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  • : IHS. Parousie, blog de Patrick ROBLES
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  • Patrick ROBLES le Franc-Comtois
  • O Dieu ! Aie pitié de moi dans ta bonté ; selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions. Have mercy upon me, O God, according to thy lovingkindness: according unto the multitude of thy tender mercies blot out my transgressions. Ps 51 (50)
  • O Dieu ! Aie pitié de moi dans ta bonté ; selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions. Have mercy upon me, O God, according to thy lovingkindness: according unto the multitude of thy tender mercies blot out my transgressions. Ps 51 (50)

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:44

J.M.J. Cracovie 10.I.I938

MES PREPARATIONS A LA SAINTE COMMUNION

Sœur Marie Faustine du Très Saint Sacrement

Congrégation des Sœurs de la Divine Mère de Dieu de la Miséricorde

Archives de la Servante de Dieu S(oeur) M(arie) Faustine Kowalska

1803. Le moment le plus solennel de ma vie est le moment où je reçois la Sainte communion. Je languis après chaque Sainte Communion et pour chacune d'elles, je rends grâce à la Sainte Trinité.
Les anges, s'ils le pouvaient seulement, nous envieraient deux choses : la réception de la Sainte Communion et la souffrance.

1804. Aujourd'hui je me prépare à Votre arrivée, comme une fiancée attendant son fiancé. C'est un grand Seigneur que mon Fiancé. Les cieux ne peuvent Le contenir. Les Séraphins, qui se tiennent le plus près de Lui, voilent leur face et répètent sans cesse : Saint, Saint, Saint.
Ce grand Seigneur, c'est mon Epoux. C'est pour Lui que chantent les Chœurs des anges. C'est devant Lui que s'agenouillent les Trônes et devant Sa clarté le soleil pâlit.
Et cependant, ce Grand Seigneur est mon Epoux. Ô mon cœur, sors de cette profonde méditation sur la manière dont les autres L'adorent. Tu n'as plus assez de temps, car Il s'approche et déjà Il est à ta porte. Je sors à Sa rencontre et je l'invite dans la demeure de mon cœur, en m'abaissant profondément devant Sa Majesté. Mais le Seigneur me soulève de la poussière et m'invite comme Son épouse à m'asseoir auprès de Lui et à Lui dire tout ce que j'ai dans le cœur.
Et moi, encouragé par Sa bonté, j'incline la tête sur Sa poitrine et je Lui parle de tout. D'abord, ce que je ne dirais jamais à aucune créature. Ensuite des besoins de l'Eglise, des âmes des pauvres pécheurs et combien ils ont besoin de Sa Miséricorde. Mais le temps passe vite. Jésus je dois m'en aller remplir les devoirs qui m'attendent. Jésus me dit qu'il y a encore le temps de prendre congé. Un profond regard réciproque et, pour un instant, nous voici séparés, en apparence, mais jamais en réalité. Nos cœurs sont perpétuellement unis. Même si extérieurement, je suis distraite par mes devoirs, la présence de Jésus me plonge continuellement dans un profond recueillement.

1806. Aujourd'hui, ma préparation à la venue de Jésus est courte, mais empreinte d'un amour ardent. Je suis toute pénétrée de la présence de Dieu qui enflamme mon amour pour Lui. Point de mots, seulement une intelligibilité intérieure. Je me plonge toute entière en Dieu, par amour. Le Seigneur s'approche de la demeure de mon cœur. Après avoir reçu la Sainte Communion, il me reste juste assez de présence d'esprit pour retourner à mon prie-Dieu. Au même moment, mon âme s'abîme complètement en Lui et je ne sais plus ce qui se passe autour de moi. Dieu me donne une connaissance intérieure de Son Etre divin. Ces moments sont courts, mais pénétrants. L'âme sort de la chapelle profondément recueillie et il n'est pas facile de la distraire. Dans ces moments-là, c'est comme si je ne touchais terre que d'un pied. Aucun sacrifice, en ce jour n'est difficile ni dur. Tout n'est que l'occasion d'un nouvel acte d'amour.

1807. Aujourd'hui, j'invite Jésus dans mon cœur comme Amour. Vous êtes l'Amour-même. Le Ciel entier s'enflamme pour Vous et se remplit d'amour. Mon âme Vous convoite, comme une fleur désire le soleil. Jésus, hâtez-Vous de venir en mon cœur. Car Vous voyez que comme la fleur se tourne vers le soleil, ainsi mon cœur s'élance vers Vous. J'épanouis la corolle de mon cœur pour recevoir Votre amour.

1808. Quand Jésus entra dans mon cœur, mon âme toute entière frémit de vie et de chaleur. Jésus, prenez l'amour de mon cœur et versez-lui le Vôtre : un amour chaleureux et rayonnant, qui sait porter chaque offrande, qui sait s'oublier totalement.
Toute ma journée d'aujourd'hui est empreinte de sacrifice...

1809. Je me prépare, aujourd'hui à l'arrivée du Roi. Qui suis-je et qui êtes Vous, ô Seigneur, Roi de gloire, de gloire immortelle ? Ô mon cœur, te rends-tu compte de Celui qui vient aujourd'hui chez toi ? Oui, je le sais, mais cet étonnant, c'est inconcevable pour moi. Oh ! Si c'était seulement un roi ! Mais c'est le Roi des Rois et le Seigneur des Seigneurs ! Devant Lui, tremblent toute puissance et autorité. Il vient aujourd'hui dans mon cœur. Maintenant, j'entends qu'Il s'approche. Je vais à Sa rencontre et je L'invite. Quand Il entra dans la demeure de mon cœur, un si grand respect s'empara de mon âme que celle-ci s'évanouit d'effroi et tomba à Ses pieds. Jésus lui tendit la main et permit gracieusement qu'elle prenne place auprès de Lui. Il la rassura : « Vois donc, J'ai quitté Mon trône céleste pour M'unir à toi. Ce que tu vois c'est à peine un coin du voile soulevé et déjà ton âme défaille d'amour. Mais quel étonnement pour ton cœur quand tu me verras dans toute Ma gloire !

1810. Et je veux te dire que cette vie éternelle doit commencer ici, sur cette terre par la Sainte Communion. Chaque Communion te rendras plus capable de communier avec Dieu pour toute l'éternité avec Dieu.»
« Eh bien, mon Roi, je ne vous demande rien, bien que je sache que Vous pouvez tout me donner. Je réclame une seule chose : Restez pour tous les siècles le Roi de mon cœur. Cela me suffit.»
Je renouvelle aujourd'hui la soumission à mon Roi par la fidélité aux inspirations intérieures.

1812. Aujourd'hui je ne m'efforce pas à une préparation spéciale. Je suis incapable de penser tant mes sentiments sont multiples. Je languis après le moment où Dieu viendra dans mon cœur. Je me jette dans ses bras et Lui parle de mon insuffisance et de ma misère. Je déverse toute la douleur de mon cœur, douleur de ne pouvoir L'aimer autant que je désire. Je pénètre mon âme des actes de foi, d'espérance et de charité. Et c'est ainsi que je vis toute la journée.

1813. Aujourd'hui, ma préparation est courte. L'amour fort et vif déchire presque le voile de la foi. La présence de Dieu pénètre mon cœur comme un rayon de soleil pénètre le cristal. Au moment où je recevrai Dieu, tout mon être s'enfoncera en Lui. La stupéfaction et l'admiration s'emparent de moi quand je contemple la grande majesté divine, qui S'abaisse jusqu'à moi qui suis la misère même. J'éprouve une immense gratitude envers Lui pour toutes les grâces qu'Il m'accorde et surtout pour la grâce de la vocation à Son service exclusif.

1814. Aujourd'hui je désire dans la Sainte Communion m'unir très étroitement à Jésus. Je désire Dieu si vivement qu'il me semble que le moment où le prêtre me donnera la Sainte Communion ne viendra jamais. Mon âme défaille à cause de son désir de Dieu. Quand je l'ai reçu dans mon cœur le voile de la foi s'est déchiré.

1815. J'aperçus Jésus qui me dit : « Ma fille, ton amour Me récompense de la froideur de beaucoup d'âmes. » Après ces mots je restai seule. Mais toute la journée durant je vécus en esprit de réparation.

1816. Aujourd'hui, je sens dans mon âme l'abîme de ma misère. Je désire m'approcher de la Sainte Communion comme d'une source de miséricorde et de me noyer toute dans cet océan d'amour.
Quand j'ai reçu Jésus, je me suis jetée toute en Lui, comme dans l'abîme de l'impénétrable miséricorde. Et plus je sentais que je suis la misère même, plus augmentait ma confiance en Lui.
Dans cet abaissement je passais toute la journée.

1817. Aujourd'hui, mon âme a la disposition d'un enfant. Je m'unis à Dieu, comme l'enfant à son Père. Je me sens, en plénitude, enfant de Dieu.

[1818-1827 édition numérique par Thierry G.]

1818. Quand je reçus la Sainte Communion, j'ai eu une plus profonde connaissance du Père Céleste et de Sa paternité par rapport aux âmes.
Je vis aujourd'hui en glorification de la Sainte Trinité. Je remercie Dieu qu'Il daigne nous admettre, par la grâce, au nombre de Ses enfants.

1819. Aujourd'hui je désire me transformer toute entière en amour de Jésus et m'offrir avec Lui au Père Céleste.
Pendant la Sainte Messe, j'aperçus le petit Jésus dans le calice qui me dit : « Je demeure ainsi dans ton cœur comme tu Me vois dans ce calice.»

1820. Après la Sainte Communion, je sentis dans mon propre cœur les battements du Cœur de Jésus. Quoique depuis longtemps, j ai la conscience que la Sainte Communion subsiste en moi jusqu'à la Communion suivante : toute la journée aujourd'hui, j'adore Jésus dans mon cœur et je Le prie pour qu'Il protège, par Sa grâce, les petits enfants du mal qui les menace. La vive présence de Dieu se laisse ressentir même physiquement. Elle dure toute la journée et ne me trouble nullement dans mes occupations.

1621 Aujourd'hui, mon âme veut d'une manière toute spéciale, manifester mon amour à Jésus. Quand le Seigneur entra dans mon cœur, j'ai jeté mon cœur à Ses pieds comme un bouton de rose. Je désire que le parfum de mon amour s'élève sans cesse au pied de Votre Trône. Daignez voir Jésus, dans ce bouton de rose tout mon cœur pour Vous. Non seulement en ce moment où mon cœur est brûlant comme une braise, mais pendant toute la journée. Je Vous donnerai des preuves de mon amour par la fidélité à la grâce divine.
Aujourd'hui je saisirai avec empressement toutes les difficultés et souffrances que je rencontrerai, comme des boutons de roses, pour les jeter aux pieds de Jésus. Qu'importe que la main ou plutôt le cœur saigne...

1822. Aujourd'hui mon âme se prépare à la venue du sauveur qui est la bonté et l'amour même. Les tentations et les distractions me tourmentent et ne me permettent pas de me préparer à la venue du Seigneur. C'est pourquoi je désire Vous accueillir plus chaleureusement. Mon Seigneur, car je sais que quand Vous viendrez, Vous m'affranchirez de ces tourments. Et si Votre volonté est que je souffre, et bien ! Fortifiez-moi pour la lutte !
Jésus Sauveur, qui avez daigné venir dans mon cœur, chassez ces distractions qui m'empêchent de parler avec Vous !
Jésus me répondit : « Je veux que tu sois comme un chevalier exercé à la lutte, qui sache au milieu du fracas des balles, donner des ordres aux autres. Ainsi toi, Mon enfant, sache te maîtriser dans les plus grandes difficultés et que rien ne t'éloigne de Moi, pas même tes chutes. »
Aujourd'hui, j'ai lutté durant toute la journée avec une certaine difficulté que Vous connaissez Jésus...

1823. Aujourd'hui mon cœur tremble de bonheur. Je désire beaucoup que Jésus vienne dans mon cœur qui languit et s'enflamme d'un amour grandissant.
Quand Jésus arriva, je me suis jetée dans ses bras, comme un petit enfant. Je Lui ai raconté ma joie. Jésus prêtait l'oreille à mes épanchements d'amour. Je lui ai demandé pardon de ne pas m'être préparée à la Sainte Communion. Mais continuellement je pensais goûter cette joie le plus vite possible. Jésus me répondit qu'une telle préparation Lui est agréable, « ainsi que la joie avec laquelle tu M'as reçu dans ton cœur aujourd'hui. Aujourd'hui, d'une manière toute spéciale, je bénis ta joie. Rien, tout au long de ce jour, ne troublera ta joie... »

1824. Aujourd'hui, mon âme se prépare à l'arrivée du Seigneur qui peut tout, qui peut me rendre parfaite et sainte. Je me prépare soigneusement à Son accueil, alors surgit une difficulté. Comment me présenter à Lui ? Et voilà que j'ai tout, de suite, rejeté. Je me présenterai comme mon cœur va me le dicter.

1825. Quand je reçus Jésus dans la Sainte Communion, mon cœur s'écria de toute sa force : « Jésus, changez tout mon être en une autre hostie Je veux être une hostie vivante pour Vous. Vous êtes le Seigneur, grand et Tout-Puissant. Vous pouvez m'accorder cette grâce. » Et le Seigneur me répondit : « Tu es une vivante hostie agréable au Père Céleste. Mais prends en considération ce qu'est l'hostie : Le sacrifice, eh bien !... »
Ô mon Jésus, je comprends la signification de l'hostie, je comprends la signification du sacrifice. Je veux être devant Votre Majesté une hostie vivante, cela veut dire un vivant sacrifice, qui tous les jours brûlera en Votre honneur.
Quand mes forces commenceront à faiblir, c'est la Sainte Communion qui me soutiendra et me donnera la force. Vraiment, je crains le jour où je ne recevrai pas la Sainte Communion. Mon âme puise une force étonnante dans la Sainte Communion
Ô vivante hostie, Lumière de mon âme !

1826. Aujourd'hui mon âme se prépare à la Sainte Communion comme à un banquet nuptial où tous les convives resplendissent d'une étrange beauté. Et moi aussi je suis invitée à ce banquet. Mais je ne vois pas en moi, cette beauté, mais un abîme de misère. Et quoique je ne me sente pas digne de me mettre à table, pourtant je vais me glisser sous la table aux pieds de Jésus et je vais ramasser au moins les miettes qui tombent sous la table. Comme je connais Votre miséricorde, je m'approche de Vous, Jésus, car ma misère manquera avant que ne s'épuise la pitié de Votre Cœur. Aujourd'hui je vais donc éveiller ma confiance dans la miséricorde divine.

1827. Aujourd'hui, Sa Majesté divine m'enveloppe. Je ne sais que faire pour me préparer mieux. Je suis généralement plongée en Dieu. Mon âme s'enflamme de Son amour. Je sais seulement que j'aime et que je suis aimée. Cela me suffit. Pendant la journée je tâche d'être fidèle à l'Esprit Saint et de répondre à Ses exigences. Je cherche le silence intérieur pour pouvoir entendre Sa voix.


Concordat cum originali
Cracovie, 18 septembris 1968

Curia Metropolitana Cracoviensis
Vice Cancellarius Curiae
 

Fin du Petit Journal de Sainte-Faustine, apôtre de la Miséricorde Divine.


Lors de la canonisation de Sainte-Faustine Kowalska le 30 avril 2000 par le très Saint-Père Jean-Paul II, ce dernier a institué le jour de la Miséricorde, comme Jésus l'avait demandé à Sainte-Faustine, et qui tombe le premier dimanche après Pâques. Jean-Paul II a également consacré le monde entier à la Miséricorde Divine.

Merci chaleureux et fraternel à :

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:42

1751. Retraite de trois jours, sous la direction du Maître Jésus, qui m'a Lui-même ordonné de faire cette retraite. Il a Lui-même précisé les jours de la retraite : ce sont les trois jours précédant la Pentecôte. Il m'a dirigé Lui-même pendant cette retraite
J'ai cependant demandé à mon confesseur, si je pouvais faire cette retraite et j'ai reçu sa permission. J'ai prié aussi la Mère Supérieure de m'en donner la permission, et je l'ai reçue. J'avais résolu de ne pas faire de retraite si je n'obtenais pas la permission des Supérieures. J'ai commencé une neuvaine au Saint-Esprit et j'attendais la réponse de ma Mère Supérieure. Il me fallait commencer la retraite aujourd'hui et je n'avais encore reçu aucune nouvelle sur l'opinion de la Mère Supérieure.
Le soir je suis allée à l'office et pendant les litanies j'ai aperçu Jésus : « Ma fille, nous commençons la retraite.» J'ai répondu : « Jésus, mon très cher Maître, je vous demande bien pardon, mais je ne ferai pas de retraite, car je ne sais si la Mère Supérieure me le permettra. » - « Sois tranquille, Ma fille, la Supérieure l'a permis. Tu le sauras demain matin, cependant nous commençons la retraite ce soir »
Et en effet, la Mère Supérieure avait téléphoné le soir à la Sœur qui me soigne, pour me dire qu'elle me permettait de faire la retraite. Mais la sœur avait oublié de me le dire. Ce n'est que le lendemain matin qu'elle m'en a fait part, en me demandant pardon de n'avoir rien dit la veille. Je lui ai répondu : « Soyez tranquille, j'ai déjà commencé la retraite d'après le désir de la Supérieure. »

1752. Le premier jour.
Le soir, Jésus m'a donné les points de la méditation. Au premier moment la peur et la joie ont pénétré mon cœur. Je me suis alors serrée contre Son Cœur. La peur a disparue et la joie est restée. . Je me suis sentie toute entière enfant de Dieu et le Seigneur m'a dit : « N'aie peur de rien, ce qui est défendu aux autres, t'a été donné à toi. Tu es nourrie chaque jour, comme de pain quotidien, de grâces que d'autres âmes ne peuvent pas voir, même de loin.

1753. Considère, Ma fille, qui est Celui auquel ton cœur est étroitement uni par les vœux ! Avant que j'eusse créé le monde, Je t'aimais de l'amour que ton cœur éprouve aujourd'hui. Et durant les siècles, Mon amour ne changera jamais. »

1754. Application : Au seul souvenir de Celui qu'a épousé mon cœur, mon âme entra dans un profond recueillement et l'heure passa comme une minute. Dans ce recueillement les attributs de Dieu m'ont été révélés. Dans cet état d'embrasement intérieur de l'amour, je suis sortie au jardin pour me rafraîchir et quand j'ai regardé le ciel, une nouvelle flamme d'amour m'inonda le cœur.

1755. Alors j'ai entendu ces paroles : « Ma fille, as-tu épuisé les points que Je t'ai donnés à méditer ? Je te donnerai de nouvelles pensées. » - J'ai répondu : « Ô Majesté inconcevable, l'éternité ne me suffira pas pour Vous connaître !...Cependant mon amour pour Vous est devenu plus puissant. Comme preuve de ma gratitude, je dépose mon cœur à Vos pieds, comme un bouton de rose. Que son parfum charme Votre divin Cœur maintenant et durant l'éternité !... Quel paradis habite l'âme lorsque le cœur sent qu'il est tellement aimé par Dieu !... »

1756. « Aujourd'hui tu liras l'Evangile de Saint Jean chapitre quinze. Je désire que tu lises très lentement. »

Seconde méditation
1757. « Ma fille, considère la vie divine, confiée à l'Eglise, pour le salut et la sanctification de ton âme ! Considère comment tu profites de ces trésors de grâces, de ces efforts de Mon amour !»

1758. Application : Ô Très charitable Jésus, je n'ai pas toujours su tirer profit de ces inappréciables dons, car je ne faisais pas attention au don lui-même, mais je faisais trop attention à l'instrument par lequel Vous me présentez Vos dons. Cela va changer maintenant, mon Maître plein de douceur. Je vais tirer profit autant que mon âme en sera capable. La foi vive va me soutenir. Sous quelque aspect que Vous m'envoyez la grâce je l'accepterai directement de Vous, sans tenir compte de l'instrument par lequel Vous me l'enverrez. S'il ne m'est pas toujours possible de l'accepter avec joie, je l'accepterai toujours avec soumission à Votre Sainte Volonté.

1759. Conférence à propos du combat spirituel. - « Ma fille je veux t'instruire du combat spirituel ! N'aie jamais confiance en toi-même, mais abandonne-toi complètement à Ma volonté ! Dans le délaissement, les ténèbres et dans les différents doutes, aie recours à Moi et à ton directeur ! Il te répondra toujours en Mon nom. N'écoute jamais aucune tentation ! Mais enferme-toi aussitôt dans Mon Cœur et dévoile-là à ton confesseur dès que l'occasion s'en présentera ! Mets l'amour-propre à la dernière place, pour qu'il ne souille pas tes actions ! Supporte-toi toi-même avec grande patience ! Ne néglige pas les mortifications intérieures ! Justifie toujours en toi-même l'opinion de tes Supérieures et de ton confesseur ! Fuis comme la peste, ceux qui murmurent !

Que les autres agissent comme ils veulent, toi, conduis-toi comme Je te le demande ! Observe la règle très fidèlement ! Lorsqu'on t'a fait de la peine, pense à ce que tu pourrais faire de bon à la personne qui t'a fait souffrir ! Ne te confie pas à l'extérieur ! Tais-toi quand on te réprimande ! Ne demande pas à tout le monde son opinion, mais seulement à ton directeur ! Sois avec lui franche et simple comme une enfant ! Ne te décourage pas à cause de l'ingratitude ! Ne scrute pas curieusement les voies par lesquelles Je te conduis ! Lorsque l'ennui et le découragement menaceront ton cœur, fuis de toi-même et cache-toi dans Mon Cœur ! N'aie pas peur du combat : le courage seul intimide souvent le tentateur et il n'ose pas nous attaquer ! Combat toujours avec la profonde conviction que Je suis près de toi ! Ne te laisse pas dominer par le sentiment, car il n'est pas toujours en ton pouvoir ! C'est dans la volonté que se trouve tout le mérite. Soumets-toi toujours à tes supérieurs ! C'est dans la volonté que se trouve tout le mérite. Soumets-toi toujours à tes Supérieures, même dans les plus petites choses !
Je ne veux pas te leurrer avec la paix et ses consolations. Prépare-toi donc à de grands combats ! Sache que tu es maintenant sur la scène et que la terre et le ciel te regardent ! Combats comme un chevalier pour que Je puisse te récompenser ! N'aie pas trop peur, car tu n'es pas seule !

Le second jour.
1760. « Ma fille, considère aujourd'hui Ma douloureuse Passion, dans toute son immensité ! Médite-la comme si elle n'était endurée que pour toi ! »

1761. Application. Lorsque j'ai commencé à me plonger dans la Passion Divine, la grandeur de l'âme humaine et la méchanceté du péché se sont dévoilées à moi. J'ai compris que je ne savais pas souffrir. Pour avoir quelques mérites par mes souffrances, je vais m'unir étroitement à la Passion de Jésus, Lui demandant grâce pour les âmes des agonisants, afin que la miséricorde divine les soutienne en ce grave moment.

1762. Seconde méditation.
« Ma fille, considère la règle et les vœux que tu as faits devant Moi. Tu sais comme Je les apprécie, et toutes les grâces destinées aux âmes religieuses sont en relation avec la règle et les vœux. »

1763. Application. Ô mon Jésus, je constate ici beaucoup de manquements ! Mais par Votre grâce je ne me rappelle pas de transgressions conscientes et volontaires de la règle ou des vœux religieux. Gardez-moi à l'avenir, ô mon Jésus, car de moi-même je suis faible !

1764. « Aujourd'hui, Ma fille, comme lecture, tu prendras le chapitre dix-neuvième de l'Evangile de Saint Jean. Et lis non seulement des lèvres, mais avec ton cœur !... »

1765. Pendant cette lecture un profond repentir envahissait mon âme. J'ai compris toute l'ingratitude des créatures envers leur Créateur et Seigneur. J'ai prié pour que Dieu me préserve de l'aveuglement spirituel.

Conférence au sujet du sacrifice et de l'oraison
1766. « Ma fille, Je veux t'instruire sur la manière dont tu dois sauver les âmes par le sacrifice et l'oraison ! Tu sauveras plus d'âmes par le sacrifice et l'oraison qu'un missionnaire n'en sauverait seulement par des enseignements et des sermons. Je veux voir en toi l'offrande de l'amour ardent qui, seul, a de la puissance à Mes yeux. Tu dois être anéantie, détruite, vivant comme si tu étais morte dans ta plus secrète existence. Tu dois être détruite dans ce lieu secret où l'œil humain ne peut atteindre. Alors tu seras pour moi une offrande agréable, un holocauste plein de douceur et de parfum. Ta force sera puissante si tu pries pour quelqu'un d'autre. Au dehors ton offrande sera cachée, silencieuse, imprégnée d'amour, pétrie d'oraison. Ma fille, j'exige de toi que ton offrande soit pure et pleine d'humilité, pour qu'elle Me soit agréable ! Je ne vais pas ménager Mes grâces, pour que tu puisses accomplir ce que J'attends de toi.

Je vais maintenant t'instruire de ce qui doit composer cet holocauste dans ta vie quotidienne, pour te soustraire aux illusions. Tu accepteras toutes les souffrances avec amour. Ne t'afflige pas si ton cœur éprouve souvent répugnance et dégoût pour ce sacrifice. Toute sa puissance est contenue dans la volonté. Donc ces sentiments contraires non seulement ne diminuent pas ton offrande à Mes yeux, mais ils l'accroissent. Sache que ton corps et ton âme seront souvent en proie au feu. Quoique à certaines heures tu ne sentes pas Ma présence, je serai toujours près de toi. N'aie pas peur, Ma grâce sera avec toi !... »

Le troisième jour.
1767. « Ma fille, dans cette méditation considère l'amour du prochain, et si c'est Mon amour qui dirige le tien vers ton prochain ! Pries-tu pour tes ennemis ? Souhaites-tu du bien à ceux qui t'ont, d'une manière ou d'une autre, attristée, offensée ?
Saches, que tout le bien que tu feras à une âme quelconque, je l'accepterai comme si tu Me l'avais fait à Moi-même !

1768. Application. Ô Jésus, mon amour, Vous savez que ce n'est que depuis peu de temps que j'agis de la sorte que c'est Votre amour qui dirige mes relations avec mon prochain ! Vous seul connaissez les efforts que j'ai faits. Aujourd'hui cela me vient plus facilement, mais si Vous n'allumiez pas Vous-même cet amour dans mon âme, je ne saurais persévérer. Votre Amour Eucharistique m'enflamme chaque jour.

Seconde méditation.
1769. « Maintenant tu considéreras Mon amour dans le Saint Sacrement. Ici Je suis tout entier à ta disposition, Ame, Corps et Divinité, comme ton Epoux. Tu sais ce qu'exige l'amour : une seule chose, la réciprocité... »

1700. Application. Ô mon Jésus, Vous savez que je désire Vous aimer d'un amour tel que jusqu'à présent aucune âme ne Vous a aimé. Je désirerais que le monde entier se change en amour pour Vous, Mon Bien-Aimé. Vous me nourrissez du lait et du miel de Votre Cœur, depuis mes plus tendres années. Vous m'avez élevée pour Vous seul, pour que je sache maintenant Vous aimer. Vous savez que je Vous aime, car Vous seul connaissez la profondeur de l'offrande que je Vous présente chaque jour.

1771. Jésus m'a dit : « Ma fille, as-tu quelques difficultés dans cette retraite ? » J'ai répondu que je n'en avais pas. Mon esprit pendant cette retraite est comme un éclair. Je pénètre avec une grande facilité tous les mystères de la foi. Mon Maître et mon chef, toutes les ténèbres disparaissent de mon esprit sous les rayons de Votre lumière.

1772. « Aujourd'hui, comme lecture spirituelle tu prendras l'Evangile de Saint Jean, chapitre 21 ! Parcours ce texte plutôt avec ton cœur qu'avec ton esprit ! »

1773. Pendant l'office du mois de juin, le Seigneur m'a dit : « Ma fille, j'ai établi Ma prédilection dans ton cœur ! Lorsque le Jeudi Saint, Je Me suis donné Moi-Même dans le Saint Sacrement, tu étais nettement présente à Ma pensée. »

1774. À ces mots, mon amour s'efforça de Lui exprimer ce qu'Il est pour moi. Mais je ne pouvais trouver de paroles et dans mon impuissance, je me suis mise à pleurer. Jésus a dit : « Je suis pour toi la miséricorde même. C'est pourquoi je te prie, offre-Moi ta misère et ton impuissance et tu réjouiras Mon Cœur !

1775. Aujourd'hui une flamme d'amour très vive pénétra mon âme. Si elle avait duré plus longtemps, j'aurais brûlé dans ce feu, me dégageant des liens du temps présent. Il me semblait qu'un petit instant encore et je me noierai dans l'océan d'amour. Je ne sais décrire ces traits d'amour qui transpercent mon âme.

1776. Conférence sur la miséricorde.
« Sache, Ma fille, que Mon Cœur est la Miséricorde même. De cet océan de miséricorde, les grâces se répandent sur le monde entier. Aucune âme qui s'est approchée de Moi, ne M'a quitté sans consolation. Toute misère se noie dans Ma Miséricorde, et toute grâce jaillit de cette source salutaire et sanctifiante. Ma fille, Je désire que ton cœur soit la demeure de Ma miséricorde. Je désire que cette miséricorde se répande sur le monde entier par ton cœur. Que quiconque t'approchera ne te quitte pas sans cette confiance en Ma miséricorde que Je désire tant voir dans les âmes ! Prie autant que tu le peux, pour les agonisants : obtiens-leur la confiance en Ma miséricorde ! Car ce sont eux qui en ont le plus besoin et qui en ont le moins. Sache que la grâce du salut éternel pour certaines âmes dépend de ta prière. Tu connais tout l'abîme de Ma miséricorde !
Puise donc pour toi et spécialement pour les pauvres pécheurs ! Je préférerais laisser le ciel et la terre retourner au néant plutôt que de laisser une âme confiante échapper à Ma Miséricorde.

1777. Ma résolution est la même pour l'avenir : m'unir au Christ-Miséricordieux

1778. Clôture de la retraite. Dernière conversation avec le Seigneur.
Merci, Amour Eternel, pour Votre inconcevable bonté envers moi qui Vous porte à Vous occuper seul, directement, de ma sanctification. « Ma fille, que trois vertus ornent particulièrement ton âme : l'humilité, la pureté d'intention et l'amour ! Ne fais rien de plus que ce que J'exige de toi. Et accepte ce que t'offre Ma main ! Tâche de vivre recueillie, pour que tu entendes Ma voix qui est un murmure ; seules les âmes recueillies peuvent l'entendre !»

1779. Je n'ai pu dormir avant minuit. J'étais tellement émue par le renouvellement des vœux qui aura lieu demain. La grandeur de Dieu envahit tout mon être.

Pentecôte. La rénovation des vœux.
1780. Je me suis levée beaucoup plus tôt que d'habitude, et suis allée à la chapelle, m'abîmant dans l'amour de Dieu. Avant de communier j'ai renouvelé à voix basse mes vœux religieux. Après la Sainte Communion, un inconcevable amour de Dieu m'enveloppa. Mon âme était en relation avec le Saint-Esprit, qui est le même Seigneur que le Père et le Fils. Son souffle combla mon âme d'un tel délice que mes efforts seraient vains pour donner la moindre idée de ce que mon cœur a vécu. Pendant toute la journée, la présence de Dieu m'accompagna, où je me trouve, et quel que soit la personne à qui je parle. Mon âme se noyait dans l'action de grâce pour ces grandes grâces.

1781. Aujourd'hui je suis sortie au jardin. Le Seigneur m'a dit : « Retourne dans ta chambre, car je vais t'y attendre. » Lorsque je suis revenue, tout se suite j'aperçus Jésus qui était assis près de la table, m'attendant. . Avec un regard bienveillant, Il me dit : « Ma fille, Je désire que tu écrives maintenant, car cette promenade ne serais pas conforme à Ma volonté. » Je suis restée seule, et je me suis mise à écrire.

1782. Lorsque je me suis plongée dans l'oraison et que je me suis unie à toutes les Saintes Messes qui se célébraient à ce moment-là dans le monde entier, j'ai imploré Dieu par toutes ces Saintes Messes d'avoir miséricorde pour le monde et particulièrement pour les pauvres pécheurs qui à ce moment-là étaient en agonie. Au même instant j'ai reçu intérieurement la réponse de Dieu que mille âmes avaient obtenu grâce par l'intermédiaire de la prière que j'avais offerte à Dieu. Nous ne savons pas le nombre d'âmes que nous devons sauver par nos prières et nos sacrifices, nous devons donc toujours prier pour les pécheurs.

1783. Aujourd'hui, au cours d'une longue conversation, le Seigneur m'a dit : « Comme Je désire vivement le salut des âmes ! Ô mon aimable secrétaire, écris que Je désire répandre Ma vie divine dans les âmes humaines et les sanctifier, pourvu qu'elles veuillent seulement accepter Ma grâce. Les plus grands pécheurs arriveraient à une haute sainteté, si seulement ils avaient confiance en Ma miséricorde. Mon Cœur déborde de miséricorde et elle est répandue sur tout ce que j'ai créé. C'est Mon délice d'agir dans l'âme humaine, de la combler de Ma miséricorde et de la justifier. Mon Royaume sur terre c'est Ma vie dans l'âme humaine. Ecris, ma secrétaire, que Je suis Moi-même personnellement le Directeur des âmes. Je les dirige par l'intermédiaire du prêtre et je mène chacune à la sainteté par une voie qui n'est connue que de Moi. »

1784. La Mère Supérieure est venue me voir aujourd'hui, mais pendant un court instant seulement. Lorsqu'elle a regardé tout autour, elle m'a dit : « Tout est trop beau ici ! » C'est vrai que les Sœurs tâchent de me rendre le séjour au sanatorium agréable. Mais toute cette beauté ne diminue en rien mon sacrifice que Dieu seul voit et qui ne cessera qu'au moment où mon cœur cessera de battre. Aucune beauté terrestre ni céleste n'effacera le supplice de mon âme, qui est douloureux à chaque instant, quoique intérieur.
Il ne finira que lorsque Vous seul direz : « Assez ! », Vous l'Auteur de mon, supplice. Rien ne saurait amoindrir mon offrande !

Le premier vendredi après la Fête-Dieu.
1785. Tout de suite, le vendredi après la Fête-Dieu, je me suis sentie si mal que je croyais que le moment désiré approchait. Une forte fièvre me prit et la nuit j'ai eu un grand crachement de sang. Je suis cependant allée le matin recevoir Jésus, mais n'ai pu assister à la Sainte Messe. Dans l'après-midi, ma température tomba soudain à 35°,8. J'étais si faible qu'il me semblait que tout mourait en moi. Cependant, lorsque je me suis plongée dans une profonde oraison, j'ai compris que ce n'était pas encore le moment de la délivrance, mas un appel plus proche du Bien-Aimé.

1786. Quand j'ai rencontré le Seigneur, je Lui ai dit : « Vous me décevez Jésus ! Vous me montrez la porte du Ciel ouverte, et de nouveau Vous me laissez sur terre. » Le Seigneur m'a dit : « Lorsque tu verras au Ciel les jours présents, tu te réjouiras et tu voudrais en voir encore plus. Je ne M'étonne pas, Ma fille, que tu ne puisses pas le comprendre maintenant, car ton cœur est abreuvé de douleur et se languit de Moi. Ta vigilance Me plaît. Ma parole doit te suffire : il n'y en a plus pour longtemps. »
Et mon âme se trouva de nouveau en exil. Je me suis unie amoureusement à la volonté divine, m'en remettant à ses miséricordieux décrets.

1787. Les conversations que j'entends ici, concernant les choses mondaines, me fatiguent tellement que je me sens prête à défaillir. Les Sœurs qui me soignent s'en sont aperçues. Cela se voit au dehors.

1788. J'ai vu aujourd'hui la gloire de Dieu se répandre par cette image. Beaucoup d'âmes obtiennent des grâces, même si elles n'en parlent pas publiquement. Bien que les vicissitudes de cette image soient de toutes sortes, Dieu en retire de la gloire. Et les efforts de Satan et des méchants se brisent et sont anéantis. Malgré la méchanceté de Satan la miséricorde divine va triompher sur le monde entier et être adorée par toutes les âmes.

1789. J'ai compris que l'âme doit renoncer à toute action d'après sa propre volonté pour que Dieu puisse agir en elle. Autrement Dieu ne réalisera pas en elle Sa volonté

1790. Alors qu'un grand orage approchait j'ai commencé à réciter ce petit chapelet. Soudain j'ai entendu la voix d'un ange : « Je ne peux pas m'approcher dans cet orage, car la clarté qui sort de sa bouche me repousse, moi et l'orage. » Ainsi l'ange se plaignait à Dieu. Alors j'ai compris quels grands dégâts il devait opérer par cet orage. Mais j'ai compris aussi que cette prière était agréable à Dieu et quelle est la puissance de ce petit chapelet.

1791. Il m'a été révélé qu'une certaine âme qui est très agréable à Dieu, malgré toutes sortes de persécutions, a été revêtue par Dieu d'une nouvelle et plus haute dignité. Mon cœur en fut profondément heureux.

1792. Les moments les plus agréables pour moi sont ceux que je passe en conversation avec le Seigneur dans mon cœur. Je tâche de mon mieux de ne pas le laisser seul, Il aime être toujours avec nous...

1793. Ô Jésus, Dieu Eternel, je Vous remercie de Vos innombrables grâces et bienfaits ! Que chaque battement de mon cœur soit un nouvel hymne d'action de grâces pour Vous, mon Dieu ! Que chaque goutte de mon sang circule pour Vous Seigneur ! Mon âme est un hymne de louange à Votre miséricorde. Je Vous aime, mon Dieu, pour Vous-même.

1794. Mon Dieu, quoique mes souffrances soient grandes et qu'elles traînent en longueur, je les accepte de Votre main comme des dons magnifiques ! Je les accepte toutes et même celles que d'autres âmes n'ont pas voulu accepter. Vous pouvez tout m'apporter mon Jésus, je ne Vous refuserai rien. Je Vous supplie seulement de me donner une chose : Donnez-moi la force de tout supporter et faites que tout soit méritoire ! Voici, Vous avez tout mon être ! Faites de moi ce qu'il Vous plaira !

1795. Aujourd'hui, j'ai vu le Sacré Cœur de Jésus dans une grande clarté dans le ciel. De Sa Blessure sortaient des rayons qui se répandaient sur le monde entier.

1796. Aujourd'hui le Seigneur est entré chez moi et m'a dit : « Ma fille, aide-Moi à sauver les âmes ! Tu iras chez un pécheur mourant et tu vas réciter ce petit chapelet Ainsi tu lui obtiendras la confiance en Ma Miséricorde, car il est déjà au désespoir. »

1797. Soudain je me suis trouvée dans une chaumière inconnue où un homme âgé agonisait déjà dans de terribles supplices. Autour du lit, il y avait une multitude de démons et la famille qui pleurait. Dès que j'ai commencé à prier, les esprits des ténèbres se sont dispersés avec un sifflement et en me menaçant. Cette âme se tranquillisa et pleine de confiance se reposa dans le Seigneur.
A cet instant, je me suis retrouvée dans ma chambre. Comment cela arrive-t-il ? Je ne le sais pas.

1798. J.M.J.
Je sens qu'une puissance me défend et me cache contre les traits de l'ennemi. Elle me garde et me défend, je le sens bien. Je suis comme abritée à l'ombre de ses ailes.

1799. Mon Jésus, Vous seul êtes bon ! Mon cœur fait des efforts pour décrire au moins une petite parcelle de Votre bonté, mais je n'en suis pas capable. Cela dépasse toutes nos pensées.

1800. Un jour pendant la Sainte Messe, le Seigneur me fit comprendre plus profondément Sa Sainteté et Sa Majesté et en même temps j'ai pris conscience de ma misère. J'étais contente de cette connaissance et mon âme plongeait toute entière dans Sa miséricorde. Je ressentis un immense bonheur.

1801. Le lendemain, j'ai perçu des mots distincts : « Vois-tu, Dieu est Saint et tu es pécheresse ! N'approche pas de Lui et confesse-toi chaque jour ! » Mais de fait, je n'ai pas manqué la Sainte Communion et j'ai résolu de me confesser au temps prescrit n'ayant aucun empêchement spécial. Quand le jour de la confession arriva, j'avais préparé toute une liste de péchés pour m'en accuser. Cependant, quand je me suis approchée de la grille, Dieu me permit de ne m'accuser que de deux imperfections, malgré mes efforts pour me confesser comme je m'y étais préparée. Lorsque je suis sortie du confessionnal, le Seigneur m'a dit : « Ma fille, tous ces péchés que tu voulais confesser ne sont pas péchés à Mes yeux. C'est pourquoi Je t'ai ôté la possibilité de les exprimer. » J'ai compris que Satan, voulant troubler mon calme, me donne des pensées exagérées. Mon Sauveur, comme Votre bonté est grande !

1802. Un autre jour où je me préparais à la Sainte Communion, voyant que je n'avais rien à Lui offrir, je suis tombée à Ses pieds, appelant toute Sa miséricorde pour ma pauvre âme. Que Votre grâce qui s'épanche de Votre Cœur charitable sur moi, me donne des forces pour le combat et la souffrance, afin que je Vous reste fidèle. Bien que je sois une telle misère, je n'ai pas peur de Vous. Rien ne m'intimidera devant Vous, mon Dieu, car je connais Votre Miséricorde. Et la connaissance que j'en ai est bien au-dessous de la réalité, je le vois clairement.


Ici finit le sixième et dernier cahier des notes de Sœur Faustine Kowalska, religieuse professe perpétuelle de la Congrégation de la Divine Mère de la Miséricorde.
 

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:36

1715. Une fois, pendant la récréation, une sœur directrice déclara que les sœurs converses n'avaient pas de sentiments, qu'on peut donc les traiter avec rudesse. Cela m'a attristée de voir que les sœurs directrices connaissent si peu les sœurs converses et qu'elles ne les jugent que d'après les apparences.

1716. J'ai parlé aujourd'hui avec le Seigneur qui m'a dit : « Il y a des âmes dans lesquelles je ne peux rien faire ; ce sont les âmes qui observent constamment les autres et ne savent pas ce qui se passe dans leur propre intérieur. Elles parlent constamment des autres même pendant le temps de silence strict qui est destiné à converser avec moi ; pauvres âmes, elles n'entendent pas mes paroles et leur intérieur reste vide, elles ne me cherchent pas à l'intérieur de leur propre cœur, mais dans le bavardage où je ne suis jamais. Elles sentent leur vide, et pourtant elles ne reconnaissent pas leur propre faute, et les âmes dans lesquelles je règne pleinement sont pour elles de constants remords de conscience. Au lieu de se corriger, la jalousie grandit dans leur cœur et, si elles ne reviennent pas à la raison, elles s'enfoncent plus encore. Le cœur jusque-là jaloux, commence à devenir haineux. Elles se trouvent déjà au bord de l'abîme, elles sont jalouses de mes dons pour les autres âmes, tandis qu'elles-mêmes ne savent pas et ne veulent pas les accepter. »

1717. Demeurer à tes pieds, Dieu caché,
C'est le délice et le paradis de mon âme,
Ici Tu me permets de Te connaître, Inconcevable,
Et Tu me dis doucement : Donne-moi ton cœur, donne !

Une conversation silencieuse, avec Toi, seule à Seul,
C'est vivre les instants réservés aux habitants célestes
Et dire à Dieu : « je Te donne mon cœur, Seigneur, je Te le donne !
Et Toi, grand et inconcevable, Tu l'acceptes aimablement !

L'amour et la douceur, sont la vie de mon âme,
Et Ta présence permanente dans mon âme.
Je vis sur cette terre en constante extase
Et comme un Séraphin, je répète : « Hosanna » !

Ô caché, avec Ton corps, Ton âme et Ta divinité,
Sous la simple apparence du pain,
Tu es ma vie, de Toi jaillit pour moi une multitude de grâces,
Tu surpasses pour moi les délices célestes !

Lorsque dans la communion Tu viens T'unir à moi, ô Dieu,
Je sens alors ma grandeur inconcevable
Qui découle de Toi sur moi, ô Seigneur, je l'avoue humblement,
Et malgré ma misère, avec Ton aide, je puis devenir sainte !

1718. Pendant la Sainte Messe j'ai appris qu'un prêtre ne faisait pas grand chose dans les âmes, car il ne pense qu'à lui, donc il est seul : la grâce de Dieu fuit. Il se base sur des choses extérieures et futiles qui n'ont aucune signification aux yeux de Dieu ; et si fier, il rabâche de creux bavardages, se fatiguant lui-même sans profit.

1719. Il y a des moments que Jésus me fait comprendre dans l'âme, et alors tout ce qui existe sur terre est à mon service : les amis et les ennemis, les succès et les insuccès ; tout doit concourir à me servir, qu'on le veuille ou non. Je n'y pense pas du tout, je tâche d'être fidèle à Dieu, de L'aimer jusqu'à l'oubli complet de moi-même. Lui-même a soin de moi et combat mes ennemis.

1720. Après la Communion, lorsque j'ai fait entrer Jésus dans mon cœur, je Lui ai dit. Mon Amour règne dans les plus secrets replis de mon cœur, là où commencent mes plus secrètes pensées, dans le sanctuaire caché où Toi seul as le droit d'entrer, là où la pensée humaine n'est pas capable de pénétrer. Demeures-y, Toi seul, et que tout ce que je fais extérieurement vienne de Toi, j'aspire à ce que Tu Te sentes chez Toi dans ce sanctuaire.

1721. J'ai entendu ces paroles : « Si tu me liais pas les mains, j'enverrais beaucoup de punitions sur la terre : ma fille, ton regard désarme ma colère ; bien que tes lèvres se taisent, tu m'appelles si puissamment que tout le ciel en est remué. Je ne peux fuir devant ta demande, car tu ne me poursuis pas au loin mais dans ton propre cœur. »

1722. Quand l'âme d'une certaine demoiselle est venue chez moi dans la nuit, elle m'a fait sentir sa présence en me faisant savoir qu'elle avait besoin de ma prière. J'ai prié un moment, mais son esprit ne me quittait pas. Je lui ai dit alors en pensée : « Si tu es du bon esprit, laisse-moi en paix et les indulgences que je gagnerai pour toi demain seront pour toi. » A ce moment, cet esprit a quitté ma chambre ; j'ai compris qu'elle est au purgatoire.

1723. Aujourd'hui, j'ai ressenti plus intensément que d'autres fois, la Passion du Seigneur dans mon corps. J'ai senti que c'était pour un pécheur mourant.

1724. Aujourd'hui à nouveau le Seigneur m'a appris comment je dois recevoir le sacrement de pénitence : « Ma fille, de même que tu te prépares en ma présence, de même c'est aussi à moi que tu te confesses ; je me dissimule seulement derrière le prêtre. N'analyse jamais quel est le prêtre derrière lequel je me suis dissimulé, ouvre ton âme en confession comme tu le ferais devant moi, et je comblerai ton âme de ma lumière. »

1725. Christ et Seigneur, Tu me conduis au-dessus de tels abîmes que lorsque je les regarde, la frayeur me prend, mais au même instant je m'emplis de paix en me serrant contre ton Cœur ! Près de Ton Cœur je n'ai peur de rien. Dans ces moments dangereux j'agis comme un enfant porté dans les bras de sa mère : quand il voit quelque chose de menaçant il enserre plus fortement le cou de sa mère et il se sent en sûreté.

1726. Parfois je vois des pièges tendus pour elles-mêmes par des âmes qui ne devraient pas le faire. Je ne me défends pas, mais je me confie plus totalement à Dieu qui voit dans les cœurs, et je vois comme ces âmes s'enferrent elles-mêmes dans ces pièges. Ô mon Dieu, que Tu es juste et bon !

1727. Ecris : Je suis trois fois saint et j'ai dégoût pour le plus petit péché. Je ne peux aimer une âme souillée par le péché, mais lorsqu'elle se repent, il n'y a pas de limites à sa largesse que j'ai envers elle. Ma miséricorde l'enveloppe et la justifie. Je poursuis de ma miséricorde les pécheurs sur tous leurs chemins et mon cœur se réjouit quand ils reviennent à moi. J'oublie les amertumes dont ils abreuvent mon cœur, et je me réjouis de leur retour. Dis aux pécheurs qu'aucun n'échappera à ma main. S'ils fuient mon cœur miséricordieux, ils tomberont dans les mains de ma justice. Dis aux pécheurs que je les attends toujours, je prête une oreille attentive aux battements de leur cœur quand il bat pour moi. Ecris que je leur parle par leurs remords de conscience, par les insuccès et les souffrances, par les orages et la foudre, je leur parle par la voix de l'Eglise, et s'ils font échouer toutes mes grâces, je commence à me fâcher contre eux, les abandonnant à eux-mêmes, je leur donne ce qu'ils désirent.

1728. Ô mon Jésus, Toi seul, connais mes efforts ! Je suis soi-disant mieux, c'est-à-dire que je peux sortir sur la véranda et ne plus rester au lit. Je vois et me rends clairement compte de ce que se passe avec moi ; malgré la sollicitude des supérieures et les soins de médecins, ma santé disparaît et s'enfuit, mais je me réjouis énormément de Ton appel, mon Dieu, mon Amour, car je sais qu'au moment de la mort, ma mission commencera. Oh ! Comme je désire être détachée de mon corps ! Ô mon Jésus, Tu sais que dans tous mes désirs, je veux toujours voir Ta volonté ! De moi-même, je ne voudrais ni mourir une minute plus tôt ni vivre une minute de plus, ni que mes souffrances diminuent, ni qu'elles augmentent, mais je désire seulement que tout se fasse selon Ta sainte volonté, quoique de grands enthousiasme et grands désirs enflamment mon cœur, mais jamais avant Ta volonté.

1729. Je recours à Ta miséricorde, Dieu clément, Toi qui seul est bon ! Quoique ma misère soit grande et mes fautes nombreuses, j'ai cependant confiance en Ta miséricorde, car Tu es le Dieu de miséricorde, et dans tous les siècles on n'a pas entendu dire, le ciel ni la terre ne se souviennent, qu'une âme confiante en Ta miséricorde ait été déçue. Ô Dieu de pitié, Toi seul peut me justifier et Tu ne me rejetteras jamais, lorsque, contrite, je reviens à Ton Cœur miséricordieux qui n'a jamais refusé personne même le plus grand des pécheurs !

1730. Aujourd'hui, un violent orage m'a réveillée, le vent faisait rage, il pleuvait à torrents, les coups de tonnerre éclataient à chaque instant. J'ai commencé à prier pour que cet orage ne fasse aucun dégât, alors j'ai entendu ces paroles : « Récite le chapelet que je t'ai appris et l'orage cessera. » J'ai commencé tout de suite à réciter ce petit chapelet et je ne l'avais même pas fini quand l'orage cessa soudain, et j'ai entendu ces paroles : « Par ce chapelet tu obtiendras tout, si ce que tu demandes est conforme à ma volonté. »

1731. Quand je priais pour la Pologne, j'ai entendu ces paroles : « J'aime particulièrement la Pologne, et si elle obéit à ma volonté je l'élèverai en puissance et en sainteté. D'elle sortira l'étincelle qui préparera le monde à mon ultime venue. »

1732. Salut, Amour caché, vie de mon âme. Je Te salue, Jésus sous la simple apparence du pain ! Salut ma très douce Miséricorde, qui se répand sur toutes les âmes ! Salut, Bonté infinie, qui partout sème des torrents de grâces ! Salut, Lumière des âmes ! Salut, source de l'inépuisable miséricorde, Source la plus pure, d'où jaillissent pour nous la vie et la sainteté ! Salut, Délice des cœurs purs ! Salut, seul espoir des âmes pécheresses !

1733. Ô mon Jésus, Tu sais qu'il y a des moments où je n'ai ni pensées élevées, ni élan de l'esprit ; je me supporte patiemment moi-même et j'avoue que c'est vraiment moi, car tout ce qui est beau est une grâce de Dieu. Alors je m'humilie profondément et T'appelle à mon aide, la grâce de la visitation ne tarde pas à venir dans un cœur humble.

1734. Ô Vierge, fleur de beauté,
Tu ne resteras plus longtemps en ce monde,
Oh ! que Ta beauté est exquise,
Toi, ma pure épouse !

Aucun nombre ne pourra te contenir,
Combien ta fleur virginale m'est chère.
Ta clarté que rien n'assombrit
Est courageuse, forte et invincible.

L'éclat même du soleil de midi
Faiblit et s'assombrit à côté d'un cœur virginal.
Au-dessus de la virginité, je ne vois rien de grand,
C'est une fleur tirée du Cœur divin.

Ô Vierge douce, rose parfumée,
Quoiqu'il y ait beaucoup de croix sur la terre,
L'œil n'a pas vu, l'esprit n'a pas conçu,
Ce qui attend une vierge au ciel !

Ô Vierge, lis blanc comme neige,
Tu ne vis tout entière que pour Jésus
Et le pur calice de ton cœur
Est une agréable demeure pour Dieu Lui-même !

Ô Vierge, personne ne peut chanter ton hymne,
Dans ton chant, l'amour de Dieu est caché,
Les anges eux-mêmes ne comprennent pas
Ce que les vierges chantent à Dieu !

Ô Vierge, fleur du paradis,
Tu éclipses tous les éclats de ce monde.
Et quoique le monde ne puisse comprendre,
Il baisse cependant humblement son front devant toi.

Quoique le chemin d'une vierge est jonché d'épines,
Et sa vie hérissée de nombreuses croix,
Qui est aussi vaillant qu'elle ?
Rien la brisera, elle est invincible !

Ô Vierge, ange terrestre,
Ta grandeur est célèbre dans toute l'Eglise,
Devant le tabernacle tu montes la garde,
Et comme un séraphin, tu te changes tout en amour !

1735. Un jour, sur la véranda j'ai su qu'une certaine personne était tourmentée par de grandes tentations concernant la sainte confession : il lui semblait que ce n'était pas un secret ; je connaissais l'état de cette âme, mais je n'entamais pas la conversation. Lorsque nous sommes restées seule à seule, elle s'est confiée et m'a tout raconté. Après un moment de conversation, elle m'a dit : « Je suis déjà tranquille, mon âme a reçu beaucoup de lumière. »

1736. Aujourd'hui, Jésus me fait connaître que je dois peu parler avec une certaine religieuse. Une grâce particulière m'a soutenue pendant cette conversation qui, autrement, n'aurait pas été à la gloire de Dieu.

1737. Le Seigneur m'a dit : « Entre souvent au purgatoire, car on a besoin de toi là-bas. » Je comprends, ô mon Jésus, le sens de ces paroles que Tu me dis, mais permets-moi d'abord d'entrer dans le trésor de Ta miséricorde !

1738. « Ecris, ma fille, que je suis la miséricorde même pour l'âme contrite. La plus grande misère de l'âme n'allume pas ma colère, mais mon cœur frémit d'une grande miséricorde pour elle ! »

1739. Ô mon Jésus, donne-moi la force d'endurer les souffrances pour que ma bouche ne grimace pas lorsque je reçois le calice d'amertume ! Aide-moi Toi-même, pour que mon sacrifice Te soit agréable ; que mon amour propre ne le souille pas, même s'il dure depuis des années déjà ! Que la pureté de l'intention le rende frais et vivant ! Un incessant combat, un constant effort, telle est ma vie, pour accomplir Ta sainte volonté, mais que tout ce qui est en moi Te glorifie, ô Seigneur, et la misère, et la puissance !

1740. L'infinie bonté de Dieu dans la création des anges

Dieu, qui en Toi-même es bonheur et qui n'a nul besoin des créatures pour ce bonheur, car Tu es en Toi-même la plénitude de l'amour, cependant dans Ton infinie miséricorde Tu appelles à l'existence les créatures et Tu leur donnes part à Ton bonheur éternel et à Ton éternelle vie intérieure dont Tu vis. Un seul Dieu en Trois Personnes. Dans Ton insondable miséricorde, Tu as créé les esprits angéliques et Tu les as admis dans Ton amour, dans Ta divine intimité. Tu les a rendus capables de l'amour éternel ; quoique Tu les aies comblés, Seigneur, si généreusement de l'éclat de la beauté et de l'amour, Ta plénitude n'en a pas été diminuée pour autant, ô Dieu, et leur beauté et leur amour ne l'ont en rien complété, car Tu es tout en Toi-même ! Et si Tu leur as donné part à Ton bonheur et Tu leur permets d'exister et de T'aimer, c'est uniquement l'abîme de Ta miséricorde. C'est Ta bonté insondable, pour laquelle sans fin ils Te glorifient, se prosternant aux pieds de Ta majesté, ils chantent leurs hymnes éternels : Saint, Saint, Saint...

1741. Sois glorifié, Un dans la Saine Trinité, Dieu miséricordieux,
Insondable, incommensurable, inconcevable
Et se noyant en Toi, leur esprit ne peut Te comprendre,
Ils répètent sans fin leur éternel - Saint ... !

Sois glorifié, notre miséricordieux Créateur et Seigneur,
Tout-puissant, mais plein de pitié, inconcevable !
T'aimer est la tâche de notre existence,
Chantant notre hymne éternel - Saint ... !

Sois béni, Dieu miséricordieux, Amour éternel,
Tu es au-dessus des cieux, des zéphyrs et des firmaments,
Ainsi Te loue la foule des purs esprits
De son hymne éternel - trois fois Saint !

En Te regardant face à face, mon Dieu,
Je vois que Tu pourrais appeler d'autres créatures avant eux.
C'est pourquoi je me prosterne devant Toi dans une très grande humilité,
Car je vois bien que cette grâce vient seulement de la miséricorde
Un des plus beaux esprits n'a pas voulu reconnaître Ta miséricorde,
Aveuglé par l'orgueil il en attire d'autres à sa suite.
Bel ange il devient Satan,
Et en un instant, il est précipité des hauteurs du ciel en enfer.

Soudain les esprits fidèles crièrent : Gloire à la miséricorde divine,
Ils ont survécu à l'épreuve du feu.
Gloire à Jésus, Christ plein d'humilité !
Gloire à sa Mère, Vierge humble, pure !

Après ce combat, ces purs esprits se plongent dans l'océan de la Divinité,
Méditant ils adorent les profondeurs de Sa miséricorde,
Ils se noient dans Sa beauté et ses multiples lumières,
Ayant connaissance de la Trinité des personnes, mais de l'Unité de la Divinité.

1742. L'infinie bonté de Dieu dans la création des hommes.

Dieu, qui par Ta miséricorde a daigné appeler le genre humain du néant à l'existence, Tu as comblé des largesses de la nature et de la grâce ! Mais cela paraissait encore trop peu pour Ta bonté. Toi Seigneur, dans Ta miséricorde, Tu nous donnes la vie éternelle ! Tu nous admets à Ton bonheur éternel et Tu nous fais participer à Ta vie intérieure, et Tu le fais uniquement à cause de Ta miséricorde. Tu nous combles ainsi de Ta grâce, uniquement parce que Tu es bon et plein d'amour. Nous n'étions pas du tout nécessaires à Ton bonheur, Seigneur, mais Tu veux partager Ton propre bonheur avec nous ! Mais l'homme n'a pas résisté à l'épreuve ; Tu pourrais le punir comme les anges, en le rejetant pour l'éternité, mais ici apparaît Ta miséricorde et Tes entrailles se sont émues d'une grande pitié et Tu as promis de restaurer Toi-même notre salut. C'est par l'abîme inconcevable de Ta pitié que Tu ne nous as pas punis comme nous le méritions : que Ta miséricorde soit louée, ô Seigneur ; nous allons la louer durant tous les siècles ! Les anges ont été stupéfaits par la grandeur de Ta miséricorde que Tu as témoignée aux hommes...

1743. Sois adoré, notre Dieu miséricordieux,
Notre Créateur et Seigneur tout-puissant,
Nous Te rendons gloire avec la plus profonde humilité,
Nous plongeant dans l'océan de Ta Divinité !

Mais l'homme n'a pas résisté à l'heure de l'épreuve ,
A l'incitation du mal il devint infidèle envers Toi ,
Il a perdu la grâce et les dons, il ne lui est resté que la misère,
Larmes , souffrances, douleur, amertume - jusqu'à ce qu'il repose dans la tombe.

Mais Toi, ô Dieu miséricordieux, Tu n'as pas laissé périr l'humanité,
Et tu lui as donné la promesse d'un Rédempteur !
Tu ne nous permets pas de désespérer, si grandes que soient nos colères,
Tu envoies tes prophètes à Israël !

Cependant, nuit et jour l'humanité T'appelle,
De son abîme de misère, de péchés et de toutes douleurs.
Entends ses gémissements et ses pleurs, Toi qui règnes dans le ciel,
Dieu de grande miséricorde, Dieu de pitié !

L'homme s'est rendu coupable, mais il n'est pas capable de demander pardon,
Car un gouffre infini s'est ouvert entre Dieu et l'homme,
Par la voix de sa misère il crie : envoie-nous Ta pitié,
Mais Yahvé se tait... et les siècles passent l'un après l'autre.

De toute l'humanité s'accroît la nostalgie,
De celui qui lui était promis.
Viens Agneau de Dieu, effacer nos colères,
Viens éclairer nos ténèbres, comme un rayon de lumière !

Et l'humanité T'appelle sans fin, Seigneur des Seigneurs,
Elle appelle Ton insondable miséricorde et Ta pitié.
Ô grand Yahvé, permets-nous d'obtenir le pardon !
Souviens-Toi de Ta bonté et pardonne nos colères !

1744. L'infinie bonté de Dieu dans le fait de nous envoyer Son Fils unique

Dieu, qui n'as pas quitté l'homme après sa chute, mais dans Ta miséricorde, Tu lui as pardonné, pardonné d'une manière divine, c'est-à-dire non seulement Tu lui as remis sa faute, mais encore Tu l'as comblé de toutes les grâces. La miséricorde T'a poussé à daigner descendre jusqu'à nous et à nous tirer de notre misère. Dieu descendra sur la terre, le Seigneur au-dessus de tous les Seigneurs, l'Immortel s'abaissera. Mais où descendras-Tu Seigneur ; est-ce dans le temple de Salomon ? Ou bien feras-Tu bâtir un nouveau temple où tu envisages de descendre ? Ô Seigneur, quel sanctuaire Te préparons-nous, car toute la terre est Ton marchepied. Tu T'es préparé, Seul, un sanctuaire : la Sainte Vierge. Ses entrailles immaculées Te sont une demeure, et l'inconcevable miracle de Ta miséricorde a lieu, ô Seigneur. Le verbe s'est fait chair : Dieu a habité parmi nous, le Verbe Divin, la miséricorde Incarnée. Tu nous as élevé vers Ta Divinité par Ton abaissement ; c'est là l'excès de Ton amour, c'est l'abîme de Ta miséricorde. Le ciel s'étonne de cet excès de Ton amour, mais plus personne maintenant n'a peur de s'approcher de Toi, Tu es le Dieu de miséricorde, Tu as pitié de la misère. Tu es notre Dieu et nous, Ton peuple. Tu es notre Père et nous, Tes enfants par la grâce : que Ta miséricorde soit louée parce que Tu as daigné descendre chez nous !

1745. Sois adoré, Dieu miséricordieux,
Parce que Tu as daigné T'abaisser du ciel jusqu'à la terre !
Nous Te louons en grande humilité,
Pour avoir daigné élever tout le genre humain.

Insondable et inconcevable dans Ta miséricorde,
Tu prends un corps, par amour pour nous,
D'une Vierge Immaculée, qui ne fut jamais effleurée par le péché,
Car telle était Ta prédilection depuis les siècles.

La Vierge Sainte, ce lis blanc comme neige,
Adore la première la toute-puissance de Ta miséricorde.
Pour la venue du Verbe, Son cœur pur s'ouvre avec amour,
Elle croit aux paroles du Messager divin et s'affermit dans la confiance.

Le ciel s'est étonné que Dieu se soit fait homme,
Qu'il y ait sur terre un cœur digne de Dieu Lui-même.
Pourquoi ne T'unis-Tu pas à un Séraphin, mais à un pécheur ?
Oh ! Car c'est un mystère de Ta miséricorde,
Malgré la pureté du cœur virginal !

Ô mystère de la miséricorde divine, ô Dieu de pitié,
Tu as daigné abandonner le trône céleste,
Et Tu T'es abaissé vers notre misère, vers la faiblesse humaine,
Car ce n'est pas aux anges, mais à l'homme que la miséricorde est nécessaire !

Pour exprimer dignement la miséricorde du Seigneur,
Nous nous unissons à Ta Mère Immaculée,
Car notre hymne Te sera plus agréable alors,
Car elle est choisie d'entre les anges et les hommes.

Par Elle, comme par un pur cristal,
Ta miséricorde est passée jusqu'à nous,
Par elle, l'homme est devenu agréable à Dieu,
Par elle s'écoulent sur nous les torrents de toutes grâces.

1746. L'infinie bonté divine dans la rédemption de l'homme

Dieu, qui pourrais d'un mot sauver des milliers de mondes, un soupir de Jésus donnerait satisfaction à Ta justice, mais Toi, ô Jésus, Tu T'es chargé Toi-même, uniquement par amour pour nous, d'une si terrible passion ! La justice de Ton Père aurait été fléchie par Ton seul soupir, et Ton anéantissement est uniquement l'œuvre de Ta miséricorde et de Ton inconcevable amour. Toi, ô Seigneur, en quittant cette terre, Tu as voulu rester avec nous, Tu T'es laissé Toi-même dans le sacrement de l'Autel, et Tu nous as largement ouvert Ta miséricorde. Il n'existe pas de misère qui puisse T'épuiser ; Tu as appelé tout le monde à cette source d'amour, à cette source de divine compassion. C'est là le temple de Ta miséricorde, là le remède de nos faiblesses ; c'est vers Toi, source vive de miséricorde, que tendent toutes les âmes : certaines assoiffées de Ton amour comme des cerfs, d'autres pour laver la blessure de leurs péchés, d'autres encore pour puiser des forces affaiblies par la vie. Au moment de Ton agonie sur la croix, à ce moment même, Tu nous as ouvert l'inépuisable source de Ta miséricorde ; Tu nous as donné ce que Tu as eu de plus cher : le sang et l'eau de Ton Cœur. Telle est la toute-puissance de Ta miséricorde, d'elle provient toute grâce pour nous !

1747. Sois adoré, Dieu, dans l'œuvre de Ta miséricorde,
Sois béni par tous les cœurs fidèles
Qui sont sous Ton regard,
Et qui vient de Ta vie immortelle !

Ô mon Jésus de miséricorde, Ta sainte vie sur terre fut douloureuse,
Tu finiras Ton œuvre dans le terrible supplice de la Passion.
Suspendu au bois de la croix
Et tout cela par amour pour notre âme !

Dans un amour inconcevable Tu as permis d'ouvrir Ton saint côté,
Et des torrents de sang et d'eau jaillirent de Ton Cœur.
C'est la source vive de Ta miséricorde,
Ici les âmes ressentent consolation et soulagement

Tu nous as laissé Ta miséricorde dans le Très Saint Sacrement
Voilà ce que Ton amour a daigné accorder,
Pour qu'allant par la vie, les souffrances et les peines,
Je ne doute jamais de Ta bonté ni de Ta miséricorde

Car même si les misères du monde entier pesaient sur mon âme,
Il nous est défendu de douter un seul moment,
Nous devons avoir confiance en la puissance de Ta miséricorde divine,
Car Dieu accueille tendrement une âme contrite.

Ô inexprimable miséricorde de notre Seigneur,
Source de pitié et de toute douceur,
Espère, espère ô mon âme, quoique tu sois souillée par le péché,
Car lorsque tu t'approcheras de Dieu, tu n'éprouveras aucune amertume !

Car il est le feu brûlant du grand amour.
Lorsque nous nous approchons sincèrement de Lui,
Nos misères disparaissent, nos péchés et nos colères,
Il règlera nos dettes quand nous nous remettrons à Lui.

1748. L'infinie bonté divine, parant le monde entier de beautés pour rendre agréable à l'homme son séjour sur la terre.

Ô Dieu, avec quelle largesse Ta miséricorde est-elle répandue, et Tu as fais tout ceci pour l'homme ! Oh ! Combien Tu dois aimer cet homme, puisque Ton amour est si actif pour lui ! Ô mon créateur et Seigneur, je vois partout les traces de Ta main et le sceau de Ta miséricorde qui entoure tout ce qui est créé ! Ô mon très compatissant Créateur, je désire Te rendre hommage au nom de tous ces créatures et êtres sans âmes, j'appelle l'univers entier à l'adoration de Ta miséricorde ! Ô Dieu, que Ta bonté est grande !

1749. Sois adoré notre Créateur et Seigneur !
Univers entier, loue humblement Ton Seigneur,
Remercie ton Créateur autant que tes forces le permettent,
Et loue Son inconcevable miséricorde divine !

Viens toute la terre verdoyante,
Viens aussi toi, mer insondable,
Que ta gratitude se change en un chant agréable
Et chante comme est grande la miséricorde divine !

Viens beau et rayonnant soleil,
Viens devant Lui limpide aurore,
Unissez-vous en un hymne, que vos voix pures
Chantent harmonieusement la grande miséricorde divine !

Venez montagnes et plaines, bois bruyants et fourrés,
Venez ravissantes fleurs matinales,
Que votre parfum unique
Glorifie la miséricorde divine !

Venez, toutes les beautés de la terre
Dont l'homme ne s'étonnera jamais assez,
Venez adorer Dieu en harmonie,
Louez l'inconcevable miséricorde divine !

Viens, beauté impérissable de toute la terre,
Dont l'homme ne s'étonnera jamais assez,
Venez adorer Dieu en harmonie,
Louez l'inconcevable miséricorde divine !

Viens, beauté impérissable de toute la terre,
Et adore très humblement ton Créateur,
Car tout est contenu dans Sa miséricorde,
Tout dit d'une voix puissante combien est grande la miséricorde de Dieu !

Mais au-dessus de toutes ces beautés,
Une âme innocente et pleine d'enfantine confiance,
Qui par la grâce s'unit étroitement avec Lui,
Est une adoration plus agréable à Dieu.

1750. Ô Jésus, caché dans le Très Saint Sacrement de l'Autel, mon amour et mon unique miséricorde, je Te recommande tous les besoins de mon âme et de mon corps ! Tu peux me secourir, car Tu es la miséricorde même, en Toi, j'ai mis toute ma confiance !

(Ici, dans l'original, il y a une longue interruption - toute la page est blanche.)

J.M.J. Cracovie-Pradnik, 2. VI. 1938

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:34

1653. JMJ

Ô vérité, ô vie pleine d'épines !
Pour te traverser victorieusement,
Il faut s'appuyer sur Toi, ô Christ,
Et être toujours près de Toi !.

Sans Toi, ô Christ, je ne saurais souffrir
Seule, de moi-même, je ne saurais me mesurer à l'adversité !
Seule, je n'aurais pas le courage de boire à Ton calice,
Mais Toi, Seigneur, Tu es toujours avec moi et Tu me conduis par des chemins mystérieux.

Et faible enfant, j'ai commencé le combat en Ton nom.
J'ai combattu vaillamment, bien que parfois sans résultat.
Et je sais que mes efforts Te sont agréables.
Et je sais que c'est seulement l'effort que Tu récompenses éternellement.

Ô vérité, ô combat à la vie, à la mort !
Quand je me suis levée pour combattre, chevalier inexpérimenté,
J'ai senti que j'ai le sang d'un chevalier, mais que je suis encore enfant,
C'est pourquoi, ô Christ, il me fallait Ton aide et Ta protection !

Mon cœur ne se reposera point dans l'effort et le combat,
Jusqu'à ce que Toi seul me rappelles du champ de bataille,
Je me tiendrai debout devant Toi, non pour des récompenses et pour des tapis somptueux,
Mais pour me plonger en Toi dans la paix pour les siècles.

1654. Ô Christ ! Si l'âme savait d'un coup ce qu'elle va souffrir pendant toute sa vie, elle mourrait de frayeur à cette seule vue, elle ne tremperait pas ses lèvres au calice d'amertume ; mais comme on le lui a donné goutte à goutte, elle l'a vidé jusqu'à la lie ! Ô Christ, si Tu ne soutenais pas Toi-même l'âme, que pourrait-elle toute seule ? Nous sommes forts, mais de Ta force : nous sommes saints, mais de Ta sainteté ; et seuls, que sommes-nous ? Plus bas que néant...

1655. Mon Jésus, Tu me suffis en tout ce monde. Si grandes que soient mes souffrances, Tu me soutiens ! Si terribles que soient les délaissements, Tu les adoucis ! Et si grande soit ma faiblesse, Tu la changes en force ! Je ne sais décrire tout ce que je souffre ; et ce que j'ai déjà écrit jusqu'à présent, n'est qu'une goutte. Il y a des moments de souffrances que vraiment je ne sais décrire. Il y a aussi des moments dans ma vie, quand ma bouche reste silencieuse et ne trouve aucun mot pour sa défense, et se soumet complètement à la volonté de Dieu, alors le Seigneur Lui-même prend ma défense et revendique même de l'extérieur. Cependant lorsque je vois Ses plus fortes revendications qui se manifestent par le châtiment, alors je le supplie ardemment d'avoir miséricorde et de pardonner. Mais je ne suis pas toujours exaucée, le Seigneur agit étrangement avec moi. Il est des moments où Lui-même permet de terribles souffrances ; et il y a aussi des moments où il ne permet pas de souffrir et éloigne tout ce qui pourrait attrister l'âme. Telles sont Ses voies insondables et incompréhensibles pour nous ; à nous de nous soumettre toujours à Sa sainte volonté. Il y a des mystères que la raison humaine n'approfondira jamais ici sur terre, l'éternité nous les dévoilera.

1656. 10 avril 1938 - Dimanche des Rameaux. J'ai été à la Sainte Messe, mais je n'avais pas la force d'aller prendre les rameaux. Je me sentais si faible que je pus à peine tenir jusqu'à la fin de la Sainte Messe. Pendant la Sainte Messe Jésus me fit connaître la douleur de Son âme et j'ai nettement ressenti comme ces hymnes, Hosanna, éveillaient un écho douloureux dans Son Très Saint Cœur. Mon âme fut également envahie par un océan d'amertume et chaque Hosanna me perçait le cœur. Mon âme toute entière fut attirée auprès de Jésus. J'ai entendu la voix de Jésus : « Ma fille, ta compassion pour moi m'est un soulagement, ton âme revêt une exceptionnelle beauté par la méditation de ma Passion. »

1657. J'ai communié à l'étage car il m'était complètement impossible de descendre à la chapelle, car j'étais très affaiblie par de fortes sueurs et quand les sueurs passaient un peu, des frissons de fièvre me saisissaient. Je me sentais complètement faible. Aujourd'hui l'un des pères jésuites nous a apporté la Sainte Communion. Lorsqu'il donna le Seigneur à trois sœurs, puis à moi, croyant que j'étais la dernière, il me donna deux hosties, et une des novices était alitée dans la seconde cellule et il en manqua pour elle. Le prêtre revint une seconde fois et lui apporta le Seigneur ; pourtant Jésus me dit : J'entre à contrecœur dans ce cœur ; tu as reçu deux hosties parce que je diffère mon entrée dans cette âme qui résiste à ma grâce. Mon séjour dans cette âme ne m'est pas agréable. A cet instant mon âme fut attirée dans Sa proximité et j'ai obtenu une profonde lumière intérieure qui m'a permis de comprendre en esprit toute la miséricorde. Ce fut un vol d'un éclair, mais plus net que si je l'avais regardé des heures entières de mes yeux de chair.

1658. Cependant pour écrire quoi que ce soit, je dois utiliser des mots, bien qu'ils ne puissent rendre complètement tout ce qui a réjoui mon âme, voyant la gloire de la miséricorde divine. La gloire de la miséricorde divine éclate déjà malgré les efforts des ennemis et de Satan lui-même, qui a une grande haine pour la miséricorde de Dieu, et cette œuvre lui arrachera plus d'âmes, c'est pourquoi l'esprit des ténèbres tente parfois impétueusement les personnes bonnes afin qu'elles entravent cette œuvre. Cependant j'ai reconnu clairement que la volonté divine s'accomplit déjà - et qu'elle s'accomplira jusqu'à la dernière goutte. Les plus grands efforts de ses ennemis ne peuvent faire échouer le plus petit détail de ce que le Seigneur a décidé. Peu importe qu'il y ait des moments où il semble que l'œuvre est complète - elle se console alors.

1659. Mon âme fut remplie d'une paix si profonde que je n'en ai jamais ressentie auparavant. C'est une assurance divine que rien ne peut effacer, une paix profonde que rien ne peut troubler, même si je devais passer par les plus grandes épreuves. Je suis tranquille, Dieu Seul dirige cela !.

1660. J'ai passé toute la journée en action de grâce et la reconnaissance inondait mon âme. Ô mon Dieu, que Tu es bon, que Ta miséricorde est grande, Tu me visites avec de si grandes grâces ; moi, qui ne suis qu'une véritable poussière ! Tombant à Tes pieds le visage contre terre, ô Seigneur, je confesse dans la sincérité de mon cœur que je n'ai en rien mérité la plus petite de Tes grâces, et si Tu me les accordes si largement, c'est Ton inconcevable bonté, voilà pourquoi plus grandes sont les grâces que reçoit mon cœur, plus il s'enfonce dans une profonde humilité.

1661. Ô Christ, souffrir pour Toi est un délice pour le cœur et l'âme ! Prolongez-vous, mes souffrances, à l'infini, pour que je puisse ainsi Te prouver mon amour. J'accepte tout ce que me tendra Ta main. Ton amour, Jésus, me suffit ! Je veux Te louer dans l'abandon et les ténèbres, dans le tourment et la crainte, dans la douleur et l'amertume, dans la torture de l'âme et l'amertume du cœur, Sois béni en tout ! Mon cœur est tellement détaché de la terre que Toi seul, me suffit complètement. Il n'y a plus un moment dans ma vie pour m'occuper de moi-même.

1662. Jeudi Saint. Aujourd'hui, je me suis sentie assez forte pour prendre part aux cérémonies à l'église. Pendant la sainte messe, Jésus se tint debout devant moi et me dit : Regarde en mon cœur empli d'amour et de miséricorde pour les hommes et particulièrement pour les pécheurs. Regarde et entre dans ma Passion. En un instant, j'ai ressenti et j'ai vécu dans mon propre cœur toute la Passion de Jésus ; j'étais étonnée que ces supplices ne m'enlèvent pas la vie.

1663. Pendant l'adoration, Jésus me dit : Sache ma fille, que ton amour ardent et ta compassion furent une consolation pour moi au Jardin des Oliviers.

1665. Pendant l'heure sainte le soir, j'ai entendu ces paroles : Tu vois ma miséricorde pour les pécheurs qui se révèle en ce moment dans toute sa Puissance. Vois, comme tu as peu écrit sur elle, ce n'est seulement qu'une goutte. Fais ce qui est en ton pouvoir, pour que les pécheurs connaissent ma Bonté.

1665. Vendredi Saint. J'ai vu le Seigneur Jésus supplicié, mais Il n'était pas cloué sur la croix, c'était encore avant le crucifiement, et Il m'a dit : Tu es mon cœur, parle aux pécheurs de ma miséricorde. Et le Seigneur me donna la connaissance intérieure de tout l'abîme de Sa miséricorde pour les âmes et j'ai appris que ce que j'ai écrit n'est vraiment qu'une goutte.

1666. Samedi Saint. Pendant l'oraison, le Seigneur m'a dit : Sois tranquille, ma fille, cette œuvre de miséricorde est mienne, il n'y a rien en elle qui vienne de toi ; cela me plaît que tu accomplisses fidèlement ce que je t'ai demandé, tu n'as ajouté ni enlevé un seul mot. Il me donna la lumière intérieure et je connus qu'il n'y avait pas un seul mot venant de moi ; malgré les difficultés et les adversités je faisais toujours Sa volonté, telle qu'il me la faisait connaître.

1667. Résurrection. Avant la Résurrection je me sentis si faible que j'ai perdu l'espoir de pouvoir prendre part à la procession qui a lieu dans l'église, et j'ai dit au Seigneur : Jésus si mes prières Te sont agréables fortifie-moi pour ce moment, pour que je puisse prendre part à cette procession. Au même moment, je me suis sentie forte et sûre que je pourrais y aller avec les sœurs.

1668. Quand la procession se mit en marche, j'ai aperçu Jésus dans une clarté plus grande que l'éclat du soleil. Jésus m'a regardée avec amour et il m'a dit : « Cœur de mon Cœur, emplis-toi de joie ! » Au même instant mon esprit sombra en Lui... Quand j'ai repris connaissance, je suivais la procession avec les sœurs, mon âme toute plongée en Lui...

1669. Pendant la sainte messe j'ai remercié le Seigneur Jésus d'avoir daigné nous racheter et pour ce don le plus grand, c'est-à-dire d'avoir daigné nous donner Son amour dans la sainte Communion, c'est-à-dire Lui-même. A ce moment, j'ai été attirée au sein de la Très Sainte Trinité et j'ai été plongée dans l'amour du Père du Fils et du Saint Esprit. Il est difficile de décrire ces moments.

1670. A cet instant, je priais le Seigneur pour une certaine personne et le Seigneur m'a répondu : « Cette âme m'est particulièrement chère. » Je m'en suis énormément réjouie. Le bonheur d'autres âmes m'emplis d'une nouvelle joie, et quand j'aperçois dans une âme des dons supérieurs, d'une nouvelle adoration, mon cœur s'élève vers le Seigneur.

1671. 19 avril 1938 - Pendant la récréation, une des sœurs a dit : « Sœur Faustine est si faible qu'elle marche à peine, mais qu'elle meure plus tôt car elle sera sainte. » Une sœur directrice prend alors la parole : « Qu'elle mourra, nous le savons, mais quand à être sainte voilà la question. »Alors ont commencé des allusions acérées à ce sujet. Je gardais le silence, j'ai dit un mot, mais voyant que la conversation devenait plus agitée, j'ai de nouveau gardé le silence.

1672. Je reçois maintenant des lettres de consœurs qui sont dans d'autres maisons et qui étaient avec moi au noviciat, parfois j'en ris et m'en amuse beaucoup. En voici un exemple : « Ma chère Sœur Faustine, nous sommes bien tristes de vous savoir si gravement malade, nous nous réjouissons cependant, car quand le Seigneur Jésus vous prendra, ma sœur, vous pourrez prier pour nous, car vous pouvez beaucoup auprès du Seigneur. » Une sœur s'exprima ainsi : « Quand vous mourrez ma sœur, veuillez m'entourer d'une protection particulière, car vous pouvez le faire pour sûr. » Une autre sœur écrivit ainsi : « J'attends tellement le jour où le Seigneur Jésus vous prendra, ma sœur, car je sais ce que sera et je désire beaucoup la mort pour vous. » Je voulais lui demander ce qu'elle pensait de ma mort mais je me suis mortifiée et j'ai répondu : « Il en sera de même pour moi pécheresse, que pour les autres pécheurs si la miséricorde divine ne protège pas. »

1673. 20 avril 1938 - Départ pour Pradnik. Je m'affligeais beaucoup d'être dans une salle commune et d'être exposée à différentes choses ; si ce n'était que pour une semaine ou deux, mais c'est si longtemps, deux mois et peut-être plus ! Je suis allée le soir chez le Seigneur Jésus pour une plus longue conversation. Quand j'ai aperçu Jésus, j'ai épanché tout mon cœur, toutes mes difficultés, mes frayeurs et mes craintes. Jésus m'a écoutée avec amour, et puis il a dit : « Sois tranquille, mon enfant, je suis avec toi, pars dans le plus grand calme. Tout est prêt, j'ai donné l'ordre à ma manière qu'on te prépare une chambre individuelle ! » Calmée et emplie de gratitude, je me suis rendue au repos.

1674. Le lendemain, Sœur Félicie m'a conduite. Je partis dans un calme profond et avec une parfaite liberté d'esprit. A notre arrivée, on nous dit : « Pour sœur Faustine, il y a une chambre individuelle. » Quand nous sommes entrées dans cette chambre, nous fûmes étonnées que tout soit si joliment préparé, si propre, couvert de nappes, garni de fleurs, les sœurs avaient posé un joli agneau pascal sur la petite armoire. Aussitôt sont arrivées trois sœurs du Sacré-Cœur qui travaillent dans ce sanatorium, que j'ai connues auparavant, elles m'accueillirent chaleureusement. Sœur Félicie s'étonna de tout cela, nous nous sommes dit adieu chaleureusement et elle est partie. Quand je suis restée seule à seul avec le Seigneur Jésus, je L'ai remercié pour cette grande grâce. Jésus m'a dit : « Sois tranquille, je suis avec toi ! » Fatiguée, je m'endormis.

1675. La sœur qui s'occupe de moi est venue le soir - « Demain vous n'aurez pas le Seigneur Jésus, ma sœur, car vous êtes très fatiguée, et plus tard nous verrons comment cela sera. » Cela m'a fait extrêmement mal, mais très calmement j'ai répondu : « Bien ! ». M'en remettant complètement au Seigneur, je tâchais de m'endormir. Le lendemain matin je fis ma méditation et me suis préparée à la Sainte Communion, bien que ne devant pas avoir le Seigneur Jésus. Or, quand mon désir et mon amour arrivèrent au plus haut degré, je vis soudain près de mon lit un Séraphin, qui me donna la sainte Communion, en prononçant ces paroles : « Voilà le Seigneur des anges ! » Après avoir reçu le Seigneur, mon esprit se plongea dans l'amour divin et l'étonnement. Cela se répéta pendant treize jours, cependant je n'avais pas la certitude que le lendemain il me l'apporterait, mais m'en remettant à Dieu, je faisais confiance à la bonté divine ; mais je n'osais même pas penser si demain je recevrais la sainte Communion de la même manière.
Une grande clarté entourait le Séraphin, la divinité et l'amour divin se reflétaient en Lui. Il portait un vêtement doré, recouvert d'un surplis transparent et d'une étole transparente. Le calice était en cristal couvert d'un voile transparent. Dès qu'il m'avait donné le Seigneur il disparaissait.

1676. Quand une fois j'eus un certain doute qui s'éveilla en moi un peu avant la sainte Communion, alors le Séraphin apparut avec le Seigneur Jésus. J'ai cependant interrogé le Seigneur Jésus et n'ayant pas de réponse, j'ai dit au Séraphin : « Ne pourrais-tu pas me confesser ? » - Et il me répondit : « Aucun esprit au ciel n'a ce pouvoir. » Au même instant la sainte Hostie reposa sur mes lèvres.

1677. Dimanche, la sœur qui s'occupe des malades me dit : « Eh bien ! Aujourd'hui le prêtre vous apportera le Seigneur Jésus, ma sœur.» J'ai répondu : « C'est bien ! » Et il me L'apporta. Après quelques temps, j'ai reçu la permission de me lever et j'allais donc à la Sainte Messe et chez le Seigneur.

1678. Après le premier examen, le médecin constata un état grave. « Nous supposons, ma sœur, que vous avez ce dont vous m'avez parlé, mais Dieu tout-puissant peut tout. »
Lorsque je suis rentrée dans ma chambre, je me suis plongée dans une oraison d'action de grâce pour tout ce que le Seigneur m'a envoyé pendant toute ma vie, je me suis complètement soumise à Sa sainte volonté. Une immense joie et une paix profonde ont inondé mon âme. Je sentais un calme si profond que si la mort était venue à ce moment-là je ne lui aurait pas dit - attends, car j'ai encore des affaires à régler. Non, mais je l'aurais saluée avec joie, car je suis prête à la rencontre du Seigneur, non seulement aujourd'hui, mais depuis le moment où j'ai mis toute ma confiance en la miséricorde divine, m'en remettant complètement à Sa sainte volonté pleine de miséricorde et de pitié. Je sais ce que je suis de moi-même...

1679. Dimanche de Quasimodo. Je me suis offerte au Seigneur à nouveau aujourd'hui en holocauste pour les pécheurs. « Mon Jésus, si la fin de ma vie approche déjà, je Te supplie en toute humilité, accepte ma mort en union avec Toi, comme l'holocauste que je t'offre aujourd'hui en toute lucidité et avec toute ma volonté, dans un triple but :
Premièrement - pour que l'œuvre de Ta miséricorde se répande dans le monde entier, et que cette fête de la Miséricorde divine soit approuvée et célébrée.
Deuxièmement - pour que les pécheurs recourent à Ta miséricorde, éprouvant les inexprimables effets de cette miséricorde, et surtout les âmes agonisantes.
Troisièmement - pour que la totalité de l'œuvre de Ta miséricorde se réalise d'après Tes désirs, et aussi pour une certaine personne qui dirige cette œuvre...
Accepte, très miséricordieux Jésus , cette pauvre offrande que je Te fais aujourd'hui en présence du ciel et de la terre. Que Ton Très Saint Cœur plein de miséricorde complète ce qui manque à mon offrande et qu'Il l'offre à Ton Père pour la conversion des pécheurs. J'ai soif des âmes, ô Christ ! »

1680. A cet instant la lumière divine me pénétra et je me sentis la propriété exclusive de Dieu, et j'ai ressenti la plus entière liberté d'esprit, dont je n'avais aucune idée auparavant ; et au même moment, j'ai aperçu la gloire de la miséricorde divine et des inconcevables multitudes d'âmes qui glorifiaient Sa bonté. Mon âme entière s'abîma en Dieu et j'ai entendu ces paroles : « Tu es ma fille la plus chère. Cette présence sensible de Dieu dura pendant toute la journée. »

1681. 1er avril 1938. Ce soir, Jésus m'a dit : « Ma fille, na manques-tu de rien ? » - J'ai répondu : « Ô mon Amour, quand je T'ai, j'ai tout ! » Et le Seigneur répondit : « Si les âmes s'en remettaient complètement à moi, je me chargerais seul de les sanctifier et les comblerais de plus grandes grâces encore. Il y a des âmes qui font échouer mes efforts, mais je ne me décourage pas ; à chaque fois qu'elles se tournent vers moi, je me hâte de les secourir, les abritant de ma miséricorde, et je leur donne la première place dans mon cœur plein de pitié.

1682. Ecris pour les âmes religieuses que mon délice est de venir dans leur cœur par la sainte Communion, mais si dans ce cœur, il y a quelqu'un d'autre, je ne peux le supporter et j'en sors au plus vite, emportant avec moi tous les dons et les grâces que j'avais préparées pour elle, et l'âme ne s'aperçoit même pas de ma sortie. Après quelques temps un vide intérieur et le mécontentement attireront son attention. Oh ! Si elle pouvait se tourner alors vers moi, je l'aiderais à purifier son cœur, je ferais tout dans son âme, mais à son insu et sans son consentement, je ne puis gouverner en son cœur ! »

1683. Je suis souvent en relation avec des âmes à l'agonie, leur obtenant la miséricorde divine. Oh ! Comme la bonté de Dieu est grande, plus grande que ce que nous pouvons concevoir. Il y a des moments et des mystères de la miséricorde divine à la vue desquels les cieux sont surpris. Que cessent nos jugements sur les âmes car la miséricorde divine envers elles est étonnante !

1684. Aujourd'hui pendant l'heure sainte, j'ai prié le Seigneur Jésus de daigner m'instruire sur la vie intérieure. Jésus me répondit : « Ma fille, observe fidèlement les paroles que je vais te dire : ne donne pas une trop grande valeur à aucune chose extérieure même si elle te paraissait très chère. Quitte toi-même, et demeure sans cesse avec moi ! Confie-moi tout, ne fais rien à ta guise et tu vivras toujours dans une grande liberté d'esprit, aucune circonstance, ni aucun événement ne sera capable de te la troubler ! Ne fais pas attention aux paroles humaines, permets à chacun de te juger à son gré ! Ne t'explique pas, cela ne te fera pas de mal ! Rends tout à la première demande, même si c'étaient les choses les plus nécessaires ; ne demande rien avant de m'avoir consulté ! Permets qu'on te prenne même ce qui te revient de droit : la considération, la bonne renommée ; que ton esprit soit au-dessus de tout cela ! Et ainsi libérée de tout, repose-toi près de mon cœur, ne permets à rien de troubler ton calme ! Mon élève, médite les paroles que je t'ai dites ! »

1685. « Ô mon Amour, mon Maître éternel, comme il est bon d'obéir, car avec l'obéissance pénètrent dans l'âme la vigueur et la force d'agir ! »

1686. J'ai vu aujourd'hui le Seigneur Jésus crucifié. De la plaie de Son Cœur se répandaient des perles précieuses et des diamants. Je voyais quelle multitude d'âmes ramassait ces dons, mais il y avait une âme qui était proche de Son Cœur, elle ramassait avec une grande générosité non seulement pour elle-même mais pour les autres aussi, connaissant la valeur du don. Le Sauveur m'a dit : « Voilà les trésors de grâces qui coulent sur les âmes, mais toutes ne savent pas profiter de ma largesse ! »

1687. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Ma fille regarde en mon cœur miséricordieux et reflète sa pitié dans ton propre cœur et dans tes actes, pour que toi, qui annonces au monde ma miséricorde, tu en brûles toi-même. »
1688. 8 mai 1938. J'ai vu aujourd'hui deux poteaux plantés dans la terre, très grands, j'en avait planté un, et une autre personne, S.M., le second, par un effort inouï, avec peine et difficulté ; en plantant ce poteau, je m'étonnai moi-même d'où me venait une telle force. J'ai reconnu que je ne l'avais pas fait avec mes propres forces, mais par la force d'en haut. Les deux poteaux étaient aussi proches l'un de l'autre que la dimension de cette image, et j'ai vu cette image suspendue très haut sur ces deux poteaux. En un instant un grand sanctuaire se dressa sur ces deux poteaux en dedans et au dehors. J'ai vu une main qui finissait ce sanctuaire, mais je n'ai pas vu la personne. Une multitude de gens étaient à l'extérieur et à l'intérieur de ce sanctuaire et des torrents sortant du Cœur miséricordieux de Jésus se déversaient sur tous.

1689. Aujourd'hui, après la sainte Communion, Jésus m'a dit : « Ma fille, donne-moi les âmes ; sache que ton devoir est de me conquérir des âmes par la prière et le sacrifice, par l'encouragement à la confiance en la miséricorde »

1690. Oh ! Comme je désire la gloire de Ta miséricorde, pour moi l'amertume et la souffrance. Quand je vois la gloire de Ta miséricorde, je suis heureuse outre mesure. Que toute l'infamie, l'humiliation et l'avilissement retombent sur moi, pourvu que retentissent la gloire et l'honneur de Ta miséricorde, cela me suffit !

1691. Le Créateur et la créature

Je T'adore, Créateur et Seigneur, caché dans le Très Saint Sacrement. Je T'adore pour toutes les œuvres de Tes mains dans lesquelles apparaissent tant de sagesse, de bonté et de miséricorde. Ô Seigneur, Tu as semé tant de beauté par toute la terre, et elle me parle de Ta beauté, bien qu'elle ne soit que Ton faible reflet, inconcevable beauté ! Quoique Tu Te sois caché et dissimulé et que Tu aies dissimulé Ta beauté, mon œil illuminé par la foi T'atteint et mon âme reconnaît son Créateur, son Bien suprême, et mon cœur sombre dans la prière de louange. Mon Créateur et mon Seigneur, Ta bonté m'a encouragé à Te parler. Ta miséricorde fait disparaître l'abîme qui existe entre nous, qui sépare le Créateur de Sa créature. Parler avec Toi, ô Seigneur, est le délice de mon cœur ; je trouve en Toi tout ce que mon cœur peut désirer. Là Ta lumière éclaire mon esprit et le rend capable de Te connaître toujours plus profondément. Là, sur mon cœur se déversent des torrents de grâces, là mon âme puise la vie éternelle. Ô mon Créateur et mon Seigneur, au-dessus de tous ces dons, Toi, Tu te donnes Toi-même à moi, et Tu t'unis étroitement avec Ta misérable créature ! Ici nos cœurs se comprennent au delà des mots ; ici personne n'est capable d'interrompre notre conversation. Ce dont je parle avec Toi, ô Jésus c'est notre secret, que les créatures ne connaîtront pas, et les anges n'ont pas l'audace de le demander. Ce sont de secrets pardons que seuls Jésus et moi savons - c'est le secret de Sa miséricorde qui enveloppe chaque âme en particulier. Pour cette inconcevable beauté je T'adore, mon Créateur et mon Seigneur, de tout mon cœur et de toute mon âme. Et quoique mon adoration soit si pauvre et si petite, je suis cependant en paix, car je sais que Toi Tu sais qu'elle est sincère malgré son incapacité...

1692. En écrivant ces mots, j'aperçus Jésus penché sur moi - et Il demanda : « Ma fille qu'écris-tu ? » J'ai répondu : « J'écris à Ton sujet, Jésus, que Tu es caché dans le Très Saint Sacrement, sur Ton inconcevable amour et Ta miséricorde envers les hommes. » Et Jésus me dit : « Secrétaire de mon plus profond mystère, sache que tu es avec moi dans une intimité exclusive ; ton devoir est d'écrire tout ce que je te fais connaître à propos de ma miséricorde au profit des âmes qui en lisant ces écrits seront consolées et auront le courage de s'approcher de moi. Je désire donc que tu me consacres tous tes moments libres à écrire ! » « Ô Seigneur, mais aurais-je toujours au moins un petit moment pour écrire ? » Et Jésus me répondit : « Ce n'est pas Ton affaire d'y penser, fais seulement tout ce que tu peux ; j'arrangerai toujours les circonstances de manière à ce que tu puisses remplir facilement ce que j'exige de toi. »

1693. Aujourd'hui est venue me voir une personne laïque à cause de laquelle j'avais eu de grands désagréments, elle avait abusé de ma bonté en disant beaucoup de mensonges. Lorsque je l'ai aperçue, au premier instant, mon sang s'est glacé dans mes veines, car tout ce que j'ai dû souffrir à cause d'elle se présenta à mes yeux, bien que j'eusse pu m'en délivrer par un seul mot. L'idée me vint de lui faire connaître la vérité catégoriquement et immédiatement. Mais au même moment la miséricorde divine se présenta à mes yeux et j'ai résolu d'agir envers elle comme Jésus aurait agi à ma place. J'ai commencé à lui parler avec douceur et quand elle a exprimé le désir de me parler seule à seule, alors je lui ai clairement fait connaître le triste état de son âme d'une manière très délicate. J'ai vu sa profonde émotion, bien qu'elle le cachât devant moi. A ce moment une autre personne entra et notre conversation seule à seule prit fin. Cette personne me demande un verre d'eau et encore deux autres choses, ce que j'ai fait volontiers. Mais sans la grâce de Dieu, je n'aurais pas été capable de me conduire de la sorte envers elle. Quand ces personnes sont parties, j'ai remercié Dieu pour la grâce, qui m'a soutenue durant tout ce temps.

1694. Soudain j'ai entendu ces paroles : Je me réjouis de ce que tu aies agi comme ma vraie fille. Sois toujours miséricordieuse, comme moi je suis miséricordieux. Aime tout le monde, pour l'amour de moi, même tes pires ennemis, pour que ma miséricorde puisse se refléter dans toute sa plénitude en ton cœur.

1695. Ô Christ, quoiqu'il faille faire tant d'efforts, avec Ta grâce on peut tout !

1696. Aujourd'hui, je me sens assez bien et j'étais contente de pouvoir faire l'heure sainte. Quand j'ai commencé l'heure sainte, au même instant mes souffrances physiques augmentèrent à tel point que je fus incapable de prier. Quand l'heure sainte fut finie, mes souffrances cessèrent aussi ; et je me plaignais au Seigneur, parce que je désirais tant me plonger dans Son amère passion et que ma souffrance ne me l'avait pas permis. Alors Jésus m'a répondu : « Sache, ma fille, que lorsque je te fais ressentir et connaître plus profondément mes souffrances, c'est ma grâce ; mais lorsque ton esprit s'égare et que tes souffrances sont grandes, alors tu prends véritablement part à ma passion et je te rends complètement semblable à moi. Il t'appartient de te soumettre à ma volonté à ces moments-là plus qu'à n'importe quel autre moment !... »

1697. J'accompagne souvent les âmes agonisantes et je leur obtiens la confiance en la miséricorde divine, je supplie Dieu de leur donner toute la grâce divine, qui est toujours victorieuse. La miséricorde divine atteint parfois le pécheur au dernier moment, d'une manière étrange et mystérieuse. A l'extérieur c'est comme si tout était perdu, mais il n'en est pas ainsi ; l'âme éclairée par un puissant rayon de la grâce suprême, se tourne vers Dieu avec une telle puissance d'amour, qu'en un instant elle reçoit de Dieu le pardon et de ses fautes et de leur punitions, et à l'extérieur elle ne nous donne aucun signe de repentir ou de contrition, car elle ne réagit plus aux choses extérieures. Oh ! Que la miséricorde divine est insondable. Mais horreur - il y a aussi des âmes, qui volontairement et consciemment rejettent cette grâce et la dédaignent. Bien que cela soit déjà l'agonie, Dieu miséricordieux donne à l'âme ce moment de clarté intérieure, et si l'âme le veut, elle a la possibilité de revenir à Dieu. Mais parfois, il y a chez les âmes un tel endurcissement, qu'elles choisissent consciemment l'enfer ; elles font échouer toutes les prières que d'autres dirigent vers Dieu à leur intention, et même les efforts de Dieu...

1698. JMJ

Solitude - mes moments préférés
Solitude - mais toujours avec Toi, Jésus et Seigneur
Près de Ton Cœur mon temps passe agréablement
Et près de Lui mon âme trouve son repos !

Lorsque le cœur est comblé de Toi et plein d'amour,
Et que l'âme brûle d'un feu pur,
Alors au milieu du plus grand abandon, l'âme n'éprouvera pas la solitude
Car c'est sur Ton sein qu'elle repose !

Ô solitude, moments de la plus haute présence,
Quoique délaissée par toutes les créatures,
Je plonge entière dans l'océan de Ta Divinité
Et Toi Tu écoutes mes confidences avec douceur !

1699. Ce soir, le Seigneur m'a demandé : N'as tu pas quelque désir en ton cœur ? - J'ai répondu : J'ai un très grand désir, c'est de m'unir à Toi pour les siècles. - Et le Seigneur me répondit : Cela arrivera bientôt. Mon enfant la plus chère, chacun de tes mouvements se reflète en mon cœur ; mon regard repose avec bienveillance sur toi avant de se poser sur les autres créatures.

1700. J'ai demandé au Seigneur aujourd'hui qu'Il daigne m'instruire de la vie intérieure, car de moi-même je ne puis rien comprendre, ni penser de parfait. Et le Seigneur m'a répondu : « J'étais ton maître - je le suis et le serai ; tâche de rendre ton cœur semblable à mon cœur doux et humble ! Ne revendique jamais tes droits. Tout ce qui t'arrive, supporte-le avec calme et avec patience ; ne te défends pas quand toute la honte tombera injustement sur toi ; permets aux autres de triompher. Ne cesse pas d'être bonne quand tu t'apercevras que l'on abuse de ta bonté ; lorsque ce sera nécessaire, je revendiquerai tes droits moi-même ! Sois reconnaissante pour ma plus petite grâce, car cette reconnaissance me contraint à t'accorder de nouvelles grâces !...

1701. Vers la fin du chemin de croix que j'étais en train de faire, Jésus commença à se plaindre des âmes religieuses et sacerdotales , du manque d'amour chez les âmes choisies. « Je permettrai que les couvents et les églises soient détruits ! » J'ai répondu : « Jésus, mais il y a tant d'âmes qui Te louent dans les couvents ! Le Seigneur répondit : « Cette louange blesse mon cœur, car l'amour est banni des couvents. Ce sont des âmes sans amour et sans dévouement, des âmes pleines d'égoïsme et d'amour propre, des âmes orgueilleuses et présomptueuses, des âmes sournoises et pleines d'hypocrisie, des âmes tièdes qui ont à peine assez de chaleur pour se maintenir vivantes elles-mêmes. Mon cœur ne peut supporter cela. Toutes les grâces que je déverse sur elles chaque jour, s'écoulent comme sur un rocher. Je ne peux les supporter car elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. C'est pour sanctifier le monde que j'ai suscité les couvents ; c'est d ‘eux que doit jaillir une ardente flamme d'amour et de sacrifice. S'ils ne se convertissent pas et ne brûlent pas de la flamme du premier amour, je les ferai disparaître de ce monde...
Comment pourront-ils siéger, comme il leur a été promis, pour juger le monde lorsque leurs fautes sont plus lourdes que les fautes du monde - ni pénitence, ni réparation... Ah ! Cœur qui m'a reçu le matin, à midi contre moi tu brûles de haine sous toutes ses formes. Ah ! Cœur particulièrement choisi par moi, est-ce pour que tu m'affliges plus de souffrances ? Les grands péchés du monde blessent mon cœur comme à la surface, mais les péchés de l'âme choisie transpercent mon cœur...

1702. Quand je voulus intercéder pour eux, je ne pouvais rien trouver pour les justifier et ne pouvant, sur le moment, rien imaginer pour les défendre, mon cœur se serra de douleur et j'ai pleuré amèrement. Alors le Seigneur m'a regardée avec bienveillance et consolée par ces paroles : Ne pleure pas, il y a encore un grand nombre d'âmes qui m'aiment beaucoup, mais mon cœur désire être aimé de tous et parce que mon amour est grand, je les menace et les punis.

1703. Combat contre certaine tentation. Il y avait une personne qui me provoquait constamment par de petits mots flatteurs et elle savait quand je sortais pour aller à la chapelle ou à la véranda, et alors il me barrait le chemin, et n'osant pas s'approcher seul, il choisit un compagnon semblable à lui, mais aucun d'eux n'osait approcher. Me rendant à l'office du mois de mai, j'ai vu ces personnes qui se tenaient déjà debout, là où je devais passer ; avant d'arriver à leur hauteur - j'entends des mots flatteurs à mon adresse. Et le Seigneur me permit bien de connaître les pensées de leur cœur, qui étaient mauvaises. Je sentais bien qu'à la sortie de la chapelle, ils me barreraient le chemin et que je devrais alors parler avec eux, car jusqu'à présent il n'y avait pas eu un mot de ma part. Lorsque je suis sortie de la chapelle, je vis ces personnes résolues et attendant déjà mon passage, cette fois elles suscitèrent en moi la peur. Alors Jésus se trouva près de moi et dit : « N'aie pas peur, je suis avec toi ! » Tout de suite j'ai senti dans mon âme une force que je ne puis exprimer et quand je fus à quelques pas d'eux, j'ai dit à haute voix et avec audace : Loué soit Jésus Christ ! Et eux, se rangeant de côté répondirent : « Pour les siècles des siècles. Amen ! » Comme frappés par la foudre, ils baissèrent la tête, n'osant même pas me regarder. Après mon passage fusèrent des mots méchants. Depuis ce moment cette personne a toujours pris la fuite en me voyant pour ne pas me rencontrer, et moi, grâce au Seigneur, j'étais tranquille...

1704. Quand après la Sainte Messe je suis allée au jardin pour faire ma méditation, et comme à cette heure il n'y a pas encore de malades au jardin, j'étais donc libre. Alors que je méditais sur les bienfaits de Dieu, mon cœur s'enflammait d'un amour si fort qu'il me semblait que ma poitrine allait exploser. Soudain Jésus se tint debout devant moi et dit : « Que fais-tu si tôt ici ? » » « J'ai répondu : Je pense à Toi, à Ta miséricorde et Ta bonté pour nous. Et Toi, Jésus, qu'est-ce que Tu fais là ? » « Je suis venu à Ta rencontre, pour te convier à de nouvelles grâces. Je cherche des âmes qui voudraient accepter ma grâce. »

1705. Aujourd'hui pendant les vêpres, le Seigneur m'a fait connaître combien un cœur pur et libre Lui plait. J'ai senti que c'est le délice de Dieu de regarder un tel cœur... Mais ces cœurs sont des cœurs chevaleresques, leur vie est un combat constant...

1706. Lorsque j'allais vers la véranda, je suis entrée un moment dans la petite chapelle. Mon cœur se plongea dans une profonde prière de louange glorifiant l'inconcevable bonté divine et Sa miséricorde. Alors j'ai entendu ces paroles dans mon âme : « Je suis et je serai pour toi tel que tu me loues ; déjà dans cette vie, tu éprouveras ma bonté et toute plénitude dans la vie future. »

1707.Ô Christ, c'est mon plus grand délice de voir que Tu es aimé, que Ta gloire et Ton honneur retentissent, et tout particulièrement la gloire de Ta miséricorde ! Ô Christ, je ne cesserai de glorifier Ta bonté et Ta miséricorde jusqu'au dernier moment de ma vie ! Par chaque goutte de mon sang, chaque battement de mon cœur, je glorifie Ta miséricorde. Je voudrais me transformer tout entière en un hymne de louange pour Toi. Quand je serai sur mon lit de mort, que le dernier battement de mon cœur soit un hymne d'amour glorifiant Ton insondable miséricorde.

1708. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « Tu feras trois jours de retraite avant la venue du Saint Esprit ! Je vais te guider moi-même. Tu ne vas t'en tenir à aucune des obligations qui sont de règle pendant les retraites, ni utiliser de livres pour la méditation. Tout ce que tu as à faire est de prêter une oreille attentive à mes paroles. Comme lecture spirituelle, tu liras un chapitre de l'Evangile de saint Jean.

(dans l'original du journal il y a ici une interruption d'une demi-page)

1709. 26 avril 1938 - J'ai accompagné aujourd'hui le Seigneur Jésus quand il est monté au ciel. C'était un peu après-midi, une si grande nostalgie de Dieu m'envahit. Chose étrange, plus je sentais la présence divine, plus ardent était mon désir de Lui. Soudain je me vis au milieu d'une grande foule de disciples et d'Apôtres, et la Mère de Dieu ; Jésus leur disait d'aller dans le monde entier, enseignant en mon nom - il a étendu les mains, les a bénis, et Il disparût dans un nuage. J'ai vu la nostalgie de la Très Sainte Vierge. Son âme languissait de toute la force de Son amour pour Jésus, mais Elle était si calme et s'en remettait à Dieu, que dans son cœur il n'y avait pas un seul frémissement qui ne soit tel que le veut Dieu.

1710. Lorsque je suis restée seule à seule avec le Très Sainte Vierge - elle m'instruisit de la vie intérieure. Elle me disait : « La vraie grandeur de l'âme, c'est d'aimer Dieu et de s'humilier en Sa présence, s'oublier complètement soi-même, se sentir comme un rien, car le Seigneur est grand, mais Il ne se complaît que dans les humbles, Il s'oppose toujours aux orgueilleux. »

1711. Quand la personne dont j'ai déjà parlé ailleurs est de nouveau venue me voir, et lorsque j'ai remarqué qu'elle s'enfonçait dans le mensonge, je lui ai fait connaître que je savais qu'elle mentait - elle en a éprouvé une grande honte et elle s'est tue. Alors je lui ai parlé des grands jugements de Dieu, je lui ai aussi fait remarquer qu'elle entraînait des âmes innocentes sur des chemins dangereux. Je lui ai dévoilé tout ce qu'elle avait caché dans son cœur, car je devais me forcer pour parler avec elle ; afin de prouver au Seigneur Jésus que j'aime mes ennemis, je lui ai donné mon goûter. Elle est partie avec de la lumière dans l'âme, mais elle est encore loin de la mise en pratique...

1712. Il est des moments où le Seigneur Jésus exauce mes moindres désirs. Aujourd'hui j'ai dit que je désirais voir des épis de blé, mais on ne les voit pas dans notre sanatorium. Un des malades a entendu cela, le lendemain il est sorti dans les champs et m'a apporté quelques beaux épis. Ma chambre est toujours garnie de fleurs fraîches, mais mon esprit ne trouve de contentement en rien, je languis de plus en plus après Dieu.

1713. Aujourd'hui j'ai prié très ardemment Jésus pour notre maison, pour qu'il daigne ôter la petite croix dont il a affligé le couvent. Le Seigneur m'a répondu : Tes prières sont acceptées pour d'autres intentions, je ne peux pas ôter cette petite croix jusqu'à ce qu'on reconnaisse sa signification. Cependant je n'ai pas cessé de prier.

1714. Une forte tentation. Quand le Seigneur m'a fait connaître combien un cœur pur Lui est agréable, une plus profonde connaissance de ma misère me fut accordée ; et quand j'ai commencé à me préparer à la sainte confession, de fortes tentations contre les confesseurs m'ont assaillie. Je n'ai pas vu Satan, mais je le sentais, sa terrible méchanceté. - Oui s'accuser de ses péchés n'est pas difficile, mais dévoiler les plus secrets replis de son cœur, rendre compte de l'action de grâce divine, parler de chaque chose que Dieu exige, de tout ce qui se passe entre Dieu et moi - parler de cela à un être humain, c'est au-dessus de mes forces. Je sentais que je combattais contre les puissances et j'ai crié : « Ô Christ, Toi et le prêtre - çà fait un, je viens pour me confesser à Toi et non à un homme. » Quand je me suis approchée de la grille, j'ai commencé par dévoiler mes difficultés. Le prêtre a dit que je ne pouvais pas mieux faire que de dévoiler mes grandes tentations pour commencer. Cependant après la confession, elles se dissipèrent toutes et mon âme se réjouit d'une grande paix.
 

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:31

1608. Ô mon Jésus, comme il est bon d'être sur la croix, mais avec Toi. Avec Toi, mon Amour, mon âme est constamment étendue sur la croix et abreuvée d'amertume. Le vinaigre et le fiel touchent mes lèvres, mais c'est bien, c'est bien qu'il en soit ainsi, car Ton divin Cœur fut abreuvé d'amertume pendant toute Ta vie, et en réponse à Ton amour Tu as reçu l'ingratitude. Tu avais si mal qu'une plainte de douleur s'échappa de Tes lèvres : Tu cherchais qui pourrait Te consoler, et Tu n'as pas trouvé.

1609. Lorsque je demandai au Seigneur de porter les yeux sur une âme qui lutte seule contre beaucoup de contrariétés, le Seigneur me fit connaître en un instant que tous sont comme de la poussière sous Ses pieds. « Et donc ne te tourmentes pas, tu vois que d'eux-mêmes ils ne peuvent rien, et si je leur permets de paraître triompher, c'est en raison de mes impénétrables décrets ! » J'ai ressenti un grand apaisement en voyant comme tout dépend du Seigneur.

1610. Quand l'aumônier vient avec le Seigneur Jésus, il y a des moments où une si vive présence de Dieu m'envahit, et le Seigneur me fait connaître Sa sainteté, et je vois alors la plus infinie poussière de mon âme et je voudrais la purifier avant chaque Communion. J'ai questionné mon confesseur, il a répondu qu'il n'était pas nécessaire de se confesser avant chaque sainte Communion. Je n'ai pas continué à expliquer l'état de mon âme, car ce n'était pas mon directeur mais mon confesseur. Cependant cette connaissance ne me prend pas de temps, car elle est plus rapide que l'éclair, elle allume en moi l'amour, me laissant la connaissance de moi-même

1611. 20 février 1938 - Aujourd'hui, le Seigneur m'a répondu : J'ai besoin de tes souffrances pour sauver les âmes.
Ô mon Jésus, fais de moi ce qu'il Te plaît. Je n'ai pas eu le courage de demander au Seigneur Jésus de plus grandes souffrances, car j'ai tellement souffert la nuit précédente, que je n'aurais pu endurer une goutte de plus que ce que le Seigneur Jésus lui-même m'a donné.

1612. Presque toute la nuit j'ai éprouvé de si violentes douleurs, qu'il me semblait avoir toutes les entrailles réduites en lambeaux. J'ai rendu avec des vomissements le médicament que j'avais pris. Puis, alors que je me penchais en avant, j'ai perdu connaissance et ainsi, la tête appuyée contre le sol, je suis restée ainsi un moment. Quand j'ai repris connaissance, je m'aperçus que j'avais appuyé du poids de tout mon corps sur mon visage et ma tête ; inondée de vomissements, j'ai pensé que ce serait déjà la fin. La chère mère supérieure et Sœur Tarcise me secoururent comme elles le pouvaient. Jésus me demandait de souffrir et non de mourir. Ô mon Jésus, fais de moi ce qu'il Te plaît ! Donne-moi seulement la force de souffrir ! Je supporterai tout quand Ta force me soutiendra. Ô âmes, comme je vous aime !

1613. Aujourd'hui une sœur est venue me voir et m'a dit : « Ma sœur, je sens de façon étrange, comme si quelque chose me disait de venir chez vous et de vous recommander certaines de mes affaires avant que vous ne mourriez, que par vos prières vous pouvez me l'obtenir, ma sœur, et l'arranger auprès du Seigneur Jésus ; quelque chose me dit tout le temps que vous pouvez me l'obtenir, ma sœur. » Je lui ai répondu franchement - « oui je le sens dans mon âme, qu'après ma mort je pourrais plus obtenir auprès de Jésus que maintenant. Je me souviendrai de vous, ma sœur, devant Son trône. »

1614. Quand je suis entrée un moment dans le dortoir voisin pour visiter les sœurs malades, l'une d'elles me dit : « Ma sœur, je n'aurai pas du tout peur de vous, quand vous mourrez ; venez me voir après votre mort, car j'ai un secret à vous confier, pour que l'arrangiez auprès de Jésus ; je sais que vous pouvez me l'obtenir auprès du Seigneur Jésus par vos prières. » Comme elle le disait publiquement, je lui ai répondu de cette façon : « Le Seigneur Jésus est très discret, et donc les secrets qu'il a avec une âme, Il ne les révèle à personne. »

1615. Ô mon Seigneur, je Te remercie de me rendre semblable à Toi par l'anéantissement ! Je vois que mon enveloppe terrestre commence à s'effriter ; je m'en réjouis car bientôt, je me trouverai dans la maison de mon Père.

1616. 27 février 1938. Aujourd'hui je me suis confessée au Père A., j'ai agi comme Jésus le désirait. Après la confession, une lumière intense inonda mon âme. Soudain j'entendis une voix : « Parce que tu es une enfant, tu resteras près de mon cœur ; ta simplicité m'est plus agréable que les mortifications. »

1617. Paroles du Père Andrasz : « Vis davantage de foi ; prie pour que la miséricorde divine se propage encore plus et pour que cette œuvre soit prise en bonnes mains, qu'elle soit bien dirigée ! Tâche toi-même d'être là une bonne religieuse même si cela pourrait être comme c'est maintenant, mais tâche d'être là une bonne religieuse ! Et maintenant, si tu ressens ces attraits divins et que tu reconnais que c'est le Seigneur, suis-les ! Consacre à l'oraison tout le temps qui y est destiné, et les notes prends-les après la prière ! »

1618. Les deux derniers jours du carnaval. Mes souffrances physiques ont augmenté. Je me suis unie plus étroitement au Sauveur souffrant, Lui demandant d'avoir miséricorde pour le monde entier, qui dans sa méchanceté fait des folies. Pendant toute la journée, j'ai senti les douleurs de la couronne d'épines. Lorsque je me suis couchée, je ne pouvais pas poser ma tête sur l'oreiller ; cependant à dix heures les douleurs cessèrent et je m'endormis, mais le lendemain je ressentais une grande faiblesse.

1619. Jésus-Hostie, si Tu ne me soutenais pas Toi-même, je ne saurais persévérer sur la croix, je ne pourrais supporter tant de souffrances, mais la force de Ta grâce me maintient à un niveau plus haut et rend méritoires mes souffrances. Tu me donnes la force d'aller toujours de l'avant et de conquérir le ciel par la force et d'avoir en mon cœur de l'amour pour ceux qui nous ont fait subir contrariétés et mépris. Avec Ta grâce on peut tout !

1620. 1er mars 1938. Retraite d'un jour.
J'ai compris dans la méditation, qu'il faut se cacher le plus profondément possible dans le Cœur de Jésus, méditer Sa douloureuse passion et pénétrer les sentiments de Son divin Cœur rempli de miséricorde pour les pécheurs ; pour leur obtenir cette miséricorde, je vais m'anéantir à chaque moment, vivant de la volonté de Dieu.

1621. Pendant tout ce Carême, je suis une hostie dans Ta main, Jésus ! Sers-Toi de moi, pour que Tu puisses entrer Toi-même chez les pécheurs ! Exige ce qui Te plaît ; aucun sacrifice ne me semblera trop grand lorsqu'il s'agit des âmes !

1622. Tout ce mois-ci, sainte messe et sainte Communion à l'intention du Père Andrasz pour que Dieu lui fasse connaître plus profondément encore, Son amour et Sa miséricorde.

1623. Ce mois-ci, j'exercerai les trois vertus que la Mère de Dieu m'a recommandées : l'humilité, la pureté et l'amour de Dieu, acceptant, avec une profonde soumission à la volonté de Dieu, Tout ce qu'Il m'enverra.

1624. J'ai commencé le Saint Carême comme Jésus le désirait, m'en remettant complètement à Sa sainte volonté et acceptant avec amour tout ce qu'il me donnera. Je ne peux pas pratiquer de plus grandes mortifications, car je suis très faible. Ma longue maladie a complètement détruit les forces. Je m'unis à Jésus par la souffrance. Lorsque je médite Sa douloureuse Passion, mes douleurs physiques diminuent.

1625. Le Seigneur m'a dit : « Je te prends à mon école pour tout le Carême, je veux t'apprendre à souffrir. » J'ai répondu : « Avec Toi Seigneur, je suis prête à tout », et j'ai entendu cette voix : « Il t'est permis de boire au calice que je bois ; je te donne aujourd'hui cet honneur exclusif. »

1626. J'ai ressenti aujourd'hui la Passion de Jésus dans tout mon corps et le Seigneur m'a fait connaître la conversion de certaines âmes.

1627. Pendant la sainte messe, j'ai aperçu Jésus étendu sur la croix - Il m'a dit : « Mon élève, aie un grand amour pour ceux qui te font souffrir, fais du bien à ceux qui te haïssent. » J'ai répondu : « Ô mon maître Tu vois bien que je n'ai pas de sentiment d'amour pour eux, et cela me peine ! » Jésus m'a répondu : « Le sentiment n'est pas toujours en ton pouvoir ; tu reconnaîtras que tu as de l'amour lorsque après avoir éprouvé des contrariétés et des contradictions, tu ne perds pas ton calme, mais tu pries pour ceux qui t'ont fait souffrir, et tu souhaites leur bien. » Quand je suis revenue...

1628. JMJ
Je suis une hostie dans Ta main,
Ô Jésus, mon Créateur et mon Seigneur,
Paisible, cachée, sans beauté ni charme,
Car toute la beauté de mon âme a été imprimée au-dedans !

Je suis une hostie dans Ta main, ô Divin Prêtre,
Fais de moi ce qu'il Te plaît !
Je suis toute livrée à Ta volonté, Seigneur,
Car elle est le délice et la parure de mon âme !

Je suis en Ta main, ô mon Dieu, comme une blanche hostie,
Je T'en supplie, transforme-moi Toi-même en Toi,
Que je sois toute cachée en Toi,
Enfermée dans Ton Cœur miséricordieux, comme dans le ciel !

Je suis dans Ta main comme une hostie, ô Prêtre éternel,
Que l'hostie de mon corps me cache à l'œil humain !
Que seul Ton œil mesure mon amour et mon dévouement,
Que mon cœur soit toujours uni à Ton divin Cœur !

Je suis dans Ta main, ô divin Médiateur, comme une hostie expiatoire,
Et je brûle sur l'autel de l'holocauste,
Moulue et broyée par la souffrance, comme les grains de froment,
Et cela pour Ta gloire, pour le salut des âmes !

Je suis une hostie, qui demeure dans le tabernacle de Ton cœur,
Je marche à travers la vie, noyée dans Ton amour,
Et je n'ai peur de rien au monde,
Car Toi seul, Tu es pour moi - bouclier, force, défense !.

Je suis une hostie déposée sur l'autel de Ton Cœur,
Pour brûler du feu de l'amour dans tous les siècles,
Car je sais que Tu m'as élevée uniquement par Ta seule miséricorde,
Et je change donc tous les dons et les grâces pour Ta gloire.

Je suis une hostie dans Ta main, ô Juge et Sauveur,
Dans la dernière heure de ma vie,
Que la toute puissance de Ta grâce m'amène au but,
Qu'éclate Ta pitié envers le vase de miséricorde !

1629. Mon Jésus, affermis les forces de mon âme, pour que l'ennemi ne gagne rien. Sans Toi, je ne suis que faiblesse, sans Ta grâce, que suis-je sinon un abîme de misère. La misère est ma propriété.

1630. Ô plaie de la miséricorde, Cœur de Jésus, cache-moi dans Ta profondeur comme une goutte de Ton propre sang et ne m'en laisse pas sortir pour l'éternité ! Enferme-moi dans Tes profondeurs et enseigne-moi Toi-même comment T'aimer ! Amour éternel, façonne Toi-même mon âme pour qu'elle soit capable d'un amour réciproque pour Toi. Ô Amour vivant, rends-moi capable de T'aimer toujours ! Je veux éternellement répondre à Ton amour par la réciprocité. Ô Christ, un seul de Tes regards m'est plus cher que des milliers de monde, que le ciel entier ! Tu peux, Seigneur, rendre mon âme telle qu'elle puisse te comprendre dans toute Ta plénitude, tel que tu es. Je sais et je crois que Tu peux tout, puisque Tu as daigné Te donner à moi si généreusement, je sais que Tu peux être plus généreux encore ; fais-moi entrer dans Ton intimité aussi loin que peut l'être la nature humaine !...

1631. JMJ

Les désirs de mon cœur sont si inconcevables et si grands,
Que rien ne peut combler l'abîme de mon cœur.
Même toutes les plus belles existences du monde entier,
Ne sauraient Te remplacer pour moi, pas même pour un instant, ô mon Dieu !

D'un seul regard, j'ai embrassé le monde entier,
Et je n'ai pas trouvé d'amour semblable à celui de mon cœur,
C'est pourquoi j'ai tourné mon regard sur le monde éternel, Car celui-ci m'est trop petit
Mon cœur a désiré l'amour de l'Immortel !

Mon cœur a senti que je suis un enfant royal,
Que je me suis trouvée en exil, en terre étrangère,
J'ai compris que ma maison est le palais céleste.
C'est là seulement que je me sentirai comme dans ma propre patrie.

C'est Toi-même, qui as attiré vers Toi mon âme, Seigneur,
Ô Seigneur éternel, Toi-même, Tu T'es abaissé vers moi,
Donnant à mon âme une plus profonde connaissance de Toi !
Voilà le secret de l'amour pour lequel Tu m'as créée !

L'amour pur m'a rendue forte et courageuse,
Je n'ai peur ni des Séraphins, ni du Chérubin debout avec le glaive
Et je passe sans contrainte là où d'autres tremblent,
Car il n'y a pas de quoi craindre là où l'amour est guide !

Et soudain le regard de mon âme s'arrête sur Toi,
Ô Seigneur Jésus-Christ, étendu sur la croix,
C'est mon amour, avec lequel je reposerai dans mon tombeau,
C'est mon bien-aimé, mon Seigneur et mon Dieu inconcevable !

(ici il y a une longue pause)

1632. 10 mars 1938 - Des souffrances physiques continuelles. Je suis sur la croix avec Jésus. Une fois la mère supérieure m'a dit : « Ma sœur, c'est chez vous un manque d'amour du prochain, vous mangez quelque chose, puis vous souffrez et vous dérangez les autres pendant le repos de la nuit. » Cependant, je sais que ces douleurs dans mes entrailles ne sont pas du tout prolongées par ce que j'ai mangé, le médecin a constaté la même chose, mais ce sont des souffrances qui viennent plutôt de l'organisme ou plutôt de la volonté de Dieu. Cependant, après cette remarque, j'ai pris la résolution de davantage souffrir en cachette et de ne plus demander d'aide, car de toute façon elle n'a aucun résultat ; car je rends avec des vomissements les médicaments que l'on me donne, et j'ai réussi à surmonter quelques attaques dont seul Jésus est au courant. Ces souffrances sont si violentes et si fortes qu'elles me font perdre connaissance. Lorsque je m'évanouis sous leur pression, et qu'une sueur froide m'inonde, alors elles commencent peu à peu à se relâcher. Elles durent parfois jusqu'à trois heures ou plus encore. Ô mon Jésus, que Ta sainte Volonté soit faite, j'accepte tout de Ta main ! Si j'accepte les ravissements et les transports de l'amour jusqu'à l'oubli de ce qui se passe autour de moi, il est juste que j'accepte aussi avec amour ces souffrances que me font perdre ma lucidité.

1633. Quand le médecin est venu, je ne pouvais pas descendre le voir au parloir comme les autres sœurs, mais j'ai demandé qu'il vienne chez moi, car pour une certaine raison je ne pouvais descendre ; au bout d'un moment, le médecin est venu dans ma cellule, et après m'avoir examinée, il dit : « Je dirai tout à la sœur infirmière. » Quand la sœur infirmière est venue après le départ du médecin, je lui ai dit la raison pour laquelle je ne pouvais descendre au parloir ; cependant elle se montra fort mécontente. Et quand je lui ai demandé : Ma sœur , qu'est-ce que le médecin a dit de ces douleurs - elle m'a répondu qu'il n'avait rien dit, que ce n'était rien ; il a dit que la malade faisait des caprices et elle s'en est allée. Alors j'ai dit à Dieu : Christ donne-moi force et vigueur pour souffrir, donne à mon cœur un amour sincère envers cette sœur. Après cela, elle ne vint plus du tout me voir de toute une semaine. Cependant les souffrances revinrent avec une grande violence et durèrent presque toute la nuit, il me semblait que c'était la fin. Les supérieures décidèrent d'aller chez un autre médecin, et celui-ci constata que l'état était grave, il me dit : « On ne peut plus redonner une nouvelle santé. On peut encore remédier, çà et là, mais il n'est pas question de recouvrer la santé ». Il a prescrit un remède pour ces douleurs et depuis les plus fortes attaques ont disparu. « Et si vous venez ici ma sœur, nous tâcherons alors de rapiécer cette santé si cela est encore possible. » Il souhaitait vivement que j'aille là-bas pour une cure. Ô mon Jésus, comme Tes décrets sont étranges !.

1634. Jésus m'ordonne d'écrire tout ceci pour la consolation des autres âmes qui seront parfois exposées à des semblables souffrances.

1635. Bien que je me sente très faible, je suis allée chez ce médecin car telle était la volonté des supérieures. La sœur désignée pour m'accompagner partait bien mécontente. Elle me l'a montré plusieurs fois, enfin, elle m'a dit : « Que va-t-il se passer, j'ai trop peu d'argent pour le fiacre ? »Je n'ai rien répondu. »Et peut-être qu'il n'y aura pas de fiacre ? Comment ferons-nous un tel chemin ? » Elle disait cela et beaucoup d'autres choses pour m'inquiéter, car les chères supérieures avaient donné assez d'argent pour tout : il n'en manquait pas. Ayant compris intérieurement toute cette affaire, j'ai ri et j'ai dit à la sœur, que j'étais tout à fait tranquille, ayons confiance en Dieu. Mais j'ai vu que mon profond calme l'irritait.

1636. Alors j'ai commencé à prier à son intention. Ô mon Seigneur, j'accepte tout pour Toi, afin d'obtenir la miséricorde pour les pauvres pécheurs ! A mon retour, j'étais si fatiguée, que j'ai dû me coucher tout de suite ; mais c'était le jour de la confession trimestrielle, j'ai tâché d'y aller, car j'avais besoin non seulement de la confession, mais aussi des conseils du directeur de mon âme. J'ai commencé à me préparer, mais je me sentais si faible, que j'ai résolu de demander à la mère supérieure la permission de passer avant les novices car je me sens faible. La mère supérieure me répondit : « Allez chercher la sœur maîtresse, si elle vous permet de passer avant les novices - c'est d'accord. » Cependant, il n'y avait plus que trois sœurs pour la confession, j'ai donc attendu, car je n'avais pas la force d'aller chercher la sœur maîtresse. Lorsque vint mon tour, je me sentais si mal que je ne pus rendre compte de l'état de mon âme, à peine ai-je pu me confesser. Ici j'ai compris combien on a besoin de l'esprit, la lettre seule ne fait pas croître l'amour.

1637. Ce jour-là, il y avait quelques malentendus entre la supérieure et moi. La faute n'était ni de son côté ni du mien ; mais la souffrance morale est restée, je ne pouvais pas mettre les choses au point, car c'était un secret ; c'est pour cela que je souffrais, bien que j'eusse pu d'un seul mot prouver la vérité.

1638. 20 mars 1938. Aujourd'hui, j'accompagnais en esprit une âme agonisante. Je lui ai obtenu la confiance en la miséricorde divine. Cette âme était proche du désespoir.

1639. Cette nuit n'est connue que de Toi, Seigneur ! Je l'ai offerte pour les pauvres pécheurs endurcis, pour leur obtenir Ta miséricorde. Cingle-moi ici, brûle-moi là, pour que Tu me donnes les âmes des pécheurs et particulièrement !... Ô Jésus, rien ne périt chez Toi : prends tout, et donne-moi les âmes des pécheurs !

1640. Pendant l'adoration, au cours de l'office des quarante heures, le Seigneur m'a dit : Ma fille, écris que les fautes involontaires des âmes ne retiennent pas mon amour pour elles, ni n'empêchent de m'unir avec elles, mais les fautes, mêmes les plus petites mais volontaires, sont une entrave à mes grâces et je ne peux répandre mes dons sur de telles âmes.

1641. Jésus m'a fait connaître comment tout dépend de Sa volonté, en me donnant une profonde paix en ce qui concerne toute cette œuvre.

1642. Ecoute ma fille, bien que toutes les œuvres qui naissent de ma volonté soient exposées à des grandes souffrances, vois cependant, l'une d'elles a-t-elle été exposée à de plus grandes difficultés, que l'œuvre qui dépend directement de moi, l'œuvre de la rédemption. Tu ne dois pas trop prendre à cœur les contrariétés. Le monde n'est pas aussi fort qu'il semble l'être, sa force est strictement limitée. Sache, ma fille, que lorsque ton âme est pleine du feu de mon pur amour, alors toutes les difficultés fuient comme le brouillard devant les rayons du soleil, et elles ont peur d'aborder une telle âme et tous les adversaires ont peur d'agir contre elle, car ils sentent que cette âme est plus forte que le monde entier...

1643. Ma fille, fais dans cette œuvre de la miséricorde autant que l'obéissance te le permet, mais soumets clairement mes moindres désirs à ton confesseur, et ce qu'il décidera, il ne t'est pas permis de t'en écarter, accomplis tout fidèlement, autrement je n'aurais pas de prédilection pour toi !...

1644. 25 mars 1938 - J'ai vu aujourd'hui le Seigneur Jésus souffrant qui s'inclina vers moi et me dit tout bas : Ma fille, aide-moi à sauver les pécheurs. Soudain un feu d'amour pour secourir les âmes entra dans mon âme ! Quand je repris connaissance, je savais par quels moyens je devais secourir les âmes, et je me suis préparée à de plus grandes souffrances.

1645. Aujourd'hui la souffrance a augmenté, outre cela, j'ai senti des plaies aux mains, aux pieds et au côté, je l'ai supporté avec patience. Je sentais la colère de l'ennemi des âmes, mais il ne m'a pas touchée.

1646. 1e avril 1938 - Je me sens de nouveau plus mal aujourd'hui. Une grande fièvre commence à me consumer. Je ne peux recevoir de nourriture, j'ai envie de quelque chose de rafraîchissant à boire et il est même arrivé de n'avoir même pas un peu d'eau dans ma cruche. Tout cela, Jésus, pour obtenir ta miséricorde pour les âmes !
Quand j'ai renouvelé mon intention avec plus d'amour , alors une des novices entra et me donna une grosse orange envoyée par la sœur maîtresse. J'y ai vu la main de Dieu. Cela s'est répété encore plusieurs fois. Pendant cette période, bien qu'on connaisse mes besoins, je ne recevais jamais rien de rafraîchissant à manger, je l'avais pourtant demandé ; je voyais cependant que Dieu exige les souffrances et le sacrifice. Je ne décris pas ces refus en détail, car ils sont très délicats et difficiles à croire, et pourtant Dieu peut exiger même de tels sacrifices.

1647. Je voulus dire à la mère supérieure que j'avais très soif et lui demander la permission d'avoir dans ma cellule quelque chose à boire pour apaiser ma soif, mais avant que je l'aie demandé, la mère m'a dit elle-même : « Ma sœur, finissez-en une bonne fois avec cette maladie, d'une façon ou d'une autre. Il vous faudra faire une cure ou autre chose, car cela ne peut durer de la sorte. » Quand après un moment je suis restée seule, j'ai dit : Christ que faire ? Te demander la santé ou la mort, je n'ai pas d'ordre clair, je me suis donc agenouillée et j'ai dit : Que pour toi se fasse Ta sainte volonté, fais de moi Jésus ce qu'il Te plaît ! A ce moment je me suis sentie comme si j'étais toute seule et différentes tentations m'assaillirent, cependant, j'ai retrouvé le calme et la lumière dans une prière ardente, et j'ai compris que la supérieure voulait seulement m'éprouver.

1648. Je ne sais pas comment cela se fait, mais la chambre où j'étais couchée était si négligée, que parfois elle n'était pas nettoyée pendant plus de deux semaines. Souvent personne n'allumait le feu dans le poêle, et à cause de cela ma toux augmentait, parfois je le demandais, mais parfois je n'en avais pas le courage. Quand une fois la mère supérieure est venue me voir et qu'elle m'a demandé s'il ne faudrait pas chauffer davantage, je lui ai répondu que non, car il faisait déjà plus chaud dehors et la fenêtre était ouverte.

1649. Premier vendredi du mois. Quand j'ai pris le messager du Sacré-Cœur et que j'y ai lu la canonisation de saint André Bobola, en un instant une si grande nostalgie envahit mon âme pour que chez nous aussi il y ait une sainte et je me suis mise à pleurer comme un enfant, pourquoi n'y a t'il pas de sainte chez nous, et j'ai dit au Seigneur : Je connais Ta largesse, mais il me semble que maintenant Tu es moins généreux pour nous - et j'ai recommencé comme un petit enfant. Et le Seigneur Jésus me dit : Ne pleure pas, car toi, tu en es une ! Alors la lumière divine inonda mon âme et il me fut donné de connaître combien j'allais souffrir, et j'ai dit au Seigneur : Comment cela arrivera-t-il ? Tu m'as pourtant parlé d'une autre congrégation. Et le Seigneur me répondit : « Il ne t'appartient pas de savoir comment cela arrivera, mais il faut être fidèle à ma grâce et faire toujours ce qui est en ton pouvoir et ce l'obéissance te permet ...

1651.Une sœur est entrée chez moi aujourd'hui et m'a dit que telle religieuse se dorlote dans sa maladie, et elle me dit que cela l'agace -« Je lui passerais bien un savon, mais je ne suis pas de cette maison. » Je lui ai répondu que j'en suis étonnée : comment pouvez-vous même penser cela, ma sœur, pensez seulement, ma sœur, combien cette malade a de nuits blanches et de larmes... Alors la sœur a changé d'avis.

1652. JMJ

Exalte, ô mon âme, la miséricorde du Seigneur !
Réjouis-toi en Lui, mon cœur entier,
Car tu es choisie par Lui
Pour propager la gloire de Sa miséricorde !

Personne n'a sondé Sa bonté, personne ne la mesurera,
Sa pitié est incommensurable,
Chaque âme qui l'approche le ressent,
Il l'abritera et la pressera contre Son sein miséricordieux

Heureuse l'âme, qui a fait confiance à Ta bonté,
Et s'est abandonnée complètement à Ta miséricorde,
Son âme est remplie de la paix et de l'amour,
Tu la défend partout, comme Ton enfant !

Ô âme, qui que Tu sois en ce monde,
Quand bien même tes péchés seraient noirs comme la nuit,
Ne crains pas Dieu, faible enfant,
Car grande est la puissance de la miséricorde divine !

1652. JMJ

Dans la clarté d'en haut, où règne mon Dieu,
C'est là que mon âme soupire,
C'est là que mon cœur ressent,
Et tout mon être est tendu vers Toi.

J'avance vers l'autre monde, vers Dieu seul,
Dans la clarté inconcevable, dans le feu lui-même de l'amour,
Car mon âme et mon cœur sont créés pour Lui
Et mon cœur L'aime depuis ma plus tendre jeunesse

Là-bas dans l'éclat de la clarté de Ta Face
Mon amour languissant se reposera,
Car la vierge agonise en exil loin de Toi,
Car elle ne vit que lorsqu'elle est unie à Toi.


JMJ .Ma journée est à son déclin,
Je sens déjà Ton éternel éclat, mon Dieu !
Personne ne saura ce que sent mon cœur,
Mes lèvres se tairont dans une grand humilité.

J'avance déjà vers les noces éternelles,
Dans le ciel éternel, les inconcevables espaces,
Je ne soupire ni après le repos, ni après la récompense
Le pur amour de Dieu m'attire au ciel.

Je vais déjà à Ta rencontre, éternel Amour,
Avec un cœur languissant, qui Te désire.
Je sens que Ton pur amour, mon Dieu, est l'hôte de mon cœur,
Et je sens mon éternelle prédestination dans le ciel.

Je vais déjà chez mon Père dans le ciel éternel,
De la terre d'exil, de cette vallée de larmes.
La terre n'est pas capable de retenir plus longtemps mon cœur pur,
Et les hauteurs du ciel m'ont attirée vers elles.

Je viens, mon Bien-Aimé, pour voir Ta gloire,
Qui déjà maintenant comble mon âme de joie,
Là où le ciel entier se plonge dans Ton adoration,
Je sens que mon adoration T'est agréable, malgré mon néant.

Dans le bonheur éternel je n'oublierai pas les hommes sur terre.
J'obtiendrai par mes prières la miséricorde divine pour tous,
Et je me souviendrai particulièrement de ceux qui étaient chers à mon cœur.
Et même ayant complètement sombré en Dieu, je ne les oublierai pas.

Je ne sais pas parler avec les hommes en ces derniers moments,
En silence, je T'attends seulement, Seigneur.
Je ne sais que viendra l'instant où chacun comprendra l'œuvre divine dans mon âme,
Je sais que telle est Ta volonté, et il en sera ainsi.
 

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:08

1584. Vision de la Mère de Dieu. Dans une grande clarté, j'ai aperçu la Mère de Dieu en robe blanche, avec une ceinture d'or, de petites étoiles,, également d'or, se trouvaient sur tout Son manteau et les manches bordées de triangles d'or. Son manteau était bleu saphir, légèrement jeté sur les épaules, sur Sa tête un voile transparent légèrement posé, les cheveux libres, très joliment arrangés, et une couronne d'or qui se terminait par des croix. Elle tenait l'Enfant Jésus sur le bras gauche .Je n'avait encore jamais vu la Mère de Dieu ainsi. Alors elle me regarda avec bienveillance et dit : « Je suis Notre Dame des prêtres. Sur ce, Elle déposa Jésus à terre et levant le bras droit, Elle dit : « Ô Dieu, bénis la Pologne, bénis les prêtres ! » Et Elle me dit à nouveau : « Dis aux prêtres ce que tu as vu ! » J'ai décidé qu'à la première occasion je le dirai au père, mais moi-même, je ne comprends rien à cette vision.

1585. Ô mon Jésus, Tu vois quelle immense gratitude j'ai pour l'abbé Sopocko qui a mené Ton œuvre si loin. Cette âme si humble a su supporter tous les orages, et elle ne s'est pas laissée décourager par les contrariétés, mais elle a fidèlement répondu à l'appel de Dieu.

1586. Quand une des sœurs reçut la tâche du service des malades - et elle était si négligente dans ce service, il fallait vraiment nous mortifier - un jour je décidai de le dire aux supérieures ; cependant j'entendis une voix en mon âme : Supporte cela patiemment, quelqu'un d'autre le dira. Ce service-là dura tout le mois. Lorsque je pus descendre au réfectoire et à la récréation, j'entendis alors ces mots en mon âme : « Maintenant d'autres sœurs parleront de la négligence du service de cette sœur, quant à toi, tais-toi et ne donne pas ton opinion en cette affaire. » A ce moment commença une assez vive critique de cette sœur qui ne put rien trouver pour sa défense et toutes les sœurs dirent en chœur : « Corrigez-vous ma sœur et faîtes mieux le service des malades. »J'ai appris que parfois le Seigneur Jésus ne désire pas que nous disions quelque chose nous-mêmes ; Il a ses moyens et sait prendre la parole.

1587. Aujourd'hui, j'ai entendu ces paroles : Dans l'Ancien Testament j'ai envoyé à mon peuple des prophètes et avec eux la foudre. Aujourd'hui, je t'envoie vers toute l'humanité avec ma miséricorde. Je ne veux pas punir l'humanité endolorie, mais je désire la guérir en l'étreignant sur mon cœur miséricordieux. Je n'applique le châtiment que lorsqu'ils m'y forcent eux-mêmes ; ma main ne prend volontiers le glaive de la justice ; avant le jour de la justice, j'envoie le jour de la miséricorde. J'ai répondu : Ô mon Jésus parle Toi-même aux âmes, car mes paroles sont sans importance !

+JMJ

1588. L'âme dans l'attente de la venue du Seigneur.

Je ne sais, ô Seigneur, à quelle heure Tu viendras,
Je veille donc sans cesse et je tends l'oreille,
Moi Ta bien-aimée que Tu as choisis,
Car je sais que Tu aimes venir inaperçu,
Cependant le cœur pur, Seigneur, Te pressent de loin !

Je T'attends, Seigneur, dans le calme et le silence,
Avec une grande nostalgie en mon cœur
Et un désir inassouvi
Je sens que mon amour pour Toi se change en brasier
Et comme une flamme s'élèvera dans le ciel, à la fin de mes jours,
Alors tous mes vœux se réaliseront !

Viens donc enfin - mon très doux Seigneur
Et emporte mon cœur assoiffé
Là-bas chez Toi, dans les hautes contrées des cieux
Où règne éternellement Ta vie !

Car la vie sur terre n'est qu'une agonie,
Car mon cœur sent qu'il est créé pour les hauteurs
Et rien ne l'intéresse des plaines de cette vie
Car ma patrie, c'est le ciel. Je crois en cela invinciblement.

(Fin du cinquième cahier.)

JMJ
1589 . Loue ô mon âme, l'inconcevable miséricorde divine, tout pour Sa gloire !...

Cracovie, le 10 février 1938

Sixième petit cahier

Soeur Faustine du Très Saint Sacrement
de la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de la Miséricorde

1590. Mon cœur m'attire là où mon Dieu est caché,
Où Il demeure nuit et jour avec nous
Sous l'apparence de la blanche Hostie,
Il dirige le monde entier, et est en relation avec les âmes.

Mon cœur m'attire là où mon Seigneur se cache,
Où est son Amour anéanti,
Mais mon cœur sent que là est l'eau vive,
C'est mon Dieu vivant, bien qu'un voile Le cache.

1591.10 février 1938. Pendant la méditation, le Seigneur m'a fait connaître la joie du ciel et des saints qui se réjouissent de notre arrivée. Ils aiment Dieu, comme unique objet de leur amour, mais ils nous aiment aussi tendrement et sincèrement ; mais cette joie venant de la face divine se déverse sur tous, car nous Le voyons face à face. Cette face est si douce que l'âme tombe en un nouveau ravissement.

1592. Le Seigneur Lui-même me pousse à écrire des prières et des hymnes sur Sa miséricorde, et ces adorations se pressent sur mes lèvres. Je me suis aperçue qu'entrent dans mon esprit des paroles toutes prêtes à la gloire de la miséricorde divine, aussi ai-je résolu de les mettre sur le papier, autant que cela sera en mon pouvoir, je m'y sens poussée par Dieu.

1593. Une sœur est entrée chez moi un moment et après une courte conversation au sujet de l'obéissance, elle me dit : « Oh ! Je comprends maintenant comment agissaient les saints. Merci ma sœur, une grande lumière est entrée dans mon âme, j'en ai bien profité. »

1594. Ô mon Jésus, c'est Ton œuvre, c'est Toi qui as parlé à cette âme, car cette sœur est entrée au moment où j'étais complètement plongée en Dieu ; c'est juste à cet instant que ce grand recueillement m'a abandonnée ! Ô mon Jésus, je sais que pour être une âme utile, il faut s'efforcer à être le plus étroitement unie à Toi, Amour éternel ! Un mot prononcé par une âme unie à Dieu, procure plus de bien aux âmes que les discours éloquents et les sermons d'une âme imparfaite.

1595. J'ai remarqué l'étonnement du Père Andrasz à cause de ma conduite, mais tout pour la gloire de Dieu. Ô grande est Ta grâce, Seigneur, qui élève l'âme vers les hauteurs ! Grande et ma reconnaissance envers Dieu pour m'avoir donné un prêtre éclairé - Tu aurais pu continuer à me laisser dans mes incertitudes et mes hésitations, mais Ta bonté y a remédié. Ô mon Jésus, il m'est impossible de compter Tes bienfaits !...

1596. Ma fille, le combat durera jusqu'à la mort, il ne sera terminé qu'au dernier soupir ; tu remporteras la victoire par le silence.

1597.16 février 1938. J'ai vu comme Jésus dans la sainte Communion entrait à contrecœur dans certaines âmes. Il m'a répété ces mots : J'entre dans certains cœurs comme pour une seconde passion.

1598. Pendant que je tâchais de faire l'heure sainte, j'ai aperçu Jésus souffrant qui m'a dit ces paroles : Ma fille, n'accorde pas tant d'attention à l'instrument par lequel vient la grâce, mais plus à la grâce elle-même que je te donne, car l'instrument ne te plaît pas toujours, et les grâces laissent aussi à désirer alors ! Je veux te préserver de cela et je désire que tu ne fasses jamais attention à l'instrument par lequel je t'envoie ma grâce, toute l'attention de ton âme doit tendre à répondre le plus fidèlement possible à ma grâce.

1599. Ô mon Jésus, si Toi-même Tu n'apaises pas la nostalgie de mon âme, personne ne le consolera ni ne l'apaisera ! Chacune de Tes approches ouvre mon âme à un nouveau ravissement d'amour, mais aussi à une nouvelle agonie ; car malgré Tes si exceptionnels rapprochements de mon âme, je continue à T'aimer à distance et mon cœur agonise en extase d'amour, parce que ce n'est pas encore l'union éternelle et complète, même si Tu es souvent en relation avec moi sans aucun voile. Tu ouvres cependant par cela en mon âme et mon cœur un abîme d'amour et de désir envers Toi mon Dieu, et cet abîme insondable - désirer Dieu en plénitude - ne peut être totalement comblé sur cette terre.

1600. Le Seigneur m'a fait connaître comme il désire ardemment la perfection des âmes choisies.
Les âmes choisies sont des lumières dans ma main, que je jette dans l'obscurité du monde et je l'éclaire. Comme les étoiles éclairent la nuit, ainsi les âmes choisies éclairent la terre, et plus l'âme est parfaite, plus la lumière qu'elle répand autour d'elle est grande et va loin ; elle peut être cachée et inconnue même aux plus proches, mais sa sainteté se reflète dans les âmes jusqu'aux plus lointaines extrémités du monde.

1601. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : Ma fille, quand tu t'approches de la sainte confession, de cette source de ma miséricorde, le sang et l'eau qui sont sortis de mon cœur se déversent sur ton âme et l'ennoblissent. Chaque fois que tu te confesses, plonge-toi entièrement dans ma miséricorde avec grande confiance, pour que je puisse déverser en ton âme toutes les largesses de ma grâce. Quand tu vas te confesser, sache que c'est moi-même qui t'attend dans le confessionnal, je me dissimule seulement derrière le prêtre, mais c'est moi seul qui agis dans l'âme. Ici la misère de l'âme rencontre le Dieu de miséricorde. Dis aux âmes, qu'à cette source de miséricorde, les âmes ne puisent qu'avec le vase de la confiance. Lorsque leur confiance sera grande, il n'y aura pas de bornes à mes largesses. Les torrents de ma grâce inondent les âmes humbles. Les orgueilleux sont toujours dans la misère et la pauvreté car ma grâce se détourne d'eux pour aller vers les âmes humbles.

1602.14 février 1938. Pendant l'adoration, j'ai entendu ces paroles : Prie pour une des élèves qui a grand besoin de ma grâce. J'ai reconnu l'âme de N. j'ai beaucoup prié et la miséricorde divine a enveloppé cette âme.

1603. Pendant l'adoration, alors que je récitais plusieurs fois Dieu Saint, une vive présence de Dieu m'enveloppa et je fus enlevée en esprit devant la majesté divine. Et j'ai vu comment les anges et les saints du Seigneur rendent gloire à Dieu. Cette gloire d Dieu est si grande que je ne veux même pas tenter de la décrire, car je n'y arriverai pas, et pour qu'à cause de cela les âmes ne croient pas que tout se borne à ce que j'ai écrit. Saint Paul, je te comprends maintenant, tu ne voulais pas décrire le ciel, tu as seulement dit l'œil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu et le cœur de l'homme n'a jamais conçu ce que Dieu a préparé pour ceux qui L'aiment. - Oui, c'est ainsi, et comme elle est misérable ! Ce n'est qu'une goutte en comparaison de la perfection de la gloire céleste. Oh ! Que tu es bon, mon Dieu, d'accepter mon adoration, de tourner avec bienveillance Ta face vers moi, et de me faire connaître que notre prière T'es agréable !

1604. Ecris sur ma bonté, ce qui te viendra à l'esprit.- J'ai répondu : Comment Seigneur, et si j'écris trop ? - Et le Seigneur me répondit : « Ma fille, même si tu parlais à la fois toutes les langues humaines et angéliques, tu ne pourrais en dire trop, mais alors tu ne glorifierais qu'une infime partie de ma bonté - de mon insondable miséricorde. »
Ô mon Jésus, mets Toi-même les paroles dans ma bouche, pour que je puisse Te glorifier dignement.
Ma fille, sois tranquille, fais ce que je t'ordonne ! Ta pensée est unie à ma pensée, écris donc ce qui te viendra à l'esprit. Tu es la secrétaire de ma miséricorde, je t'ai choisie pour cette fonction dans cette vie et dans la vie future. Je le veux ainsi, malgré tous les obstacles que l'on dressera contre toi ; sache que ma prédilection ne changera pas.
Au même instant, je me suis plongée avec grande humilité devant la majesté divine. Et plus je m'humiliais, plus la présence de Dieu me pénétrait...

1605. Ô Jésus, ma seule consolation ! Oh ! Comme l'exil est terrible. Oh ! Quel désert dois-je encore traverser ! Mon âme se fraie un passage dans un terrible roncier de difficultés de toutes sortes. Si Tu ne me soutenais pas, Seigneur, il me serait impossible d'avancer.

1606. 16février 1938. Alors je priais à l'intention d'un prêtre le Cœur vivant de Jésus qui est dans le Très Saint Sacrement, Jésus m ‘a tout de suite fait connaître Sa bonté et m'a dit : Je ne lui donnerai rien au dessus de ses forces.

1607. Quand j'ai appris les souffrances et les difficultés qu'une certaine personne éprouvait dans toute cette œuvre divine, j'ai demandé au Seigneur Jésus avant la Sainte Communion qu'il me fasse connaître si je n'étais pas à l'origine de ses souffrances. - Mon doux Jésus, je T'en supplie par Ton infinie bonté et Ta miséricorde, fais moi connaître si quelque chose ne Te plaît pas dans cette affaire ou il y a quelque faute de ma part ; s'il en était ainsi, je T'en prie, lorsque Tu viendras dans mon cœur, remplis-le d'inquiétude et fais-moi connaître ton mécontentement. Et si je ne suis pas coupable, affermis-moi dans la paix. Lorsque j'ai communié, mon âme fut remplie d'une grande paix et le Seigneur me fit connaître que l'œuvre est touchée par l'épreuve, mais qu'elle n'en est pas moins agréable à Dieu. Je n'en suis profondément réjouie et j'ai redoublé mes prières, pour que cette œuvre puisse sortir renforcée du feu de l'épreuve.
 

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:03

1500. Lorsque maintenant je ne peux dormir la nuit, car la souffrance ne me le permet pas, je visite toutes les églises et toutes les chapelles et au moins quelques instants, j'y fais une adoration du Très Saint Sacrement. Lorsque je reviens à notre chapelle, je prie alors pour certains prêtres qui annoncent et proclament la miséricorde de Dieu ? Je prie également à l'intention du Saint Père, et aussi afin d'implorer la miséricorde de Dieu pour les pécheurs - ce sont là mes nuits.

1501. 20 janvier 1938. Jamais je ne rampe devant quelqu'un. Je ne supporte pas la flatterie, et l'humilité n'est que vérité, il n'y a plus de vile flatterie dans la véritable humilité, bien que je me sente la plus petite de tout le couvent, d'un autre côté, je jouis du titre de bien-aimée de Jésus... Mais peu importe que je rencontre parfois l'opinion comme quoi je suis orgueilleuse, je sais bien que le jugement des hommes ne discerne pas le mobile des agissements.

1503.Quant au début de ma vie religieuse, immédiatement après mon noviciat, j'ai commencé à m'exercer particulièrement à l'humilité, les humiliations que Dieu m'envoyait ne me suffisaient pas, mais je les recherchais moi-même dans un zèle excessif, et parfois je me montrais à mes supérieurs telle que je ne l'étais pas en réalité, et je n'avais même pas l'idée de telles misères. Cependant peu après, Jésus me fit connaître que l'humilité est seulement vérité. A partir de ce moment, j'ai changé mon point de vue, suivant fidèlement la lumière de Jésus. J'appris que si l'âme est avec Jésus, Il ne lui permet pas de s'égarer.

1504. Seigneur, Tu sais que depuis ma jeunesse, j'ai toujours recherché Ta volonté et, la connaissant, je m'efforçais de l'accomplir ! Mon cœur était habitué à l'inspiration du Saint Esprit, à laquelle je suis fidèle. Dans le plus grand tumulte, j'entendais la voix de Dieu, je sais toujours ce qui se passe à l'intérieur de mon âme...

1505. Je cherche à atteindre la sainteté car de cette façon je serai utile à l'Eglise. Je fais d'incessants efforts dans la vertu, je m'efforce d'imiter fidèlement Jésus, et je dépose dans le trésor de l'Eglise de Dieu pour le profit des âmes, cette longue suite de vertus quotidiennes, humbles, cachées, presque imperceptibles, mais accomplies avec grand amour. Je sens intérieurement comme si j'avais la responsabilité de toutes les âmes, je sens bien que je vis non seulement pour moi, mais pour toute l'Eglise...

1506. Ô Dieu inconcevable, mon cœur se liquéfie dans la joie à la pensée que Tu m'as laissée pénétrer dans le mystère de Ta miséricorde ! Tout commence par Ta miséricorde et se termine par Ta miséricorde...
Toute grâce découle de la miséricorde et la dernière heure est pleine de miséricorde pour nous. Que personne ne doute de la bonté de Dieu ; nos péchés seraient-ils noirs comme la nuit, la miséricorde de Dieu est plus forte que notre misère. Une seule chose est nécessaire, que le pécheur entrouvre, ne serait-ce qu'un peu, les portes de son cœur aux rayons de la miséricorde divine, et Dieu fera le reste. Mais malheur à l'âme qui a fermé la porte à la miséricorde divine, même à la dernière heure. Ces âmes-là ont plongé Jésus dans une mortelle tristesse au Jardin des Oliviers, et cependant la miséricorde de Dieu a jailli de son cœur très compatissant.

1508. 21 janvier 1938. Jésus, il serait vraiment terrible de souffrir, si Tu n'étais pas là, mais c'est justement Toi, Jésus écartelé sur la croix, qui me donnes la force et Tu es toujours auprès de l'âme qui souffre ! Les créatures abandonnent l'homme dans ses souffrances, mais Toi, Seigneur Tu es fidèle...

1509. Il arrive souvent dans la maladie comme avec Job dans l'Ancien Testament : tant que l'on marche et que l'on travaille, tout est parfait et magnifique, mais lorsque Dieu envoie une maladie, les amis sont plutôt moins nombreux. Mais cependant ils existent et ils s'intéressent à notre souffrance et ainsi de suite. Pourtant si Dieu permet une plus longue, peu à peu ces fidèles amis, eux aussi, commencent à nous abandonner. Ils nous rendent visite moins souvent et leurs visites nous font souvent souffrir. Au lieu de nous consoler, ils nous reprochent certaines choses qui font beaucoup souffrir, ainsi l'âme, comme Job, se retrouve seule : mais par bonheur, elle n'est pas vraiment seule, car Jésus-Hostie est avec elle. Après avoir goûté aux souffrances décrites plus haut et avoir passé toute la nuit dans l'amertume, le matin, lorsque l'aumônier m'apportait la sainte Communion, je devais faire appel à toute ma volonté pour ne pas m'écrier à pleine voix : Bienvenue à Toi, véritable, unique Ami, la sainte Communion me donne toujours la force de souffrir et de lutter ! Je veux encore ajouter une chose que j'ai expérimentée : lorsque Dieu ne donne ni la mort, ni la santé et que cela dure des années - l'entourage finit par s'y habituer et considère la personne comme n'étant pas malade. Mais alors commence une série d'épreuves souffertes en silence : Dieu seul sait combien de sacrifices fait l'âme. Quand un jour le soir, je me sentais si mal que je ne savais comment retrouver ma cellule, j'ai alors rencontré la sœur assistante qui expliquait à l'une des sœurs directrices qu'elle devait aller à la grande porte, avec une commission à faire, mais en me voyant, elle lui dit : « Non, n'y allez pas, ma sœur, Sœur Faustine va y aller car il pleut beaucoup. »D'accord ai-je répondu ; j'y suis allée et j'ai fait la commission, mais cela n'est connu que de Dieu. C'est un exemple parmi d'autres. Parfois, on dirait que la sœur du deuxième chœur est de pierre, mais elle est, elle aussi, un être humain, elle a un cœur et des sentiments...

1510. Alors Dieu Lui-même nous vient en aide, sinon l'âme ne pourrait pas soulever toutes ces croix dont je n'ai encore rien écrit, et je n'ai pas l'intention de le faire, en ce moment, mais lorsque j'en sentirai l'inspiration je le ferai...

1511. Aujourd'hui pendant la sainte messe j'ai vu le Seigneur Jésus dans les souffrances, comme s'il agonisait sur la croix - Il m'a dit : « Ma fille, médite souvent les souffrances que pour toi j'ai subies, et rien de ce que tu souffres ne te semblera extraordinaire. C'est lorsque tu médites ta douloureuse passion, que tu me plais le plus ; joins tes petites souffrances à ma douloureuse passion, afin qu'elles prennent une valeur infinie devant ma majesté. «

1512. Jésus m'a dit aujourd'hui : « Tu m'appelles souvent ton maître. Ceci est agréable à mon cœur, mais, mon élève, n'oublie pas que tu es disciple du maître crucifié ; que ce seul mot te suffise ! Tu sais ce qui est contenu dans la croix ! »

1513. J'ai découvert que la plus grande puissance est cachée dans la patience. Je vois que la patience conduit toujours à la victoire, même si cette victoire n'apparaît pas immédiatement mais bien des années après. La patience s'associe à la douceur.

1514. Aujourd'hui j'ai passé toute la nuit au cachot avec Jésus. C'est une nuit d'adoration. Les sœurs prient à la chapelle. Je me joins à elles en esprit, car ma santé ne me permets pas d'aller à la chapelle, cependant ne pouvant m'endormir de la nuit, je l'ai passée avec Jésus, au cachot. Jésus m'a fait connaître les souffrances qu'il y a éprouvées. Le monde en aura connaissance au jour du jugement.

1515. « Dis aux âmes, ma fille, que je leur donne ma miséricorde pour défense, je lutte pour elles tout seul et supporte la juste colère de mon Père !

1516. Dis ma fille, que la fête de la Miséricorde a jailli de mes entrailles pour la consolation du monde entier ! »

1517. Jésus ma paix et mon repos, je Te prie de donner la lumière à cette sœur afin qu'elle change intérieurement, soutiens-la puissamment de Ta grâce, afin qu'elle parvienne à la perfection !

1518. Aujourd'hui avant la Sainte Communion le Seigneur m'a dit : « Ma fille, aujourd'hui parle ouvertement de ma miséricorde à la supérieure parce que de toutes les supérieures, c'est elle qui a pris la plus grande part à sa propagation. » En effet la mère supérieure est venue l'après-midi et nous avons parlé de cette œuvre de Dieu. Elle m'a dit que les images n'étaient pas très réussies, qu'on ne les achète guère, mais ajouta-t-elle : « J'en ai pris une bonne quantité et les distribue où je le juge utile, je fais ce que je peux afin que l'œuvre de la miséricorde prenne de l'ampleur. » Après son départ, le Seigneur m'a fait connaître combien cette âme lui est agréable.

1519. Aujourd'hui le Seigneur m'a dit : « J'ai ouvert mon cœur, en tant que source vivante de miséricorde, que toutes les âmes y puisent la vie, qu'elles s'approchent de cet océan de miséricorde avec une très grande confiance. Les pécheurs obtiendront justification et les justes seront affermis dans le bien. Celui qui a mis sa confiance en ma miséricorde, à l'heure de ma mort, j'emplirai son âme de ma divine paix. »

1520. Le Seigneur m'a dit : « Ma fille, ne cesse pas de proclamer ma miséricorde, tu soulageras ainsi mon cœur brûlé par les flammes de la pitié envers les pécheurs. Dis à mes prêtres que les pécheurs endurcis se repentiront à leurs paroles, lorsqu'ils parleront de mon insondable miséricorde, de la pitié que j'ai pour eux en mon cœur. Aux prêtres qui proclameront et glorifieront ma miséricorde, je donnerai une force extraordinaire, je bénirai leurs paroles et je toucherai les cœurs auxquels ils s'adresseront. »

1521. La vie en commun est difficile par elle-même, mais il est doublement difficile de vivre avec des âmes orgueilleuses. Ô Dieu, accorde-moi une foi plus profonde afin que je voie toujours en chaque sœur Ta sainte image, qu'elle a gravée dans l'âme !...

1522. Amour éternel, flamme pure, brûle sans cesse en mon cœur et divinise tout mon être selon ton éternelle prédilection par laquelle Tu m'as appelée à l'existence et invitée à prendre part à Ton bonheur éternel. Ô Seigneur miséricordieux, Tu m'as comblée de Tes dons uniquement par miséricorde ; voyant que tout ce qui est en moi m'est donné gratuitement, avec la plus profonde humilié j'adore ton inconcevable bonté ! Seigneur, l'étonnement inonde mon cœur, que Toi, Seigneur absolu, Tu n'aies besoin de personne, et pourtant Tu t'abaisses ainsi jusqu'à nous par pur amour ! Je ne peux jamais sortir de l'étonnement quand le Seigneur entre en si étroite intimité avec Sa créature ; c'est à nouveau Son infinie bonté. Je commence toujours cette méditation, mais je ne la finis jamais, car mon esprit s'abîme entièrement en Lui. Quel délice d'aimer de toute la force de son âme et d'être aimée encore plus en retour, de sentir cela et de le vivre avec pleine conscience de tout son être - il n'y a pas de mots pour exprimer cela.

1523. 25 janvier 1938 - Mon Jésus, comme tu es bon et patient, Tu nous regardes parfois comme des petites enfants ! Nous Te prions parfois sans savoir nous-mêmes pourquoi car, vers la fin de la prière, lorsque Tu nous donnes ce que nous avons demandé nous ne voulons pas l'accepter.

1524. Un jour, une sœur est venue me trouver et m'a demandé des prières, disant qu'elle ne pouvait pas tenir plus longtemps comme cela. « Priez donc, ma sœur ! ». J'ai répondu que oui : j'ai commencé une neuvaine à la miséricorde divine, j'ai su que Dieu lui accorderait cette grâce, mais qu'elle serait à nouveau insatisfaite lorsqu'elle l'aurait obtenue. Cependant j'ai continué à prier, comme elle me l'avait demandé. Le lendemain, cette même sœur vint me trouver : comme nous entamions la conversation de nouveau sur le même sujet, je lui ai dit : Vous savez ma sœur, que nous ne devrions pas dans notre prière obliger Dieu à nous donner ce que nous voulons, mais plutôt nous abandonner à sa sainte volonté. Mais il lui semblait que ce qu'elle demandait était indispensable. Vers la fin de la neuvaine, cette sœur revint et me dit : « Ah ! ma sœur, le Seigneur Jésus m'a donné cette grâce, mais maintenant j'ai changé d'avis ! Priez donc, ma sœur, pour que cela soit à nouveau autrement » ! « Je lui ai répondu : Oui, je vais prier afin qu'en vous, ma sœur, s'accomplisse la volonté de Dieu et non pas ce que vous voulez !... »

1525. Très miséricordieux Cœur de Jésus, protège-nous de la juste colère de Dieu !

1526. Une sœur ne cesse de me persécuter uniquement parce que Dieu a de si étroites relations avec moi ; il lui semble que tout en moi est affecté. Lorsqu'il lui semble que je commets quelques infractions, elle dit alors : « On a des apparitions, et on commet telles fautes. » Et elle raconte cela à d'autres sœurs, mais toujours dans un sens défavorable, elle me fait la réputation d'être une sorte d'extravagante. Un jour, il m'est devenu pénible que cette goutte d'intelligence humaine sache si bien analyser les dons de Dieu. Après la sainte Communion j'ai prié afin que Dieu l'éclaire ; mais j'ai su que si cette âme ne change pas ses dispositions intérieures, elle n'atteindra pas la perfection.

1527 .Lorsque je me suis plainte au Seigneur Jésus d'une certaine personne : Jésus, comment cette personne peut-elle émettre un tel jugement, même sur l'intention ? Le Seigneur m'a répondu : « Ne t'étonnes pas de cela, cette âme ne se connaît pas elle-même, comment pourrait-elle porter un bon jugement sur d'autres âmes ? »

1528. Aujourd'hui j'ai vu le Père Andrasz en train de prier. J'ai su qu'il intercédait également pour moi devant Dieu. Parfois le Seigneur me fait connaître qui prie pour moi.

1529. Je me suis mise quelque peu à l'écart, comme si cette œuvre de Dieu ne m'intéressait pas. Je n'en parle plus en ce moment, mais toute mon âme est plongée dans la prière et je supplie Dieu qu'il daigne se hâter de nous faire ce don inestimable qu'est la fête de la Miséricorde, et je vois que Jésus agit. Il donne Lui-même les directives sur la façon d'agir. Rien n'est laissé au hasard.

1530. J'ai dit aujourd'hui au Seigneur Jésus : Vois-tu les difficultés qu'ils ont à croire que Toi seul Tu es l'auteur de cette œuvre. Et même maintenant, tous ne le croient pas. - « Sois tranquille mon enfant, rien ne peut s'opposer à ma volonté ; malgré les murmures et la malveillance des sœurs, ma volonté s'accomplira en toi, dans toute son étendue, jusqu'à mon dernier désir et mon dernier dessein. Ne t'attriste pas de cela, j'ai été, moi aussi, pierre d'achoppement pour certaines âmes. »

1531. Jésus s'est plaint à moi de l'infidélité des âmes choisies - leur manque de confiance après la chute blesse encore plus mon cœur. Si elles n'avaient pas connu la bonté de mon cœur, cela me serait moins douloureux.

1532. J'ai vu la colère de Dieu peser sur la Pologne. Et je vois maintenant que si Dieu touchait notre pays par les plus grands châtiments, ce serait encore Sa grande miséricorde, car il pourrait nous punir par une totale destruction pour de si grands crimes. J'ai été glacée d'effroi lorsque le Seigneur me leva un peu le voile. Maintenant, je vois très clairement que les âmes choisies soutiennent le monde dans son existence afin que la mesure soit comble.

1533. J'ai vu l'effort dans la prière d'un certain prêtre. Sa prière ressemblait à celle du Seigneur au jardin des Oliviers. Oh ! Si ce prêtre voyait combien sa prière est agréable à Dieu !

1534. Ô Jésus, je m'enferme en Ton Cœur très miséricordieux, comme en une forteresse imprenable, face aux traits des ennemis !

1535. Je me suis trouvée aujourd'hui auprès d'une personne agonisante dans ma campagne natale. Je l'ai soutenue de mes prières ; après un moment, j'ai ressenti des douleurs aux mains, aux pieds, et au côté pendant un court moment...

1536. 27 janvier 1938 - Aujourd'hui pendant l'heure sainte, Jésus s'est plaint à moi de l'ingratitude des âmes : « Pour mes bienfaits, j'obtiens l'ingratitude ; pour l'amour j'obtiens l'oubli et l'indifférence. Mon cœur ne peut supporter cela. »

1537. A ce moment mon cœur bouillonna très fortement d'amour pour Jésus, s'offrant pour les âmes ingrates, je me suis toute plongée en Lui. Lorsque je revins à moi, le Seigneur me fit goûter une parcelle de cette ingratitude qui inondait son Cœur ; cette expérience dura assez peu de temps.

1538. Aujourd'hui, j'ai dit au Seigneur : Quand me prendras-Tu chez Toi ? Je me suis déjà sentie si mal et j'ai attendu Ta venue avec tant de nostalgie. Jésus m'a répondu : Sois toujours prête, je ne te laisserai plus longtemps dans cet exil ; ma sainte volonté doit s'accomplir en toi. Ah Seigneur ! Si Ta sainte volonté n'est pas encore entièrement accomplie en moi, me voilà prête à tout ce que Tu veux, ô Seigneur ! Ô mon Jésus, une seule chose m'étonne, c'est que Tu me fasses connaître tant de mystères, mais que Tu ne veuilles pas me dire celui-là, c'est-à-dire l'heure de ma mort. Et le Seigneur m'a répondu : « Sois tranquille , je te la ferai connaître, mais pas encore maintenant ! » Ah mon Seigneur, je Te demande pardon d'avoir voulu savoir cela. Tu sais bien pourquoi, car Tu connais mon cœur languissant qui brûle d'envie de Te rejoindre. Tu sais que je ne voudrais en aucun cas mourir une minute plus tôt que tu ne l'a décidé de toute éternité.
C'est avec une étrange bienveillance que Jésus écouta les épanchements de mon cœur.

1539. 28 janvier 1938 - Le Seigneur m'a dit aujourd'hui : « Ecris ces paroles ma fille : toutes les âmes qui vénéreront ma miséricorde et propageront sa gloire en incitant les autres âmes à la confiance en ma miséricorde - ces âmes ne connaîtront pas l'effroi à l'heure de la mort ! Ma miséricorde les abritera lors de cette dernière lutte...

1540. Ma fille, incite les âmes à dire ce chapelet que je t'ai donné ! Il me plaît de leur accorder tout ce qu'elles me demanderont en disant ce chapelet. Lorsque les pécheurs endurcis le réciteront, j'emplirai leur âme de paix et l'heure de leur mort sera heureuse. Ecris cela pour les âmes affligées : Lorsque l'âme verra ses péchés et en mesurera le poids, lorsque se dévoilera à ses yeux l'abîme de la misère dans laquelle elle s'est plongée, qu'elle ne désespère pas mais qu'elle se jette avec confiance dans les bras de ma miséricorde, comme l'enfant dans les bras de sa mère bien-aimée. Ces âmes-là ont la priorité sur mon cœur empli de pitié, elles ont la priorité sur ma miséricorde. Dis-leur qu'aucune âme faisant appel à ma miséricorde n'a été déçue ni n'a éprouvé de honte. Je me complais particulièrement dans l'âme qui fait confiance à ma bonté. Ecris : Si l'on récite ce chapelet auprès d'un agonisant, je me tiendrai entre le Père et l'âme agonisante, non pas en tant que Juge juste, mais comme Sauveur miséricordieux. »

1541. A ce moment le Seigneur me fit connaître combien il était jaloux de mon cœur.
« Tu te sentiras solitaire, même parmi tes sœurs en religion et sache alors que je désire que tu t'unisses plus étroitement à moi. Je suis sensible à chaque frémissement de ton cœur ; chaque frémissement de ton amour retentit en mon cœur, je suis assoiffé de ton amour ». -« Oui, Jésus, mon cœur également ne saurait vivre sans Toi, car m'offrirait-on les cœurs de toutes les créatures, ils n'assouviraient pas la profondeur de mon propre cœur. »

1542. Ce soir, le Seigneur m'a dit : « Remets-toi entièrement à moi à l'heure de la mort, et je te présenterai à mon Père comme ma bien-aimée. Maintenant je te recommande de joindre de façon particulière tes actes, mêmes les plus minimes, à mes mérites, et alors mon Père les regardera avec amour comme il regarderait les miens.

1543. Ne change pas l'examen de conscience détaillé que je t'ai donné par l'intermédiaire du Père Andrasz, c'est-à-dire que tu t'unisses sans cesse à moi ; c'est là ce que j'exige précisément de toi aujourd'hui. Sois comme un enfant envers ceux qui tiennent ma place car j'emprunte leur bouche pour m'adresser à toi, afin que tu n'aies de doute sur rien. »

1544. Ma santé s'est quelque peu améliorée. Aujourd'hui je me suis rendue au réfectoire et à la chapelle mais je ne peux encore reprendre mes tâches, je reste donc dans ma cellule à tisser à la navette. Ce travail m'attire énormément, mais, même un travail si léger me fatigue. Je vois comme mes forces sont faibles. Je ne connais pas de moments indifférents car chaque instant de ma vie est rempli de prières, de souffrances et de travail ; j'adore Dieu par l'un ou l'autre de ces modes de vie, et si Dieu me donnait la vie pour la seconde fois, je ne sais si je ne saurais mieux la mettre à profit.

1545. Le Seigneur m' dit : « Je me délecte de ton amour ; ton amour sincère est aussi agréable à mon cœur que le parfum d'un bouton de rose au petit matin, alors que le soleil n'en a pas encore absorbé la rosée. La fraîcheur de ton cœur me ravit, c'est pourquoi je m'unis si étroitement à toi comme à aucune autre créature... »

1546. J'ai vu aujourd'hui les efforts de ce prêtre dans l'affaire de Dieu. Son cœur commence à goûter ce dont fut submergé le Cœur de Dieu durant sa vie terrestre : pour l'effort - l'ingratitude...Cependant, son zèle pour la gloire de Dieu est bien grand...

1547. 30 janvier 1938 Retraite d'un jour

Pendant la méditation, le Seigneur m'a fait connaître que tant que mon cœur battra dans ma poitrine, je dois continuer à m'efforcer d'étendre le Royaume de Dieu sur terre. Je dois combattre pour la gloire de mon Créateur.
Je sais que je rendrai à Dieu l'hommage qu'il attend de moi, si je m'efforce fidèlement à coopérer avec la grâce de Dieu.

1548. Je désire vivre de l'esprit de la foi, j'accepte tout ce qui m'arrive comme donné par la volonté de Dieu, pleine de tendresse, qui désire sincèrement mon bonheur, j'accepterai donc tout ce que Dieu m'envoie avec soumission et reconnaissance, sans tenir compte de la voix de la nature ni des murmures de mon amour-propre. Avant toute action importante je m'interrogerai un moment sur son rapport avec la vie éternelle, quelle est la principale raison pour laquelle je l'entreprends : la gloire de Dieu, le bien de ma propre âme ou le bien des autres âmes. Si mon cœur me dit oui, je serai alors inflexible dans l'exécution de cette action ne prenant en considération ni obstacles ni sacrifices ; je ne me laisserai pas écarter de la résolution prise, il me suffit de savoir qu'elle est agréable à Dieu. Par contre, si j'apprends que ces actions n'ont rien de commun avec ce qui est exprimé plus haut, je m'efforcerai de les élever dans les sphères plus hautes, par la bonne intention. Mais si je reconnais que quelque chose provient de l'amour propre - j'en supprimerai jusqu'au moindre germe.

1549. Je n'agirai pas dans les moments de doute mais je tâcherai de chercher des éclaircissements auprès des prêtres, et particulièrement auprès de mon directeur. Ne pas répondre aux reproches ni aux remarques, quiconque me les fait, à moins que je ne sois questionnée directement pour rendre témoignage à la vérité. Ecouter très patiemment les confidences des autres, accueillir leurs souffrances tout en réconfortant leur âme, et noyer ma propre souffrance dans le Cœur très miséricordieux de Jésus. Ne jamais sortir de l'abîme de sa Miséricorde tout en y amenant le monde entier

1550. Dans une méditation sur la mort, j'ai prié le Seigneur de daigner imprégner mon cœur des sentiments que j'éprouverai au moment de la mort. Et la grâce de Dieu m'a répondu intérieurement que j'avais fait ce qui était en mon pouvoir et que, par conséquent, je pouvais être tranquille. A ce moment, s'est éveillée en mon âme une si grande gratitude envers Dieu que je me suis mise à pleurer de joie, comme un petit enfant... Je me suis préparée à recevoir la sainte Communion le matin suivant comme viatique et j'ai récité la prière des agonisants à mon intention.

1551. J'entendis alors ces paroles : « De même que tu es unie à moi durant la vie, tu le seras également au moment de la mort. » Après ces paroles s'éveilla en mon âme une si grande confiance en la miséricorde de Dieu que, même si j'avais eu sur la consciences les péchés du monde entier, ainsi que ceux de toutes les âmes condamnées, je n'aurais cependant pas douté de la bonté divine, mais sans réfléchir, je me jetterais dans l'abîme de la miséricorde divine, toujours ouvert pour nous, et le cœur brisé je me jetterais à Ses pieds, m'abandonnant complètement à Sa sainte volonté qui est la miséricorde même.

1552. Ô mon Jésus, Vie de mon âme, ma Vie, mon Sauveur, mon très doux Epoux, et même temps mon Juge, Tu sais qu'en cette dernière heure, je ne compte sur aucun de mes mérites, mais uniquement sur Ta miséricorde. Et voici qu'aujourd'hui déjà je me plonge entièrement dans l'abîme de Ta miséricorde toujours ouvert à toute âme.
Ô mon Jésus, je n'ai qu'un seul devoir dans la vie, la mort et toute l'éternité : adorer Ton inconcevable miséricorde. Aucun esprit ne peut sonder le mystère de Ta miséricorde, ô Dieu, ni l'esprit des anges ni celui des hommes. Les anges sont confondus d'étonnement devant le mystère de la miséricorde divine, mais ils ne peuvent le concevoir. Tout ce qui est sorti des mains du Créateur est enfermé dans un mystère inconcevable, c'est-à-dire dans les entrailles de Sa miséricorde. Lorsque je médite cela mon esprit s'arrête, mon cœur se liquéfie de joie. Ô Jésus, par Ton Cœur très miséricordieux, comme à travers le cristal, sont parvenus jusqu'à nous les rayons de la miséricorde divine !

1553. 1er février 1938 - Je me sens aujourd'hui un peu moins bien, cependant je participe encore à la vie commune de toute la Congrégation. Je m'impose là de grands efforts, Toi seul le sais, Jésus ! Aujourd'hui j'ai pensé ne pas pouvoir tenir au réfectoire pendant tout le déjeuner. Chaque bouchée de nourriture me causait des douleurs énormes.

1554. Quand la mère supérieure m'a rendu visite il y a une semaine, elle m'a dit : « Vous attrapez toutes les maladies, ma sœur, parce que votre organisme est très faible, mais ce n'est pas votre faute. Si une autre sœur avait cette maladie, elle marcherait sûrement, mais vous, ma sœur, vous devez rester couchée. »Ces paroles ne me firent pas de peine, mais il vaut mieux ne pas faire de telles comparaisons à de grands malades, car leur calice est de toute façon bien rempli. D'autre part, je pense que lorsque les sœurs rendent visite aux malades, elles ne devraient pas demander chaque fois en détail ce qui fait mal et comment cela fait mal, car répéter toujours la même chose à chaque sœur est infiniment fatiguant ; il arrive que l'on répète cela plusieurs fois par jour.

1555. Lorsque j'entrai un moment à la chapelle, le Seigneur m'a fait connaître que parmi les âmes choisies il y en a qui le sont particulièrement et qu'il appelle à une plus haute sainteté, à une exceptionnelle union avec Lui. Ce sont là des âmes séraphiques, Dieu exige d'être plus aimé par elles que par les autres âmes ; et quoique toutes vivent dans des couvents, cependant il exige parfois d'une âme en particulier ce surplus d'amour. Une telle âme comprend cet appel, car son Dieu le lui fait connaître intérieurement, mais elle peut cependant le suivre ou non ; il dépend d'elle d'être fidèle aux inspirations du Saint-Esprit ou bien d'y résister. Cependant j'ai appris qu'il existe un endroit au purgatoire où les âmes rendent compte de ce genre de fautes : c'est le plus dur de tous les supplices. L'âme particulièrement marquée par Dieu se distinguera partout, aussi bien au ciel qu'au purgatoire ou en enfer. Au ciel elle se distinguera des autres âmes par une gloire et une clarté plus grandes et une plus profonde connaissance de Dieu au purgatoire - par une plus profonde douleur, car elle connaît plus profondément et désire plus vivement Dieu ; en enfer - elle souffrira plus que les autres âmes car elle sait Qui elle a perdu ; cette empreinte de l'amour exclusif de Dieu restera toujours gravée en elle.

1556. Ô Jésus, maintiens-moi dans une crainte sacrée afin que je ne gâche pas les grâces. Aide-moi à être fidèle à l'inspiration de l'Esprit Saint, que mon cœur éclate plutôt d'amour pour Toi, plutôt que de manquer, ne serait-ce qu'un seul acte de cet amour.

1557. 2 février 1938 - Obscurité de l'âme. C'est aujourd'hui la fête de la Mère de Dieu, et en mon âme, il fait si sombre. Le Seigneur s'est caché, et moi je suis seule, toute seule. Mon esprit est si obscurci, que je ne vois alentour que des spectres ; aucun rayon de lumière ne pénètre mon âme, je ne me comprends pas moi-même, ni ne comprends ceux qui me parlent. De terribles tentations m'assaillent quant à la sainte foi. Ô mon Jésus, sauve-moi ! Je ne peux rien dire de plus. Je ne peux les décrire en détail, car je crains que quelqu'un ne soit scandalisé en les lisant. Je me suis étonnée que de tels tourments puissent atteindre l'âme. Ô ouragan que fais-tu de la barque de mon cœur ? Cette tempête a duré tout un jour et une nuit. Lorsque la mère supérieure est venue me voir et m'a demandé : « Ne voudriez-vous pas profiter, ma sœur, de la présence du père Andrasz, car il va confesser ? »- J'ai répondu que non. Il me semblait que le père ne serait pas en état de me comprendre, et que moi je ne serais pas en état de me confesser. J'ai passé toute la nuit avec Jésus à Gethsémani. De ma poitrine, ne sortait qu'un gémissement de douleur. Une agonie naturelle serait plus légère, car là on agonise et on finit par mourir, mais ici on agonise et on ne peut mourir. Ô Jésus, sauve-moi, je crois en Toi de tout mon cœur, j'ai vu tant de fois la clarté de Ta face, mais maintenant - où est-tu Seigneur ? Je crois, je crois et encore une fois je crois en Toi, Dieu unique, en la Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, ainsi qu'en toutes les vérités que Ta Saint Eglise me donne à croire. Cependant, l'obscurité ne se dissipe pas et mon âme se trouve plongée dans une agonie encore plus grande. Et à ce moment-là un si terrible supplice m'avait envahie que je m'étonne maintenant moi-même de n'avoir pas rendu l'âme - mais ce ne fut qu'un court instant.

1558. A ce moment j'ai vu Jésus. De Son Cœur sortaient ces deux mêmes rayons et ils m'enveloppèrent toute entière. Au même moment, mes tourments disparurent. Ma fille - dit le Seigneur - sache que de toi-même tu es ce que tu as vécu maintenant ; ce n'est que par ma grâce que tu participes à la vie éternelle, et à tous les dons que je t'accorde généreusement. Et avec ces paroles du Seigneur je reçus une véritable connaissance de moi-même. Jésus me donne une leçon de profonde humilité et en même temps de confiance totale en Lui. Mon cœur est réduit en cendres, en poussière, et même si tous les gens devaient me fouler aux pieds, je considérerais encore cela comme une grâce.
Je sens et je suis si profondément pénétrée de ce que je ne suis rien, que de véritables humiliations me seront un soulagement.

1559. 3 février 1938 - Aujourd'hui après la Sainte Communion, Jésus m'a donné à nouveau quelques directives : Premièrement - ne lutte pas seule contre la tentation, mais dévoile-la immédiatement à ton confesseur, elle perdra alors toute sa force ; deuxièmement - dans ces épreuves, ne perds pas ton calme , vis ma présence, implore l'aide de ma Mère et des saints ; troisièmement - aie la certitude que je te regarde et que je te soutiens ; quatrièmement - ne crains ni les luttes de l'esprit ni aucune tentation, car je te soutiens pour peu que tu veuilles lutter ; sache que la victoire est toujours de ton côté ; cinquièmement - sache que par un vaillant combat tu me rends une grande gloire, et que tu amasses pour toi-même des mérites, la tentation te donne l'occasion de me montrer ta fidélité.

1560. Et maintenant, je vais te dire ce qui est le plus important pour toi : une franchise illimitée envers ton directeur ; si tu ne profites pas de cette grâce selon mes indications, je te l'enlèverai et alors tu resteras seule avec toi-même et à nouveau reviendront tous les tourments que tu connais. Cela me déplaît que tu ne profites pas de ces occasions où tu peux le voir et t'entendre avec lui. Sache que c'est une grande grâce de ma part lorsque je donne un directeur à une âme. Bien des âmes me le demandent, mais je n'accorde pas cette grâce à toutes. Du moment que je te l'ai donné comme directeur, je l'ai doté d'une nouvelle lumière pour lui faciliter la connaissance et la compréhension de ton âme...

1561. Ô mon Jésus, ma seule miséricorde, permets que je voie sur Ton visage Ton consentement en signe de réconciliation avec moi, car mon cœur ne peut soutenir la gravité de Ton visage ; si Tu la prolonges encore un instant, il se brisera de douleur ! Tu vois bien que par ma contrition je suis réduite en poussière.

1562. Au même moment, je me vis comme dans un palais, et Jésus me donna la main, me plaça à Son côté et me dit avec bienveillance : Ma bien-aimée, c'est par l'humilité que tu me plais toujours. La plus grande misère ne saurait me retenir de m'unir à une âme, mais là où règne l'orgueil, je n'y suis pas.
Revenue à moi, j'ai réfléchi à tout ce qui était advenu en mon cœur, remerciant le Seigneur de l'amour et de la miséricorde dont il venait de faire preuve.

1563. Jésus cache-moi , ainsi que Tu t'es caché sous l'apparence d'une blanche Hostie, dérobe-moi également aux yeux des hommes et cache tout particulièrement les dons que Tu daignes m'accorder : fais que je ne trahisse pas extérieurement ce que Tu opères en mon âme ! Je suis devant Toi comme une blanche Hostie, ô divin Prêtre, consacre-moi Toi-même et que ma transfiguration soit connue de Toi seul ; et chaque jour je me tiens devant Toi comme une Hostie expiatoire, et j'implore Ta miséricorde pour le monde ! En silence et inaperçue je me consumerai devant Toi comme une Hostie expiatoire, et j'implore Ta miséricorde pour le monde. En silence et inaperçue je me consumerai devant Toi ; mon amour pur et sans partage brûlera comme un holocauste dans un profond silence, et que le parfum de cet amour se répande aux pieds de Ton trône ! Tu es le Seigneur des Seigneurs, mais Tu es épris des cœurs infiniment petits et humbles...

1564. Lorsque je suis entrée un moment à la chapelle, le Seigneur m'a dit : Ma fille, aide-moi à sauver un pécheur agonisant ; récite pour lui ce chapelet que je t'ai enseigné ! Lorsque j'ai commencé à réciter ce chapelet, j'ai vu ce mourant dans de terribles luttes et supplices. L'Ange gardien le défendait, mais il était comme sans force devant l'immensité de la misère de cette âme. Mais pendant que je récitais le chapelet, je vis Jésus, tel qu'il est peint sur le tableau. Les rayons qui sortaient du Cœur de Jésus enveloppèrent le malade et les forces des ténèbres s'enfuirent, dans la panique. Le malade rendit calmement le dernier soupir. Lorsque je revins à moi, je compris combien la récitation de ce chapelet est importante auprès des mourants, elle apaise la colère de Dieu.

1565. Quand j'ai demandé pardon au Seigneur Jésus de l'une de mes actions qui s'est avérée un peu imparfaite, Il m'a tranquillisée par ces paroles : « Ma fille, je te récompense pour la pureté de l'intention que tu avais au moment où tu as agi ; mon cœur s'est réjoui que tu aies eu mon amour en vue au moment d'agir, et cela de façon si nette, et maintenant encore tu en as un profit, c'est l'humiliation. Oui, mon enfant, je désire que tu aies toujours une aussi grande pureté d'intention dans les moindres de tes desseins. »

1566. En ce moment, lorsque j'ai pris la plume, j'ai adressé une courte prière au Saint-Esprit et j'ai dit : « Jésus, bénis cette plume, afin que tout ce que Tu m'ordonnes d'écrire, serve à la gloire de Dieu. J'entendis alors une voix : « Oui, je la bénis parce que sur cet écrit est apposé le sceau de l'obéissance à ta supérieure et à ton confesseur, et cela même contribue à ma gloire, bien des âmes en tireront profit. Ma fille, j'exige que tu consacres chaque moment libre à écrire sur ma bonté et ma miséricorde ; c'est là ton office et ton devoir en cette vie, de faire connaître aux âmes la grande miséricorde que j'ai envers elles, et les exhorter à la confiance en l'abîme de ma miséricorde. »

1567. Ô mon Jésus , je crois en Tes paroles et n'ai plus aucun doute là-dessus car au cours d'une conversation, la mère supérieure m'a dit d'écrire d'avantage sur Ta miséricorde. Cette déclaration s'accordait tout à fait avec Ton exigence ! Ô mon Jésus, je comprends maintenant que si Tu exiges quelques chose des âmes, Tu donnes alors aux supérieurs l'inspiration, afin qu'ils nous accordent l'autorisation de pouvoir accomplir Tes exigences ! Quoiqu'il arrive parfois qu'on ne l ‘obtienne pas immédiatement, et que notre patience soit parfois mise à l'épreuve...


568. Ô Amour éternel, Jésus qui T'es enfermé dans cette Hostie, Et qui caches la majesté de la Divinité et dissimules Ta beauté !
Tu accomplis cela pour T'abandonner entièrement à mon âme
Et ne pas l'effrayer par Ta grandeur.
Ô Amour éternel, Jésus, qui T'es caché dans le pain,
Lumière éternelle, inconcevable Source de bonheur et de joie,
Car Tu désires être pour moi un ciel sur la terre,
Et Tu l'es lorsque Ton amour divin se communique à moi !

1569. Ô Dieu de grande miséricorde, Bonté infinie, voilà qu'aujourd'hui l'humanité toute entière appelle de l'abîme de sa misère Ta miséricorde, Ta pitié ô Dieu ! Et elle appelle avec la puissante voix de la misère. Dieu bienveillant ne rejette pas les prières des exilés de cette terre ! Ô Seigneur, Bonté inconcevable, qui connais à fond notre misère et qui sais que nous ne pourrions de nos propres forces nous élever jusqu'à Toi ! C'est pourquoi, nous t'en supplions, devance-nous de Ta grâce et augmente sans cesse en nous Ta miséricorde, afin que nous accomplissions fidèlement Ta sainte volonté durant toute notre vie, ainsi qu'à l'heure de notre mort ! Que la toute puissance de Ta miséricorde nous abrite des attaques des ennemis de notre salut, afin que nous attendions avec confiance, comme Tes enfants, Ta venue dernière, dont le jour est connu de Toi seul ! Et nous nous attendons à recevoir tout ce qui nous est promis par Jésus, malgré toute notre misère, car Jésus est notre espérance, par son Cœur miséricordieux nous passons comme par les portes ouvertes au ciel.

1570. J'ai remarqué que depuis le moment où je suis entrée au couvent, on m'a toujours fait le même reproche, c'est d'être sainte ; mais ce nom était toujours dit de façon ironique. Au début ce me fut très pénible, puis en m'élevant spirituellement, je n'y ai plus fait attention ; mais quand une personne se trouva attaquée à cause de ma sainteté, j'ai éprouvé tant de mal que d'autres puissent avoir des désagréments à cause de moi que je m'en suis plainte auprès du Seigneur Jésus, pourquoi en est-il ainsi, et le Seigneur m'a répondu : Tu t'attristes de cela ? Mais tu es sainte, sous peu je le ferai paraître moi-même en toi et ils prononceront ce même mot « sainte » mais cette fois avec amour.

1571. Je te rappelle, ma fille, que chaque fois que tu entendras l'horloge sonner trois heures, immerge-toi tout entière dans ma miséricorde en l'adorant et en la glorifiant ; fais appel à sa toute-puissance pour le monde entier et particulièrement pour les pauvres pécheurs, car à ce moment elle est grande ouverte à toutes les âmes. A cette heure-là, tu peux tout obtenir pour toi et pour les autres ; à cette heure, la grâce été donnée au monde entier- la miséricorde l'emporta sur la justice. Ma fille, essaie à cette heure-là de faire le chemin de croix autant que tes occupations te le permettent ; mais si tu ne peux pas faire le chemin de croix, entre au moins à la chapelle et célèbre mon cœur qui est plein de miséricorde dans le Saint Sacrement ; et si tu ne peux entrer à la chapelle, plonge-toi dans la prière là où tu te trouves, ne serait-ce que pour un tout petit moment. J'exige de toute créature de vénérer ma miséricorde, mais de toi d'abord, car je t'ai fait connaître le plus profondément ce mystère.

1572. Ô mon Dieu, quelle nostalgie de Toi m'a envahie aujourd'hui ! Oh ! Plus rien n'occupe mon cœur, la terre n'a plus rien à me donner ! Ô Jésus, combien je ressens cet exil, combien il se prolonge pour moi !Ô mort, messagère de Dieu, quand viendra l'annonce de ce moment tout désiré où je pourrai m'unir pour les siècles à mon Dieu ?

1573. Ô mon Jésus, que les derniers jours d'exil soient entièrement selon Ta très sainte volonté ! Je joins mes souffrances, mes amertumes et même mon agonie à Ta sainte passion et je les offre pour le monde entier, afin d'implorer l'abondance de la miséricorde divine pour les âmes et particulièrement pour celles qui sont dans nos maisons. Je Te fais totalement confiance et m'abandonne entièrement à Ta sainte volonté qui est la miséricorde même. Ta miséricorde me tiendra lieu de tout en cette heure dernière - ainsi que Tu me l'as Toi-même promis...

1574. Je Te salue, Amour éternel, mon doux Jésus qui a daigné habiter en mon cœur ! Je Te salue, ô glorieuse Divinité qui as daigné T'abaisser pour moi, et par amour pour moi T'anéantir jusqu'à prendre l'apparence du pain ! Je te salue Jésus, fleur incorruptible de l'humanité, Toi, Tu es unique pour mon âme ! Ton Amour est plus pur que le lys et Ta présence m'est plus agréable que l'odeur de la jacinthe. Ton amitié plus tendre et plus délicate que le parfum de la rose et cependant plus forte que la mort. Ô Jésus, inconcevable beauté, c'est avec les âmes pures que Tu T'entends le mieux, car elles seules sont capables d'héroïsme et de sacrifice. Ô doux sang de Jésus, ennoblis mon sang et change-le en Ton propre sang, que cela m'advienne selon Ta prédilection.

1575. Sache, ma fille, qu'entre moi et toi, il y a l'abîme infini qui sépare le Créateur de la créature, mais ma miséricorde comble cet abîme. Je t'élève jusqu'à moi, non par besoin de toi, mais je te fais don de la grâce de l'union avec moi uniquement par miséricorde.

1576. Dis aux âmes qu'elles ne fassent pas obstacle en leur propre cœur à ma miséricorde, qui désire tant agir en elles. Ma miséricorde est à l'œuvre dans tous les cœurs qui lui ouvrent la porte ; le pécheur comme le juste ont besoin de ma miséricorde. La conversion comme la persévérance est une grâce de ma miséricorde.

1577. Que les âmes qui tendent à la perfection adorent particulièrement ma miséricorde, car l'abondance des grâces que je leur accorde découle de ma miséricorde. Je désire que ces âmes se distinguent par une confiance illimitée en ma miséricorde. Je m'occupe moi-même de la sanctification de ces âmes, je leur procure tout ce qui peut être nécessaire à leur sainteté. Les grâces de ma miséricorde se puisent à l'aide d'un unique moyen - et c'est la confiance. Plus sa confiance est grande, plus l'âme reçoit. Les âmes d'une confiance sans borne me font une grande joie, car je verse en elles le trésor entier de mes grâces. Je me réjouis qu'elles demandent beaucoup, car mon désir est de donner beaucoup et de donner abondamment. Par contre, je m'attriste si les âmes demandent peu, si elles resserrent leur cœur.

1578. Ce qui me fait le plus souffrir, c'est quand je rencontre l'hypocrisie. Je comprends maintenant, mon Sauveur, que Tu aies si sévèrement reproché aux Pharisiens leur hypocrisie. Avec les pécheurs endurcis Tu T'es comporté avec plus de bienveillance lorsqu'ils revenaient vers Toi tout contrits.

1579. Mon Jésus, voici que je vois que je suis passée par toutes les étapes de la vie en te suivant : enfance, jeunesse, vocation, travaux apostoliques, Thabor, Jardin des Oliviers, et me voici maintenant déjà avec Toi au Calvaire. Je me suis laissée crucifier de mon plein gré et je suis déjà crucifiée, bien que je marche encore un peu, mais je suis écartelée sur la croix et je sens nettement que de Ta croix me vient la force, que Toi seul es ma persévérance. Plus d'une fois j'ai entendu la voix de la Tentation me criant - descends de la croix, cependant la force de Dieu me fortifie ; l'abandon, l'obscurité et diverses souffrances frappent mon cœur, pourtant la grâce mystérieuse de Dieu me soutient et me fortifie. Je désire boire le calice jusqu'à la dernière goutte. Je crois fermement que si Ta grâce m'a soutenue au Jardin des Oliviers, elle me viendra en aide maintenant que je suis au Calvaire.

1580. Ô mon Jésus, Maître, j'unis mes désirs aux désirs que Tu as eus sur la croix : je désire accomplir Ta sainte volonté ; je désire la conversion des âmes ; je désire que Ta miséricorde soit glorifiée ; je désire que soit hâté le triomphe de l'Eglise ; je désire que la fête de la miséricorde soit vénérée dans le monde entier ; je désire la sainteté pour les prêtres ; je désire qu'existe une sainte dans notre congrégation ; je désire qu'existe dans toute notre congrégation un esprit de grand zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes ; je désire que les âmes qui sont en nos maisons n'offensent pas Dieu, mais qu'elles persistent dans le bien ; je désire la bénédiction de Dieu pour mes parents et toute ma famille ; je désire que Dieu accorde une lumière particulière à mes guides spirituels et particulièrement au Père Andrasz et à l'abbé Sopocko ; je désire une bénédiction particulière pour les supérieurs sous la direction desquelles j'ai été, et tout particulièrement pour la mère générale, Mère Irène, et la maîtresse Mère Marie-Josèphe.

1581. Ô mon Jésus, maintenant j'embrasse le monde entier et j'implore pour lui Ta miséricorde. Lorsque Tu me diras, ô Dieu, que cela suffit, que Ta sainte volonté est entièrement accomplie, à ce moment en union avec Toi, mon Sauveur, je remettrai mon âme entre les mains du Père céleste, pleine de confiance en Ton infinie miséricorde, et le premier hymne que je chanterai lorsque je me tiendrai au pied de ton trône, sera pour Ta miséricorde. Je ne t'oublierai pas, pauvre terre - bien que je sente que toute entière je sombrerai immédiatement en Dieu, comme en un océan de bonheur ; mais cela ne me sera pas un empêchement pour revenir sur terre et donner du courage aux âmes et les inciter à la confiance en la miséricorde divine. Bien sûr cette immersion en Dieu me donnera une possibilité d'action illimitée.

1582. En écrivant ceci, j'entends les grincements de dents de Satan qui ne peut supporter la miséricorde divine et fait du fracas avec les objets de ma cellule ; mais j'éprouve en moi-même la force de Dieu, si grande qu'il m'est indifférent que l'ennemi de notre salut se mette en colère, et je continue tranquillement à écrire.

1583. Ô inconcevable bonté de Dieu qui nous protège à chaque pas, qu'un honneur sans fin soit rendu à Ta miséricorde, pour avoir fraternisé non pas avec les anges, mais avec les hommes - c'est là un miracle du mystère insondable de Ta miséricorde. Notre entière confiance est en Toi, Jésus-Christ, notre Frère aîné, Dieu véritable et Homme véritable ! Mon cœur frémit de joie en voyant combien Dieu est bon pour nous, si misérables et ingrats, et comme preuve de son amour, Il nous a fait un don inconcevable, c'est-à-dire Lui-même, en la Personne de son Fils. Nous ne saurons, durant toute l'éternité, épuiser le mystère de cet amour. Ô humanité, pourquoi penses-tu si peu que Dieu est véritablement parmi nous ? Ô Agneau de Dieu, je ne sais ce qu'il faut admirer le plus en Toi : Ta douceur, Ta vie cachée et Ton anéantissement pour l'homme, ou bien cet incessant miracle de la miséricorde qui transforme les âmes et les ressuscite à la vie éternelle. Bien que Tu sois ainsi caché, Ta toute-puissance se révèle ici plus que dans la création de l'homme ; bien que la toute-puissance de Ta miséricorde agisse pour la justification du pécheur, Ton action reste silencieuse et cachée.


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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:00

1460. Ô mon Jésus, lorsque je suis incomprise et que mon âme est tourmentée, je désire demeurer un moment seule à Seul, avec Vous. Le langage des mortels ne me réconforte pas. Ne m'adressez pas, ô Seigneur de tels messagers qui ne me parlent que pour leur propre compte de ce que leur dicte leur propre nature ! De tels consolateurs me fatiguent beaucoup !

1461. 6 janvier 1938. Lorsque Monsieur le Chapelain a apporté Notre Seigneur Jésus, une lumière jaillie de l'hostie, toucha mon cœur de son rayon, m'emplissant d'un grand feu d'amour. C'est Jésus qui me laissa entendre que je devais répondre avec une plus grande fidélité à l'inspiration de la Grâce et que ma vigilance devrait être plus subtile.
Le Seigneur m'a fait savoir également que quantité d'évêques réfléchissaient à cette fête, ainsi qu'un laïc. Les uns enthousiasmés de l'œuvre de Dieu, les autres incrédules ; mais malgré tout l'œuvre de Dieu fut jugée glorieuse. Mère Irène et Mère Marie Josèphe firent une sorte de rapport devant ces dignitaires mais on leur posa moins de questions sur l'Oeuvre que sur moi-même. Quant à cette Œuvre, il n'y avait déjà plus de doute, puisque la gloire de Dieu s'était déjà manifestée.

1463. Je me sens beaucoup mieux aujourd'hui et me réjouissait de pouvoir consacrer plus de temps à la méditation pendant l'Heure Sainte. Soudain j'entendis une voix : « Tu ne seras pas en bonne santé, ne remet pas à plus tard le sacrement de la Confession, car cela ne me plaît pas. Ne fais pas attention aux murmures de ton entourage. » Cela m'a étonnée, puisque je me sentais mieux aujourd'hui, mais je n'ai pas réfléchi plus longuement à ceci. Lorsque la Sœur éteignait la lumière, j'ai entamé l'Heure Sainte, mais au bout d'un moment j'ai commencé à me sentir le cœur malade. J'ai souffert en silence jusqu'à onze heures ; cependant plus tard je me suis sentie si mal que j'ai éveillé Sœur N. qui cohabite avec moi et elle m'a donné des gouttes qui m'ont soulagée suffisamment pour me permettre de me coucher. Je comprends maintenant l'avertissement de Seigneur. J'ai décidé de faire appeler le lendemain un prêtre quel qu'il soit, et de lui dévoiler les secrets de mon âme.
Mais ce n'est pas tout, car alors que je priais pour les pécheurs, et que j'offrais toutes mes souffrances, l'esprit du mal ne put supporter cela. Et un spectre me dit : « Ne prie pas pour les pécheurs mais pour toi-même, car tu seras damnée.» Sans tenir aucunement compte de Satan, j'ai prié avec une ferveur accrue pour les pécheurs. Le mauvais esprit hurla de colère : « Oh ! Si j'avais pouvoir sur toi ! « et disparut. J'ai su que ma souffrance et ma prière gênaient Satan parce que j'ai arraché bien des âmes à son emprise.

1465. Jésus aimant le salut des hommes, attire toutes les âmes à la vie divine. Que soit glorifiée la grandeur de Votre Miséricorde ici bas et dans l'éternité. Ô grand amoureux des âmes, en Votre pitié inépuisable Vous avez offert le salut, source de Miséricorde, afin que les âmes faibles se fortifient à la source de la Miséricorde durant le pèlerinage qu'est cette vie. Votre miséricorde, passe à travers toute notre vie, tel un fil d'or. Dans tous les domaines, c'est elle qui maintient le contact entre notre existence et Dieu. Puisque rien ne manque à mon bonheur, c'est donc que tout est uniquement Son Œuvre de Miséricorde. C'est avec joie que je perds l'usage de mes sens lorsque Dieu me révèle Son insondable Miséricorde.

1466. 7 janvier 1938. Premier vendredi du mois. Ce matin j'ai vu au cours de la Sainte Messe le Sauveur en train de souffrir. Ce qui m'a frappée, c'est que Jésus restait calme au milieu de grandes souffrances. J'ai compris que c'était là une leçon pour moi, destinée à me montrer comment je dois me conduire extérieurement lorsque je suis plongée dans diverses souffrances.

1467. Durant un long moment, j'ai ressenti des douleurs aux mains, aux pieds et au côté. Soudain j'ai vu un pécheur qui bénéficiait de mes souffrances, et il se rapprocha du Seigneur. Tout cela c'est pour les âmes affamées afin qu'elles ne meurent pas de faim.

1468. Je me suis confessée aujourd'hui à Monsieur le Chapelain et Jésus m'a consolée par son intermédiaire. Ô Ma Mère, Eglise de Dieu, Vous êtes une véritable mère qui comprend ses enfants...

1469. Oh ! Comme Jésus à raison de vouloir nous juger selon notre conscience et non selon les bavardages et l'opinion des gens ! Ô beauté inconcevable, je Vous vois remplie de bonté, même dans l'exercice de Votre jugement !

1470. Bien que je me sente faible, je ressens l'inspiration de la Grâce qui me pousse à me dominer et à écrire pour la consolation des âmes que j'aime tant et avec lesquelles je partagerai l'éternité entière. Et pour elles je désire si vivement la vie éternelle, que je profite de chaque moment de liberté, si petit soit-il afin d'écrire comme le souhaite Jésus.

1471. 8 janvier. J'ai eu durant la Sainte Messe la connaissance passagère de la très grande gloire résultant pour Dieu des efforts communs de Monsieur l'Abbé S. et de moi-même, car quoique nous soyons éloignés, nous nous rencontrons souvent, puisque un même objectif nous unit.

1472. Ô mon Jésus, mon unique désir, bien que j'ai désiré aujourd'hui Vous recevoir en mon cœur avec une plus grande ardeur que de coutume, cependant mon âme est plus aride qu'à l'accoutumée. Ma foi croît en puissance ; le fruit de Votre venue sera donc, Seigneur, abondant. Quoique bien souvent Vous veniez, sans affecter mes sens et que Vous régniez dans les seules sphères supérieures de mon être, les sens aussi se réjouissent de Votre venue.

1473. Souvent, je prie Notre Seigneur de me donner une raison éclairée par la foi. J'exprime cela au Seigneur par ces mots : « Donnez-moi, Jésus l'intelligence et la science afin de Vous mieux connaître car plus je Vous connais, plus je Vous aime ardemment. Jésus, je vous prie de me donner une puissante compréhension des choses divines et spirituelles. Donnez-moi, Jésus la grande compréhension par laquelle je pourrais connaître Votre Etre Divin ainsi que Votre vie intérieure de Trinité. Dotez mon esprit de capacités et d'aptitudes par Votre grâce particulière. Quoique je sache qu'il existe une dotation par la Grâce, telle que me la donne l'Eglise ; il existe cependant un trésor de grâces importantes que Vous nous accordez, Seigneur, à notre demande. Mais si ma prière ne Vous agrée pas, Seigneur, je Vous prie de ne pas me donner d'inclinations pour de telles prières ! »

1474. Je m'efforce à la plus grande perfection afin d'être utile à l'Eglise. Ma liaison avec l'Eglise augmente. Chaque âme prise séparément, qu'elle soit une âme Sainte ou une âme déchue, influence toute l'Eglise. En m'observant et en observant ceux qui me sont proches, j'ai vu quelle grande influence j'exerce sur les autres âmes non par quelque action héroïque, car celles-ci sont frappantes en elles-mêmes, mais par de très petites actions, comme de bouger les mains, de regarder, et une quantité d'autres choses que je ne saurais énumérer et qui pourtant agissent et retentissent sur les autres âmes ce que j'ai observé par moi-même.

1475. Oh ! Comme il est sage que notre règle recommande le silence absolu au dortoir et ne permette pas d'y demeurer sans nécessité. J'ai actuellement une petite chambre où nous dormons à deux ; mais au moment où je me suis sentie affaiblie et où j'ai dû m'aliter, j'ai expérimenté combien cela est pénible si quelqu'un reste toujours au dortoir. Sœur N. avait certain travail manuel à exécuter, et elle a dû demeurer presque tout le temps au dortoir et une autre Sœur venait lui enseigner ce travail. Comme elles m'ont fatiguée, il m'est difficile de le décrire, surtout lorsque l'on est faible et que l'on a passé la nuit dans les souffrances, chaque mot se répercute quelque part dans le cerveau juste au moment où les yeux commencent à se fermer. Ô Règle, en toi, combien d'amour !

1476. Lorsque pendant les Vêpres, on a chanté ces paroles du Magnificat : « Il a déployé la force de Son bras, » mon âme fut envahie d'un profond recueillement : j'ai connu et compris que le Seigneur accomplira sous peu Son œuvre en mon âme. Et je ne m'étonne plus maintenant que le Seigneur ne m'ait pas d'abord tout dévoilé.


1477. Pourquoi êtes-Vous triste aujourd'hui Jésus ? Dites-moi qui est la cause de Votre tristesse ? Et Jésus me répondit : « Les âmes choisies qui n'ont pas Mon Esprit, qui s'en tiennent à la lettre, qui la place au-dessus de Mon Esprit, au-dessus de l'esprit d'Amour.
J'ai fondé Ma loi sur l'Amour et cependant même dans les ordres religieux, je ne vois point cet Amour. C'est pourquoi la tristesse emplit Mon Cœur.»

+
J.M.J.

1478. Ô mon Jésus, au sein de terribles amertumes et douleurs,
Je sens cependant que Ton divin Cœur me chérit.
Telle une bonne mère Tu me presses contre Ton Cœur
Et Tu me fais pressentir maintenant déjà ce que cache le voile !

Ô mon Jésus, environné par l'effroi d'un désert,
Mon cœur cependant sent le regard de Tes yeux
Qu'aucun orage ne saurait me cacher
Et Tu me donnes l'intime certitude de Ton immense amour, ô Dieu !

Ô mon Jésus, parmi les si grandes misères de cette vie,
Tu luis pour moi, Jésus, comme l'étoile et Tu me protèges du naufrage.
Et bien que les misères soient grandes,
J'ai cependant grande confiance en la puissance de ta Miséricorde.

Ô Jésus caché, parmi bien des luttes la dernière heure venue,
Que la Toute-Puissance de Tes grâces se déversent sur mon âme,
Afin que je puisse Te voir tout de suite après mon agonie
Face à face, ainsi que les élus du Ciel !

Ô mon Jésus, parmi bien des dangers alentour,
Je vais par la vie lançant un cri de joie et je porte fièrement le front haut,
Car devant Ton Cœur plein d'Amour, ô Jésus,
Se brisent tous les ennemis et se dissipent les ténèbres.

1479. Ô Jésus, cachez-moi dans Votre Miséricorde, et voilez avant toute chose ce qui pourrait effrayer mon âme ! Que la confiance que j'ai mise en Votre Miséricorde ne soit pas déçue ! Abritez-moi de Votre Toute-puissance et jugez-moi avec bienveillance !

1480. Aujourd'hui pendant la Sainte Messe j'ai vu près de mon prie-Dieu l'Enfant Jésus. Il semblait avoir un an et Il m'a demandé de Le prendre dans mes bras. Lorsque je l'eus pris dans mes bras, Il se blottit contre mon cœur et dit : « Je me sens bien près de ton cœur. » - « Bien que tu sois si petit, je sais pourtant que Tu es Dieu. Pourquoi prends-tu l'apparence d'un tout petit pour venir me voir ? » - « Parce que Je veux t'apprendre l'enfance de l'âme. Je veux que tu sois très petite, car lorsque tu es toute petite, Je te porte sur Mon Cœur, tout comme tu Me tiens en ce moment sur le tien. » -A ce moment je suis restée seule, mais personne ne peut concevoir l'émotion de mon âme. J'étais toute plongée en Dieu comme l'éponge jetée dans la mer...

1481. Ô mon Jésus, Vous savez à combien de désagréments je me suis exposée pour avoir dit la vérité. Ô vérité, plus d'une fois opprimée, tu portes presque toujours une couronne d'épines. Ô Vérité éternelle, soutiens-moi afin que j'aie le courage, même si je devais le payer de ma vie. Jésus, comme il est difficile de croire en cela, si l'on entend d'autres enseignements et si l'on voit d'autres conduites dans la vie !

1482. C'est pourquoi durant la retraite, après avoir longuement analysé la vie, j'ai décidé de fixer fermement mon regard sur Vous, Jésus, modèle absolument parfait. Ô Eternité, qui découvrira tant de secrets et dévoilera la vérité ! ...

1483. Ô vivante Hostie, soutenez-moi dans cet exil, afin que je puisse marcher fidèlement sur les traces du Sauveur ! Je ne Vous demande pas, Seigneur, de me descendre de la Croix, mais je Vous supplie de me donner la force de tenir bon sur elle. Je désire être écartelée tout comme Vous, Jésus, sur la Croix. Je désire toutes les tortures et toutes les douleurs que Vous avez supportées. Je désire boire le calice d'amertume jusqu'à la lie.

1484 -LA BONTE DE DIEU

Miséricorde de Dieu cachée dans le Très Saint Sacrement,
Voix du Seigneur qui nous dit du trône de la Miséricorde : « Venez à Moi ! »

Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme pécheresse.

Jésus : « Ne redoute pas ton sauveur, âme pécheresse. C'est Moi qui fais les premiers pas, car Je sais que tu n'es pas capable par toi-même, d'arriver jusqu'à Moi. Enfant, ne fuis pas ton Père; veuille entrer en conversation, seule à Seul, avec ton Dieu de Miséricorde, qui veut Lui-même te donner une parole de pardon et te combler de Ses Grâces. Ô combien ton âme m'est chère ! Je t'ai inscrite sur Mes mains et tu es gravée en Mon Cœur d'une profonde blessure. »

L'âme : « Seigneur, j'entends Votre voix qui m'appelle afin que je m'écarte de la mauvaise route, mais je n'en ai ni le courage ni la force ! »

Jésus : « Je suis, Moi, ta force, Je te donnerai le pouvoir de lutter ! »

L'âme : « Seigneur, je connais Votre sainteté et je Vous redoute ! »

Jésus : « Pourquoi redoutes-tu, Mon enfant, le Dieu de Miséricorde ? Ma Sainteté ne M'empêche pas d'être miséricordieux. Regarde, âme, c'est pour toi que j'ai institué le Trône de la Miséricorde sur terre. Ce trône c'est le Tabernacle. Et de ce trône de Miséricorde, Je désire descendre en ton cœur. Regarde, aucune suite ne m'entoure, aucun garde. Tu as accès à Moi à tout moment, à chaque heure du jour. Je désire parler avec toi et t'accorder des Grâces. »

L'âme : Seigneur, je redoute que Vous ne me pardonniez pas un si grand nombre de péchés, l'épouvante s'empare de ma misère. »

Jésus : « Ma miséricorde est plus grande que ta misère et que le monde entier. Qui a pris la mesure de Ma Bonté ? C'est pour toi que je suis descendu du ciel sur la terre. C'est pour toi que je me suis laissé cloué à la Croix. Pour toi J'ai permis que Mon Très Saint Cœur soit percé d'un coup de lance et je t'ai ainsi ouvert la source de Miséricorde. Viens et puise les grâces de cette source ! Puise-les avec l'instrument de la Miséricorde qui s'appelle la confiance ! Je ne rejette jamais un cœur plein d'humilité, ta misère fait naufrage dans l'abîme de Ma Miséricorde. Pourquoi devrais-tu discuter avec Moi de ta misère? Fais-Moi plaisir, abandonne-Moi toute ta pauvreté et ta misère et Je te comblerai d'un trésor de Grâces ! »

L'âme : « Vous avez vaincu mon cœur de pierre, ô Seigneur, par Votre bonté, et voici qu'avec confiance et humilité je m'approche du tribunal de Votre Miséricorde, absolvez-moi Vous-même, par la main de Votre représentant. Ô Seigneur, je sens comme la grâce et la paix ont pénétré dans ma pauvre âme ! Je sens que Votre Miséricorde, Seigneur m'a envahie de part en part. Vous m'avez plus pardonné que je n'aurais osé l'espérer ou même que je n'étais capable de l'imaginer. Votre bonté a surpassé tous mes désirs. Et maintenant je Vous invite en mon cœur, pénétrée de reconnaissance pour tant de grâces. Je m'étais égarée comme l'enfant prodigue quittant le droit chemin, mais Vous n'avez cessé d'être un Père pour moi. Versez à profusion Votre Miséricorde en moi, car Vous voyez combien je suis faible ! »

Jésus : « Enfant, ne parle plus de ta misère, car je l'ai déjà oubliée ! Ecoute mon enfant ce que je vais te dire : blottis-toi dans Mes Plaies et puise à la source de vie tout ce que ton cœur peut désirer ! Bois à longs traits à la source de vie et tu ne t'arrêteras pas en chemin ! Contemple l'éclat de Ma Miséricorde et ne redoute pas les ennemis de ton salut ! Glorifie Ma Miséricorde ! »

1485. Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme désespérée.

Jésus : « Ame plongée dans les ténèbres, ne désespère pas, tout n'est pas encore perdu, entre en conversation avec ton Dieu qui est tout Amour et Miséricorde.» Mais malheureusement l'âme demeure sourde à l'appel de Dieu et se plonge dans des ténèbres plus grandes encore. Jésus l'appelle à nouveau : « Ame, entend la voix de ton Père miséricordieux.»

Une réponse s'éveille en l'âme : « Il n'y a plus pour moi de Miséricorde.» Et elle tombe plus bas encore, dans une sorte de désespoir qui lui donne comme un avant-goût de l'enfer et la rends complètement incapable de se rapprocher de Dieu. Pour la troisième fois, Jésus s'adresse à l'âme mais l'âme est sourde et aveugle et elle s'endurcit peu à peu dans le désespoir. Alors des profondeurs de la Miséricorde divine un dernier effort est tenté et sans aucune coopération de l'âme, Dieu lui donne Sa dernière grâce. Si elle la dédaigne, Dieu la laisse alors dans l'état où elle-même veut être pour les siècles. Cette Grâce provient du Cœur Miséricordieux de Jésus, elle touche l'âme de sa lumière et l'âme commence à comprendre l'effort de Dieu ; mais la conversion dépend d'elle. Elle sait que cette grâce est la dernière pour elle. Et si elle montre le moindre frémissement de bonne volonté aussi petit qu'il soit, la Miséricorde divine accomplit le reste.

Jésus : « C'est ici qu'agit la Toute-Puissance de Ma Miséricorde ! Heureuse l'âme qui profite de cette grâce !
Quelle immense joie emplit Mon Cœur lorsque tu reviens vers Moi ! Je te vois si faible, c'est pourquoi Je te prends dans Mes bras et Je te porte à la Maison de Mon Père. »

L'âme, comme tirée de sa torpeur demande pleine d'effroi : « Est-il possible qu'il y ait encore Miséricorde pour moi ? ».

Jésus : « C'est justement toi, Mon enfant, qui as un droit particulier à Ma Miséricorde. Permets-lui d'agir sur toi, dans ta pauvre âme. Permets aux rayons de la Grâce d'entrer dans ton âme, ils apportent avec eux la lumière, la chaleur et la vie. »

L'âme : « Pourtant la crainte m'envahit au seul souvenir de mes péchés et cette terrible frayeur me pousse à douter de Votre bonté. »

Jésus : « Âme, sache bien que tous tes péchés ne m'ont pas blessés aussi douloureusement le Cœur, que ne le fait ta méfiance actuelle. Comment après tant de preuves de Mon Amour et de ma Miséricorde peux-tu demeurer incrédule devant ma bonté ? »

L'âme : « Ô Seigneur, sauvez-moi tout Seul , car je vais périr. Soyez pour moi le Sauveur. Ô Seigneur, je ne suis pas en état d'exprimer le reste, mon pauvre cœur est déchiré, mais Vous, Seigneur !... »

Jésus ne laissa pas l'âme terminer ces mots, mais l'enleva de terre, de cet abîme de misère et en un moment, la conduisit en la demeure de Son propre Cœur où tous ses péchés disparurent en un clin d'œil. Le feu de l'Amour les détruisit.

Jésus : « Voici, âme tous les trésors de Mon Cœur, viens puiser tout ce dont tu as besoin ! »

L'âme : « Ô Seigneur, je me sens comblée de Votre Grâce, je sens comme une nouvelle vie qui me pénètre. Et par-dessus tout, je sens Votre Amour en mon cœur et cela me suffit, ô Seigneur. Durant toute l'éternité, je glorifierai la Toute Puissance de Votre Miséricorde. Enhardie par Votre bonté, je vais Vous dire tout ce qui fait la douleur de mon cœur. »

Jésus : « Dis tout, Mon enfant, sans aucune restriction, car c'est un cœur aimant qui t'écoute, le Cœur du meilleur des amis. »

« Ô Seigneur, je découvre maintenant toute mon ingratitude et Votre bonté. Vous me poursuiviez de Votre Grâce et moi, je tendais inutile tous Vos efforts. Je vois que j'aurais mérité le fond même de l'enfer pour avoir gaspillé Vos Grâces. »

Jésus interrompt l'entretien de l'âme et dit : Ne t'enfonce pas dans ta misère, tu es trop faible pour parler. Regarde plutôt Mon Cœur plein de bonté. Imprègne-toi de Ma façon de sentir et efforce-toi au calme et à l'humilité. Sois miséricordieuse envers les autres, tout comme je le suis envers toi. Et quand tu sentiras que tes forces faiblissent, viens à la Source de la Miséricorde et fortifie ton âme ! Et ainsi tu ne faibliras pas en chemin ! »

L'âme : « Je comprends maintenant Votre Miséricorde qui me couvre d'un nuage lumineux et me conduit à la demeure de mon Père, me protégeant du terrible enfer, que j'ai mérité non pas une, mais mille fois. Ô Seigneur, je n'aurai pas assez de gratitude pour glorifier dignement Votre insondable Miséricorde, Votre pitié envers moi ! »

1486 Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme souffrante
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Jésus : « Ame, Je te vois si tourmentée, Je vois que tu n'as même pas la force de parler avec moi ! Je vais donc, Moi seul, te parler. Tes souffrances seraient-elles sans mesure, ne perds pas ton calme et ne t'abandonne pas non plus au découragement. Pourtant dis-Moi, Mon enfant, qui a eu l'audace de blesser ton cœur ? Raconte-Moi tout. Sois sincère envers Moi. Dévoile-Moi toutes les blessures de ton cœur ! Je les guérirai, et ta souffrance deviendra la source de ta sanctification. »

L'âme : « Seigneur, mes souffrances sont si grandes et si diverses ! Devant la longueur de leur durée, le découragement s'empare de moi ! »

Jésus : « Mon enfant, il ne faut pas te décourager. Je sais que tu connais Ma bonté et Ma Miséricorde, parlons donc peut-être en détail de ce qui te pèse le plus sur le cœur. »

L'âme : « J'ai tant de choses que je ne sais de quoi parler en premier, ni comment exprimer tout cela. »

Jésus : « Parle-Moi sans détour, comme un ami parle à son ami. Alors dis-Moi, Mon enfant, ce qui te retient sur le chemin de la Sainteté ? »

L'âme : « Le manque de santé. Je ne peux accomplir ma tâche; je suis une sorte de souffre-douleur. Je ne peux pas me mortifier ni jeûner sévèrement comme le firent les Saints. D'autre part, on ne croit pas que je sois malade si bien qu'aux souffrances physiques s'ajoutent les souffrances morales qui me causent bien des humiliations. Vous voyez, Jésus comment est-il possible, dans ces conditions, de devenir Sainte ? »

Jésus : « Enfant, cela est vrai, tout cela est souffrance ; mais il n'y a pas d'autre chemin pour aller au Ciel que le chemin de la Croix ! Je l'ai emprunté Moi-même le premier. Tu sais bien que c'est là le plus court et le plus sûr. »

L'âme : Seigneur, voici un nouvel obstacle sur le chemin de la Sainteté : On me persécute parce que je vous suis fidèle. J'endure bien des souffrances pour cette raison. »

Jésus : « Tu sais bien que parce que tu n'es pas de ce monde, le monde t'a prise en haine. Ils M'ont persécuté le premier. Cette persécution est le signe que tu marches fidèlement sur Mes traces. »

L'âme: Seigneur, le fait que ni mes Supérieures ni mon confesseur ne comprennent mes souffrances intimes est un nouveau sujet de découragement pour moi. Les ténèbres ont obscurci mon esprit, comment pourrai-je aller de l'avant ? C'est ainsi que tout me décourage; et je pense que les hauteurs de la Sainteté ne sont pas pour moi. »

Jésus : « Cette fois-ci, Mon enfant tu M'as fait de véritables confidences. Je sais que c'est une bien grande souffrance d'être incomprise et, qui plus est, par ceux que l'on aime et devant lesquels notre franchise est grande. Qu'il te suffise que Je te comprenne dans toute ta pauvreté et ta misère. La foi profonde que tu mets malgré tout en mes représentants Me plaît, mais tu dois savoir que les hommes sont incapables de comprendre complètement l'âme, car cela est au-dessus de leurs possibilités. C'est pourquoi je suis restée Moi-même sur terre, afin de consoler ton cœur douloureux et de fortifier ton âme pour que tu ne faiblisses pas en chemin. Tu dis que de grandes ténèbres obscurcissent ton esprit, pourquoi donc ne viens-tu pas dans ces moments-là vers Moi, qui suis toute lumière. En un instant Je peux verser en ton âme autant de lumière et de compréhension de la Sainteté que tu ne saurais en retirer d'aucun livre, ni en recevoir d'aucun confesseur. Tu dois savoir que même ces ténèbres dont tu te plains, je les ai d'abord traversées pour toi au Jardin des Oliviers. Mon âme fut saisie d'une tristesse mortelle ; et je te donne en partage une parcelle de ces souffrances en raison de l'Amour particulier que J'ai envers toi et du haut degré de sainteté que je te destine dans le ciel. L'âme souffrante est la plus proche de Mon Cœur. »

L'âme : « Encore une chose, Seigneur ! Que faire si je suis repoussée et rejetée par les gens, par les gens, particulièrement par ceux sur lesquels j'ai le droit de compter, et cela au moment où j'en ai le plus besoin ? »

Jésus : « Mon enfant, prends la résolution de ne jamais t'appuyer sur les gens. Tu feras de grandes choses si tu t'abandonnes entièrement à Ma volonté en disant : « Qu'il en soit non point comme je le veux, mais selon Votre volonté, ô Dieu. » Sache que ces paroles prononcées du fond du cœur transportent l'âme, en un instant, au sommet de la Sainteté. J'ai une prédilection particulière pour l'âme qui agit ainsi. Elle me rend grande gloire, elle emplit le ciel du parfum de sa vertu. Mais sache que c'est la communion fréquente qui te donnera cette force en toi pour supporter la souffrance. Viens souvent à cette source de Miséricorde et puises-y avec confiance tout ce qui t'est nécessaire ! »

L'âme : « Merci, Seigneur, de Votre inconcevable bonté. Merci d'avoir daigné rester avec nous dans cet exil et de demeurer parmi nous comme le Dieu de Miséricorde. Votre pitié et Votre Bonté rayonnent autour de Vous, et à la lumière de Votre Miséricorde, je reconnais combien Vous m'aimez. »

1487. Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme aspirant à la perfection

Jésus : « Tes efforts Me sont agréables, âme qui aspire à la perfection. Mais pourquoi te vois-Je si souvent triste et abattue ? Dis-moi, Mon enfant, ce que signifie cette tristesse et quelle en est la cause ? »

L'âme : « Seigneur, la raison de ma tristesse est que, malgré mes sincères résolutions, je retombe sans cesse dans les mêmes erreurs. Je prends une résolution, le matin, mais je vois, le soir, combien je m'en suis éloignée. »

Jésus : « Tu vois, Mon enfant, ce que tu es par toi-même ; la cause de tes échecs, c'est que tu comptes trop sur toi et que tu t'appuies trop peu sur Moi. Mais que cela ne t'attriste pas outre mesure. Je suis le Dieu de Miséricorde. Ta misère ne saurait épuiser mon amour puisque Je n'ai pas limité le nombre de Mes pardons. »

L'âme : « Oui, je sais tout cela. Mais je suis assaillie par de grandes tentations, des doutes divers se font jour en moi. Alors, tout m'irrite et tout me décourage. »

Jésus : « Sache, Mon enfant, que les plus grands obstacles à la Sainteté sont le découragement et l'inquiétude. Ils t'enlèvent la possibilité de t'exercer à la vertu. Toutes les tentations réunies ne devraient pas, même un instant, troubler ta tranquillité intérieure. Quant à l'irritabilité et au découragement, ce sont là les fruits de ton amour-propre. Il ne faut pas te décourager, mais t'efforcer de faire régner l'amour de Ton Dieu à la place de ton amour-propre. Confiance donc, Mon enfant, tu ne dois pas te décourager. Viens Me demander pardon puisque Je suis toujours prêt à te l'accorder. A chaque fois que tu Me le demandes, tu célèbres Ma Miséricorde. »

L'âme : Je sais reconnaître la voie de la perfection ainsi que ce qui Vous plaît le plus, mas j'ai de si grandes difficultés à accomplir ce que j'ai compris. »

Jésus : « Mon enfant, la vie sur terre est une lutte, une bien grande lutte pour pénétrer en
« Mon royaume, mais ne crains rien, car tu n'es pas seule. Je te soutiens toujours, appuie-toi donc sur Mon épaule et lutte sans aucune crainte. Avec confiance, puise à la source de vie, non seulement pour toi, mais aussi pour d'autres âmes, et particulièrement pour celles qui ne croient pas en Ma bonté

L'âme : Ô Seigneur, je sens que mon cœur s'emplit de Votre Amour, que le rayonnement de Votre Miséricorde et de Votre Amour pénètre mon âme. Et voici que je réponds à Votre appel, Seigneur, je pars à la conquête des âmes. Soutenue par Votre grâce, je suis prête à Vous suivre, Seigneur, non seulement au Thabor, mais aussi au Calvaire.
Je désire amener les âmes à la source de Votre Miséricorde afin qu'elles soient éclairées par les rayons de Votre Miséricorde, pour que la maison de Notre Père soit comble. Et lorsque l'ennemi à lancer des traits contre moi, alors à ce moment je me protègerai de Votre Miséricorde, comme d'un bouclier.»

1488. Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme parfaite

L'âme: Mon Seigneur et mon Maître, je désire converser avec Vous. »

Jésus : « Parle, car je suis toujours à ton écoute, Mon enfant chérie. Je t'attends toujours. De quoi désires-tu me parler ? »

L'âme, « Seigneur, avant tout, je répands mon cœur à Vos pieds, comme un parfum de gratitude pour tant de grâces et de bienfaits, dont vous me comblez sans cesse et que, même si je le voulais, je ne serais pas en état de dénombrer. Je me souviens seulement qu'il n'y a pas eu de moment dans ma vie, où je n'ai bénéficié de Votre protection et de Votre bonté. »

Jésus : « Ta conversation M'est agréable et l'action de grâces t'ouvre de nouveaux trésors de grâces. Mais, Mon enfant peut-être ne devrions-nous parler de façon aussi générale, mais en détail de ce qui te pèse le plus sur le cœur. Parlons en confidence, franchement, cœur à cœur. »

L'âme : « Ô Mon Seigneur de Miséricorde, il y a des secrets en mon cœur dont personne à part Vous ne sait et ne saura rien. Car voudrais-je les formuler, que personne ne les comprendrait. Votre remplaçant est quelque peu au courant, puisque je me confesse à lui ; mais autant seulement que je suis capable de lui dévoiler ces secrets, le reste demeure entre nous, pour l'éternité.

Ô mon Seigneur, Vous m'avez abrité du manteau de Votre miséricorde, me pardonnant toujours mes péchés. Pas une fois Vous ne m'avez refusé Votre pardon. Mais, me prenant en pitié, Vous m'avez accordé la vie, la nouvelle vie de la grâce afin que je n'aie de doutes sur rien. Vous m'avez placée sous la maternelle protection de Votre Eglise, cette mère pleine de tendresse, qui m'assure, en Votre nom, de la vérité de la foi et veille à ce que je ne m'égare jamais. Et c'est tout particulièrement au tribunal de Votre Miséricorde, que mon âme est baignée dans l'océan de Votre clémence. Aux Anges déchus, Vous n'avez pas donné le temps de la pénitence. Vous n'avez pas prolongé, pour eux, le temps de la Miséricorde. Ô mon Seigneur, Vous avez mis sur le chemin de ma vie de saints prêtres qui me montrent le bon chemin. Jésus, il est encore un secret en ma vie, le plus profond, mais le plus cher à mon cœur: c'est-à-dire Vous-même, sous la forme du pain, lorsque Vous venez dans mon cœur. Là est tout le secret de ma sainteté. Là mon cœur uni au Vôtre ne fait plus qu'un avec Lui. Là n'existe plus aucun secret. Car tout ce qui est Vôtre, est mien, et tout ce qui est mien, est Vôtre.

Voilà la puissance et le miracle de Votre Miséricorde ! Mettrait-on ensemble toutes les langues des hommes et des Anges qu'elles n'auraient pas assez de mots pour glorifier le mystère de Votre Amour et de Votre insondable Miséricorde. Lorsque je le considère, mon cœur connaît une nouvelle extase d'Amour. Mais je Vous dis tout cela, Seigneur, dans le calme et le silence, car le langage de l'Amour ne possède pas de paroles. Bien que Vous Vous abaissiez grandement. Votre grandeur s'est accrue en mon âme, ô Seigneur, unique objet de mon amour, car la vie de l'amour et de l'union se manifeste à l'extérieur. Et c'est pourquoi un plus grand amour envers Vous s'est éveillé en mon âme, ainsi qu'une parfaite pureté, une profonde humilité, une paix sereine et un grand zèle pour le salut des âmes. Ô mon Très doux Seigneur, Vous veillez sur moi à tout moment et Vous m'inspirez sur la façon de me comporter dans telle et telle circonstance, alors que mon cœur hésite entre deux façons d'agir. Vous êtes plus d'une fois intervenu Vous-même pour résoudre une affaire.

D'innombrables fois, Vous m'avez fait connaître en un éclair ce qui avait Votre préférence. Combien de pardons secrets m'avez-Vous donnés ! Combien de fois avez-Vous versé en mon âme force et réconfort afin que j'aille de l'avent ? Vous avez vous-même écarté les difficultés de mon chemin, intervenant directement dans les agissements des hommes. Ô Jésus, tout ce que je Vous dis là, n'est qu'une faible image de la réalité qui est en mon cœur. Ô mon Jésus, combien je désire la conversion des pécheurs. Vous savez bien ce que je fais pour eux, afin de Vous les gagner. Chaque offense qui Vous est faite m'est excessivement douloureuse.
Vous voyez que je n'épargne ni ma force ni ma santé ni même ma vie pour la défense de Votre Royaume. Quoique sur terre mes efforts ne soient pas visibles, ils ont néanmoins une valeur à vos yeux. Ô Jésus, je désire amener les âmes à la source de Votre Miséricorde, afin qu'elles y puisent avec confiance l'eau vivifiante de la vie éternelle.

Plus l'âme est désireuse de bénéficier pour elle-même d'une très grande Miséricorde divine, plus elle doit se rapprocher de Dieu avec une confiance accrue. Et si sa confiance en Dieu est sans limites, alors la Miséricorde de Dieu sera également sans limites pour elle.

Ô mon Seigneur à qui mon cœur appartient, Vous savez combien je désire ardemment que tous les cœurs ne battent que pour Vous, afin que tout homme glorifie la grandeur de Votre Miséricorde.»

Jésus : « Mon enfant bien-aimée, joie de Mon Cœur, ta conversation M'est plus chère et plus agréable que le chant des Anges. Pour toi sont ouverts tous les trésors de Mon Cœur. Puises-y tout ce dont tu as besoin pour toi et pour le monde entier. Par amour pour toi, Je lève le juste châtiment que le genre humain a mérité. Un seul acte de pur amour envers Moi m'est plus agréable qu'un millier d'hymnes venant d'âmes imparfaites. Un seul de tes soupirs d'amour Me récompense de bien des offenses comme celles dont M'abreuvent les impies. La moindre bonne action, c'est-à-dire : acte de vertu, possède à Mes yeux une valeur infinie. Et cela à cause du grand Amour que tu nourris envers Moi. Je règne comme au Ciel, dans une âme comme la tienne, qui vit exclusivement de Mon amour. Nuit et jour, Mon regard veille sur elle; il trouve en elle l'objet de sa prédilection.
Je tends l'oreille à sa prière et au murmure de son cœur, et souvent même Je devance sa prière. Ô Mon enfant chérie, particulièrement chérie, pupille de Mes yeux, repose un instant près de Mon Cœur et goûte à cet Amour dont tu vas te délecter pour l'éternité. Mon enfant, tu n'es pas encore dans la Patrie. Va donc ton chemin, fortifié par Ma Grâce, et lutte pour l'établissement de Mon royaume dans les âmes des hommes. Mais lutte comme un enfant de Roi. Souviens-toi que les jours d'exil passent vite et avec eux la possibilité de mériter le Ciel. J'attends de toi, Mon enfant, un très grand nombre d'âmes qui glorifiant Ma Miséricorde, durant toute l'éternité. Et afin que tu répondes dignement à Mon appel, reçois-Moi chaque jour dans la Sainte Communion, elle te donnera la force... »

Jésus, ne me laissez pas seule dans la souffrance. Vous savez, Vous, Seigneur, combien je suis faible... Je suis un abîme de misère, le néant même. Qu'y aurait-il donc d'étrange à ce que, laissée seule, je succombe ? Je suis un petit enfant, Seigneur, je ne sais pas me tirer d'affaire, cependant malgré tous les abandons je Vous fais confiance. En dépit de mon sentiment, en dépit de ce que je ressens plus d'une fois, je me transforme toute en confiance, et je garderai confiance. Ne diminuez en rien mon supplice, donnez-moi seulement la force de le supporter. Faites de moi ce qu'il Vous plaît, Seigneur. Donnez-moi seulement la Grâce de savoir Vous aimer en chaque difficulté, en toute circonstance. Ne diminuez pas, Seigneur, l'amertume du calice, donnez-moi seulement la force de pouvoir le vider.
Ô Seigneur, Vous me donnez souvent une grande clairvoyance, puis Vous me replongez dans une nuit noire et dans le gouffre de mon néant : mon âme se sent comme seule au milieu d'un grand désert !... Cependant, par-dessus tout, j'ai confiance en Vous Jésus, car, Vous êtes immuable. Mon humeur est changeante. Mais Vous êtes, Vous, toujours Le même, plein de Miséricorde !

1489. Jésus, source de vie, sanctifiez-moi ! Ô ma Force, fortifiez-moi. Mon Chef suprême, combattez pour moi ! Unique lumière de mon âme, éclairez-moi ! Conduisez-moi, mon Maître, je m'en remets à Vous, comme un petit enfant, s'en remet à l'amour de sa mère ! Et même si tout devait se liguer contre moi, même si la terre devait s'effondrer sous mes pas, près de Votre Cœur, je serai bien tranquille. Vous êtes toujours pour moi, la Mère la plus tendre, surpassant toutes les mères. C'est dans le silence que je clamerai ma douleur, et Vous me comprendrez au-delà de toute expression...

1490. Aujourd'hui le Seigneur m'a visitée et m'a dit : « Ma fille, ne t'effraie pas de ce qui va t'arriver. Je ne te donnerai rien au-dessus de tes forces ; tu connais la puissance de Ma Grâce ? Elle te suffira. » Après ces mots le Seigneur m'a donné une plus grande compréhension de l'action de Sa Grâce.

1491. Avant la Sainte communion, Jésus m'a demandé de n'accorder absolument aucune attention aux dires de l'une des Sœurs, car sa malice et sa ruse ne lui plaisent pas. « Ma fille, ne parle pas à cette personne de tes pensées, ni de tes sentiments ! » J'ai demandé pardon au Seigneur pour ce qui Lui a déplu dans cette âme. Et je l'ai imploré de me fortifier de Sa Grâce au moment où elle viendra à nouveau converser avec moi. Elle m'a déjà posé tant de questions auxquelles j'ai répondu avec tout mon amour fraternel ! Et la preuve que je lui ai parlé de tout cœur, est que je lui ai dit certaines choses, fruits de ma propre expérience. Mais cette âme avait une toute autre intention que celle que proférait sa bouche.

1492. Ô mon Jésus, depuis le moment où je me suis entièrement donnée à Vous, je ne pense absolument plus à moi-même. Vous pouvez faire de moi ce que Vous voulez. Je ne pense qu'à ce qui Vous plaît le plus et à ce qui peut Vous faire plaisir, ô Seigneur. Je tends l'oreille et je guette chaque occasion. Peu importe, alors, que je sois mal jugée au dehors...

1493. 15 janvier 1938. Quand aujourd'hui cette même Sœur, à propos de laquelle le Seigneur m'avait mise en garde, est venue me rendre visite, je me suis, en mon âme, armée pour la lutte. Bien que cela m'ait vraiment coûté, je ne me suis pas écartée d'un cheveu de Ses recommandations. Mais lorsque l'heure fut écoulée, et que ladite Sœur ne pensait pas à se retirer, j'ai appelé intérieurement Jésus à l'aide. J'entendis à l'instant en mon âme : « Ne crains rien, Je regarde à l'instant et je vais t'aider ! Je vais t'envoyer de suite deux Sœurs qui vont venir te rendre visite, il te sera alors facile de continuer la conversation. » Au même moment, deux Sœurs sont entrées et la conversation devint alors très facile, mais elle dura cependant encore une demi-heure

1494. Comme il est bon, durant une conversation, d'appeler Jésus à l'aide. Comme il est bon, dans un moment de calme, d'implorer pour soi des grâces de secours. Je redoute beaucoup ces sortes de conversations, soi-disant confidentielles. Il faut avoir une grande lumière surnaturelle afin de parler avec profit, à ce moment là, tant pour l'autre personne que pour soi-même. Dieu nous vient en aide sans doute mais il convient de le Lui demander et de ne pas trop se fier à soi-même.

1495. 17 janvier 1938. Aujourd'hui, depuis ce matin, mon âme est dans les ténèbres. Je ne peux m'élever jusqu'à Jésus et je me sens comme abandonnée de Lui. Ce n'est pas vers les créatures que je vais me tourner, pour avoir la lumière, car je sais qu'elles ne m'éclairent pas si Jésus désire me garder dans les ténèbres. Je m'abandonne à Sa sainte volonté, mais je souffre et la lutte devient plus âpre. Pendant les Vêpres, j'ai voulu me joindre aux Sœurs par la prière. Or lorsque je me suis transportée par la pensée à la Chapelle, mon esprit s'est trouvé plongé dans des ténèbres encore plus grandes.

1496. Le découragement m'est venu de tous les côtés. J'entendis alors la voix de Satan : « Regarde, comme tout ce que te propose Jésus est contradictoire : Il t'ordonne de fonder un couvent et il t'envoie la maladie. Il t'ordonne de t'efforcer d'obtenir cette fête de la Miséricorde qui cependant n'est pas du tout désirée du monde. Pourquoi pries-tu pour cette fête ? Elle est tellement inopportune ! » - Mon âme est restée silencieuse et par un acte de volonté se mit à prier, ne voulant pas entrer en discussion avec l'esprit des ténèbres. Cependant un étrange dégoût de la vie m'a envahie, et j'ai dû faire un grand effort de volonté, afin de consentir à vivre...

Et j'entendis à nouveau les paroles du tentateur : « Demande la mort pour toi demain, après la Sainte Communion ! Dieu t'écoutera, puisqu'Il t'a tant de fois exaucée ! »
Faisant silence, par un acte de volonté, je me mis à prier, ou plutôt je m'en suis remise à Dieu, Lui demandant intérieurement de ne pas m'abandonner en ce moment. Il est déjà onze heures du soir. Partout c'est le silence. Toutes les Sœurs dorment déjà dans les cellules. Seule mon âme lutte, et cela avec un grand effort. Le tentateur me dit ensuite : « Que t'importe les autres âmes ? Tu ne devrais prier que pour toi. Les pécheurs se convertiront sans tes prières. Je vois que tu souffres beaucoup en ce moment. Je vais te donner un conseil dont dépendra ton bonheur : ne parles jamais de la Miséricorde divine, et en particulier n'incite pas les pécheurs à avoir confiance en elle car ils méritent un juste châtiment. Deuxième chose et c'est la plus importante : ne dis pas à tes confesseurs et particulièrement à ce Père extraordinaire, ni à ce prêtre de Wilno ce qui se passe en ton âme. Je les connais, je sais qui ils sont.
Je veux donc te mettre en garde contre eux. Vois-tu, pour être une bonne religieuse, il suffit de vivre comme toutes les autres. Pourquoi t'exposer à tant de difficultés ? »

1497. Gardant toujours le silence, par un acte de volonté, je réussis dans l'ensemble, à me maintenir en Dieu. Mais un gémissement s'échappa de mon cœur. Enfin le tentateur s'éloigna et moi, épuisée, je m'endormis immédiatement. Au matin, après avoir reçu la Sainte Communion, je suis rentrée dans ma cellule, et tombant à genoux, j'ai renouvelé l'acte par lequel je m'abandonne à toutes les plus saintes volontés de Dieu. « Je Vous en prie Jésus, donnez-moi la force de lutter. Que tout se fasse pour moi selon Votre Très Sainte Volonté. Mon âme est passionnée d'amour pour Votre Très Sainte Volonté. »

1498. A ce moment j'ai vu Jésus qui m'a dit : « Je suis content de ce que tu fais ! Continue à être en paix si tu fais toujours tout ce qui est en ton pouvoir, en cette œuvre de Miséricorde ! Que ta franchise envers ton confesseur soit la plus grande possible. Satan n'a rien gagné à te tenter, parce que tu n'es pas entrée en conversation avec lui ! Continue à agir de même ! Tu m'as rendu grand hommage aujourd'hui en luttant aussi fidèlement. Que la pensée que Je suis toujours avec toi, se grave et s'affirme en ton cœur, même si tu ne Me sens pas au moment du combat ! »

1499. Aujourd'hui, l'Amour de Dieu me transporte dans l'autre monde. Je suis plongée dans l'amour, j'aime et je sens que je suis aimée. Et je vis cela en pleine conscience. Mon âme sombre dans le Seigneur en prenant connaissance de la grande majesté de Dieu et de ma petitesse. Mais cette connaissance amplifie mon bonheur... Cette conscience est si vivante en l'âme, si puissante, et en même temps si douce !
 

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:44
Sanctuaire de la Divine Miséricorde, Vilnius (Lituanie)

1384. 19 novembre. Aujourd'hui après la Sainte communion, Jésus m'a dit combien Il désire visiter le cœur humain. « Je désire m'unir aux âmes, mon plus grand plaisir est de m'unir ; Sache ceci, Ma fille que lorsque je viens par la Sainte Communion jusqu'au cœur des hommes, J'ai les mains pleines de toutes sortes de Grâces que je désire transmettre aux âmes, mais les âmes ne font même pas attention à Moi. Elles Me laissent Seul et s'occupent d'autre chose. Comme cela M'attriste que les âmes n'aient pas compris l'amour. Elles se conduisent envers Moi comme une chose morte.» J'ai répondu à Jésus : « Ô Trésor de mon cœur, unique objet de mon amour, et tout le délice de mon âme, je désire Vous adorer en mon cœur ainsi que Vous l'êtes sur le trône de Votre gloire éternelle. Je désire par mon amour, Vous dédommager, ne serait-ce qu'à peine, de la froideur d'un si grand nombre d'âmes. Jésus, voici mon cœur qui est pour Vous une demeure à laquelle nul autre n'a accès. Vous seul y reposez comme en un beau jardin. Ô mon Jésus, au revoir, je dois accomplir ma tâche, mais je Vous témoignerai mon amour envers Vous par un constant sacrifice. Je ne négligerai ni ne me permettrai en aucune façon de l'esquiver.»

1385. Quand je suis sortie de la Chapelle, la Mère Supérieure m'a dit : « Vous n'irez pas, ma Sœur, au cours de catéchisme. Vous serez de service.» - « Bien !» Jésus, j'ai eu ainsi durant toute la journée exceptionnellement beaucoup d'occasions de sacrifices. Je n'en ai laissé passer aucune, grâce à la force d'âme que j'avais puisée dans la Sainte Communion.

1386. Il y a des moments dans la vie où l'âme est dans un tel état qu'elle ne comprend plus en quelque sorte le langage humain. Tout la fatigue, rien ne peut la calmer, si ce n'est une fervente prière. Par elle, l'âme reçoit soulagement, et malgré son désir de recevoir des explications, celles-ci ne pourraient l'amener qu'à une plus grande inquiétude.

1387. Au cours d'une prière, j'ai connu combien l'âme du Père Andrasz est agréable à Dieu. C'est un véritable enfant de Dieu. Et cela, parce qu'il a une particulière dévotion envers la Mère de Dieu. Rares sont les âmes dans lesquelles se manifeste aussi nettement cette filiation avec Dieu.

1388. Ô mon Jésus, en dépit de ma grande hâte, il me faut obéir, afin de ne pas gâter Votre œuvre par ma précipitation. Ô mon Jésus, Vous me faites connaître Vos secrets et Vous voulez que je les transmette aux autres âmes. La possibilité d'agir me sera donnée sous peu. Au moment où la destruction sera en apparence absolue, c'est alors que ma mission commencera sans embûches. Telle est en ceci la volonté de Dieu, qui ne changera pas. Bien des personnes y seront opposées, cependant rien ne pourra contrarier cette volonté de Dieu.

1389. Je vois l'Abbé Sopocko : comme son esprit est occupé et travaille pour la cause de Dieu, auprès des autorités ecclésiastiques, afin de leur soumettre les souhaits de Dieu. Grâce à son action, une nouvelle lumière va briller dans l'Eglise de Dieu pour la consolation des âmes. Quoique pour le moment, son âme soit remplie d'amertume, comme si telle était la récompense de ses efforts pour Dieu, cependant il n'en sera pas ainsi. Je vois sa joie, à laquelle il ne sera fait aucun préjudice. Dieu lui accordera une partie de cette joie déjà dès ici bas. Je n'ai encore jamais rencontré une fidélité à Dieu aussi grande que celle qui distingue cette âme.

1390. Aujourd'hui au réfectoire durant le dîner, j'ai ressenti le regard de Dieu au fond de mon cœur. Une présence si vivante pénétra mon âme, que durant un moment je ne savais plus où j'étais. La douce présence de Dieu a envahi mon âme et par moment, je ne savais de quoi me parlaient les Sœurs.

1391. Tout ce qui a de bon en moi l'est par la Sainte Communion ; c'est à elle que je dois tout. Je sens que ce Saint Feu m'a complètement transformée. Oh ! Combien je me réjouis d'être une demeure pour Vous Seigneur, mon cœur est un Sanctuaire où Vous séjournez continuellement !...

1392. J.M.J.

Jésus, délice de mon âme, pain des Anges,
Tout mon être est plongé en Toi.
Et je vis de Ta vie divine comme les élus au Ciel.
Et la vérité de cette vie ne cessera point !

Jésus-Eucharistie, Dieu immortel
Qui continuellement séjourne en mon cœur,
Lorsque je T'ai, la mort elle-même ne peut me nuire,
Ainsi l'Amour me dit que je Te verrai au terme de la vie !

Imprégnée de Ta vie divine,
Je regarde calmement le ciel ouvert pour moi,
Et la mort honteuse s'en ira les mains vides,
Car Ta vie divine est contenue en mon âme

Et même de par Ta sainte volonté, ô Seigneur,
La mort toucherait-elle mon corps,
Je désire que ce dénouement
Ait lieu le plus rapidement possible !

Car par lui j'entrerai dans la vie éternelle.
Jésus-Eucharistie, vie de mon âme,
Tu m'as élevé jusqu'à la sphère éternelle
Par le supplice et l'agonie dans une terrible géhenne !

1393. 26 novembre 1937. Retraite mensuelle d'un jour.
Au cours de cette retraite, le Seigneur m'a donné la lumière d'une plus profonde connaissance de Sa volonté, celle de m'abandonner entièrement à la Sainte volonté de Dieu. Cette lumière m'a confirmée en ma profonde tranquillité, me faisant comprendre que je ne dois rien craindre, en dehors du péché. J'accepte tout ce que Dieu permettra pour moi, m'abandonnant entièrement à Sa Sainte volonté. Peu importe où Il me mettra. Je m'efforcerai fidèlement d'accomplir Sa Sainte volonté ainsi que tous ses désirs autant que cela sera en mon pouvoir. Je m'y efforcerai, cette volonté de Dieu, serait-t-elle pour moi aussi dure et difficile que la volonté du Père des Cieux envers son fils en prière au Jardin des Oliviers. Ainsi me suis-je aperçue que si la volonté du Père des Cieux s'accomplit de cette façon, en Son Fils Bien-Aimé, c'est justement aussi de cette façon qu'elle s'accomplira en nous : souffrances, persécutions, affronts, honte, c'est par tout cela que mon âme deviendra semblable à celle de Jésus. Et plus les souffrances seront grandes, plus je me rends compte que je deviendrai semblable à Jésus. C'est la route la plus sûre. Si une autre route était meilleure, Jésus me l'aurait montrée.

Les souffrances ne m'enlèvent nullement mon calme ; mais d'un autre côté, bien que je jouisse d'un calme profond, celui-ci n'efface pas en moi l'impression de souffrance. Bien que j'ai plus d'une fois le visage penché vers la terre et que mes larmes coulent abondamment, cependant à ce même moment, mon âme est imprégnée de profonde paix et de bonheur...

1394. Je désire me cacher en Votre Cœur très Miséricordieux, telle la goutte de rosée dans le calice de la fleur pour me protéger du gel de ce monde. Personne ne peut concevoir mon bonheur, comme mon cœur se délecte en secret, seul à seul avec Dieu.

1395. J'ai entendu aujourd'hui une voix en mon âme : « Oh ! Si les pécheurs connaissaient Ma Miséricorde, il n'en périrait pas un si grand nombre ! Dis aux âmes des pécheurs qu'elles ne craignent pas de s'approcher de Moi ! Parle-leur de ma grande Miséricorde ! »

1396. Le Seigneur m'a dit : « La perte de chacune des âmes me plonge en une mortelle tristesse. Tu me consoles toujours lorsque tu pries pour les pécheurs. La prière qui M'est la plus agréable est cette prière pour la conversion des âmes pécheresses. Sache, Ma fille, que cette prière est toujours exaucée ! »

1397. L'Avent approche. Je désire préparer mon cœur à la venue de Notre Seigneur Jésus par la douceur et le recueillement de l'âme. Je m'unis ainsi à la Très Sainte Mère et imite fidèlement Sa vertu de douceur par laquelle Elle fut agréable aux yeux de Dieu Lui-même. J'ai foi en ce qu'à Ses côtés, je persisterai dans cette résolution.

1398. Le soir, lorsque je suis entrée un moment à la Chapelle, j'ai ressenti une terrible épine dans la tête. Cela dura peu de temps, mais cette piqûre fut si douloureuse qu'en un instant je suis tombée, tête en avant sur la balustrade. Il me semblait que cette épine s'était enfoncée dans mon cerveau. Mais ce n'est rien, tout est pour les âmes, afin d'implorer pour elles la Miséricorde de Dieu.

1399. Je vis d'heure en heure. Je ne suis pas en état de me conduire autrement. Je désire profiter au mieux du moment présent, accomplissant fidèlement tout ce qu'Il me donne. En tout, je m'abandonne à Dieu avec une inébranlable confiance.

1400. J'ai reçu hier une lettre de Monsieur l'Abbé Sopocko. J'ai appris que l'affaire de Dieu progresse, quoique lentement. Je m'en réjouis immensément, et j'ai redoublé mes prières pour toute cette œuvre. Je sais qu'actuellement en ce qui concerne cette œuvre, Dieu exige de moi prières et sacrifices. Mon action pourrait en effet, contrecarrer les projets de Dieu, comme me l'a écrit dans sa lettre d'hier, Monsieur l'Abbé Sopocko. Ô mon Jésus, accordez-moi la grâce d'être dans Votre main un instrument patient ! J'ai constaté dans cette lettre combien la lumière que Dieu accorde à ce prêtre est grande. Cela me confirme dans la conviction que Dieu Lui-même mène cette œuvre malgré les obstacles qui s'accumulent. Je sais bien que, plus grande et plus belle est l'œuvre, plus terribles seront les orages qui se déchaîneront contre elle.

1401. Bien souvent Dieu, en Ses jugements impénétrables, permet que ceux qui prirent le plus de peine à l'accomplissement d'une œuvre ne puissent jouir sur cette terre, des fruits de cette œuvre, Dieu leur en conservant toute la joie pour l'éternité. Mais malgré tout, parfois Dieu leur fait savoir combien leurs efforts Lui sont agréables.
Et ces moments les fortifient pour de nouvelles luttes et épreuves. Ce sont là les âmes les plus semblables au Sauveur qui n'a goûté qu'amertume dans l'Oeuvre qu'Il fonda sur terre.


1402. Ô mon Jésus, soyez béni pour tout, je me réjouis que s'accomplisse Votre très Sainte volonté, cela suffit entièrement à mon bonheur !

1403. Jésus caché, en Vous repose toute ma force ! Depuis ma plus tendre enfance, Notre Seigneur Jésus présent dans le Saint Sacrement m'a attirée vers Lui. J'avais sept ans lorsque, étant à Vêpres et Notre Seigneur Jésus exposé dans l'ostensoir, pour la première fois l'amour de Dieu se communiqua à moi, et emplit mon cœur. Et le Seigneur me donna la compréhension des choses divines. Depuis ce jour jusqu'à aujourd'hui mon amour pour Dieu caché s'est accru jusqu'à la plus étroite intimité. Toute la force de mon âme provient du Très Saint Sacrement. Je passe chaque moment de liberté en conversation avec Lui. Il est mon Maître.

1404. 30 novembre 1937. Alors que je montais les escaliers le soir, tout à coup, un étrange dégoût de ce qui est divin m'a envahie. Sur ce j'entendis Satan qui m'a dit : « Ne pense donc pas à cette œuvre, Dieu n'est pas aussi Miséricordieux que tu le dis. Ne prie pas pour les pécheurs car ils seront de toutes façon damnés. Par cette œuvre de Miséricorde tu t'exposes toi-même à la damnation. Ne parle jamais de cette Miséricorde de Dieu à ton confesseur, particulièrement à l'Abbé Sopocko ni au Père Andrasz. » Cette voix prit l'apparence de celle d'un Ange gardien. A ce moment j'ai répondu : « Je sais qui tu es, le père du mensonge. » J'ai fait le signe de la Croix et le prétendu Ange disparut avec fracas et furie.

1405. Aujourd'hui le Seigneur m'a fait connaître intérieurement qu'Il ne m'abandonne pas. Il m'a fait voir Sa Majesté, Sa Sainteté, en même temps que Son Amour et Sa Miséricorde envers moi. Il m'a aussi fait connaître plus profondément ma misère. Cependant cette grande misère qui est mienne, ne m'enlevait pas la confiance, tout au contraire. Dans la mesure où je connaissais ma misère, ma confiance en la Miséricorde de Dieu se fortifiait. J'ai compris que tout cela dépend du Seigneur. Je sais que personne ne touchera un seul de mes cheveux, sans Sa volonté.

1406. Aujourd'hui, alors que je recevais la Sainte Communion, j'ai remarqué dans le Calice une Hostie vivante qui me fut donnée par le prêtre. Quand je revins à ma place j'ai demandé au seigneur : « Pourquoi l'une est-elle vivante ? Puisque Vous êtes vivant de même en toutes ? » Le Seigneur m'a répondu : « C'est exact, dans toutes les hosties Je suis le même. Mais toutes les âmes ne Me reçoivent pas avec une foi aussi vivante que la tienne, Ma fille, et c'est pourquoi Je ne peux agir en leur âme, comme en la tienne. »

1407. A la Sainte Messe que célébrait Monsieur l'Abbé Sopocko j'étais présente et pendant cette Messe j'ai vu le Petit Jésus qui, touchant du doigt le front de ce prêtre m'a dit : « Sa pensée est étroitement unie à la Mienne, sois donc sans crainte pour ce qui est de Mon Œuvre. Je ne laisserai pas se tromper. Et toi, n'agis pas sans son autorisation. » - Ceci emplit mon âme d'une grande tranquillité pour l'ensemble de cette œuvre.

1408. Aujourd'hui Notre Seigneur Jésus me fit prendre conscience de Lui-même, ainsi que de Son plus tendre Amour et de Sa protection, dans une profonde assurance que tout dépend de Sa volonté. De même, Il permet certaines difficultés uniquement pour notre mérite, afin que se manifeste clairement notre fidélité, et qu'ainsi, la force de la souffrance et de l'abnégation se communique à nous.

1409. Aujourd'hui, veille de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie, pendant le repas de midi, à un moment donné, Dieu me fit connaître la grandeur de ma destinée qui est : la proximité de Dieu. Il me révéla que cette proximité m'avait été accordée pour les siècles. Il le fit avec une telle acuité et si distinctement que durant un long moment je suis restée profondément abîmée en Sa vivante Présence, m'humiliant devant Sa Grandeur.

1410. J.M.J.

Ô Esprit de Dieu, Esprit de vérité et de lumière,
Demeure constamment en mon âme par Ta grâce divine !
Que Ton souffle dissipe les ténèbres
Et que dans ta lumière les bonnes actions se multiplient !

Ô Esprit de Dieu, Esprit d'Amour et de Miséricorde
Qui verse en mon cœur le baume de la confiance,
Ta grâce confirme mon âme dans le bien,
Lui donne une force invincible : la constance !

Ô Esprit de Dieu, Esprit de paix et de joie,
Qui réconforte mon cœur altéré,
Verse en lui la vivante source de l'Amour divin
Et rends le intrépide dans la lutte !

Ô Esprit de Dieu, hôte très aimable de mon âme,
Je désire de mon côté Te garder fidélité,
Tant aux jours de joie qu'aux heures de souffrances,
Je désire, Esprit de Dieu, vivre toujours en Ta présence !

Ô Esprit de Dieu, qui imprègne mon être
Et me fait connaître Ta vie divine et Trinitaire
Et m'initie à Ton Etre divin,
Ainsi unie à Toi ma vie est déjà éternelle !

1411. C'est avec un grand zèle que je me suis préparée à célébrer la Fête de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu. J'ai veillé davantage au recueillement de mon âme et j'ai approfondi Son privilège exclusif. Aussi mon cœur s'est épris d'Elle, et j'ai remercié Dieu d'avoir accordé à Marie ce grand privilège.

1412. Je me suis non seulement préparée par la neuvaine dite en commun, à laquelle toute la Congrégation participait, mais encore je me suis efforcée personnellement de la saluer mille fois par jour en récitant à Sa gloire mille « Je vous salue Marie » par jour, durant neuf jours.
Voici déjà trois fois que j'adresse une telle neuvaine à la Sainte Vierge, c'est-à-dire une neuvaine se composant de mille Ave par jour. Ce sont donc neuf mille Ave qui forment l'ensemble de cette neuvaine. J'ai déjà pratiqué cette neuvaine trois fois au cours de ma vie, dont deux durant mes travaux quotidiens. Et cependant, je n'ai manqué à aucun de mes devoirs, les remplissant avec grande exactitude. Je la fais en dehors des exercices, c'est-à-dire que, ni durant la sainte Messe ni au cours de la Bénédiction, je n'ai récité ces Ave ; et j'ai fait une neuvaine semblable une troisième fois alors que j'étais hospitalisée.
Pour celui qui veut, rien n'est difficile. En dehors des récréations, je priais et travaillais. Ces jours-là, je n'ai prononcé aucun mot qui ne soit absolument nécessaire. Je dois cependant avouer que cette affaire nécessite une assez grande attention ainsi qu'un effort, mais pour glorifier l'Immaculée, rien n'est de trop.

1413. Fête de l'Immaculée Conception. Avant la Sainte Communion, j'ai vu la Très Sainte Mère d'une incomparable beauté. S'adressant à moi avec un sourire, Elle me dit : « Ma fille, sur la recommandation de Dieu, je dois être tout particulièrement une véritable mère pour toi. Mais je désire que, Ma très aimable fille, tu sois tout particulièrement Mon enfant.

1414. Je désire que tu t'exerces à trois vertus qui me sont chères entre toutes et qui sont le plus agréable à Dieu :
la première, c'est l'humilité, l'humilité et encore l'humilité ;
la deuxième : la chasteté ;
la troisième : l'amour envers Dieu.
Tu es Ma fille, et comme telle, tu dois particulièrement briller par ces vertus.» A la fin de l'entretien Elle me serra sur Son Coeur et disparut.
Lorsque je suis revenue à moi, mon cœur est demeuré étrangement attiré par ces vertus auxquelles je m'exerce fidèlement ; elles sont comme gravées en mon cœur.

1415. Ce fut un grand jour pour moi. J'étais plongée en une incessante contemplation, car seul le souvenir de cette grâce m'entraînait à une nouvelle contemplation. Et durant tout le jour j'ai persévéré dans une action de grâce que je n'ai pu terminer. Car le souvenir de cette grâce poussait mon âme à se plonger à nouveau en Dieu...

1416. Ô Seigneur, mon âme est pourtant la plus misérable qui soit, et Vous Vous abaissez vers elle avec tant de bienveillance. Je vois clairement et Votre grandeur et ma petitesse. C'est pourquoi je me réjouis de Votre Toute-Puissance et de Votre Immensité, et aussi de ma toute petitesse.

1417. Christ souffrant, je vais à Votre rencontre et en tant que Votre bien-aimée, je dois Vous ressembler. Votre manteau d'infamie doit également me recouvrir. Ô Christ, Vous savez combien je désire vivement Vous ressembler ! Faites-moi partager toute Votre Passion.
Que toute Votre douleur se déverse en mon cœur. J'ai confiance que pour cela, Vous comblerez mes déficiences.

1418. Aujourd'hui adoration de nuit. Je n'ai pu y prendre part, à cause de la faiblesse de ma santé ; cependant avant de m'endormir je me suis unie aux Sœurs adoratrices. Entre quatre et cinq heures, tout à coup, j'entendis une voix m'invitant à me joindre aux personnes qui faisaient l'adoration à ce moment-là. J'ai su que parmi ces personnes, une âme priait pour moi.
Et lorsque je me suis plongée dans la prière, je me suis trouvée transportée en esprit à la Chapelle. Et j'ai vu Notre Seigneur exposé dans l'ostensoir. A la place de l'ostensoir, j'ai vu la face glorieuse du Seigneur. Et Jésus m'a dit : « Ce que tu vois en réalité, ces âmes le voient par la foi. Oh ! Combien leur grande foi m'est agréable ! Bien qu'en apparence il n'y ait en Moi aucune trace de vie, cependant, chaque hostie contient réellement Ma vie toute entière. Mais l'âme doit avoir la foi, afin que je puisse agir sur elle. »

1420. Oh ! Que la foi vivante m'est agréable ! Cet acte d'adoration était accompli par la Mère Supérieure et quelques autres Sœurs. Cependant j'ai su que par sa prière, la Mère Supérieure avait touché le ciel, et je me suis réjouie qu'il existe des âmes aussi agréables à Dieu.

1421. Lorsque le jour suivant durant la récréation, j'ai demandé quelles Sœurs avaient participé à l'adoration entre quatre et cinq heures, l'une d'elles s'écria : « Pourquoi le demandez-vous, ma Sœur ? Vous avez sûrement eu une vision ? » - Je me suis tue et je n'ai plus rien dit bien que j'ai été questionnée par la Mère Supérieure. Je ne pouvais répondre car le moment n'était pas favorable.

1422. Une fois, l'une des Sœurs me confia quelle avait l'intention de choisir tel prêtre, comme directeur de conscience. Elle se confia donc à moi, toute joyeuse et me demanda de prier à cette intention, ce que je fis. Pendant que je priais, j'ai su que cette âme n'en retirerait aucun avantage. Et voilà que nous rencontrant de nouveau, cette personne me parla de sa joie d'avoir choisi ce directeur de conscience. Moi, j'ai partagé sa joie, cependant, après son départ je fus sévèrement rappelée à l'ordre. Jésus m'a dit de lui répondre ainsi qu'Il me l'a fait savoir au cours de la prière. Et je l'ai d'ailleurs fait à la première occasion, bien que cela m'ait vraiment coûté.

1424. Aujourd'hui j'ai ressenti la souffrance de la couronne d'épines pendant un temps relativement court. J'étais alors en train de prier pour une certaine âme devant le Saint Sacrement. A un moment, j'ai ressenti une douleur si violente que ma tête heurta la balustrade, et bien que ce moment ait été court, ce fut très douloureux

1425. Christ, donnez-moi des âmes ! Permettez tout ce que bon Vous semblera pour moi, mais en échange, donnez-moi les âmes ! Je désire leur salut. Je désire qu'elles connaissent Votre Miséricorde. Je n'ai rien pour moi-même, car j'ai tout distribué aux âmes. En sorte que quand je comparaîtrai devant Vous au jour du Jugement dernier, ayant tout donné, Vous n'aurez donc rien sur quoi me juger. Et nous nous rencontreront ce jour-là : l'Amour avec la Miséricorde...

1426. J.M.J.

Jésus caché, vie de mon âme,
Objet de mon ardent désir,
Rien ne saurait étouffer en mon cœur l'amour que j'ai pour Toi.
Telle est l'assurance que me donne la force de l'amour partagé !

Jésus caché, gage glorieux de ma résurrection,
En Toi se concentre toute ma vie !.
C'est Toi, Eucharistie, qui me rend capable d'aimer éternellement,
Et je sais que Tu m'aimeras en retour comme
Ton petit enfant !

Jésus caché, mon amour le plus pur,
Ma vie avec Toi commence déjà ici-bas,
Elle se montrera pleinement dans l'éternité future,
Car notre mutuel amour ne changera jamais !

Jésus caché, Toi l'unique que mon âme désire,
Tu m'es, à Toi seul, plus que la jouissance du Ciel
Plus que tous les dons, plus que toutes les grâces
C'est Toi seul que mon âme attend,
Toi qui viens à moi sous la forme du pain !

Jésus caché, prends enfin mon cœur altéré de Toi
Qui brûle pour Toi du même feu que les Séraphins.
Je ne suis qu'une faible femme
Mais sur Tes traces, invincible,
Je vais par la vie, le front haut, tel un chevalier !

1427. Je me sens plus mal depuis un mois, et à chaque quinte de toux, je ressens la décomposition de mes poumons. Et il m'est arrivé plus d'une fois de sentir la complète décomposition de mon propre corps. Il est difficile d'exprimer quelle grande souffrance est là. Et malgré l'accord total de ma volonté c'est là une grande souffrance pour ma nature, plus grande que de porter le cilice ou que la flagellation jusqu'au sang. Je la sentais surtout lorsque j'allais au réfectoire; je faisais de grands efforts pour manger tant soit peu alors que la nourriture me donnait la nausée. C'est à cette époque que commencèrent des douleurs intestinales. Toute nourriture quelque peu relevée provoquait en moi d'atroces souffrances. Je me suis tordue dans de terribles douleurs et dans les larmes pour le salut des pécheurs.

1428. Cependant j'ai demandé à mon confesseur ce qu'il fallait faire : continuer à supporter cela pour les pécheurs ou demander à la Supérieure de faire une exception en me donnant une nourriture plus douce. Le confesseur a décidé que je devais demander à la Supérieure une nourriture plus douce ; ainsi ai-je agi, suivant ses indications, voyant que cette humiliation était plus agréable à Dieu.

1429. Un jour je me suis demandé si vraiment je pouvais sentir cette décomposition de mon organisme et en même temps, continuer à marcher et à travailler : était-ce une illusion ? D'un autre côté, ce ne pouvait être une illusion puisque cela m'occasionnait de si grandes douleurs.

Pendant que j'étais en train de penser à cela, l'une des Sœurs vint parler un moment avec moi. Au bout de quelques minutes, elle fit une horrible grimace et me dit : « Ma Sœur, je sens ici l'odeur d'un cadavre en décomposition. Oh ! C'est affreux.
Je lui ai répondu : « Ne vous effrayez pas, ma Sœur, cette odeur de cadavre vient de moi ! » Elle s'en est grandement étonnée, mais a dit qu'elle ne pourrait pas résister plus longtemps.
Lorsqu'elle fut partie, j'ai compris que Dieu avait fait sentir ceci à cette Sœur afin que je n'ai plus de doutes ; mais qu'Il cache cette souffrance à toute la Communauté de façon tout simplement miraculeuse. Ô mon Jésus, Vous seul savez toute la profondeur de ce sacrifice !

1430. Cependant, il fallut encore supporter au réfectoire plus d'un soupçon comme quoi je faisais des manières ; alors comme toujours en pareil cas je m'empresse d'aller vers le Tabernacle, je m'incline devant le Ciboire et j'y puise la force de rester en accord avec la volonté de Dieu.
Et je suis loin d'avoir tout écrit.

1431. Aujourd'hui, pendant la confession, rompant en esprit le pain azyme avec moi, mon confesseur m'a adressé les vœux suivants : « Soyez le plus possible fidèle à la grâce divine ! Deuxièmement : Implorez la Miséricorde pour vous-même et pour le monde entier, car tous, nous avons besoin de la miséricorde divine ! »

1432. Deux jours avant les Fêtes, on a lu au réfectoire les mots suivants : « Demain, naissance de Jésus-Christ selon la chair.» - Ces mots firent jaillir en moi la lumière l'Amour de Dieu : j'ai mieux compris le secret de l'Incarnation. Que la Miséricorde de Dieu contenue dans le secret de l'Incarnation du fils de Dieu est grande !

1433. Aujourd'hui Dieu m'a révélé Sa colère contre l'humanité qui mériterait, par ses péchés, que ses jours soient raccourcis. Mais il m'a été révélé que l'existence du monde était soutenue par les âmes choisies, c'est-à-dire par les Ordres religieux. Que le monde serait à plaindre si les monastères venaient à manquer !

J.M.J.

1434. J'accomplis chaque action ayant la mort présente devant mes yeux,
Je l'accomplis maintenant comme je voudrais la voir à ma dernière heure.
Quoique la vie passe aussi vite qu'une bourrasque,
Aucune action entreprise pour Dieu ne se perd.

Je sens la complète décomposition de mon organisme,
Quoique je vive et travaille encore.
La mort ne me fait aucune impression tragique
Car je la pressens depuis longtemps.

Bien qu'il soit très pénible à la nature
De sentir sans cesse son propre cadavre,
Cela peut cependant être supportable lorsque la lumière de Dieu a pénétré l'âme,
Car en elle s'élève la foi, l'espoir l'amour et le repentir.

Je fais chaque jour de grands efforts
Afin de prendre part à la vie commune,
Et implorer ainsi des grâces pour le salut des âmes,
Les préservant par mon sacrifice du feu de l'enfer.

Car ne serait-ce que pour le salut d'une seule âme
Cela vaut la peine de se sacrifier toute la vie durant,
Et de supporter les plus grands sacrifices et les plus grands tourments,
Voyant quelle immense gloire Dieu en retire.

1435. Seigneur, quoique Vous me fassiez souvent connaître les foudres de Votre mécontentement, cependant Votre colère devant les âmes humbles. Bien que Vous soyez grand, Seigneur, Vous Vous laissez vaincre par les âmes humbles et pleines d'humilité. Si peu d'âmes te possèdent, ô humilité, la plus précieuse des vertus ! Je n'en vois partout que l'apparence, mais cette vertu elle-même, je ne la vois pas. Ô Seigneur, réduisez-moi à néant à mes propres yeux, afin que je puisse trouver grâce aux Vôtres !

1436. Veille de Noël 1937. Après la Sainte Communion, Notre Dame m'a fait connaître le souci qu'Elle avait au Cœur, concernant le fils de Dieu. Cependant ce souci était empreint d'un tel abandon à la volonté de Dieu que je parlerai de sujet de joie, plutôt que de sujet d'inquiétude. Elle m'a fait comprendre que mon âme devait accueillir toute volonté de Dieu, quelle qu'elle soit. Dommage que je ne sache écrire cela comme je l'ai discerné. Mon âme fut plongée tout le jour en un profond recueillement ; rien ne put m'en tirer, ni les rapports que j'eus avec des personnes laïques.

1437. Avant le réveillon de Noël, je suis entrée pour un moment à la Chapelle afin de rompre en pensée le pain azyme avec les personnes aimées et chères à mon cœur, éloignées par la distance plongée dans une profonde prière et j'ai demandé au Seigneur de leur accorder des grâces à toutes et ensuite à chacune en particulier. Jésus me fit savoir combien cela Lui plaisait ; et mon âme s'emplit d'une joie encore plus grande à la pensée que Dieu aime particulièrement ceux que nous aimons.

1438. Lorsque je suis entrée au réfectoire, au cours de la lecture, tout mon être s'est trouvé plongé en Dieu. Je voyais intérieurement le regard de Dieu posé sur nous avec une grande prédilection. Je demeurai seule à Seul avec le Père des Cieux. A ce moment là, j'ai approfondi ma connaissance des Trois Personnes Divines que nous contemplerons durant toute l'éternité. Et après des millions d'années, nous comprendrons que nous avons seulement commencé notre contemplation. Oh ! Que cette Miséricorde de Dieu est grande, qui permet à l'homme de prendre une si grande part à son Divin Bonheur. Mais en même temps quelle douleur aigue transperce mon cœur à la pensée que de nombreuses âmes dédaignent ce bonheur.

1439. Lorsque nous avons commencé à partager le pain azyme, un mutuel et sincère amour se mit à régner entre nous. La Révérende Mère me fit ce souhait : « Ma Sœur, les œuvres de Dieu avancent lentement, donc ne vous pressez point.» Toutes les Sœurs dans l'ensemble me souhaitèrent sincèrement le grand Amour Divin, ce que je désirais le plus. J'ai vu que ces souhaits venaient vraiment du cœur, sauf en ce qui concerne une Sœur, qui avait dissimulé une méchanceté sous ces souhaits. Bien que cela ne me fit guère de mal, tant mon âme était enivrée de Dieu, cela m'éclaira. J'ai compris que Dieu se communique si peu à cette âme parce qu'elle se recherche toujours elle-même, y compris dans les choses saintes. Oh ! Que le Seigneur est bon de ne pas permettre que je m'égare ! Je sais qu'Il me gardera jalousement, aussi longtemps que je resterai toute petite : car c'est avec de telles âmes que Lui, grand Seigneur aime à avoir commerce...quant aux âmes, Il les observe de loin et S'oppose à elles.

1440. Bien que j'eusse désiré veiller un peu avant la Messe de minuit, cela ne me fut pas possible: je me suis endormie immédiatement. Et je me suis quand même sentie très faible lorsque sonna la Messe de minuit ; je fus sur pied bien que je me sois habillée avec grande difficulté car je me trouvais mal à tout instant.

1441. À mon arrivée à la Chapelle, dès le début de la Messe de Minuit, je me suis toute plongée en un profond recueillement au cours duquel je vis la Crèche de Bethléem emplie d'une grande clarté. La Très Sainte Vierge enveloppait Jésus dans un lange toute pénétrée d'un grand amour ! Saint Joseph cependant dormait encore ; ce n'est que lorsque La Sainte Vierge eût déposé Jésus dans la Crèche, qu'à ce moment la clarté de Dieu éveilla Joseph qui se mit aussi à prier. Peu de temps après, je suis demeurée en tête-à-tête avec l'Enfant Jésus qui me tendait Ses petits bras et je compris bien que c'était pour que je Le prenne dans les miens. Il blottit Sa tête sur mon cœur et me fit comprendre de Son regard profond qu'Il se trouvait tout proche de mon cœur. A ce moment Jésus disparut à mes yeux ; c'était la sonnette pour la Sainte Communion, mon âme défaillit de joie.

1442. Cependant vers la fin de la Sainte Messe, je me suis sentie si faible que je dus sortir de la Chapelle et me rendre dans ma cellule car je ne me sentais déjà plus capable de prendre part au thé en commun. Cependant ma grande joie dura pendant toute la Fête, car mon âme était sans cesse unie au Seigneur. J'ai appris que toute âme aspire aux joies divines, mais la plupart ne veulent à aucun prix renoncer aux joies humaines, et cependant ces deux choses ne peuvent s'accorder.

1443. J'ai ressenti durant cette période de fête que certaines âmes priaient pour moi. Je me réjouis qu'il existe déjà ici, sur terre, de semblables connexions et une telle connaissance spirituelle. Hommage vous soit rendu, ô mon Jésus pour tout cela !

1444. Parmi les plus grands supplices spirituels, je compte ma continuelle solitude. Mais non, puisque je suis avec Vous, Jésus. Mais c'est des gens que je veux parler. Aucun d'eux ne comprend mon cœur et cela ne m'étonne plus maintenant, si cela m'a autrefois étonné, alors que mes intentions étaient blâmées et mal interprétées ; mais maintenant je ne m'en étonne plus du tout. Les gens ne savent plus percevoir l'âme, ils voient le corps et ils jugent d'après les apparences ; mais comme le ciel est au-dessus de la terre, de même les pensées de Dieu sont au-dessus de nos pensées. J'ai fait l'expérience que bien souvent cela se passe ainsi.

1445. Le Seigneur m'a dit : « La façon dont les autres se comportent ne te regarde pas. Tu dois te comporter comme Je te l'ordonne. Par l'Amour et la Miséricorde tu dois être Mon vivant reflet.» J'ai répondu : « Seigneur, c'est que bien souvent on abuse de ma bonté ! » - « Cela ne fait rien, Ma fille, cela ne te concerne pas ; Tu dois toujours être miséricordieuse envers tous et particulièrement envers les pécheurs.

1446. Ah, combien il m'est douloureux que les âmes s'unissent si peu à Moi au cours de la Sainte Communion. J'attends les âmes mais elles sont indifférentes envers Moi. Je les aime si tendrement, si sincèrement, et elles n'ont pas la foi en Moi. Je veux les combler de grâces, elles ne veulent pas les accueillir. Elles Me traitent comme quelque chose de mort et pourtant, J'ai le Cœur débordant d'Amour et de Miséricorde. Afin que tu connaisses, ne serais-ce qu'un peu, Ma douleur, imagine et considère la douleur de la plus tendre des mères chérissant ses enfants, mais dont les enfants méprisent l'amour. Personne ne peut la consoler. Ce n'est là qu'une bien pâle image de Mon Amour.

1447. Ecrit et parle de Ma Miséricorde. Dis aux âmes qu'elles doivent chercher consolation au Tribunal de la Miséricorde. C'est là que se réalisent et se renouvellent sans cesse les plus grands miracles. Point n'est besoin, pour obtenir ce miracle de faire de lointains pèlerinages, ni de faire étalage d'un quelconque cérémonial ; il suffit de se jeter avec foi aux pieds de Mon représentant, de lui dire sa misère et le miracle de la Miséricorde divine se manifestera dans toute son ampleur. Même si cette âme était déjà comme un cadavre en décomposition, et même si humainement parlant il n'y avait plus aucun espoir de réanimation, même si tout semblait perdu, il n'en est pas ainsi, avec Dieu : le miracle de la Miséricorde divine restaurera cette âme dans toute son intégrité. » Ô malheureux, qui ne profitez pas maintenant de ce miracle de la Miséricorde divine, en vain vous appellerez, il sera trop tard !

J.M.J.

ANNEE 1938

Premier Janvier

1448. Bienvenue à toi, nouvelle année au cours de laquelle va se parachever mon perfectionnement ! Je vous remercie à l'avance, ô Seigneur, de tout ce que m'enverra Votre bonté. Je Vous remercie pour le Calice de souffrance que chaque jour je boirai ! N'en diminuez pas l'amertume, ô Seigneur, mais fortifiez mes lèvres, afin qu'en le buvant, elles sachent être souriantes pour l'amour de Vous, mon Maître ! Je Vous remercie pour toutes les joies et toutes les grâces, que je suis incapable de compter et qui affluent tous les jours vers moi, telle la rosée matinale, silencieusement inaperçues, qu'aucun œil curieux ne saurait déceler et qui ne sont connues que de Vous et de moi, Seigneur ! Pour cela je Vous adresse dès aujourd'hui, mes remerciements ; car il se pourrait que mon cœur n'en soit plus capable au moment où Vous me tendrez le Calice.

1449. Aujourd'hui, toute consentante, je m'abandonne entièrement à Votre Sainte Volonté, ô Seigneur, ainsi qu'a Votre très sage jugement, tous deux étant toujours pour moi, la clémence et la miséricorde mêmes, bien que plus d'une fois je ne puisse ni les comprendre ni les bien saisir ! Voici que je Vous abandonne entièrement, mon Maître, le gouvernail de mon âme. Conduisez-la Vous-même, selon Vos divins désirs ! Je m'enferme en Votre Cœur Très Miséricordieux, qui est un océan d'insondable Miséricorde.

1450. Je termine l'année qui vient de s'écouler par des souffrances et je commence la nouvelle également par des souffrances. J'ai dû m'aliter deux jours avant le nouvel an. Je me sentais très mal. Une forte toux m'affaiblissait, et avec cela d'incessantes douleurs intestinales ainsi que des vomissements m'épuisaient énormément. Bien que ne pouvant me rendre aux offices en commun, je m'unissais cependant par la pensée à toute la Communauté. Lorsque les Sœurs se sont levées la nuit à onze heures, afin de veiller et de saluer l'an nouveau, moi, je me tordais de douleur, depuis le crépuscule, et cela dura jusqu'à minuit. J'ai joint ma souffrance aux prières des Sœurs qui veillaient à la chapelle et réparaient les offenses commises envers Dieu par les pécheurs.

1451. Lorsque sonna minuit, mon âme se plongea en un profond recueillement et j'entendis une voix en mon âme : « Ne crains rien, ma petite enfant, tu n'est pas seule. Lutte bravement car Mon épaule te soutient ; lutte pour le salut des âmes, les exhortant à faire confiance à Ma Miséricorde, car c'est là ton travail en cette vie et dans la vie future. » Ces paroles m'ont communiqué une plus profonde compréhension de la Miséricorde divine. Seule l'âme qui le désirera sera damnée, car Dieu ne condamne personne.

1452. C'est aujourd'hui la Fête du Nouvel An. Je me suis sentie si mal ce matin qu'à peine ai-je pu me rendre dans la cellule voisine pour la Sainte Communion. Je n'ai pu aller à la Sainte Messe un malaise m'ayant prise, aussi est-ce dans mon lit que j'ai rendu grâces. Je désirais tant aller à la Sainte Messe, et après la Messe aller me confesser au Père Andrasz. Cependant je me suis sentie si mal que je n'ai pu aller ni à la Sainte Messe ni à la confession, et de ceci, mon âme a beaucoup souffert.

Après le petit déjeuner, vint la Sœur infirmière qui demanda: « Pourquoi n'êtes vous pas venue, ma Sœur, à la Sainte Messe ? » J'ai répondu que je ne l'avais pu. Elle branla la tête en signe de désaveu et me dit « Une si grande fête et vous n'allez pas à la Messe, ma Sœur ? ». Et elle sortit de ma cellule. Je suis restée deux jours alitée, me tordant de douleurs. Elle ne me rendit pas visite et lorsqu'elle vint le troisième jour, elle ne demanda même pas si je pouvais me lever, mais immédiatement d'une voix irritée pourquoi je ne m'étais pas levée pour aller à la Messe ? Restée seule, j'ai essayé de me lever, cependant je fus prise à nouveau de tels malaises que je suis restée au lit, la conscience tranquille. Cependant, mon cœur avait tant à offrir au Seigneur qu'il s'unissait en esprit à Lui au cours de la deuxième Messe. Après la deuxième Messe la Sœur infirmière revint vers moi : mais cette fois en tant qu'infirmière et avec un thermomètre. Cependant je n'avais pas de fièvre ; et pourtant je suis gravement malade et ne peux me soulever. Ce fut alors un nouveau sermon pour me dire que je ne devrais pas capituler devant la maladie. Je lui ai répondu que je savais que l'on ne considérait chez nous quelqu'un comme gravement malade que lorsqu'il était à l'agonie. Cependant, voyant qu'elle allait me faire la morale, j'ai répondu que je n'avais pas présentement, besoin d'être incitée au zèle, et je suis demeurée à nouveau seule dans ma cellule.
La douleur m'a étreint le cœur, l'amertume a envahi mon âme et j'ai répété ces paroles : « Sois la bienvenue, année nouvelle, sois le bienvenu, calice d'amertume. » Mon Jésus, mon cœur brûle d'envie d'aller vers Vous et voici que la gravité de la maladie ne me permet pas de prendre physiquement part à l'office divin et que je suis soupçonnée de paresse. Les souffrances augmentèrent. La Mère Supérieure vint me voir un instant après avoir déjeuné, mais elle partit très vite. J'avais eu l'intention de demander que l'on fasse venir le Père Andrasz dans ma cellule afin que je puisse me confesser. Cependant je me suis abstenue de formuler cette demande pour deux raisons : la première, afin de ne pas donner lieu à des récriminations comme cela avait eu lieu auparavant avec la Sainte Messe ; la deuxième, c'est que je n'aurais même pas pu me confesser car je sentais que j'aurais fondu en larmes comme un petit enfant. Peu après arriva l'une des Sœurs et voilà qu'à nouveau elle me fait la remarque qu'il y a du lait au beurre dans le four du poêle de la cuisine : « Pourquoi, ma Sœur ne le buvez-vous pas ? » J'ai répondu qu'il n'y avait personne pour me l'apporter.

1453. Lorsque la nuit tomba, les souffrances physiques augmentèrent et les souffrances morales s'y ajoutèrent. Nuit et souffrances. Le silence solennel de la nuit me donnait la possibilité de souffrir librement. Mon corps s'est étiré sur le bois de la Croix, je me suis tordue dans d'atroces douleurs jusqu'à onze heures. Je me suis transportée en pensée jusqu'au Tabernacle, j'ai découvert le Ciboire, j'ai appuyé ma tête sur le bord du Calice, et toutes mes larmes coulèrent doucement vers le Cœur de Celui qui est seul à comprendre ce que sont la douleur et la souffrance. J'ai éprouvé de la douceur en cette souffrance et mon âme se mit à désirer cette douce agonie que je n'échangerais contre aucun trésor au monde. Le Seigneur m'a accordé la force d'âme et l'amour envers ceux par qui me viennent les souffrances. Voici donc ce que fut le premier jour de l'année.

1454. Ce jour encore, j'ai ressenti les prières de la belle âme qui priait pour moi, me communiquant en esprit sa bénédiction sacerdotale ; j'ai répondu par une ardente prière.

1455. Seigneur de toute bonté, comme il est miséricordieux de Votre part de juger chacun selon sa conscience et son discernement et non pas selon les racontars des gens. Mon âme se grise et se nourrit de plus en plus de Votre sagesse, dont j'ai de plus en plus profondément connaissance. Et voilà que se dévoile à moi encore plus clairement l'immensité de Votre Miséricorde. Ô mon Jésus, toute cette connaissance a pour conséquence que je me transforme en un feu d'amour pour Vous, ô mon Dieu !

1456. 2 janvier 1938. Aujourd'hui pendant que je me préparais à la Sainte Communion, Jésus a exigé que j'écrive bien plus, non seulement sur les grâces qu'Il m'accorde, mais aussi sur les choses extérieures et ceci pour la consolation de bien des âmes.

1457. Lorsque le prêtre est entré avec Notre Seigneur Jésus dans ma cellule, après cette nuit de souffrances, une telle ardeur envahit tout mon être que j'ai senti que, si le prêtre avait prolongé quelque peu ce moment, Jésus Lui-même se serait arraché de ses mains et serait venu à moi.

1458. Après la Sainte Communion, le Seigneur m'a dit : « Si le prêtre ne M'avait pas apporté à toi, Je serais venu Moi-même sous cette même forme. Ma fille, les souffrances de cette nuit ont obtenu la grâce de la Miséricorde pour un grand nombre d'âmes ! »

1459. « Ma fille, Je dois te dire quelque chose !» « Parlez, Jésus, car j'ai soif de Vos paroles ! » - « Cela me déplaît que tu te laisses ainsi influencer et parce que les Sœurs auraient murmuré que tu ne te sois pas confessée au Père Andrasz dans la cellule ; tu sais bien que tu leur a donné par là encore plus de raison de murmurer. »
J'ai demandé très humblement pardon au Seigneur. Ô mon Maître, réprimandez-moi, ne me passez rien et ne me permettez pas de commettre une faute !


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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 08:38

1317. 10 octobre 1937. Ô mon Jésus, en signe de gratitude pour tant de grâces, je vous offre mon âme et mon corps, ma raison et ma volonté ainsi que tous les sentiments de mon cœur. Par mes vœux, je me suis donnée entièrement à Vous, il n'y a donc plus rien que je puisse Vous offrir. Jésus m'a dit : « Ma fille, tu ne m'as pas donné ce qui est essentiellement tien. » Rentrant en moi-même je reconnus que j'aimais Dieu de toutes les forces de mon âme et, ne pouvant découvrir ce que je n'avais pas livré à Dieu, je demandai : « Jésus, dites le moi et je Vous le livrerai immédiatement, de bon cœur ! Jésus me dit avec bienveillance : « Ma fille, livre-Moi ta misère, car c'est ta propriété exclusive ! » A ce moment un rayon de lumière illumina mon âme, je vis tout l'abîme de ma misère. Au même instant, je me suis blottie dans le Très Saint Cœur de Jésus, avec une si grande confiance que même si j'avais eu sur la conscience les péchés de tout les damnés, je n'aurais pas douté de la Miséricorde de Dieu, mais le cœur brisé, je me serais jetée dans l'abîme de Sa Miséricorde. Je crois, ô Jésus, que vous ne m'auriez pas repoussé loin de Vous, mais que Vous m'auriez absoute par la main de Votre représentant.

1318. Vous avez été à l'agonie, Jésus, et la source de vie a jailli pour les âmes. Un océan de Miséricorde se découvrit pour le monde entier. Ô source de vie, Insondable Miséricorde de Dieu, submergez le monde entier, engloutissez-nous !

1319. « A trois heures, implore Ma Miséricorde, tout particulièrement pour les pécheurs. Et ne fût-ce que pour un bref instant, plonge-toi dans Ma Passion, en particulier au moment où j'ai été abandonné lors de Mon agonie ! C'est là une heure de grande Miséricorde pour le monde entier. Je te laisserai partager ma mortelle tristesse ; en cette heure, Je ne saurais rien refuser à l'âme qui me prie, par Ma Passion. »

J.M.J.

1320. Salut à Toi, Très Miséricordieux Cœur de Jésus,
Source vivante de toutes les grâces,
Notre unique abri, notre unique refuge,
En Toi repose mon espérance !

Salut à Toi, Très Compatissant Cœur de mon Dieu,
Insondable source d'amour,
D'où jaillit la vie pour l'homme pécheur,
Ainsi que la source de toute douceur !

Salut, blessure ouverte du Très Saint Cœur,
D'où sont sortis les rayons de Miséricorde,
C'est là qu'il nous est donné de puiser la vie,
Avec une confiance totale !

Salut, bonté de Dieu, inconcevable,
Ni mesurée, ni approfondie,
Pleine d'amour et de Miséricorde, mais toujours sainte,
Tu te penches sur nous comme une bonne mère !

Salut, trône de la Miséricorde, Agneau de Dieu,
Toi qui offris Ta vie pour moi,
Toi devant qui chaque jour s'humilie,
L'âme vivante en une profonde foi !

Fin du quatrième cahier.


Cahier V

Inscription sur la couverture du cinquième cahier :

Sœur (Marie-) Faustine du Très Saint Sacrement
Congrégation des Sœurs de la Divine Mère de la Miséricorde

1321. J.M.J.

Vogue la barque de ma vie,
Parmi les brumes crépusculaires et les ombres de la nuit.
Je ne vois aucun rivage,
Je suis au cœur de l'étendue marine.

La moindre tempête pourrait me noyer,
Engloutissant ma barque dans le tourbillon des eaux,
Si Tu ne veillais Toi-même sur moi, mon Dieu,
A chaque instant de ma vie, à chaque moment.

Parmi le fracas et les clameurs de la houle,
Je vogue tranquillement avec confiance.
Et tel l'enfant, sans crainte, je regarde au loin,
Car Tu m'es, Jésus, toute lumière.

Alentour c'est l'épouvante et l'effroi,
Mais en mon âme le calme est plus profond que les profondeurs de la mer.
Car celui qui est avec toi, Seigneur, ne saurais périr,
Ainsi m'assure Ton amour divin

Malgré tant de dangers alentour,
Je ne saurais les redouter car je regarde le ciel étoilé,
Et je vogue courageusement, gaiement,
Comme il convient à un cœur pur.

Mais c'est par-dessus tout, uniquement,
Parce que Tu es au gouvernail, ô Dieu,
Que vogue si tranquillement, la barque de ma vie.
Je le confesse avec la plus profonde humilité.

1322. J.M.J.

Je t'aime, ô mon Dieu.
Sœur (Marie-)Faustine
Du Très Saint Sacrement

1323. Cracovie, le 30 septembre 1937

Je t'adore, Pain des Anges,
Avec une foi profonde, avec espoir, avec amour,
Je T'adore du plus profond de mon âme,
Bien que je sois néant.

Je t'adore, Dieu caché,
Et je t'aime de tout mon cœur.
Point ne me gênent les voiles du mystère,
Je t'aime ainsi que les élus au Ciel.

Je t'adore, Agneau de Dieu,
Toi qui effaces les péchés de mon âme,
Et que je reçois en mon cœur, chaque matin,
Toi qui m'aides à faire mon salut.

1324. J.M.J.

Cracovie, le 20 octobre 1937
Cinquième journal

Ô mon Dieu, que tout ce qui est en moi Vous vénère, Mon Créateur et mon Maître. Je désire glorifier Votre insondable Miséricorde par chaque battement de mon cœur. Je désire parler aux âmes de Votre bonté et les inciter à avoir confiance en Votre Miséricorde. Telle est la mission que Vous-même, Seigneur, m'avez assignée dans cette vie et dans la vie à venir.

1325. Nous commençons aujourd'hui une retraite de huit jours. Jésus, mon Maître, aidez-moi à accomplir ces saints exercices de retraite avec le plus de ferveur possible. Que Votre Esprit me guide, ô Dieu, dans une profonde connaissance de Vous, Seigneur, ainsi que de moi-même. Car je vous aime dans la proportion où je Vous connais. Je me méprise dans la proportion où j'ai connaissance de ma misère. Je sais que vous ne sauriez me refuser Votre aide, Seigneur. Au sortir de cette retraite, je désire me trouver sainte, bien que les regards humains ne puissent l'apercevoir, pas même ceux de notre Supérieure. Je m'abandonne entièrement à l'action de Votre Grâce. Que Votre volonté, Seigneur, s'accomplisse complètement en moi.

1326. Premier jour. Jésus : « Ma fille, cette retraite sera une contemplation ininterrompue. Je te guiderai dans cette retraite comme à un festin de l'âme auprès de Mon Cœur Miséricordieux. Tu évalueras toutes les grâces qu'a connues ton cœur, et ton âme goûtera une profonde paix. Je désire que le regard de ton âme soit toujours fixé sur Ma sainte volonté. C'est ainsi que tu Me plairas le plus. Aucun sacrifice ne peut entrer en comparaison avec ceci. Durant tous les exercices, tu demeureras près de Mon Cœur. Tu n'entreprendras aucune réforme, puisque Je dispose de ta vie à Ma guise. Le prêtre qui donnera la retraite ne dira pas un mot qui puisse te troubler. »

1327. Mon Jésus, je me suis déjà plongée dans deux méditations, et je reconnais que tout ce que vous m'avez dit est vrai ! Je ressens une paix profonde.
Et cette paix découle du témoignage que me donne ma conscience. C'est-à-dire que j'accomplis toujours Votre volonté, ô Seigneur !

1328. Dans la méditation sur la destinée de l'homme, j'ai compris que cette vérité, est profondément enracinée en mon âme et que c'est pourquoi mes actions sont plus parfaites. Je sais dans quel but j'ai été créé. Toutes les créatures mises ensemble ne peuvent remplacer pour moi le Créateur. Je sais que mon but suprême est Dieu. Et donc, dans toutes mes entreprises, c'est Dieu que je prends en considération.

1329. Oh ! Comme il est bon de faire retraite près du Très Doux Cœur de mon Dieu. Je suis en un lieu désert, avec mon Bien-Aimé. Personne ne vient me troubler au cours de ce doux entretien que j'ai avec Lui.

1330. Jésus, c'est Vous-même qui avez daigné poser les fondations de l'édifice de ma sainteté, car ma coopération ne fut pas bien grande ! Pour ce qui est de l'indifférence dans l'utilisation et le choix des êtres, Vous m'avez aidée, ô Seigneur ! Car mon cœur est de lui-même bien faible et c'est pourquoi je vous ai prié, mon Maître, de ne pas prendre garde à la douleur de mon cœur, mais de couper court à tout ce qui aurait pu me retenir sur le chemin de l'amour. Je ne Vous comprenais pas, Seigneur, dans les moments de douleur lorsque Vous accomplissiez Votre œuvre, en mon âme. Mais je vous comprends aujourd'hui et je jouis de la liberté de l'âme. Jésus Lui-même à ce qu'aucune passion ne prenne possession de mon cœur. J'ai compris de quels danger Il m'avait protégée et c'est pourquoi ma gratitude envers mon Dieu est sans limites.

1331. Deuxième jour. Alors que je méditais sur le péché des Anges et son immédiate punition, j'ai demandé à Jésus pourquoi les Anges furent punis immédiatement après le péché. J'entendis une voix : « A cause de leur plus grande connaissance de Dieu. Aucun homme sur terre, même s'il est un grand Saint, ne peut avoir une connaissance de Dieu telle que l'a un Ange. » Pourtant, pour moi qui suis si misérable, Vous Vous êtes montré Dieu Miséricordieux et à chaque fois Vous me portez à la source de la Miséricorde, Vous me pardonnez toujours lorsque j'implore Votre pardon d'un cœur contrit.

1332. Un profond silence envahit mon âme. Pas un nuage ne me cache le soleil, je m'abandonne entièrement à ses rayons. Que Son Amour réalise en moi un complet changement ! Je désire sortir de cette retraite en état de sainteté et ceci malgré tout, c'est-à-dire malgré ma misère. Je désire devenir sainte et j'espère que la Miséricorde divine, de cette misère même où je suis, peut me porter à l'état de sainteté, puisque j'ai une entière bonne volonté. Malgré tous les échecs, je veux lutter et me comporter comme une âme sainte. Rien ne saurait me décourager, tout comme rien ne peut décourager une âme sainte. Je veux vivre et mourir comme une âme sainte, les yeux fixés sur Vous, Jésus cloué sur la Croix, comme sur le modèle auquel je dois me conformer. J'ai cherché maint exemple autour de moi et je n'en ai pas trouvé de satisfaisant. Et j'ai observé comme une sorte de retard dans mon état de sainteté. Mais à partir de maintenant j'ai fixé mon regard sur Vous, Christ, le meilleur de mes guides. Je Vous fais confiance et suis certaine que Vous bénirez mes efforts.

1333.. Dans une méditation sur le péché, le Seigneur m'a fait connaître toute la malignité du péché et l'ingratitude qu'il implique. Je ressens en mon âme une profonde aversion, même envers le plus petit péché.
Cependant ces vérités éternelles que je médite dans mes réflexions, ne provoquent aucunement en mon âme la moindre confusion, ni perturbation. Et bien que j'y prenne un profond intérêt, ma contemplation n'en est pas pour cela interrompue. Pendant cette contemplation ce n'est pas l'élan du cœur que je ressens, mais une paix en profondeur et un étrange silence. Mon amour pour Dieu est grand, mais singulièrement équilibré. Malgré la présence de ce sentiment, le fait même de recevoir l'Eucharistie ne m'impressionne pas. Mais il m'amène à une union en profondeur, où mon amour fondu en l'Amour de Dieu, forme un tout avec Lui.

1334. Jésus m'a fait connaître qu'il convenait que je prie pour les Sœurs qui font la retraite. J'ai eu, durant les prières, connaissance de la lutte menée par quelques âmes, j'ai redoublé ma prière.

1335. Dans le profond silence, je peux mieux juger de l'état de mon âme. Elle est semblable à une eau transparente dans laquelle je vois tout : tant ma misère que la grandeur des grâces divines. Par l'intermédiaire de cette véritable connaissance d'elle-même, mon âme s'examine en une profonde humilité. J'expose mon cœur à l'action de la grâce, tel un cristal aux rayons du soleil. Qu'en lui s'imprime Votre image, ô mon Dieu, autant que faire se peut, dans le cœur d'une créature. Que par moi rayonne Votre divinité, ô Vous qui habitez mon âme !

1336. Lorsque j'ai prié devant le Très Saint Sacrement, en saluant les Cinq Plaies de Notre Seigneur Jésus, à chaque salut j'ai ressenti comme un torrent de grâces qui jaillissait en mon âme, me donnant un avant-goût du Ciel et une absolue confiance en la Miséricorde de Dieu.

1337. Au moment où j'écrit ces mots, j'entends le cri de Satan : « Elle écrit tout, Elle écrit tout, et à cause de cela nous perdons tant ! N'écris rien de la bonté de Dieu, Il est juste ! » Hurlant de colère, Il disparut.

1338. Ô Dieu Miséricordieux, qui ne nous méprisez pas, mais sans cesse nous comblez de Vos Grâces, Vous nous rendez dignes d'entrer dans Votre royaume. Par Votre bonté, Vous faites occuper par les hommes les places qu'abandonnèrent les Anges ingrats. Ô Dieu de grande Miséricorde, qui avez détourné votre saint regard des Anges révoltés pour les reporter sur l'homme contrit, que soit vénérée et glorifiée Votre insondable Miséricorde, ô Dieu, qui ne dédaignez pas le cœur des humbles !

1339. Mon Jésus, malgré les grâces que Vous m'envoyez, je sens que ma nature tout en s'ennoblissant ne disparaît pas complètement ! Ma vigilance est donc incessante. Je dois lutter contre plusieurs mauvais penchants, sachant bien que ce n'est pas la lutte qui abaisse, mais la lâcheté et la chute.

1340. Quand on est de faible santé, il faut supporter beaucoup de choses. Car, lorsque l'on n'est pas alité nul ne vous considère comme malade. On a donc sans cesse, et pour diverses raisons, l'occasion de faire des sacrifices et parfois de très grands. Je comprends maintenant que bien des choses seront révélées dans l'éternité. Mais je comprends également que si Dieu exige des sacrifices, Il n'est pas, par contre, avare de Sa grâce mais la donne à l'âme en abondance.
1341. Mon Jésus, que mon offrande se consume tout doucement devant Votre trône ! Mais, de toute la force de mon amour j'implore Votre Miséricorde pour les âmes !

1342. Troisième jour. Au cours de la méditation sur la mort : je me suis préparée comme si j'allais véritablement mourir. J'ai fait mon examen de conscience et j'ai réglé toutes mes affaires comme si j'étais aux approches de la mort. Et de par la Grâce divine mes affaires furent toutes arrangées en fonction de la Fin dernière : ce que mon cœur accepta avec une profonde gratitude envers Dieu. Et je décidai à l'avenir de servir mon Dieu avec une fidélité encore plus grande. Une seule chose est nécessaire, mettre à mort le vieil homme et commencer une nouvelle vie. Je me suis préparée, dès le matin, à recevoir la Sainte communion, comme si ce devait être la dernière de ma vie. Après la Sainte Communion, j'ai imaginé ma mort réelle. J'ai d'abord récité les prières pour les agonisants, puis le « de profundis », pour mon âme. L'on descendit mon corps dans la tombe et je dis alors à mon âme : « Regarde ce qui est advenu de ton corps, un tas de boue et une quantité de vermine, c'est là ton sort. »

1343. Ô Dieu de Miséricorde, qui me permettez encore de vivre, donnez-moi la force afin que je puisse vivre d'une nouvelle vie : la vie de l'âme sur laquelle la mort n'a pas de pouvoir ! Et voici que mon cœur s'est renouvelé et que j'ai déjà commencé une nouvelle vie sur cette terre : une vie d'amour de Dieu. Toutefois je n'oublie pas. Pourtant pas un moment je ne doute d'obtenir l'aide de Votre Grâce, ô Dieu !

1344. Quatrième jour. Jésus, je me sens étrangement bien près de Votre Cœur durant cette retraite. Rien ne trouble la profondeur de cette paix. Je place sous mes yeux, d'un côté, l'abîme de ma misère, et de l'autre, l'abîme de Votre Miséricorde.
1345. Pendant la Sainte Messe qui fut célébrée par le Père Andrasz, j'ai vu l'Enfant Jésus qui se tenait dans le Calice de la Sainte Messe et qui tendait les mains vers nous. Après m'avoir regardée profondément, Il m'a dit : « J'habite en ton cœur, tout comme tu Me vois dans ce Calice. »

1346. La Sainte Confession. Après avoir rendu compte de l'état de ma conscience, j'ai obtenu la permission de ce que j'ai demandé : le port de bracelets pendant une demi-heure, tous les jours, durant la Sainte Messe ; et dans les moments difficiles, deux heures durant, le port de la ceinture de fil de fer. « Conservez, ma Sœur, la plus grande fidélité envers Notre Seigneur Jésus ! »

1347. Cinquième jour. Lorsque je suis entrée ce matin dans la Chapelle, j'ai su que notre Mère Supérieure avait quelques désagréments à mon sujet. Cela me fit bien de la peine. Après la Sainte Communion j'ai posé la tête sur le Très Saint Cœur de Jésus et j'ai dit : « Ô mon Seigneur, je Vous en prie, faites en sorte, que toute la consolation dont je jouis par Votre présence en mon cœur se déverse dans l'âme de ma chère Supérieure qui vint d'avoir des désagréments par ma faute et à mon insu ! »

1348. Jésus me réconforta disant que nous en avions toutes deux tiré avantage, pour nos âmes. Cependant, j'ai imploré le Seigneur qu'il daigne m'épargner cela : que quelqu'un souffre par ma faute, car mon cœur ne peut le supporter.

1349. O blanche Hostie, Tu préserves la blancheur de mon âme. Je crains le jour où je pourrais T'abandonner. Tu es le pain des Anges, donc le pain des Vierges.

.1350. Jésus, mon modèle très parfait, les yeux fixés sur Vous, j'irai par la vie sur Vos traces, adaptant ma nature à la Grâce, selon Votre très sainte volonté et Votre lumière qui illuminent mon âme, entièrement confiante en Votre aide !

J.M.J.

1351. Carte de contrôle de ma vie intérieure.
Examen de conscience détaillé.
Union avec le Christ Miséricordieux ; puisque je suis unie à Jésus, je dois donc Lui être fidèle toujours et partout, je dois m'unir intérieurement au Seigneur, mais à l'extérieur fidélité à la Règle et particulièrement au silence.

Cartes de contrôles
1352. Victoires Echecs
Novembre... 53 2
Décembre... 104
Janvier ... 78 I 1
Février ... 59 1
Mars..... 50
Avril... 61
Mai
Juin
Juillet
Août..... I
Septembre
Octobre

1353. Lorsque j'hésite sur la conduite à tenir, j'interroge toujours l'amour, c'est lui qui conseille le mieux.

1354. Examen de conscience général Année 1937, 25 Octobre

Victoires Echecs
Nov.Oct.Jan.Fév. Mars.Avril
Commandements de Dieu
Vœu de pauvreté 9
Vœu de Chasteté 7
Vœu d'obéissance 27 7
Règle 7
Amour du prochain 38 17 73 35 30 20 1,1,1
Humilité 7 39 23 34 56 25 2,3,1
Patience 23 56 50 17 80 50
Douceur 11 45 37 28 37 20
Réputation du prochain - 15 25 3 - - 1
Sainte Messe Mes. Com.
Et Sainte Communion 17 12 13 7 - 10 6,2,1 12,1
Méditation 6 5 - 10 - -
Examen de consc. Détaillé 7 5 11 - - - 1
Attitude envers Dieu
et le confesseur - 5 - 5 - -
envers les Supérieures 7 - - - - - 1,1
envers les Sœurs et les enfants - 4 7 - - -
envers les laïcs 20 2 - - - - 2,1

1355. Sixième jour. Ô Mon Dieu, je suis prête à faire chacune de vos volontés. De quelque façon que Vous me dirigiez, je Vous bénirai. Quoi que Vous exigiez, je l'accomplirai avec l'aide de Votre grâce. Quelle que puisse être Votre Sainte volonté envers moi, je l'accepterai de tout mon cœur, de toute mon âme, sans tenir compte de ce que m'inspirera ma nature corrompue.

1356. Une fois, passant près d'un groupe de personnes, j'ai demandé au Seigneur si toutes étaient en état de grâce car je ne ressentais pas Ses souffrances. -« Ce n'est pas parce que tu ne ressens pas Mes souffrances que toutes sont en état de grâce. Je te laisse parfois ressentir certain état d'âme et Je te donne la grâce de la souffrance uniquement parce que Je t'utilise, alors, comme instrument de conversion. »

1357. Là où l'on trouve la véritable vertu, doit également se trouver le sacrifice. Toute la vie ne doit être qu'un sacrifice. Ce n'est que par le sacrifice que les âmes peuvent être utiles. C'est le sacrifice de moi-même qui dans mon commerce avec mon prochain, peut procurer de la gloire à Dieu. Cependant l'Amour de Dieu doit rayonner dans ce sacrifice car tout converge en cet Amour, et prend par lui de la valeur.

1358. « Souviens-toi qu'au sortir de cette retraite, Je me conduirai envers toi comme envers une âme parfaite. Je désire t'avoir en main, tel un instrument propre à l'accomplissement de l'œuvre. »

1559. Ô Seigneur qui scrutez tout mon être, ainsi que les plus secrètes profondeurs de mon âme, Vous voyez que je ne désire que Vous, et que l'accomplissement de Votre sainte volonté, ne me laissant arrêter par aucune difficulté, aucune souffrance, aucune humiliation, ni aucune raison humaine.

1360. « Ta ferme décision de devenir sainte M'est excessivement agréable. Je bénis tes efforts et Je te procurerai l'occasion de te sanctifier. Sois vigilante afin que ne t'échappe aucune des occasions de sanctification que t'enverra Ma Providence. Cependant si tu ne réussis pas à profiter de l'occasion en question, ne perds pas ton calme, Mais humilie-toi profondément devant Moi et avec une grande confiance, plonge-toi toute entière dans Ma Miséricorde. De cette façon tu gagneras plus que tu n'auras perdu, car on donne généreusement à une âme humble, bien plus qu'elle ne demande elle-même. »

1361. Septième jour. Avoir connaissance de ma destinée, c'est avoir l'intime assurance que j'atteindrai la Sainteté. Cette certitude profonde a empli mon âme de gratitude envers Dieu à qui revient toute gloire car je sais ce que je suis de moi-même.

1362. Je sors de cette retraite entièrement transformée par l'amour de Dieu. Mon âme commence une nouvelle vie, sérieusement, courageusement. Bien qu'en apparence rien n'ait changé et que personne ne s'en aperçoive, cependant l'amour pur guide maintenant ma vie. Et extérieurement c'est la Miséricorde qui en est le fruit. Je sens que je suis toute empreinte de Dieu. Et avec ce Dieu je vais par la vie de tous les jours, cette vie grise, fastidieuse et pénible, faisant confiance à Celui que je sens en mon cœur, pour transformer cette grisaille en ma sainteté personnelle.
Dans un calme profond, mon âme a mûri durant cette retraite, près de Votre Cœur Miséricordieux. Aux purs rayons de Votre Amour, mon âme a perdu de son acrimonie elle est devenue un fruit doux et mûr.

1363. C'est maintenant que je peux être entièrement utile à l'Eglise, par une sainteté personnelle qui animera sa vie toute entière puisque nous ne constituons tous qu'un seul organisme en Jésus. C'est pourquoi je fais tous mes efforts pour que le terreau de mon cœur donne naissance à de bons fruits. Et bien que peut-être restés inaperçus à tout œil humain, pourtant un jour viendra où il apparaîtra que bien des âmes se sont nourries et se nourriront de ces fruits.

1364. Ô Amour éternel, qui allumez en moi une nouvelle vie, une vie d'amour et de Miséricorde, soutenez-moi de Votre grâce, afin que je réponde dignement à Votre appel, et que j'accomplisse dans les âmes ce que Vous-même entendez y accomplir par mon intermédiaire.
Je vois mon Dieu, l'éclat de l'éternelle aurore. Toute mon âme s'élance vers Vous, Seigneur, déjà plus rien ne me retient, ni ne me rattache à la terre. Aidez-moi, Seigneur, à supporter patiemment le reste de mes jours. L'offrande de mon amour brûle sans arrêt devant Votre Majesté, mais si doucement que seul Votre œil, mon Dieu la voit, aucune créature n'est capable de l'apercevoir.

1365. Ô mon Seigneur, tant de choses me retiennent : j'ai à cœur, l'œuvre en question, je désire le triomphe de l'Eglise et le salut des âmes, toutes les persécutions de Vos fidèles me touchent, chaque chute des âmes m‘est douloureuse. Cependant, au-dessus de tout cela règne en mon âme un calme profond qu'aucun triomphe, aucun désir, aucune contrariété ne sont en état d'ébranler, car Vous surpassez, pour moi, toute épreuve, mon Seigneur et mon maître !

1366. Huitième jour. Ô mon Seigneur, me souvenant devant Votre Très Saint Cœur de tous Vos bienfaits, j'ai ressenti le besoin d'exprimer ma gratitude personnelle pour tant de grâces et de faveurs de Dieu. Je désire rendre grâces et de faveurs de Dieu. Je désire rendre grâces au Dieu de Majesté, me plonger en des prières d'action de grâces durant sept jours et sept nuits. Et bien qu'extérieurement je remplisse tous mes devoirs, cependant mon âme sera sans cesse devant le Seigneur, et tous mes exercices seront imprégnés par l'esprit d'action de grâces. Chaque soir je m'agenouillerai une demi-heure dans ma cellule, seule à Seul avec le Seigneur. La nuit chaque fois que je me réveillerai, autant de fois je me plongerai dans des prières d'action de grâces. Je veux de cette façon remercier Dieu de Ses grands bienfaits, ne serait-ce que pour une parcelle.

1367. Cependant, afin que tout ceci soit plus agréable aux yeux de Dieu et afin d'écarter de moi jusqu'à l'ombre d'un doute, je suis allée trouver mon directeur de conscience et je lui ai exposé les désirs de mon âme, c'est-à-dire de se plonger dans cette action de grâces. J'ai obtenu la permission pour tout, mais je ne dois pas m'efforcer de prier la nuit lorsque je m'éveille.

1368. Avec quelle joie je suis revenue au Couvent où j'ai le jour suivant commencé cette grande action de grâces par le renouvellement de mes vœux. Mon âme se plongea toute en Dieu, et tout mon être n'était qu'une flambée de remerciements et de gratitude. De mots il n'y en eut guère, car les bienfaits de Dieu, tel un feu ardent, consumaient. Et toutes les souffrances et les peines étaient comme du bois jeté aux flammes, sans lequel le feu se serait éteint. J'invoquai tout le ciel et la terre pour qu'ils se joignent à mon action de grâces.

1369. Les jours de retraite ont pris fin, ces beaux jours où l'on est seule à Seul avec Notre Seigneur Jésus. J'ai accompli cette retraite comme Jésus le désirait et de la manière qu'Il m'a recommandée le premier jour de la retraite, c'est-à-dire dans le plus grand calme, en évaluant les bienfaits de Dieu. De ma vie je n'avais fait semblable retraite. Mon âme, par ce calme, s'est trouvée plus affermie que par un choc ou une émotion. Sous le rayonnement de l'Amour j'ai tout vu tel que cela est en réalité.

1370. En sortant de cette retraite, je me sens entièrement métamorphosée par l'Amour de Dieu. Ô Seigneur, divinisez mes actions, afin qu'elles méritent l'éternité. Si grande que soit ma faiblesse, j'ai cependant confiance en la puissance de Votre Grâce, qui me soutiendra.

1371. Mon Jésus, Vous savez bien que depuis mon plus jeune âge, j'ai désiré devenir une grande Sainte, c'est-à-dire que je désirais Vous aimer d'un amour si grand qu'aucune âme n'y serait encore parvenue ! C'était là au début mes secrets désirs dont seul Jésus avait connaissance. Je ne peux plus aujourd'hui les contenir dans mon cœur. Je voudrais crier au monde entier : aimez Dieu, car Il est bon, et grande est Sa Miséricorde !

1372. Oh ! Jours de semaine pleins de grisaille, je vous vois revêtus de fête et de solennité ! Qu'il est grand et solennel ce temps qui nous donne la possibilité de mériter le Ciel éternel, je l'entends comme l'ont utilisé les Saints !

1373. 30 octobre 1937. Aujourd'hui, deuxième jour d'action de grâces : au cours de la cérémonie monastique, durant la Sainte Messe, j'ai vu Notre Seigneur Jésus d'une grande beauté qui me dit : « Ma fille, Je ne t'ai pas dispensée d'agir. » J'ai répondu : « Seigneur, ma main est bien faible pour une telle œuvre. » - « Oui, Je le sais, mais unie à Ma droite, tu accompliras tout. Sois cependant obéissante aux confesseurs. Je leur donnerai la lumière sur la façon de te diriger. » - « Seigneur, je voulais déjà me mettre à l'œuvre en Votre nom, cependant l'abbé S. temporise encore. » Jésus répondit : « Je le sais. Aussi fait ce qui est en ton pouvoir, mais il ne t'est pas permis de te retirer. »

1374. Novembre. 1er novembre 1937.
Aujourd'hui après les vêpres, la procession est allée au cimetière. Je ne pus m'y rendre, car j'étais de garde, près de la porte, mais cela ne m'empêcha pas de prier pour les âmes. Lorsque la procession revint du cimetière à la Chapelle, mon âme ressentit la présence de nombreuses âmes. J'ai compris la grande Justice de Dieu, selon laquelle chacun doit acquitter jusqu'au dernier liard.

1375. Le Seigneur m'a donné l'occasion de m'exercer à la patience par l'intermédiaire d'une personne avec laquelle j'ai une tâche en commun. Elle est si lente que je n'ai encore jamais vu un être aussi lent. Il faut s'armer d'une grande patience, afin d'écouter ses propos ennuyeux.

1376. 5 novembre. Ce matin, cinq chômeurs se sont présentés à la grande porte, voulant absolument rentrer. Sœur N. s'efforça en vain un long moment de les congédier sans y parvenir. Elle alla donc à la Chapelle trouver notre petite Mère qui m'ordonna d'y aller. J'étais encore à un bon bout de chemin de la porte, quand me parvenaient déjà leurs coups bruyants. En un instant le doute et la crainte m'envahirent, je ne savais si je devais leur ouvrir où, comme Sœur N. leur répondre par le guichet. Cependant tout à coup j'entendis une voix en mon âme : « Va et ouvre leurs la porte et parle-leur avec la même douceur avec laquelle tu Me parles. » J'ouvris immédiatement la porte et je me suis approchée du plus menaçant et j'ai commencé à leur parler avec une telle douceur et un tel calme qu'eux-mêmes ne savaient pas quoi faire et qu'il commencèrent également à parler de façon délicate et dirent : « Alors tant pis, puisque le Couvent ne peux pas nous donner du travail. »- Et ils s'en allèrent tranquillement. J'ai ressenti clairement que Jésus, que j'avais reçu dans la Sainte Communion voici près d'une heure avait agi par moi sur leur cœur. Oh ! Comme il est bon d'agir sous l'inspiration de Dieu !

1377. Aujourd'hui je me sens plus mal, et je suis allée trouver la Mère Supérieure dans l'intention de lui demander l'autorisation de m'aliter.
Cependant, avant même que je ne l'ai fait la Mère Supérieure me dit : « Ma Sœur, voyez à vous débrouiller aujourd'hui seule à la grande porte. J'emmène la petite aux choux car il n'y a personne pour les choux. » J'ai répondu : « Bien », et je suis sortie de la chambre. Lorsque je fus près de la porte, je me suis sentie étrangement forte et j'ai accompli ma tâche durant toute la journée, me sentant bien soutenue par la force de la sainte obéissance...

1378. 10 novembre 1937. Lorsque petite Mère me montre ce livret dans lequel se trouve le chapelet, les litanies et la neuvaine, je l'ai priée de bien vouloir me le donner pour le parcourir. Pendant que je lisais, Jésus m'a fait connaître intérieurement et Il me dit que bien des âmes déjà étaient : « attirées vers Mon amour, par l'intermédiaire de cette image. Ma Miséricorde agit sur les âmes, par cette œuvre. »

1379. J'ai su que notre Mère Supérieure devra porter une croix assez lourde en rapport avec des souffrances physiques mais qui durera peu.

1380. L'idée m'est venue de ne pas m'administrer de médicament à la cuillère, mais peu à peu, car c'est un médicament cher. A ce moment j'entendit une voix : « Ma fille, un tel comportement Me déplait. Accepte avec gratitude tout ce que Je te donne par la Supérieure. C'est de cette façon que tu Me plairas le plus.»

1381. Lorsque Sœur Dominique mourut, la nuit vers une heure, elle vint à moi et me fit savoir qu'elle était morte. J'ai prié pour elle avec ferveur. Le matin les Sœurs m'ont dit qu'elle avait trépassé. Je leur ai répondu que je le savais car j'avais eu sa visite. La Sœur infirmière m'a demandé de l'aider à habiller cette Sœur. Et alors que j'étais seule avec elle, le Seigneur m'a fait connaître qu'elle souffrait encore en Purgatoire et j'ai redoublé mes prières à son intention. Cependant malgré le zèle avec lequel je prie toujours pour nos Soeurs disparues, je me suis trompée de jour. Et, au lieu d'offrir trois jours de prières comme l'ordonne la règle, je n'ai, par erreur, offert que deux jours. Le quatrième jour elle me fit connaître que des prières lui étaient encore dues et qu'elles lui sont nécessaires.
J'ai immédiatement offert tout le jour à son intention, mais non seulement ce jour mais bien plus comme me le dictait l'amour du prochain.

1382. Parce que Sœur Dominique, après sa mort, avait une très jolie mine et ne donnait pas l'impression d'un cadavre, quelques Sœurs pensèrent qu'elles étaient peut-être en léthargie et l'une d'elles m'a dit que nous devions lui mettre un miroir sur la bouche, afin de voir s'il s'embuait. Car si elle vit, la vapeur de la respiration se verra. J'ai dit : « Bien », et nous avons fait ainsi que nous l'avions dit. Mais il n'y eut pas de vapeur sur le miroir, quoiqu'il nous ait semblé qu'il y en avait eu réellement. Cependant le Seigneur m'a fait savoir combien ceci Lui avait déplu. Et j'ai été très sévèrement rappelée à l'ordre, afin que je ne me conduise plus jamais à l'encontre de mon intime conviction. Je me suis profondément humiliée devant le Seigneur, et je Lui ai demandé pardon.


1383. Je vois un certain prêtre que Dieu aime beaucoup, mais que Satan déteste terriblement, car il mène bien des âmes à un grand état de sainteté et ne prend en considération, que la gloire de Dieu. Mais je prie Dieu que ne cesse pas sa patience envers ceux qui sans cesse le contrecarrent. Satan, lorsqu'il ne peut seul, être néfaste, se sert alors des gens.
 

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