qui ont à poser des questions, personnelles ou générales, concernant l'observance ou la prédication, les proposent en ordre, l'un après l'autre, et quelque frère en prend note avec soin pour que ceux qui sont institués pour y répondre les résolvent et concluent définitivement en leur lieu et temps. Quand l'un se lève et parle, qu'aucun autre ne prenne la parole. Et pour qu'on garde la mesure aussi dans les sorties, que nul ne sorte sans permission ni nécessité. Sorti, qu'il ne divague pas, mais revienne au plus vite après avoir accompli sa besogne de nécessité. Si quelque dissension se manifestait entre les frères de notre ordre - Dieu nous en garde ! - à propos de livres ou d'autres biens matériels, on n'en parlera pas au chapitre, car il faut faire passer les affaires spirituelles avant les temporelles. On choisira des frères experts en ces matières qui, après le repas, dans un lieu convenable extérieur au chapitre, videront querelle en recherchant la vérité et ramèneront la paix entre les frères. Le supérieur majeur, aidé de ceux qui sont institués à cette fin, s'occupe également de résoudre et conclure définitivement les questions, de corriger les frères, de mesurer les pénitences, d'envoyer les prédicateurs avec leurs socius prêcher ou étudier, en en fixant le moment, le lieu et la durée. Tout ce qu'ils ordonnent de la sorte, par la grâce du Saint-Esprit, le chapitre doit le recevoir d'une manière universelle, unanime et empressée. Que nul ne murmure, nul ne réclame, nul ne contredise. A la fin on procède à une confession et une absolution communes, à la bénédiction de ceux qui persévèrent, à la malédiction des apostats et des fugitifs frappés de l'anathème.

2. On observe la même forme dans le chapitre provincial.

XXII. 1. Depuis la fête de saint Denys jusqu'à l'Avent, chaque frère clerc dit un psautier pour l'anniversaire des frères; chaque prêtre trois messes; chaque lai cinq cents pater. Chaque frère en fait autant pour le décès d'un frère de son couvent. On fait de même dans l'ordre tout entier pour le maître de l'ordre et dans chaque province pour le décès du prieur provincial. On fait de même pour un visiteur, dans les maisons qu'il doit visiter, s'il meurt pendant sa visite. On fait comme pour le décès du maître de l'ordre pour les définiteurs du chapitre général et pour les prieurs provinciaux, pour les autres frères avec leurs socius, s'il leur arrive de mourir en chemin. 2. Item : dans chaque province, chaque prêtre célèbre une messe pour la mort d'un frère de la province, chaque couvent une messe de communauté et chacun des autres frères sept psaumes. 3. On célèbre l'anniversaire des pères et des mères trois jours après la Purification de sainte Marie. L'anniversaire des bienfaiteurs et familiers, trois jours après sa Nativité.

XXIII. 1. On n'envoie pas fonder de communauté à moins de douze religieux, ni sans la permission du chapitre général, ni sans un prieur et un lecteur [doctor].

2. Item : on n'accorde la fondation d'une maison que sur postulation du prieur provincial et des définiteurs du chapitre provincial, et cette fondation, quand elle est concédée, ne peut s'établir qu'au lieu jugé convenable par ces autorités. 3. Item : nous statuons qu'aucune maison de notre ordre ne peut être transférée d'une province à une autre qu'avec l'approbation de trois chapitres successifs.

XXIV. 1. Les prieurs conventuels sont élus par leur couvent et confirmés, si bon lui semble, par le prieur provincial, sans la permission duquel on ne peut élire quelqu'un d'un autre couvent.

2. Item : les frères ne sont admis à l'élection du prieur conventuel qu'après une année de profession. S'ils sont d'une province étrangère, ils sont admis à l'élection du prieur conventuel, dans une maison d'autre province à laquelle on les a envoyés, après une année de séjour. 3. Item : après la mort ou la disparition du prieur, le couvent doit élire dans le mois qui en suit l'annonce, sinon le prieur provincial pourvoit ce couvent d'un prieur.

XXV. De son côté, le prieur conventuel, conseillé par les frères discrets, institue un sous-prieur dont l'office est de surveiller avec zèle et soin la marche du couvent, de reprendre ceux qui sont en faute et de s'occuper de toutes les autres affaires que le prieur lui confie ou lui permet de faire. Il n'est pas soumis aux accusations du chapitre quotidien, à moins qu'on ne le proclame à l'occasion pour quelque transgression grave, si le prieur le juge bon.

XXVI. 1. Nous ne recevons d'aucune façon propriétés ni revenus. 2. Aucun de nos frères ne peut se permettre de demander ou d'intriguer pour obtenir un bénéfice en faveur d'un de ses parents.

XXVII. 1. Dans la puissance de l'Esprit-Saint et sous peine d'excommunication, nous interdisons rigoureusement à nos frères de s'occuper ou de s'efforcer à l'avenir de faire confier à nos frères la charge d'âme ou la garde des moniales ou de tout autres femmes. Si quelqu'un avait la présomption d'aller contre cette défense, qu'il subisse la peine de la faute plus grave. Nous interdisons également à tous, désormais, de couper les cheveux, donner l'habit ou recevoir à la profession.

2. Item : nous ne pouvons recevoir des églises grevées d'une charge d'âme. Qu'on n'admette pas non plus un trop grand nombre de fondations de messes.

De l'étude

XXVIII. 1. Etant donné qu'il faut entourer les étudiants d'une prévoyance attentive, on les confie à un frère particulier, sans la permission duquel ils ne peuvent écrire de cahiers ni entendre de cours. Il corrige tout ce qui dans leurs études lui semble mériter correction. Si quelque point passe sa compétence, il le soumet au supérieur. Ils ne doivent pas prendre pour base de leurs études les livres des païens et des philosophes, même s'ils les consultent en passant. Qu'ils n'apprennent point les sciences séculières, ni même les arts dits libéraux, à moins qu'à l'occasion le maître de l'ordre ou le chapitre général n'en veuille disposer autrement à l'égard de quelquesuns. Les jeunes comme les autres doivent seulement étudier les livres théologiques.

2. Nous statuons que chaque province soit. tenue de procurer aux frères qu'on envoie aux études au moins les trois livres de théologie 26. Et les frères envoyés aux études travailleront essentiellement, avec toute leur application, l'Histoire Scolastique, les Sentences, le Texte sacré et les gloses.

XXIX. Le supérieur doit accorder telles dispenses aux étudiants qu'on ne puisse facilement ni interrompre leur étude ni la gêner pour des questions d'office ou d'autre chose. Si le maître des étudiants l'estime avantageux, on leur réserve un local particulier dans lequel, après la dispute et les leçons de vêpres et même en d'autres temps libres, ils peuvent se réunir en sa présence pour proposer leurs doutes et leurs questions. Lorsqu'un d'entre eux pose la question ou propose des arguments, que les autres se taisent pour ne point gêner celui qui parle. Et si quelqu'un en posant la question, en objectant, en répondant se montre impoli, ou brouillon, ou criard, ou même injurieux, il faut que celui qui préside, quel qu'il soit, le corrige aussitôt 27. On n'attribue pas de cellule à tous les étudiants, mais à ceux d'entre eux seulement qui en peuvent tirer profit, au jugement de leur maître. Si quelqu'un se montre infructueux dans les études, on donne sa cellule à autrui et on l'emploie lui-même à d'autres offices. Dans les cellules, ceux qui le veulent peuvent étudier, écrire, prier, dormir et même veiller pendant la nuit pour raison d'étude.

XXX. 1. Nul ne peut être nommé lecteur public s'il n'a pas entendu les cours de théologie au moins pendant quatre ans.

2. Item : aucun de nos frères n'enseignera sur les psaumes et les prophètes d'autre sens littéral que celui que les Pères de l'Eglise acceptent et confirment.

De la prédication.

XXXI. 1. Nous statuons que nul ne soit nommé prédicateur général avant qu'il n'ait entendu pendant trois années les cours de théologie. 2. Après une année de cours, cependant, on peut admettre ceux dont la parole ne risque pas de causer de scandales à s'exercer dans la prédication.

3. Ceux qui en sont capables, lorsqu'ils devront quitter le couvent pour aller en prédication, recevront du prieur le socius qu'il estimera convenable à leurs habitudes et à leur dignité. Ayant pris la bénédiction, ils s'en iront et se comporteront partout comme des hommes qui cherchent à obtenir leur salut et celui du prochain, en toute perfection et esprit religieux, comme des hommes évangéliques suivant les traces de leur sauveur, parlant avec Dieu ou de Dieu, en eux-mêmes ou avec le prochain, ils éviteront la familiarité des compagnies suspectes. Quand ils s'en vont ainsi pour exercer le ministère de la prédication ou voyagent pour d'autres causes, ils ne doivent recevoir ni porter de l'or, de l'argent, de la monnaie ou quelque autre cadeau, à l'exception de la nourriture, du vêtement et des autres instruments de nécessité et des livres. Aucun de ceux qui sont députés au ministère de la prédication et à l'étude ne doit recevoir de charge ou d'administration temporelle, pour que dans une liberté plus grande ils deviennent capables de mieux remplir le ministère spirituel qu'on leur a confié; à moins que d'aventure on ne trouve aucune autre personne qui puisse s'occuper de ces nécessités : car il n'est pas mauvais qu'on soit par moment retenu par les nécessités du jour présent [Matth. vi, 34]. Ils ne prendront pas part aux plaids et aux procès si ce n'est pour affaires de foi.

XXXII. 1. Que nul ne se permette de prêcher dans le diocèse d'un évêque qui lui a interdit de prêcher, à moins qu'il n'ait des lettres et un mandat. général du Souverain Pontife.

2. Lorsque nos frères pénètrent pour prêcher dans quelque diocèse, ils visitent d'abord l'évêque, s'ils le peuvent, et s'inspirent de ses conseils pour obtenir parmi le peuple [ms : in proprio] le fruit spirituel qu'ils poursuivent; ils lui obéissent avec dévouement, aussi longtemps qu'ils demeurent sous sa mouvance épiscopale, en tout ce qui n'est pas contraire à la règle.

XXXIII. 1. Que nos frères se gardent de scandaliser les religieux ou les clercs en prêchant, par leur façon de parler contre le ciel 28. Ils doivent au contraire s'efforcer de corriger en eux les défauts qui paraissent le mériter en les exhortant à part comme des pères.

2. Nul n'est admis à pratiquer le ministère de la prédication en dehors du cloître ou de la compagnie des frères, avant vingt-cinq ans révolus.

XXXIV. 1. Les prédicateurs et les itinérants, lorsqu'ils sont sur la route, disent leur office dans la mesure où ils le savent et le peuvent; ils se contentent de l'office qu'on récite dans les églises où ils descendent entre-temps; ils peuvent aussi célébrer l'office, ou l'entendre chez les évêques, prélats, ou autres, selon les usages de ceux avec lesquels ils vivent durant ce temps. 2. Les frères itinérants portent également avec eux des lettres testimoniales et reçoivent correction des transgressions qu'ils ont commises dans les couvents où ils descendent. 3. Le supérieur pendant la route est le plus ancien dans l'ordre, à moins qu'on ne l'ait associé à un prédicateur ou que le supérieur au moment du départ en ait disposé d'autre sorte. 4. Le socius d'un prédicateur doit lui obéir comme à son supérieur.

5. Nous statuons que nos frères ne doivent pas exciter les fidèles dans leur prédication à donner ou à rassembler de l'argent pour la maison ou quelque personne particulière. 6. Item que nul ne se fasse écrire des livres aux frais de la maison, si ce n'est en vue de l'utilité commune. 7. Les dimanches et les jours de fêtes principales on doit s'abstenir d'écrire des cahiers. 8. Item : nous interdisons le dimanche les ceuvres serviles, comme porter des pierres, ramasser du bois et autres occupations semblables. 9. Aucun prieur conventuel ne doit amener avec lui plusieurs frères au chapitre général ou provincial sans raison légitime; et que chaque prieur prenne avec lui le socius élu par son chapitre. 10. Item : nul désormais ne pourra soumettre aux définiteurs une pétition que son chapitre n'aurait pas approuvée. 11. Item : une pétition ne peut être présentée au chapitre provincial que par un couvent; au chapitre général que par un chapitre provincial. 12. Les frères Mineurs doivent être reçus avec autant d'aimable charité que les nôtres et traités selon les moyens de la maison avec affection et décence.

XXXV. 1. Nos frères doivent avoir des maisons médiocres

et basses en telle sorte que le mur de la maison, sans compter l'étage sous toit, ne dépasse pas en hauteur douze pieds, et vingt avec l'étage; l'église, trente pieds. On ne la couvrira pas d'une voûte en pierre, sauf peut-être au-dessus du chceur et de la sacristie. Si quelqu'un y contrevenait désormais, qu'il soit soumis à la peine de la coulpe plus grave. 2. Item : on élira trois frères dans chaque couvent parmi les plus judicieux sans le conseil desquels on ne pourra bâtir.

XXXVI. 1. Nos frères ne peuvent être administrateurs des biens ou de l'argent d'autrui, ni chargés d'un fidéicommis ou d'un dépôt. 2. Les prieurs usent des dispenses comme les autres frères. 3. Le prieur reçoit avec honneur un prieur qui survient. Celui-ci ne doit pas courir la cité sans demander conseil à son hôte, ni s'attarder. 4. On ne porte pas de pantoufles [botae} 31 hors de l'enceinte du couvent. 5. Quant aux inclinations, nous nous conformons aux habitudes de ceux chez qui nous descendons. 6. Aucun frère ne doit aller à la Curie sans permission du maître ou du chapitre général : il doit envoyer un courrier [garcio] aux frères qui s'y trouvent ; ou bien se servir d'un séculier qui accepterait d'être notre procureur et agirait comme de lui-même et non par nous. 7. Les Frères n'accepteront pas de petits cadeaux de la main des femmes; ils n'en donneront pas non plus, surtout les confesseurs. 8. Si l'on demande quelque chose à un prieur, on ne peut s'adresser ensuite à un autre qu'à condition de lui signaler l'affaire. On ne peut aller d'un supérieur plus élevé à un moins élevé. 9. Quand un frère est envoyé d'une province à une autre pour enseigner, il emporte avec lui tous ses livres, ses gloses, sa Bible et ses cahiers. S'il n'est pas envoyé pour enseigner, il n'emporte que la Bible et. ses cahiers. S'il vient à mourir en chemin, le couvent destinataire acquitte pour lui les messes et les psautiers et a droit aux livres que possède le frère. 10. Chaque province ne peut envoyer que trois frères au studium de Paris. 11. Les jours de férie nous restons en prostration du ' Sanctus' à l' ' Agnus ' aux fêtes de trois ou de neuf leçons, depuis l'élévation du Corps du Christ jusqu'au ' Pater noster '. Nous faisons les mêmes prostrations aux fêtes de trois et de neuf leçons. 12. Au ' Salve sancta parens ' et au ' Veni Sancte Spiritus' nous fléchissons le genou. 13. Item : si nous disons la messe de la Croix un jour de férie, nous nous prosternons jusqu'au sol; mais nous ne le faisons pas pour la messe de la bienheureuse Vierge ou du Saint-Esprit. 14. Item : nous ne terminons jamais la messe par un alleluia.

RÈGLE DES CONVERS

1. Nos frères convers se lèvent à la même heure que les frères chanoines et font les mêmes. Quand ils sont levés pour matines, ils disent 'Pater noster ' et 'Credo in Deum '. Ils font la même chose avant prime et après complies. A matines, après avoir dit ' Pater noster ' et ' Credo in Deum', ils se redressent en disant ' Domine labia mea aperies ', etc., ' Deus in adjutorium meum ', etc., ' Gloria Patri ', etc. Pour matines, les jours ouvrables, ils disent 28 pater. Et à la fin de tout, ' Kyrie eleison', ' Christe eleison', ' Kyrie eleison ', ' Pater noster '; après quoi ils ajoutent 'Per Dominum ', etc.; ensuite ' Benedicamus Domino ', etc. Pour les fêtes de neuf leçons, ils disent 40 pater. Aux autres heures ils disent 7 pater et 14 aux vêpres. A la place de ' Pretiosa ' ils disent trois pater. Pour la bénédiction de la table ` Pater noster ' et ' Gloria Patri '. Aux grâces après le repas, trois pater, gloria, etc., ou ' Miserere mei Deus' pour ceux qui le savent. Et tout ceci en silence à l'église et partout.

2. Ils ont les mêmes vêtements que les chanoines, sauf la chape, à la place de laquelle ils ont un scapulaire long et large qui ne doit pas être blanc à la façon de la tunique. Ils peuvent avoir un scapulaire plus court et de couleur grise selon les mesures et la forme du scapulaire des chanoines. Pour les jeûnes, les aliments, l'abstinence, les coulpes et tout le reste, ils se conduisent comme il est écrit dans la règle des chanoines. Le supérieur pourra cependant les dispenser quant au travail.

3. Les convers qui ont un psautier n'auront le droit de le conserver que deux années à partir d'aujourd'hui, et nous interdisons aux autres les psautiers.

4. Item : aucun convers ne peut devenir chanoine. Nul d'entre eux ne doit se permettre de s'occuper de livres pour y faire des études.

5. Nous confirmons la totalité de l'office, tant diurne que nocturne; nous voulons que tous l'observent uniformément et que personne à l'avenir n'ait licence d'y rien changer.

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